Mes p’tits

Je ne sais pas c’est quoi être une vraie maman, mais je

Je ne sais pas c’est quoi être une vraie maman, mais je sais que j’occupais une belle place dans votre cœur. Je suis arrivée par une belle soirée d’hiver dans votre vie et vous avez complètement changé la mienne. Il a fallu nous apprivoiser, gérer nos modes de vie différents, pour finir par fusionner presque à la perfection.

J’ai trouvé ça difficile de partager votre père avec vous au début et aujourd’hui, vous me manquez plus que lui.

Vous êtes carrément mes p’tits, mais que je ne peux plus avoir dans ma vie. Ce n’est pas seulement de votre père que je me sépare. J’ai trois deuils à faire. Pis je ne sais pas par où commencer. Ce que je sais, c’est que les beaux-parents qui aiment inconditionnellement ont un cœur grand comme la Terre.

Vous avez su me ramener à l’essentiel. Vous m’avez fait voir au-delà de mon univers et m’avez appris tellement sur la vie. Je suis convaincue d’être devenue une meilleure personne grâce à vous. Dans ma solitude, il manque le bruit ambiant d’enfants qui se chamaillent, vos questions interminables sur tout et n’importe quoi, vos rires qui résonnent dans mon cœur, les céréales renversées par terre…

Je me demande si de vous revoir de temps à autre est une bonne idée pour vous et moi. J’en ai tellement voulu à mon beau-père d’être parti sans revenir, mais je peux maintenant comprendre les possibles raisons. Je ne voudrais pas vous crever le cœur toutes les fois. Et le mien tiendrait‑il vraiment le coup ?

(Bruit de cœur qui craque)

 

 

Laurie Buckell