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Langue de vipère

 Vipère : nom féminin 

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 Vipère : nom féminin 

  • Serpent venimeux, vivipare, des régions chaudes et tempérées froides.
  • Personne malfaisante ou médisante. 

C’est toi. Peut-être toi aussi. Le monde est rempli de vipères. Des langues blessantes et méprisantes, il y en a plein. 

Et il y a toi, MA vipère, celle qui me blesse à chaque rencontre. Toi, qui déclares mes faiblesses haut et fort, comme si tout le monde devait savoir que j’ai des défauts (tout le monde en a). Toi qui parles dans mon dos, en te moquant de mes travers. Tu jettes ton venin à qui veut l’entendre. Tu paralyses tes proies par tes mots qui frappent, racontant la vie de tout un chacun. Tu enroules ton corps autour des jambes de ceux qui veulent bien t’écouter pour mieux les faire tomber à leur tour. Dès qu’on a le dos tourné, tu attaques, tu craches ton fiel toxique. Personne n’est à l’abri de ta méchanceté, de ta langue de vipère, même ceux que tu aimes. 

Tu es malheureuse, je le sais bien. Je le vois dans tes yeux malicieux, dans tes rides de tristesse. Tu essaies de le cacher, mais tes épaules voûtées te trahissent. Malgré tout, je ne peux plus l’accepter.

Sache qu’à partir de maintenant, entre nous deux, ce sera différent. Je t’ai identifiée, chère vipère. Je me méfie de toi. J’ai même trouvé l’antidote à ton venin : la confiance en moi. Je sais désormais qui je suis et ce que je vaux. À partir d’aujourd’hui, tes mots ne seront plus que des tentatives ratées de morsures. Tu pourras raconter ce que tu veux à qui tu voudras, les gens qui m’aiment connaissent ma valeur. Je n’ai plus peur de te rencontrer.

Peut-être que tu devrais tenter la bienveillance toi aussi. Tu te sentirais beaucoup mieux. La gentillesse et l’honnêteté font sourire de façon sincère. Ça vaut tout l’or du monde, ça rend le cœur léger.   

Comme le dit Mahomet : « La vraie richesse d’un homme en ce monde se mesure au bien qu’il a fait autour de lui. »

Alors, je te laisse méditer là-dessus.

Nancy Pedneault  

Garde ta langue pour toi!

J’ai grandi dans un village où tout le monde était francophone.

J’ai grandi dans un village où tout le monde était francophone. L’homogénéité linguistique. Dans le temps, on commençait à apprendre l’anglais en quatrième année. Pas beaucoup de chance de ne pas avoir d’accent dans sa langue seconde. Et pourtant, j’ai appris mon bilinguisme. J’ai voyagé. J’ai travaillé et je travaille encore autant en français qu’en anglais.

Pendant six ans, j’ai habité et enseigné en Alberta. Mes deux filles ont grandi là-bas, dans une maison francophone. Dans une ville anglophone. Dans une province anglophone. Dans un pays anglop… non, bilingue. Officiellement, du moins.

Dans cette belle province de l’ouest, la francophonie avait sa place. Les francophiles étaient nombreux. Mes filles allaient dans une garderie francophone. Dans une prématernelle francophone. Dans une école primaire francophone. Quand on est revenus vivre au Québec, une nouvelle école secondaire francophone (pas une école d’immersion… nenon, une école où TOUT se déroule en français) ouvrait ses portes pour accueillir les jeunes ayant droit, c’est-à-dire des élèves qui ont le droit légal d’être éduqués en français dans le système scolaire.

Je vous le dis, pour plusieurs familles, le statut d’ayant droit est toute une lutte, à recommencer chaque année. Même histoire pour les ayant droit anglophones du Québec. La fragilité de la minorité ne discrimine pas en fonction de la langue.

Jamais, pendant notre vie en Alberta, on ne s’est sentis non accueillis, rejetés, écrasés. On avait notre place, on était un atout pour la province et dans notre milieu de vie, et notre milieu de vie était un atout pour chacun de nous. On faisait autant partie de l’anglophonie que de la communauté francophone. D’ailleurs, quand je voyage dans les autres provinces, c’est la même chose : le français a sa place!

Depuis 2012, nous habitons à Gatineau. À cinq minutes de l’Ontario. La moitié de mes collègues habite en Ontario. La moitié de mes collègues est franco-ontarienne, l’autre moitié est francophile. Mes enfants continuent leur parcours dans le système scolaire francophone. Et ils deviennent bilingues au fil de leurs efforts, de leur vie sociale et des vidéos qu’ils regardent sur YouTube. C’est parfait ainsi. Les deux langues leur ouvrent des portes et leur donnent accès à des produits culturels diversifiés. Ils sont riches de cette double langue, de cette double culture.

La semaine dernière, le parti conservateur de l’Ontario a voté pour le projet de loi 57, qui sabre dans les services en français, et ce, malgré l’opposition des autres partis et des associations francophones de tout le pays. Je vous rassure, la résistance s’organise, entre autres chez les artistes (voyez la vidéo « Personne ne m’arrêtera », qui regroupe la Franco-Ontarienne Mélissa Ouimet et plusieurs autres Franco-Canadiens). Les politiciens, les associations, les fédérations de parents francophones, les citoyens se regroupent et font entendre leur voix pour faire respecter leur identité.

Pourquoi? Parce que cette loi appauvrit la société. Parce qu’elle nuit aux familles qui devront encore plus se battre pour vivre dans leur langue. Parce qu’elle vole aux individus et aux collectivités à la fois la liberté de parler et d’apprendre dans la langue officielle de leur choix, mais aussi la diversité linguistique et culturelle si précieuse. Cette diversité qui crée des liens entre les neurones, entre les gens et entre les générations.

Je sais bien que pour la plupart des lecteurs de Ma Famille Mon Chaos, l’Ontario, c’est loin. Mais je sais aussi que tous nos lecteurs ont une langue (ou plus!), une culture (ou plus!), un cœur. Uni pour la francophonie.

Nathalie Courcy