Crise d’identité d’une mère au foyer

J’ai trente-sept ans, bientôt trente-huit. Je suis mère de deux ados. Jusqu’à tout récemment, j’étais mère au foyer, car j’avais tenté de concilier travail-famille lorsque mes enfants étaient plus jeunes et je n’y arrivais pas (lire ici que je suis retournée au travail lorsqu’ils étaient plus jeunes, mais que j’ai souvent démissionné).


Il y a deux ans, j’ai passé par un genre de crise d’identité, existentielle, nommez-la comme vous voulez, mais je ne savais plus quoi faire de ma vie, qui j’étais vraiment, et quel tournant allait prendre celle-ci. J’ai même entrepris des démarches pour retrouver mon père biologique, mais ça, c’est une autre histoire…

Mes fils avaient douze et treize ans, je les sentais bien « groundés » et surtout très autonomes, plus besoin de maman sauf pour les (quelques) repas et le lavage… Ils entraient dans une ère plus masculine, donc ils avaient besoin de la présence de leur père, avec les hormones et les changements qui viennent avec.

Alors moi, la mère, celle qui s’occupait toujours de ses petits, je me retrouvais à tourner en rond à la maison, à ne plus trop savoir quoi faire, outre les repas et le ménage… Pis je trouvais ça vraiment plate!

Un beau jour, probablement alors que je regardais la télé en plein jour, car tout était fait dans la maison, je me suis dit: « Mais qu’est-ce que je fais? Est-ce que je continue à laisser ma vie passer devant moi comme ça ou bien je me bouge? Est-ce que je veux ressembler à ma mère, qui elle est bien heureuse de ne rien faire de ses journées ou presque? Est-ce que je peux veux faire quelque chose d’autre que seulement voir mes ados grandir et puis éventuellement, quitter le nid familial? » Alors, j’ai mis deux options devant moi;

Soit on se faisait un numéro trois
(ben oui quoi! Pour moi avoir un autre être à s’occuper s’imposait naturellement!)
Ou bien
Soit je retournais sur le marché du travail.

Évidemment, il fallait que mon homme soit de la partie pour l’enfant numéro trois, alors je lui en ai parlé. J’ai eu droit à un gros « No way ! » de sa part, et pour me le prouver à quel point il était sérieux, il est allé se faire faire la grande opération dans les semaines qui ont suivies!

Faque le choix était devenu plus évident.

Ah oui ? Vraiment ?

Euh, nenon! Avant et pendant les enfants, j’avais une expérience de travail de secrétaire. Mon bagage scolaire est dans les arts… et je n’avais plus du tout envie de retourner bosser dans un bureau où l’on fait le tour de la job en un an, puis après ça devient une routine trop ennuyeuse pour une mère étant habituée à faire ses propres horaires chez elle, habituée à être son propre patron dans sa cuisine… Bref, qui avait été boss de son domaine pendant x années. Mais pour être certaine que c’est ce que je ne voulais plus faire, je suis quand même retournée dans un bureau juste pour voir si je ne me trompais pas.

Tsé, d’un coup que j’avais juste besoin de sortir de chez moi de 9h à 5h! Puis d’avoir une tite paye bien ronde et intéressante… Bref, quelque chose de safe!

Par chance, c’était un emploi temporaire de quelques (longs) mois, c’était infernal… Suite à cela, j’ai décidé de lancer mon propre commerce. J’avais zéro argent de côté ou à investir, beaucoup d’espoir et de motivation et je savais que j’allais délaisser ma famille pendant un certain temps, que ça demanderait un temps fou à mettre sur pieds, que ce ne serait ni safe, ni payant, mais je me suis lancée quand même, car c’était devenu ma seule et unique option dans ma tête.


Aujourd’hui, ça ne fait qu’un an et six mois que j’ai entrepris et réalisé ce projet. Et bien que les horaires ne soient pas toujours faciles (il s’agit d’une petite pâtisserie en pleine expansion déjà!), bien que je sois beaucoup moins à la maison et que ce ne soit pas du tout payant, je ne changerais pour rien au monde de métier, car il me permet de me réaliser sur un niveau autre que celui de la petite mère au foyer qui, un jour, en avait assez de s’occuper que des siens…



Commentaires