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Une pilule, une dépression

Quand j’ai fini d’allaiter mon bébé, j’ai demandé à mon m

Quand j’ai fini d’allaiter mon bébé, j’ai demandé à mon médecin de me prescrire la pilule contraceptive. Dans mon cas, c’est un peu compliqué puisque j’ovule sur les sortes de pilules habituelles, donc ça m’en prend une plus forte. Il me prescrit alors une pilule contraceptive qui semble répondre à mes besoins du moment. Cependant, il me spécifie que vu la force de celle-ci, il ne serait pas étonné que j’aie des saignements sans arrêt ou des effets secondaires importants. Il me dit que je peux revenir le voir n’importe quand pour la changer si c’est le cas.

Je commence alors à prendre ladite pilule contraceptive. Moi, tout ce que je vois, c’est que je peux prendre une petite pilule tous les jours et qu’il y a beaucoup d’avantages! Je n’ai plus d’acné. Je n’ai aucun saignement surprise. Je suis menstruée quand ça m’arrange et les périodes sont vraiment moins abondantes et douloureuses que mes menstruations naturelles… J’ai donc trouvé un moyen de contraception efficace qui comporte beaucoup d’avantages et je suis satisfaite de mon choix.

Quelque temps plus tard, je commence à sombrer… Je suis dépressive. Je n’arrive plus à me lever le matin. Je ne pleure pas, non. Je hurle de colère. Je passe mes journées à ressentir de la colère. À me sentir agressive. À avoir la mâchoire serrée. Je jappe sur mon chum le soir comme un chien enragé. Sur le coup, je me dis que c’est une mauvaise passe, un bout plus dur, que ça va passer…

Les semaines passent, les mois défilent et les années se succèdent. Mon état ne va pas mieux… Je passe ma journée avec un sourire forcé et je ne pense qu’à retourner me coucher… Mon état dépressif empire en plus en plus et je refuse d’aller chercher de l’aide. Trop d’orgueil… Mon chum me soutient de son mieux. Il a aussi souffert d’une dépression majeure, il peut comprendre. J’ai des idées noires de plus en plus souvent. Je pense au suicide. J’annule des soirées avec des amies parce que je ne me sens plus capable de faire semblant pendant toute une soirée. Faire semblant que tout va bien… Mes amies ne comprennent pas. Elles m’en veulent d’annuler. Elles ne peuvent pas savoir… Plus le temps avance et plus je pense au suicide. Personne n’est au courant.

Puis… j’entends parler des effets secondaires possibles des pilules contraceptives sur l’humeur des femmes… Je commence à compter et je réalise que mon état remonte environ au commencement de la prise de la pilule. Je n’ai rien à perdre à tenter le coup. J’arrête de la prendre.

Le même mois, tout se replace dans ma tête. Je recommence à chanter les plus belles chansons à mes enfants, je recommence à leur lire des histoires et à être réellement une mère pour eux. Je retrouve le sourire. Je redeviens la femme aimante que j’étais autrefois. J’ai l’impression de me sortir la tête d’une brume épaisse qui me retenait prisonnière depuis trop longtemps… Je regarde mes enfants et je n’arrive pas à croire que j’ai pu penser au suicide…

J’ai décidé de retourner faire des recherches pour voir les effets secondaires de la pilule que je prenais. Parmi les effets secondaires possibles, c’est écrit noir sur blanc : « des signes de dépression, un manque de concentration, des fluctuations pondérales, des changements du sommeil, un désintérêt à l’égard de nombreuses activités, des pensées suicidaires. » J’ai de la difficulté à croire qu’une simple pilule m’a fait vivre tout ça… Et surtout, que je n’ai pas su voir les signes plus tôt ou faire le lien avec la prise de la pilule… J’ai honte de ne pas l’avoir vu et de l’avoir prise si longtemps. Mais quand on a la tête dans la brume, tout cela n’est pas facile à voir…

Les mois ont passé. J’ai retrouvé mon corps. J’ai retrouvé mon âme. Je suis de nouveau moi-même. J’ai choisi d’écrire mon histoire parce qu’elle est peut-être aussi la vôtre… Si vous avez l’impression d’étouffer, si vous ne vous reconnaissez plus, si vous êtes remplie de colère… peut-être est-ce causé par un médicament que vous prenez… Parlez-en à votre entourage, parlez-en à votre médecin. Ne vous isolez pas. Vous risquez de sombrer. Si ça peut éviter à d’autres femmes, à d’autres mamans, de sombrer, ce texte n’aura pas été vain.

Eva Staire

La contraception n’est pas seulement une affaire de femmes!

On est deux pour faire l'amour. Deux.

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On est deux pour faire l’amour. Deux.

Pourtant, ce sont trop souvent les femmes qui sont responsables de la contraception. Si cette dernière est un échec : ce sont elles qui sont prises avec de quoi qui pousse dans leur bedaine et se retrouvent confrontées à la plus grande décision de leur vie.

On peut bien me dire que les hommes sont présents pour nous accompagner, nous encourager, nous tenir la main, nous rappeler de prendre notre pilule, nous flatter le dos quand on a mal, mais… c’est notre corps à nous, femmes, qui doit subir la contraception…

Prise d’hormones, installation d’un corps étranger dans notre utérus, injection de spermicide dans notre vagin, etc… Toutes ces méthodes ont des effets secondaires que seuls notre corps de femmes doit encaisser… Sans parler des risques cardio-vasculaires et des fortes probabilités de développer un cancer du sein…

Je suis heureuse, fière et terriblement reconnaissante envers nos hommes qui décident de subir une vasectomie définitive, nous permettant d’avoir une vie sexuelle épanouie, sans avoir à gérer ce risque d’avoir un autre bébé. Ils font ainsi de la contraception une affaire de couple! MERCI!

Mon corps a subi trois césariennes en moins de quatre ans. Les médecins ont été unanimes : avoir un autre enfant serait impossible, extrêmement dangereux… J’ai donc pris la décision de me faire ligaturer les trompes. En France, à l’époque on ne connaissait pas la vasectomie. Quand le gynécologue nous en a parlé, mon chéri a dit :

– Tu as beaucoup donné. On t’a ouvert trois fois le ventre. Je ne veux pas que tu subisses une autre chirurgie. C’est mon tour. La vasectomie est une chirurgie mineure. Je vais faire ça. Pour toi. Pour moi. Pour nous.

À vingt-neuf ans, il a donc décidé de nous offrir cette sérénité-là. De nombreuses questions se sont posées :

– Et si je meurs avec les enfants, tu n’auras jamais la chance de fonder une autre famille?

– Vous êtes ma famille, je ne veux pas d’autres enfants.

– Et si on se sépare, que tu tombes amoureux et que tu souhaites des enfants à nouveau?

– Me lever à nouveau la nuit aux deux heures, non merci, j’achète MA paix!

– Et si on change d’idée?

– Tu ne peux plus avoir d’enfants, je refuse de te mettre en danger.

– Oui mais si on veut un autre enfant?

– On adoptera un enfant qui est si seul, on l’aimera aussi fort.

Il a eu réponse à TOUTES les questions. Il n’a jamais hésité une seconde. Et malgré les moqueries de ses amis, malgré l’incompréhension de notre entourage, malgré ce sujet un peu tabou : il a eu cette chirurgie appelée vasectomie!

Pour tous les gars qui s’inquiètent : non, ça ne goûte pas le décaféiné, non, ça ne donne pas de troubles de libido ni de problèmes d’érection et non, ça ne fait pas de vous des « castrés » ou des faux hommes! Au contraire! Quelle liberté de pouvoir faire l’amour sans stresser, sans se soucier de la contraception, et ce, à vie! Quel honneur de savoir que mon homme est assez viril pour prendre ça en main et nous donner ce merveilleux cadeau!

Alors non, la contraception n’est pas seulement une affaire de femmes! Bravo messieurs!

 

Florence n’était pas une statistique

Florence, c’était une petite sœur, une grande sœur, une sœur de cœur, une nièce complice, un

Florence, c’était une petite sœur, une grande sœur, une sœur de cœur, une nièce complice, une collègue devenue une amie, une « partner » de kickboxing, une joggeuse, une « partner » de voyages, une nouvelle amie, une amie de longue date, une éducatrice devenue une famille pour certains jeunes, une amoureuse, une belle-sœur aimante, une rencontre mémorable faite en voyage, une cousine, une « matante » gâteau, une marraine pleine de promesses. Florence, même à 28 ans, c’était le bébé de mes parents. Peut-être la plus sage des quatre, surement celle qui savait le mieux comment ne pas se faire prendre. Florence, c’était tout cela et tellement plus encore. Ce n’était pas une statistique.

Seulement 10 femmes sur 25 000 ou 0,04 % feront une embolie pulmonaire alors qu’elles prennent une pilule de 3e génération. C’est 2 fois plus fréquent que chez les femmes qui prennent une pilule de 2e génération et de 4 à 5 fois plus fréquent que chez les femmes qui ne prennent aucune pilule contraceptive. En fait, c’est que les hormones contenues dans celle-ci peuvent, chez certaines femmes, épaissir le sang, causant ainsi des caillots qui bloquent la circulation sanguine. 10 femmes sur 25 000, ça peut sembler peu. C’est pourquoi il arrive trop souvent qu’on nous prescrive ce médicament en négligeant cet aspect. On considère que les bénéfices dépassent les risques…

Le problème, ce n’est pas qu’on continue de le prescrire malgré les risques associés. Oui la prise de pilule contraceptive comporte plusieurs bénéfices et je ne m’y connais pas assez pour dire si oui ou non on devrait continuer de l’utiliser. Là n’est pas la question. Ce que je dénonce, c’est que ces risques soient si méconnus. C’est qu’on utilise des statistiques pour prescrire un médicament sans informer suffisamment les femmes concernées, les privant ainsi du pouvoir de peser le pour et le contre et de juger elles-mêmes si les bénéfices dépassent les risques. Prescrire la pilule est devenu banal. S’informe-t-on suffisamment de leur historique médical et des facteurs de risques qui pourraient faire en sorte qu’un autre moyen de contraception devrait être privilégié? Ont-elles des problèmes d’insuffisance veineuse (varices), l’habitude de faire de longs vols en avion, des antécédents de troubles sanguins dans la famille, fument-elles? Prendre le temps de poser ces questions permettrait aux médecins de mieux diriger leurs patientes vers un moyen de contraception indiqué pour elles et comportant le moins de risques possible. Certains le font, mais trop ne le font pas.

Ensuite, si la patiente, bien informée, convient que la pilule contraceptive est indiquée pour elle, prend-on alors le temps de la sensibiliser aux symptômes de phlébite et d’embolie pulmonaire, alors que ce médicament la rend de 4 à 5 fois plus susceptible d’en être victime. Lui dit-on quels sont les symptômes à surveiller et ce qu’elle doit faire si elle les observe ? Cette étape ne devrait jamais être négligée. Elle peut sauver des vies.

Si je considère mon expérience personnelle et celle d’une dizaine de mes amies et connaissances qui voient toutes des médecins différents, aucune ne se souvient avoir été informée des signes de phlébite ou d’embolie pulmonaire ni même des risques de la pilule contraceptive alors que toutes la prennent ou l’ont pris à un moment de leur vie. Est-ce nous qui avons oublié ces mises en garde parce qu’elles datent de plusieurs années et n’ont jamais été renouvelées ou est-ce les médecins qui ont négligé de le faire? Cela démontre toutefois qu’il y a un gros manque. Trop souvent, on ne prend pas le temps de nous expliquer ou alors on le fait lorsqu’on prescrit la pilule pour la première fois, puis on y revient que lorsque la femme atteint 35 ans, âge où les statistiques sont plus alarmantes. Trop souvent, ce n’est que lorsqu’un autre membre de la famille fait une phlébite ou une embolie que l’on informe ces femmes des effets néfastes pouvant être rattachés à la prise ce contraceptif. Je comprends que les médecins sont débordés, que le système de santé a des lacunes et que leurs conditions de travail ne sont pas optimales, mais avec le pouvoir de prescrire des médicaments viennent de grandes responsabilités qui ne peuvent être négligées. Peut-être certains tiennent-ils pour acquis que nous savons. Eh bien non, plusieurs d’entre nous ne savent pas. Florence ne savait pas.

« Est-ce qu’elle prenait la pilule contraceptive? » C’est la première question que tous les médecins nous ont posée suite au décès de Florence. Oui, elle prenait une pilule de 3e génération. La réponse fait mal. Comment se fait-il que le lien semble si évident par après, mais qu’il ne l’était pas suffisamment pour nous en informer avant l’irréversible? Peut-être Florence, sachant tout cela, aurait-elle tout de même décidé de prendre la pilule, mais elle aurait été à l’affut des signes de phlébite et d’embolie pulmonaire qu’elle présentait et aurait pu être traitée à temps.

Ma sœur a participé à une course quelques jours avant son décès. Elle avait mal au mollet et a donc dû terminer sa course en marchant. Cette douleur était présente depuis quelques jours. Elle croyait que c’était musculaire. Elle en a parlé à des amies. Personne n’a pensé à une phlébite. Le soir avant son décès, elle a vu que son mollet était un peu enflé. Elle ne s’est pas alarmée. Elle a dû croire qu’elle s’était « claqué un mollet » en s’entrainant, comme c’était le cas l’an passé. Les signes étaient là, mais elle ne les connaissait pas. Elle n’a pas eu la chance de les reconnaitre et de se rendre d’urgence à l’hôpital. Elle n’était pas informée. Je ne l’étais pas non plus et j’ai pris la pilule pendant des années, comme bien des femmes de notre âge. J’aurais fait exactement comme elle, parce qu’à 28 ans, on ne s’inquiète pas d’un petit mal de mollet… Sauf quand quelqu’un a compris toute l’importance de nous informer comme il se doit.

Ce n’était pas musculaire. Florence avait une bombe dans le mollet. Un caillot de sang qui bloquait sa circulation et qui menaçait de se déloger et de continuer sa route jusqu’à ses poumons. Le 24 septembre, Florence a perdu connaissance pendant un court moment au travail. Elle n’a pas cru sa vie en danger. Elle avait 28 ans, était sportive, s’alimentait bien. Comme la jeune femme responsable et l’éducatrice spécialisée dévouée qu’elle était, elle a attendu qu’on vienne la remplacer avant de se rendre aux urgences où ma mère l’a rejointe. Elles ont plaisanté, puis elle est partie passer quelques tests. Mais il était trop tard. La bombe a explosé. Le caillot s’est délogé. Florence n’est plus, parce qu’un petit 10 sur 25 000 ne justifiait pas qu’on s’attarde sur les risques. Parce que prescrire la pilule contraceptive est devenu si banal.

Si nous avions su…
Jamais ces mots n’auront été si douloureux. C’est pourquoi nous avons choisi de partager avec vous ces informations. Parce que malgré tout le temps que nous passons à ressasser ces évènements dans notre tête, la dure réalité, c’est que nous ne pourrons pas la ramener. Tout ce que nous pouvons faire maintenant, c’est en parler pour conscientiser nos proches, ses proches. Pour que les femmes soient conscientes des risques et questionnent leurs médecins et pour que ces derniers les informent et insistent sur les signes à surveiller.

Florence, c’était des souvenirs d’enfance, des regards complices, des fous rires à la tonne, une oreille attentive, des paroles rassurantes, un amour inconditionnel, des anecdotes à n’en plus finir, des secrets bien gardés, des réponses « punchées », une présence malgré la distance, des projets de voyage à l’infini. Florence, c’était tout cela et tellement plus encore, mais certainement pas une simple statistique.

Pour ceux et celles qui se posent des questions et qui voudraient plus de réponses, je vous suggère quelques liens. Je ne suis pas une spécialiste, donc je vous invite à visiter ces pages. Notez que le Nuvaring et plusieurs autres contraceptifs hormonaux agissent comme la pilule contraceptive et comportent, semble-t-il, les mêmes risques.
*AVEP (Association des victimes d’embolie pulmonaire en France) Vous retrouverez plusieurs témoignages de familles ayant perdu un proche ou de victimes ayant subi une embolie et vivant avec les séquelles. On y parle des risques de la pilule contraceptive.
http://www.avep-asso.org/association
*Ces sites fournissent de l’information sur les causes, symptômes, traitements et sur la prévention des embolies pulmonaires. Ils mentionnent tous un lien entre la prise de pilule et les embolies pulmonaires.
http://sct.poumon.ca/diseases-maladies/a-z/embolus-embolie/index_f.php
http://www.allodocteurs.fr/maladies/poumons/embolie-pulmonaire/embolie-pulmonaire-comment-reagir_5912.html
http://www.pharmaciengiphar.com/maladies/poumons-et-respiration/embolie-pulmonaire/embolie-pulmonaire-un-caillot-dans-poumonshttp://www.automesure.com/Pages/pilule3.html

 

Source du texte: La page Facebook d’Ariane Aumont-Légaré