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Quand un moment ordinaire devient extraordinaire…

Il y a plusieurs années, j’étais serveuse dans un resto du boulevard Re

Il y a plusieurs années, j’étais serveuse dans un resto du boulevard René-Lévesque. J’avais une clientèle régulière, dont un homme qui m’a marquée à jamais! Je lui servais un déjeuner bien simple, une ou deux fois par semaine. Pourtant, il a pris le temps de rédiger une lettre à l’intention de ma gérante afin de souligner mon excellent service et ma gentillesse… J’en ai pleuré de joie ! Servir un déjeuner m’apparaissait un geste si banal. 

Depuis, il m’est arrivé de faire la même chose que lui à plusieurs reprises. Souligner les bons coups, aussi banals qu’ils puissent paraître. Un chauffeur d’autobus bienveillant, une coiffeuse talentueuse et sympathique, une caissière dévouée et avenante…

Aujourd’hui, j’apprends le décès d’un homme qui découpait les coupons au cinéma près de chez moi. Vous savez, cette personne qui vous indique quel côté prendre pour rejoindre votre salle ?

Il a rendu ce geste anodin absolument incroyable ! Ces quelques secondes passées à ses côtés m’ont toujours paru magiques, un peu comme si, chaque fois, je croisais le père Noël ! Je vous assure que j’exagère à peine…

Je regrette de n’avoir jamais souligné son travail exceptionnel. J’aurais aimé que son patron le surprenne en lui présentant quelques bons mots laissés par une cliente.

Je ne l’ai pas fait.

En ta mémoire, Jacques (j’ai appris ton nom ce matin😉), je vais m’assurer de souligner les bons coups des gens que je croiserai sans aucune hésitation, sans trouver d’excuse. 

Je vais le faire. Et toi ? Le feras-tu ?

Rayonne à travers les nuages, désormais, cher marchand de bonheur…

Karine Lamarche

Merci, encore !

Quand l’Action de grâce est arrivée au Québec cette année, je

Quand l’Action de grâce est arrivée au Québec cette année, je n’avais pas le goût de fêter. Dans ma famille, cette journée n’a jamais été une tradition… traditionnelle. Pas de dinde qui prend 24 heures à dégeler, pas de repas de parenté dont on ressort avec une bedaine de père Noël tellement on a mangé… La fin de semaine de l’Action de grâce américaine a suivi. La fameuse Thanksgiving U.S.  Et là, je me suis dit quil y avait tout de mêle quelque chose à retenir de ces fêtes, au-delà du côté commercial et de la pression de pondre l’assiette instagrammable la plus impressionnante.

J’ai donc décidé de transmettre l’essence de ces jours fériés à mes enfants, et de créer notre propre rituel. Qu’on applique toute lannée.

Jai proposé à mes enfants de partager un merci par personne pendant le souper. C’est à la mode, la gratitude, et ça fait du bien à l’âme !

Moi-même, j’écris presque chaque jour trois gratitudes dans un cahier que je réserve pour cette activité. Chaque jour, trois mercis que j’envoie dans l’univers, et qui ne doivent jamais se répéter. Au début, c’est facile ! Merci à ma famille, à mes amis ; merci pour mon travail, pour l’air que je respire ; merci pour la santé, pour les câlins de mes enfants…

Après un bout, ça prend un peu plus d’imagination et de réflexion. Merci d’avoir des fenêtres dans ma maison pour faire entrer la lumière. Merci à la caissière à l’épicerie pour son sourire quand j’avais besoin d’un petit remontant. Merci à moi-même d’avoir osé prendre des décisions courageuses. Merci à mes chaussures qui me tiennent au chaud…

Disons que trois gratitudes par enfant, multipliées par quatre, plus moi… on ne s’en sortirait pas ! Alors j’ai proposé une gratitude par personne. Et ils ont embarqué !

Résultat ? Les enfants réclament le temps des gratitudes dès 7 h le matin ! Plusieurs fois par jour ! Lèvent la main à l’heure des repas : « Maman ! C’est mon tour ! J’ai un huitième merci ! » Et dire que parfois, on a l’impression que les enfants ne seront reconnaissants que quand ils seront parents à leur tour.

On a droit à des mercis très touchants (Merci de nous avoir donné la vie, on est choyés d’être nés dans notre famille ! Merci d’avoir pris soin de mon petit frère quand il était malade, ça nous a tous réconfortés…) On en entend aussi de toutes les couleurs : merci aux zombies de ne pas m’avoir dévorée aujourd’hui, ça me permet de rester en vie et de manger des macaronis ! Merci parce que. Pas plus compliqué que ça. Merci à mon ami d’avoir invité mes amis pour que je puisse jouer avec mes amis. Merci de nous encourager à dire nos mercis !

Des fois, ils choisissent la facilité : merci maman pour le bon repas ! Mais déjà, je trouve ça beau qu’ils prennent conscience de l’effort qu’il y a derrière leurs assiettes remplies de couleurs et de vitamines. Ça les encourage même à m’aider à préparer les repas et à laver la vaisselle, parce que tout à coup, ils se rendent compte que ça ne se fait pas tout seul ! Et moi, ça me donne le goût de leur dire merci. Merci de m’aider ! Merci de dire merci !

Ça vous tente, comme tradition ? Ça ne coûte rien, ça tient les petites bouches occupées à l’heure du souper (lire : ça limite les chicanes !) et en plus, les mercis, ça fait des petits ! Alors je vous invite à ajouter le mot « encore » à vos remerciements. Merci, encore : vous inviterez ainsi encore plus de beau et de bon dans votre existence!

 

Nathalie Courcy