Archives mars 2017

Les petits bonheurs

Les petits bonheu

Les petits bonheurs font que le quotidien est doux et joyeux. Prenons le temps de les vivre, de les saisir et de les apprécier.

Voici donc une liste non exhaustive de mes petits bonheurs.

– Me coller le visage dans le linge qui sort de la sécheuse.
– Fermer mes yeux au soleil.
– Vider le ballon d’eau chaude dans la douche.
– Me rouler dans ma couette le soir.
– Manger pas un, mais deux carreaux de chocolat.
– Me crémer tout le corps avec de l’huile de coco.
– M’asseoir en tailleur et ouvrir un livre.
– Mettre une capuche.
– Chanter comme une écervelée en passant la balayeuse.
– Écouter de bruit d’une bière qu’on dévisse.
– Manger la mousse du café avec une petite cuillère.
– Jeter un papier en visant la poubelle.
– Déchirer en dix mille morceaux la serviette en papier qui traîne sur la table.
– Péter les bulles d’un emballage plastique.
– Croquer dans mon aliment préféré.
– M’allonger sur le sol quand je reviens de courir.
– Me blottir sur mon gros chien le soir.
– Écouter en cachette le souffle apaisant de la respiration de mes enfants qui dorment.
– Mâcher de la gomme après avoir bu mon café.
– Prendre un bain avec beaucoup trop de mousse.
– Faire pipi sous la douche.
– Regarder de vieilles photos.
– Monter trop fort le son de la radio à la première note de ma chanson préférée.
– Regarder la lune.
– Sautiller dans les feuilles d’automne.
– Trouver des formes dans les nuages.

Et vous, avez-vous des petits bonheurs?

 

Gwendoline Duchaine

 

Mon frère

Lui, il me dit mes quatre vérités.

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Lui, il me dit mes quatre vérités.

Lui, c’est mon ami.

Il est mon confident.

Il est mon ancre.

Il est mon frère.

Lui, c’est presque le premier homme de ma vie; il est mon grand frère.

J’ai trente et un ans, lui trente-trois. Pourtant, j’ai encore souvent l’impression que nous en avons  treize et quinze.  Même trois et cinq, quand on dansait et chantait sur « Tourne la page ».

Il est celui qui a toujours pris soin de moi. Celui qui me traînait chez ses amis (parce que c’était aussi les miens, hein!), même si cela ne lui faisait pas toujours plaisir. Celui qui me laissait jouer même pas deux minutes au Nintendo, sachant très bien que Luigi allait mourir bien vite et laisser Mario avancer en paix. Malgré tout, je restais tout le long de la partie à ses côtés. Il était mon partner de bibliothèque. Ouais, on aimait lire, BD ou romans, et on allait dévaliser la biblio ensemble. Grâce à lui, j’ai découvert et je découvre encore des groupes ou des musiciens tellement pas plates. Je lui ai parlé de mes premiers amours, il m’a aussi confié les siens.

Une fois, une seule vraie fois, on s’est chicanés. C’était affreux. On se détestait, mais on s’aimait si fort de cet amour fraternel qu’on ne voulait pas réellement se faire de mal. C’était assurément la dispute la plus ridicule et laide de l’histoire des frères et sœurs. Maintenant, quand je vois mes minis se taper dessus, j’espère de tout mon cœur qu’ils n’auront qu’une seule vraie, ridicule et laide dispute entre eux. Que toujours, ils auront un lien si fort et que jamais ils ne voudront réellement se blesser, blesser le cœur de ces personnes si chères pour eux.

Une fois, j’ai touché le fond. Mon deuxième bébé avait deux mois, ma « grande » avait dix-huit mois. J’avais le syndrome de la superwoman/maman parfaite. Résultat : Je me suis retrouvée à pleurer d’épuisement pendant deux ou trois heures d’affilée dans ma salle de bain. Après avoir repris mes esprits, je lui ai écrit. J’ai écrit à mon frère que je n’allais pas bien, parce que je n’arrivais pas à parler tant je pleurais. Lui, il m’a appelée. Pendant une heure, il m’a parlé, il m’a confrontée à moi-même, il m’a rassurée, il m’a brassée… et moi, pendant une heure, j’ai pleuré. Il n’y avait que lui pour me faire prendre conscience de moi, de mon état et de ce que je m’imposais. Que lui pour trouver les bons mots pour me faire comprendre. Les semaines et les mois suivants, il continuait de s’assurer que sa petite sœur prenait du mieux.

Mon grand frère, c’est aussi celui à qui je peux être des semaines sans parler, mais avec qui je peux spontanément avoir une conversation des plus loufoques qui ne mène nulle part. Il est celui avec qui je peux faire un concours de rots et avoir une conversation des plus réfléchies dans la même soirée. Lui, il me manque parce qu’il habite loin de chez moi depuis quelques années. Mais quand on se voit, c’est simple et c’est mémorable à la fois. Lui, il n’a pas d’enfants, mais il m’enseigne souvent à être une meilleure maman pour les miens. Et de le voir les aimer, les comprendre, les cajoler, les faire rire, les écouter, c’est inestimable.

Je souhaite très fort que mes enfants auront toujours ce lien et cet amour qui les uniront. Qu’ils se taperont sur les nerfs, mais qu’ils seront capables de se le dire et que le reste sera plus fort que tout. Je sais qu’on ne choisit pas sa famille. Mais dans mon cœur de maman, j’espère sincèrement qu’ils choisiront d’être amis.

Lui, c’est mon ami.

Avec lui, je ris, je me confie; avec lui, je suis moi.

Lui, il me connaît parfois mieux que moi-même.

Lui, c’est mon grand frère, même si parfois, il me m’énerve solidement (je sais que je lui fais le même effet!), pour rien au monde je ne l’échangerais. Je m’estime chanceuse d’être la petite sœur d’un homme si merveilleux.

J’t’aime bro!

Caroline Gauthier

Chez nous

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Chez nous, il y a du linge qui traîne, on trouve des jouets dans absolument toutes les pièces de la maison, le plancher est rayé par les griffes des chiens et la table de la cuisine est envahie par le courrier accumulé. Ce n’est pas une maison témoin, c’est notre chez-nous, vivant et chaotique.

Notre maison est propre, mais mal rangée. Désorganisée quotidiennement par les enfants, mon chum ou moi. Parfois, on se ramasse, ça dure environ une demi-heure et le chaos revient. Sur le bureau de l’ordinateur familial, un vieux bol de popcorn attend de se faire nettoyer, des livres et de vieilles photos sont empilés comme la Tour de Pise, trois paires d’écouteurs traînent sur la chaise et un bibelot en bois pour masser les pieds bloque l’accès au clavier.

La table basse dans le salon est remplie de jeux de société, de livres, d’albums photo, de jeux de cartes et de tablettes électroniques. Les meubles sont tout croches et les cadres au mur ne sont jamais droits. Dans la cuisine, le comptoir est tellement rempli qu’on n’a jamais de place pour cuisiner et on coupe nos légumes sur la table de la cuisine entre deux piles de lettres de la banque.

Notre lit est un dépôt de linge. Notre canapé aussi d’ailleurs! Les sacs d’école traînent sur le plancher, entre les boîtes à lunch et les bottes. Il y a des chaussettes orphelines un peu partout. On trouve des verres oubliés dans toutes les pièces. La laisse du chien attend sa prochaine promenade sur le paillasson de l’entrée, à côté de la caisse de bières vides qui est censée aller à la consigne depuis trois semaines.

Je ferme religieusement la porte de la chambre de mes ados pour ne pas voir leur chaos. Je ne dispute jamais mon chum parce que ses vêtements de l’avant-veille sont au pied du lit, car je fais la même chose!

Dans la salle de bain, à côté du verre à brosses à dents, on trouve un gazou, une charge de téléphone et un crayon-feutre. La baignoire est pleine de mitaines et de tuques qui sèchent. La serviette du petit dernier est à terre devant la porte de la douche.

Oh que non, ce n’est pas une maison témoin! Parfois, je suis un peu gênée d’aller chez des gens où rien ne dépasse, où tout est rangé, où c’est trop… vide! Je ne peux pas croire que des enfants vivent et jouent ici!

Chez nous, c’est vivant. Chaque objet perdu finira par être retrouvé. Chaque morceau de linge porte les souvenirs de sa journée. Chaque jouet est plein de vie.
Chez nous, c’est animé.

Je préfère savourer cette vie-là, plutôt que passer mon temps à ranger.

Et vous, lâchez-vous prise sur votre lieu de vie?

 

Gwendoline Duchaine

 

À toi l’adolescent(e) qui rêve d’être policier ou policière

Premièrement, laisse-moi te dire d’entrée de jeu que c’est, selon

Premièrement, laisse-moi te dire d’entrée de jeu que c’est, selon moi, le plus beau métier du monde. J’ai la chance et le privilège de le faire depuis vingt ans. Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu devenir policier. Très jeune, dès que j’avais réussi à me ramasser un gros 2 $, je courais au dépanneur pas loin de la maison pour m’acheter un faux fusil avec clé et menottes d’une qualité questionnable. Comme j’ai eu du plaisir avec ces articles qui brisaient dans les jours suivants. Aucune importance, je m’en achetais d’autres dès que j’avais un 2 $.

J’ai commencé ma carrière à l’âge de vingt-quatre ans. Quelle journée incroyable! Cette première journée à revêtir l’uniforme et à servir la population restera gravée dans ma tête toute ma vie. D’ailleurs, ma première partenaire de travail vous confirmerait que cette journée n’en était pas une habituelle. Je me suis même dit : dire qu’on me paye pour faire ce métier!

Je ne sais pas pour quelle raison tu souhaites devenir policier. Pour changer le monde, sauver des vies, porter l’uniforme, arrêter des voleurs, pour le salaire… Bref, de nombreuses raisons peuvent t’emmener à vouloir faire ce métier. Laisse-moi donc te donner un aperçu de ce qui t’attend. Et toi qui ne désires pas être policier, prends quand même le temps de voir ce que signifie être policier en 2017.

Faire le plus beau métier du monde comporte beaucoup d’avantages, mais également beaucoup de… appelons ça des défis à relever.

Commençons par les avantages :

Tu auras la chance d’aider les gens de tout plein de manières. Tu pourras même avoir la chance de pratiquer pour quelques heures d’autres métiers du genre psychologue, infirmier, médiateur, garagiste, conciliateur et j’en passe. Tu auras peut-être la chance de sauver une ou des vies. Tu seras un exemple pour les enfants qui te regarderont avec des yeux brillants. Oui, tu auras un bon salaire, mais tu verras tantôt dans les défis à relever pourquoi ton métier mérite un tel salaire. Tu aideras la société à avoir un meilleur monde plus sécuritaire. Tu pourras faire la différence dans la vie de certaines personnes. Tu feras partie d’une belle grande famille très solidaire et attachante. Tu développeras dans cette famille des amitiés qui resteront à vie. Tu auras des congés dans la semaine, ce qui te permettra de faire tes courses quand les magasins sont moins fréquentés (hahaha! oui oui, avec le temps, on s’arrange pour trouver des avantages à nos horaires). Tes vêtements de travail te seront fournis, ce qui n’est pas à négliger. La fierté de porter l’uniforme! Tu pourras prendre ta retraite un peu plus jeune que la majeure partie de la population, mais ton fonds de pension, tu ne l’auras pas volé. Oui, il arrivera même qu’un commerce t’offre un café gratuit!

Tu feras donc le plus beau métier de ce monde.

Maintenant, voici les désavantages défis à relever qui sont malheureusement nombreux :

Tu auras de grandes responsabilités et la société aura donc de très grandes attentes envers toi. Les remerciements seront très rares, mais les insultes et reproches feront partie de ton quotidien. Insulter un policier est devenu acceptable pour la société. Tu auras à travailler sur des horaires qui hypothéqueront ta santé. Jour, soir, nuit, fin de semaine, Noël, Jour de l’an, Pâques… Bref, tu travailleras souvent pendant que les autres sont en congé et en famille. À cause de cet horaire, ta vie de couple sera difficile et il faudra trouver une conjointe TRÈS compréhensive. Ce n’est pas pour rien qu’il y a beaucoup de couples de policiers. Tu manqueras quelquefois des journées importantes pour tes enfants, car tu ne pourras pas prendre congé comme tu veux. Tu devras faire des heures supplémentaires qui ne seront pas prévues et tu n’auras pas le choix. Pensez-vous qu’on peut dire à une dame qui fait le 9-1-1 parce qu’elle a été attaquée : « Désolé madame, je comprends que vous avez été victime de voies de fait, mais moi je finis dans vingt minutes et j’ai un souper important avec ma femme et mes enfants, alors pouvez-vous nous rappeler demain? »

Tu mettras ta vie en danger quotidiennement. Tu verras des horreurs que d’autres êtres humains ne pourraient supporter. Tu seras confronté à la misère humaine, à des scènes difficiles, à des gens agressifs, à des gens qui veulent mourir et à des morts, bien évidemment.

Tu devras faire appliquer les lois, dont le code de la sécurité routière. Oui oui, des contraventions, tu devras en donner, car ça fait partie de la job. Tu te développeras un genre de protection pour ne pas te laisser atteindre, car tu en entendras de toutes les couleurs en donnant des tickets. Si tu es souriant, tu es considéré comme arrogant. Si tu ne souris pas, tu es considéré comme un air bête. Tu seras considéré comme un sans-cœur, un sans-génie, et on te souhaitera les pires choses en n’hésitant pas à te traiter de cochon, porc, chien sale, trou du cul, cave, imbécile… Je vais arrêter là, car il n’y a pas beaucoup d’insultes qu’un policier n’entend pas. Tu finiras par en rire, mais pas trop, sinon tu seras considéré comme baveux.

Tu auras des heures de repas irrégulières et souvent coupées par un appel. Tu devras alors foutre ton repas aux poubelles. Quand tu voudras prendre une pause, car ton heure de repas a été annulée, attends-toi à te faire dire qu’on ne te paye pas pour prendre un café.

Tu devras prendre des décisions dans une fraction de seconde lors de certaines interventions. Par la suite, des gens prendront des semaines voire des mois pour vérifier si tu as fait la bonne chose.

OK! OK! Je vais arrêter sur les défis à relever, car quand vous regarderez ma conclusion, vous allez penser que je suis complètement fou puisque j’ai envie de vous dire que jamais, je ne changerais de métier. J’ai eu la chance de choisir le meilleur métier du monde et le mérite de réussir ce qu’il fallait pour m’y rendre. Ce métier est incomparable et l’adrénaline que certaines situations te procureront n’a pas de prix. Quelle fierté d’aider ton prochain!

Malgré tous les défis que je t’ai énumérés et les autres que tu aurais pu entendre depuis que tu rêves de devenir policier, moi je te dis : VAS-Y, FONCE. Ne te laisse pas influencer par tout ce que tu peux voir dans les médias. C’est un métier honorable et ne t’inquiète pas, il y aura aussi une petite partie de la population qui n’hésitera pas à te remercier. Il y a même une page Facebook (Soutien aux policiers Qc/Support Cops Canada) qui existe pour soutenir les policiers. De plus en plus de citoyens rejoignent ces pages et je crois qu’on s’en va dans le bon sens. Alors voilà, continue à faire ce qu’il faut pour atteindre ton but.

Au plaisir de travailler avec toi! N’hésite pas à me contacter pour me poser des questions en cas de besoin!

Yanick Bissonnette

Ma vessie et moi

J’ai les trois plus belles filles du monde (à bas l’objectivit

J’ai les trois plus belles filles du monde (à bas l’objectivité!). Je les ai portées toutes les trois pendant trente-sept semaines et quatre jours. J’ai accouché deux fois par voies naturelles et eu ma petite rebelle par césarienne. Je ne sais pas si c’est le total de toutes ces semaines, le poids des grossesses sur ma vessie ou encore les accouchements, mais ma super vessie n’est plus.

Avant les filles, je pouvais passer une journée entière sans faire pipi. Passer une nuit entière sans me lever, dormir douze heures en ligne. Une super vessie contenant des litres et des litres d’urine.

Et là, les filles sont arrivées. Tranquillement après chaque grossesse, j’ai senti que ma vessie perdait de sa capacité. Que ma capacité à me retenir diminuait, pour ne pas dire disparaissait.

Éternuer est devenu une épreuve olympique. Prévoir ledit éternuement, croiser les jambes et squeezer le périnée. Parce qu’éternuer sans les préalables nommés occasionne une fuite, plus ou moins importante selon le nombre d’éternuements consécutifs.

Je me suis même retrouvée dans un cours d’aérobie à faire des jumping jack d’une drôle de manière. Assez bizarrement pour que la prof vienne me voir et me demande si j’étais blessée. Et moi de répondre : « Oui, j’ai mal à un genou! » Pitoyable, car dans les faits, à chaque saut, je sentais que ma vessie expulsait une petite quantité de pipi.

Moi qui, pour faire une blague à ma mère, lui avais commandé un échantillon de serviettes d’incontinence. Parce que ses fuites et son incapacité à se retenir étaient devenues un running gag entre mes sœurs, ma mère et moi. Je me retrouvais dans une allée d’un supermarché, à contempler un mur de ces serviettes. À essayer d’évaluer à combien de gouttes équivalaient mes fuites (un peu, moyen ou merde je me pisse dessus).

J’avoue avoir pensé que les exercices de Kegels lors de mes grossesses n’étaient peut-être pas aussi nécessaires que ce que les médecins prônaient. Je les faisais parfois, sans trop de constance ni de persévérance. J’avais une vessie grande capacité, pourquoi me casser la tête avec ça? Ma vessie, elle ne m’abandonnerait jamais, on avait une relation privilégiée elle et moi.

Non! Elle a dit adieu à cette relation. Nos rapports sont maintenant houleux et remplis de surprises.

Tout ce que je sais, c’est que maintenant, le trampoline est devenu un engin de torture que j’évite. Cependant, lorsque sous les supplications de mes filles, je cède…

Je me dirige vers la salle de bain et j’enfile ce que j’ai finalement choisi dans le rayon de l’incontinence…

Mélanie Paradis

 

Voyager avec ses petits-enfants… que du bonheur!

Depuis trois ans, je vais en vacances dans le sud avec ma fille et

Depuis trois ans, je vais en vacances dans le sud avec ma fille et sa famille.

Bon, c’est sûr qu’il ne faut pas s’attendre à se prélasser sur la plage et à faire la grasse matinée avec des enfants, et ce, même en vacances, mais le plaisir de passer du bon temps avec ses petits-enfants en vaut le coup.

Cette fois-ci, puisque mon conjoint n’était pas là, j’ai proposé à mon petit-fils de trois ans de partager ma chambre avec lui. Il m’a dit : « Parfait, comme ça mon frère ne me dérangera pas! »

Le départ n’a pas été de tout repos : levés à 3 heures, les enfants ont été réveillés au milieu de la nuit et on peut dire que « ç’a scrappé » le reste de leur journée. À peine une sieste d’une heure dans l’avion. Le tout-petit a jacassé et bougé comme il pouvait d’un banc à l’autre, empêchant ses parents de fermer l’œil! Enfin arrivés à l’hôtel, on sort les maillots et hop ! Un petit drink sur la plage! Chin Chin à nos vacances!

Pas question de faire une sieste pour «  Monsieur 18 mois ». Il a décidé qu’il profiterait de sa première journée sur la plage au grand dam de ses parents qui espéraient relaxer sur une chaise longue. Le premier souper a eu raison de la fatigue de petit-fils. Comme il ne tenait plus sur sa chaise, j’ai proposé aux parents d’aller me coucher avec les enfants parce que Mamou aussi était fatiguée, et de les laisser aller souper sur la plage.

En vacances, il faut laisser l’horaire à la maison. De toute façon, nous n’avions pas de montre et il n’y avait pas d’heure indiquée nulle part. Donc notre réveille-matin était les enfants, la sieste était à l’heure où ils ne s’enduraient plus et les repas, quand le sable n’était plus satisfaisant. Il faut lâcher prise, laisser les enfants s’amuser… la mer, la piscine, le sable, il n’en faut pas plus. Manger plus de crème glacée que de légumes et laisser fiston de trois ans s’assoir au bar et demander… un mojito por favor… no alcool… gracias!

J’ai profité du bonheur de regarder les enfants jouer, rire, découvrir. J’ai apporté mon aide aux parents, je suis allée endormir petit-fiston en poussette, j’ai laissé les parents souper en tête-à-tête, aller voir des spectacles. Bref, j’ai passé du bon temps avec eux. Je ne me sentais pas comme la gardienne puisqu’on s’est échangé les rôles et j’ai aussi profité de moments de repos.

J’ai juste hâte aux prochains voyages!

Mamou ❤

« Ta maison Pinterest » ou « Le jour où tu as embauché une femme de ménage »

Ça s’en vient.

Tu le sens qu

Ça s’en vient.

Tu le sens que tu es sur le point de flancher. Tu te pensais au-dessus de tes affaires, capable de tout mener de front : ta vie de famille, ta carrière, tes temps libres (c’est quoi ça, des temps libres?)

Tu vois tes amies qui elles, parlent de leur bonheur de retourner dans une maison propre et bien rangée. Tu es contente pour elles, mais tu persistes à croire que TOI, tu n’as pas besoin de ce luxe. Tu gères tout comme une grande fille (bruits de criquets).

Secrètement, avec le temps, tu les envies… Pire : tu les jalouses!

Tu n’en peux plus d’avoir le « fixe » sur la poussière recouvrant ton meuble de télé, ce qui te fait manquer la moitié du film (sur lequel tu t’endors, de toute façon parce que t’es crevée).

Les traces de doigts sur tes beaux électros en stainless t’exaspèrent.

Tu penses fréquemment que tu as adopté un troisième chien à force de ramasser les boules de poils un peu partout.

Tu redoutes le p’tit rayon de soleil de fin d’après-midi, car à cet instant, les traces de coussinets de tes deux pitous sur le plancher, tu les vois TRÈS bien…

Je sens que je vais prendre cette décision qui changera nos vies.

Je suis sur le point de saisir qu’une femme de ménage, c’est un investissement et non une dépense…

Imagine!

Tu rentres du boulot, ça sent bon, ça sent frais! Ton plancher reluit, tu as l’impression d’avoir de nouveaux électros et tu te demandes si tes chiens habitent encore chez toi…

Tu peux ENFIN profiter du temps de fin de semaine en famille, regarder un film ─ presque ─ jusqu’à la fin  et peut-être même avoir du temps pour toi sans culpabiliser d’avoir remis le lavage du plancher à plus tard.

LE RÊVE!

C’est fou ce que trois au quatre heures de ménage aux deux semaines peuvent procurer comme bienfaits; ça s’en vient, je vous le dis!

Karine Lamarche

Ta crise de la trentaine

On connaît tous quelqu’un qui l’a attrapée. La

On connaît tous quelqu’un qui l’a attrapée. La fameuse crise de la trentaine. Un ami m’a raconté les mille et un questionnements qui lui ont rongé l’âme à l’aube de ses trente ans… Quand j’étais enfant, on me ressassait l’histoire de ma tante qui avait passé son trentième anniversaire cachée dans le fond de sa garde-robe de chambre… On connaît tous quelqu’un, de près ou de loin, qui a chopé le fameux virus qui enlève tout bon sens lorsqu’on change de dizaine ! Je pensais bien que ces histoires étaient exagérées… jusqu’à ce que tu aies vingt-neuf ans, dix mois et des poussières…

Tu sembles tout à coup chamboulé de préoccupations, qui se bousculent dans ta tête comme si tu devais absolument te réveiller le jour de tes trente ans dans une vie parfaite et sans embûches. Tu tentes de remettre de l’ordre… ou de foutre le bordel… je ne sais plus trop… Tu te questionnes sur ton emploi. Et si ce n’était pas la bonne branche pour toi? Et si tu n’étais pas heureux là-dedans? Et si tu ne voulais pas y travailler pour les trente prochaines années? Tu adorais ton poste… Puis, du jour au lendemain, tu ne vois que les défis, les journées plates et les mauvais côtés.

Tu te questionnes sur ton couple aussi. Est-ce que tu es avec la bonne personne? Êtes-vous à la même place dans la vie? Avez-vous les mêmes buts, les mêmes rêves, les mêmes aspirations? Est-ce que ce serait vraiment différent avec quelqu’un d’autre? La personne qui t’accompagnait depuis des années, celle qui était ton roc, semble tout à coup tellement changée… Tu lui découvres une nouvelle facette, et tu te demandes encore si tu prends tes jambes à ton cou… ou pas.

Même ta maison, elle n’est plus assez bien pour toi. Trop grande pour rien. Trop petite pour avoir des enfants. Trop de travaux à effectuer. Juste tanné de la déco. Toutes les raisons sont bonnes pour regarder ailleurs. Idem pour la voiture. Tout à coup, tu ressens le besoin de tout changer.

Pis tes amis, eux autres? Y’a tous ceux qui sont devenus des parents, alors que tu n’y comprends rien. Y’a tous ceux qui ont mal viré, et c’est quand même pas là que tu veux aller. Y’a tous ceux que tu voyais tous les jours, mais qui, du coup, te tapent royalement sur les nerfs…

C’est officiel, t’es en crise de la trentaine. Maintenant que c’est dit, je vais te dire que tu as bien des privilèges. T’as le droit de voyager. T’as le droit de te chercher. T’as le droit de te poser des questions. T’as le droit de vouloir être heureux. T’as le droit de vouloir te réveiller rempli de bonheur le matin de tes trente ans. Pis ça approche vite, je le sais, c’est écrit sur mon calendrier.

Mais y’a des limites, t’sais. T’as pas le droit de blesser ceux qui t’entourent. T’as pas le droit de foutre toute ta vie en l’air, d’un coup comme ça. T’as pas le droit de penser que t’es tout seul là-dedans. Pis t’as pas le droit de te lancer dans le vide, sans réfléchir. Parce que si c’est vraiment ça qui te tente, y’a des forfaits pas pires de sauts en parachute. Là, c’est de ta vie qu’il s’agit. Pis je ne voudrais juste pas que tu le regrettes plus tard… Parce que je t’aime.

Si c’est le bonheur que tu cherches, arrête-toi une seconde pour profiter de la vie. Commence donc par voir tous les petits bonheurs dans ton petit chez-toi. Regarde le soleil se coucher de la fenêtre de ta chambre. Savoure un bon petit café. Bouge. Fais du sport. Donne. Donne de ton temps et de ton cœur. Va voir ton monde et prends-les dans tes bras. Y’a tellement de beau déjà dans cette vie… Il suffirait que tu veuilles le voir.

Il y a une vieille légende hindoue qui raconte que la divinité de chaque homme serait cachée en lui-même, puisque c’est le seul endroit où il ne pense jamais à aller chercher… Peut-être que tu as pensé à aller vérifier aux quatre coins de la terre, mais que le simple bonheur se trouve plus près que tu ne le penses…

Je n’ai pas réponse à tout. Je ne le prétends pas non plus. Peut-être que c’est toi qui as compris le sens de la vie. Peut-être aussi que j’ai une petite longueur d’avance. Peut-être que c’est moi qui vais attraper le même virus pour mes trente ans. Peut-être aussi que mon bonheur au quotidien m’a déjà immunisée contre la crise de la trentaine… Il y a cependant une chose que je sais, c’est que peu importe les choix que tu fais et ceux que tu assumeras, je serai toujours là.

Parce que je t’aime.

Pis dans quelques années, je me réserve le droit de te dire : « Je te l’avais bien dit ».

 

 

Mes condoléances pour votre rêve décédé

Toute petite, on me complimentait déjà pour mon imagination en con

Toute petite, on me complimentait déjà pour mon imagination en constante ébullition. J’étais une rêveuse chronique. Qu’est-il advenu de ces rêves? Morts et enterrés?

Déjà au temps des robes de princesse et des siestes d’après-midi, je dessinais partout, tout le temps. Je m’étais fabriqué une boîte à compartiments dans laquelle j’accumulais des histoires que j’écrivais. Je rêvais de vivre sur un voilier et de parcourir le monde. Comme bien des petites filles, je voulais devenir enseignante et être entourée d’enfants. Les miens et ceux des autres. Une fois devenue grande (si on peut dire qu’à 5 pi 2 po, je suis grande!), je me voyais enseigner à mes enfants à la maison et faire plein d’activités originales avec eux.

Certains de mes rêves ont vécu, certains sont morts dans l’œuf ou pas longtemps après l’éclosion. L’art est resté un loisir. Je crochète et je couds par période, pour déjouer mes idées et ramollir mon stress. Je peins et je dessine à l’occasion, mais pas assez à mon goût. Pourquoi? J’avais l’impression de me disperser et de me sentir déçue de ne pas terminer mes millions de projets. J’ai donc choisi de me concentrer sur un domaine : l’écriture. J’écris, j’ai publié mon premier livre (quel accomplissement pour la petite fille qui n’avait publié qu’en collectif jusque-là!) et j’ai mis sur pied ma propre maison d’édition. Je continue mon chemin, direction rêve accompli et fierté dans le piton.

J’ai voyagé en masse pendant une période de ma vie. À dix-huit ans, je travaillais en Israël, je découvrais l’Égypte, la Grèce, la Grande-Bretagne, Chypre. Burkina Faso, Italie, Danemark, États-Unis, Belgique, Croatie, Slovénie, Espagne, Portugal, Mexique, Allemagne : je ne peux pas me plaindre! Mais je ne navigue pas sur les mers. Je ne sais pas même pas faire de kayak ni diriger un voilier. Adios, rêve? Peut-être juste en partie. Une école de voile donne des cours à quinze minutes de chez moi et j’ai bien l’intention de m’y inscrire d’ici deux ans. Une amie m’a aussi promis de m’enseigner le B. A. BA du kayak. Je ne vivrai peut-être pas sur un voilier (quoique la vie est encore jeune), mais je vivrai une partie de mon rêve anyway.

Je rêvais d’enseigner les littératures au cégep, mais une fois mon diplôme obtenu, la dépression m’a attaquée. En entrevue, j’ai perdu mes moyens. On me demandait de nommer des écrivains que je connaissais par cœur : devant moi, un immense écran blanc. Pu de sons, pu d’images. J’ai pensé que ma carrière était finie avant même d’avoir commencé. Puis, j’ai été engagée pour enseigner à l’université. Comme quoi on doit accepter de se laisser surprendre par nos rêves! J’ai enseigné cinq ans, puis j’ai réévalué mon rêve.

En réalité, je suis revenue à un autre rêve, celui d’être entourée d’enfants heureux. Mes enfants avaient besoin de moi, alors j’ai opté pour un emploi moins créateur d’heures supplémentaires. En plus, cet emploi me laisse plus de temps pour écrire, joie! Par contre, je dois faire le deuil de mon projet d’enseigner à mes enfants à domicile. Des circonstances, la personnalité des enfants et la mienne, les valeurs de mon conjoint, le budget, la poursuite d’autres rêves : tout cela a contribué à la décision d’inscrire nos enfants dans le système scolaire « normal ».

Mais je me venge en enseignant à mes enfants autrement. Ma plus vieille est inscrite au secondaire dans un programme spécialisé en arts, et sa prof s’étonne toujours qu’elle connaisse presque toutes les techniques enseignées. « C’est ma mère qui me l’a montrée! » Ma fille de dix ans nous surprend chaque jour avec sa « minute scientifique ». Elle enseigne à son frère de quatre ans l’importance de prendre soin de ses trois cerveaux : le cerveau reptilien, le cerveau supérieur et celui de l’intestin. À cinq ans, mon autre petit bonhomme récitait les quatre accords toltèques et tentait de son mieux de les mettre en pratique. Je me rends au travail chaque matin au lieu de leur enseigner à domicile, mais vraiment, je leur enseigne quand même. Autrement.

Dans le Coup de pouce sur les 300 conseils pour être bien dans sa tête, il est question du deuil des rêves. Je suis bien d’accord avec l’idée. Prendre conscience qu’on ne réalisera pas un rêve qui nous tenait à cœur entraîne un deuil, une période de remise en question et de déception. La vie bouge, on évolue, les rêves changent et s’adaptent à notre nouvelle réalité. Et si un rêve qui meurt servait de compost pour les autres rêves qui nous feront vivre et grandir? Si un rêve qui s’éteint se transformait en échelle pour nous amener encore plus haut, plus loin?

Et si le seul rêve essentiel, c’est d’être heureux et de participer au bonheur des autres?

Et vous, quels étaient vos rêves et que sont-ils devenus?

Nathalie Courcy

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