Les humains toxiques

Ce qui est toxique pour l’un ne l’est pas nécessairement pour l

Ce qui est toxique pour l’un ne l’est pas nécessairement pour l’autre. Alors peut‑être avez-vous déjà été le poison vivant, mais oh combien addictif d’une tierce personne.

Les parents toxiques, les amis toxiques, les amoureux toxiques et bien entendu les collègues toxiques : ça sent fort, à la longue ! Ça en brûle les yeux pis ça peut tuer à petit feu. C’est parce que c’est sournois et subtil à la fois. Je ne vous dis pas que ces êtres nocifs sont mauvais parce que je crois sincèrement avoir déjà été l’un d’entre eux pour quelqu’un que j’aimais profondément. Souvent, c’est un mauvais match. On pèse mutuellement sur les boutons qui nous font mal.

Ma petite sœur et moi, on s’aimait tellement fort qu’on s’empoisonnait. C’était dans les plus belles et les plus terribles années de ma vie. Trois années où on s’est rapprochées jusqu’à la fusion (comme je ne m’étais jamais rapprochée de quelqu’un) et éloignées si brusquement en même temps.

J’étais un baume pour ses blessures. On a vécu dans mon tout petit trois et demi toute une année comme deux meilleures amies. On vivait d’amour inconditionnel, d’alcool et de rock and roll. Bien sûr qu’on travaillait, au même endroit de surcroît ! Je ne peux détrôner ces années de mon top 5 des meilleures années de ma vie. Vous voyez le genre ?

La seconde année était plus chaotique. J’avais pris la place que quelqu’un n’avait su prendre durant son enfance. J’avais le sentiment que je devais jouer ce rôle pour lui apporter l’encadrement qui me semblait tant lui manquer. Ce rôle de parent ne m’appartenait pas et nous en avons toutes les deux souffert. Je prends le blâme pour mes erreurs, je me suis égarée en chemin et on a fini par marcher sur des chemins parallèles qui allaient forcément finir par se distancer.

La troisième année s’est avérée fatale. Mais je crois à la renaissance. Comme une forêt brûlée peut d’elle-même se régénérer. Cela prend de l’amour, de la compassion et une bonne dose de sagesse. Nous étions épuisées mentalement pour une multitude de raisons, stressées et sans aucun repère lorsqu’on a décidé de tout laisser derrière nous. C’était drastique et j’ai plongé. Pour une foule de raisons, je n’ai pas pu tenir, ni pour elle ni pour moi. J’ai plongé dans ma seconde dépression.

Elle aussi. J’ai le malheureux sentiment qu’on s’en voulait pour tout et pour rien, avec le recul. Je crois l’avoir détestée pour ne pas avoir su me retenir durant ma chute.

Et à son 21e anniversaire, j’ai fait éclater ce qui restait du fil sur lequel notre relation reposait, sans le vouloir.

Laurie Buckell