Archives décembre 2016

Je te hais maman parfaite!

Petite mise en situation bien trop réelle :

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Petite mise en situation bien trop réelle :

Un bon matin, mes collègues de travail me voient. J’ai encore les pieds dans le cadre de porte, la petite en crise sous le bras (les joies d’être éducatrice dans la même garderie que ma fille). Et là, j’entends :

« Mon Dieu! Tu as dont ben l’air fatigué! As-tu dormi sur la corde à linge? As-tu fait le party all night? Ça peut pas être juste les enfants! »

Réponse qui a jailli spontanément dans mon cerveau : Ben oui! J’ai eu une nuit de marde, ma fille a braillé toute la nuit. La seule heure où elle a dormi, c’est l’heure où mon chum s’est mis à ronfler. J’ai un mal de gorge de la mort et un énorme mal de tête (je suis juste pu capable d’entendre ma fille pleurer). Et non, je n’ai pas dormi sur la corde à linge. J’ai juste PAS DORMI. Je ne suis pas fatiguée, c’est au-delà de la fatigue, ce n’est même pas de l’épuisement. C’est fucking plus intense. Pensez-vous vraiment que faire le party all night fait encore partie de ma vie? NON. Ma face exprime parfaitement mon état d’esprit et de fatigue. Tout ça au naturel et sans alcool.

Étiez-vous obligés de me le rappeler si gentiment et si rapidement? Heille! J’ai encore mon manteau sur le dos et la petite est toujours en transe, la face pleine de Nutella. Eh! Oui, elle a mangé du Nutella, pas du gruau chaud plein de chia. Et non. je n’ai pas eu le temps de me maquiller pour essayer d’avoir l’air présentable. Je n’ai même pas eu le temps de lui débarbouiller le visage. Tu vois la sorte de bébitte poilue qui se débat et qui hurle sa vie? Ben, elle me fait des crises depuis cinq heures ce matin. Encore heureuse d’avoir eu le temps de m’habiller.

Et vous ne savez pas quoi? Ben je vais vous le dire. Pour couronner le tout, mes deux autres girdas se sont dit que c’était le meilleur matin pour enclencher leur mode « Je n’en ai rien à foutre de collaborer ». J’ai réussi à en rendre deux sur trois présentables. Et non, je ne pouvais pas compter sur papa. Il était déjà au travail. Ça fait que j’ai l’air de ça.

Je vous félicite si vous réussissez à être cette maman parfaite. Cette maman toujours pimpante, maquillée, bien habillée. Cette maman qu’aucun microbe ne semble atteindre, toujours débordante de santé. Je suis heureuse si vos enfants dorment douze heures par nuit sans pousser le moindre gémissement. Je suis heureuse si vos matins sont « sur la coche » et que tout le monde sort de la maison parfaitement prêt. Je suis contente parce que vous êtes sûrement des clones de la maman de Caillou. Et moi, ça ne me tente pas d’être comme elle. Elle est beaucoup trop zen. Moi, la zénitude à l’extrême, ça me fait chier.

Moi aussi, j’ai parfois des belles nuits, mes matins peuvent aussi se dérouler parfaitement. Je réussis même à avoir trois petites filles modèles. Une journée parfaite, ça m’arrive.

Mais comme vous pouvez voir, plus souvent qu’autrement, c’est le chaos.

Et ce matin, ben c’était de même. Malgré tout, je l’aime, mon chaos.

Réponse politically correcte : Ha! Oui? Vous trouvez? Je n’ai pas beaucoup dormi. Ça paraît tant que ça?

Parfois, j’admire ma capacité d’autocensure…

Mélanie Paradis

 

Nos aînés oubliés

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Je n’ai pratiquement aucun souvenir de mes grands-pères, aucun de ma grand-mère paternelle. J’ai connu et aimé ma grand-mère maternelle. J’ai souvenir de sa joie de vivre du temps de ma jeunesse. Elle était de ces femmes qui allaient faire la fête et qui utilisaient leur propre maquillage pour nous maquiller lors des fêtes d’Halloween! Elle aimait chanter et avoir des admirateurs devant ses talents.

À vous la décrire ce soir, je me vois un peu en elle. Dans son exubérance, ses rires et ses mille et un projets. Je me rappelle cette fois où je m’étais brisé le poignet. Elle était venue avec moi pour la pose de mon plâtre. Elle avait de ces expressions qu’elle me sortait et que j’utilise à mon tour en souriant maintenant que je suis mère.

À la maison, nous lui disions tous «vous». Cela l’entourait d’une auréole de respect. Jamais il ne m’est même venu à l’esprit de lui témoigner la moindre impertinence.

Elle avait sa spiritualité et un côté enfantin bien à elle. Les années ont passé comme sa santé s’en est allée. Elle a habité en centre, chez une tante puis chez ma mère, où elle a terminé ses jours.

Lorsque nous parlons de nos familles, nous avons tendance à nous limiter aux deux dernières générations. Mais la famille, ce sont des parents, des enfants qui deviennent à leur tour des parents puis… des grands-parents. Nos aînés.

Qu’on se le dise, le temps passe vite, extrêmement vite. Aznavour nous le disait si bien : «Hier encore, j’avais vingt ans…» Je regardais l’actualité ces derniers jours et il est de notoriété que nos aînés n’ont pas tous les soins dont ils ont besoin. Pire, le respect le plus élémentaire qu’ils méritent de recevoir leur fait défaut.

Je ne répèterai pas ici les nombreux manquements dont il est question. À la limite, je n’ai pas l’ultime solution. Les préposés aux bénéficiaires font bien leur possible, voire plus. Ils accomplissent maintes tâches, même s’ils doivent se plier à toutes les obligations et restrictions imposées. Ils ont CHOISI ce travail par dévotion. Pour la majorité, ils y sont dévoués. Que dire des aidants naturels? Ou devrais-je dire nos aidants oubliés?

Nous accusons parfois nos aïeuls d’être froids, distants, colériques, parfois quelque peu capricieux. Mais à leur place… comment réagirions-nous?

Ils ont été ceux qui nous ont conçus, choyés, soignés. Ils ont bâti notre monde à la sueur de leur main. Ils ont traversé bien des épreuves, de la guerre à la Grande Noirceur. La montée de la syndicalisation, la modernisation de l’agriculture. La création de ministères, l’assurance maladie. La crise d’octobre en 1970, celle du pétrole en 1973. Les nombreuses réformes sociales, le féminisme. Les accords politiques non respectés, les référendums et j’en passe.

Qu’ils aient été pour ou contre tous ces changements, ils ont fait plus que leur part. Alors que leurs forces s’effritent, que leurs mains tremblent, maintenant que leur mémoire oublie et que leur corps s’affaisse, que faisons-nous?

Ils sont notre famille. Que pouvons-nous faire en mémoire de leurs réalisations certes, mais surtout en l’honneur du parchemin de leur vie, leur visage sillonné de leurs années? Par respect pour ce qu’ils sont aujourd’hui, prenons soin d’eux! À nous de faire en sorte que les inepties ne soient plus.

Si nous avons tellement de nos jours, c’est en partie grâce à eux. Est-ce tout ce qu’ils ont mérité, cette perte de dignité? Je me le demande. Est-ce tout ce que l’on peut faire pour eux après qu’ils ont tant fait pour nous?

Simplement, Ghislaine

 

Heille l’équilibre! T’es où?

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T’es où?

Chaque fois qu’on se rencontre enfin, tu finis par me filer entre les doigts et tu me laisses en plan. Et moi, comme une innocente, je cours derrière toi et je te cherche désespérément.

Je ne passerai pas par quatre chemins pour te le dire : par moment, j’ai franchement l’impression que tu te fous de moi. Ou peut-être est-ce le contraire?

 T’es où?

 Je te cherche plus intensément depuis que je suis maman. Moi qui croyais que toi et moi, on finirait par s’entendre facilement et doucement. Mais non.

Ça arrive, heureusement. Mais il y a eu et il y a encore ces moments où je te perds de vue, où je désespère et où je crie dans ma tête :

«T’es où?»

 Depuis l’arrivée des enfants, il y a eu la maman employée, la maman travailleuse autonome et la maman à la maison. Avec mon homme, il y a eu les études, il y a eu les rénovations, il y a eu la maladie, il y a eu les déménagements, il y a eu la mort; il y a eu le chaos. Notre beau chaos. Mais il y a eu l’amour, toujours, et de plus en plus, il y a le calme. Il y a les projets, il y a mes idées, il y a les microbes, il y a les responsabilités et il y a les vingt-quatre heures dans une journée. Il y a l’épouse et l’amoureuse, il y a l’amie, il y a la fille, il y a la sœur, il y a la maman et il y a la femme que je suis. Il y a les enfants.

Et il y a toi.

 L’Équilibre.

 L’équilibre avec un grand «É».

Dans le fond, ce qui importe vraiment, ce sont les enfants, right? Mais tout le reste aussi ça compte, non? Pourquoi tu ne m’aides pas plus souvent à trouver une place calme et paisible pour tout le reste? Sans que la Culpabilité et la Confusion viennent se joindre à nous. Sans parler de madame «Remise en question»!

Quoique… de temps à autre, on y arrive. Dans ces moments, je te vois très bien et je sais que tu es là. Ta présence est tellement réconfortante pour moi. J’ai besoin de toi. Mais tu n’es pas seul. Généralement, tu es avec ton grand chum. C’est vrai que vous faites un bon team.

Lui, il s’appelle «Le Moment Présent».

Quand je prends le temps de m’arrêter, que je le regarde et que je le vis comme il se doit, c’est vrai que tu es là, tout près. Même dans les périodes chaotiques. Tout prend tranquillement sa place, tout devient moins lourd. Je ne peux pas être ailleurs et être autre chose que ce que je suis dans le moment présent.

Dans le fond, tu es toujours là. Même quand je m’affole ou quand tout coule doucement, tu es là. Mais il m’arrive de l’oublier. Et dans ces moments d’amnésie, où tout se confond en dedans de moi, je m’étourdis et je veux être partout et être tout le monde en même temps.

Alors, je te cherche et je crie :

 «T’es où?»

 

 

Caroline Gauthier

 

Les pets

Il y a ceux qui nous surprennent. Il y a ceux qui sentent mauvais, pires que ce qu’on pouvait i

Il y a ceux qui nous surprennent.

Il y a ceux qui sentent mauvais, pires que ce qu’on pouvait imaginer.

Il y a les petits pets secs, ceux qui pincent.

Il y a les pets silencieux. Ceux-là, ils sont plutôt dangereux…

Il y a ceux qui laissent des traces, bien malgré nous. Ceux-là, ils sont plutôt rares.

Il y a ceux d’un nouveau-né, assez impressionnants! On jurerait que notre bébé va s’éjecter de la couchette!

Il y a ceux qu’on aimerait camoufler par un toussotement très subtil…

Il y a ceux qu’on met sur le dos du chien…

Plus sérieusement, parlons de l’évolution du pet dans un couple. Avouez qu’il est quasi impossible de se laisser aller devant l’être aimé avant PLUSIEURS semaines…

Toutefois, quand toute gêne s’est dissipée, il y a place à BEAUCOUP d’innovation…

Sérieusement, dans mon cas, après dix-huit années d’amour, je vous laisse imaginer ce qu’on a pu atteindre comme sommets.😁

Les pets font rire, ils peuvent rendre mal à l’aise. Chez les enfants, ils passent inaperçus. Je vous mets au défi de dénicher une garderie ou une classe de tout-petits où ça sent la rose en tout temps.😂

Je terminerai en soulignant que certains pets sont plus extrêmes et qu’ils requièrent l’usage d’un briquet. Cependant, cette pratique est à vos risques.

Quelles sont vos plus belles anecdotes entourant ce sujet si universel?

Et drôle, avouez?

Parents d’ados, continuez d’essayer

Les ados actuels

Les ados actuels n’ont rien inventé en matière d’adolescence. Ah non! Peu importe la génération à laquelle tu appartiens, être âgé entre douze et dix-sept ans, c’est spécial. C’est un peu comme si un nouveau monde s’ouvrait. Tant de nouvelles perspectives s’offrent soudainement. Aujourd’hui adultes, nous remplissons nos soupers de gang de savoureuses anecdotes du secondaire. Parfois drôles, parfois tristes. Nous savons maintenant que ça finit par passer. Aujourd’hui, nous sommes parents et nous avons donc à trouver notre place dans cette nouvelle équation.

Pour traverser l’adolescence, il faut se rappeler deux prémisses. Un ado qui teste est un ado qui accomplit parfaitement sa tâche. Ensuite, «tout n’est que temporaire»*. Plus sérieusement, la période de l’adolescence permet à l’individu de cheminer dans sa quête d’identité. Rappelez-vous les rites de passage que l’on retrouve dans différentes religions et cultures. C’est un peu la même chose pour l’adolescence. Elle permet de passer de l’enfance à l’âge adulte. C’est un moment où l’individu tente de trouver son chemin, sa personnalité. Il ressent le besoin d’aller voir plus loin ou parfois, juste voir le monde différemment. C’est un réel besoin. Se détacher de ses racines pour continuer de grandir.

Naturellement, cela ne l’autorise pas à faire son processus n’importe comment. Comme parent, il nous revient de l’accompagner. Il est de notre ressort de lui fournir les outils pour lui permettre de faire des choix éclairés. Parce que oui, il est important qu’il fasse lui-même ses choix. Mais dans une génération où les communications ont pris une tendance bien étrange, avoir un ado peut prendre une autre dimension.

Chaque jour, j’entends des parents dire qu’ils ne reconnaissent plus leur enfant. Certains disent qu’ils ont tout tenté ou encore qu’ils le sentent à des kilomètres. L’ère de la technologie est venue modifier les règles du jeu. Les parents se sentent rapidement dépassés par les nouveaux enjeux ainsi que par la vitesse à laquelle les choses évoluent. On pouvait bien rire de nos parents qui avaient de la difficulté à comprendre le VHS. On est ailleurs, là! Alors, ouvrons le dialogue. Ne soyons pas intimidés par ce que nous ne connaissons pas. Continuons de nous informer, de nous investir. Parce que même si nous avons l’impression de ne pas comprendre notre ado, souvent il ne se comprend pas lui-même. Cette période amène son lot de changements dans le corps, l’esprit et les émotions. C’est la découverte de sensations nouvelles, parfois fortes et complexes. Il peut être difficile d’assimiler et de gérer tout ça.

Alors si parfois on a l’impression que la communication est déficiente, ce n’est peut-être qu’une question de temps. Il est important de maintenir les liens et d’offrir à notre ado des points de référence. Avec de bons piliers, il reviendra. Les belles histoires de famille commencent par la communication. Il faut se parler, tenter de trouver un langage commun. Passer du temps ensemble et ne jamais arrêter de chercher à comprendre l’autre.

*Je me dois de citer l’auteure de cette phrase que je répands aussi souvent que possible. Merci MP.

Les règles du bonheur

Quand Noël approche, les bonnes résolutions se pointent le bout du nez. On pense à tout ce qu’o

Quand Noël approche, les bonnes résolutions se pointent le bout du nez. On pense à tout ce qu’on aimerait (tsé genre, gagner à la loterie ou perdre du poids #classiques), et surtout, à tout ce qu’on voudrait faire ou recevoir (voyager ou avoir la toute nouvelle babiole techno #classiquesaussi). Chez moi, on se concentre sur une chose : partager du bonheur (non, c’pas une joke). Pour le faire, on suit ces cinq règles simples :

1— Finies, les traditions aux valeurs douteuses. Si j’instaure une tradition, je veux que ce soit pour les bonnes raisons. On va se le dire, le lutin qui joue des tours, je me demande encore ce qu’il est sensé transmettre comme valeurs à nos enfants!? Pis c’est quoi l’idée de manger un maudit chocolat en se levant le matin!? C’est quoi le but, le message, la quête spirituelle là-dedans!? Ici, quarante jours avant Noël, les enfants découvrent une petite boîte. C’est notre calendrier de l’Avent. Parce que chez nous, au lieu de manger un chocolat par jour, chaque membre de la famille doit faire une bonne action. Tous les jours. Chaque. Jour. Pas de chocolat. Pas de lutin. Juste le don de soi et la gratitude.

Chaque matin, les enfants sont excités de piger la bonne action du jour et de faire le choix de faire le bien. Plus les jours avancent, plus le don de soi devient naturel pour les enfants… Ouvrir la porte à un aîné, aider un plus jeune, pardonner à quelqu’un… Ce sont de belles actions, mais encore faut-il être capable d’en saisir toutes les occasions. C’est bien aussi de faire une pause, en cette froidure de décembre, pour se rendre compte de tout ce qu’on peut faire comme petits gestes au quotidien. (Je salue ici la madame qui m’a coupée pour me voler ma place dans le stationnement tout à l’heure!)

2— Faire du bénévolat. Oui, pour vrai. Je ne vous écris pas aujourd’hui pour vanter nos « bonnes actions », au contraire. J’écris ce texte parce que je réalise surtout que quarante jours pour se dévouer aux autres, c’est loin d’être assez. C’est quand, la dernière fois que vous avez mis votre vie sur pause pour prendre soin des autres? Réellement? (Aux mamans : Mettre sa vie sur pause pour se dévouer à ses enfants, c’est noble, mais ça venait dans la description de tâches au départ, faque ça compte pas…) Dans le train-train de la vie, on a tous l’impression de courir après le temps. Mais la vérité, c’est que vous n’aurez jamais le temps, si vous ne le prenez pas.

3— Fabriquer des trucs avec amour. Acheter un cadeau? Facile et coûteux. En fabriquer un? Moins facile et moins coûteux! Mais oh! Combien plus gratifiant! Recevoir un cadeau? C’est le fun. Recevoir un petit quelque chose qu’une personne chère a fait pour nous? Tellement plus touchant. Pensez-y. Et l’excuse « je ne suis pas bon en bricolage » est à proscrire! Tu peux bâtir, construire, dessiner, fabriquer, bricoler, cuisiner, écrire, créer… et c’est impossible d’être humainement incapable d’accomplir quoi que ce soit. Je crois encore en l’humanité…

4— Arrêter de poser LA question, et d’y répondre. Quand Noël approche, la question futile revient sans cesse : « Pis toi, qu’est-ce’tu veux pour Nowel? » Et là, tu réponds un livre, un foulard, un chandail, un peu-importe… Et là, le 25 décembre, on te l’offre en cadeau. Parce qu’on s’est tellement éloigné des gens autour de nous, qu’on ne les connaît même plus assez pour savoir ce qui les rendrait heureux! Au lieu de lui poser la question, essaie de penser à cette personne, à ce qu’elle aime faire ou manger, aux endroits où elle aime aller ou sortir, ou à ce qu’elle voudrait découvrir. L’idée, c’est encore de rendre l’autre heureux, pas de lui donner un autre cossin sur une liste… Si tu n’arrives pas à répondre à l’une de ces questions, va donc passer du temps avec cette personne, vous êtes dus!

5— Offrir l’intangible. Va voir Papi. Va cuisiner avec Maman. Invite tes amis. Appelle ton cousin. Prends ta sœur dans tes bras. Dis « merci ». Dis « je t’aime ». Pardonne. Visite. Donne. Donne de ton temps et de ton amour. Offre des sorties, des activités. Dépense moins et TROUVE DU TEMPS. Oublie les excuses… T’as pas de famille? Y’a des maisons remplies de personnes âgées qui vendraient leur âme pour une tite visite! Et il y a des milliers de réfugiés qui, j’en suis sûre, adoreraient être invités, acceptés, aimés.

Ces cinq règles semblent faciles, banales, voire futiles. Mais leur application au quotidien fait réellement de nous de meilleures personnes. J’te le dis!

Essaye donc de prendre le temps. T’es pas game.

En avion, les poussins! Voyager en avion avec de jeunes enfants

Je ne suis pas du genre à chercher à me venger. Mais je peux vous dire que j’étais fière quand

Je ne suis pas du genre à chercher à me venger. Mais je peux vous dire que j’étais fière quand le pilote de l’avion m’a dit à l’arrivée à Montréal : « Madame, vos enfants se sont comportés comme des champions! Si tous les parents étaient aussi organisés que vous, ce serait génial! » J’étais fière de mes enfants. J’étais soulagée qu’encore une fois, le vol se soit passé sans anicroche. Et oui, je me suis permis de regarder dans les yeux les passagers qui nous avaient dévisagés quatre heures plus tôt. « Ah! non! Trois jeunes enfants! Ah! non, pas vrai! Ils s’assoient dans la même rangée que nous! Sauve qui peut! »

Eh! non, mes enfants n’ont pas braillé tout le long du voyage. Ils n’ont pas donné des coups de pied dans le siège devant eux. Ils n’ont pas hurlé quand leurs oreilles faisaient mal à cause des changements de pression. Ils sont restés sages et assis. Ils ont visité l’avion seulement quand la consigne des ceintures de sécurité était éteinte. Ils ont regardé des émissions sur le minuscule écran (mais oh! Combien pratique!). Ils ont mangé. Ils ont dormi. Ils ont demandé à quelques reprises : « Quand est-ce qu’on arrive? » Bref, ils ont fait comme tous les passagers.

Est-ce qu’il en a toujours été ainsi? Oh! Que non! Laissez-moi vous raconter la fois où j’ai essayé de dévisser un hublot d’Airbus.

Nous vivions en Alberta, à une demi-journée de vol de Montréal. À cela, il fallait ajouter quelques heures de conduite automobile, une nuit écourtée (endormir des enfants surexcités alors qu’on est soi-même surénervé devant la longue liste de tâches à ne pas oublier, ce n’est pas du gâteau. Je dirais même que ça s’apparente plus à une grosse gibelotte écrapoutie), un réveille-matin qui hurle à la lune à quatre heures du matin… vous voyez le portrait?

Vous essaierez, vous, de conduire un chariot qui déborde de tous bords, tous côtés (cinq valises, une poussette, deux sièges d’auto, sans compter les bagages à main. N’oubliez pas qu’il faut accomplir l’exploit en tenant la main de la petite de douze mois et en surveillant celle de trois ans. «Reviens ici! Tu es trop loin… ne lèche pas le plancher… ne mange pas ton passeport, ce n’est pas bon pour la santé…»

On arrive au dépôt de bagages. En tant que jeune famille, nous avons heureusement notre place dans la file des passagers VIP (very impatient persons). Mais tout de même, on arrive en sueur comme si on souffrait de huit ménopauses simultanées.

Direction : sécurité. Traverser la sécurité avec un bébé peut frôler la comédie. Ma mini cocotte séduit les agents avec ses couettes blondes et ses grands yeux de bleuets. Mais traverser la sécurité avec une pré-adolescente phobique de trois ans, c’est une autre paire de manches. Mon aînée est convaincue que la « porte magique » va la manger, donc elle refuse de quitter mes bras. LA crise. Et quand elle ose finalement marcher seule d’un côté à l’autre de la sécurité, la porte mangeuse d’enfants sonne! Les paillettes métallisées qui ornent le chandail de ma fille sont apparemment une source de danger potentiel. BIP! BIP! BIP! L’art de traumatiser un enfant.

On embarque dans l’avion. On s’installe. L’avion décolle. Et c’est là que le fun commence. Ma fille aînée se déchaîne. Elle crie, s’accroche au plafond, rampe sous les sièges, tape sur la tête du passager devant nous, réveille sa sœur en lui lançant ses souliers. Multipliez ça par deux heures. Fermez vos yeux, imaginez que vous traversez le Canada avec un alien enragé. Sur les speeds. Qui a mangé une caisse d’herbe à chat. Vous commencez à visualiser la situation.

C’est là que j’ai commencé à fantasmer sur l’idée d’ouvrir le hublot et de lancer mon enfant par-dessus bord. (Note pour la DPJ : Je ne ferais jamais ça. C’était un pur fantasme, le genre d’idée absurde qui fait baisser la tension dans une situation désespérée).

Puis, pouf! Ma fille s’endort, épuisée. Je suis traumatisée. Je dois avoir l’air de sortir d’un ring de boxe. J’ai mal aux muscles et à ma maternité.

Pourtant, j’avais apporté tous mes essentiels :

–          D’innombrables petites collations (craquelins, fromages, raisins secs, barres tendres, fruits frais, céréales) à distribuer au fil des « J’ai faimmmm! » et des débordements d’énergie

–          Des jeux (oubliez les petits morceaux) : tic-tac-toe, tangle, cartes à jouer, jeu de mémoire, etc.

–          Du papier, des crayons, des cahiers à colorier (c’est le temps de sortir votre livre « Fabriquer des avions en papier pour les nuls »)

–          Des breuvages (achetées après avoir passé la sécurité), transférés dans des gobelets

–          Tout l’attirail pour changer une couche débordante dans une cabine grande comme un quart de garde-manger

–          De la musique, des écouteurs, des films et un lecteur DVD au cas où l’écran tactile de l’avion soit brisé (en 2016, remplacez le tout par une tablette)

–          Des petits livres de lecture et d’images

–          La doudou et le toutou, parce qu’on espère vraiment que les enfants feront une sieste pendant le voyage!

Mais je reviens à ma fierté du début. Toutes les autres expériences de vols ont été positives. Il est même arrivé à ma fille qui avait six ans à l’époque de montrer à un passager comment attacher sa ceinture.

Maintenant, quand j’observe le regard méprisant des passagers qui nous regardent entrer dans un avion avec nos enfants, je me sens moins affectée. Et si je vois une maman ou un papa aux prises avec un chariot débordant de bagages, un nouveau-né dans les bras et un tout-petit qui joue à la cachette dans l’aéroport, je leur offre un sourire compatissant et un coup de main. Ça leur évitera d’être confrontés au fait que les hublots sont hermétiques.

À quand votre prochain voyage avec vos tout-petits?

Bienvenue

Arrivée de Petit Pois et vie sexuelle

Nous sommes le soir, dans notre lit à regarder la télé. J’ai en

Nous sommes le soir, dans notre lit à regarder la télé. J’ai envie de mon homme, mais je ne bouge pas. Je n’entreprends rien parce que je suis molle! Et pas juste molle parce que j’ai hypothéqué mon body en pondant trois beaux cocos. No’non! Je suis molle du petit orteil gauche jusqu’à l’hémisphère droit de mon cerveau et je ne veux même pas bouger le moindre poil de nez! C’est le seul moment de la journée où je peux fouerrer, alors je VEUX fouerrer!

Qu’est-ce qui s’est passé? Comment en est-on arrivés à ça? Voici ma version des faits. La vôtre ne doit pas être si différente…

Avant d’avoir notre premier enfant, notre vie sexuelle était complètement débridée. Je dirais même ridicule! On baisait jour, soir, nuit. Au petit déjeuner, au diner, au souper. Au réveil, à la sieste, au coucher. Tout le temps! Juste d’y penser, je suis tout irritée! Et voilà qu’un jour, le destin s’en est mêlé. Monsieur Destin a décidé d’aller mettre un drôle de Petit Pois bien au fond de mon ventre.

Grâce à monsieur Destin, nous, petits lapins que nous étions, sommes passés de trois ou quatre fois par jour à deux fois par semaine. Ouf! Quelle débarque! Mon pauvre chéri laissé à lui-même avec ses ardeurs dans le tapis pendant que moi, boulette en devenir, j’étais verte de nausée ou bien totalement exténuée par Petit Pois en train de germer.

Ont suivi les derniers mois de grossesses. Tenter avec toute la volonté du monde de trouver une position confortable durant l’acte était devenu une mission en soi. Chéri ne pouvait pas trop insister sur ma poitrine puisque j’étais temporairement devenue une barmaid en train de concocter les pina coladas sans alcool pour notre Petit Pois.

Une fois Petit Pois arrivé, j’étais totalement traumatisée. Petit à petit, je suis remontée en selle, mais tout était différent. J’avais moins confiance en moi. Je manquais littéralement de pratique! Sans avoir besoin de spécifier qu’une fois devenus parents, nous connaissions désormais la vraie définition du mot « fatigue ».

Plusieurs mois plus tard, lorsque nous avons finalement retrouvé notre couple, surprise! Petit Pois numéro deux s’est logé dans mon ventre. Encore une fois, monsieur Destin trouvait qu’on copulait trop!

Durant la deuxième grossesse, on a fait pas mal moins de sport. BEAUCOUP moins de sport. La fatigue causée par rejeton numéro un, les emplois, mon corps qui se transformait encore une fois en grosse boulette… Nous n’avions pas l’énergie pour des combats de lutte gréco-romaine.

Une fois Petit Pois numéro deux arrivé, la vie de couple a pris le bord! Papa et maman étaient fatigués! On se faisait des p’tites vites quand on avait un regain d’énergie. Lorsque Petit Pois numéro deux a enfin atteint l’âge de deux ans, tout allait mieux. Parce que soyons francs, avant l’âge de deux ans, nous n’avions aucun répit!

Et… une troisième grossesse a suivi. Je pourrais compter sur les doigts d’une main le nombre de fois où nous avons fait l’amour. Je prenais soin de moi et il prenait soin de lui. Point barre! Pourquoi? Je ne sais pas trop! La fatigue, le manque de volonté… Nous avons attendu impatiemment la venue de Petit Pois numéro trois.

Est-ce que mon homme me manquait? Atrocement! Notre couple qui était basé sur le sexe était maintenant fondé sur… l’amour? Les enfants? La fatigue? Un mélange des trois, j’imagine!

Maintenant, il s’agit d’attendre que les enfants dorment. Si nous sommes encore réveillés, bien sûr. Sans avoir besoin de spécifier qu’il ne faut pas faire trop de bruit non plus! Finalement… baiser, c’est ben compliqué quand on a des enfants!

Mais blague à part, vous savez quoi? Pour en avoir discuté à plusieurs reprises avec mon homme, nous ne changerions rien au monde! Lorsque les enfants quitteront le nid familial, qu’ils ne nous cherchent pas! Maman et papa lapins tenteront de rattraper le temps perdu.

Geneviève Dutrisac

Mon cerveau débranché

Est-ce que ça vous arrive, vous aussi, de retrouver votre portefeui

Est-ce que ça vous arrive, vous aussi, de retrouver votre portefeuille dans le frigo, d’essayer de débarrer la porte de la maison en pitonnant sur la clé de l’auto, d’enfourner la pizza dans le lave-vaisselle ou de vous tromper d’auto dans le stationnement?

Si oui, vous êtes probablement un parent très (trop) sollicité! Ce n’est pas forcément signe d’une démence sénile (précoce!)

Alors voici une liste, non exhaustive des signes que mon cerveau est débranché :

– J’ai déjà amené mes enfants à l’école un dimanche matin…

– J’oublie régulièrement d’aller chercher les enfants aux activités.

– D’ailleurs, je me trompe souvent d’activité : mon gars est en kimono et je l’amène aux scouts.

– Parfois, je fais le tour du stationnement et j’oublie de m’arrêter pour débarquer mes petits au karaté.

– Je change TOUT LE TEMPS le nom des gens.

– J’ai failli appeler le 9-1-1 parce que je croyais que mon auto avait été forcée et qu’on m’avait volé mes affaires, mais ce n’était pas mon auto!

– Je réalise souvent que j’avais rendez-vous chez le dentiste la veille…

– J’ai déjà égoutté des pâtes sans mettre de passoire…

– Je me fais chauffer de l’eau, j’oublie, je refais chauffer de l’eau, je verse l’eau dans la tasse, j’oublie de boire mon thé, je le réchauffe au micro-ondes, mais ça ne goûte rien… j’ai oublié de mettre le sachet de thé…

– Je ne sais JAMAIS quel jour on est.

– Quand je ne me rappelle plus des mots, j’en invente des nouveaux : je manque « d’attentivité »!

– L’autre jour, au travail, j’ai remercié l’imprimante pour la feuille qu’elle venait de me donner…

Ça donne de grands moments de solitude et de beaux fous rires! Heureusement, mes enfants sont très compréhensifs et patients.

Et vous? Avez-vous des cerveaux branchés ou plein d’anecdotes à nous raconter?

Fermer la shop (ou la manufacture à bébés)

Il y a quelques années, couchée sur une civière, je m’apprêtai

Il y a quelques années, couchée sur une civière, je m’apprêtais à entrer en salle d’opération. Je devais subir une chirurgie pour un « problème de madame ». Quelques jours avant l’opération, mon entourage m’avait suggéré d’en profiter pour faire d’une pierre, deux coups, et de me faire ligaturer.

J’avoue qu’à ce moment-là, ça me semblait être l’idée du siècle (quoiqu’à bien y penser, ce n’était clairement pas de leurs affaires!) Je sortais d’une relation de dix ans, mon ex me faisait de la misère, je n’étais pas heureuse sur le plan professionnel, je n’étais avec mon chum que depuis quelques mois. J’étais déjà mère de trois magnifiques enfants et mon chum, papa d’une belle cocotte. La décision me semblait évidente. Je pourrais enfin dire adieu aux pilules contraceptives et avoir l’esprit tranquille : Yes!

En plus, on ne vit tellement pas dans une société qui facilite la vie aux familles nombreuses. Juste de trouver une voiture quand on a quatre enfants, c’est la galère! On oublie d’emblée les voitures économiques ou les petits modèles sport. Et je ne vous parle pas des maisons! Déjà pas évident d’en trouver une avec quatre ou cinq chambres, imaginez six! Et les nuits blanches, les couches, le manque de liberté, les garderies, le surplus de poids, les hémorroïdes, les vergetures (en avais-je vraiment besoin de plus?), etc. Non! Décidément, c’était LE bon choix… LE choix intelligent!

Pourtant, quand le médecin s’est approché pour me demander si je voulais une ligature en agrafant (réversible) ou en cautérisant et en coupant les trompes (irréversible), j’ai hésité. Sans le savoir, c’était une question piège! En répondant que je voulais des agrafes, mon gynécologue en déduirait que je n’étais pas sûre de mon choix. Sinon, pourquoi voudrais-je une ligature réversible? Couchée, dans ce petit couloir froid, vêtue d’une simple jaquette et d’un bonnet bleu, je me suis sentie ridicule et j’ai croulé sous la pression. Ce n’était pas le moment de changer d’idée, plus maintenant! Alors en quinze secondes, j’ai dû prendre l’une des plus grandes décisions de ma vie et j’ai opté pour la solution permanente : finies, les grosses bedaines pleines de vie!

Quelques années plus tard, en voyant passer une publicité de Pampers à la télé, je pleure cette décision. Je regrette d’avoir écouté ma tête (et surtout les autres), d’avoir voulu être rationnelle. C’est vrai qu’à ce moment-là, ce n’était pas le temps de songer à agrandir la famille. Mais aujourd’hui, alors que je suis avec l’homme de ma vie, que j’envisage de travailler de la maison et que l’avenir me semble prometteur, cet enfant, j’en rêve! J’en rêve littéralement, au moins une fois par semaine. Je rêve que j’annonce une grossesse à mon amoureux, que je porte un bébé en moi, que je suis enceinte de jumeaux, qu’on tente de me prendre mes bébés, que je prends conscience que je ne peux plus en avoir et que je crie de douleur, de panique… Pas besoin d’un livre sur l’interprétation des rêves pour en comprendre le sens : mon deuil n’est pas fait!

Je sais, je sais : quatre enfants, c’est déjà beaucoup! Des bébés, ça grandit et ça coûte cher, ça brime ta liberté et c’est demandant! Ça exige de l’organisation, ça t’empêche de dormir la nuit, ça fait des coliques, ça complique les choses quand tu voyages, ça régurgite sur ton chandail préféré, ça vide le bol de manger de chat sur le plancher, etc. À entendre le monde, on croirait que les enfants sont des petites grenades qui détruisent tout sur leur passage.

Pourtant, mes enfants, c’est ce que j’ai fait de plus beau, c’est ma plus grande fierté. Il n’y a pas un jour où je regrette ces trois merveilles, même si à l’époque, on me répétait que trois, c’était beaucoup, trop même! « Les forfaits familiaux, c’est deux adultes, deux enfants », qu’on me disait. Pourquoi se compliquer la vie et sortir de ce beau modèle préfabriqué, hein?

Pourquoi? Peut-être parce que mes valeurs sont différentes de celles de la société! Peut-être parce que mon instinct me dit que ce n’est pas fini pour moi. Peut-être parce que je trouve qu’il n’y a rien de plus enrichissant qu’une grande famille qui s’aime, qui partage, qui s’entraide et qui se chicane parfois. Peut-être parce que moi, les 5 à 7 entre copines et les sorties ciné, ce n’est pas ma priorité. Peut-être parce que pour moi, une soirée idéale, c’est d’avoir toute ma marmaille collée sur le divan à écouter un film de Disney. Peut-être parce qu’être maman, c’est ce que je fais de mieux. Peut-être parce que pour moi, le fait que les forfaits famille ce soit « deux adultes et deux enfants », ce n’est pas une raison valable de ne pas écouter son cœur.

Est-ce que je vais réhypothéquer ma maison et me rendre dans une clinique de fertilité pour débuter des démarches de fécondation in vitro? Probablement pas. Est-ce que je ferai mon deuil de la maternité? Pas maintenant! Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve, mais en attendant, si ma tête a réussi à se convaincre que la maternité est chose du passé, mon cœur, lui, n’en est pas là.

Stéphanie Nesteruk

 

Hommage aux conjoints et aux papas

Je n’ai jamais aimé les sports d’équipe. J’ai toujours préf

Je n’ai jamais aimé les sports d’équipe. J’ai toujours préféré les sports individuels où tu ne peux compter que sur toi pour réussir ou échouer. J’ai toujours trouvé ça plus simple et plus sûr. Jusqu’au jour où ma fille est née, puis mon premier garçon, puis mon deuxième. Ma vie tout entière est alors devenue un sport d’équipe.

Depuis, j’adore les sports d’équipe. Vous savez, lorsque vous criez : « Je fais un temps d’arrêt sur le banc, back-moi! » et que vous savez que l’autre assurera. Ou lorsque l’envie soudaine de jouer plus physique vous prend, mais que l’autre prend le relai avant que l’arbitre ne siffle et vous donne une pénalité que vous regretteriez amèrement. Lorsque vous êtes en désaccord avec la situation, que vous avez une envie incontrôlable de vous plaindre et que votre coéquipier vous comprend et vous appuie complètement et sans jugement. Lorsque vous êtes épuisée moralement et physiquement, que vous êtes sur le point de déclarer forfait, et que votre partner vous tape dans le dos, vous lance une tite phrase qui fait toute la différence, un sourire, une blague, une main dans les cheveux, un gros câlin. Tout à coup, l’énergie revient. Alors, vous savez que vous y arriverez.

Oui, j’adore maintenant les sports d’équipe. Même si parfois, j’ai l’impression d’être moins souvent sur le banc que lui pour pouvoir reprendre des forces. Même si quand il prend le relai, il y a parfois une petite voix dans ma tête qui me dit : « J’aurais fait ça autrement! » ou « Zut! Il pourrait oublier ça! » Oui, il y a encore mes vieilles habitudes de sportive individuelle qui remontent parfois lorsque l’anxiété me prend à l’idée qu’il ait omis une passe ou une stratégie ou qu’il ne prenne pas la décision que j’aurais prise.

Non seulement j’aime les sports d’équipe, mais je ne pourrais plus m’en passer. Après une partie qui s’est mal déroulée, lorsque je ressens l’urgent besoin de ventiler et qu’il m’écoute même si je devine qu’il préférerait mettre ce match derrière lui et passer à autre chose. Lorsque je me défoule sur lui, que je me fâche parce que je suis épuisée, parce que je me sens à bout de cet entraînement jour après jour et de ces joutes qui recommencent chaque fois. Lorsque je m’emporte parce que tous mes efforts semblent vains et qu’il me pardonne, qu’il m’aime quand même, malgré tout.

Parce qu’en plein match ou hors-jeu, on a du fun, on rit, on déconne. Même après toutes ces années à faire équipe avec lui, même si on connaît par cœur toutes nos petites manies, nos failles, qu’on se tape sur les nerfs par moments, que certains jours, on se sent dépassés par le stress, les obligations, le bruit, la fatigue, il est toujours là et je sais qu’il le sera toujours. Il ne nous lâchera pas. Pouvoir compter sur l’autre, m’y reposer (lorsqu’on arrive à lâcher prise), c’est une découverte merveilleuse dont je ne me passerais plus.

À tous les coéquipiers : merci d’être forts à nos côtés. Vous êtes des conjoints et des papas formidables! Vous faites de nous de meilleures mamans.

Karine Delorme