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Quand la maladie frappe à l’autre bout du monde

C’est un samedi de printemps, il y a quatre ans. Le

C’est un samedi de printemps, il y a quatre ans. Le ciel gris nous envoie des flocons de neige, comme pour nous rappeler que ce jour est différent. C’est le jour où j’ai pris la décision la plus folle et la plus impulsive de ma vie, la décision la plus sage, la plus humaine, la meilleure des décisions.

Ce jour-là, mon amoureux me laisse devant l’aéroport de Montréal, seule, face à… l’enfer, la peur, la maladie. Mes mains tremblent, les larmes coulent, le cœur me débat. Je viens de laisser mes trois enfants, je viens de planter ma vie là. Je vole au secours de ma maman. Le reste ne compte pas. Comme une automate, je passe la douane, l’embarquement, on contrôle mes papiers. Les passagers me regardent bizarrement : qui est cette jeune femme, seule avec un petit sac, les yeux rouges, complètement déconnectée? Quand l’avion quitte le tarmac et que je vois mon chez-moi s’éloigner, le déchirement entre quitter les miens et rejoindre les miens, quand l’avion monte au-dessus de la neige et des nuages : le soleil éclaire mon âme. Il avait raison mon chéri, je suis capable, je vais affronter ça… Parce que c’est là… C’est maintenant… Je n’ai pas le choix.

Deux jours plus tôt, tel un cataclysme, le diagnostic de leucémie aiguë myéloblastique a tout anéanti autour de moi. Mes repères s’effondraient. La nouvelle m’a été apportée par mon frère. Il m’a dit : « LAM ». Il savait qu’il n’avait pas besoin de me donner plus de détails, il savait que je savais. Pendant deux jours, j’ai pleuré, tout ce qu’il était possible de pleurer. Je ne voulais ni voir ni parler à personne, j’étais pendue au téléphone, avec maman, avec papa. Je leur disais que j’étais là, mais… Je n’étais pas là… J’étais loin… Je les voyais s’effondrer et je ne pouvais rien faire… Je n’avais même pas envie de hurler, rien ne sortait de moi à part des larmes.
Je voyais la maladie, je voyais la souffrance, je voyais la mort, je cherchais l’espoir, je le cherchais dans les mots de ma maman, mais… tout était trop grand, trop fort, trop difficile.

La leucémie venait de me foutre par terre.

Je regardais mes enfants… Que leur dire?

Deux jours d’errance, pas de sommeil, une espèce de survie, l’impression de ne pas être à ma place. C’est mon mari qui m’a donné le feu vert, c’est lui qui m’a poussée à sauter dans un avion. Nous savons que tout est si fragile, nous savons qu’il faut savourer chaque seconde. J’avais l’impression que jamais je n’aurais la force de vivre cela. Mais je savais que je devais y aller, je le savais.

J’ai donc pris un vol le plus rapidement possible vers la France, mon pays, là où sont les miens. Une heure plus tard, je suis en route vers l’aéroport… À peine le temps d’essayer de rassurer ma fille effondrée, à peine le temps de faire un câlin à mes deux gars, j’ai l’impression d’abandonner mes enfants, je laisse tout en plan. Je pars rejoindre mes parents.

Ce jour-là, en traversant l’océan au secours de ma maman, je lui ai donné la force de se battre. Quand la maladie frappe de l’autre côté de l’océan, tout est si terrifiant. Mais ensemble, on est plus fort. L’amour est une arme puissante.

Après des mois de combat, ma maman est maintenant en rémission. Il faut s’accrocher à l’espoir et se dire que dans la vie, rien n’est impossible. Il faut y croire…

Gwendoline Duchaine

5 avantages d’être loin des siens à Noël

Dans quelques semaines, nous allons passer notre neuvième Noël loi

Dans quelques semaines, nous allons passer notre neuvième Noël loin de la famille. En effet, ils vivent tous en France et nous sommes débarqués au Québec en 2008.

 

Notre premier Noël seuls fut éprouvant, surtout pour nos trois enfants… Au fil des années, nous trouvons des avantages à vivre un temps des fêtes pas comme les autres…

 


Voici donc 5 avantages d’être loin des siens à Noël


1. Pas de chicane!

– Vous venez passer les Fêtes à la maison cette année?
– Euh, on avait prévu de venir le 26 car le 25 on est avec papa…
– Non, le 26 c’est impossible, on reçoit déjà…
– Le 27 alors?
– Le 27, ce n’est pas Noël!
– Le 24, c’est correct?
– Hum, le 24 on est invité chez ta grand-mère, as-tu oublié?
Pas de “guéguerre” de famille à savoir qui va où, on est juste : pas là! Problème réglé!

 

2. On ne se ruine pas en cadeaux

Les cadeaux… Ça coûte cher… Je ne sais jamais quoi acheter pour ma grande tante ni pour mon cousin. Des idées? Vite! Il faut trouver des idées, courir les magasins pendant des heures, se casser la tête et dévaliser notre compte en banque pour des cadeaux qui, finalement, ne font pas réellement plaisir!  Nous, on s’en fiche! On est… pas là!

 

3. Pas besoin de cuisiner ni de recevoir!

Penser au menu, faire des invitations, cuisiner en tenant compte des allergies de mon neveu, du végétalisme de ma cousine, des goûts de beau-papa et du vin préféré de maman… S’épuiser pendant des jours en préparatifs et réaliser que la journée de Noël est passée trop vite et que, finalement, je n’ai profité de personne… S’écrouler dans le canapé en regardant le champs de bataille laissé par tout le monde…  Ahah! Non! Je sirote tranquillement mon vin blanc liquoreux agrémenté de foie gras devant un bon vieux film de Noël!

 

4. On ne fait RIEN
Le temps des Fêtes, pour les enfants et nous, c’est : ne rien faire! Juste rien! Les activités éducatives et sportives sont en pause, les devoirs sont en trêve : on relaxe!
Pendant que tout le monde parcourt le pays en voiture à la rencontre de ses proches, nous autres, on végète en pyjamas! Nous prenons enfin le temps de jouer dans la neige, de fabriquer un immense fort, d’aller patiner puis de se coller sous une grosse couverture devant des heures de séries télé.  On se repose! À la fin du congé des Fêtes on est en pleine forme! (Et vous?)

 

5. On garde la ligne!

On ne mange pas trop, on ne boit pas trop et on a le temps de faire des sports d’hiver! Pas de dîner de famille chaque jour aux quatre coins du pays, pas de surconsommation de dinde, de vin, de chocolats… Notre système digestif se porte à merveille, même si notre cœur est parfois un peu triste de ne pas être avec notre famille.

 

Bref,  on profite de cette période d’amour et de partage, pour nous centrer sur notre petit noyau familial, et on prend le temps de se retrouver… juste nous…. ensemble.

Parfois je me surprends à rêver des grandes tablées de mon enfance, entourée de tous les miens… J’entends le gros rire de mon oncle, les blagues de mon père, la musique de ma cousine… Je vois le sourire serein de ma mère, le tas de cadeaux immense sous le sapin, les larmes de joie de mon grand-père… Et je me colle un peu plus contre mes enfants…