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Être la fille d’un policier

Depuis toute petite, j’admirais mon père pour ce qu’il était e

Depuis toute petite, j’admirais mon père pour ce qu’il était et ce qu’il faisait et encore aujourd’hui, j’éprouve pour lui un grand respect! Je me souviens à quel point j’étais émerveillée et que mes yeux s’illuminaient chaque fois qu’il nous rendait visite avec son auto-patrouille. Aux yeux d’un enfant, c’est tellement impressionnant, un papa qui combat les méchants!

Mon père, pour moi, c’était le plus fort de tous. Il était policier, mais à l’époque, je ne comprenais pas ce que cela impliquait, bien entendu. C’est en vieillissant que j’ai compris.

J’ai compris à quel point il a travaillé fort et difficilement tout au long de ces années de service pour la police à combattre constamment le regard négatif qu’ont les gens envers ce corps de métier. Je le sais parce que ça me blessait! Chaque fois que je rencontrais quelqu’un qui narguait les policiers, les traitait de trous de cul, de chiens sales, de mangeux de beignes et j’en passe… toutes ces fois, ça me blessait profondément!

Ça me blessait parce que moi je sais, papa, à quel point c’était difficile pour toi de ne pas nous voir aussi souvent que tu le désirais. Je le sais parce que tu as passé une partie de ta vie à travailler sur des quarts de travail pas possibles et à faire des heures supplémentaires pour subvenir au besoin de ta famille. Je sais aussi que tu as perdu huit de tes collègues policiers qui se sont enlevé la vie et que Dieu seul comprend pourquoi…

Je sais aussi que tu as vu des choses que personne n’oserait voir, dire ou faire… T’sais, annoncer à un autre parent que son enfant est décédé quand on est père soi-même, ça fesse! À l’époque, je sais aussi que ça jouait plus dur : la santé mentale n’était pas un sujet d’actualité, mais plutôt évité.

Aujourd’hui, je réalise que chaque jour, tu risquais ta vie pour aider autrui, que ce soit dans une bagarre qui dégénère, pour attendre tes résultats d’analyse parce qu’un porteur de VIH t’avait craché au visage… Confronter chaque jour l’inconnu et ne pas connaître le déroulement des événements… Je me demande toujours si ces gens qui ont autant de haine envers la police échangeraient leur place pendant un moment.

Toutes ces années, jamais tu ne nous as fait ressentir la détresse, la peine ni la peur qui auraient pu t’habiter. Au contraire, tu revenais du travail avec le sourire et en nous donnant tout l’amour dont nous avions besoin! Tu aurais donné la lune pour tes enfants! Malgré toutes ces épreuves, tu es demeuré un père aimant et démonstratif.

À mon tour maman, je peux te dire que je comprends à quel point tu voulais me protéger de ce monde rempli de méchanceté et de bas fonds. T’sais, virer mal, ça peut aller vite. Même dans mes moments les plus difficiles, tu as su avoir les bons mots, me soutenir sans jugement et m’encourager à surmonter les obstacles. Papa, merci pour toutes ces années de loyauté à servir notre communauté et à garder la tête haute! Tu es mon idole, papa! Je t’aime et je me battrai toujours pour gagner le respect des autres pour tous les papas et mamans de ce monde qui, comme toi, sont policiers! Aujourd’hui, je peux être fière d’être la fille d’un policier. 🙂

 

Ces femmes

On connaît tous une femme qui en arrache. Pour qui la vie a été,

On connaît tous une femme qui en arrache. Pour qui la vie a été, depuis toujours, une lutte sans fin. Ces femmes, mon métier m’amène à les côtoyer. De loin. J’enseigne à leurs enfants; souvent, ils sont anxieux.

 

Ces femmes, on les imagine, à l’aube de leur vie, se contentant de presque rien…

 

Elles sont des adolescentes fragiles à l’influence des gens qu’elles croisent.

Vient un jour où elles tombent amoureuses. Curieusement, elles choisissent (ou sont choisies) par des hommes manipulateurs et parfois violents.

Vient un jour où elles se libèrent, de leur mieux, où elles choisissent (et cette fois, c’est bien vrai) de repartir à zéro.

Pour certaines d’entre elles, ce sera en fugitives. Elles quitteront leur environnement, leurs amis, leur emploi (celles pour qui il était permis d’en avoir un).

 

Ce sera un nouveau départ

 

Ces femmes, je les trouve si fortes, capables de se priver pour tout offrir à leurs petits. Prêtes à accepter un horaire et un salaire presque indécent pour subvenir aux besoins de leur marmaille.

 

Ces femmes, souvent, on les juge

 

Et si on tentait d’aller plus loin? De percevoir la souffrance plutôt que la négligence dans leur façon de prendre soin de leurs enfants? Elles sont seules pour chaque étape de la vie d’une mère…

 

Et si on se mettait à leur place, un instant ?

 

Hier, j’ai croisé une de ces femmes. Elle ne le sait pas, mais je l’ai regardée avec beaucoup d’admiration.

 

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