Tag choisir ses batailles

Mes enfants sont gâtés

Si gâter son bébé, c’est le laisser dormir sur soi des heures d

Si gâter son bébé, c’est le laisser dormir sur soi des heures durant, alors j’ai gâté mes trois enfants.

Si gâter son bébé, c’est le bercer sans compter le temps, alors j’ai gâté mes trois enfants.

Si gâter son bébé, c’est le laisser dormir dans notre lit, alors j’ai gâté mes trois enfants.

Si gâter son enfant, c’est parfois abdiquer devant certains comportements, alors j’ai gâté mes trois enfants.

Si gâter son enfant, c’est le laisser manger du dessert plutôt que son repas quand on a de la visite et que ledit enfant a « skippé » sa sieste, alors j’ai gâté mes trois enfants.

Mais la vérité, c’est que je me suis gâtée.

Que mes enfants dorment bien dans leur lit.

Que mes enfants ne sont pas des monstres.

Que je ne suis pas parfaite.

Quand bébé (lui, c’est le p’tit dernier) se réveillait trop tôt, tous les matins, jusqu’à presque deux ans, je l’amenais dans mon lit. Parce qu’il partage sa chambre avec son grand frère et il risquait de le réveiller.

Mais la vérité, c’est que j’aimais ces matins-là où on se rendormait collés, lui et moi. Plus de six mois plus tard, il se réveille maintenant toujours après son frère et sa sœur.

Quand grande fille (six ans) va se coucher dans mon lit un soir que nous avons de la visite, parfois je la garde toute la nuit avec moi. Parce qu’elle va être si contente à son réveil.

Mais la vérité, c’est que j’aime la savoir près de moi, elle qui est si grande et si petite à la fois. Et son sourire au réveil me fait sentir comme la meilleure des mamans de toute la Terre entière.

Quand grand garçon (bientôt cinq ans) veut écouter son émission « juste un ti peu plus longtemps », même si c’est l’heure d’aller au dodo, des fois, je dis oui. Parce que c’est la fin de semaine. Ou pas.

Mais la vérité, c’est que j’aime le regarder, si attentif à ce qu’il écoute. Voir son sourire, et l’entendre rire, ça me fait du bien.

Ou bien c’est que j’ai juste besoin de ces quinze minutes de plus de tranquillité avant la routine du dodo…

Quand la maison est chaotique et que les enfants me demandent de jouer avec eux, parfois je le fais. Parce qu’ils vont être contents.

Mais la vérité c’est que je sais que le ménage va m’attendre et qu’eux, ils grandissent trop vite. Ok, on peut aussi appeler ça « procrastiner »…!

Mes enfants n’ont peut-être pas toujours des collations ultra santé (quoi, des craquelins au fromage, c’est du fromage non?!), ils mangent des chips, des bonbons ou du chocolat à l’occasion et même du fast food (BEN OUI!)

Il y a eu ces moments où j’ai laissé pleurer mon bébé parce que je n’en pouvais plus.

Mais la vérité c’est que je n’ai jamais aimé laisser pleurer mes enfants.

Il y a eu ces journées où je changeais juste le verre de l’enfant s’il pétait sa coche parce qu’il voulait le bleu plutôt que le verre orange. (Dieu merci, cette phase est terminée!)

Il y a des journées où ils écoutent trop la télé.

Alors, si gâter son enfant, c’est parfois acheter la paix, je m’en confesse : mes enfants sont gâtés.

Parce que la vérité, c’est qu’il y a des journées où ça m’arrive de les gâter pour pouvoir finir la journée avec le sourire ou tout simplement en étant moins épuisée.

Des fois, je n’ai juste pas l’énergie de m’obstiner.

Ce ne sont que quelques exemples parmi tellement d’autres…

Si gâter ses enfants, c’est les aimer gros comme le ciel rempli de toutes les étoiles, de vouloir le meilleur pour eux et de trop souvent s’en faire; je confirme que mes trois enfants sont pourris gâtés.

La vérité, c’est que je fais juste de mon mieux.

Et qu’on se le dise, mes enfants savent jouer seuls. Ils sont polis (généralement! Ha!) Ils comprennent (ou me boudent ou m’en veulent) quand je leur dis non. J’ai aussi besoin de temps pour moi seule, avec mon amoureux ou avec mes amies. Je ne me culpabilise pas de prendre ce temps pour moi (quoique le prendre peut parfois être un long processus, mais ça c’est une autre histoire!). Mais je ne me culpabilise plus de prendre le temps que je veux pour eux, par risque de « trop les gâter ».

Je connais ma limite, je connais leurs limites, ils connaissent mes limites.

La vérité, c’est aussi que, trois enfants plus tard, j’ai finalement compris (je pense?) que le temps passe trop vite et j’ai décidé que je ne devais pas en perdre en me jugeant.

Parce que je suis bonne là-dedans : me juger.

Puis au fond, quand je choisis de m’écouter, la personne qui est la plus gâtée, c’est moi!

Quand on devient maman, on choisit nos batailles, et on essaie (fort) d’être la meilleure version de soi-même.

La vérité, elle n’est pas écrite dans les livres ou sur les zinternets  ou dans ce que ta voisine, ta mère, ton amie ou « un tel » te dit.

En gros, en tant que maman, on fait notre gros possible et de notre mieux.

Alors si oui, mes enfants sont gâtés…

Soit!

Caroline Gauthier

Ces combats qui nous font gagner la guerre!

Parents, à vos mousquetons!

De

Parents, à vos mousquetons!

De nos jours, on demande la perfection dans tous les domaines de la vie, on se demande tant, autant à nous-mêmes qu’à nos conjoints et à nos enfants. Même plus, on juge secrètement — ou pas si secrètement —  les gens autour qui ne sont pas parfaits selon notre échelle de valeurs. La phrase de l’année qui me permet d’avancer et de rester saine d’esprit est définitivement : « Marie, choisis tes combats ». Je dois me le répéter au moins quinze fois par jour quand je choisis d’être heureuse et forte au lieu d’à bout de nerfs et épuisée. Quand je choisis ma famille et non ce que les gens autour vont penser de mes enfants et de ma façon de les élever.

Je te vois déjà m’imaginer comme la mère qui laisse ses enfants faire ce qu’ils veulent dans ma maison insalubre, une king-can de Black Label à la main et le cellulaire dans l’autre. Mais non! Au pire je suis une mère originalement hélicoptère qui veut que tout soit totalement parfait. C’est pourquoi je parle ici de petites victoires, de petits combats qui font que les gros combats, les guerres importantes, seront remportés.

Mes guerres? Le respect, l’école, la technologie (lire ici éloigner mes enfants de), la gestion des émotions, l’entraide, l’estime de soi et la persévérance.

Beaucoup de guerres quand même, mais imagine si en plus, je me battais bec et ongles pour chacun des petits problèmes qui sont moins importants pour moi, pour avoir raison, pour montrer que c’est moi le Napoléon ou le Hitler de la maison!

Il y a plein de choses que je ne pourrai jamais contrôler; le chemin des enfants que je peux retracer avec leurs effets personnels laissés à la grandeur de ma maison en revenant de l’école malgré les milliers de répétitions de « ramasse tes affaires! Chaque chose à sa place! », les chamailles fraternelles, la négociation sans fin de mon sept ans et de ma trois-ans-future-présidente-de-l’univers pour un oui, un non, un nouveau jouet, une activité – parce qu’aller au soccer, à la gym, au resto, chez les grands-parents, à une fête d’ami et à un party le soir, ce n’est pas assez, parce qu’en revenant de Calypso, je suis une mauvaise mère de ne pas vouloir qu’ils aillent se baigner dans notre piscine à 20 h — les milliers de dégâts de lait, de yogourt et de tout ce qui se mange, se boit ou coule d’un robinet.

L’important pour moi, c’est que chaque bataille mérite une évaluation : « Ok, est-ce que c’est la Troisième Guerre mondiale ou c’est un paquet suspect aux douanes? »

Si c’est une guerre mondiale, je sors les armes, j’ajuste les stratégies et je fonce. Mais je ne perds plus autant d’énergie avec du sucre dans une enveloppe ou un faux appel à la bombe.

J’ai décidé d’élever des enfants et non des bibelots, je ne leur demande plus d’être parfaits, juste de respecter les bases des valeurs que nous trouvons importantes pour nous.

Chacun ses valeurs, chacun son bonheur, chacun sa vision de la famille.

Toi, quelles sont tes guerres?

Marie-Ève Piédalue