Archives janvier 2022

Et si on en parlait, maintenant ? Texte : La collaboratrice mystère

Le 29 septembre 2013, un dimanche soir avant d’aller dormir, j’ai vu passer une photo de toi su

Le 29 septembre 2013, un dimanche soir avant d’aller dormir, j’ai vu passer une photo de toi sur Facebook ; tu posais avec ta cousine Rosalie pour le bal des finissants. Un message bref mais inquiétant était apposé sous la photo. La panique et l’inquiétude m’ont saisie, nerveuse de ne pas savoir ce qui se passait.

J’ai commencé à questionner mes amis(es), à regarder frénétiquement ta page Facebook, puis en y voyant le dernier message que tu avais publié la veille, mon cœur s’est mis à battre à vive allure. « Tout le monde de mon Facebook, je vous aime (sauf certains mais ils sauront se reconnaître) ». En lisant ces derniers mots, j’ai reçu une notification messenger d’un ami :

Il s’est suicidé ce matin…

J’ai échappé mon téléphone. J’ai figé. À cet instant, tout s’est arrêté autour de moi, mais tout se bousculait dans ma tête. Pourquoi ? Quand ? Où ? Que s’est-il passé ? Pourquoi toi, pourquoi maintenant… Pourquoi avec ton dernier message PERSONNE ni même MOI n’avons été capables de le prédire ? Comment avons-nous pu passer à côté de ça…

Pourquoi tu n’as pas parlé à ceux qui t’entouraient, ceux qui t’aimaient… Pourquoi tu ne m’as pas écrit, pourquoi as-tu refusé d’en parler ? As-tu eu peur, as-tu hésité à parler de ce qui n’allait pas ? Pourquoi avoir cru que le suicide était LA solution, à des problèmes qui sont lourds certes, mais qui ne sont que temporaires ? Pourquoi, dis-moi…

Aujourd’hui en 2021, je comprends un peu mieux pourquoi tu n’as rien dit lors cette période sombre de ta vie. Le suicide, c’est un mot qui fait peur, c’est un mot qui inquiète. C’est un mot qui dérange, c’est un mot qu’on ose à peine chuchoter. Pourquoi accorder autant de peur et d’inquiétude à ce mot, mais pas aux problèmes qu’il porte ? Pourquoi ce ne sont pas les problèmes des personnes qui souffrent qui nous inquiètent, qui nous préoccupent ? Pourquoi se soucier du mot, et non pas des individus qui sont confrontés tous les jours à cette détresse ?

J’avoue que cette réalité m’attriste et me fâche à la fois. On a peur de dire ce qui ne va pas, c’est comme si on n’avait pas le droit d’être vulnérables. C’est comme si le fait d’évoquer le mot « suicide » attirait une malédiction sur ceux qui en parlent. Pourtant, on le sait tous qu’en parler c’est LA solution, c’est LA prévention à faire. Mais pourtant, quand vient le temps de se mobiliser, presque tous figent et s’indignent qu’on en parle.

Mon ami, mon petit ange parti trop tôt, j’aurais aimé te dire que j’étais et que je suis là. Que tu pouvais m’en parler, que tu avais le DROIT de te sentir comme ça. Que tu n’étais pas faible pour autant, que c’était normal de vivre des jours gris et de porter des problèmes sur ton dos, mais qu’en choisissant d’en parler, peut-être qu’on aurait pu trouver une solution à deux, à trois, à dix, à plusieurs. Que peu importe ce que tu vivais, je ne t’aurais pas jugé et que j’aurais tout fait pour aider mon ami en détresse…

À tous ceux qui me lisent, tous ceux qui vivent une passe difficile en ce moment, je veux que vous sachiez que vous n’êtes PAS seuls. Que c’est NORMAL de vivre des jours plus gris, plus difficiles. Que c’est normal d’être VULNÉRABLES, que vous avez le DROIT d’en PARLER. J’aimerais dire que je suis là, qu’on se connaisse beaucoup, peu ou pas. Ensemble on peut toujours trouver des solutions à des problèmes qui sont TEMPORAIRES. Je veux vous dire de parler de ce que vous vivez, de ne pas rester isolés avec tout ça au fond de vous. Je veux vous dire d’être forts, de tenir le coup, parce que malgré toutes les embûches et les jours de pluie, la vie en vaut la peine.

À la société, je veux vous dire ARRÊTEZ ! Arrêtez de vous mettre la tête dans le sable, arrêtez d’avoir peur d’en parler, arrêtez de rendre ça tabou. Comprenez que c’est normal de vivre des jours difficiles et qu’au lieu de juger ou de vous fermer les yeux, ouvrez votre cœur et vos oreilles et soyez présents, soyez là pour ceux qui souffrent. Soyez humains, soyez quelqu’un qui fera la différence dans la vie d’une personne qui a besoin qu’on l’aide.

Et si on en parlait, maintenant en 2021, du suicide ?

Parce que c’est le temps là de changer les choses, d’être humains et de sauver plus de vies, parce qu’un jour… ça pourrait être vous. Personne n’en est à l’abri.

1-866-j’appelle

La collaboratrice mystère

Le vois-tu, mon homme? Texte : La collaboratrice mystère

Ah mon homme, le vois-tu dans mes yeux? Le vois-tu à quel point j

Ah mon homme, le vois-tu dans mes yeux?

Le vois-tu à quel point j’ai peur… À quel point je suis paniquée… À quel point j’sens que mon univers s’écroule sous mes pieds et que j’trouve rien pour me raccrocher afin d’éviter d’me planter pis d’me casser l’corps et l’âme en mille morceaux ?

Le vois-tu, que j’suis sur le bord de prendre la fuite ? Que mon cœur est toujours sur des high pis des down, pis qu’à force de vivre autant d’intensité-insécurité extrême, il est sur le bord de me lâcher ?

Le vois-tu à quel point j’me déteste ? À quel point j’men veux de pas être capable de me laisser aimer, pis d’aimer comme il faut en retour… À quel point j’me sens incompétente de pas être capable de calmer mon insécurité pis d’y faire comprendre que l’passé c’est l’passé, pis que le monde change pis qui sont pas toutes pareils… À quel point j’men veux d’être tombée amoureuse, très égoïstement, sans tout d’abord avoir pensé que mon anxiété de grande insécure aurait pu te causer autant de tort pis d’souffrances ?

Le vois-tu à quel point je souffre ? Prisonnière de mon passé qui m’rend fucked up, insécure pis jalouse… enchaînée dans l’engrenage de la routine du quotidien qui m’pousse au bord du précipice du burn-out… déchirée entre l’envie d’aimer et de revivre pis l’goût d’abandonner et d’mourir…

Le vois-tu que j’t’aime ? Que j’t’aime vraiment, pour de vrai et intensément ?

Le vois-tu que j’fais pas exprès ? Pis que j’préfère m’enfuir pour protéger mon p’tit cœur à moitié guéri, encore plein d’cicatrices pis de plaies ouvertes plutôt que de tirer la dernière balle dedans, sans possibilité de mourir réellement ?

Le vois-tu dans mes yeux quand j’te regarde…?

Mais par-dessus tout… le comprends-tu ?

La collaboratrice mystère

 

Bonjour, comment vas-tu ? Texte : Klaude Laflamme

Je suis de ces personnes qui questionnent les ami.e.s de ses enfants. Personne ne rentre chez moi sa

Je suis de ces personnes qui questionnent les ami.e.s de ses enfants. Personne ne rentre chez moi sans d’abord avoir eu droit à un « Bonjour, comment vas-tu ? » Pas pour faire ma détective, mais parce que leur vie m’intéresse. Certains fixent le plancher, d’autres me renverront d’emblée la question, mais tous finiront par répondre. Je veux que dès la première rencontre, la communication soit établie.

J’aime rencontrer ces jeunes, j’aime connaître avec qui mes enfants passent leur journée. Je sais que pour bien des parents, quand les enfants deviennent des adolescents, ils deviennent plus discrets. Pourquoi ? Est-ce qu’en vieillissant, les jeunes ne veulent plus qu’on s’intéresse à eux ? L’adolescence, c’est tellement intense et tumultueux. Même les plus jeunes plus silencieux aiment qu’on prenne le temps de s’informer. Ils aiment aussi qu’on leur raconte nos premiers amours, échecs, bons ou mauvais coups. Ils aiment sentir qu’ils sont normaux, que notre adolescence n’était pas bien différente de la leur.

C’est en parlant avec eux qu’on ouvre les discussions sur les sujets plus délicats. Pour qu’ils se sentent compris, on doit nous aussi se montrer vulnérable.

La communication n’est pas que dans un sens, si je peux me permettre d’être en désaccord, ils le peuvent aussi. Je ne suis pas là pour être leur amie, mais pour les écouter, discuter et conseiller.

Ils se font souvent juger sévèrement, mais ils ont énormément à nous apprendre. Ils sont tellement plus ouverts sur les autres et la diversité que nous pouvons l’être. Ils sont beaux, sensibles et purs. C’est difficile d’être un adolescent dans ces années de pandémie. Rien n’est comme ce serait censé être, pourtant ils sont d’une résilience incroyable. J’en ai marre qu’on les mette tous dans le même panier. Il y a beaucoup plus de beaux jeunes que l’image de paresseux sans envergure qu’on aime nous projeter.

J’ai envie de vous dire de laisser vos adolescents vous impressionner. Commencez doucement par un : Bonjour, comment vas-tu ?

 

Klaude

 

C’était mon père

Ça a été un débat, avec ma tête et avec mon cœur. Peu importe, après réflexion, les gens ont

Ça a été un débat, avec ma tête et avec mon cœur. Peu importe, après réflexion, les gens ont le droit de savoir. Savoir le pourquoi, les raisons fondamentales des non-dits de notre famille.

En sixième année, quand j’ai décidé d’aller faire mon secondaire chez papa, j’étais tellement contente de pouvoir profiter d’avoir une sœur! Les bébés, j’adorais ça! Elle est arrivée, je n’avais pas le droit de la voir, de la prendre… pour plein de raisons qui sont hors de mon contrôle.

Un jour, je suis seule à la maison, avec papa. Il est tard. Je devrais dormir, mais ce n’est pas le cas. Je monte aux toilettes, papa écoute la télé. Je ne suis pas à l’aise, je le sens pas. Mais je fais ce que j’ai à faire. J’arrive pour sortir. Papa est là, nu. Il me force à rester dans la salle de bain, il m’assoit sur la sécheuse, de force. Il me dit qu’il veut me montrer c’est quoi, comment ça marche. Je me débats, je crie je frappe, j’ai vraiment peur…. Je finis par pouvoir me sauver, descendre à ma chambre.

À partir de ce soir-là, je ne m’endormirai plus avant de savoir que papa est monté, avant d’entendre ses pas monter l’escalier.

Par la suite, une autre fois, ma belle-mère n’y était pas. Il descend, dans ma chambre. Il met sa main sur ma bouche, je suis sur mon lit. Il me touche, je me débats. Mon instinct de protection embarque, je suis enragée… et tout d’un coup, la belle-mère arrive. Son commentaire: bonnnn… pourquoi elle crie encore? C’est poche mais en même temps, j’ai tellement été contente qu’elle revienne tôt cette journée-là.

Une journée, la nièce de ma belle-mère reçoit son call pour sa transplantation. Elle part pour Québec. Je suis seule avec papa et pour un bon bout… Là, j’panique. Je supplie grand-mère de me ramener chez elle, je veux aller vivre là-bas.

Je pars, je suis démolie mais je survis. Je continue mon secondaire. Un jour, je me fais appeler au secrétariat. Un travailleur social est là, il veut me parler.

Je suis stressée, j’comprends pas trop. Il commence à me parler, c’est léger. Puis bang!, la bombe est lancée. Ma sœur a fait un signalement… Ma petite sœur a fait une plainte. Notre père a eu des gestes déplacés envers elle. Est-ce que j’étais au courant? Comment j’me sens? Est-ce que j’ai vécu une situation déplacée moi aussi?… Beaucoup d’informations, beaucoup de questions, et y a moi, gelée, qui doit tout gérer. Je dois mettre en place mes idées, je dois absorber un esti de choc. Le reste est flou, pour vrai. Le travailleur social repart, je suis laissée avec moi, ma tête, mon cœur… J’comprends pas, j’comprends rien…

Je dois aller dîner chez ma mère… Pas mal la dernière place où je voudrais être. Je marche avec mes amis, eux ils vont dîner chez eux, moi j’dois aller affronter ma mère, ma sœur.

J’finis par arriver, le reste est toujours flou. Pour vrai, tout le reste est dans un brouillard… J’suis brisée enragée…. contre la terre entière. Pourquoi moi, pourquoi nous…. On est allé en cour, ç’a été compliqué. Papa a gagné, si on peut vraiment appeler ça une victoire.

On a été plusieurs années sans avoir de contact. Plus tard, avec ma sœur, on a décidé de passer par-dessus. De connaître notre demi-sœur qui savait même pas qu’on existait. On veut créer un lien. On décide de ne plus parler de cette histoire, de taire tout ça. À la limite, on a même décidé de nier au besoin.

Plusieurs années passent. Un jour l’été d’après, j’ai un déclenchement quand j’le vois jouer avec la fille de mon chum dans la piscine au camping… My god, s’il devait lui toucher, s’il avait un petit geste déplacé, qu’il se passait quelque chose. Comment je pourrais vivre avec ça? Comment je pourrais accepter d’avoir fermé mes yeux?

Je ne peux pas. Pour vrai, je ne me pardonnerais jamais… Je veux que personne ne vive ça, sincèrement.

Voici mon histoire. Désormais, je n’ai plus de contact avec mon géniteur. Pour protéger mes enfants, ceux de mon conjoint, les enfants de mes amis… J’ai décidé de ne plus nier ce qui est arrivé. Si quelqu’un me pose une question, je serai honnête, je n’ai plus à me sentir coupable.

Je le dis maintenant, pour moi mais aussi pour ma sœur. J’ai terminé de m’en vouloir, d’avoir honte, mais surtout, je n’ai pas à le protéger. Plus maintenant. Il doit assumer les conséquences de ses actes, assumer le fait qu’il a brisé des vies… Heureusement, on a eu maman. On a été bien entourées.

Il ne faut pas hésiter à dénoncer, même plusieurs années plus tard… Les gestes que j’ai subis, que ma sœur a subis, ça a brisé des vies, les nôtres mais aussi celles de ma mère, de son conjoint de l’époque.

J’ai cheminé dans ma vie, l’adulte que je suis, c’est certainement pas grâce à lui. Ma vie n’a jamais été un long fleuve tranquille, mais désormais je vis plus en paix, je suis où je suis dans la vie parce que je suis une battante, je suis heureuse et ça, il ne pourra plus jamais me l’enlever.

 

Julie

Maman complexe – Texte: Anne-Marie Laliberté

À toi, petite maman qui porte la vie pour la première fois, j’aimerais te mettre en garde contre

À toi, petite maman qui porte la vie pour la première fois, j’aimerais te mettre en garde contre les complexes que tu développeras sûrement et les conseils que tu recevras assurément.

Lors de ma première grossesse, je me souviens du jour où je suis revenue de mon écho et que j’ai enfin pu annoncer aux gens de mon entourage que j’étais enceinte. La joie, le bonheur, les félicitations… mais aussi les fameux conseils, ceux qu’on n’a pas demandés mais qu’on reçoit quand même ! En l’espace de quelques heures, on m’a dit que je ne prenais pas la bonne sorte de vitamines prénatales (pourtant prescrites par mon médecin), que je devais m’inscrire à un séminaire sur l’éducation positive, que je devais prendre rendez-vous avec une technicienne pour le choix du bon siège d’auto sinon mon enfant ne serait pas en sécurité, on m’a rappelé la liste complète des aliments à éviter, que l’allaitement c’est bien mieux que la préparation, on m’a même nommé des livres que je devais absolument lire avant l’arrivée de bébé sans quoi je ne serais pas bien préparée…

Je me doute qu’à la base, ces personnes étaient bien intentionnées et que leur but n’était pas de me faire sentir nulle et dépassée, mais malgré la carapace que j’ai essayé de me faire, chacun de ces mots a fait son chemin jusqu’à mon cerveau de maman en devenir.

À toutes les mamans complexées qui se demandent si elles en font assez et si elles le font bien, par pitié, soyez indulgentes envers vous-même. Si le guide du parent parfait existait, il serait déjà publié à l’heure actuelle ! On fait de notre mieux, on apprend de nos erreurs et on demande conseil lorsqu’on en a besoin !

Un petit mot pour les mamans-conseils maintenant, celles qui donnent leur opinion sans qu’on l’ait demandée. Votre but est sûrement d’aider et de guider les autres dans cette nouvelle aventure, mais s’il vous plaît, rappelez-vous que chaque maman est différente, comme chaque enfant est différent et c’est parfait comme ça. Ce n’est pas parce que vous avez allaité, fait du cododo et la DME que votre amie fera de même. Restez présentes pour cette nouvelle maman et pour les questions qu’elle aura peut-être, mais de grâce, ne lui faites pas sentir qu’elle n’est pas à la hauteur, avant même qu’elle ait sa petite merveille dans les bras ! Soutenons-nous entre mamans ; la maternité c’est magnifique, mais c’est un défi au quotidien !

Et toi, petite maman en devenir, n’oublie jamais que tu es la mère de ton enfant, tu fais ton gros possible et c’est suffisant !

Anne-Marie Laliberté

 

Se connaître et s’aimer… malgré tout! Texte : Audrey Léger

Se connaître et s’aimer malgré tout, c’est le travail d’une vie. Surtout quand on devient ma

Se connaître et s’aimer malgré tout, c’est le travail d’une vie. Surtout quand on devient maman. Oh ! là là qu’on peut être dure envers soi-même. C’est un processus doux, lent, qu’il ne faut pas négliger. Oui, il faut tout d’abord regarder derrière soi le chemin parcouru pour mettre le doigt sur le bobo ! Ma psy m’a aidée (oh ! oui) mais l’essentiel vient de l’intérieur…

Autrefois, j’écrivais beaucoup. Je tenais un journal intime et j’écrivais des poèmes. Tout ça, entre 8 et 16 ans. Ce qui m’envahit aujourd’hui était déjà là depuis longtemps. Tout tourne autour du regard des autres, du jugement, de la souffrance dans l’ignorance. Le doute qui me gruge, l’amour qui me déchire. Relire ces pages me fait voir à quel point je me suis toujours jugée sévèrement. Je parle de moi comme si j’étais un monstre. Comme si j’étais une cause perdue, un être égoïste et solitaire.

Un jour, je suis tombée en amour. Un amour sincère qui m’a fait vibrer et qui m’a envahie de la tête aux pieds. Cet amour a fait naître deux beaux enfants. C’est fabuleux. Des enfants qui m’aiment à m’en rendre un peu folle. Comme si je ne méritais pas cet amour. Parce que je suis une mauvaise personne. Parce que je me déteste…

Je suis constamment en train de me prouver que je mérite le bonheur. Par mes efforts, par ma rigueur, par mon humour, par mon authenticité. Je suis quelqu’un qui comprend, qui tolère, qui accueille, qui oublie, qui pardonne et qui s’excuse… souvent. Et qui culpabilise… toujours.

J’aimerais être IRRÉPROCHABLE, et ce, à chaque seconde de ma vie. Je veux être la « maman de Caillou » qui ne se fâche jamais, l’amie disponible, la blonde qui cuisine, la femme de carrière épanouie. La vérité, c’est que je me déçois. Je suis meurtrie par mes erreurs. Aujourd’hui je peux le dire. Je suis honnête et vraie, je suis sans artifice et sincère. Je grandis et j’accomplis une tâche colossale… celle de M’AIMER EN PRIORITÉ !

Cette histoire n’est pas triste, elle est merveilleuse. Fais de ta souffrance ta force ultime. Deviens cette guerrière qui se tient debout et fière. Ensemble, tout est possible. Merci d’être la personne que tu es pour les autres et pour toi.

Audrey sans artifice (Instagram)

#selfcare

#amourdesoi

#indulgence

#developpementpersonnel

#pleineconscience

Cette compagne qui me freine… Texte: Klaude Laflamme

Les gens n’aiment pas que l’on dise « MON » anxiété, pourtant c’est en me l’appropri

Les gens n’aiment pas que l’on dise « MON » anxiété, pourtant c’est en me l’appropriant que je l’ai apprivoisée ! Pourquoi ne pas pouvoir dire qu’elle fait partie de moi quand pendant longtemps, elle a dirigé mes décisions ? La femme que je suis n’existait plus, je n’étais qu’un paquet de nerfs éternellement en mode survie. Au départ, je ne m’en fais pas, je me trouve des raisons… je suis fatiguée, je manque de fer, j’écoute trop la télé… Puis, à un moment elle me submerge entraînant avec elle, ma vie sociale, mon estime de moi et tous mes repères. Je sais que tout ça n’est pas raisonnable… que tout n’est pas bactéries, microbes et catastrophes, je le sais, mais je ne me gère plus.

Je me noyais dans mon angoisse, j’étais anéantie parce que tout ce à quoi je prenais plaisir auparavant était rendu un fardeau. Les fêtes d’enfants et les partys en tête de liste, buffet, plein de mains et de becs… Des gens, des gens, beaucoup trop de gens ! Assise seule dans un coin, un verre à la main, j’ai chaud, ça tourne, je n’ai plus de salive… Je veux disparaître, je regarde mes enfants et tout ce à quoi ils touchent : bactéries, microbes et catastrophes !

Je ne suis qu’une enveloppe, mon cerveau est détaché de mon corps et il capote !

À la maison, je guette le phare, tout est sous contrôle, je vois à tout, on ne manque de rien et on est heureux.

Les magasins, les cours et les bains de foule, c’est autre chose. Je suis là mais bonne à rien… trop occupée à prendre sur moi, respire, expire, respire, expire, je compte à rebours… 2 h, 1 h, 15 minutes, 2 minutes… C’est fini, j’ai réussi, tout le monde est en vie.

Puis un jour, je trouve la solution : la fuite ! Il y a un film au cinéma, mon chum peut y aller seul avec les petits sans problème. Une sortie au restaurant ça se décline facilement et une virée à Montréal encore plus, on est tellement occupé avec les quatre enfants. Je m’isole, je me protège et je souffre… Puis, tranquillement, je réalise que ça glisse vers mes amours, que mon anxiété qui me freine les ralentit eux aussi… faut que ça arrête !

Je ne le cacherai pas, mon anxiété et moi, ça ne date pas d’hier. Une compagne d’enfance qui me visitait une fois de temps en temps, mais là elle s’était installée parce que je lui avais laissé trop de place. Toute seule, je ne venais pas à bout qu’elle me quitte.

Je me souviens être sortie de chez mon médecin complètement dévastée, j’avais échoué. Seule je n’arrivais plus à émerger de la vague qui m’avait ramassée… J’ai pleuré plus de larmes que je ne m’en savais capable… et pourtant !

Depuis, je me soigne et je m’apprivoise parce que si je dis « MON » anxiété, c’est parce que c’est moi… Je suis une femme, une mère, une amoureuse, intelligente, sensible et anxieuse.

Je regarde le chemin parcouru depuis ce jour-là et je suis fière de moi… J’ai recommencé à vivre et quand subitement je la sens qui veut venir me visiter, je me dis : Bon, la voilà, inquiète-toi pas elle ne restera pas…

Klaude Laflamme

Avant que tu partes – Texte : Audrey Boissonneault

Allongé, la tête vers le mur de ta chambre. Les yeux si secs, alors que ton cœur pleure. J’ai l

Allongé, la tête vers le mur de ta chambre. Les yeux si secs, alors que ton cœur pleure. J’ai l’impression de pouvoir te sentir. Dans le coin opposé de celui où je suis, je me sens observée ou plutôt, j’ai le sentiment que l’on jette un dernier regard sur moi.

La tempête était prévue. Elle était inscrite à l’agenda, mais elle était perçue comme un orage lointain. Alors que, du jour au lendemain, tout a été chamboulé. Elle arrivait, le jour même. Prête à t’amener, à te conduire vers un tunnel lumineux.

J’aurais préféré vivre la situation à laquelle on m’avait préparée, bien qu’on s’oppose à la vérité, que l’on cherche solution après solution. Au moins, mon temps auprès de toi aurait augmenté au chronomètre. Parce qu’il y avait tant de choses qu’il te restait à m’enseigner.

Je t’avoue que j’en suis, encore, chamboulée. Trop de fois, je me pose la question suivante : « Mais qu’est-ce qu’il me dirait, qu’est-ce qu’il ferait ? »

Tu as laissé une profonde cicatrice sur le dessus de mon cœur. La cicatrisation se fait durement et lentement. J’en viens à me demander si elle se fermera, réellement, un jour. De toute évidence, la plaie sera douloureuse, à chaque pensée.

Il y a plusieurs phrases que j’aimerais t’adresser. Tant d’affection que j’aimerais te donner. Entendre le son de ta voix, de ton rire. Revoir les traits de ton visage. Je donnerais tout pour t’entendre chialer, même. Tu m’as appris beaucoup, tu sais. Je me réfère à la jeune fille que j’étais et la jeune femme que je suis, et j’espère, toujours, te voir sortir de nulle part.

Chaque personne ayant perdu un être cher se demandera : pourquoi, lui. Ces mots ont résonné sans cesse pendant plusieurs années. Encore aujourd’hui, ils font surface. Je ne peux pas m’empêcher de me questionner sur la façon dont tu me regarderais, le sentiment de fierté que tu aurais, les conseils que tu partagerais avec moi, mais surtout, les souvenirs que l’on créerait.

J’arrive encore à percevoir les manies que tu avais, ton froncement de sourcils et ton sourire lorsque tu nous taquinais. Je me souviens de petits détails qui me réchauffent le cœur, lorsqu’il devient trop froid. Je suis chanceuse de pouvoir me souvenir de certains moments, détails précis et d’arriver à voir les choses qui nous rassemblent même en étant aussi loin.

Avant que tu partes, j’aurais tout donné pour te sentir me serrer dans tes bras. Avant que tu partes, j’aurais aimé sentir tes lèvres sur mon front et ta main dans mes cheveux, comme lorsque tu me consolais. Avant que tu partes, j’aurais aimé que tu me dises tes peurs, mais aussi ce qui te rend fier. Avant que tu partes, j’aurais aimé pouvoir te regarder, droit dans les yeux, et te dire à quel point je t’aime et que je n’aurais pas pu demander mieux. Parce que oui, TA personne manque à ma vie. Tu manques à ma vie. On t’a enlevé, on t’a amené loin de moi, mais jamais je n’oublierais les souvenirs et les détails qui me restent de toi. Avant que tu partes, j’aurais aimé te dire que je suis fière de toi et qu’à mes yeux, tu l’as gagnée, ta bataille.

Avant que tu partes, je t’aurais répété, une nouvelle fois, que je t’aime d’un amour inconditionnel.

À la mémoire de mon papa.

30 mai 2013

Audrey Boissonneault

 

Les gars, si on prenait soin de vous maintenant? Texte : Annick Gosselin

Dans les médias et sur les réseaux sociaux, on parle énormément de la violence faite aux femmes

Dans les médias et sur les réseaux sociaux, on parle énormément de la violence faite aux femmes et des mesures mises en place pour les aider. C’est très bien ainsi, on veut que ça cesse. Mais n’est-il pas temps de s’adresser aux hommes, d’instaurer des programmes d’aide pour eux et de les soutenir en amont, avant que ça dégénère?

De tous les temps, l’image qu’on a eu d’un homme, c’est qu’il doit être fort et le pillier de sa famille. Un homme, ça ne peut pas « flancher ».  Quand tu es un homme, un vrai, tu endures, tu ravalles et tu continues ton chemin, souvent jusqu’à ce que ça déborde en violence conjugale ou en problèmes de dépendance, notamment.

Il est temps que la société investisse pour eux et qu’on leur donne les bons outils afin qu’ils puissent apprendre à gérer adéquatement leurs émotions, accepter qu’ils ne vont pas bien et qu’ils doivent aller chercher de l’aide lorsque nécessaire.

Les femmes ont dû se battre dans plusieurs domaines afin d’atteindre l’égalité sociale et économique des hommes. Mais je crois qu’il est temps que les hommes, en ce qui a trait à leur santé mentale, aient droit au même traitement que les femmes et que nous en fassions une priorité, un choix de société.

Il nous incombe à tous d’en parler et d’être sensibles aux signes qui démontrent qu’un homme ne va pas bien. Faire preuve d’empathie, de compréhension et lui faire savoir qu’il doit demander de l’aide, c’est aussi de notre responsabilité. Il est si facile de faire comme si on ne s’en rendait pas compte et de continuer à vivre dans notre individualité quotidienne. Quand on sait qu’un gars vit quelque chose de difficile, c’est quoi de prendre de ses nouvelles? De l’écouter? D’aller boire un verre ou un café avec lui? T’sais, juste lui faire sentir qu’il n’est pas seul. Ça peut faire toute la différence quand tu ne vois plus la lumière au bout du tunnel.

Pour nos petits garçons, nos petits hommes en devenir, on a la chance de changer les futures mentalités. Il faut leur enseigner dès le plus jeune âge que c’est correct de ne pas toujours bien aller. Arrêtons de leur mettre la pression du gars fort et parfait. Montrons-leur l’importance d’avoir des émotions, donnons-leur le droit de les exprimer et les outils pour les gérer adéquatement.

Messieurs, on vous soutient. Vous avez le droit de tomber au combat, de trouver la vie difficile. Mais il n’y a rien que le temps n’arrange pas. Allez chercher de l’aide de votre famille, d’un ami, d’un collègue ou d’un professionnel, mais ne restez surtout pas seuls à porter tout le poids de vos difficultés sur vos épaules.

Annick Gosselin

Lettre à la maman à la maison à bout — Texte : Anouk Carmel-Pelosse

Je sais que c’est difficile de voir ton partenaire partir travailler, faire sa journée, être imp

Je sais que c’est difficile de voir ton partenaire partir travailler, faire sa journée, être important pour des gens ou une cause. Que c’est difficile, lorsqu’il revient de sa grosse journée, que le ménage et le souper ne soient pas faits parce que c’est drainant de s’occuper des enfants. Que c’est difficile de n’avoir rien à raconter le soir.

Que c’est difficile quand, pour faire l’épicerie, tu dois te débattre pour habiller les enfants, les sortir de l’auto, gérer 2-3 crises dans l’épicerie, revenir à la maison et faire 36 voyages pour tout vider toute seule pendant que ça se chicane dans le salon.

Que c’est difficile de ne plus se faire inviter par tes amies qui ne veulent pas déranger ta routine de famille.

Certains pensent qu’être maman à la maison, c’est la belle vie, que c’est relaxant. Ce qu’ils ne voient pas, c’est que tu ne peux jamais prendre de pause de ton travail. Tu ne peux jamais être seule, manger dans le silence. Que des conversations d’adultes, tu n’en as plus.

Être maman à la maison, c’est être coiffeuse, éducatrice, cuisinière, policière, artiste, infirmière et j’en passe.

Pendant que tu te juges en tant que mère parce que tu donnes encore du Kraft Dinner à manger à tes enfants, eux mangent le meilleur dîner du monde. Pendant que tu te frappes sur la tête parce que tu ne sors pas assez jouer dehors avec eux, eux sont heureux d’écouter encore un film collés à leur mère.

Pendant que tu rêves d’avoir une vie sociable, eux rêvent de toujours rester à la maison avec toi.

Sois plus douce envers toi.

Rappelle-toi que les enfants grandissent, ils finiront par aller à l’école et tu pourras reprendre ta vie. Même si ce n’est pas toujours facile, rappelle-toi que tout finit par passer. Et probablement que tu vas t’ennuyer du temps où tu étais maman à la maison, ou pas. Mais tu pourras être fière d’avoir passé au travers.

À toutes les mamans à la maison à bout, vous êtes fortes, vous êtes bonnes et vous êtes importantes.

Anouk Carmel-Pelosse

 

Je suis « La parfaite victime », et je m’en excuse. Sincèrement.

En juin dernier sortait en salle le documentaire La parfaite victime, un film de Monic Nér

En juin dernier sortait en salle le documentaire La parfaite victime, un film de Monic Néron et Émilie Perreault produit par Denise Robert. Ayant été victime de plusieurs agressions sexuelles dans ma vie, dont la première à quinze ans, j’ai pris plusieurs mois avant de l’écouter. J’étais moi‑même « dans le système » pour un événement datant de plus de deux ans. Va savoir si j’avais suffisamment cheminé pour être solide et ne pas décompenser.

En l’écoutant, j’ai pleuré. Fort. Des vraies larmes. J’ai supplié mon cœur de rester dans mon corps. Entendre et voir ces victimes sur mon écran m’était quasi insupportable. Je les comprenais trop bien, toutefois je ne comprenais pas la narration choisie. Le choix de ton. J’en suis encore bouleversée.

J’ai lu tous les commentaires publics à propos de ce film. Pour la majorité, des victimes envenimées, des menaces, des horreurs contre le système et contre les professionnels ayant accepté de faire ce film qui trouble, qui dérange. Mais peu osaient dire que le système les avait soutenus. Probablement par peur. Par honte. Je comprends, j’ai aussi souvent questionné mon cheminement, et le choix parfois douteux de têtes retenues pour l’écran, et je n’ai pas porté plainte pour mes agressions passées dans mon jeune temps, par honte, peur et découragement également. Mais je me sentais mal d’écouter ce documentaire qui me peignait alors comme la « parfaite victime », puisque le système avait été de mon côté. Mal d’avoir gagné ma cause. Mal d’être allée jusqu’au bout. Comme si ça avait été facile, comme processus, vu que j’avais gagné. Je me souviens, lors de la huitième écoute, m’être dit que je n’avais pas ma place aux côtés de ces hommes et femmes. J’aurais voulu les prendre dans mes bras et leur donner mon « coupable ». Du genre « prends mon verdict, j’vais garder la leucémie ».

Sous une publication de la page principale du film, une femme énonçait que si un jour ça lui arrivait, jamais elle n’irait porter plainte. C’était bien clair, elle était découragée des propos tenus, des statistiques. Ça aussi, je comprends. Parce qu’avoir visionné le film AVANT ma plainte, jamais je n’y serais allée.

Mais comme humain, mon devoir est de rester ouverte à ce que la vie m’amène. D’accepter ce qui est et de changer ce que je peux changer. C’est mon choix d’avancer dans la direction que je crois être juste. J’avoue que ce n’est pas toujours évident.

Dans mon histoire, j’ai vécu les deux côtés du système ; j’ai abandonné une plainte de viol parce que je trouvais injustes les répercussions sur mon amie (#pasbesoindamiecommeca) du temps, qui aurait pu empêcher mon viol, mais qui préférait commettre l’adultère dans la pièce d’à côté. Puis j’ai connu le processus traditionnel avec une enquêteuse et un procureur doux, attentionnés, compréhensifs mais surtout, humains. De le voir apparaître sur mon écran et de lire des commentaires haineux disant que le DPCP ne fait rien pour les victimes… j’pensais crever. La tête me tournait, j’avais la chair de poule. Parce qu’en grande, grande, grande partie sans mon procureur, je ne serais pas ici. Mes enfants n’auraient pu de mère.

Je me souviens exactement de la journée où j’ai dû aller au Palais de justice de Québec afin de remplir la déclaration sur les effets subis suite à cet événement. La fin approchait enfin. Je devais coucher sur papier tout ce que ça m’avait enlevé, coûté. Je l’ai fait en pleurant. Du début au point final, plusieurs pages plus tard.

Dans un élan de détermination et de courage, j’avais demandé à voir la salle où il avait plaidé coupable. Oui, après s’être présenté à mon domicile malgré le jugement qui l’en empêchait, il plaidait coupable, enfin.

J’avais besoin de voir où ça avait été « réglé ». Je l’ai vue dans les jours suivants, après avoir noirci tellement de feuilles avec des mots réfléchis et puissants sur lesquelles je lui souhaitais avec bienveillance de se réhabiliter. Mais que de mon côté, je devais avancer et lui laisser ça. Ça lui appartenait maintenant.

Je me souviens de la vague de violence qui m’avait transpercée au moment où j’ai su que ça ne leur avait pris que quatre minutes.

De quoi ?

Quatre minutes de comparution seulement. J’ai demandé l’enregistrement pour entendre de mes oreilles ces quatre minutes où il plaidait Coupable au chef d’accusation d’agression sexuelle.

Pour plusieurs victimes, juste l’idée de réentendre la voix de son agresseur est insupportable. Mais pour moi, il était fondamentalement crucial que je l’entende prononcer son aveu de culpabilité. C’était viscéral. Les tripes serrées et le cœur en morceaux, j’avais écouté le fichier audio, payé de ma poche, en boucle pendant des heures. En fait, je l’écoute encore, et j’ai le message de mon procureur dans ma boîte vocale.

Si ça prend ça pour avancer ? Je sais pas. Mais d’entendre de sa bouche que ça ne m’appartenait pas, ça valait de l’or. Je partagerai un jour avec vous la lettre lue en cour lors de la sentence. Je viens d’aller chercher l’audio, merci Bureau en gros de faire des transferts CD vers des clés USB. #presqueunedisquette.

J’ai fait un malaise avant de sortir du Palais de justice. Le constable m’a dit qu’il était là, que j’avais rien à craindre.

J’ai fait une crise d’angoisse dans le stationnement.

J’ai dû m’arrêter sur le chemin du retour pour vomir.

Je suis arrivée à la maison en ne voulant qu’une chose : une famille.

Toute la soirée, seule, j’ai essayé de ramasser les bouts de mon cœur brisé. Ce dont j’avais besoin ?

Qu’on me laisse pleurer en me flattant les cheveux.

Qu’on me dise que ce que j’ai vécu, c’est horrible.

Qu’on me laisse crier, ce que j’ai fait, habillée dans le bain, la rage au cœur.

Quatre minutes.

Ça en avait duré dix, y’a deux ans.

Dix minutes.

Deux ans.

Quatre minutes.

Mais j’ai gagné. Parce que j’ai choisi de faire confiance au système. Parce que j’ai dénoncé cet agresseur. J’ai entendu le « Oui, coupable » que je devais entendre et qui a résonné jusque dans mon âme. Si ça a été facile ? Non, c’est vrai que c’est long comme processus. Mais se guérir aussi. Tellement.

Si tu es victime d’agression sexuelle, reste pas dans le silence. Je suis là. Tu m’écris. Je vais te tenir la main pour aller porter plainte. Je vais te flatter les cheveux pendant que tu pleures et j’vais même ramasser ton vomi.

Mais reste pas seule. T’as le droit de te faire entendre, si tu le souhaites. Y’a des gens qui passent leur vie à le défier, le doute raisonnable. Y’a des gens qui sont là pour dire que ce que t’as vécu, c’est horrible. Et certains le font en toge.

Fais-toi le cadeau de la bienveillance. D’y croire. Parce que juste de porter plainte, c’est déjà se libérer de ce qui ne nous appartient pas.

K.

 

Si tu as été victime d’agression sexuelle, je partage avec toi quelques ressources à ta disposition. Je te rappelle que tu peux m’écrire, slide dans mes DM anytime, ok ?

https://www.quebec.ca/famille-et-soutien-aux-personnes/violences/agression-sexuelle-aide-ressources/organismes-d-aide-aux-victimes