Archives janvier 2022

Mon amie l’anxiété — Texte : Marie-Nancy T.

Est-ce que tu as déjà ressenti cette espèce de sentiment « d’envahissement psychologique 

Est-ce que tu as déjà ressenti cette espèce de sentiment « d’envahissement psychologique » ? Cette sensation que ton cerveau n’a plus la capacité de rien gérer, qu’il est saturé ? Ou encore, cette impression qu’il va survenir quelque chose de grave et que le ciel va te tomber sur la tête, sans raison apparente ? Tu sais, ce sentiment désagréable qui te fait anticiper le pire quand ton enfant tombe malade ? Ou cette espèce de sensation de serrement au niveau de la poitrine, qui te donne peur ? Moi oui !

Mon amie l’anxiété est apparue soudainement dans ma vie, sans invitation. Je l’ai rencontrée il y a une dizaine d’années, suite à un évènement traumatique que j’ai vécu. Avant cette épreuve, je connaissais le mot « anxiété » et je connaissais aussi les symptômes, puisque mon métier l’exige, mais sans plus.

Les années qui ont suivi les évènements n’ont pas été de tout repos. J’ai continué ma vie en prenant garde de ne pas trop impacter ma famille, mes enfants. Je crois bien avoir réussi sur cet aspect. C’est fou, ce qu’une maman est capable de faire quand elle veut préserver ses enfants. Avec le temps, mes blessures se sont pansées et elles se sont atténuées. Je me suis apaisée, peu à peu. Mais l’anxiété, ELLE, est restée bien accrochée à moi comme une mauvaise herbe qu’on arrache et qui revient. J’ai mis du temps à comprendre que l’anxiété allait faire partie de ma vie et qu’il était mieux de négocier avec elle, plutôt que d’essayer de faire comme si elle n’existait pas.

J’ai réussi, pendant plusieurs années, à voguer avec l’impression de guérison ou le sentiment de victoire. J’ai réussi, par périodes, à croire que j’avais enfin réussi à botter l’anxiété par la fenêtre. Oh mais ne vous y m’éprenez pas ! L’anxiété est tenace. Elle s’est vite chargée de me faire savoir, lors de moments plus difficiles, qu’elle n’était jamais bien loin.

On dit souvent que les épreuves difficiles nous font grandir ou qu’elles forgent notre « carapace ». Qu’elles nous aident à affronter les prochaines tempêtes avec plus de force et de courage. C’est vrai, en quelque sorte, qu’il faut vivre des expériences difficiles et des inconforts pour évoluer et pour apprendre en tant qu’humain. Par ailleurs, certaines épreuves de la vie peuvent nous fragiliser à jamais, nous transformer et laisser des traces. Dans mon cas, j’ai reçu en héritage mon amie l’anxiété. Par moment, l’anxiété est en dormance et elle disparaît pendant plusieurs mois. À certaines occasions, elle me rend visite et elle me met au défi. Quand elle revient, elle est toujours inconfortable, mais elle est de plus en plus timide avec les années.

J’accepte maintenant de vivre avec mon anxiété. Elle fait partie de qui je suis, de mon histoire de vie. J’aime à penser que depuis que je la connais, je suis une meilleure version de moi-même, une amie plus sensible, une meilleure intervenante et même une meilleure maman. L’anxiété m’a fait grandir en quelque sorte. Cette acceptation ne se fait pas en un claquement de doigts. Il faut vouloir affronter le problème mais surtout, le comprendre. Évidemment, je parle ici d’anxiété situationnelle, celle reliée à des « stresseurs » du quotidien. Je ne parle pas d’un trouble d’anxiété généralisée, diagnostiqué par un médecin. Le traitement est différent.

Mon amie l’anxiété, aussi inconfortable et désagréable que tu puisses être, tu fais partie de moi et j’accepte de vivre avec toi maintenant, pour mieux t’affronter.

Marie-Nancy T.

Tu me « drives »! Texte : Ghislaine Bernard

Tu sais, il y a des matins où je me dis que je me sens bien et d’autres où c’est moins certain

Tu sais, il y a des matins où je me dis que je me sens bien et d’autres où c’est moins certain. Ces matins-là, tu es là. Parfois tu es juste présent, sans avoir à dire quoi que ce soit. À d’autres moments, tu me fais rire, tu me fais réfléchir, tu me fais pleurer dans tes combats, ou tu m’émeus dans tes joies. Tu me demandes de l’aide pour une raison ou une autre et je me précipite comme je l’ai toujours fait pour t’aider. Mais au final, c’est toi qui m’aides.

Oui, parce que tu me fais confiance pour t’aider.

Oui, parce que j’arrive à te faire atteindre tes objectifs.

Oui, parce que je me sens utile et appréciée.

Oui, parce que simplement, tu es là.

Il y a des soirs où je me sens seule et tu viens, tu m’accompagnes sur ma solitude en me partageant ta journée, ta dernière virée ou ce vidéo absurde qui t’a fait rire. Tu me parles du passé, de nos moments, de nos déboires et de nos fous rires. Parfois ensemble, on redessine l’avenir en se basant sur un présent modifié à notre convenance.

On suit la musique… on fait des pas de danse.

Tu me « drives »

Tu me dis tellement de choses, en paroles, en écrits et même dans tes silences et tes non-dits.

Tu me racontes ta vie et moi la mienne. Totalement ou partiellement, selon l’humeur du moment.

Je pourrais dire encore tellement de choses que tu fais pour moi ! Mais le principal :

Tu me « drives »

Tu me forces à m’élever au-dessus de moi-même, à faire face à mes problèmes. Tu m’enlèves certains poids, parfois. À cent milles à l’heure, tu me percutes par certaines vérités, même si parfois tu n’en as pas conscience, je t’entends, je t’écoute, je te lis et te regarde. J’observe ta verve, tes intonations, tes pauses et tes émoticons.

Tu me « drives »

Chaque jour, je te retrouve sur mon parcours. Je te vois dans la rue, sur mon écran, au bout du fil. Tu me rends visite ou c’est moi qui viens à toi. Nous partageons tout et rien. Nous voguons sur le même océan, toujours droit devant, même si parfois des courbes se présentent.

Tu me « drives »

Tu es mon ami, ma connaissance, mon collègue, mon frère ou ma sœur de cœur. Tu es ce père qui m’a élevé, cette tante, cet oncle, ce cousin. Tu es mon enfant, mon parent, mon amour. Tu es celui qui partage ma vie au travers de celle-ci.

Tu es parfois aussi cet inconnu qui m’offre un regard, un sourire ou même qui ne me regarde pas, trop occupé dans ses pensées.

Tu me « drives »

Avec tes bons et tes mauvais côtés

Toi, dans toute ta splendeur, dans toute ton humanité.

Tu es mon prochain, mon voisin.

Tu es cet humain. Petit ou grand, peu importe vraiment.

Tu es et cela me suffit.

Merci

Simplement, Ghislaine

Dans la tête d’une personne suicidaire – Texte : Cindy Barbier

Imagine-toi dans une pièce sombre sans porte ni fenêtre. Les murs se referment sur toi lentement,

Imagine-toi dans une pièce sombre sans porte ni fenêtre. Les murs se referment sur toi lentement, mais juste assez vite pour que tu le remarques. Donc ton angoisse est toujours au maximum. Tu ressens sans arrêt une douleur qui traverse ton cœur jusque dans ton dos comme un poignard.

Imagine-toi dans un brouillard très épais. Tu as beau avoir la lumière parfaite, tous les outils à portée de main pour traverser sans problème, mais tu n’y arrives pas. Rien ne fonctionne.

Imagine, ton pire ennemi, c’est ta tête, ton mental. Oui, oui. Des fois, tu te dis : « Hey, let’s go, je vais y arriver. » Pis ta tête te dit : « Hey chose ! Calme-toé. Tu le sais ben, tu n’es jamais capable d’accomplir de quoi. Check ton ami, lui, il a réussi. Abandonne tout de suite. »

Imagine, quand le monde te dit : « C’mon, donne-toi un bon coup de pied au cul, tu vas y arriver. » Sauf que tu n’es pas assez fort pour te lever de ton lit. Imagine, prendre une douche ou te faire à manger, c’est le mont Everest à monter.

Imagine, quand tu oses en parler, que tu dis : « Dans ma tête là, j’ai des pensées noires qui me font peur. » Souvent la réponse est soit : « Oh, j’ai eu ça, c’est normal, ça va passer. On a tous des boutes rough » ou « Ben là, va à l’hôpital ». Ben la personne se sent encore plus seule.

Imagine dans ta tête que la seule solution à tous tes problèmes, c’est de ne plus exister, de ne plus être là, parce que tu crois fermement que ta présence, ta douleur est plus difficile à supporter que ta mort. Que ta mort sera une libération pour tes amis et ta famille. Que comme parent, tu es convaincu que tes enfants vont être mieux sans toi, parce qu’ils vont grandir sans un parent triste, colérique et qui ne joue pas avec eux.

Imagine-toi sur le bord d’une falaise, le vent te pousse fort en sacrifice vers le précipice. Derrière toi, tu as une armée de personnes prêtes à t’aider, qui hurlent à pleins poumons de venir les voir, qu’ils sont là pour toi. Tu les entends, mais tu n’as pas la force de te retourner et d’affronter le vent qui fouette ton visage, parce que ça fait mal, trop mal.

Imagine-toi couché dans ton lit, incapable de bouger. Tu es paralysé et chaque parcelle de ton corps est en douleur. Tu ne peux pas te frotter pour aider à faire passer la souffrance, tu ne peux pas mettre de la glace ou de la chaleur pour atténuer la douleur, tu ne peux même pas crier à l’aide, parce que la douleur te tétanise sur place.

Imagine, ta tête joue contre toi. « Hey, si je saute, est-ce que je risque de me manquer ? » Ben voyons, d’où vient cette pensée ? Tu sais pas, elle a juste passé en coup de vent. « J’ai-tu assez de médicaments ? » « Mon couteau est-tu assez coupant ? » Ça commence de même. Lentement. Sournoisement. Grandissant. Envahissant tout sur son passage et avant même qu’on se soit rendu compte de la gravité, on est pris au piège.

Imagine-toi que tu crois que personne ne peut te comprendre, ne peut comprendre ta douleur, ne peut comprendre ton désespoir, ta tristesse.

Tu es perdu? Alors, comment tu crois que cette personne peut se comprendre et essayer de trouver une solution?

Cindy Barbier

 

Cette maman qui pleurait — Texte : Audrey Léger

Est-ce que tu as pris le temps de regarder cette maman qui pleurait ? Est-ce que tu l’as vrai

Est-ce que tu as pris le temps de regarder cette maman qui pleurait ?

Est-ce que tu l’as vraiment vue ? Est-ce que tu l’as vraiment comprise ?

Est-ce que tu l’as jugée ? Est-ce que tu l’as méprisée ?

Cette maman n’a pas pu assister au premier spectacle de danse de son fils de 6 ans.

Il a bien compris que sa maman n’avait pas le droit d’entrer dans la salle, qu’elle ne le verrait pas danser… Elle ne lui enverrait pas le bisou de la chance et ne l’applaudirait pas. Pas ce soir en tout cas…

Ton cœur a compris, ce soir-là ? Cette maman était aussi aimante que les autres. Elle devrait pouvoir assister au spectacle de son enfant. Il devrait y avoir un moyen. Il y avait tellement d’espace et de bancs vides.

Vous l’avez laissée pleurer ce soir-là. En sachant, au plus profond de vos entrailles, que ce n’était pas bien, que ce n’était pas normal. Qu’elle méritait autant que tout le monde de voir son enfant ce soir-là. Que son enfant méritait de voir sa maman le regarder.

Tu as compris que les dommages étaient bien plus grands que les risques.

Cette maman était bien seule. Elle était en sanglots. Parce que les gens ont perdu leur humanité. Parce que rien n’a de sens. Parce qu’après le spectacle, elle était là. Dans le corridor, derrière les grandes portes.

La foule s’est mise à l’encercler, à l’effleurer, à la bousculer. Elle avait le droit d’être parmi eux. Mais elle avait perdu le privilège de voir les étoiles dans les yeux de son petit à son premier spectacle.

À toutes les personnes qui souffrent en silence : vous n’êtes pas seules.

Audrey Léger

 

Les mots – Texte : Line Ferraro

J’ai le goût d’écrire, mais les mots ne viennent pas aussi facilement qu’à l’habitude. J

J’ai le goût d’écrire, mais les mots ne viennent pas aussi facilement qu’à l’habitude. J’ai besoin de réfléchir, de faire de la place dans ma tête pour que les mots puissent s’installer et prendre forme. J’ai besoin de ce moment thérapeutique pour me sentir mieux. J’ai besoin d’évacuer mes maux.

Certains mots restent aussi pris au fond de ma gorge. C’est difficile d’en parler. Ma gorge est serrée. Mon cœur est lourd. Je ne sais pas trop ce qui se passe… Pourtant, je sens qu’ils sont là, prêts à exploser. Ils se retiennent, ils n’osent pas sortir de leur cachette. Mon anxiété les retient. Mais j’ai besoin de sortir de ces maux qui me grugent l’âme et qui me font fuir ma vie.

Les mots n’arrivent pas à se frayer un chemin de mon cœur à mes doigts… C’est sûrement mon cerveau qui mène en ce moment. Mon cœur se débat, mes mains sont moites et glissent sur mon clavier. Mes yeux s’embrouillent et je ne perçois plus les lettres. Il faut qu’ils sortent pour que je me sente mieux. J’ai besoin de me vider la tête et le cœur.

Mais je ne trouve pas les mots. J’ai le goût de crier ! J’ai le goût de pleurer ! J’ai peur !

Mais de quoi ? Aucune idée ! J’ai chaud. On dirait que je vais perdre connaissance. Ce serait si facile de se laisser tomber, de se laisser partir… J’ai l’impression que quelqu’un a pesé sur un bouton et que mon être cherche à s’échapper de mon corps.

Mais je devrais plutôt essayer de dormir, de me laisser porter par le bruit de la musique que j’ai choisie. Me laisser bercer par les mots de quelqu’un d’autre. Respire ! Respire !

Des pensées hors de mon contrôle se sont emparées de mon esprit et elles rejouent en boucle des scénarios tous plus intenses les uns que les autres. Des histoires dont je ne connais ni le dénouement ni la fin, et cela m’inquiète au plus haut point.

J’ai des serrements à la poitrine, je fais sûrement une crise cardiaque. Mais non ! Souviens-toi ! C’est ton diaphragme qui se gonfle comme un chapiteau. Respire ! Respire !

Je dois m’accrocher à quelqu’un pour sentir que j’existe encore ! C’est tellement flou dans ma tête. Pose ta main dans mon dos, tiens-moi la main. Parle-moi ! Dis-moi que je suis toujours là… Je n’ose plus parler de ce que je vis, de ce que je ressens. Mon chum ne sait plus comment m’aider. Et je le comprends ! J’ai vraiment besoin d’aide extérieure !

 Mes maux

Ma première thérapie, je l’ai faite à 27 ans. Je cherchais à me comprendre depuis plusieurs années déjà. J’avais pris part à plus de décès que de mariages. Mon parrain est décédé lorsque j’avais 7 ans, ma mère et son chum sont décédés tragiquement dans un accident de moto 11 mois plus tard ; au décès de mon père, j’avais 15 ans, et 21 ans au décès de mon grand-père. Trop de grands deuils à faire pour une seule personne.

Mes maux étaient toujours ancrés dans mon cœur et dans mon âme. J’ai poursuivi ma route, du mieux que je pouvais, avec les ressources que j’avais en moi. Puis, je suis devenue mère assez rapidement. À 31 ans, après un mois de fréquentation, et avec tous les moyens pour ne pas que ça arrive, je suis tombée enceinte. Trois ans plus tard, nous avions trois enfants (jumeaux). La vie était plus douce, plus calme, mais j’avais toujours un vide à l’intérieur. Et puis bang, à 38 ans j’ai dû m’arrêter quelques mois pour prendre soin de moi. J’ai reçu un diagnostic d’anxiété généralisée, de trouble obsessif compulsif et de trouble de l’adaptation. J’ai pris un rendez-vous avec une psychologue. Ça me faisait du bien de parler à quelqu’un qui ne pouvait pas me juger, qui ne pouvait pas me dire des commentaires tels que : Sois forte ! Y’ en a des pires que toi ! Sois courageuse !, c’est comme ça la vie ! Le p’tit Jésus t’a envoyé des épreuves à vivre car tu es capable de les surmonter et qu’il t’aime ! Ben oui, toé !

Le renouveau

À 50 ans, j’ai fait une dépression majeure. Cette fois-ci, j’ai pris 18 mois pour prendre soin de moi. Psychologues, thérapie cognitivo-comportementale de groupe, thérapie par le chant, ergothérapie en santé mentale, méditation. J’ai tellement grandi lors de ces thérapies. J’ai pu faire un grand ménage et je me suis débarrassée de bien des maux. C’est l’un des plus beaux cadeaux que je me suis offerts.

Une chance que j’étais bien entourée autant par ma famille que par mes amies. J’ai osé demander de l’aide. C’est important de parler, d’exprimer ce que l’on ressent, de vivre nos émotions. Il faut aussi des personnes capables d’être à l’écoute de l’autre. Toutes ces thérapies m’ont tellement aidée à cheminer, à comprendre, à me faire confiance et à accepter qui je suis.

Notre santé mentale est aussi précieuse que notre santé physique.

Le beau

Aujourd’hui, j’ai 55 ans et j’arrive beaucoup plus facilement à gérer mes angoisses. Je les sens venir et j’en ai beauuuuuucoup moins qu’avant. J’ai appris à m’arrêter avant que tout déborde. J’ai appris à écouter ma petite voix dès qu’elle me fait signe et avant que celle-ci ne me raconte n’importe quoi…

Line Ferraro

 

Cher jeune sportif, chère jeune sportive, on est tous derrière toi !  Texte : Marie-Nancy T

Je m’adresse à toi aujourd’hui, jeune « sportif » et à toi aussi, jeune « sportive 

Je m’adresse à toi aujourd’hui, jeune « sportif » et à toi aussi, jeune « sportive ». Je veux te dire que je le sais que c’est excessivement difficile pour toi en ce moment. Même si tu n’es pas toujours en mesure de mettre des mots sur ce que tu vis à l’intérieur de toi, je le vois que tu es plus maussade et qu’il te manque quelque chose pour être pleinement épanoui.

Je sais que ça fait trois ans que ta saison de sport, qui est aussi ta passion et ta motivation, est annulée, sur pause ou différente. Trois ans dans la vie d’un adulte, ça peut paraître banal. Par ailleurs pour toi, trois ans, c’est une grosse partie de ta vie. Quand on y réfléchit bien, c’est plus du tiers de ta vie si tu as 9 ans, plus du quart de ta vie si tu as 12 ans et ainsi de suite…

Je sais que tu trouves cela contradictoire en ce moment, car depuis que tu es tout petit ou toute petite, les adultes qui gravitent autour de toi te répètent que le sport est essentiel à ta santé physique, à ta santé mentale. On le sait, toi et moi, que le sport aide également à renforcer le système immunitaire, qu’il aide à contrer l’isolement, à faire diminuer le stress et même à augmenter tes résultats scolaires. On le sait également, toi et moi, que le sport t’aide à maintenir un équilibre social essentiel à ta vie, donc que chaque compétition ou tournoi annulé est une occasion manquée pour toi de socialiser ou de vivre une expérience qui aurait pu rester gravée dans tes souvenirs. On le sait aussi que chaque compétition ou tournoi annulé est une occasion manquée pour toi d’apprendre à devenir plus fort à travers la défaite, ou de vivre une joie intense, suite à une victoire ou au gain d’une médaille. On le sait aussi, toi et moi, qu’au-delà de t’aider à maintenir un équilibre mental et physique, le sport te fait vivre des expériences de vie grandioses, qui vont forger le petit humain en devenir que tu es !

OUFF ! Quand on y pense, tu en as fait des sacrifices, toi, au cours des derniers mois et des dernières années ! Tu sais quoi ? Tu m’impressionnes ! Encore plus important, tu impressionnes tes parents et tous les gens de ton entourage. Tu ne le sais peut-être pas encore mais toi, tu es résilient et toi, tu es résiliente. En résumé, la résilience, c’est la capacité d’une personne à être capable de poursuivre son chemin malgré les embuches et à rebondir à partir d’une situation difficile. Oui je le sais ! Un moment donné, la résilience a ses limites ! Je sais que tu as perdu espoir depuis quelques mois, que tes rêves se sont amenuisés et que ta tristesse s’est accentuée. Je le sais, car, dans ma maison, j’ai deux jeunes sportives, désillusionnées, qui attendent le retour des compétitions et de la pratique de leur sport avec impatience et découragement. Je le sais aussi, car dans mon métier d’intervenante et comme professionnelle œuvrant auprès des jeunes, je rencontre de plus en plus d’enfants et d’adolescents qui ne vont pas bien et qui ont besoin de soins médicaux et d’aide professionnelle pour rester fonctionnels.

Écoute-moi bien, jeune sportif, et toi aussi, jeune sportive, c’est important. Aujourd’hui, je veux te dire que je le sais que c’est douloureux pour toi et que tu souhaites plus que tout retrouver ta deuxième famille. Parce que c’est aussi ça le sport, une deuxième famille. Et tu sais quoi ? Tes parents aussi le savent que c’est tough en maudit pour toi ces temps-ci. Et oui, même s’ils ne trouvent pas toujours les bons mots pour te le faire savoir, car on va se le dire, ils sont affectés eux aussi de te voir comme ça, ils sont là pour toi. Tu peux aller leur parler, leur dire comment tu te sens. Si tu veux, va voir ton professeur d’école ou si tu préfères, ton entraîneur ou tout autre adulte de confiance pour toi. Peu importe, mais ne reste pas seul ou seule. Tu es important et tu es importante ! Ce que tu vis est important ! Peu importe ton sentiment, il est légitime et il mérite qu’on y porte attention.

Je sais que tu ne me crois peut-être pas en ce moment, mais il y a bel et bien une médaille d’or, un trophée ou une victoire au bout du tunnel, même si le tunnel t’apparaît interminable à traverser.

On est tous derrière toi, pour te soutenir !

Marie-Nancy. T

Bonjour, comment vas-tu ? Texte : Klaude Laflamme

Je suis de ces personnes qui questionnent les ami.e.s de ses enfants. Personne ne rentre chez moi sa

Je suis de ces personnes qui questionnent les ami.e.s de ses enfants. Personne ne rentre chez moi sans d’abord avoir eu droit à un « Bonjour, comment vas-tu ? » Pas pour faire ma détective, mais parce que leur vie m’intéresse. Certains fixent le plancher, d’autres me renverront d’emblée la question, mais tous finiront par répondre. Je veux que dès la première rencontre, la communication soit établie.

J’aime rencontrer ces jeunes, j’aime connaître avec qui mes enfants passent leur journée. Je sais que pour bien des parents, quand les enfants deviennent des adolescents, ils deviennent plus discrets. Pourquoi ? Est-ce qu’en vieillissant, les jeunes ne veulent plus qu’on s’intéresse à eux ? L’adolescence, c’est tellement intense et tumultueux. Même les plus jeunes plus silencieux aiment qu’on prenne le temps de s’informer. Ils aiment aussi qu’on leur raconte nos premiers amours, échecs, bons ou mauvais coups. Ils aiment sentir qu’ils sont normaux, que notre adolescence n’était pas bien différente de la leur.

C’est en parlant avec eux qu’on ouvre les discussions sur les sujets plus délicats. Pour qu’ils se sentent compris, on doit nous aussi se montrer vulnérable.

La communication n’est pas que dans un sens, si je peux me permettre d’être en désaccord, ils le peuvent aussi. Je ne suis pas là pour être leur amie, mais pour les écouter, discuter et conseiller.

Ils se font souvent juger sévèrement, mais ils ont énormément à nous apprendre. Ils sont tellement plus ouverts sur les autres et la diversité que nous pouvons l’être. Ils sont beaux, sensibles et purs. C’est difficile d’être un adolescent dans ces années de pandémie. Rien n’est comme ce serait censé être, pourtant ils sont d’une résilience incroyable. J’en ai marre qu’on les mette tous dans le même panier. Il y a beaucoup plus de beaux jeunes que l’image de paresseux sans envergure qu’on aime nous projeter.

J’ai envie de vous dire de laisser vos adolescents vous impressionner. Commencez doucement par un : Bonjour, comment vas-tu ?

 

Klaude

 

C’était mon père

Ça a été un débat, avec ma tête et avec mon cœur. Peu importe, après réflexion, les gens ont

Ça a été un débat, avec ma tête et avec mon cœur. Peu importe, après réflexion, les gens ont le droit de savoir. Savoir le pourquoi, les raisons fondamentales des non-dits de notre famille.

En sixième année, quand j’ai décidé d’aller faire mon secondaire chez papa, j’étais tellement contente de pouvoir profiter d’avoir une sœur! Les bébés, j’adorais ça! Elle est arrivée, je n’avais pas le droit de la voir, de la prendre… pour plein de raisons qui sont hors de mon contrôle.

Un jour, je suis seule à la maison, avec papa. Il est tard. Je devrais dormir, mais ce n’est pas le cas. Je monte aux toilettes, papa écoute la télé. Je ne suis pas à l’aise, je le sens pas. Mais je fais ce que j’ai à faire. J’arrive pour sortir. Papa est là, nu. Il me force à rester dans la salle de bain, il m’assoit sur la sécheuse, de force. Il me dit qu’il veut me montrer c’est quoi, comment ça marche. Je me débats, je crie je frappe, j’ai vraiment peur…. Je finis par pouvoir me sauver, descendre à ma chambre.

À partir de ce soir-là, je ne m’endormirai plus avant de savoir que papa est monté, avant d’entendre ses pas monter l’escalier.

Par la suite, une autre fois, ma belle-mère n’y était pas. Il descend, dans ma chambre. Il met sa main sur ma bouche, je suis sur mon lit. Il me touche, je me débats. Mon instinct de protection embarque, je suis enragée… et tout d’un coup, la belle-mère arrive. Son commentaire: bonnnn… pourquoi elle crie encore? C’est poche mais en même temps, j’ai tellement été contente qu’elle revienne tôt cette journée-là.

Une journée, la nièce de ma belle-mère reçoit son call pour sa transplantation. Elle part pour Québec. Je suis seule avec papa et pour un bon bout… Là, j’panique. Je supplie grand-mère de me ramener chez elle, je veux aller vivre là-bas.

Je pars, je suis démolie mais je survis. Je continue mon secondaire. Un jour, je me fais appeler au secrétariat. Un travailleur social est là, il veut me parler.

Je suis stressée, j’comprends pas trop. Il commence à me parler, c’est léger. Puis bang!, la bombe est lancée. Ma sœur a fait un signalement… Ma petite sœur a fait une plainte. Notre père a eu des gestes déplacés envers elle. Est-ce que j’étais au courant? Comment j’me sens? Est-ce que j’ai vécu une situation déplacée moi aussi?… Beaucoup d’informations, beaucoup de questions, et y a moi, gelée, qui doit tout gérer. Je dois mettre en place mes idées, je dois absorber un esti de choc. Le reste est flou, pour vrai. Le travailleur social repart, je suis laissée avec moi, ma tête, mon cœur… J’comprends pas, j’comprends rien…

Je dois aller dîner chez ma mère… Pas mal la dernière place où je voudrais être. Je marche avec mes amis, eux ils vont dîner chez eux, moi j’dois aller affronter ma mère, ma sœur.

J’finis par arriver, le reste est toujours flou. Pour vrai, tout le reste est dans un brouillard… J’suis brisée enragée…. contre la terre entière. Pourquoi moi, pourquoi nous…. On est allé en cour, ç’a été compliqué. Papa a gagné, si on peut vraiment appeler ça une victoire.

On a été plusieurs années sans avoir de contact. Plus tard, avec ma sœur, on a décidé de passer par-dessus. De connaître notre demi-sœur qui savait même pas qu’on existait. On veut créer un lien. On décide de ne plus parler de cette histoire, de taire tout ça. À la limite, on a même décidé de nier au besoin.

Plusieurs années passent. Un jour l’été d’après, j’ai un déclenchement quand j’le vois jouer avec la fille de mon chum dans la piscine au camping… My god, s’il devait lui toucher, s’il avait un petit geste déplacé, qu’il se passait quelque chose. Comment je pourrais vivre avec ça? Comment je pourrais accepter d’avoir fermé mes yeux?

Je ne peux pas. Pour vrai, je ne me pardonnerais jamais… Je veux que personne ne vive ça, sincèrement.

Voici mon histoire. Désormais, je n’ai plus de contact avec mon géniteur. Pour protéger mes enfants, ceux de mon conjoint, les enfants de mes amis… J’ai décidé de ne plus nier ce qui est arrivé. Si quelqu’un me pose une question, je serai honnête, je n’ai plus à me sentir coupable.

Je le dis maintenant, pour moi mais aussi pour ma sœur. J’ai terminé de m’en vouloir, d’avoir honte, mais surtout, je n’ai pas à le protéger. Plus maintenant. Il doit assumer les conséquences de ses actes, assumer le fait qu’il a brisé des vies… Heureusement, on a eu maman. On a été bien entourées.

Il ne faut pas hésiter à dénoncer, même plusieurs années plus tard… Les gestes que j’ai subis, que ma sœur a subis, ça a brisé des vies, les nôtres mais aussi celles de ma mère, de son conjoint de l’époque.

J’ai cheminé dans ma vie, l’adulte que je suis, c’est certainement pas grâce à lui. Ma vie n’a jamais été un long fleuve tranquille, mais désormais je vis plus en paix, je suis où je suis dans la vie parce que je suis une battante, je suis heureuse et ça, il ne pourra plus jamais me l’enlever.

 

Julie

Maman complexe – Texte: Anne-Marie Laliberté

À toi, petite maman qui porte la vie pour la première fois, j’aimerais te mettre en garde contre

À toi, petite maman qui porte la vie pour la première fois, j’aimerais te mettre en garde contre les complexes que tu développeras sûrement et les conseils que tu recevras assurément.

Lors de ma première grossesse, je me souviens du jour où je suis revenue de mon écho et que j’ai enfin pu annoncer aux gens de mon entourage que j’étais enceinte. La joie, le bonheur, les félicitations… mais aussi les fameux conseils, ceux qu’on n’a pas demandés mais qu’on reçoit quand même ! En l’espace de quelques heures, on m’a dit que je ne prenais pas la bonne sorte de vitamines prénatales (pourtant prescrites par mon médecin), que je devais m’inscrire à un séminaire sur l’éducation positive, que je devais prendre rendez-vous avec une technicienne pour le choix du bon siège d’auto sinon mon enfant ne serait pas en sécurité, on m’a rappelé la liste complète des aliments à éviter, que l’allaitement c’est bien mieux que la préparation, on m’a même nommé des livres que je devais absolument lire avant l’arrivée de bébé sans quoi je ne serais pas bien préparée…

Je me doute qu’à la base, ces personnes étaient bien intentionnées et que leur but n’était pas de me faire sentir nulle et dépassée, mais malgré la carapace que j’ai essayé de me faire, chacun de ces mots a fait son chemin jusqu’à mon cerveau de maman en devenir.

À toutes les mamans complexées qui se demandent si elles en font assez et si elles le font bien, par pitié, soyez indulgentes envers vous-même. Si le guide du parent parfait existait, il serait déjà publié à l’heure actuelle ! On fait de notre mieux, on apprend de nos erreurs et on demande conseil lorsqu’on en a besoin !

Un petit mot pour les mamans-conseils maintenant, celles qui donnent leur opinion sans qu’on l’ait demandée. Votre but est sûrement d’aider et de guider les autres dans cette nouvelle aventure, mais s’il vous plaît, rappelez-vous que chaque maman est différente, comme chaque enfant est différent et c’est parfait comme ça. Ce n’est pas parce que vous avez allaité, fait du cododo et la DME que votre amie fera de même. Restez présentes pour cette nouvelle maman et pour les questions qu’elle aura peut-être, mais de grâce, ne lui faites pas sentir qu’elle n’est pas à la hauteur, avant même qu’elle ait sa petite merveille dans les bras ! Soutenons-nous entre mamans ; la maternité c’est magnifique, mais c’est un défi au quotidien !

Et toi, petite maman en devenir, n’oublie jamais que tu es la mère de ton enfant, tu fais ton gros possible et c’est suffisant !

Anne-Marie Laliberté

 

Se connaître et s’aimer… malgré tout! Texte : Audrey Léger

Se connaître et s’aimer malgré tout, c’est le travail d’une vie. Surtout quand on devient ma

Se connaître et s’aimer malgré tout, c’est le travail d’une vie. Surtout quand on devient maman. Oh ! là là qu’on peut être dure envers soi-même. C’est un processus doux, lent, qu’il ne faut pas négliger. Oui, il faut tout d’abord regarder derrière soi le chemin parcouru pour mettre le doigt sur le bobo ! Ma psy m’a aidée (oh ! oui) mais l’essentiel vient de l’intérieur…

Autrefois, j’écrivais beaucoup. Je tenais un journal intime et j’écrivais des poèmes. Tout ça, entre 8 et 16 ans. Ce qui m’envahit aujourd’hui était déjà là depuis longtemps. Tout tourne autour du regard des autres, du jugement, de la souffrance dans l’ignorance. Le doute qui me gruge, l’amour qui me déchire. Relire ces pages me fait voir à quel point je me suis toujours jugée sévèrement. Je parle de moi comme si j’étais un monstre. Comme si j’étais une cause perdue, un être égoïste et solitaire.

Un jour, je suis tombée en amour. Un amour sincère qui m’a fait vibrer et qui m’a envahie de la tête aux pieds. Cet amour a fait naître deux beaux enfants. C’est fabuleux. Des enfants qui m’aiment à m’en rendre un peu folle. Comme si je ne méritais pas cet amour. Parce que je suis une mauvaise personne. Parce que je me déteste…

Je suis constamment en train de me prouver que je mérite le bonheur. Par mes efforts, par ma rigueur, par mon humour, par mon authenticité. Je suis quelqu’un qui comprend, qui tolère, qui accueille, qui oublie, qui pardonne et qui s’excuse… souvent. Et qui culpabilise… toujours.

J’aimerais être IRRÉPROCHABLE, et ce, à chaque seconde de ma vie. Je veux être la « maman de Caillou » qui ne se fâche jamais, l’amie disponible, la blonde qui cuisine, la femme de carrière épanouie. La vérité, c’est que je me déçois. Je suis meurtrie par mes erreurs. Aujourd’hui je peux le dire. Je suis honnête et vraie, je suis sans artifice et sincère. Je grandis et j’accomplis une tâche colossale… celle de M’AIMER EN PRIORITÉ !

Cette histoire n’est pas triste, elle est merveilleuse. Fais de ta souffrance ta force ultime. Deviens cette guerrière qui se tient debout et fière. Ensemble, tout est possible. Merci d’être la personne que tu es pour les autres et pour toi.

Audrey sans artifice (Instagram)

#selfcare

#amourdesoi

#indulgence

#developpementpersonnel

#pleineconscience

Cette compagne qui me freine… Texte: Klaude Laflamme

Les gens n’aiment pas que l’on dise « MON » anxiété, pourtant c’est en me l’appropri

Les gens n’aiment pas que l’on dise « MON » anxiété, pourtant c’est en me l’appropriant que je l’ai apprivoisée ! Pourquoi ne pas pouvoir dire qu’elle fait partie de moi quand pendant longtemps, elle a dirigé mes décisions ? La femme que je suis n’existait plus, je n’étais qu’un paquet de nerfs éternellement en mode survie. Au départ, je ne m’en fais pas, je me trouve des raisons… je suis fatiguée, je manque de fer, j’écoute trop la télé… Puis, à un moment elle me submerge entraînant avec elle, ma vie sociale, mon estime de moi et tous mes repères. Je sais que tout ça n’est pas raisonnable… que tout n’est pas bactéries, microbes et catastrophes, je le sais, mais je ne me gère plus.

Je me noyais dans mon angoisse, j’étais anéantie parce que tout ce à quoi je prenais plaisir auparavant était rendu un fardeau. Les fêtes d’enfants et les partys en tête de liste, buffet, plein de mains et de becs… Des gens, des gens, beaucoup trop de gens ! Assise seule dans un coin, un verre à la main, j’ai chaud, ça tourne, je n’ai plus de salive… Je veux disparaître, je regarde mes enfants et tout ce à quoi ils touchent : bactéries, microbes et catastrophes !

Je ne suis qu’une enveloppe, mon cerveau est détaché de mon corps et il capote !

À la maison, je guette le phare, tout est sous contrôle, je vois à tout, on ne manque de rien et on est heureux.

Les magasins, les cours et les bains de foule, c’est autre chose. Je suis là mais bonne à rien… trop occupée à prendre sur moi, respire, expire, respire, expire, je compte à rebours… 2 h, 1 h, 15 minutes, 2 minutes… C’est fini, j’ai réussi, tout le monde est en vie.

Puis un jour, je trouve la solution : la fuite ! Il y a un film au cinéma, mon chum peut y aller seul avec les petits sans problème. Une sortie au restaurant ça se décline facilement et une virée à Montréal encore plus, on est tellement occupé avec les quatre enfants. Je m’isole, je me protège et je souffre… Puis, tranquillement, je réalise que ça glisse vers mes amours, que mon anxiété qui me freine les ralentit eux aussi… faut que ça arrête !

Je ne le cacherai pas, mon anxiété et moi, ça ne date pas d’hier. Une compagne d’enfance qui me visitait une fois de temps en temps, mais là elle s’était installée parce que je lui avais laissé trop de place. Toute seule, je ne venais pas à bout qu’elle me quitte.

Je me souviens être sortie de chez mon médecin complètement dévastée, j’avais échoué. Seule je n’arrivais plus à émerger de la vague qui m’avait ramassée… J’ai pleuré plus de larmes que je ne m’en savais capable… et pourtant !

Depuis, je me soigne et je m’apprivoise parce que si je dis « MON » anxiété, c’est parce que c’est moi… Je suis une femme, une mère, une amoureuse, intelligente, sensible et anxieuse.

Je regarde le chemin parcouru depuis ce jour-là et je suis fière de moi… J’ai recommencé à vivre et quand subitement je la sens qui veut venir me visiter, je me dis : Bon, la voilà, inquiète-toi pas elle ne restera pas…

Klaude Laflamme