Archives octobre 2021

Vivre chaque jour comme si c’était le dernier – Texte: Joanie Fournier

On a tous déjà entendu cette expression : « Il faut vivre chaque jour c

On a tous déjà entendu cette expression : « Il faut vivre chaque jour comme si c’était le dernier ». Ça sous-entend que le bonheur réside dans les petites choses qu’on s’autorise au quotidien. Qu’il faut prendre les décisions chaque jour qui nous mèneront vers le bonheur sans vivre avec des regrets. Qu’il faut prendre le temps, vivre, choisir des choses qui nous rendent heureux.

Au premier bébé, on a l’impression de profiter de chaque moment avec lui. De chaque sourire, de chaque câlin, de chaque berceuse. Puis, les autres enfants viennent au monde et la fameuse routine métro-boulot-dodo s’enclenche. Les journées passent à une vitesse folle, les semaines se succèdent et les années nous échappent. Puis, en clignant des yeux, on se retrouve des années plus tard. Les enfants sont grands et autonomes. Ils vont à l’école. Et on a parfois l’impression que ces années ont passé en un claquement de doigts. Je connais si bien cette étrange sensation.

Mais voilà que la vie nous a offert un dernier bébé, sur le tard. Et le plus drôle, c’est que j’ai l’impression d’en profiter encore plus… Ma carrière est bien établie, je cours moins après chacune de mes payes, je suis installée et outillée. Et à chaque étape, je me rappelle que c’est la dernière fois que je la vis. Je pense que c’est ce qui fait justement que j’en profite autant.

Chaque soir, quand je berce mon bébé, je me dis que c’est peut-être la toute dernière fois que je pourrai le bercer… parce qu’il aura peut-être décidé demain qu’il n’en a plus besoin. À chaque fois que je cours derrière lui et que je me sens fatiguée parce qu’il touche à tout, je me répète que c’est peut-être la dernière fois que je verrai autant de curiosité dans ses petits yeux.

C’est la dernière fois que je verrai des petites cuisses potelées en changeant une couche. C’est la dernière fois que j’aurai la chance d’entendre des premiers mots. C’est la dernière fois que je vivrai des premières fois… Une fois qu’on accepte que c’est le dernier bébé, j’ai l’impression qu’on arrête de courir et qu’on réussit à enfin presque arrêter le temps…

Parce que quand il voit une coccinelle par terre, toute la famille s’arrête pour l’observer avec lui. Quand il entend une musique au loin et se met à se dandiner, c’est toute la famille qui s’arrête pour bouger avec lui. Quand il dit « chaud » et souffle sur son bol de soupe, toute la famille l’imite du même coup… Avant, je pensais qu’un bébé apporterait une charge supplémentaire. Au contraire, ce bébé nous apprend comment arrêter le temps et profiter de la vie. De chaque petite chose de la vie. Parce que grâce à lui, on vit vraiment chaque jour comme si c’était le dernier. Toutes ses premières fois à lui sont nos dernières premières fois à nous.

Maudit qu’on est chanceux, pareil.

Joanie Fournier

Creuser le fossé des inégalités en services de garde éducatifs – Texte: Eva Staire

Pour ne pas identifier qui je suis, ni mettre mon employeur dans l’eau c

Pour ne pas identifier qui je suis, ni mettre mon employeur dans l’eau chaude, je vous dirai seulement que j’ai la chance, dans le cadre de mon travail, de visiter plusieurs types de services de garde dans la région de Montréal. Je vois tous les types de milieux. Des milieux familiaux. Des garderies privées en installation, qu’elles soient subventionnées ou non. Des milieux scolaires. Des Centres de la petite enfance. Et aujourd’hui, j’ai choisi d’écrire sur ce que j’y vois, tous les jours, depuis des années.

Je vois des éducatrices formées, motivées, passionnées. Je vois des milieux éducatifs formidables. Des milieux de vie dans lesquels les enfants sont libres de jouer, d’explorer, de choisir, de s’épanouir… où ils peuvent être des enfants. Je vois des milieux chaleureux dans lesquels on se sent tout de suite bien. Parfois même, j’ai envie de laisser mes carnets de notes sur une chaise et aller jouer avec eux. Dans ces milieux-là, les éducateurs observent les enfants, les connaissent par cœur et les stimulent constamment. Dans ces milieux-là, je vois des enfants rire et déborder de bonheur.

Est-ce que ça existe un milieu de garde parfait en tous points? Non. Comme il n’existe aucune éducatrice parfaite, ni aucune maman d’ailleurs. Il n’existe pas non plus de groupes d’enfants parfaits. Tout le monde a des forces et des défis à travailler, on est tous humains et c’est parfaitement parfait que ça soit imparfait. Parce que dans ces milieux-là, les adultes essaient, chaque jour, de s’améliorer. Ils se remettent en question et ouvrent grand leur cœur pour tenter d’accompagner ces enfants-là.

Ces milieux-là sont nombreux, rassurez-vous. Oui, la grande majorité d’entre eux sont des Centres de la petite enfance. Il existe aussi de bonnes garderies privées et des milieux familiaux formidables, mais le fait est que toutes les statistiques le prouvent : elles se font plus rares. Et aujourd’hui, je veux vous parler de ce que j’ai observé dans plusieurs milieux de garde privés, pas plus tard que la semaine dernière.

Des milieux où les parents n’ont pas le droit d’entrer ou de rester pour voir leurs enfants jouer. Sans aucun rapport à la pandémie. Des milieux de garde où les « Chuteuses » sont plus nombreuses que les éducatrices… C’est quoi une « Chuteuse »? C’est une personne qui se dit éducatrice, avec ou sans formation, qui n’a pour seule réponse aux enfants : « Chut! ». L’enfant veut parler de ce qu’il a fait avec maman hier. « Chut! » L’enfant aimerait dire qu’il a de la peine parce qu’il s’ennuie de son papa. « Chut! » L’enfant voudrait le carton rouge et non pas le noir. « Chut! » L’enfant aurait envie d’aller jouer dehors. « Chut! » L’enfant n’aime pas manger ce repas-là… « Chut! » …Les Chuteuses me mettent hors de moi… Pourquoi travailler avec des enfants si tu n’as pas envie de les accompagner dans leur développement langagier?

Dans ces mêmes milieux, je vois des locaux immenses où s’entassent beaucoup trop d’enfants et où les jouets sont extrêmement rares. Quatre petits bacs de jouets pour vingt enfants de quatre ans… Du bruit infernal parce qu’il y a tout simplement trop d’enfants dans ce grand espace qui raisonne. Des enfants qui n’ont pas la chance de pouvoir s’épanouir, qui n’ont rien pour explorer, faire des choix, jouer… Je vois des adultes qui les forcent à rester assis pendant des heures. Ces milieux de garde se défendent en disant que c’est ce que veulent les parents. C’est faux. Et c’est l’excuse la plus pitoyable à mon sens. Parce que je suis une maman. Et si un de ces enfants était le mien, j’aurais envie de tout casser.

Dans ces locaux, on demande aux enfants de rester assis pour chanter les chansons du jour. On leur demande de rester assis pour faire le bricolage exigé, dix bricolages identiques, qu’ils en aient envie ou non. On leur demande de tracer des lettres et des chiffres, toujours assis. On les force à mémoriser et à réciter des mots dans différentes langues. Et ensuite, ces adultes disent aux parents que leurs enfants ont de la chance de fréquenter un milieu « éducatif » dans lequel on offre des cours de musique, d’anglais, d’espagnol, etc.

Je vois ces enfants-là souvent. Ils ont le regard brisé. Ils n’osent plus poser de questions. Ils savent que les câlins sont interdits. Ils n’ont aucun respect pour leurs éducatrices, ils en ont une peur bleue. Et chaque soir, quand le parent arrive, on lui tend son enfant, on lui remet son « bricolage » et on lui répète qu’il a passé « une belle journée ».

Tu penses probablement que j’exagère. Tu vas avoir envie de défendre telle ou telle garderie en me disant que les services offerts sont de qualité. Alors tant mieux pour toi. Mais ce que j’observe tous les jours, depuis des années, ne semblent qu’empirer. Des milieux de garde qui devraient être fermés le jour même et qui sont encore en opération des années plus tard, j’en connais des dizaines…

Ces enfants-là sont brisés. On déchiquette leur petite âme un peu plus chaque jour. J’ai envie de hurler. Mais je dois continuer mes visites, avec le sourire, et continuer de prendre des notes, qui n’auront jamais de conséquence….

Mais le gouvernement actuel continue de promettre l’ouverture de places, malgré le manque criant de personnel éducateur. Il continue de vouloir ouvrir plus de services de garde, alors que ceux-là continuent de maltraiter nos enfants.

Hier, j’ai eu deux visites à faire. L’une dans un Centre de la petite enfance, et l’autre sur la même rue, dans une garderie privée en installation. Dans les deux cas, on retrouve 80 enfants. Dans les deux cas, la directrice déclarent qu’elle offre un milieu éducatif de qualité. Dans le premier milieu, j’ai trouvé une éducatrice chaleureuse, à l’écoute, ouverte. Des enfants pleins de vie, épanouis, dégourdis et curieux. Dans l’autre, j’ai trouvé une « chuteuse ». Des enfants forcés à rester assis pendant des heures, le regard vide. Une « chuteuse » qui prend leurs mains dans la sienne pour les forcer à tracer leurs chiffres du jour. Pas de jouets dans le local, qu’ils appellent « la classe ». Une peinture défraîchie, un froid glacial dans le local et des tuiles de plancher qui se décollent.

J’aimerais tellement pouvoir vous dire que ce n’est qu’un cas isolé. Mais je vous mentirais. Parce que je vois de ces milieux encore trop souvent… Et dans les milieux privés, on retrouve le plus souvent les enfants qui sont issus des milieux socio-économiques plus défavorisés, qui sont immigrants, ou encore qui ont des défis particuliers. Et dans ces milieux-là, ils sont condamnés. Condamnés à entrer dans le moule du stéréotype. Condamnés à avoir des retards de développement importants et des problèmes de comportements, à entrer à l’école dans quelques années avec une longueur de retard incroyable sur les autres… Ça m’enrage.

Parfois, je m’assois dans ma voiture, après avoir visité l’un de ces trop nombreux milieux qui se prétend « éducatif » et je pleure. Je pleure en pensant à ces enfants. Je me retiens tellement fort pour ne pas y retourner, juste pour prendre ces enfants brisés dans mes bras et leur dire qu’ils sont formidables… Je pleure en pensant à ces parents qui confient ce qu’ils ont de plus précieux à quelqu’un sans se douter une seule seconde du calvaire que vivent leurs enfants là-bas…

Je ne comprends pas que ces inégalités continuent de creuser le fossé entre les classes sociales, entre les quartiers, entre les cultures. Je ne comprends pas que nous acceptions cela, comme société. Je ne comprends pas que le gouvernement laisse cela arriver encore aujourd’hui. Les actions doivent être posées, immédiatement. Tous les parents devraient avoir accès à une place de qualité et de confiance pour ses enfants. Et par-dessus tout, tous les enfants devraient avoir le droit d’être des enfants…

P.S. Si une éducatrice trouve normal de laisser un bébé pleurer pour s’endormir, de forcer un enfant de quatre ans à tracer des chiffres, d’exiger un bricolage identique pour tous les enfants ou d’interdire les câlins… je lui recommande fortement de relire son programme éducatif ou de carrément changer de profession.

 

Eva Staire

À toi, petit sportif 😉 Texte : Karine Lamarche

Pratiquer un sport, lorsqu’on est enfant, c’est aussi faire de nombreux sacrifices. C’est c

Pratiquer un sport, lorsqu’on est enfant, c’est aussi faire de nombreux sacrifices.

C’est choisir de passer des heures qu’on ne compte plus à repousser ses limites.

C’est mettre les bouchées doubles à l’école puisque les soirs d’entraînement se succèdent.

C’est accepter de moins voir ses amis du quotidien.

C’est passer du temps en voiture avec les nombreux allers-retours entre l’aréna/la piscine/le gym et la maison.

C’est manger à des heures atypiques🤷🏻‍♀️.

C’est se coucher tôt un vendredi pour être en forme à la pratique du samedi matin…

Pratiquer un sport, c’est tout ça, mais c’est surtout une source inépuisable de petits et de grands bonheurs🤗.

La satisfaction de donner le meilleur de soi.

Les yeux de nos parents, de notre entraîneur posés sur nous, remplis de fierté.

C’est retrouver des amis qui partagent la même passion que nous.

C’est rigoler en faisant quelque chose de génial pour sa santé, pour son corps👌.

C’est développer une hygiène de vie dont on ne voudra plus se passer.

C’est remplir son cœur de joie en remportant des honneurs, une victoire ou une médaille. C’est partager ce bonheur avec notre équipe, être fier et heureux pour nos amis.

Pratiquer un sport lorsqu’on est un enfant, c’est tout ça et tellement plus !

Merci Maëlie de nous faire vivre tout cela💕. Tu me rends bien fière. Au-delà des médailles, je suis surtout épatée par ta ténacité et ton désir constant de te surpasser. Bravo pour tous ces kilomètres de nage accomplis au fil du temps… xxx

Bravo à toi, parent de sportif, d’accompagner ton enfant dans ce parcours pas toujours facile😉🤓

Karine Lamarche
Enseignante

 

Délestage Covid : la chasse aux sorcières ? Texte : Liza Harkiolakis

J’ai souvent eu envie d’écrire sur la pandémie. Je ne l’ai jamais fait<span data-ccp-charsty

J’ai souvent eu envie d’écrire sur la pandémie. Je ne l’ai jamais fait, car je n’avais pas envie de débattre sans fin et de me faire rabrouer pour les opinions que j’ai sur le sujet. Je trouvais aussi qu’il y a suffisamment de tensions en ce moment, alors je trouvais inutile d’en ajouter. Aujourd’hui, c’est différent. Pour la énième fois en deux semaines, je viens d’entendre quelqu’un dire que « les gens qui refusent d’être vaccinés ne devraient pas avoir accès au système de santé, car ils doivent assumer leur choix ». Ici, on ne parle pas de risque de contamination possible, mais bien « d’assumer un choix ». Je me questionne. 

 Je comprends les enjeux du système de santé, les urgences qui débordent, le personnel soignant épuisé, l’obligation du délestage et les conséquences tragiques tout comme la souffrance et l’anxiété que ça peut engendrer. Cependant, je me demande en quoi choisir ou non d’être vacciné empêcherait une personne d’être soignée? Qui sommes-nous pour faire ce choix ? Sur quoi nous basons-nous pour avoir cette opinion ? Quel est notre raisonnement et quels sont nos véritables motifs ou critères de sélection ? 

 C’est un profond désir d’équité ou un besoin de justice sociale qui nous pousse à vouloir que les autres assument « leur choix » ? Si c’était le cas et que nous décidions d’en faire une nouvelle règle de société, il nous faudrait exiger de tous qu’ils « assument leurs choix ». Conséquemment, il faudrait refuser l’accès au système à tous les gens qui ont des problèmes cardiaques ou de diabète causé par une alimentation inadéquate ou une mauvaise hygiène de vie. Il nous faudrait priver de soins tous ceux et celles qui pratiquent de façon non sécuritaire tout sport risqué et activité dangereuse ou controversée. Si on tient à cette règle « d’assumer nos choix », il nous faudrait refuser de soigner tous les accidentés de la route qui par excès de vitesse, facultés affaiblies ou autres se retrouvent dans le système de santé. À cette liste de gens qui doivent « assumer leurs choix », ajoutons les personnes qui ont subi un accident de travail à cause de leur négligence, les hospitalisations causées par la consommation excessive de drogues et d’alcool. La liste de ceux qui doivent « assumer leur choix » pourrait sans doute s’allonger encore beaucoup… 

 Est-on retournés au Moyen Âge, à l’époque où les gens qui avaient des opinions différentes étaient envoyés au bûcher ? Se cherche-t-on encore des sorcières à brûler ? Est‑ce notre désir de voir les autres se responsabiliser ou assumer leurs choix qui nous pousse à dire qu’ils ne méritent pas d’être soignés ou alors est‑ce une façon de prendre position sur ce qui nous semble moral ou non ? Ce sont là deux intentions bien différentes. 

 Les conséquences du délestage dans le système de la santé sont tragiques et personne ne devrait en souffrir. Malheureusement, c’est le cas et ça n’ira sans doute pas en s’améliorant pour le moment. Je comprends la peur, la colère et l’incompréhension face à certaines décisions, mais je crois qu’il faut être prudents et faire preuve d’introspection quand on s’exprime sur le sujet ou lorsqu’on prend position d’une telle façon. 

 Nous sommes tous à cran. Nos amitiés les plus sincères ont été bousculées, notre anxiété a décuplé, notre société est fragilisée. Si nous n’avons plus personnellement ou collectivement le désir ou la capacité d’être empathiques les uns envers les autres, nous avons encore le choix de faire preuve d’intégrité, d’honnêteté et de bienveillance. Ce sera, selon moi, le seul moyen de sortir de cette pandémie sans en être trop écorchés comme ami, comme conjoint, comme frère, comme sœur, comme parent, comme société. 

Liza Harkiolakis

La passion, un deuxième cœur — Texte : Marilou Savard

Maintenant que le hockey a recommencé, un sujet qui me passionne ÉNORMÉMENT, je me suis dit : Po

Maintenant que le hockey a recommencé, un sujet qui me passionne ÉNORMÉMENT, je me suis dit :
Pourquoi ne pas parler de la passion ?

Lexicalement parlant, la passion, c’est avoir un intérêt très vif pour quelque chose.
On parle même d’admiration, d’affection, d’attachement, d’élan des sentiments.

Poétiquement et physiquement, la passion, c’est les mille étoiles dans les yeux, le grand sourire aux lèvres, les mains moites, les poils dressés sur les bras et assurément le pouls cardiaque qui accélère.
C’est tellement fort l’émotion en dedans que c’est comme si qu’un deuxième cœur nous pousse en dedans pour battre la chamade.
C’est le feu dans l’âme.
C’est tout simplement vibrer de tout son être !
Ça fait partie de notre ADN.
Les passions sont en elles-mêmes des brins de notre ADN.
C’est 110 %, pas de demi-mesure.
All in!
Car on va se le dire, il y a du beau dans ce monde, c’est inévitable d’être émerveillé, épaté.

C’est naturel chez chacun de nous de vivre cela. Peut-être que pour certains, ce sera moins superlatif et « exagéré », mais ça reste un phénomène humain.
Raisonnable ou pas (tout de même péjoratif), ça rend la vie beaucoup plus plaisante à vivre d’avoir des choses qui nous passionnent au quotidien.

C’est également dans la nature humaine de partager avec les autres êtres humains les choses qui nous excitent.

Comment garder quelque chose que tu aimes confidentiel, garder cela secret ? Tu ne peux pas !
D’une manière ou d’une autre, tu trouveras toujours un moyen de l’intégrer dans une conversation.
Rien ne va te retenir de partager ce qui t’allume.
Ça doit être exprimé, ça doit être entendu.

Il arrive aussi qu’en communiquant nos passions aux autres, on trouve des gens qui ont la ou les mêmes passions que nous. C’est encore plus plaisant quand on partage cela à deux, à plusieurs.
De se sentir compris.
De vivre les mêmes sentiments.

Finalement, ce qui fait battre notre deuxième cœur peut parfois nous faire vivre des choses, mais on peut les vivre, en vivre. Ça, c’est un cadeau du ciel.

Effectivement, être passionné requiert bien souvent du temps et parfois même de l’argent, mais c’est un investissement.
Un investissement qui rapporte.
Du bonheur, des souvenirs, de la magie, ça aussi c’est une richesse dans l’économie d’aujourd’hui.

Marilou Savard

 

Quand ce que tu es ne te suffit plus – Texte: Shanie Laframboise

Plus belle, plus intelligente, plus souriante, plus fine, plus forte. Pourquoi cette quête du « 

Plus belle, plus intelligente, plus souriante, plus fine, plus forte. Pourquoi cette quête du « toujours plus » ? Parce qu’on ne veut pas simplement être bonne et bien faire, on veut être la meilleure et parfaire. Parce qu’on ne peut pas se contenter que ce soit beau, on désire que ce soit magnifique. Parce qu’on ne peut pas se satisfaire de réussir, on doit exceller.

Quand la perfection devient une nécessité excessive de discipline et que notre combat contre la montre devient un combat contre soi-même, quand ralentir n’est plus une option, la limite est de loin dépassée. Cette roue sans fin de soulagements temporaires et d’insatisfactions nous entraînera-t-elle vers le meilleur ou vers le pire de qui nous sommes ? Obnubilés par ce mal invisible à nous demander ce que nous aurions pu faire de mieux à la place de ce que nous avons accompli de bien, nous oublions complètement le soleil qui brille à l’extérieur et l’horloge qui continue de tourner.

Par peur de nous faire fermer la porte au nez dans cette société nous exhortant à être parfaits dans tout ce qu’on fait, nous oublions que la ligne est mince et que le pas est petit vers le déséquilibre. Une fois notre but atteint et la ligne d’arrivée franchie, comment arrêter un train que nous avons poussé de toutes nos forces par peur de perdre ce puissant contrôle nous ayant permis de tenir jusqu’au bout ? On se dit qu’on est capables d’en faire encore plus, on s’épuise et on s’en demande tellement trop qu’on s’en rend compte souvent beaucoup trop tard, une fois qu’on s’est emprisonnés loin de nos rêves dans nos propres barreaux.

En oubliant que le mieux est l’ennemi du bien, il va sans dire que la réussite devient une drogue qui ne nous comblera complètement jamais. On refuse catégoriquement de s’ouvrir les yeux face à la vérité : seule la déception sera présente pour nous accueillir après nous être laissés étourdir par nos objectifs intangibles. Ce que nous ne réalisons pas, c’est qu’il n’y aura aucune fin pour nous arrêter, puisque nous trouverons toujours mieux à nous infliger. En effet, plus nous nous torturons à nous juger en permanence, plus nous souffrons de ne pas être à la hauteur de nos attentes trop élevées, tout le temps, dans tout ce que nous sommes. Quitte à porter le poids de la culpabilité de nos échecs. Quitte à en avoir mal au cœur et mal de vivre à force d’angoisser. Quitte à abandonner nos passions parce qu’on n’excelle pas comme désiré et parce qu’on se rend malades de cette obsession malsaine.

La seule fin possible est le fameux lâcher-prise dont tout le monde parle qui nous permettrait soi-disant de vivre librement, mais qui nous semble littéralement un mirage.

Et si nous arrêtions de chercher la perfection en apprenant à tolérer l’imperfection ?

Et si c’était vrai que l’épanouissement pouvait passer par autre chose que notre succès à travers l’hypervalorisation de notre réussite ? Pourrions-nous redécouvrir un jour l’envie d’être soi-même et de vivre sans contraintes ? Peut-être qu’en apprivoisant l’échec et en apprenant à nous permettre l’erreur, nous pourrions enfin respirer. Que perdons-nous à essayer ? Et si c’était ça, finalement, la clé de la prison qui nous ferme la porte au bonheur ?

Prenons le temps de nous arrêter pour nous tourner vers l’ineffable beauté de la vie et de réaliser que les plus belles choses ne sont jamais parfaites. Prenons le temps de nous ouvrir à notre monde pour découvrir ce qui le rend unique, si magique. Pour une fois, offrons-nous la chance de profiter de la vie au lieu de la subir.

Shanie Laframboise

Je n’ai jamais été douée en amitié – Texte: Joanie Fournier

D’aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours été maladroite

D’aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours été maladroite en amitié. Je suis quelqu’un de sociable, qui aime les gens. Quand j’arrive dans un nouveau quartier, c’est assez facile pour moi de rencontrer des personnes. Par contre, j’ai toujours la même impression que mes relations restent en surface. J’ai l’impression de jouer un rôle, de ne jamais me montrer vulnérable.

Quand j’étais enfant, j’avais de grandes amies sur qui compter. Quand je repense aux moments avec elles, j’ai encore la sensation que je pourrais les prendre dans mes bras comme si elles étaient mes sœurs. Je repense aux partys, aux soirées pyjama et aux danses au sous-sol de l’église, et ça me rend heureuse. Mais quand l’ombre du secondaire a commencé à planer sur nos vies d’enfants, j’ai eu peur. J’ai réalisé que mes amies allaient dans des écoles différentes de la mienne et j’ai eu peur de toutes les perdre. Alors, j’ai fait la chose la plus incohérente qui soit pour me protéger : je me suis isolée. Je me suis isolée sans jamais donner de nouvelles parce que je ne voulais pas ressentir toute la peine que ça me faisait de ne plus les voir… Au lieu de profiter de mes soirées et de mes weekends avec elles, j’ai entrepris mon entrée au secondaire toute seule, comme si je changeais de vie.

Puis, d’une école à l’autre au secondaire, l’histoire s’est répétée. Je me suis liée d’amitié avec des gens que j’aimais profondément. J’ai passé de beaux moments avec eux. Mais j’ai dû faire trois écoles secondaires. Et à chaque changement, je recommençais ma vie à zéro. Puis au cégep, même histoire. J’ai rencontré des femmes fortes, humaines et fabuleuses. Dès le diplôme obtenu, je suis déménagée à des centaines de kilomètres. Loin de tout et de tout le monde.

J’ai commencé ma nouvelle vie. J’ai rencontré de nouvelles personnes et tissé de nouveaux liens. Des gens merveilleux, encore une fois. Dix ans ont passé. Puis, nous avons redéménagé. Encore à plusieurs heures de route.

Je suis avec le même homme depuis 18 ans. Un mari extraordinaire, un père présent et un ami précieux. Je l’aime de tout mon cœur et j’ai toujours pensé que nous deux ensemble, inséparables, on se suffirait. Mais je crois que c’est faux… parce qu’avec les réseaux sociaux, je vois passer toutes ces belles personnes à qui je me suis attachée. Et je réalise qu’elles sont restées soudées entre elles, peu importe la distance et le temps qui a passé. Je vois leurs liens encore aussi forts que lorsque nous étions plus jeunes… et oui, j’ai de la peine.

Je ne suis pas douée en amitié. Je suis nostalgique et je repense à tous ces gens qui ont pris une place significative dans ma vie. J’ai envie de me rappeler chaque moment qu’on a partagé ensemble… Les années ont passé et les excuses seraient vaines. Repartir à zéro quand j’étais jeune, c’était facile. Maintenant, je comprends que je n’ai pas envie de finir ma vie avec ce sentiment de solitude…

J’ai de la peine d’être partie. Je m’en veux de ne jamais avoir dit adieu. Je suis triste de ne plus les avoir dans ma vie. Et je sais que je suis la seule fautive. J’ai voulu me protéger… et au contraire, je pense que cette solitude me rattrape. Mais je ne peux pas revenir en arrière, je ne peux pas rattraper le temps perdu. Je peux essayer de me poser pour une fois. Rencontrer des gens formidables qui pourront faire partie de ma vie. Les laisser me voir telle que je suis et accepter le fait qu’ils pourraient ne pas avoir envie de rester auprès de moi…

Et si toi, tu as la chance d’avoir une amitié qui dure depuis 10 ans, 20 ans, 30 ans… tu le sais sûrement déjà à quel point c’est précieux. Tu as quelqu’un qui te connaît et qui a choisi de rester auprès de toi, peu importe tes qualités et tes défauts. Chéris-la, cette amitié. Prends cette personne dans tes bras pour moi… et dis-lui combien tu l’aimes. Parce que tu as beaucoup de chance de l’avoir dans ta vie. Et elle a beaucoup de chance de t’avoir dans la sienne.

Développer des amitiés durables à l’âge adulte, ça me semble tellement plus complexe… On ne peut plus juste aller cogner chez le voisin pour lui demander s’il veut venir jouer avec nous. Ça prend du temps, des efforts et sûrement bien des compromis. Il faut être authentique, présente, à l’écoute. J’ai tellement l’impression de ne pas être douée pour tout ça… Quelqu’un donne des cours Amitié101, par hasard ?

Joanie Fournier

 

Frapper le mur — Texte : Gwendoline Duchaine

Je me souviens précisément de cet instant. Seule dans une petite chambre du sud de la France, m

Je me souviens précisément de cet instant.

Seule dans une petite chambre du sud de la France, mon esprit a bloqué là. J’ai frappé le mur. J’ai crié en silence « PLUS CAPABLE ». « Je ne suis plus capable, je n’en peux plus ».

Le virus de la Covid-19 avait déjà commencé à m’épuiser mentalement depuis plusieurs mois, et j’avais vraiment besoin d’un break pandémique pendant mes vacances. Sauf qu’arrivée dans mon pays natal, tous mes proches ont testé positif au variant Delta. Le virus a volé les retrouvailles que l’on attendait depuis deux ans.

Alors que j’étais si seule dans cette petite chambre, j’ai reçu un courriel du travail. La goutte d’eau qui a fait déborder mon âme…

C’est à cet instant que j’ai frappé le mur. Je l’ai frappé tellement violemment qu’il m’a garrochée à terre.

À cet instant précis, l’espoir s’est éteint dans mon ciel : « Tout ne fait qu’empirer, je n’en peux plus, je n’ai plus envie »… Je ne verse aucune larme. Je suis juste en état de choc, je me sens prise au piège par cette pandémie. Je n’y arrive plus.

Par miracle, je n’ai pas contracté la Covid-19. Mais elle m’a frappée d’une manière…

De retour chez moi, chaque jour je pleure, mais je pense que c’est normal et que ça va passer.

Mais ça ne passe pas. Et mon ciel s’assombrit un peu plus chaque journée qui me rapproche de mon retour au travail.

Je suis infirmière. Ma job, c’est de composer chaque seconde avec la pandémie. Mais je n’ai plus cette force. Je pleure presque tout le temps.

Poussée par deux humains qui me connaissent bien, je contacte mon médecin. « Aide-moi, je ne suis plus capable, je n’en peux plus ». Au pied du mur, j’ai appelé au secours. Incapable de continuer à avancer. Clouée au sol.

J’ai eu l’immense chance d’être prise en charge très rapidement. Et d’être très entourée.

Depuis, j’essaie chaque jour de remettre du bleu dans mon ciel. Il y a des hauts et des bas. Il y a beaucoup de moments sombres. Il y a aussi des rires et du bonheur. Je me sens comme dans un océan en pleine tempête. Mon humeur ressemble aux vagues. Des fois, ça va pis, des fois ça va pas. Je suis ballotée dans cette eau tumultueuse. Je ne sais pas où je vais. Je ne sais pas comment je vais.

Je crois que j’ai retrouvé un peu d’espoir parce que, poussée par mes proches, j’ai recommencé à vivre, à sortir. Je ne veux plus jamais perdre cette liberté. Je ne veux plus jamais qu’on m’interdise de prendre des humains dans mes bras… L’être si social que je suis reprend vie doucement. Je marche dans la nature, je cours, j’essaie fort…

Pourtant l’étincelle en moi est fragile. Pourtant l’envie, « la drive » que j’ai toujours eue, n’est pas revenue.

Je me sens perdue dans l’océan.

Je me sens éteinte.

Et je ne sais pas comment rallumer la lumière.

 

Gwendoline Duchaine

 

Apprivoiser mon côté sauvage, cette douce anxiété sociale — Texte : Geneviève Dutrisac

Regarder l’horizon et me perdre dans mes pensées. Me ressourcer en regardant cette simple ligne q

Regarder l’horizon et me perdre dans mes pensées. Me ressourcer en regardant cette simple ligne qui se dessine au loin, me demandant ce qu’il y a exactement là où je regarde. Ces moments de solitude où je me sens si bien, si calme. Les années passent et je me rends compte à quel point ma solitude est un besoin viscéral.

Depuis le début de la pandémie, j’ai développé une belle anxiété sociale. Un doux côté sauvage qui sommeillait en moi est sorti de sa tanière afin d’éloigner tout prédateur se voulant trop amical avec moi. Je n’ai plus l’énergie d’aller à la rencontre d’inconnus, je n’ai plus l’énergie d’être déçue par un autre être humain. Je ne veux plus. Je ne peux plus. Un réflexe de protection ? Peut-être…

Lorsqu’il y a foule, je veux disparaître. J’ai toujours l’impression de ne pas être à ma place, de déranger ou même d’être ennuyante. Je préférerais avoir la cape magique d’Harry Potter afin d’être invisible et de pouvoir écouter les autres sans nécessairement avoir à participer aux conversations. Je me sentirais bien à simplement observer, écouter.

Quoi qu’il en soit, je dois apprendre à dompter cette bête sauvage que j’ai créée. Je dois réapprendre à vivre en société, dans un monde qui socialement ne me rejoint plus. Je veux fuir cette chaleur humaine qui me laisse maintenant de glace.

Le plus ironique dans tout ça est que je dois montrer à mes enfants comment vivre en société quand moi-même, je ne sais plus comment m’y prendre. Imaginez les enfants qui ont le sentiment de perdre tous leurs repères, d’avoir le syndrome de l’imposteur, peu importe l’endroit où ils vont. Du haut de mes 35 ans, j’ai la chance d’être bien outillée et d’avoir une belle maturité afin de vivre ces nouvelles émotions, mais j’ai énormément d’empathie envers les jeunes qui souffrent en silence.

Je ne suis ni hautaine ni étrange, j’ai simplement besoin de vous côtoyer à petite dose. Je vous aime, mais doucement. Sans accolades ni baisers sur la joue, mais dans le plus grand des respects mutuels.

Geneviève Dutrisac

 

La charge mentale — Texte : Jessica Thériault

Je vous entends déjà dire : « Encore un autre texte là-dessus ? » Bien, je vous expli

Je vous entends déjà dire : « Encore un autre texte là-dessus ? »

Bien, je vous explique aujourd’hui la charge mentale à ma façon.

Pour moi la charge mentale, c’est de m’assurer que mes trois mousses ne manquent de rien, en aucun temps, aucun moment.

Je suis monoparentale une semaine sur deux, avec le travail 40 h/semaine, ma grande fille de 12 ans au PEI (programme d’études internationales), un garçon de 11 ans qui finit sa dernière année au primaire et qui joue au hockey deux à trois fois par semaine, d’un petit-grand bonhomme issu d’une autre relation qui va à l’école anglophone. Donc vous comprendrez, trois enfants, trois écoles différentes. Ça implique : voyagement matin et soir d’un côté à l’autre de la ville (environ 45 min.) matin et soir. (Je profite de cette tribune d’ailleurs pour remercier mon voisin fantastique qui amène mon « milieu » tous les matins, merci Alex pour l’entraide). Mais comprenez, chaque jour, un parent mono n’a pas qu’à se soucier de ses 40 heures au travail… je vous fais le topo.

6:00 Levée du corps

6:05 Douche

6:15 Lunchs

6:25 Réveil des enfants (pas toujours heureux de se lever, soit dit en passant)

6:25 @ 7 h Gérer les habillements, la grande qui n’est pas satisfaite de son linge, le grand et le p’tit qui se cherchent mutuellement.

7:10 Dépôt du premier à l’école

7:20 Dépôt du deuxième à l’école

7:45 Dépôt de la grande au secondaire

8:00 Arriver ENFIN au travail et faire sa journée.

12:00 Ben coudonc, tout le monde part manger ? Déjà ? J’ai pas le temps, je vais dîner à mon bureau pour être à l’heure à la cloche. Les cloches qui sonnent toutes en même temps sauf celle de la grande.

15:15 Quitter la job, faire le chemin du retour… pas besoin de vous donner les détails…

16:45 Arriver à la maison, faire les devoirs des trois pas dans le même niveau pour assurer leur réussite scolaire en même temps que faire le souper.

17:30 On soupe, ça finit souvent en champ de bataille…

18 : 15 On commence les bains, histoires, film en famille, brossage de dents.

19:00 L’heure de commencer la routine du dodo.

**Ça, c’est s’il n’y a pas de hockey**

…… (vous savez tous comment ça se passe)

21:00 Enfin je prends un bain, mais la tête est toujours en train de fonctionner à 300 milles à l’heure ! (Ahhh merde, j’ai pas ramassé la vaisselle, j’ai pas passé le balai).

22:00 Je me couche, mais la tête fonctionne toujours à SPIN… à penser aux millions d’activités parascolaires, les examens que j’ai pas signés…

Tout ça, c’est sans parler de tout le reste. Les RV au Children’s pour mon p’tit dernier en attente de deux opérations, alors qu’on doit passer une nuit au Children’s pour un test d’apnée avant tout parce que la dernière fois, ça s’était mal passé.

Ces petits stress de la vie.

Que tu sois papa, maman… je crois que ça te rejoint.

Alors, votre charge mentale ? Comment elle va la vôtre ? Parce que la mienne est épuisée.

 

Jessica Thériault

Nouvelle maman à la dérive – Texte : Annick Gosselin

Dans les livres, on ne parle que des moments de joie, des moments parfaits. L’arrivée d’un béb

Dans les livres, on ne parle que des moments de joie, des moments parfaits. L’arrivée d’un bébé est, en théorie, synonyme de bonheur.

Mais rien ni personne ne te prépare aux moments où ce n’est pas le cas, où ça ne va plus. Qu’est-ce qui arrive quand tu ne ressens pas ce bonheur, que c’est vide en dedans? Que se passe-t-il quand tout ce que tu souhaites, c’est de te rouler en boule et pleurer?

C’est le néant.  Il n’y a plus personne. Aucune marche à suivre. On parle du postpartum comme d’une étape parmi tant d’autres. Vraiment?

Pourquoi? Pourquoi ne nous prévient-on pas qu’on peut ainsi partir à la dérive?

Il n’y a rien de normal à se contenter de survivre durant cette période. Il n’y a rien de normal à culpabiliser parce que tu ne te sens pas heureuse comme tu devrais l’être par l’arrivée de ton nouveau-né. Ce n’est pas non plus normal de pleurer toute la journée avec ton bébé collé à toi en t’excusant de ne pas savoir comment faire pour aller mieux.

Mais ce qui est complètement anormal, c’est de maginaliser ces mères qui sombrent après la naissance de leur enfant, de les juger et de ne pas leur offrir le soutien dont elles auraient tant besoin.

On nous prépare à l’allaitement et aux petits bobos qui peuvent survenir après l’accouchement. Mais on ne nous prépare pas aux problèmes psychologiques. Les mentalités devront changer. Une mère n’est pas coupable de souffrir de dépression. Elle a besoin d’aide, d’amour et de compréhension.

Si tu es une maman qui vit cette situation présentement, je veux que tu saches que ce n’est pas ta faute, que c’est indépendant de ta volonté et que ton bébé n’y est pour rien. Ton bébé, tu l’aimes inconditionnellement. Mais pour l’instant, tu n’arrives pas à profiter de ce bonheur à 100 %.

Va consulter, entoure-toi de gens qui t’aiment et te font du bien. Et tu vas voir, lentement tu vas cesser de dériver, tu vas même finir par t’accrocher solide et tu seras de nouveau heureuse. Donne-toi juste le temps d’apprivoiser tous ces changements. Ne t’en veux surtout pas et sois douce avec toi, de la même façon que tu le serais avec ta meilleure amie. Le jour viendra où tu pourras de nouveau percevoir le bonheur.

Annick Gosselin