Archives juillet 2019

Les trésors de la chambre de bébé

Une des premières choses qu’on fait et qui souligne réellement l

Une des premières choses qu’on fait et qui souligne réellement l’arrivée de bébé, c’est sa chambre.

Avouez que c’est ce qui rend vraiment tout ça concret : créer un environnement pour un petit être qu’on ne connaît pas encore. Un environnement dans lequel il évoluera, mais aussi où toute la famille profitera de moments privilégiés avec lui.

La première question que je me suis posée, c’est : quand est-ce qu’on commence la chambre? Personnellement, je l’ai commencée graduellement à partir de 25 semaines et je l’ai officiellement terminée à 34 semaines et demie.

Par « officiellement terminée », je veux dire que j’ai terminé de poser la porte-moustiquaire anti-chat (je pense que c’est sincèrement un must pour s’assurer que notre boule de poils affectueuse n’ira pas faire dodo sur le visage de notre cocotte).

Comme j’ai eu beaucoup de questions sur mes photos Instagram de chambre de bébé, je n’écrirai pas un long texte, mais je vais plutôt vous montrer des photos et indiquer où j’ai pris les articles. Parce qu’en fait, c’est pas mal ce que vous voulez savoir, non? Haha!

  • Le lit de bébé est un lit seconde main que j’ai acheté à une cliente. 🙂

  • La courtepointe dans le lit de la cocotte provient de la compagnie Bullou (Bullouetcie sur Instagram). C’est exactement le même modèle que celui qui sert de tapis d’entraînement au sol. Quand on commande, on a la possibilité de faire faire des modèles sur mesure. C’est ce que j’ai fait. La propriétaire est un amour et prend bien le temps de nous aider et de nous écouter. Le tapis par terre peut servir de tapis de jeux, d’entraînement ou simplement pour les dodos à l’intérieur ou à l’extérieur. C’est effectivement dispendieux, mais c’est un gros must. En plus c’est fait au Québec.

  • Le module de jeux en bois est un Minika. Disponible en ligne.

  • Le meuble de rangement blanc vient d’Ikea.
  • Le panier à langer provient de la boutique Le Petit Cocon.

  • Le rangement à coucher/produits/lingette vient d’Amazon (je l’ai acheté sur airmilesshops.ca. Tant qu’à dépenser, aussi bien avoir des milles Air Miles, haha!).

  • Le porte doudou en bois au mur est un Minika acheté chez Le Petit Cocon. Les doudous proviennent de la boutique Émilie Jolie (la rose) et du Petit Cocon (la bleue). La serviette de bain et le Sling Kyte (vieux rose) proviennent aussi du Petit Cocon.

  • Le transat en bois est un Charlie Crane, acheté chez Le Petit Cocon. La doudou crème avec de la dentelle rose vient du même endroit. La rose a été achetée sur Internet… mais j’ai un blanc de mémoire, oups! Oh! Et le lapin sur le transat est un lapin avec le bruit du cœur de notre puce. 🙂 Nous l’avons acheté quand nous sommes allés faire l’échographie 3D.

  • Le panier en osier et le porte doudou en osier proviennent de chez HomeSense

 

Il ne faut pas oublier le berceau dans la chambre pour les premières semaines. 🙂

Celui que je me suis procuré est de la marque HALO.

 

Je suis tombée en amour avec le fait que le Snuggle Me entre dedans et, selon plusieurs mamans, c’est un indispensable pour les dodos de bébé. En plus, il vibre, bouge de gauche à droite, se lève, fait de la musique… Bref, j’ai bien hâte de savoir si bébé dormira bien dedans. Je sais qu’ils vendent ce berceau dans plusieurs magasins, mais personnellement, je l’ai commandé encore une fois sur le site airmilesshops.ca de façon à cumuler le plus de milles possible. Je le dis toujours, tant qu’à dépenser un montant X, aussi bien qu’il me rapporte en fin de compte!

En espérant que j’ai pu vous aider un peu pour vos futurs achats!

Hey! N’oubliez pas de vous amuser, c’est trippant ce moment! 🙂

Maika

 

Vasectomisé, surpris et heureux

Mon mari est vasectomisé, c’est officiel. J’ai déjà écrit su

Mon mari est vasectomisé, c’est officiel. J’ai déjà écrit sur le dilemme qui nous hantait au moment de prendre cette décision… On a fait ce choix parce que la raison a pris le dessus. Il fallait qu’on apprenne à faire notre deuil. La veille de la vasectomie, on a laissé nos corps s’unir et la vie décider. Je n’étais pas tombée enceinte durant les huit mois précédents alors que nous ne nous protégions pas, alors une fois de plus ou de moins, ça n’aurait pas changé grand-chose… Après une vasectomie, il faut quand même attendre quelques mois pour passer un spermogramme et ainsi confirmer le succès de l’intervention.

Quelques semaines plus tard, l’heure des vacances familiales a sonné. On se fait tout un planning de vacances. On part au chalet, on fait du bateau, on se baigne, on s’amuse. Au retour, je trouve la route longue et sinueuse, j’ai toujours eu le mal des transports, je connais bien ces nausées. Mais quand même, une petite idée s’insinue dans ma tête… et si… non. C’est sûr que non. La vie ne nous a pas donné de bébé quand on lui en a donné la chance, ce n’est sûrement pas là que ça arrivera…

J’ai un vieux test de grossesse dans l’armoire. Je décide de le passer. Résultat : négatif. Je le savais. C’était sûr que je n’étais pas enceinte. Je lis la boîte du test de grossesse et une information retient mon attention… J’ai acheté ce test l’an passé, il était en spécial et je n’avais pas pris la peine de bien lire la boîte. Il est bien spécifié de passer le test seulement APRÈS le retard des règles. Là, je me dis que c’est bien stupide comme test, puisque le retard des règles indique clairement une grossesse pour moi, donc il me semble totalement inutile, ce test… et le doute continue de planer…

Le lendemain, on décide d’aller au parc d’attractions avec les enfants. Ma plus vieille a vraiment hâte de faire les plus gros manèges avec sa mère… Le doute m’a empêchée de dormir cette nuit-là. Je sais que je ne ferais pas de manège si j’étais enceinte. Je suis certaine de ne pas l’être. Mais le doute me dérange. Je décide que je vais en douce à la pharmacie dès l’ouverture. J’achète un test, fiable et reconnu cette fois. Juste pour me rassurer.

Je reviens à la maison. Je m’enferme dans la salle de bain et je passe le test. Je me trouve bien ridicule, je sais qu’il sera négatif et que je viens de dépenser 20 $ pour rien, mais j’ai besoin d’avoir le cœur net. C’est un test numérique, donc il faut attendre les trois minutes règlementaires avant que le résultat ne s’affiche. Aucun indice avant. De toute façon, il sera négatif. On est en vacances, mon mari est vasectomisé. On va boire de l’alcool, faire du bateau, monter dans les montagnes russes…

Je patiente en pliant des serviettes chaudes qui sortent de la sécheuse. Une serviette. Deux serviettes. Trois serviettes. Je remarque que le test affiche le résultat. Je le prends, convaincue que je vais le jeter à la poubelle dans deux secondes, après avoir confirmé que le résultat est négatif. « YES + ». Yes +? Yes +?! C’est écrit Yes +! Je. Suis. Enceinte.

C’est impossible. Ma plus grande a neuf ans! Mon bébé entre à l’école! Mon mari est vasectomisé! Puis, le souvenir d’une douce soirée refait surface… « La veille de la vasectomie, on a laissé nos corps s’unir et la vie décider. » Je. Suis. Enceinte.

Je monte à l’étage. Mon mari est sous la douche. La porte de la salle de bain est barrée. J’ai la tête qui tourne et le cœur qui bat à une vitesse impossible. J’ai chaud, je frissonne. Je me couche dans notre lit, le test encore dans la main. Mon mari sort de la douche… J’ignore encore comment je vais lui annoncer ça… Je suis heureuse, mais j’ai aussi peur de sa réaction…

Moi : « Tu te souviens de ce que je t’ai demandé il y a dix ans? ».
Lui : « Quoi ! Tu m’as demandé de réparer quelque chose il y a dix ans, pis je ne l’ai pas encore fait!? ».
Moi : « Bin non! Il y a dix ans, je t’ai demandé si tu m’aimais assez pour avoir un enfant avec moi… et aujourd’hui, je te repose la même question… ».

Il a compris tout de suite et ma petite peur s’est vite envolée. Aucune crainte, aucune colère, ni aucune déception. Juste beaucoup, beaucoup d’amour.

Alors voilà. C’est officiel. Je suis enceinte de notre quatrième enfant. La veille de la vasectomie, on a laissé nos corps s’unir et la vie décider. Et la vie a décidé de nous offrir le plus beau des cadeaux.

Joanie Fournier

 

Ma grossesse, mon corps (qui change!)

Je me suis toujours dit que si un jour, je retombais enceinte, je se

Je me suis toujours dit que si un jour, je retombais enceinte, je serais totalement différente et tellement plus assidue dans mes objectifs qu’à mes deux autres grossesses.

Parce que j’ai vieilli et que depuis, j’ai eu le temps d’analyser les femmes enceintes qui ne prenaient pas soin d’elles. Les femmes qui prenaient du poids, ne s’arrangeaient pas… JAMAIS je ne serais ce genre de femme. Je m’étais donc dit que SI jamais je tombais enceinte, moi je serais différente.

Parce qu’à Anna, je mangeais pour enlever mes nausées, et ça… c’est pas l’idéal quand on veut garder un super poids.

Je n’ai jamais fait de sport de ma vie, mais t’sais… Si je retombais enceinte, j’en ferais. Parce que c’est important de faire du sport enceinte… T’sais comme les filles sur Instagram!

Je m’étais aussi dit que je ne prendrais pas plus que 25 livres, parce qu’à mes deux autres grossesses, j’en avais pris 35.

Je m’étais dit que je serais belle. Le genre de filles qui s’arrangent et qui rayonnent… oui, oui… Allons-y tous en cœur… « Comme sur Instagram ». Ha! Ha!

Alors dans mon gros jugement facile, assise devant mon ordinateur, j’ai jugé. Et vous savez ce qui se passe quand on juge? La vie nous confronte afin de nous faire évoluer. Appelez ça le karma, si vous voulez… Reste que… j’ai appris! 🙂

Je suis donc tombée enceinte, comme plusieurs le savent, sous stérilet alors que j’avais pris quinze livres à force de ne pas faire attention à mon alimentation. Jusque-là, quinze livres, c’est quand même pas la fin du monde, non? Mon but était de le reperdre après les fêtes. Admettons que mes plans ont été chamboulés par une petite crevette qui est venue faire son nid dans mon utérus. À partir de là, pas question de faire un régime… j’étais enceinte!

Et puis, les nausées sont arrivées. Les OST*** de nausées.

J’avais beau essayer tous les trucs de grands-mères possibles, mon corps ne voulait qu’une chose… de la scrap!

Comme Hayden passait ses fins de semaine dans les arénas pour le hockey, j’ai mangé des grosses poutines extra fromage environ deux fois par semaine en plus des pogos et des hot-dogs.

Ah! Et ne me parlez pas d’entraînement. Sérieusement, j’ai jamais été aussi fatiguée de toute ma vie. C’est une fatigue que tu ne connais pas tant que tu n’as pas été enceinte. T’sais, le genre de fatigue qui se trouve derrière tes yeux. C’est pas ton corps qui est fatigué, c’est clairement ton cerveau. Tout est lourd… au point où je n’avais AUCUNE patience.

J’étais beaucoup trop directe et beaucoup trop impatiente.

Mes amies trouvaient ça ben drôle, parce que j’étais l’opposée de qui je suis habituellement!

Par contre, moi j’avais tellement d’agressivité en moi et de fatigue! Ça en était insupportable. Et ça a duré jusqu’au quatrième mois de ma grossesse. Gros party pour les gens autour de moi haha!

J’oubliais : je m’étais aussi dit que je me crèmerais matin et soir afin de n’avoir AUCUNE vergeture. Sérieusement, je pense que je me suis crémée… dix fois en huit mois!

Et vous savez quoi? Je n’ai jamais eu autant de vergetures sur les fesses et les cuisses. Je me considère chanceuse de ne pas en avoir sur le ventre!

Ça fait que, je suis maintenant à 35 semaines.

J’ai fait l’opposé de tout ce que je m’étais dit que je ferais.

Je suis passée de 125 livres à 180 livres.

J’ai les jambes loadées de vergetures et de cellulite (photos à l’appui).

J’ai un double menton, des fesses similaires à mon ventre et je ne m’arrange que très rarement.

Et vous savez quoi? J’ai décidé d’en rire.

Parce qu’on ne contrôle pas tout dans la vie.

J’ai la chance d’avoir un chum qui ne m’a jamais dit un mot sur mon apparence, et je le remercie du fond du cœur!

Probablement que s’il avait agi différemment, j’aurais eu beaucoup plus de difficulté à accepter les changements sur mon corps.

Par contre, il faut savoir lâcher prise.

Il m’arrive de me sentir belle et de m’arranger. Ce sont ces photos que vous voyez sur le net. Je ne suis pas toujours souriante ni toujours bien habillée… Ça m’arrive, oui, mais la vraie vie, ce n’est pas toujours ça.

Bref je voulais surtout vous écrire et vous montrer ces photos, parce que c’est ce dont moi, j’aurais eu besoin : voir ce que la grossesse peut réellement apporter comme changements chez une personne 🙂

Et surtout, réaliser qu’on en meurt pas de ces changements.

Profitez de votre grossesse, vous créez la vie!

Maika

Notre vasectomie

Le rendez-vous pour la vasectomie est prévu le mois prochain.

Le rendez-vous pour la vasectomie est prévu le mois prochain.

On a décidé d’avoir nos enfants quand nous étions encore très jeunes, pour pouvoir profiter d’eux encore plus longtemps. Nous avons eu plusieurs enfants et formé une belle grande famille. Malgré tout, on n’a jamais eu le déclic qui nous confirmait que c’était fini pour nous.

Vous savez, LE déclic… Quand on demandait à nos amis s’ils désiraient d’autres enfants, peu importe qu’ils soient parents de 1, 2, ou 3 enfants, ils nous répondaient sur un ton ferme et assumé : « Ho non! On en a assez, c’est fini les bébés pour nous! ». Et nous, on n’a jamais ressenti ce déclic-là, ce sentiment que nous étions rendus ailleurs…

Mais le temps a passé et l’eau a coulé sous les ponts. Les enfants ont grandi et nous, on a vieilli. Notre aînée aura neuf ans… La plus jeune entre à l’école… et la raison a commencé à prendre le dessus tranquillement…

Le rendez-vous pour la vasectomie est prévu dans deux semaines.

Les enfants sont grands, c’est fini la poussette, la coquille dans l’auto, les couches et les nuits blanches. Les enfants sont de plus en plus autonomes et les matinées de plus en plus tardives. On profite d’une nouvelle liberté. On peut faire des sorties amusantes, des voyages plus longs et plus éloignés…

On prépare les repas en amoureux pendant que les enfants jouent dehors, seuls. On n’a plus besoin de garder un œil constant sur eux, de peur que l’un d’eux déboule les escaliers, avale un raisin-pas-coupé ou décide de tester les prises de courant…

Je vous l’avais dit, la raison prend le dessus… Mon corps ne tolère plus les hormones et les pilules contraceptives, on a donc besoin d’un moyen plus définitif pour assumer notre décision. Je dis ça comme si on avait vraiment pris une décision, et comme si on l’assumait… Ce n’est pas vraiment le cas pourtant. On se range du côté de la raison tranquillement et on fait taire nos cœurs de parents.

Le rendez-vous pour la vasectomie est prévu dans une semaine.

Parce que pour nous, les couches, les nuits blanches, les sorties, la poussette et tout-le-tralala, ce ne sont pas des enjeux réels… Mon cœur de maman rêve encore secrètement d’allaiter, de bercer, de border et de prendre soin d’un petit nous… Mon cœur de maman sonne l’alerte bien fort, mais c’est encore la raison qui prend le dessus…

La société québécoise actuelle n’est pas conçue pour les familles nombreuses… Les enfants ont grandi et nous, on a vieilli. J’ai arrêté de prendre la pilule il y a huit mois et je ne suis pas tombée enceinte depuis… Je pense que la vie se range aussi du côté de la raison. La vie veut peut-être nous faire comprendre que c’est bel et bien fini, pour nous aussi. Et nous, on a toujours fait confiance à la vie. Si quelque chose doit arriver, ça arrivera. Sinon, c’est que ça ne devait pas se produire.

Le rendez-vous pour la vasectomie est prévu demain.

Nos cœurs de parents crient à l’unisson ce soir. Mais la raison a pris le dessus. Il faut qu’on apprenne à faire notre deuil. Je dois faire mon deuil de la grossesse, de l’allaitement, du portage, des berceuses… Ce soir, on laisse nos corps s’unir et la vie décider.

Je suis au travail. L’amour de ma vie est allé à son rendez-vous seul. Il me texte. L’intervention s’est bien déroulée. Il est déjà de retour à la maison. C’est vrai cette fois… C’est fini pour nous aussi. Je le réalise tranquillement et mon cœur fait un gros bond. Je sais que je vais appréhender ce deuil en douceur. Le soir venu, il me prend dans ses bras et je sais que nos cœurs raisonnent encore à l’unisson.

Les jours passent, son corps cicatrise et le deuil commence à se faire… Dans quelques semaines, le spermogramme nous confirmera que tout est bel et bien fini. C’est l’une des décisions les plus difficiles que nous ayons eu à prendre dans nos vies. Une décision où la raison a pris toute la place et où les sentiments ont été mis de côté. Parfois, c’est juste la bonne chose à faire. Ma tête comprend, mais mon cœur est encore en apprentissage…

 

Joanie Fournier

 

Je t’aime, je t’apprécie et je suis en amour avec toi

C’est la plus belle phrase que mon amoureux puisse me chuchoter. P

C’est la plus belle phrase que mon amoureux puisse me chuchoter. Pas besoin d’explication, je comprends ce qu’il veut me dire. Et après quinze ans de vie commune, ces mots rendent notre relation encore plus spéciale. Je le sais parce que je ressens la même chose.

Moi aussi, je t’aime mon amour parce qu’il y a des gens que j’apprécie, mais avec lesquels je garderai toujours une relation superficielle. Alors que mon amour pour toi est profond et entier.

Je t’apprécie parce qu’il y a des gens que j’aime, mais qui me font souffrir. Le genre de personnes que j’aime malgré, trop ou mal. Je les aime, mais je ne les apprécie pas tant que ça finalement. Ce qui n’est pas le cas pour nous deux, heureusement.

Et puis, il y a ce sentiment amoureux, plus précieux encore. J’ai bien peu de contrôle sur lui, je ne le tiens pas pour acquis. Il arrive qu’il s’évanouisse pour certains couples et qu’il dure pour d’autres, d’une façon presque mystique. On pourrait encore s’aimer et s’apprécier, sans arriver à se dire : Je trippe sur toi! Et ça, ce serait vraiment triste…

Merci de prendre le temps de me dire régulièrement que tu m’aimes, que tu m’apprécies et que tu es toujours en amour avec moi. Tu me fais du bien et tu me donnes envie de te relancer avec mon : Je t’admire, le sentiment que tu m’inspires depuis notre première rencontre.

Elizabeth Gobeil Tremblay

Ode à l’ado extraordinaire

Je vous entends d’ici chialer contre les ados qui mettent leur mus

Je vous entends d’ici chialer contre les ados qui mettent leur musique trop forte dans l’autobus! Contre ceux qui laissent traîner leurs assiettes sales dans leur chambre comme un appel désespéré à la coquerelle! Contre ceux qui rentrent à pas d’heure et qui vous laissent vous morfondre dans le noir, un huitième café à la main. Contre ceux qui s’étirent tellement les yeux vers le ciel quand on leur parle qu’on craint qu’ils restent pris ainsi…

Tut tut tut.

Il y en a, des ados à l’odeur d’aisselles pas frottées, aux bras trop longs, au discours trop court, aux nuits de sommeil de quatorze heures et aux hormones dans le plafond… mais je veux vous parler d’un autre genre d’ados.

Je veux vous parler des ados qui font des efforts pour ranger leur chambre et qui se laissent même parfois aller à un extra vaisselle, même s’ils aimeraient mieux gosser sur Instagram ou ronfler jusqu’à la fin de leur secondaire.

Des ados qui acceptent sans protester de garder la petite sœur tannante ou le voisin fatigant, juste pour vous laisser une soirée en couple ou pour vous donner une heure de OH-MY-GOD! LIBERTÉ à l’épicerie ou chez le dentiste.

Des ados qui vous accueillent le soir avec un repas tout prêt et presque équilibré ou avec une assiette de biscuits chauds sortis du paradis de la pâtisserie (lire : votre four). De ceux, aussi, qui ratent des recettes ou qui salissent beaucoup trop de vaisselle, mais qui au moins, essaient d’apprendre le B-A-BA de la cuisine.

Des ados qui osent s’aventurer sur le marché du travail ou dans l’aventure de la conduite automobile même s’ils savent que le défi a les proportions everestiennes.

Des ados qui animent les camps de jour, qui mettent tout leur cœur et toutes leurs heures estivales à préparer des jeux et des comptines pour amuser vos cocos (et vous laisser travailler…). Ces mêmes ados qui ont aussi chaud que tout le monde, mais qui continuent à avoir l’air de faire la job la plus palpitante et la plus payante de la planète. Des ados qui gèrent des crises de vedettes, des fatigues de ti-pet et des « je veux ma mamaaaaaaaaannnnnn » d’enfant qui ne se peut plus.

Des ados qui vous prennent dans leurs bras en disant : « Merci tellement, maman, de m’aimer comme tu le fais. Je le sais que tu n’es pas obligée ; je le sais que je te fais parfois la vie dure ; mais je ne te remercierai jamais assez de m’avoir donné la vie et de la rendre belle. ». Des ados qui osent dire « Je suis en colère » ou « J’ai peur ».

Des ados qui n’ont pas honte de leurs parents, au contraire. Des ados qui disent : « Sais-tu quoi? Mes amis ont officiellement décrété que tu es la mère la plus cool de l’univers. Pas parce que tu essaies d’être notre amie, juste parce que tu es toi. ». Et si en plus ils te trouvent drôle et te laissent faire des jokes plates, gros bonus. Des ados qui ont appris avec le temps comment choisir de bons amis et comment dire non aux pas fins.

Des ados qui acceptent de plus en plus souvent les conseils des parents parce qu’ils se rendent bien compte que ça a bien du bon sens. Des ados qui demandent « À quoi ça goûte l’alcool? » au lieu de se saouler en cachette. Des ados qui jasent d’avortement, de cannabis et de jeans troués parce qu’ils veulent protester juste assez (mais qui se serviront de vos arguments sagement mémorisés dans leur essai de fin d’année).

Des ados qui vous apportent le déjeuner au lit le jour de votre fête, et deux-trois autres jours dans l’année. Parfois même avec un poème gribouillé sur une serviette en papier. Des ados qui boudent parfois comme des ados, mais qui viennent s’excuser sans que vous ayez à le leur demander.

Des ados qui téléphonent à leurs grands-parents « juste parce que ». Qui rêvent de leur premier appartement, de leurs premiers partys pas de parents… mais qui déposent leur tête sur votre épaule pendant le film du vendredi.

Ai-je l’air de me vanter si je vous dis que ces ados dont je parle sont très fortement inspirés de mes deux grandes chouettes? Elles ne sont pas parfaites et je les trouverais plates si elles l’étaient (ça me ferait faire des complexes!), mais mausus que je ne les remplacerais pour rien au monde!

 Nathalie Courcy

 

Perdu

Tout débute avec la disparition du chien. Le premier matin dans sa

Tout débute avec la disparition du chien. Le premier matin dans sa nouvelle maison. J’ai laissé sortir la bête dans la cour arrière et, quinze minutes plus tard, les enfants ont réalisé que la cour était vide. Le chien, volatilisé.

Évidemment, toute la famille se lance à sa recherche. Nous mobilisons même le quartier : Chien perdu. Ne connaît pas son environnement. Les appels se mettent à entrer. Notre labrador a été aperçu : près de l’école, près du parc, il vient de traverser le boulevard…

Mon plus vieux reste à la maison au cas où le galopin déciderait de rentrer. Je suis la piste de l’évadé pendant deux heures avec mon mari et mon huit ans, le cœur battant. Les fenêtres de l’auto sont ouvertes et nous crions Rufus, Rufus, Rufus… à travers tout le voisinage, comme un marchand de crème glacée vraiment trop motivé. Les pires scénarios se bousculent dans nos têtes. Et s’il ne retrouvait pas son chemin, s’il se faisait frapper, s’il se sauvait dans le bois…

Quelqu’un l’a vu au parc à chiens, un grand espace non clôturé en bordure de la forêt. Il joue probablement dans l’étang… Arrivé au point d’eau, mon coco descend sur la berge alors que je reste plus haut pour parler à un groupe de marcheurs. Les chiens tourbillonnent autour de nous, j’entends mon p’tit gars au loin qui récite son discours : Avez-vous vu un chien blanc avec un collier bleu? Je décris Rufus, je donne mon numéro de cellulaire…

Puis mon chum qui était allé vérifier un autre secteur du parc vient me rejoindre et me demande où est notre gars. Plus bas, il vérifie au bord de l’eau. Papa revient rapidement : Non, il n’est pas là. Je descends avec lui au bassin et réalise qu’il n’y a absolument PERSONNE.

Nous sommes devant un mur de quenouilles et de broussailles qui bloquent la vue et l’accès à la forêt. Mon chum choisit une piste étroite, me lance : Reste là! et disparaît à travers la muraille verte. Tout ce que j’entends, c’est sa voix forte qui s’éloigne de plus en plus de moi en appelant notre fils.

Piquée là, je réalise que la dernière fois que j’ai vu mon coco, il parlait avec un homme. J’entends encore sa jolie voix claire décrire notre chien. Et s’il avait suivi cet inconnu?

Mes nerfs ne supportent pas l’image que je viens de créer de mon petit bonhomme qui entre dans le bois avec quelqu’un. Je cherche des herbes piétinées autour de moi, des branches cassées, des traces… Je panique, je tourne en rond. Peut-être parce que ça fait déjà des heures que l’adrénaline est aux commandes, je suis convaincue que mon fils s’est évaporé et qu’on ne le retrouvera jamais. Je me mets à hurler son nom. Pas de la petite voix gênée qui appelait son chien tout à l’heure. D’une voix déchirée que je ne reconnais pas. Je ne fais que répéter son nom encore et encore… sans aucune retenue, sans une once de rationalité. Des larmes d’une puissance renversante arrivent comme une cavalerie incontrôlable sur un champ de bataille. Secouée de sanglots, je veux signaler le 911, là, maintenant.

Les gens avec qui je jasais il y a cinq minutes m’observent de loin, sans oser s’approcher. Je ne suis plus dans le même monde qu’eux. J’ai perdu mon fils et cette réalité m’est tout simplement insupportable. Je craque complètement.

Puis je me reconnecte tranquillement. J’entends mon mari qui approche en répétant : Je l’ai! Je l’ai!

Mon bébé est devant moi. Il est dans mes bras. Il s’excuse d’avoir oublié de me prévenir qu’il partait sur le sentier. Je peux recommencer à respirer. Calmer l’hyperventilation. Inspire… Expire…

Je me suis fait des peurs. J’ai pensé à mon amie qui avait suivi un monsieur au parc et à sa vie bouleversée. Je me suis fait un scénario de film d’horreur et je n’ai pas pu le supporter.

Je trouve bien ironique d’avoir perdu mon enfant à mon retour au Canada. Nous venons de passer deux ans à voyager à travers l’Europe et je ne me suis pas permis un seul moment de distraction en sol étranger. J’ai baissé ma garde dès que je suis rentrée chez moi, en zone confortable. J’aurais pu payer cher mon manque de vigilance, mais j’ai eu une méchante bonne piqûre de rappel.

P.S. Oui, notre chien est bien rentré à la maison après son escapade de trois heures. Il a retrouvé son chemin tout seul comme un grand. Mais je vais vous avouer que ça ne me stressait plus vraiment après avoir perdu mon fils…

Elizabeth Gobeil Tremblay

À toi qui te sens jugée

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À toi, la maman qui se sent jugée parce que tu amènes ton enfant à la garderie quand tu es en congé!

Réglons la question tout de suite. Oui, je suis éducatrice et sache que je ne te juge pas. J’ai des enfants, moi aussi, et ils sont déjà allés à la garderie lorsque j’étais en congé.

Mon travail, je le fais chaque jour avec autant de passion et je vais m’occuper de ton enfant, que tu sois en congé ou non.

Sache que je te comprends. Je cours aussi après mon temps à la maison. Je suis fatiguée, le ménage laisse parfois à désirer. Mes enfants manquent parfois de bas parce que je n’ai pas eu le temps de faire le lavage.

Tu as raison : prendre une journée de congé pour s’occuper de nous, j’en conviens, ça fait du bien.

Mais je vais t’avouer que parfois, j’essaie de te comprendre. Ce n’est pas du jugement, mais de l’incompréhension.

Toi non plus, tu ne me connais pas et tu n’es pas éducatrice. Moi, ça fait seize ans que je fais ce métier‑là. Des enfants sans aucune journée de congé, sans aucune vacance, j’en vois toutes les années et pas seulement un.

Tu sais, c’est moi qui console et berce ton enfant parce qu’il pleure et qu’il voulait rester avec toi. Je le rassure, je lui dis que je l’aime, je te trouve même des excuses pour ne pas qu’il soit fâché contre toi. Parce que tu sais, il le comprend que tu es à la maison et parfois avec ses frères et sœurs plus vieux.

J’aimerais t’expliquer pourquoi il est important pour ton enfant d’avoir des congés lui aussi.

1. Vivre en groupe tous les jours, c’est difficile et fatigant pour lui. On s’amuse, oui, mais il fait face à de nombreuses stimulations.

2. Son horaire et très chargé de la maison à la garderie et de retour à la maison, sans compter les activités en soirée. Je lui en demande beaucoup, j’essaie de respecter son rythme, mais il doit aussi s’adapter à celui du groupe.

3. Le bruit : tu le sais sûrement, plusieurs parents m’en font part, c’est bruyant ici. Ils me demandent comment je fais pour y passer mes journées. C’est le même bruit pour ton enfant, les mêmes pleurs, les mêmes crises, les mêmes cris, etc.

4. Et la vie de groupe… chaque jour, il doit vivre avec ses amis. Chaque jour, je lui demande d’attendre son tour, de partager les jouets, de partager son environnement avec les autres.

5. Il a besoin de faire le plein de votre amour. Je l’aime, ton enfant ; ses amis l’aiment et il les aime. Cependant, son lien le plus important, c’est avec vous, les membres de sa famille. Il a besoin de refaire le plein de votre amour.

Ceci étant dit, je ne te juge pas. J’essaie de te comprendre. Je ne te connais pas, tu as sûrement d’excellentes raisons pour amener ton enfant à la garderie. Mais souvent, tu ne me les dis pas. Tu me laisses sur un « Pas de message, il va bien », ton maillot déjà sur le dos et les autres enfants prêts pour la plage.

Je ne veux pas connaître toute ta vie. Je comprends que tu n’aies pas envie de m’en parler. On se voit chaque jour, mais on n’est pas amies.

Tu t’es peut-être perdue, tu as besoin de temps pour te retrouver, ton couple ne va pas bien, tu essaies de recoller les pots cassés. C’est difficile avec le plus vieux et tu veux lui donner plus de temps.

Tu peux seulement me dire, « C’est difficile, ces temps-ci, j’ai besoin qu’il soit ici! ».

Je vais te sourire et mieux comprendre.

Eva Staire

Et le prix citron pour l’année 1979 revient à: MOI!

Oui, oui, moi! Je ne me plains pas... en fait, je ne me plains jamai

Oui, oui, moi! Je ne me plains pas… en fait, je ne me plains jamais. Je fonce et je regarde en avant. Je passe par-dessus tous les obstacles sans rien dire, en allant chercher un peu de positif dans tout ce qui m’arrive. Je suis comme une belle voiture qui semble tellement bien aller, mais en dedans, tout s’arrête un morceau à la fois.

Je ne me plains pas. J’ai trois beaux enfants, une carrière que j’adore, une maison où je me sens tellement bien, des amis précieux et une famille en or. Bon, je me suis séparée deux fois des papas de mes enfants et j’habite seule. Mais je suis bien, je suis en paix avec cette vie et zen avec moi-même.

La seule chose qui ne fonctionne pas bien, c’est mon intérieur. Il a commencé à me lâcher quand j’avais quinze ans. Depuis ce temps, un mauvais karma s’acharne sur moi sans pitié.

J’ai commencé mon adolescence en ayant des migraines qui ont empiré d’année en année, au point de faire un petit AVC il y a deux ans. Maintenant, j’ai un traitement efficace et mes migraines ont réduit en fréquence et en intensité. Je peux enfin être fonctionnelle.

J’ai aussi eu un gros problème d’endométriose pour lequel je me suis fait opérer quatre fois. Chaque fois, un congé de six semaines s’imposait. J’ai aussi attrapé le H1N1 et je me suis encore absentée deux semaines de mon travail. J’ai eu un début de cancer du col de l’utérus. La gynéco a brûlé les cellules atteintes, mais elles sont revenues deux ans plus tard.

Entre-temps, je suis tombée enceinte par miracle, car avec l’endométriose que j’avais, c’était quasi impossible. Durant cette troisième grossesse, j’ai été alitée et à partir de la vingtième semaine, je dormais deux nuits par semaine à l’hôpital pour faire stopper mes contractions.

Après la naissance de mon dernier, la gynéco m’a opérée à nouveau, car les cellules cancéreuses étaient de retour et j’avais beaucoup trop d’endométriose. Bye bye l’utérus et un ovaire. Un autre coup dur à accepter! À Noël dernier, je ne me sentais pas bien. J’avais mal au ventre assez intensément. Va à l’hôpital pour finalement être sur la table d’opération trois heures plus tard. J’avais une appendicite. Alors, go pour une sixième opération dans le ventre. Imaginez les cicatrices que j’ai!

Après trois jours à l’hôpital, je sors et je retourne à la maison pour commencer à ne pas me sentir bien une journée seulement après mon arrivée. J’avais tellement mal au ventre que je perdais connaissance. On retourne à l’hôpital… Non, mais, ils ont peut-être oublié quelque chose en dedans de moi? Ben non… J’ai attrapé le C. difficile pendant mon opération. Donc, en isolement pour une semaine sans pouvoir voir mes enfants.

Dernièrement, j’ai commencé un nouveau médicament en essai clinique pour les migraines. Il m’a coupé l’appétit, fait perdre mes cheveux et j’ai encore fait un séjour à l’hôpital. J’ai fait une colite probablement due à ce nouveau médicament.

Là, c’est terminé ce mauvais karma. Je vous le dis, une nouvelle vie s’offre à moi. Je n’ai pas le choix d’être positive pour continuer à aimer la vie et pour transmettre cette valeur à mes enfants.

À toutes les personnes, qui comme moi, souffrent sans arrêt, je vous le dis, regardez en avant, foncez, souriez, entourez-vous de gens positifs, appréciez chaque petit moment de la vie, faites des projets, prenez soin de vous et de vos proches, dites non quand ça ne vous tente pas, faites-vous plaisir et apprenez à vivre à fond.

« Accepte ce qui est, laisse aller ce qui était, aie confiance en ce qui sera. » Bouddha

 

Karine Filiatrault

La valise de Sébastien

Dans son livre Mon grand-père disait… 2.0, Boucar Diouf

Dans son livre Mon grand-père disait… 2.0, Boucar Diouf dit ceci : « Chacun de nous, par son éducation et son histoire familiales, reçoit un pratique sac à dos de bonnes choses et une encombrante valise de choses moins désirables. En libérant nos mains, le sac à dos facilite notre cheminement dans la vie ; la valise qu’on traîne, elle, nous ralentit ». Dans l’histoire que je m’apprête à vous raconter, Sébastien, né quelque part dans les années 80, a malheureusement hérité d’une lourde valise…

Après avoir déposé sa boîte à lunch presque vide dans son casier et suspendu son manteau beaucoup trop léger pour le froid mordant de janvier, Sébastien s’avance devant sa nouvelle classe. Frêle de constitution mais plutôt confiant, se présenter devant des amis encore inconnus ne l’effraie plus, puisque c’est la troisième école qu’il fréquente cette année. Il tire sur son chandail de Superman un peu court pour lui et se lance :

Salut. Je m’appelle Sébastien et j’suis nouveau ici. Y’a fallu déménager, parce que l’électricité marchait pu dans l’autre appartement. J’suis un peu énervé parce que demain, je vais avoir neuf ans et pour fêter ça, mon père va m’amener aux courses de chevaux. On va faire une sortie de gars. Ça va faire changement des bingos où ma mère m’emmène souvent avec mes deux sœurs. C’est un peu plate le bingo, mais quand elle gagne, ma mère nous achète du linge au sous-sol de l’église pis des barres de chocolat. Mais demain, mon père dit que j’vais lui porter chance et qui va gagner aux courses. Ça fait qui va m’acheter un vélo. Mon père, c’est le meilleur! Il nous le dit tout l’temps qu’il va nous gâter quand il va gagner.

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Sébastien est fébrile. Aujourd’hui, il va s’adresser au groupe de soutien du centre jeunesse pour une dernière fois. Après un séjour de trois ans, il est heureux de retourner à la maison, mais à la fois inquiet. Ici, il mangeait à sa faim et dormait dans la même chambre soir après soir. Il enroule ses mains dans le bas de son chandail et commence :

Salut. Je suis Sébastien et c’est ma dernière journée icitte. Ouain… à douze ans, quand on a déménagé à Montréal pis que j’ai changé d’école pour au moins la vingtième fois, j’suis rentré dans un gang de rue. C’était la seule façon d’arrêter de me faire niaiser. Pis j’étais tanné d’être pauvre. Avec la gang, on volait des chars pis on vendait un peu de dope. J’avais enfin du cash pour moi. Je pouvais me payer des bons snacks et en donner un peu à mon père pour ses courses. Il était content et il disait qu’il m’en donnerait la moitié quand il gagnerait. Après un bout, la police m’a pogné, ça fait que j’me suis retrouvé ici. Là ça va mieux. Je vais passer des journaux, aider mon père avec ses comptes pis retourner à l’école. J’ai hâte de revoir ma famille pis eux autres aussi ont hâte.

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En cette soirée pluvieuse et froide, Sébastien marche à grands pas dans la rue obscure. Il s’engouffre rapidement dans ce bar où il a passé plus d’une soirée. Il doit faire vite, car il a dit à son amoureuse qu’il sortait quelques minutes s’acheter des cigarettes et il lui a promis qu’il ne jouerait plus. Il s’avance confiant vers la barmaid qui le reconnaît et le salue d’un signe de la tête. Elle lui sert sa bière et lui donne du change. Elle connaît ses habitudes. « Ça va. Ça fait longtemps qu’on t’a vu! » lui dit-elle. Sébastien attrape le rebord de son chandail détrempé par la pluie et lui raconte :

— Ouain… Mon père vient de mourir d’une crise de cœur. Y me manque, ça fait que je vais jouer aux machines à sous. De même, j’me sens proche de lui. J’ai l’impression de le sentir à côté de moi quand j’appuie sur les boutons. C’est fou, mais j’ai même le feeling qu’il me dit de pas lâcher, que la machine va cracher. Avec cet argent-là, j’vas payer mes dettes pis gâter ma blonde.

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Pour la première fois de sa vie, Sébastien avance, incertain, sur le trottoir de ce grand boulevard. Son cœur bat si fort, qu’il a l’impression qu’il va sortir de sa poitrine. Il ouvre la porte dissimulée derrière l’église, la main tremblante. Bien qu’on l’accueille chaleureusement, il est nerveux. Pour se donner du courage, il jette un coup d’œil à son chandail délavé de Superman qu’il a déniché dans une friperie. Machinalement, il saisit le bas de celui-ci et lâche :

Bonjour. Je m’appelle Sébastien et j’suis joueur anonyme. J’ai trente-huit ans, j’ai deux magnifiques petites filles. Y m’a fallu deux séparations, une faillite personnelle et une tentative de suicide pour admettre que j’avais un problème de jeu. Maintenant que je l’sais, j’vais faire l’impossible pour me sortir de là. J’vais l’faire pour moi et pour mes deux filles. Pour pas qu’elles connaissent la pauvreté et pour qu’elles sachent que la vie est là, maintenant. Ça va être difficile, mais même si je l’aime fort, j’veux pas faire c’que mon père a fait toute sa vie.

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Les enfants aiment leurs parents de façon inconditionnelle et marcher en dehors de leurs pas est un véritable défi. Alors, à nous, parents, de nous assurer que ce qu’on leur donne ira dans leur sac à dos plutôt que dans leur valise.

Je souhaite à tous les « Sébastien » de ce monde d’avoir l’humilité d’admettre et la force de s’en sortir.

Isabelle Lord

 

Le Café Central

Frampton, un petit village d’origine irlandaise en Beauce. Environ

Frampton, un petit village d’origine irlandaise en Beauce. Environ 40 minutes de route des ponts de Québec et un décor majestueux avec ses collines ainsi que la beauté des forêts et des montagnes qui accompagnent les routes pour se rendre dans ce beau village parsemé de magie.

Oui, c’est là que j’ai grandi. Sur la terre de mon grand-père qui avait un moulin à scie autrefois, en plus de mettre sur pied une compagnie d’autobus scolaires.

Ma grand-mère, elle, avait ouvert un restaurant dans un autobus qu’elle a dirigé pendant six ans et qui se nommait, je crois, La Patate. Par la suite, elle a fait construire son restaurant en plein centre du village à côté de l’église. C’est devenu le Café Central.

Elle a tenu ce restaurant pendant 38 ans. C’était comme le cœur du village. Il y avait deux petites salles à manger ainsi qu’un grand comptoir. Les jeunes pouvaient se divertir en jouant aux arcades ou manger de la crème glacée molle. Les bonbons, chips, chocolats, etc., étaient présents pour satisfaire toutes les demandes. On pouvait également louer des vidéos. Bref, il y avait de tout.

Dehors, il y avait aussi de longs bancs en bois devant le restaurant, où les gens pouvaient s’asseoir et échanger sur la rue principale. Sans oublier les pommiers du voisin Turcotte à l’arrière, où les jeunes allaient cueillir les petites pommes vertes et dures pour faire la guerre des pommes. Bien sûr, il ne faut pas oublier la fameuse haie de cèdres des Turcotte qui servait de tortures aux jeunes qui voulaient faire partie du groupe.

Ce restaurant était ouvert presque 24 heures sur 24 les fins de semaine. C’était le centre de rencontre pour tous les gens du village. Lorsque les bars fermaient, les gens allaient manger au restaurant. Il servait aussi pour les sorties de familles! Beaucoup de familles se réunissaient à cet endroit pour déguster la bonne cuisine de ma grand-mère.

C’était également l’endroit idéal pour les jeunes filles du village pour obtenir un emploi d’été ou de fin de semaine. Moi à treize ans, je travaillais au restaurant chez ma grand-mère le dimanche soir et j’étais fier. Je m’occupais des commandes au téléphone et au comptoir ainsi que du comptoir de crème glacée.

Le Café Central était comme le cœur du village. C’était le centre des nouvelles. Si tu voulais être au courant de ce qui se passait, tu devais aller passer un peu de temps au Café Central.

Le jour où ma grand-mère a vendu son restaurant, tout a changé. C’était un homme d’une grande ville qui l’avait acheté. Dès les premières semaines, l’atmosphère avait changé.

Après un an, l’acheteur avait déclaré faillite. Pourtant, ma grand-mère avait tenu ce commerce pendant 38 ans. Voilà la différence : Grand-maman était toujours disponible pour avoir une bonne relation avec sa clientèle et ses employés. De plus, elle était extrêmement dévouée. Souvent, elle travaillait jour et nuit. Si elle a réussi dans la vie, c’est grâce à son courage et à son dévouement.

Bravo grand-maman!

Depuis, j’ai l’impression que Frampton a perdu son cœur. J’ai l’impression que Frampton a perdu le centre de sa force, car tout se passait là, dans ce restaurant. Aujourd’hui, ce cœur n’est plus là comme avant. Les gens sont plus sur leur téléphone ou leur ordinateur, mais dans ce temps-là, on avait seulement à marcher quelques pas pour se rendre au Café Central et on avait beaucoup plus de plaisir!

Mais ce n’est pas juste à Frampton que c’est comme cela. Partout, on dirait que les nouveaux moyens de communication ont remplacé le coeur des villes et des villages. Mais jamais, ils ne remplaceront les souvenirs.

Carl Audet