Archives octobre 2020

L’histoire de ta naissance

Hier soir, en allant te border, tu m’as demandé de te raconter l

Hier soir, en allant te border, tu m’as demandé de te raconter l’histoire de ta naissance. Collée contre moi, tu me regardais avec tes grands yeux fascinés et remplis de curiosité. Tu voulais savoir où tout avait commencé. Comment j’avais su que c’était LE moment ? Est ce que j’avais eu mal ? Est ce que ça s’était passé comme je l’espérais ?

Je me demandais si je devais tout te raconter… mes espoirs, mes petites victoires, comme mes grandes douleurs… Puis, j’ai jugé que tu étais assez grande et mature pour entendre l’intégralité de l’histoire, de ton histoire. J’ai répondu à chacune de tes questions, ne négligeant aucun détail.

D’une part, je suis contente que tu saches toute la vérité. Parce que le jour où tu choisiras de mettre un enfant au monde, tu sauras. Tu sauras que oui, accoucher, ça peut faire mal. Oui, ça peut se dérouler différemment que ce que l’on espérait, parce qu’on ne peut pas tout contrôler. Tu sauras que ce grand jour est une épreuve de force, d’endurance et d’amour. Tu sauras que la douleur peut être intense, mais si vite oubliée.

Et s’il m’arrivait quelque chose… si je n’avais pas la chance de vivre ta première naissance avec toi, je serais heureuse d’avoir pris le temps de te raconter la tienne. Ta venue au monde, telle que moi je l’ai vécue, telle que nous l’avons vécue ensemble. Je n’aurais pas voulu que quelqu’un d’autre te raconte cette expérience qui nous lie toutes les deux.

À chacune de mes réponses, tu buvais mes paroles et les enregistrais dans un petit tiroir bien précieux de ta mémoire. Je voyais ton regard qui photographiait ce moment. Ce moment où je te contais ton premier souffle sur Terre. Je sais que tu te rappelleras chacun de mes mots. Je sais que cet instant restera figé dans ta tête, peu importe ce qui m’arrivera dans l’avenir. J’ai vu que tu sentais toute l’importance de cette discussion, de ce moment, de notre première histoire. Je suis contente d’avoir pris le temps de le faire.

J’ai longtemps pensé à écrire ton histoire de naissance, pour que tu puisses la garder en souvenir. Je sais que plusieurs mamans la rédigent dans l’album de bébé. Mais ce soir, j’ai vu dans tes yeux que ce n’était pas que les mots qui comptaient… Tu embarquais dans l’histoire, comme si tu pouvais toucher à ce souvenir.

Tu t’es esclaffée en pensant à papa qui courait partout. Tu étais pleine de compassion quand tu savais que j’avais mal. Tu avais le regard plein d’espoir quand je t’ai parlé de ton premier souffle. Tu as vécu ton histoire, à travers mes yeux de maman. Et ça, ce moment, celui où je t’ai raconté l’histoire de ta naissance, ça n’a pas de prix.

Notre maison peut brûler, je peux mourir, tu peux perdre toutes tes photos de bébé… Mais personne ne pourra t’enlever ce souvenir. Tu connais tous les détails, tous les instants importants et les heures qui signifient quelque chose…

Et vous, quel âge avait votre enfant quand vous lui avez raconté l’histoire de sa naissance ?

Joanie Fournier

Cher policier, chère policière

Parce que je sais qu’à ce moment‑là, tu gardais tes larmes, pe

Parce que je sais qu’à ce moment‑là, tu gardais tes larmes, pendant que tu devais faire face à cet événement terrifiant, qui se produisait devant tes yeux : la mort imminente d’un enfant.

Je ne sais pas comment tu fais pour garder ton sang‑froid. Je ne sais pas comment tu fais pour garder la tête haute car je sais que fort possiblement, tu es un père ou une mère. Et, que parfois dans l’impuissance, tu n’y peux rien et que ce petit bout de vie doit s’arrêter, car l’acharnement ne donne rien.

De voir devant toi des parents qui crient leur souffrance ou être tout simplement sans mots face à la perte de leur enfant.

D’être appelé en renfort car c’est une situation d’urgence et que le pire est à annoncer aux membres de la famille que cette personne si chère à leurs yeux ne reviendra plus.

De devoir dire aux parents que ton travail est terminé et que malheureusement, leur enfant n’a pas pu être sauvé, malgré les manœuvres et l’espoir de donner un souffle de vie à ce petit bout d’amour tant aimé.

Mais encore, d’entendre des coups de feu, d’entendre des personnes innocentes te crier qu’elles ont besoin de toi ; et pour eux, tu es leur seule chance de survie.

Que d’arriver tard le soir après une journée de travail et de te rendre à l’évidence que ton petit cœur a de la peine et qu’il restera gravé par ces événements qui deviendront cicatrices un de ces jours.

En te réveillant chaque matin en ne sachant pas ce qui t’attend. Est‑ce que ma vie sera mise en danger aujourd’hui ?

Vais-je devoir consoler des enfants qui se retrouveront sans parents à la suite d’un accident ou d’une tuerie ?

Vais-je aider un itinérant à retrouver son chemin ?

Moi je veux juste te dire MERCI. Merci pour ce que tu fais, toi, cher policier, chère policière.

MERCI de prêter ton cœur.

D’ouvrir tes bras.

De t’ouvrir à la diversité

De comprendre le mal-être d’une personne

D’encourager les gens à changer

De passer du temps à tenter de réanimer un enfant, sous les yeux gonflés de peine et d’espoir des parents, pour entendre un souffle de vie de leur enfant noyé.

Parce que je sais que ton petit cœur a de la peine et qu’il est cicatrisé d’événements difficiles.

Et que le soir, tout ce qui peut te faire du bien est de serrer ta femme, ton mari, tes enfants dans tes bras et de remercier le ciel d’être toujours en vie. C’est là qu’on apprécie davantage ce que la vie nous offre, n’est‑ce pas ?

Je me suis rendu compte que ton petit cœur souffrait. Parce que j’ai vu ton regard. J’ai entendu ton cri d’alarme intérieur et ta tête me dire : « Je suis désolé, je ne peux plus rien faire pour elle… mon travail à moi s’arrête ici… »

Je sais que tu aurais voulu que cela se passe autrement. Je sais que tu aurais voulu ne pas vivre ce moment‑là et ne pas devoir faire face à quelque chose qui ne devrait jamais arriver.

Mais je veux juste te dire merci.

Merci à nos policiers et policières.

Merci pour votre amour envers nous, les citoyens. Merci de prêter votre cœur chaque jour !

« Le 12 octobre 2019, notre fille est décédée des suites d’un accident de la route. Elle s’est éteinte dans nos bras…

Sous le regard des policiers et policières qui étaient là pour nous aider, ouvrir leur cœur, et apporter du velours malgré la très grande incompréhension qui nous habitait. L’injustice, la douleur, en fait, juste le mal de vivre.

Ils étaient là. Les tout premiers. »

< Merci à mon ami Yan. >

Jessyca Brindle

Un coup de pouce pour la gestion de vos finances

Je n’ai pas la prétention d’être une gourou des finances, mais étant travailleuse autonome de

Je n’ai pas la prétention d’être une gourou des finances, mais étant travailleuse autonome depuis que j’ai 19 ans, j’ai trouvé quelques petits trucs afin de ne pas finir l’année endettée.

Pour ceux et celles que ça peut intéresser, voici comment je fonctionne afin de bien gérer mes finances.

Une des choses que j’ai trouvées les plus difficiles en commençant le courtage immobilier a été la gestion de ma TPS/TVQ. Au départ, je recevais ma paye et j’étais folle de joie. Je pouvais enfin rembourser ma carte de crédit et me gâter… sauf que la réalité était pas mal moins rose.

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Deuil périnatal

Aujourd’hui, c’est la journée du deuil périnatal.

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Aujourd’hui, c’est la journée du deuil périnatal.

Tout le monde connaît quelqu’un qui a perdu un bébé. Que ce soit par une fausse couche, une grossesse ectopique, un arrêt du développement ou une malformation. C’est soit votre ami(e), un(e) collègue, un membre de votre famille ou simplement une connaissance. Bref, vous vous retrouvez devant ce couple ou cette personne et vous ne savez pas quoi dire. C’est normal. Mais c’est souvent dans ces situations que sortent des phrases que l’on croit aidantes mais qui ne font que tourner le fer dans la plaie.

Par exemple :

« Au moins, maintenant tu sais que ça peut marcher. »

« Allez-vous vous réessayer bientôt ? »

 « La nature est bien faite, il aurait peut-être été malade ou mal formé. »

« T’es encore jeune, tu as le temps d’en faire d’autres. »

« Il y a beaucoup de femmes à qui ça arrive les fausses couches. »

 « La vie envoie des épreuves à ceux qui peuvent les affronter. »

« Au moins, tu en as déjà un. »

Si je vous en parle, c’est que je me suis fait dire certaines de ces phrases et elles ne font que plus de peine. Dites-vous que le parent endeuillé doit non seulement faire le deuil de son enfant, mais aussi d’une vie de famille agrandie, de projets et de grossesses futures sans stress constant. Il n’a pas besoin d’entendre ce genre de phrases. Il a besoin d’être compris et surtout écouté.

À la place, dites aux parents en deuil que leur peine est normale, que vous pensez à eux et que vous êtes là pour eux. Ne cherchez pas à combler le vide d’une conversation par des phrases déjà toutes faites. Comprenez leur douleur, pensez à eux aux moments importants. Laissez‑les parler d’eux-mêmes. Donnez-leur le temps de passer à travers le deuil à leur façon. Comprenez s’ils ne veulent plus d’enfant et ne tentez pas de les convaincre que la prochaine fois, ça pourrait bien aller. Accueillez les larmes, sans jugement.

À toi cher parent qui doit faire le deuil d’un enfant ou le deuil de la grossesse, donne‑toi le droit d’avoir de la peine. Ne te sens pas coupable, tu n’as rien à voir avec ce qui est arrivé, ce n’est pas ta faute. Donne‑toi le droit d’en parler et n’hésite pas à aller chercher de l’aide si tu en ressens le besoin. Ne te sens pas obligé de réessayer tout de suite, dans quelques années ou même un jour. C’est ta vie et ton choix. Tu n’es pas obligé de te justifier. Et même si tu as un autre enfant, plus vieux ou plus jeune, le deuil à faire reste le même. Ne te sens pas mal de faire un autre enfant par la suite. Ça ne veut pas dire que tu oublies mais que tu continues d’avancer.

N’oubliez pas en cette journée spéciale de dire à vos ami(e)s concerné(e)s que vous pensez à eux. C’est important qu’ils ne se sentent pas seuls face à cette situation.

 

Anouk Carmel-Pelosse

 

Égo-médias

Je ne réinventerai pas la roue en parlant des aspects néfastes des

Je ne réinventerai pas la roue en parlant des aspects néfastes des médias sociaux. Mais en lisant le livre I Hate You. Don’t Leave Me de Jerold J. Krisman et Hal Straus, j’ai eu le goût qu’on parle de communication et d’humains, et oui, de médias sociaux.

Les médias sociaux sont nés en même temps que le millénaire. À ce moment, mes enfants étaient encore à l’état d’ovules célibataires dans mon ventre. Dans mon cœur, ils étaient déjà bien présents. Je les rêvais. Je rêvais qu’ils grandissent dans un milieu ouvert et communicatif comme celui qui m’a vue grandir. Et ouf ! Jusqu’à maintenant, la présence de la communication entre nous est inversement proportionnelle à celle des médias sociaux dans notre maison, ce qui est trrrrrès positif. Les écrans s’interposent parfois, mais c’est rare. Touchons du bois…

Certes, les médias sociaux servent à communiquer. À minuit en cachette des parents, c’est cool. En confinement, c’est pratique. Mais combien de jeunes (et de plus en plus d’adultes) sont encore capables de regarder leur interlocuteur dans les yeux en faisant une phrase complète ? Combien sont devenus incapables d’écrire ou de prononcer correctement les mots qu’ils abrègent en pitonnant ? Tout le monde sait qu’écrire « LOL », ça prend infiniment plus de temps qu’écrire « haha ! » (Je vous épargne la description de mon regard la fois où mon aînée a dit LOL au lieu de rire pour vrai. Elle n’a plus recommencé.)

Combien demandent à leurs parents ou à leurs frères et sœurs « Comment s’est passée ta journée ? », au lieu de seulement afficher sur une page ou dans une story leur quotidien, leurs pensées, leurs critiques de la société, ou encore la photo de leur dernier look ? Combien ont le « tu » sincère quand vient le temps de s’intéresser aux autres ? Combien textent leur mère au lieu d’aller la voir dans la pièce d’à côté ? Des couples le font aussi, je sais… (soupir)

Ok, ok, les médias sociaux incitent à centrer la parole autour du « JE », ce qui peut être positif. Connais-toi toi-même, comme disait l’autre. Mais dire « je-me-moi » ne revient pas à dire « Je me sens… quand… et j’ai besoin de… » Les bases de la communication non violente, ce n’est pas sur Facebook qu’on les apprend… Le « je-me-moi », c’est plutôt (quand utilisé à outrance, bien entendu) une méthode expresse pour faire gonfler le nombril et fondre les liens.

Sur les médias sociaux, nos « amis » sont des connaissances 95 % du temps. Kreisman et Straus parlent de « faux family », de fausse famille. Des faux proches, souvent, qui remplacent la famille traditionnelle, la famille élargie qu’on voisinait, les voisins de quartier à qui on pouvait se fier et la fierté qu’on ressentait d’appartenir à un groupe tissé serré. Je ne sais pas pourquoi, ça me fait penser à la fausse réalité des téléréalités et des influenceurs… Des personnes qu’on voit tellement souvent dans une journée qu’on pense les connaître et qu’on les prend pour modèles absolus.

Que dire de la communauté des « followers » ? En bon français, des « suiveurs »… C’est vraiment ce qu’on veut, être suivi plutôt qu’accompagné ? Suivre plutôt que côtoyer ? Comment fait-on pour approfondir une relation si tout le monde marche en parallèle, à distance virtuelle ? Au moins, le but est commun : gagner la compétition du plus grand nombre de followers… La célébrité et la richesse viennent juste après.

Et que font ces suiveurs ? Ils aiment nos publications à grands coups de Like et d’émoticônes sans mots 😃🥰😎😬. Ça, c’est de l’amour sincère ! Je serais curieuse de savoir combien de followers peuvent dire les mots « je t’aime » en personne, en regardant dans les yeux ou en échangeant un véritable câlin. Nos abonnés nous alimentent en informations sur leur déjeuner végan full santé, le dernier défi malsain à la mode, leur opinion sur la politique américaine ou la coupe de cheveux du prof de maths (ça dépend bien sûr de chaque compte). Même dans les années 80, on parlait de ces sujets (je vous dis, la coiffure des profs n’était pas vraiment mieux que celle du président d’aujourd’hui…) Mais on ne se définissait pas par ce qu’on partageait. C’était de passage et ça ne visait pas 3549 personnes.

Les Like s’ajoutent en quantité au bas de publications instantanées. Vive le moment présent, bien d’accord ! Une belle valeur. Si elle s’ajoute à la conscience du passé et du futur. Qu’en est-il de la capacité à s’enraciner dans un vécu et de se projeter dans un avenir rempli d’espoir ? Où est passée la joie de vivre un moment que pour soi, sans le photographier, sans le commenter, sans attendre qu’on y réagisse ?

L’être humain ne se résume pas à des snapshots arrangés par le gars du nombre de vues. Rien de nouveau sous le soleil, les internautes mettent bien ce qu’ils veulent sur les médias sociaux. Et cachent ce qu’ils veulent. Ils construisent une identité, une image de marque. Il faut se vendre. À quel prix ? Notre valeur marchande diminue au fur et à mesure que chute le nombre de Like et de suiveurs… suivie de près par notre estime personnelle et notre goût de vivre. Ça donne beaucoup de pouvoir à un piton de clavier, n’est‑ce pas ?

Comme le disent les auteurs du livre, l’égo est ce qui motive le plus les internautes à participer aux médias sociaux, puisque ceux-ci contribuent à leur capital social, intellectuel et culturel. Capital sans intérêt, il me semble, s’il n’est pas construit sur une communication humaine réelle.

Des fois, j’aimerais retourner avant les années 2000, et faire CTRL-ALT-DELETE. Sortir du programme sociétal dans lequel on s’est embourbés.

Nathalie Courcy

Le ninjatage

La semaine dernière, une amie m’a ajoutée

La semaine dernière, une amie m’a ajoutée sur un groupe de ninjatage. Pour être honnête, je n’en avais jamais entendu parler jusqu’à ce moment‑là. Et je peux vous dire que « j’ai pogné d’quoi » ! J’ai découvert un mouvement rempli de solidarité, d’humanité, de bonté et de générosité. Et j’ai compris que j’étais bien en retard sur mon temps, parce que ça fait un petit bout que le mouvement est lancé, et pas qu’ici !

C’est quoi ça, le ninjatage ?
En fait, c’est assez simple. Je peux résumer ça à une chaîne de dons anonymes. Tu prépares un sac-cadeau. Tu choisis une adresse au hasard. Tu vas porter ton cadeau, mais en prenant bien soin que la personne à qui tu l’offres ne te voie pas. C’est pour ça que ça s’appelle du ninjatage en fait… parce que tu dois être aussi subtile et silencieuse qu’une ninja ! Personne ne doit te voir ou t’entendre ! Tu déposes le sac-cadeau devant la porte d’entrée… et tu te sauves en courant. La personne qui reçoit le cadeau doit le prendre en photo et publier sur le groupe pour prendre le temps de remercier la personne qui le lui a apporté. Et finalement, cette personne a la responsabilité de faire un don à une autre personne anonymement… et ainsi de suite…

Pourquoi être une ninja ?
Parce qu’en plus de faire un beau geste de générosité, c’est vraiment drôle d’essayer de ne pas se faire prendre ! Les enfants aussi adorent jouer aux ninjas et aller porter les cadeaux aux portes ! On les voit se rouler dans le gazon, se cacher derrière un arbre, et ramper dans les escaliers pour ne pas qu’on les voie à travers une fenêtre… Et quand ils reviennent à l’auto, le sourire aux lèvres et le cœur rempli de fierté, ils sont contents en maudit d’avoir réussi leur ninjatage !

Comment on fait pour commencer ?
Moi, on m’a tout simplement invitée sur un groupe de ninjas de mon secteur via les réseaux sociaux. Une simple recherche devrait vous permettre de trouver un groupe près de chez vous assez facilement et de demander d’y adhérer. Une fois dans le groupe, il suffit de dire qu’on est prêt à ninjater dans tel ou tel secteur précis, puis les gens vont écrire leur adresse sous la publication dans l’espoir d’être choisis !

Combien ça coûte ?
Tout dépend de ton budget, mais personne ne dépense une fortune non plus. Tu peux très bien aller au magasin du dollar le plus près ou courir les spéciaux cool à la pharmacie. Si tu n’as vraiment pas les moyens de dépenser, tu peux offrir un service, un plat préparé, un don de vêtements, etc. Oui, certaines dépensent plus que d’autres. J’ai vu passer de bonnes bouteilles de vin, des crèmes à main, des doudous, etc. Mais on se rappelle que le but, c’est de faire une bonne action, de passer au suivant, en sachant que la chaîne de bonté fera son petit bout de chemin.

Qui peut ninjater ?
Tout le monde ! Les femmes de tous âges, célibataires ou non, avec ou sans enfants, se joignent au groupe dans le but d’offrir. C’est un groupe strictement féminin pour assurer la sécurité des participantes (on doit tout de même donner notre adresse!). Toutefois, on peut ninjater avec qui on veut (entre voisines, avec notre maman, nos enfants…), et les enfants ont tellement de plaisir à jouer aux ninjas avec leurs parents ! La seule règle, c’est d’aller ninjater un cadeau pour chaque cadeau reçu. Il ne faut jamais briser la chaîne !

Alors, envie de ninjater ? Hâte d’être ninjatée ? Pressées d’amener vos enfants pour les voir ninjater ? Je vous promets que vous aurez beaucoup de plaisir, sans parler du sentiment incroyable d’avoir participé à ce mouvement plein d’humanité. En cette période où chacun tente de rester chez lui et où on limite nos contacts le plus possible, ça fait du bien de ressentir qu’on fait partie d’un mouvement aussi rassembleur que celui‑là.

Bon ninjatage à toutes !

Joanie Fournier

 

#AllLivesMatter

Que valent un Blanc, un Noir, un membre des Premières Nations, une

Que valent un Blanc, un Noir, un membre des Premières Nations, une personne riche, un handicapé, un homme avec ses deux jambes et ses deux bras, un aîné atteint d’Alzheimer, une femme qui a fait une fausse couche, un enfant dysphasique, un criminel récidiviste, un employé, un ado rebelle ou un premier de classe ?

Qui vaut plus, qui vaut moins, qui ne vaut rien ?

Comment évalue-t-on la valeur humaine ?

En termes financiers ? D’actifs et de passifs ? En quantité d’amour reçu et donné ? En fonction des diplômes potentiels ou obtenus ? En évaluant la descendance à venir ? En fonction de ce que la personne apportera à la société et de ce qu’elle lui coûtera ? En dénombrant les amis et les ennemis ? Ou le nombre d’« amis » Facebook ?

La vie des Noirs compte. Tout à fait. La vie de Joyce compte. Tout à fait. Je suis d’accord avec tous ces mouvements, avec toutes ces idées. Ce sont des réflexions nécessaires pour faire respecter les droits de tous et pour obtenir la justice pour tous.

Mais j’ai le goût d’aller plus loin. J’ai le goût de dire que #AllLivesMatter. Toutes les vies comptent. La vie de toutes, la vie de tous, la vie des jeunes, des vieux, de ceux du milieu. La vie de ceux qui entrent dans la norme et de ceux qui cassent le moule volontairement ou génétiquement. La vie de ceux qu’on voit comme « méchants », les pas fins des uns et les pas fins des autres, comme la vie de ceux qui se font encenser pour leur bonté ou parce qu’ils ont trouvé le traitement du cancer. Toutes les vies comptent.

Ça vous choque ? Vous pensez que le tata qui a battu sa femme mérite la mort ? Que le politicien qui enfile les absurdités devrait disparaître ? Que l’enfant qui dérange devrait être expulsé du système scolaire ? Que la maman enceinte d’un bébé polyhandicapé devrait se faire avorter, that’s it, that’s all ? Ben non. Je ne suis pas d’accord. Je ne suis pas d’accord avec la méchanceté, avec la tatatitude non plus. Je suis en faveur de la prévention et des conséquences. Mais la vie de tous vaut quelque chose. Point.

On ne sait pas ce que les gens peuvent devenir. On ne sait pas ce qu’ils peuvent faire devenir leur entourage et même des inconnus.

Personne n’a toutes les versions de l’histoire de quelqu’un, personne ne détient la vérité totale sur le passé, le présent et le futur des autres. Et personne n’a le droit de menacer quelqu’un de lui enlever la vie. Personne n’a le droit de souhaiter la mort ou la douleur. En personne ou à travers le faux anonymat des médias sociaux.

Ce qu’on sait, c’est que personne n’a le droit de décider si un humain existe ou non.

Nathalie Courcy

La fratrie dans tous ses états

Un grand frère, ça dérange, ça veut tout décider, ça se laisse

Un grand frère, ça dérange, ça veut tout décider, ça se laisse traîner.

Une moyenne sœur, ça parle fort, ça veut de l’attention, ça négocie.

Une petite sœur, c’est bébé, ça veut être parfait, ça rapporte.

Mais vos frères et sœurs sont votre plus grande richesse. Ils sont ceux avec qui vous pouvez tout partager. Ils sont votre famille. Le lien qui vous unit est irremplaçable. Depuis que vous êtes petits, je vous répète que votre relation est ce que vous avez de plus précieux. Il faut la chérir et en prendre soin, comme un diamant. Cette relation a une valeur inestimable.

Ensemble, vous avez appris et développé des qualités sociales insoupçonnées. Vous avez appris à prendre votre place et à vous défendre. Vous avez imité des comportements ou décidé de ne pas le faire. Vous avez fait des choix et des concessions, vous avez négocié. Vous avez appris très tôt à partager, tout, même l’attention des parents.

Vous n’avez jamais connu la solitude ni l’ennui. Vous avez toujours eu un ami pour jouer, un public pour rire de vos plaisanteries, des compagnons de voyage. Devenus ados, vous avez partagé ensemble vos doutes, vos difficultés, vos angoisses et vos peines. Pendant les soupers familiaux, vous entendre partager au sujet de vos cours, de vos enseignants et de vos amis est un bonheur.

Vous ne serez pas toujours d’accord. Vous irez dans toutes les directions. Le quotidien de votre vie d’adulte risque de vous séparer. Mais tout ce que vous avez cultivé ensemble depuis votre enfance restera gravé dans vos cœurs. Vous ne serez jamais seuls, même à distance.

On peut donc conclure que :

Un grand frère, ça protège, c’est de bon conseil, ça taquine, ça trace la voie.

Une moyenne sœur, ça rassemble, ça comprend, ça divertit, ça montre le chemin.

Une petite sœur, ça accueille, ça amuse, ça encourage, ça rappelle que tous les sentiers peuvent être empruntés.

Et surtout, une fratrie, ça s’aime.

Nancy Pedneault

Savourer, respirer, le moment présent !

Toute jeune, en plein dans la fleur de l’adole

Toute jeune, en plein dans la fleur de l’adolescence, je suis tombée amoureuse du père de mes enfants. On est restés quasiment vingt ans ensemble. Quand on s’est séparés, j’ai rencontré mon copain des deux dernières années trois semaines seulement après la séparation. Si on fait le décompte, à l’endroit, à l’envers, la tête sur le côté… cela veut dire qu’à la mi-trentaine, je peux dire que j’ai été en couple pendant les deux tiers de ma vie ! J’ai vécu deux belles relations. Avec des hauts et des bas évidemment, mais somme toute, je n’ai pas été contrôlée et je n’étais pas malheureuse. Chacune de ces relations m’a apporté du bien.

Lorsque le père de mes enfants est parti, je suis devenue mère monoparentale avec trois enfants : un qui ne marchait pas, l’autre qui portait encore des couches et le dernier en deuxième année. Les deux années qui ont suivi ont été un tourbillon de découvertes. J’ai découvert qu’il fallait que j’élève mes enfants de mon côté, une semaine sur deux, seule. J’ai appris à faire le deuil, un jour à la fois, d’une vie de famille normale. J’ai appris à faire le deuil de la complicité que j’avais jadis avec le père de mes enfants. J’ai appris que je suis une femme, pleine de désir, de chaleur, de tendresse et de feu !

Deux ans après ce changement de vie, je me pose, tranquille, le cœur et le corps plein de ce tumulte. Je prends conscience que je veux et que je peux en profiter. La tête pleine, les bras pleins avec les enfants, la routine, la grande carrière, la quarantaine qui frappera à mes portes bientôt… Je constate que je veux toujours plus, j’aspire à plus et j’attends plus. Et cela m’empêche de vivre le moment présent, Mon moment présent.

Être content de ce qu’on a, de ce qu’on vit. Cela veut dire profiter, savourer, s’arrêter pour apprécier. Apprécier les petits moments, regarder ton enfant s’émerveiller d’une simple fleur sauvage, le regarder penser avec ses petits sourcils froncés et le coin de sa lèvre supérieure élevée. Si l’on est capable de profiter de ces petits moments délicieux, on est aussi capable de transférer ces moments de pures joies dans notre vie de femme.

Avec mon deuxième partenaire, j’ai appris à être une femme, une femme sensuellement confiante. 😊 Je me sens sexy, belle et radieuse. J’expérimente les joies et l’apport positif de l’énergie sexuelle ! Quand on est bien dans sa peau, quand on expérimente de multiples orgasmes, qu’on savoure notre vie de femme, seule ou en couple, cela nous redonne chaque jour, dans toutes les autres sphères de notre vie.

Bref, je n’apprends pas juste à profiter du moment présent dans ma vie de maman, mais aussi dans ma vie de femme. J’apprends à savourer chaque caresse, chaque toucher, chaque bouffée. Sentir les mains de mon partenaire me toucher, sentir son souffle sur ma peau, partant du cou, glisser sur mes omoplates, dans le creux de mon flanc, sur le haut de ma craque de fesses. Sentir sa langue me lécher furtivement les petites pommes du popotin, glisser le long de mes cuisses. Savourer, humer, apprécier. Sentir tous ses gestes, me sentir bouger !

Quand on prend le temps, le temps de vivre, sans penser à vouloir autre chose et si on se respecte, qu’on est capable de demander et que notre partenaire est capable de donner, on est capable de se satisfaire de chaque petite baise, de chaque petit moment passé à se caresser. On est capable d’apprécier une p’tite vite sur le bord du comptoir sans vouloir plus ni penser à la prochaine session de jeu.

Bref, j’apprends à VIVRE !

Roxy Ka

 

Cette nuit-là

D’aussi loin que je me rappelle, le mois d’octobre n’a jamais

D’aussi loin que je me rappelle, le mois d’octobre n’a jamais été pour moi un mois plaisant. L’Halloween, la température plus froide et la noirceur rimaient souvent avec ma petite déprime passagère. Quelques jours de grisaille dans mon cœur qui finissaient toujours par passer, parce que je savais comment les surmonter. Cependant, depuis cette nuit-là, ma vie fut bouleversée.

Je me souviens de t’avoir pris dans mes bras. Tu étais si petit et si beau. Devenir ta maman dans ce mois de déprime me faisait voir la vie autrement. Savoir que le mot octobre allait rimer avec un nouveau bonheur me donnait espoir de jours meilleurs. Mon garçon, tu étais parfait. De la pointe de tes orteils à ton visage angélique, je suis tombée amoureuse de toi. Je sentais ton cœur battre contre le mien et ta respiration au creux de mes mains, je réalisais à quel point la vie venait de m’offrir l’un des plus beaux cadeaux. Cette nuit‑là, j’ai compris que plus rien ne serait comme avant. Cette nuit‑là, j’ai réalisé que ma vie prenait un nouveau tournant.

Les jours ont passé et la petite routine familiale s’est installée. Papa était merveilleux et présent. Les membres de nos familles venaient nous visiter et tous étaient ravis d’enfin pouvoir te rencontrer. Sur mon visage, nous pouvions lire la fierté d’être ta maman, mais dans mes yeux et mon cœur, la peur de ne jamais être à la hauteur grandissait sans perdre de temps. La maternité est une merveilleuse aventure, elle nous permet de comprendre que la vie est belle et que l’humain est stupéfiant. Mon fils, j’aurais voulu être la meilleure et la plus forte, mais la vie en avait décidé autrement. Savoir que tu dépendais de moi, que ma vie était maintenant en symbiose avec la tienne et que je devais te protéger de tout, maman n’a pas su.

Mon fils, maman a tout essayé. J’ai repoussé ces émotions qui m’envahissaient jour et nuit, j’ai respiré à grandes bouffées d’air pour balayer ces pensées qui me hantaient quand tu dormais près de moi. J’ai continué, j’ai tout tenté, mais cette nuit-là j’ai dû abandonner.

Dans cette froideur de novembre, après quelques journées plus mouvementées, j’ai décidé que j’en avais assez. Assez d’avoir peur de mourir et de te laisser, assez de te surprotéger à m’en étouffer, mais surtout assez de ne pas me sentir à la hauteur de t’aimer.

Aujourd’hui avec du recul, je peux affirmer que tu peux être fière de ta maman. Celle qui t’aime autant et qui te protège encore comme avant, et ce, même si tu es plus grand. Aujourd’hui, maman peut enfin te parler de cette peur qui ne l’a jamais quittée. Je peux maintenant te dire que tu as une maman incroyable qui, chaque jour, doit se remémorer qu’être une mère anxieuse généralisée n’est pas la fin du monde. Parce que mon monde est et sera toujours toi à mes côtés.

Véronique Daigle

Parce que ça va pas si bien…

La pandémie nous accompagne chaque jour depuis presque sept mois. L

La pandémie nous accompagne chaque jour depuis presque sept mois. Les arcs-en-ciel ont pris le bord depuis longtemps et la deuxième vague te fesse encore un peu plus…

Pour plein de raisons, d’angoisses, d’inquiétudes, d’adaptation constante, de questionnements sur l’avenir… bah ça va pas si bien…

Le cœur lourd et les yeux au bord des larmes chaque jour. Tu tiens… mais c’est pas facile.

Alors voici 6 choses que tu peux faire chaque jour pour t’aider.

  1. Va dehors,

Bouge. Saute dans les flaques d’eau. Roule-toi dans les feuilles. Marche. Cours. Regarde les arbres. Compte les outardes. Ramasse des pommes.

Chaque jour, va prendre l’air.

  1. Mange un truc que tu aimes.

Du chocolat. De la poutine. Des bonbons. Des chips. Des arachides grillées. De la mangue. Du gâteau.

Chaque jour, mange quelque chose que tu adores.

  1. Fais un câlin.

À ton chum. À ton enfant. À ton chien. À ton chat. À ton lapin. À ton âme.

Chaque jour, prends quelqu’un qui vit avec toi et serre-le. Fort. Écoute son cœur battre contre le tien.

  1. Écoute ta chanson préférée.

Du rock, du classique, du folk, du rap…

Ta toune. Celle qui te fait vibrer, pleurer, rire. Mets des écouteurs. Focalise et écoute. Pis chante. Fort.

Chaque jour, écoute ta toune et chante.

  1. Danse.

Seul. Avec tes enfants. Avec tes collègues de travail. À l’épicerie. Sur une musique festive et légère. Déhanche-toi. Saute. Dandine-toi. Amuse-toi. Embarque le monde avec toi. À distance.

Chaque jour, danse. Comme si personne ne te regardait.

  1. Ris.

Va regarder des vidéos de chutes sur Internet. Un numéro d’humoriste. Appelle ton ami le plus drôle. Faut rire. Pour n’importe quoi.

Chaque jour, trouve un moyen de rire.

Fais tout ça tous les jours. Ça va t’aider.

Parce que ça va pas si bien…

Pis que ça ira peut-être un peu mieux.

Gwendoline Duchaine