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L’intolérance à l’intolérance

Je suis une grande fan du « vivre et laisser vivre ». Pas au p

Je suis une grande fan du « vivre et laisser vivre ». Pas au point de me mêler de mes affaires si le voisin bat ses enfants. Pas au point de me ficher de ce que vivent mes proches. Mais dans la mesure où il n’y a pas de danger, ça me va. Je peux avoir mon opinion sur ce qui se passe dans les nouvelles ou sur les vêtements dépareillés d’une personne, mais rien ne m’oblige à partager cet avis en public. Entre autres parce que ce que je pense n’est pas nécessairement d’intérêt public, mais aussi parce que mon opinion n’a pas plus ou moins de valeur que celle d’une autre personne sensée. Et qui détermine qui est sensé et qui ne l’est pas ?

C’est peut-être pour ça que je me sens intolérante face aux intolérances.

Ces temps-ci, on parle beaucoup (trop) des couvre-visage, masques et autres bouts de tissu visant à protéger la population contre la multiplication des cas de COVID. Les discussions enflammées ont longtemps porté sur d’autres bouts de tissu qui couvraient les cheveux, le visage ou même le corps entier des femmes musulmanes. Ou encore sur le tissu trop translucide ou trop court ou trop voyant qui couvre (à peine) le corps des célébrités ou des ados. Tant de mots dépensés et de colères exprimées pour des bouts de tissu. Et ça change quoi, au juste ?

Je comprends la montée d’émotions générée par l’abus (ou l’impression d’abus, selon le point de vue). Je suis soumise aux mêmes règles sanitaires que tout le monde depuis le mois de mars. J’ai voyagé en Égypte et j’ai croisé des milliers de visages couverts en me demandant « est-ce que ces femmes sont heureuses ainsi ? ». J’ai fait des faces de « vraiment ?! » à ma fille qui portait un vêtement trop court (« oui mais maman, je porte des shorts en dessous ! »). Mais au bout du compte, de quoi je me mêle… et pourquoi je m’en mêlerais ?

Je choisis de porter le couvre-visage en public et de le faire porter à mes enfants. Je choisis de les encourager à respecter les règles sanitaires comme je les encourage à ne pas voler, à dire merci, à ne pas marcher sur la pelouse du voisin et à faire leurs devoirs. J’encourage aussi mes enfants à respecter leurs valeurs et leurs convictions, et à respecter celles des autres. Mes enfants ont des amis de toutes les couleurs et de toutes les religions, et tout se fait dans le respect. Il y a parfois des questionnements ou des étonnements, mais jamais d’inacceptation ni de rejet. Je choisis d’éduquer mes enfants à propos des choix vestimentaires appropriés en fonction de la température, de l’activité prévue et de l’image qu’ils veulent projeter. Depuis leur naissance, je me garde deux droits de veto par année pour imposer une tenue (pour un événement spécial ou une sortie) ; sinon, ils choisissent comment s’habiller et on adapte au besoin. Le bikini à -30 est rarement de mise, mais le manteau d’automne avec une veste en plein hiver équivaut au manteau d’hiver, tant qu’ils ne se plaignent pas de geler à la récré.

Ce qui est le plus drôle, c’est que dans ma quête de la tolérance, je suis souvent jugée. Jugée parce que je ne donne pas souvent mon opinion sur les réseaux sociaux. Jugée parce que mes enfants portent des pantalons de jogging et des espadrilles usées (« Mais maman, elles sont trop confortables ! »). Jugée parce que mes enfants mangent du porc et des légumes au déjeuner. Jugée parce qu’ils font leurs devoirs sous la table et non assis sagement à leur pupitre. Jugée aussi parce que nous avons certaines particularités de santé. Si j’ose dire que ma fille et moi sommes intolérantes au gluten : « Ben là, si ça ne vous donne pas des maux de ventre, ce n’est pas une vraie intolérance. Encore une affaire de régime à la mode… ». Bon, des tests génétiques ont prouvé l’intolérance et on a des symptômes invisibles aux yeux des personnes que ça ne concerne pas, mais je ne me sens pas l’obligation de me justifier, tant qu’on nous laisse faire attention à notre santé. C’est juste plate de se sentir jugé, surtout quand on fait notre possible pour se montrer tolérant face aux autres.

Mais attention : l’intolérance à l’intolérance va plus loin ces temps‑ci (je vous invite d’ailleurs à regarder le documentaire The Social Dilemma sur Netflix… ça explique bien comment les opinions unilatérales se créent de nos jours…) Qu’on soit pro-Trump ou contre Trump, complotiste ou non, anti-écrans ou accroc aux réseaux sociaux, on a droit à notre opinion et on a le droit de l’exprimer. Et on a aussi un certain droit de réserve. Le droit des uns se termine toujours là où le droit des autres commence. Avec une frontière très fine et mouvante entre les deux.

Nathalie Courcy

Pain aux bananes sans lactose

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J’ai découvert dans les dernières semaines que ma fille a de la misère à digérer le lactose. Elle n’est pas intolérante au lactose, mais depuis que je minimise la quantité de lait dans son alimentation, son ventre va beaucoup mieux. Par conséquent, j’ai décidé de commencer à faire quelques recettes sans lactose.

 

Pain aux bananes sans lactose

 

Ingrédients :

  • 1 tasse de farine tout usage
  • 1 tasse de farine de blé entier
  • 1/3 de tasse de cassonade
  • 1 c. à thé de bicarbonate de soude
  • 1 c. à thé de cannelle
  • 1 pincée de gingembre moulu
  • 3 bananes mûres
  • 1/2 tasse de compote de pommes
  • 1 c. à thé de vanille
  • 2 œufs
  • 1/4 de tasse d’huile végétale

 

Préparation :

Mettre le four à 350 °F.

Dans un bol, mélanger tous les ingrédients secs.

Dans un autre bol, écraser les bananes et introduire la compote de pommes, la vanille, les œufs et l’huile.

Ajouter les ingrédients secs au mélange humide et bien mélanger.

Verser le mélange dans un moule à pain.

Cuire au four environ 65 minutes ou jusqu’à ce qu’un cure-dent inséré dans le milieu du pain en ressorte propre.

 

Pour une version « maman se lâche lousse », on ajoute des pépites de chocolat au mélange. Quand le pain est cuit, on beurre notre tranche d’une bonne couche de beurre d’arachide. C’est vraiment bon! Je m’aventure même à dire que ça goûte un peu les Reese’s…

 

*Vous avez une envie soudaine de manger un pain aux bananes, mais vous n’avez pas de bananes mûres? Vous n’avez qu’à mettre vos bananes dans le congélateur pour une ou deux heures et elles seront parfaites.

 

Valérie Legault

 

L’intolérance au gluten… c’est psychologique !

Le jour se lève. Je déjeune. Je vomis. Je dine. Je vomis. Je soupe

Le jour se lève. Je déjeune. Je vomis. Je dine. Je vomis. Je soupe. Je vomis. Je prends une collation avant d’aller dormir. Je me réveille la nuit pour vomir. Quand j’ai beaucoup de chance, je me fais assez violence pour retenir les nausées. Alors les coups de poignards dans le ventre m’obligent à évacuer, d’une manière ou d’une autre, tout ce que j’ai ingurgité. D’où ça peut bien venir ?

 

Attention, je ne suis pas si naïve ! Même si je prends quotidiennement des anovulants, je me dis que je suis sûrement enceinte. J’ai fait trois tests de grossesse. Négatifs. Tous les trois. Je ne suis pas enceinte.

La gastro ? La maudite gastro ! Ça doit être ça ! Parce que y’a pas mille cochonneries qui font autant vomir et qui donnent des diarrhées systématiquement… Sauf qu’après une grosse semaine, je me résigne à avouer que ça ne peut pas être que ça…

Ça fait des jours que ça dure. Ça fait des semaines que ça dure. Je n’en peux plus de vomir trois à quatre fois par jour. Tous les jours. Je suis épuisée, j’ai perdu du poids, et surtout, je n’y comprends rien ! Le plus logique est de prendre rendez-vous chez le médecin. Rendez-vous donné dans plusieurs mois évidemment. D’ici là, mon corps persiste à rejeter tout ce que j’ingurgite, d’une violence impressionnante.

Je parle à une amie qui a la maladie cœliaque. Elle trouve étrange la ressemblance entre mes symptômes et les siens, avant qu’elle ne soit diagnostiquée.

Couper carrément le gluten de mon alimentation ?

Honnêtement, je n’y crois pas. Pas une seconde. C’est pas une vraie maladie, hein ? Mais bon, qu’est-ce que j’ai à perdre ? Alors j’essaie…

Et après six semaines de vomissements, de diarrhées et de douleurs fulgurantes, tout-à-coup, plus rien. RIEN. NADA. Pffff… ça doit être un adon ! Après une semaine, je réessaie. Juste une tranche de pain. Et je vomis. Violemment. Alors je n’essaie plus.

La semaine suivante, je me mets à être malade, sans en comprendre la cause. Puis je vois qu’il y avait du gluten dans une trempette que j’ai mangée. Je l’ignorais… Le mois suivant, ça se reproduit. Puis je vois qu’il y avait aussi du gluten dans le bouillon à fondue… Ça ne doit pas être juste dans ma tête, coup’donc !

Ça fait que j’ai arrêté de faire du déni (Ouin, il parait que je suis vraiment bonne là-dedans !). Mon corps, il refuse d’assimiler le gluten. Après 28 ans, il s’est dit : « Nop. C’est fini. Pas de négociation. » Maudite tête de cochon, pareil !

Une nouvelle vie commence alors. Finis les malaises, finis les symptômes et fini le gluten. Mais les préjugés et les commentaires plates par exemple, ils ne font que commencer !

« C’est juste une mode ça, le sans-gluten ! » Vomir quatre fois par jour, pendant des semaines, c’est une mode aussi ?

« Tu peux pas être allergique au gluten, t’en a mangé pendant trente ans ! » Pourtant, c’est bien connu. Tu peux manger du beurre d’arachides tous les matins de ta vie et devenir allergique aux noix à quarante ans. Mortellement. Une allergie, ça se développe. Et l’intolérance au gluten, pour info, se manifeste en moyenne entre vingt et quarante ans.

« On se commande une pizza. T’en mourras pas ! » Non. J’en mourrais pas. Mais je vais la vomir, ta maudite pizza, pis ça me tente pas !

« Y’en a pleins qui mangent pas de gluten par choix. » QUI ? Qui fait ça ? Qui s’empêche de manger des gâteaux, du pain moelleux, de la poutine, des crêpes et des gaufres au restaurant… par choix ? Moi, j’adore toutes ces merveilleuses inventions culinaires et je ne m’en serais privée pour rien au monde. Sauf pour ma santé, apparemment. Mais pas pour le plaisir, je vous l’assure.

J’ai appris au fil des mois à cuisiner avec des farines sans-gluten. Je me suis adaptée. J’ai compris que je ne me priverais de rien, si je le cuisinais moi-même.

Ha oui ! J’ai finalement eu mon rendez-vous chez le médecin aussi. Je pensais naïvement obtenir un diagnostic. Je savais qu’il me fallait des prises de sang et une biopsie de l’estomac. Mais j’ai appris que je devais manger du gluten tous les jours pendant au moins deux mois, si je voulais que les tests soient concluants. Donc, je devrais me rendre moi-même malade pendant des semaines encore, et tout ça afin de confirmer un diagnostic que je connais déjà ? Non monsieur. Laisse faire ton papier du médecin.

Alors je l’assume. Je ne mange pas de gluten. Jamais. Pis le temps des fêtes approche à grands pas. Pis oui, ça m’inquiète. Parce que c’est bon en maudit des gâteaux, de la bûche, de la sauce, des tites-saucisses, Alouette ! Mais malgré une envie folle, je n’y toucherai pas. Parce que je ne mange pas de gluten, et que la vérité, c’est que ce n’est pas tout le monde qui comprend.

 

En finissant, il faut que je lève mon verre. À tous nos amis, qui nous reçoivent pour souper et qui changent leur menu « juste parce que je suis là ». À ma mère, qui change sa recette traditionnelle de tourtière à Noël « juste pour que je puisse en manger ». À mon mari qui fait des pieds et des mains pour cuisiner une poutine sans-gluten, quand ce serait si facile d’en commander une et de me la manger dans’face. Merci.

 

 

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