Archives janvier 2017

Des idées pour s’amuser à la maison

Les nombreux redoux de nos hivers nous forcent parfois à rester à

Les nombreux redoux de nos hivers nous forcent parfois à rester à l’intérieur (du moins en Montérégie!). Alors, voici quelques idées pour occuper toute la famille.

La pluie vous empêche de jouer dans la neige? Qu’à cela ne tienne! Ramassez les vieilles circulaires, les bas orphelins, des éponges… bref tout ce qui est léger, et faites-en des boules de neige pour l’intérieur. Divisez le salon ou le sous-sol en deux, faites deux équipes et go! BATAILLE DE BOULES DE NEIGE. Au bout de trois minutes, comptez le nombre de boules de neige dans votre territoire. L’équipe qui en a le moins est la gagnante. Plaisir assuré, tant pour les petits que les grands!

SOIRÉE ZEN. Allumez des bougies partout dans la maison, faites-vous des massages et des pommades maison (internet regorge de recettes). Faites-vous de la vapeur dans la salle de bain, sans oublier de faire jouer de la musique de spa pour créer une ambiance des plus relaxante. Dodo à poings fermés pour toute la famille!

Faites le tour de vos vieilles et récentes photographies qui s’accumulent dans vos ordinateurs et cellulaires, puis faites développer vos clichés préférés à la pharmacie ou imprimez-les vous-mêmes. Ensuite, payez-vous une petite virée au Dollarama pour vous gréer d’articles de bricolages de tout genre. Vous êtes maintenant prêt pour un après‑midi SCRAPBOOKING en vous remémorant de beaux souvenirs. Pourquoi ne pas récupérer aussi les vieilles photos de papa et maman alors qu’ils étaient enfants?

Dans la même optique, tout BRICOLAGE à partir de modèles existants (Pinterest en déborde) ou au gré de votre imagination constitue une excellente occasion de discuter de tout et de rien de façon décontractée avec vos petits et vos grands. Qui sait si votre ado ne vous fera pas une ou deux confidences au passage?

Chacun se planifie des jeux d’habileté du genre : étendre des vêtements avec des mitaines de four, souffler dans une paille pour faire avancer une pâte alimentaire, faire tomber une pyramide de canettes avec une balle les yeux bandés…, et faites une journée TOMBOLA. (Encore ici, vous trouverez une multitude d’idées sur internet.) À vous de voir si les gagnants sont dispensés de la vaisselle!

Laissez-vous « ORGANISER » PAR VOS ENFANTS. Annoncez-leur la veille que le lendemain, ce sont eux qui décideront des activités, repas et jeux de la journée. Une seule règle : aucune dépense d’argent ne doit être faite! Bien sûr, vous pouvez ajouter les règles que vous jugez importantes. Vous risquez d’être agréablement surpris de leur maturité.

SILENCE, ON TOURNE! Montez un petit sketch cocasse dans le genre de l’émission Lol 😉 ou faites une parodie d’une publicité. Activez votre caméra sur votre téléphone cellulaire ou utilisez celle que vous avez rangée dans le fond d’une garde-robe et filmez-vous. Bien entendu, on termine la journée par le visionnement de ces chefs-d’œuvre!

Et si papa mettait ses outils à la disposition des enfants le temps d’un après-midi? Sur internet, trouvez un modèle de cabane d’oiseau ou de coffre à bijoux (ou à secrets) et fabriquez-le ensemble. Attention aux petits doigts et aux langues sorties parce qu’on est trop concentré! Fierté garantie même si le résultat n’est pas parfait.

Besoin de BOUGER? You Tube regorge de vidéo de Zumba, d’entraînement et de yoga de tous genres. Pourquoi ne pas se monter différents parcours physiques au sous-sol et se lancer des défis? Sortez vos vêtements d’exercices et bougez!

En terminant, je vous laisse quelques liens internet qui pourraient vous aider dans la planification de vos activités.

Amusez-vous bien!

Isabelle Lord

Ressources Parents

Soutien familial

Pour la tombola : http://www.fete-kermesse.fr/jeux-de-kermesse.php

Pour les bricolages et une multitude d’idées : https://fr.pinterest.com/

L’émission Lol 😉 http://tva.canoe.ca/emissions/lol/

Pour la cabane d’oiseau : https://youtu.be/sYFBPZuM8wY

Pour une petite séance de Zumba : https://youtu.be/tIHSkm_LC8s

Pour du yoga : https://youtu.be/cM6opeQN9H0

Un lien vers une vieille émission « Enfanforme » : https://youtu.be/2sUGVDeNePc

 

Ma ville

J’aurais pu naître à Paris, Séoul, New York ou Alep. Je suis n

J’aurais pu naître à Paris, Séoul, New York ou Alep. Je suis née à Québec. J’ai mal à ma planète, peu importe d’où j’aurais pu écrire ce texte.

Ce matin, j’ai mal à ma ville, je suis en mal de tolérance. Que nous parlions religion ou autres divisions culturelles, j’ai mal à tout ce qui ne transmet pas l’essentiel : l’Amour !

L’amour est universel, quelles que soient notre langue, notre culture. C’est tout ce qui vaut, de notre naissance à notre mort. Bien avant et bien au-delà.

Québec, ma ville de lumières, ce havre où l’on revient toujours. Ville de diversité, tolérante, curieuse des autres, quels que soient notre côté du fleuve, notre provenance.

Québec, ma ville festive, sécuritaire, accueillante. Québec fortifiée au propre comme au figuré. Je suis fière depuis toujours de parler de toi.  Ville ambassadrice de paix, je ne cesserai pas.

Certes, des âmes en mal d’amour ont cassé quelque chose en toi. À toi, belle ville. de panser la plaie avec amour, seulement de l’amour dans tout.

Je ne vis pas dans un monde d’illusions. Je vis dans un monde où, de toute évidence, la violence n’a donné que de piètres résultats.

Québec, rends-moi encore fière de faire partie de cette communauté colorée diversifiée, de marcher dans tes rues l’esprit en paix.

Québec, rends-moi fière en étant celle qui répondra à la violence différemment. Dans ta façon si unique d’être toi, réponds dans la lumière.

Québec, sois toujours cette ville où mes enfants, petits-enfants, amis, citoyens de toutes allégeances vivront en sécurité. En bref, imagine all the people, living life in peace…

Québec je t’aime, je suis Québec !

Marie-Josée Gauthier

 

J’ai mon voyage

Lorsque la famille s’agrandit, on devient souvent plus réticent

Lorsque la famille s’agrandit, on devient souvent plus réticent à partir en voyage. On a peur de sortir notre progéniture de sa zone de confort et de casser sa routine. Certains oseront quand même s’offrir une semaine en tout inclus chaque année, car quel enfant n’aime pas la plage? Et puis, ces complexes hôteliers offrent un standard de confort qui rassure les parents, même les plus protecteurs.

Pour ma part, le fait de devenir maman n’a jamais étouffé ma soif de voyages et de dépaysements. Au contraire, en devenant maman, j’ai eu envie de montrer le monde tel que je le voyais et tel que je le concevais à mes enfants. J’ai eu envie de leur faire voir toutes ses beautés, son immensité et sa diversité. Dès leur plus jeune âge, je leur ai offert cette ouverture sur le monde afin de faire d’eux des êtres curieux de tout, débrouillards et aventureux. Car j’ai toujours pensé que développer leur capacité d’adaptation était plus important que de les plier à une routine dans le confort de notre foyer. Après tout, il est facile de rendre un enfant confiant dans le confort de son environnement… Mais n’est-il pas plus utile de le faire se sentir en sécurité dans un contexte dépaysant? La vraie vie n’est-elle pas faite d’aléas, de surprises et d’imprévus auxquels nous devons faire face perpétuellement? Je ne sais pas pour vous, mais la mienne est pleine de rebondissements et ne me laisse pas le temps de m’ennuyer. 😉

C’est pourquoi, à tout juste un an, ma fille cumulait déjà pas mal de kilomètres au compteur et aurait pu être la version rousse de Dora l’exploratrice tellement nos voyages étaient de véritables expéditions, riches en aventures et en découvertes.

Oui, je vous l’avoue, ces voyages ne sont pas des vacances pour les parents! Mais je vous assure que la logistique de prédépart est moins exigeante que vous pourriez le penser. Et la gestion sur le terrain n’est pas si périlleuse. Je vous dirais même que le plus pénible, c’est le retour! Pas facile de reprendre nos habitudes quand on a gouté aux plaisirs de l’improvisation…

Bref, j’ai fait de ce genre de voyages mon mode de vie et c’est ce mode de vie que je partageais avec mes enfants depuis qu’ils étaient bébés. Jusqu’à ce que le cancer entre dans l’équation…

J’ai alors perdu mes repères. Mon besoin de sécurité s’est accru. Et mon besoin d’évasion tout autant. Je me suis beaucoup questionnée sur ce que serait ma vie désormais. Pendant un temps, j’ai même pensé qu’il vaudrait mieux que je renonce définitivement à ma vie d’avant et que je me replie dans la zone de confort sécuritaire de ma routine quotidienne, à la maison, plutôt que de continuer à parcourir le monde. Pour mes enfants. Pour le mieux. Pour me rassurer qu’en me sédentarisant, j’aurais plus de contrôle sur les « choses » de la vie…

Je me suis donc posée pendant toute la durée des traitements. Et puis, au bout d’une année à vivre mon cancer, j’ai pris le temps de m’arrêter pour regarder en arrière et réaliser à quel point j’avais fait preuve d’adaptation et de créativité dans ma façon de vivre la maladie. J’ai pris conscience que j’avais fait de cette mésaventure, une expérience enrichissante et rassurante pour mes enfants. Que j’avais réussi à réinventer mon quotidien. Et qu’après tout, cette épreuve ne devait pas me faire renoncer à ce que je suis, à mes rêves, à mes valeurs, à mes principes, ni m’imposer des limites qui ne seraient pas celles que je me serais fixées.

Je me suis alors (sur) prise à imaginer ma vie d’après. Je me suis mise à nourrir des rêves avec mes enfants. Des rêves de projets qui, au fil des traitements, sont devenus des projets de rêves. Plus j’avançais dans mon combat contre le cancer, plus je me sentais pousser des ailes dans le dos. Moins mon corps était capable d’en prendre, plus mes ailes se déployaient, et plus je repoussais les limites de l’impossible. J’ai commencé à espérer de nouveau. À y croire encore. Et j’ai continué à me battre pour mes rêves et pour ceux de mes enfants.

C’est alors que pour Noël, j’ai reçu le plus beau des cadeaux de la part de la Fondation Air Canada : des billets d’avion vers un des rêves de ma fille. Celui d’aller au Mexique, le pays des papillons Monarques… Des billets d’avion vers de beaux moments en famille, loin des hôpitaux. Un aller simple pour laisser derrière nous cette année à lutter contre la maladie. Et surtout, une occasion de redéfinir mes limites et de mettre à l’épreuve mes rêves, mes valeurs, mes principes et mes espoirs à travers une exploration hors des sentiers battus au Mexique.

Avec l’aide de la Fondation Village Monde, nous sommes donc partis sur un road trip dans la Sierra Gorda à la découverte d’un tourisme villageois responsable. Un tourisme qui a montré à mes enfants comment on peut défendre ses valeurs, son environnement, sa culture, ses traditions, tout en s’ouvrant sur le monde; comment des petits gestes posés peuvent faire une grande différence; comment matérialiser les notions de recyclage de façon utile et esthétique (des bouteilles de verres ont été intégrées de façon ingénieuse dans la construction des cabanas); comment l’eau est une denrée précieuse et vitale, et qu’il est important de ne pas la gaspiller; comment l’absence d’électricité peut se transformer en une soirée féérique à observer les étoiles; comment allumer un volcan (mot pour désigner un feu de camp dans le lexique de mon fils) afin d’échanger des histoires avec les locaux; etc.

Je pourrais continuer, pendant encore des pages, à vous énumérer les avantages du tourisme durable en famille, mais vous l’aurez compris, ce voyage a surtout été l’occasion de nous retrouver ensemble, de nous réconcilier avec l’« ici et maintenant », et de nous créer des souvenirs indélébiles qui m’aident à ne plus avoir peur de l’avenir… Parce que, finalement, la vie, c’est ce qui se passe lorsqu’on est occupé à faire autre chose.

Et « Si vous pensez (encore) que l’aventure est dangereuse, essayez donc la routine, elle est mortelle! » (Paulo Coelho)

Pour en lire plus sur mon quotidien avec le cancer, visitez www.laviecontinuemalgretout.com

Vanessa Boisset

19 h 30! ALLÉLUIA!

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Mes filles, je les aime d’amour. Cet amour-là, celui non mesurable. Celui qui m’a fait, me fait et me fera soulever des montagnes pour elles. Cet amour d’une puissance non scientifiquement prouvable. Cet amour que l’on comprend seulement lorsque l’on devient parent. Cet amour… bon ok, je crois que vous avez compris.

 

Je les aime, mais parfois le soir, je regarde les minutes s’égrener. Les chiffres de mon terminal changent de façon ridiculement lente. Le besoin viscéral de voir enfin 19 h 30 apparaître devient une obsession. Si la fichue machine était munie d’une trotteuse, elle confirmerait que je lève les yeux toutes les secondes en souhaitant, en priant pour que l’heure J soit enfin inscrite. Mais non, chaque fois, elle me fait le coup, à peine cinq minutes se sont écoulées depuis le dernier check up. Seulement cinq minuscules minutes…

 

Pendant ces cinq minutes interminables, les filles telles de petites diablesses de Tasmanie, couraient sans arrêt autour du divan, ensuite autour de l’ilot et ensuite autour du divan et de l’ilot sans relâche. Elles couraient en criant. Une course digne d’un soir annonciateur d’une tempête de cinquante centimètres de neige.

 

Ces interminables minutes où il y a eu deux face à face, une lèvre fendue, une empreinte de dent dans le front et des pleurs, des hurlements dignes d’une amputation faite à froid.

 

Trop de minutes à gérer les c’est de sa faute! Non c’est de sa faute! NOOOOOOOONNN ! La tienne!!! entrecoupés de sanglots qui sont devenues une interminable lamentation. Une compétition à savoir laquelle des trois ferait le plus pitié. Celle à qui l’Oscar du fakage le plus réaliste serait remis.

 

De longues minutes où je souffre intérieurement un petit peu plus… où j’essaie de contenir mon volcan d’impatience voire d’impuissance. Je me retiens pour ne pas péter une coche solide pour ensuite me rouler en boule recouverte de ma doudou et pleurer.

 

De pénibles minutes où je songe à ce moment d’extase où je pourrai enfin entendre le silence.

 

19 h 30 apparaît enfin!

 

En moins de dix minutes les filles sont couchées… en moins de vingt minutes, tout le monde dort… moi y compris…

 

Mélanie Paradis

 

 

L’absence

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 Je t’attendais. J’ai compté les jours et les nuits et je t’ai cherché partout, comme pleurait Cabrel. Je t’aurais décroché la lune et les étoiles. C’est ce qu’on dit quand on aime. C’est ce qu’on dit quand on souffre.

 

Tu étais de moins en moins là. Dans ta vie. Avec moi. Tu faisais preuve de présence, mais tu ne t’habitais plus. Tes yeux souriaient rarement. Ton visage ne s’éclairait plus comme le soleil. Comme avant. Avant quoi? Je ne sais pas. C’était différent. Tu survivais. Tu ne vivais plus. La mort t’avait trouvé à quelques reprises. Des humains t’avaient sauvé. T’en souviens-tu?

 

Tu t’es mis à travailler. Beaucoup. À t’étourdir. À ne plus penser. À ne plus souffrir. Je souffrais pour nous deux, car toi tu n’en avais pas envie. Moi non plus d’ailleurs. Mais ça me prenait au corps. Ma peau se flétrissait d’anxiété; l’urticaire m’envahissait tout comme de la mauvaise herbe. J’en avais perdu la voix. Je cherchais mon souffle. À bien y penser, je te ressemblais. J’essayais de survivre à la douleur. Au manque de toi. Je me suis faite belle. Et douce. Et rieuse. Puis après, j’ai crié et j’ai pleuré. J’ai même supplié pour que tu restes.

 

Ça n’a pas marché. Tu es parti.

 

Ce trou béant que tu laisses. Non pas derrière, mais en moi. Ce vide que je devrai apprendre à combler. Par moi. Par ce qu’il me reste. J’y arriverai. Mais pas tout de suite. Je me sens trahie et abandonnée. Des blessures de fin du monde. Des blessures de petite fille pas réglées. Elles me font mal à l’âme. Je me sens vulnérable et trop petite. Je me roulerai en boule, je me saoulerai dans mon salon et je te crierai toutes les bêtises du monde. Je rencontrerai peut-être d’autres hommes qui me rassureront un court moment dans la nuit. Je m’étourdirai.

 

Au final, je ferai comme toi.

 

Je t’ai tant aimé. Je t’aime encore. Je t’aime au corps. Je voulais que tu me choisisses. Être la première et la dernière de ta vie. Ce que j’étais, ce que je suis n’aura pas suffi. Je n’ai jamais été une bonne deuxième. Toujours une bonne première, mais pas pour toi. Je t’ai donc laissé partir. J’ai agité le drapeau blanc. J’ai signé la reddition.

 

L’amour fait du bien. L’amour transcende tout. L’amour fait vivre. Un jour, j’y croirai encore.

 

Isabelle Bessette

                                                                           

 

 

 

 

 

L’adulte que tu deviendras

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À l’adulte que tu deviendras

 

Mon amour, sache que je serai fière de toi, que je me réjouirai de tes exploits. Dans mon cœur à moi, tu resteras toujours mon petit bébé. Celui que j’ai bercé des heures durant en lui promettant le meilleur de moi-même. Tu me décevras probablement quelques fois et je chercherai à comprendre ce que j’ai fait d’incorrect. Je te vois si petit et si grand en même temps.

Je t’avoue que j’ai un peu le vertige à penser que dans quelques années à peine, tu voleras de tes propres ailes. Elles se déploieront de toutes leurs forces afin d’affronter une vie d’adulte. Une vie sans doute un peu plus difficile que celle de l’enfant que tu es encore aujourd’hui. Heureusement, j’ai confiance en toi et je t’admire. Depuis tes premiers petits pas, j’ai su que tu serais un garçon tout à fait exceptionnel.

L’inconnu me fait peur bien évidemment, surtout avec tout l’amour que j’éprouve pour toi. J’ai peur pour toi, pour ta vie, dans quelques années. J’ai peur de ces actes barbares qui se produisent à répétition et qui sèment un climat de terreur. Je me sens responsable de t’avoir mis au monde, dans ce monde fou, dans ce monde si beau et si cruel à la fois.

Je te demande de continuer à persévérer dans la vie, de continuer de t’attacher aux valeurs morales si belles et si importantes. Si tous les humains étaient comme toi, nous serions sans doute dans un pays pacifique où plus aucune peur ne nous guetterait. Comme n’importe quel parent, je souhaite que tu trouves le verbe de ta vie. Celui qui te guidera. Celui qui t’aidera à traverser les moments les plus difficiles, car oui, il y en aura. La vie n’est pas sans embûches. Sache que tomber n’est pas grave, l’important est de se relever. Lorsqu’on se relève, on est plus fort.

Évidemment que je te mettrais tout sur un plateau d’argent, mais malheureusement la vie ne fonctionne pas ainsi. Même lorsque tu auras des enfants, tu resteras mon enfant. Un enfant n’a pas d’âge. Un enfant nous permet de connaître un amour si puissant, si irréel. Je te souhaite de vivre ce sentiment un jour. Tu es le plus beau cadeau que la vie m’ait offert. Sois-en assuré. Même si tu deviens grand, je repasse et repasserai en boucle nos collages, nos fous rires, nos petits bisous. Nos journées collées dans le lit à prendre soin de ton petit rhume en te collant et en t’apportant réconfort comme seuls les parents savent le faire. Cette chaleur, ce réconfort que ton petit corps, tes petites mains mettent sur mon petit cœur endolori parfois.

J’ai hâte de te voir t’épanouir en tant qu’adulte, de te voir progresser, de te voir fonder ta propre famille qui moi, m’a rendue si heureuse et comblée. J’ai hâte d’être assise à la table avec la continuité de la famille que nous avons fondée. Celle que tu auras pris le temps de chérir et d’aimer comme nous le faisons avec toi.

 

Je t’aime mon grand.

 

Maman

 

 

Maggy Dupuis

Et si le tueur était votre enfant?

Il a un père et une mère, ce jeune homme. Ces mots résonnent dans

Il a un père et une mère, ce jeune homme. Ces mots résonnent dans ma tête depuis les récents évènements de Québec. Constamment. Juste ça. J’ai pratiquement toujours le même questionnement. Toujours cette même envie de comprendre où est la faille. Celle dans sa tête et celle de son cœur. La faille qui a fait en sorte qu’un jeune homme de vingt-sept ans sans histoire se radicalise et tue au nom de je-ne-sais-quoi… Un je-ne-sais-quoi beaucoup trop grand pour lui.

Oui, la peine pour les victimes et leurs familles. Oui, la douleur et le tragique de l’évènement. Mais je ne peux m’empêcher de penser à ces parents-là dans ce bordel sanglant. Ceux du suspect. Parce qu’à compter de maintenant, ils ne seront plus que ça pour plusieurs : les parents du tueur à la Mosquée de Sainte-Foy.

Peu importe ce qu’ils sont personnellement. Peu importe ce qu’ils ont accompli de bien. Le bénévolat. Le travail. Les dons. Les sourires. Les services rendus. Peu importent les efforts et tout l’amour qu’ils ont mis en leurs enfants. Ils sont les parents de l’enfant-tueur. Point. Et malheureusement pour plusieurs, ça efface tout le reste.

Pourtant, le reste importe dans un cas comme celui-ci. Le reste, ce sont les câlins, l’affection, l’amour qu’ils ont témoigné à cet enfant, les anniversaires avec des chandelles à souffler, les lifts à l’aréna ou à la piscine ou au terrain de balle, les vacances en famille, la course à côté du vélo lorsqu’on enlève les petites roues, les lunchs préparés chaque soir, les nez à moucher, les soirs à bercer… La liste est longue! Tous ces petits gestes répétés comme des automates parfois tellement ça fait partie du quotidien d’un parent et de son enfant. La vie.

Alors, elle est où, la faille? S’il a été aimé, entouré, choyé d’habiter chez ses parents et de poursuivre ses études universitaires, IL EST OÙ, LE PROBLÈME? Il n’y a pas de réponse, malheureusement. Il n’y a pas une seule chose qui cloche, ce serait trop simple.

Parents séparés difficilement, enfants adoptés, familles d’accueil à répétition, abus, TDAH… Les causes peuvent être nombreuses pour qu’un enfant vive plus de difficultés qu’un autre. Mais c’est lorsque tout est normal que ça chicote. Parce qu’on veut le meilleur scénario pour eux, mais parfois, même le meilleur scénario ne donne pas les résultats escomptés. Et là, on a l’impression d’avoir failli à notre devoir de parent. Alors que ce n’est probablement pas ça. Mais je ne m’avance pas plus dans l’analyse psychologique de la chose, c’est trop complexe…

Et maintenant, reste à vivre après cela. Reprendre le cours des choses, poursuivre. Pour nous, mais pour eux aussi. Pour nous avec cette tristesse de voir le monde s’entretuer ainsi, pour eux avec la honte d’être ces parents-là. Ces parents que plusieurs regarderont en se demandant où ils ont bien pu rater pour avoir un tel résultat. Alors que ce qu’on ne sait pas encore, c’est ELLE EST OÙ, LA FAILLE? Partout et nulle part, probablement à l’intérieur de lui. Peut-être sans raison.

Ce soir, bien que mes enfants soient mini (4-6-8 ans), nous avons discuté. Je ne suis pas entrée dans les détails des histoires de grands, puisque je n’ai pas eu de questions par rapport à cela. Mais j’ai cru bon leur rappeler qu’ils ont les mêmes droits que n’importe quel être humain à leurs côtés. Et vice versa. Mais que, malheureusement, ce droit n’est pas exercé partout ni pour tous. Et que tous méritent leur respect. En tout temps. L’inverse est aussi vrai. Que la couleur de la peau ne change rien au cœur qui bat à l’intérieur. Ni d’où l’on vient. Ni notre religion. Ni ce qu’on a vécu auparavant. Jamais. Pour aucune raison.

J’ose espérer avoir fait ma job de parent correctement. Tout comme l’ont probablement fait ces parents-là. Dans certains cas, les choses ne s’expliquent tout simplement pas. Il ne nous reste alors que la conviction d’avoir fait de notre mieux. Une mince consolation parfois. Mais nous ne sommes pas des superhéros, nous sommes des parents. Et eux ne sont pas des robots, ce sont nos enfants. Pensons-y bien avant de juger ou de condamner… Ces parents-là, ça pourrait être vous. Ça pourrait être moi. Même si nous avons fait de notre mieux.

Isabelle Rheault

5 choses que tu fais moins souvent après avoir eu des enfants

1-      Écouter un film en amoureux</

1-      Écouter un film en amoureux

Quand tu oses dépenser cinq dollars pour louer un film d’action (c’était à ton chum de choisir), mais que finalement, les DEUX finissent endormis dans les vingt premières minutes du film.

2-      Te maquiller pour aller à l’épicerie chercher du 3,25 % (oui, tu as engendré des petits veaux)

Ben oui, AVANT, j’étais du genre à me mettre un petit peu de mascara avant de sortir de chez moi. Là, des fois, je mets du cache-cernes au cas où je rencontrerais quelqu’un que je connais (99 % du temps, maudit village!) et qu’il me demande si j’ai dormi récemment.

3-      Aller prendre l’air

Avant, j’appelais mon chien, je mettais mon manteau et on était partis pour une belle grande marche. Maintenant, à partir du mois d’octobre, je sacre chaque fois que j’habille les deux enfants. Mettre les habits de neige me prend trente minutes (à suer) + deux crises « parce que je voulais les mitaines roses, pas mauves! » Vive l’été pis les gougounes!

4-      Aller au resto en amoureux

Je ne te parle pas d’un Big Mac avant de te taper l’épicerie en vitesse en te demandant si ton chandail va survivre à ta troisième montée de lait. Non, un vrai souper, dans un vrai resto avec du vin pis au moins quatre services.

5-      Le ménage

Oui, parfois il faut lâcher prise sur les jouets qui traînent dans ton salon (devenu une salle de jeux), la pile de vaisselle sale sur le comptoir et dans l’évier, le lave-vaisselle qui est plein, les trois paniers à linge qui se remplissent à la vitesse de l’éclair, sans oublier le linge de job à ton chum par terre, à côté du panier (honnêtement, je ne sais pas s’il va comprendre le principe un jour).

Même si mes deux amours me prennent un peu (beaucoup) de mon temps, même si ma maison ne ressemble pas toujours à celle de M. Net et que j’ai l’air très, très fatiguée, je ne les échangerais pour rien au monde et je n’imagine pas ma vie sans elles!

Julie Lampron-Désaulniers

La journée où j’ai cessé de juger l’avortement

J’ai appris lors de l’échographie de douze semaines et demie de

J’ai appris lors de l’échographie de douze semaines et demie de grossesse que pour la deuxième fois, le bébé, le petit être humain qui vivait en moi, avait cessé de vivre deux semaines plus tôt. Encore une fois, j’avais l’impression d’être un cercueil humain. Il fallait qu’il sorte. Je ne pouvais plus supporter l’image de ce petit, trop petit embryon, qui s’était déposé calmement au creux de mon ventre. Ça faisait trop mal.

Le soir, mon médecin de famille (la meilleure au monde) m’a appelée pour avoir de mes nouvelles et m’expliquer les options que je connaissais déjà. Je ne voulais pas, comme la première fois, prendre de médicaments pour expulser douloureusement ce qui restait de mon bébé dans la toilette, pour finalement le flusher comme un vulgaire poisson rouge. Il me restait l’option du curetage. Il y avait quelques jours d’attente à mon hôpital et je devais être sous anesthésie générale. Pour une panoplie de raisons, à ce moment dans ma vie, je voulais que ça se fasse au plus vite et sans anesthésie générale. J’ai donc cherché des ressources qui correspondraient à mes critères.

J’ai finalement trouvé une clinique d’avortement dans un hôpital. J’avais, le lendemain, un premier rendez-vous pour qu’on m’explique la procédure et qu’on évalue mon cas. Ouf! Une clinique d’avortement. J’appréhendais beaucoup. J’allais devoir attendre dans une salle remplie de femmes enceintes qui portaient la vie et qui ne le souhaitaient plus. Moi, je voulais mon bébé plus que tout au monde. Moi, je portais la mort. C’était tellement injuste et enrageant dans ma tête, à ce moment-là.

Le lendemain matin arriva. Comme tout s’était passé rapidement, machinalement, on s’est rendus au rendez-vous, avec notre fils d’à peine deux ans. Évidemment, il était convenu qu’ils m’attendraient dans la salle d’attente ou dans le corridor. Et voilà. C’est exactement à ce moment précis, quand nous sommes arrivés dans la salle d’attente, que ça m’a frappée de plein fouet!

J’ai vu ces femmes. Leurs regards sur mon fils. Leur regard sur mon amoureux, qui était d’un support incroyable. Leur regard d’incompréhension, mais sans jugement, sur ma petite bedaine. J’ai vu un jeune homme fixer mon fils avec tellement de détresse dans les yeux, puis regarder sa blonde avec colère. Tout ça s’est passé en quelques secondes. J’ai dit à mon conjoint de partir plus loin avec fiston, que j’allais l’appeler en sortant. J’ai attendu mon tour. Il y avait un silence dans la salle. Un silence de mort. Un silence, dans lequel personne ne se juge parce qu’on est tous dans le même bateau qui prend l’eau. Ce fut mon tour. J’ai rencontré le personnel. Ils étaient tous sensibles à ma cause, c’était rare qu’ils avortaient la mort. Ils m’ont parlé de deuil, de soutien et ont sauté rapidement les questions du formulaire sur le choix, les options autres que l’avortement, pour ne pas tourner le couteau dans la plaie. J’ai ensuite eu une échographie et le médecin a eu la délicatesse de tourner l’écran hors de ma vue. Il m’a demandé si à l’autre clinique, ils m’avaient donné des photos de mon bébé. Incapable de parler à cause de l’émotion j’ai fait signe que non. Il m’en a imprimé quatre. « Les plus belles », qu’il m’a dit. Il les a mises dans une enveloppe et me l’a donnée pour faire mon deuil quand je serais prête. Il m’a donné l’heure et la procédure pour le lendemain. Je l’ai remercié, puis je suis repartie rejoindre ma petite famille en serrant précieusement mon enveloppe contre mon cœur.

Le lendemain matin, on est retournés à la clinique pour le curetage. On m’a dit que je serais la première à passer. J’ai enfilé la jaquette bleue, j’ai pris le calmant, puis on m’a amené dans une salle où il y avait une série de lits d’infirmerie séparés par des rideaux. Je m’y suis allongée en frissonnant et en flattant ma bedaine bébé trois pour une dernière fois. On a fermé les rideaux. J’étais zen malgré tout.

Les autres femmes sont arrivées à tour de rôle. Je ne les voyais pas, mais je les entendais. Elles étaient nerveuses, elles avaient la voix tremblante, elles pleuraient, respiraient bruyamment, paniquaient et surtout, elles doutaient. Après l’intervention, je suis retournée m’allonger sur mon petit lit. Je les ai entendues être appelées à tour de rôle pour ensuite souffrir et pleurer sans retenue. Ça a brisé encore plus mon cœur déjà brisé. Si je n’avais pas eu si mal, je serais allée les serrer dans mes bras. J’ai réalisé que dans toute mon épreuve, j’étais chanceuse. Jamais je n’aurais pu penser dire ces mots dans ma vie à propos de mes deux fausses couches.

Oui, j’étais chanceuse parce que je n’avais pas à prendre la pire décision qu’une maman peut prendre pour son bébé. Je n’avais pas à décider d’interrompre la vie qui grandissait en moi. J’ai eu une énorme bouffée d’empathie pour ces mamans. Quelqu’un ou quelque chose avait décidé à ma place.

Depuis ce jour, le 30 mai 2013, je ne juge plus les femmes qui se font avorter. Pour subir tout ça, c’est que c’est vraiment la plus difficile, mais probablement la meilleure décision à prendre pour tout le monde à ce moment.

 

Être maman

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Nous devenons une maman à l’instant même où les nausées du matin nous font réaliser le grand changement qui s’opère dans notre corps. Un jour, des papillons au creux de notre ventre nous confirment qu’un petit être est là : en nous. Un hôte bien particulier qui sera désormais notre priorité. Il change tout : nos repères, nos priorités, nos valeurs. Et il donne un sens insoupçonné à notre vie. Nos enfants poussent en nous et je crois qu’ils seront toujours une partie de nous.

En effet, quand nous sommes au travail, nous nous demandons toujours ce qu’ils font : sont-ils en route pour l’école? Ont-ils oublié leur boîte à lunch? Ont-ils pensé à prendre leurs affaires de sport? Leur clé de maison?

Quand nous passons du temps avec notre amoureux, nous nous préoccupons : sont-ils bien? Ont-ils chaud, froid, faim, peur? Sont-ils en sécurité?

Si dans leur regard, il y a de la tristesse, notre cœur pleure. Si leurs yeux pétillent de joie : notre cœur rit lui aussi. S’ils relèvent fièrement la tête et bravent les défis, notre cœur déborde de fierté.

Nous sommes eux, un peu… même s’ils détestent que l’on dise cela : MON bébé, MON enfant, MON grand… Ils veulent être EUX-MÊMES et se détacher… 

Alors, avec amour et résilience, nous leur faisons croire qu’ils sont libres. Mais au fond de notre cœur, la fusion ne nous quitte jamais vraiment. Quel que soit l’âge de nos enfants, ils seront toujours nos petits. Un cœur de maman aime, pardonne, donne sans compter, et bat au rythme de celui de ses enfants.

Si quelqu’un ose toucher à nos enfants ou les blesser, nous devenons des lionnes sans pitié; s’ils sont aimés et respectés, nous sommes apaisées.

Tous les livres de psychologies veulent nous forcer à les laisser aller, mais dans le fond de mon cœur de maman, mes trois bébés feront toujours partie de moi. Comme une continuité de la vie que j’ai semée. Ils sont un peu moi… Mais chut… Ne leur dites surtout pas…

Je garde ce secret au fond de mon cœur. C’est cela être maman : continuer de trembler chaque fois que nos enfants perdent l’équilibre, mais sans le leur montrer… 

 

Douance intellectuelle: vous avez dit HP?

Mes enfants sont HP. Je suis HP aussi. Non, ce n’est pas une marqu

Mes enfants sont HP. Je suis HP aussi. Non, ce n’est pas une marque d’imprimante. HP = Haut Potentiel, comme dans « douance intellectuelle ». Donc, nous sommes doués intellectuellement. Ça vous choque, comme affirmation? Pourtant, je ne dis pas ça pour nous vanter.

Quelqu’un qui dit que son enfant ou lui-même a un TDAH n’est ni en train de se vanter ou de se dénigrer. Il énonce un fait, un diagnostic établi à la suite d’une évaluation approfondie par un professionnel. En gros, une personne douée a un quotient intellectuel de 130 ou plus, mais surtout, elle voit la vie autrement. C’est souvent le roi ou la reine des questions existentielles à deux-mille dollars. Le champion de l’empathie grâce à son hypersensibilité et à son imagination. Le sac à blagues à cause de son humour et de ses jeux de mots. Le petit vite de la classe qui connaît l’ordre des planètes et le tableau périodique en première année, sans que personne ne le lui ait enseigné.

Mais pourquoi, pourquoi, ferait-on tester un enfant pour une douance? Il est brillant, laissez-le tranquille! Parce que la douance, ce n’est pas tout rose. Ça peut même rendre la vie des doués et de leur famille (et des profs) misérable. Imaginez : vous avez appris sans effort l’alphabet et les nombres jusqu’à 1 000 avant de fêter vos quatre ans. Qu’allez-vous faire en maternelle? À moins de trouver un autre buddy qui joue aux échecs et qui discute philosophie, vos journées risquent de vous paraître loooooongues. Et quoi de mieux pour se tenir occupé que de foutre la pagaille? Ou de poser cinquante questions au prof par minute. Ou de contester tout ce que les adultes disent, parce que ça vous semble injuste ou non justifié…

Alors oui, il peut être nécessaire de demander à un psy ou un neuropsy d’évaluer votre enfant avant que les problèmes s’accumulent et que l’estime personnelle de l’enfant en prenne un coup. Il arrive souvent que les doués passent pour des élèves inattentifs ou opposants. Il arrive aussi que ces élèves soient des candidats de choix à l’échec scolaire et au décrochage. Et à l’anxiété. Et à plein d’autres troubles qui proviennent de la façon dont le cerveau est construit.

Ah! C’est vrai qu’il faut mentionner que la douance ne s’explique pas par le niveau d’éducation des parents ou la classe sociale, la race ou le sexe (bien que les filles et les garçons la vivent différemment). Par contre, la génétique y est pour beaucoup. Les connexions du cerveau sont différentes du cerveau d’une personne neurotypique. Les informations sont transmises plus rapidement et les liens entre elles se font plus facilement.

Votre enfant (ou vous-même, parce que la douance ne s’éteint pas avec l’âge. On naît doué et on est doué pour toujours) a toujours cinquante-mille projets en tête? Il se passionne pour des sujets qui n’intéressent pas vraiment les autres jeunes de son âge? Il a un vocabulaire élaboré et peut comprendre les idées abstraites sans difficulté? Il fond en larme à l’idée que la guerre tue injustement des milliers d’humains ou que les fourmis meurent écrasées sous les chaussures des passants? Qu’il ait ou non de bons résultats à l’école, ce sont des signes qu’il est peut-être doué. Évidemment, tout comme pour le TDAH, il y a plusieurs types de personnalités de personnes douées, par exemple celui qui rejette toute autorité ou celui qui préfère se fondre dans le moule et cacher sa particularité.

C’est bien beau tout ça. Mais disons qu’un enfant reçoit une confirmation de sa douance. Qu’est-ce que ça change? Ça met des mots sur des différences qu’on percevait, mais qu’on avait peut-être de la difficulté à comprendre. Ça aide à accepter ce qui peut parfois nous taper sur les nerfs (les doués sont des argumentateurs chroniques. Le pire, c’est qu’ils ont souvent raison! En plus, ils détestent faire une tâche [ménagère ou scolaire] juste parce que c’est comme ça. Ils ont besoin de comprendre la logique derrière toute demande, et ils sont forts pour démonter la logique commune).

Surtout, le bilan psychologique donne des pistes de stratégies qui peuvent être mises en œuvre en famille, à l’école et dans les activités. Par exemple, valoriser les projets personnels, assouplir le cadre scolaire pour permettre à l’enfant de travailler avec des élèves plus âgés, faire sauter une année scolaire, etc. Il peut aussi détecter d’autres troubles qui marchent parfois main dans la main avec la douance, comme le TDAH, l’autisme, l’hypersensibilité sensorielle et émotionnelle et l’anxiété.

L’enfant qui se fait dire qu’il n’est pas un extraterrestre et qu’il n’est pas tout seul à penser différemment a de bonnes chances de se sentir plus à sa place dans le monde et fier de qui il est. C’est déjà beaucoup!

Regroupement : Haut Potentiel Québec existe depuis 2012 et compte des sections locales dans plusieurs régions. Voir entre autres la section « Portrait » sur le site (http://www.hautpotentielquebec.org/).

Émission : « Doués et oubliés. Maman, quand est-ce que j’apprends? », Télé-Québec (http://www.telequebec.tv/documentaire/doues-et-oublies-maman-quand-est-ce-que-j-apprends/).

Livre pour les parents: À l’aide, mon enfant est doué!, Éditions du CHU Ste-Justine (http://editions-chu-sainte-justine.org)

Livre pour les enfants et les adultes: Zoé douée. Regards d’enfants sur le haut potentiel intellectuel, Éditions Quatre et demi (www.4etdemi.ca)

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Nathalie Courcy