Archives mars 2017

Chapeau à toi, parent imparfait

Pourquoi voulons-nous toujours que tout soit parfait? La maison parf

Pourquoi voulons-nous toujours que tout soit parfait? La maison parfaite, le job parfait, la maman parfaite, le papa parfait. Et si on s’enlevait un peu de poids sur les épaules?

Les plus beaux souvenirs que les enfants garderont de nous ne seront pas notre plancher immaculé. Ce sera la fois où vous aurez dansé comme des fous dans la cuisine. La fois où vous aurez bu un verre de lait bleu afin de vous transformer en Schtroumf! J’essaie bien de me le rappeler moi même, mais je suis un cordonnier bien mal chaussé.

Vos enfants se rappelleront la fois où vous avez mangé le dessert comme entrée, non pas de la fois où vous aurez fait ce fameux souper qui vous a pris cinq heures à préparer. Et pourtant, encore une fois, jour après jour je me casse la tête à trouver de nouvelles recettes que mes rejetons pourraient apprécier.

À toujours vouloir que tout soit parfait, nous perdons de précieux moments. Je me sens souvent coupable de ne pas assez jouer avec mes enfants, alors je mets tout sur pause et m’assieds par terre pour simplement PROFITER. Profiter du fait que mes enfants VEULENT jouer avec moi, profiter de l’amour que mes enfants manifestent envers moi, profiter des crises de chatouilles pour entendre ce rire d’enfants si précieux à mes oreilles.

Parce que dans quelques années, ce sera terminé. Je ne suis pas inquiète, je trouverai ce petit bonheur en d’autres occasions avec mes enfants devenus grands, mais je tiens à me souvenir de chaque étape précieusement. Dans chaque étape, j’accompagne mes enfants avec plaisir pour tenter d’apercevoir cette petite lueur d’accomplissement que l’on voit parfois passer. Cette lueur de fierté que j’espère de tout cœur restera au fond de leur pupille tout au long de leur vie.

À ceux dont la maison est toujours impeccable, et bien bravo! Mais cela ne m’impressionne pas. Chapeau à toi la maman imparfaite qui vit dans une maison imparfaite, dans un parfait bordel parce que je suis convaincue que tu profites beaucoup plus de ta progéniture que celles qui ne cessent de frotter. Tu assumes les jouets qui trainent par terre, tu assumes les petits doigts que l’on voit dans les miroirs de ta maison, tu assumes les lits qui ne sont pas faits. Parce qu’au fond, tu sais que tu fais de ton mieux et que ce n’est pas la fin du monde. Une chose à la fois.

À bas les maisons Pinterest! Avec des enfants, si c’est beau pendant trente minutes, mission accomplie. Alors toi, la maman qui s’assume dans sa maison propre mais sens dessus dessous, je t’aime!

Combien de fois, je réponds : Attends, maman lave la vaisselle! Attends, maman passe la balayeuse! Et soudain, je me dis : Attends une minute, la vaisselle peut bien attendre cinq minutes. Encore une fois, je lâche tout pour aller à côté de mon enfant. Je ne parle pas de répondre à ses moindres caprices, mais bien de choisir de petits moments qui nous glissent parfois entre les doigts.

Lorsqu’on me dit : « Désolé, je n’ai pas le temps! », je réponds : Maintenant âgée de trente ans, je sais que prendre le temps est un choix. Pas toujours évident bien sûr, mais tout est une question de priorité. Quelles sont vos priorités? Votre emploi, vos enfants, votre partenaire? Et dans quel ordre les placez-vous?

Si vous voulez faire un casse-tête avec votre petit dernier, mais qu’il vous faut aussi faire la vaisselle, arrêtez-vous un instant et faites le foutu casse-tête! À bas cette foutue pression de perfection. Faites ce que vous pouvez, selon vos priorités. L’imperfection dans toute sa splendeur!

Geneviève Dutrisac

Mes moments à moi de moi avec tout mon amour

Avec le temps, j’ai commencé à prendre soin de moi. Il paraît q

Avec le temps, j’ai commencé à prendre soin de moi. Il paraît que nous sommes les mieux placés pour nous donner des petits moments réconfortants. Pas qu’un bouquet de fleurs, un kidnapping en règle par nos chums de filles ou une invitation de notre homme au spa, ce n’est pas bienvenu, au contraire! Mais on risque d’attendre longtemps.

  • Quand mon homme est parti en mission au Kosovo, je me suis acheté un matelas chauffant pour mettre sous mes couvertures. En fait, c’est ce dont les massothérapeutes se servent pour tenir au chaud leurs patients et les aider à se détendre. Si ça me fait du bien quand je me paie un massage, pourquoi je devrais m’en passer les trente autres journées du mois?
  • J’ai cousu plusieurs bouillottes de différentes tailles (coton et orge, pas plus compliqué que ça). Je suis donc toujours à deux minutes d’un câlin chaud dans le cou, dans le dos, sur le ventre, en dessous des pieds. Mes enfants me les volent souvent, mais j’en ai tellement que je finis toujours par en trouver une quand ça me tente de me gâter.
  • Un massage par mois, c’est le bonheur pour moi! Ou une visite chez le chiro, ou chez l’ostéo ou chez quelqu’un qui s’occupe de mon corps, qui le taponne, qui le manipule, qui relaxe mes muscles et mes os. Ça n’enlève pas les tonnes qui pèsent parfois sur mes épaules, mais ça me donne l’impression d’en laisser une partie sur la table de traitement.
  • Une fondue au chocolat, full fraises, full bananes, en tête à tête avec ma propre personne, en regardant Grey’s anatomy ou Les recettes pompettes quand les enfants dorment, ça me donne une mini impression d’être délinquante et libre.
  • Un drink au Kalua avec des pépites d’érable (2 portions, les pépites!), c’est cool.
  • Après Noël, j’ai un peu abusé des spéciaux sur le thé et les accessoires pour le thé. J’ai le choix entre les théières et les sortes, selon mes humeurs. Et si je veux vraiment me gâter, je partage ledit thé avec une bonne amie, en jasant et en riant pendant que nos enfants jouent à un autre étage.
  • Commencer le ménage de la maison par MA chambre, ça fait du bien, ça aussi! Pour une fois, c’est MON espace qui est dégagé, aéré, parfumé, même si je n’ai pas le temps ou l’énergie de faire le reste la journée même. C’est si facile de se mettre en dernier!
  • Huiles essentielles, merci d’exister! Au bureau en application locale ou en diffusion dans la maison, il y a toujours une odeur qui me rassure, me réconforte, me donne un élan de bonne humeur ou m’aide. Même chose pour les couleurs : Si je me sens patraque le matin, ça m’arrive de porter un chandail jaune poussin plutôt que le noir qui m’avait attirée au premier regard. En plus, dans ce temps-là, plein de personnes me disent que ça me va bien et que ça ensoleille leur journée. J’en profite pour absorber leurs ondes de lumière!
  • Le Tiger Balm ou les huiles camphrées, ce n’est pas juste pour les muscles endoloris. Je m’en mets « juste parce que ». Ça fait résonner des neurones de bien-être chez moi. Et en plus, ça fait dire à ma fille : « Onh! Maman! Tu sens comme une rose qui éclot au lever du jour! » Essayez de résister!
  • Me sauver pour aller prendre un breuvage chaud au Starbuck en bonne compagnie, et rester jusqu’à la fermeture même après le départ de la bonne compagnie. J’écris, je lis, je regarde autour, je suis. Tout simplement.
  • Les matins de fin de semaine, il y a bien sûr la grasse matinée que je peux me permettre puisque mes enfants sont de plus en plus autonomes. Parfois, je triche et je fais semblant de dormir alors que je lis ou que je barbote dans un bain moussant. Chut! Gardez mon secret pour vous!
  • Ces matins-là, il y a aussi l’appel de la chaise berçante dans le soleil qui se fait entendre. Je m’y installe avec mon thé ou mon smoothie fait maison, j’attends que le temps passe en m’émerveillant devant mes enfants qui me laissent prendre cette pause. Et souvent, ils en profitent pour venir me coller à tour de rôle avec des « Je t’adore beaucoup, maman! » qui font du bien.

Ce qui est bien avec ces moments nombrilistes, c’est qu’une fois que j’ai refait ma dose de bien-être intérieur, je suis prête à contaminer les autres avec mon bonheur, en commençant par mes enfants!

Et vous, quels sont vos moments « à moi de moi »? Je suis convaincue que je pourrais m’en inspirer…

Nathalie Courcy

Les confessions d’une toutoune

J’ai mijoté ce texte avec en tête de le faire de façon anonyme,

J’ai mijoté ce texte avec en tête de le faire de façon anonyme, mais plus mon texte faisait son petit bonhomme de chemin dans ma tête, plus ça me semblait illogique.

Je suis une toutoune! Mais une vraie, là : mes cuisses sont plus grosses que la tête de certaines de mes amies, mais je dois avouer qu’elles sont certainement aussi dures. Mes quinze années de patinage artistique m’ont façonné des mollets en acier trempé qui ne rentrent pas dans des belles p’tites bottes fancy. Vive les bottillons! Mes seins sont… comment dire : on me surnommait « Les boules » au secondaire. Ils entraient dans la pièce avant moi, c’est peu dire! Et bien sûr tout le reste qui peut être enrobé, l’est! Je suis une toutoune! Mais pourtant…

Je suis madame pas de gras/pas de sucre. Quand quelqu’un veut manger sainement, il me téléphone! Ça me prend 1 h 30 faire mon épicerie parce que tout un chacun me demande des conseils pour améliorer une recette ou rendre un plat plus santé. Je cuisine toutes les affaires plates : tofu, quinoa, graines chia, chou kale et compagnie, pis je les rends le fun. Je choisis toujours la viande la moins grasse; mon bacon, je l’achète à la dinde! Du pain blanc, des pâtes blanches? Je sais même pu ce que ça goûte. Et pourtant : JE SUIS UNE TOUTOUNE!

J’oserai jamais tricher plus qu’une fois dans ma semaine, oh! Non… genre manger d’la pizz ouhhhhh! C’est mon top cheat meal! Boire autre chose que de l’eau? Impensable! Je fais mes barres tendres maison, mes muffins maisons, mes potages maison… Les nutritionnistes m’adorent! J’ai des trucs à ne plus finir, j’en invente, j’en vole, j’en partage! Et pourtant : JE SUIS UNE TOUTOUNE!

Le gym… le sacro-saint gym! Bien sûr que je m’entraîne, je sue comme un porc trois fois par semaine, je reluis… comme enduite de Crisco et tout ça devant les beaux body musclés et les p’tites fesses bombées qui m’entourent. Pis quand j’arrive chez nous, qu’est-ce que je fais? EH BIEN OUI, JE M’ENTRAÎNE ENCORE! Une heure au gym trois fois par semaine, une heure à la maison cinq fois par semaine… RIEN À FAIRE, JE SUIS ET JE RESTE UNE TOUTOUNE!

Pis savez-vous quoi? Non, je ne m’en fous pas! Ça me met en furie. Mais qu’est-ce que je peux y faire, sincèrement!? C’est le combat de ma vie. Mon premier régime à la soupe aux choux? Je devais avoir dix-huit ans quand je l’ai fait. J’aurai probablement jamais le corps que quiconque aurait s’il faisait tous les efforts que je fais, aussi bien me faire à l’idée! Mais ce qui me rendra toujours folle, ce sont les commentaires des autres ou pire… leur regard! Il y a quelques jours, je sortais du gym, mon apport calorique de la journée était parfait (comme toujours) et quelqu’un m’a dit : « Ahhhh t’es jeune, fais attention à ta santé! » Le tout en m’examinant des pieds à la tête. Mais pourquoi on ressent le besoin de dire ça à quelqu’un?

Je ne prends jamais part aux discussions sur la forme physique ou le poids, mais j’adore partager mes découvertes culinaires. Je fuis comme la peste les miroirs et les regards plein de jugement, mais je me pavane en bobettes à la maison. Je choisis mes vêtements pour être bien, mais je continue de reluquer les maillots qui ne me feront jamais.

Et quand mon chum me dit qu’il m’aime, le reste s’envole… pour quelques minutes!

Karine Arseneault

À toi, mon enfant unique

Dans la vie, on a tous des regrets. Des regrets qui font mal et d’

Dans la vie, on a tous des regrets. Des regrets qui font mal et d’autres moins. Les regrets qui font mal sont souvent ceux avec lesquels il est plus difficile de vivre. Ceux qui reviennent nous hanter à certaines périodes spécifiques de notre vie… Ou pas. « Pas » dans le sens où ils peuvent être là, dans notre tête, sans arrêt, et qu’ils ne nous lâchent jamais.

Ça peut paraître banal pour certains ou frustrant pour ceux et celles qui ne peuvent pas en avoir, mais moi, je n’aurai jamais deux enfants. Oh oui, je t’ai toi, ma magnifique fille qui grandit à une vitesse fulgurante. Tu as déjà douze ans, tu es belle, gentille et intelligente, mais je n’aurai jamais un deuxième enfant. Tu sais, un autre bébé dont je pourrais prendre soin comme j’ai pris soin de toi. Un complément. Un p’tit bout d’humain avec qui tu aurais développé une belle complicité. Vous voir rire ensemble, grandir, vous amuser, vous chicaner. Je ne devrai jamais faire la police entre vous deux, vous séparer et m’exaspérer devant vos chicanes inutiles. J’aurais voulu vivre une vie de famille complète. Je sens qu’il me manque quelque chose et qu’il te manque quelque chose aussi… Mais dans le fond, qu’est-ce qu’une famille complète? On se complète bien, nous! Elle peut être complète avec un seul enfant, mais j’ai toujours ce sentiment qu’il me manque quelque chose… Peut-être que je ne cherche pas à la bonne place non plus, je ne sais pas.

En plus du fait que je n’aurai jamais deux enfants, je ne serai jamais « ma tante ». Je ne connaîtrai jamais la joie de prendre un enfant un week-end, de l’amener en vacances avec toi et ensuite, de le retourner chez ses parents! Évidemment, je le fais avec tes amies, mais ce n’est pas la même chose, non?

Il y a des choses dans la vie qui ont fait en sorte que je n’aurai pas d’autre enfant.

J’entends dire :

–          Apprécie ce que tu as. Tu as une belle grande fille en santé!

Absolument! Et je savoure chaque étape! Je t’aime, je t’adore. Tu es ma moitié, ma vie, mon inspiration. Tu es une partie de moi. C’est peut-être aussi le fait que tu es un enfant unique, que tu es si près de moi. Je t’aime encore plus fort et je ferais tout pour toi. Je te donne ma vie, mon temps et mon énergie. Tu représentes tout pour moi. Tu me complètes! On rit ensemble, on boude ensemble, on se chicane, on crie, on pleure de rire, on pleure de joie et on pleure de peine ensemble. Pour rien au monde, je ne changerais notre si belle complicité!

Mais j’ai peur, peur pour ton futur. Peur de te voir vieillir seule. Peur du jour où je ne serai plus là pour toi. J’ai peur que tu m’en veuilles un jour de ne pas t’avoir donné un petit frère ou une petite sœur. Tu m’en parles tellement souvent!

Mais tu sais, c’est à moi d’apprivoiser ces peurs, c’est à moi de me déculpabiliser et d’apprendre à vivre avec ce regret. Quand même les publicités à la télévision me font pleurer, quand même voir des enfants jouer ensemble me rend coupable… Je veux que tu saches, ma fille, que toi tu es là à mes côtés. Tu es ma fierté et on forme une super équipe!

La vie est tout simplement différente pour nous, mais elle n’est pas moins belle!

Je t’aime!

Ta mamounette,

Tania Di Sei

 

Travailler de la maison quand on est maman à temps plein, c’est possible

De nos jours, il y a plein d’alternatives toutes plus alléchantes

De nos jours, il y a plein d’alternatives toutes plus alléchantes les unes que les autres pour être travailleur autonome.

Au Québec, en 2015, on comptait plus de 500 000 travailleurs autonomes*. On parle ici de métiers spécialisés comme coiffeurs ou réparateurs de voitures, ou des professionnels comme les notaires, les avocats, etc.

Par contre, il existe aussi des travailleurs indépendants qui ne se situent pas nécessairement dans cette marge. Il y a les artisan(e)s qui travaillent de la maison en fabriquant des produits faits main (un marché en pleine expansion au Québec).

Il y a aussi des conseillers et des conseillères indépendant(e)s de produits de revente pour des marques connues : les produits de beauté, les bijoux, les régimes protéinés, les épices et aromates, et plus, qu’on peut vendre en faisant des « partys » de filles ou de famille et dans lesquels on fait la démonstration de nos produits.

Pour avoir, moi aussi, ce revenu d’appoint, voici un petit pour et contre de ce genre d’emploi autonome.

D’abord, toutes les entreprises qui veulent que vous fassiez partie de leur équipe vont vous demander un paiement de base pour payer votre « trousse de départ ». Les montants peuvent varier entre 50 $ et 250 $ selon la gamme de produits que vous désirez vendre.

Donc, à la base, comme toute entreprise autonome, vous devez investir un montant d’argent. Ce qui est bien, c’est que les montants sont raisonnables et moins étouffants que lorsque vous devez démarrer une entreprise avec pignon sur rue (qui peut coûter des milliers de dollars en investissements sans que vous sachiez si ce sera rentable au bout de la ligne).

Ensuite, certaines compagnies ont des conditions à respecter, parfois très strictes ou qui vous permettront parfois un peu plus de latitude dans la gestion de votre petit commerce de revente. Par exemple, une entreprise réputée dans le soin de la peau voudra que vous effectuiez vos commandes sur une base régulière en dedans de trois mois, sinon votre escompte de conseillère deviendra inactif. Pour le réactiver, vous devrez alors débourser un plus gros montant en commande de produits pour la revente. C’est un incitatif réputé pour que les conseillères consomment sur une base régulière et soient motivées à faire de la revente de leurs produits.

Ce genre d’incitatif est correct pour la vendeuse qui vend des produits quasi toutes les semaines, mais pour celles qui, comme moi, vendent une à deux fois par saison, c’est plus contraignant.

Par contre, la plupart du temps, la vendeuse a droit à de bons rabais pour l’utilisation personnelle de ces produits. Alors là, on économise de ce côté et on peut mettre le surplus ailleurs.

Plusieurs entreprises de ce genre offrent aussi un programme de récompenses et de reconnaissances diversifiées pour les vendeuses, si c’est ce que vous recherchez.

Ensuite, le pourcentage de profit sur la vente dudit produit varie beaucoup d’une compagnie à l’autre. J’en ai vu à 25 %, 35 % et même 50 %! On s’entend que 25 % de profit, c’est petit, mais si c’est dans la vente de bijoux et que les ventes tournent autour de milliers de dollars, dans ce cas, c’est plus rentable et motivant. Si c’est pour des ventes de quelques centaines de dollars, peut-être moins.

Ce qui m’amène à vous poser la question : Votre motivation derrière ce travail, c’est quoi? Si c’est de vivre uniquement de ce travail, il vous faudra y consacrer comme tout autre emploi régulier un bon quarante heures par semaine. Et même plus, parfois. Si vous visez un voyage, ou avez un petit projet avec ces sous‑là, ou si c’est vraiment juste pour le fun, pour vous changer les idées entre deux brassées de lavage, pour sortir un peu de la maison, alors là, vous vous assurez certainement de garder la main dans le marché du travail sans que ça ne vous contraigne trop à sortir de votre rôle de mère à la maison.

Finalement, prenez le temps de vous renseigner si l’offre de travail qu’on vous fait est 1) légale ici au Québec; 2) si elle ne cache pas quelques conditions auxquelles vous ne pourrez répondre. Dans ce cas, vous risquez de perdre de l’argent plutôt que d’en faire; et 3) posez des questions précises aux personnes qui vous offrent de faire ce travail, car il y a peut-être des formations (gratuites) à suivre pour être en mesure de mieux vendre votre produit, ce qui demande des heures supplémentaires à consacrer au métier.

*Source : Desjardins, Étude Économique, Vol 25, décembre 2015.

 

Karinne Bouchard

 

Quand la différence n’est pas acceptée

Mon fils est sans contredit ma plus grande fierté, ma joie de vivre

Mon fils est sans contredit ma plus grande fierté, ma joie de vivre et un soleil dans ma vie. Comme toutes les mères, je trouve que mon fils est parfait comme il est, même avec son caractère de préado! Mon fils, aussi parfait soit-il à mes yeux, est différent : il est autiste.

Il y a autant de formes d’autisme qu’il y a d’autistes. Raphaël est verbal, fonctionnel, hyper intelligent. Sa différence s’exprime dans le fait qu’il n’a aucun filtre lorsqu’il parle. Il peut paraître gêné et peu sociable, il est réfractaire aux changements s’il n’est pas mis au courant préalablement. Il n’aime pas être touché, il aime la routine, il n’aime pas les contacts visuels et il a des rigidités alimentaires.

Il a reçu son diagnostic il y a maintenant plus de quatre ans. Ce jour-là, je l’avoue, j’ai été soulagée. On avait enfin mis un nom sur la différence de mon fils, j’entrevoyais une lumière. De l’aide allait pouvoir être apportée et il aurait un type d’éducation adapté à sa situation. Si pour moi, ce fut un soulagement de pouvoir enfin mettre un nom sur ce qui affligeait mon fils, cela n’a pas été le cas pour les gens qui nous entouraient. Si la majorité a bien répondu et était également heureuse de savoir ce qui en retournait, d’autres, par contre, ont réagi négativement. Ils ont eu honte de la condition de mon fils, du fait que celui-ci n’était pas « parfait » comme eux l’entendaient. Ils se sont mis à le traiter différemment, à questionner son intelligence et son avenir.

Pire encore, on m’a blâmée pour la situation. On a accusé mon surpoids d’être la cause de la rigidité alimentaire de mon fils. On a dit que j’étais trop « mère poule » et que c’est pour cela que mon fils n’était pas porté à aller vers les autres. Si mon fils s’exprime sans filtre, c’est forcément que je l’ai mal élevé, ai-je entendu à maintes reprises. On a dit que je le couvais trop en lui expliquant au fur et à mesure le plan de la journée, et qu’en prenant le temps de lui expliquer les changements qui étaient survenus, je l’avais rendu insécure et que c’était aussi pour cela qu’il évitait les contacts visuels. J’étais LA raison derrière la différence de mon fils. Les médecins et les spécialistes se trompaient et j’avouais mes torts, puisque je ne demandais pas de seconde opinion médicale.

Ça m’a bien entendu fait beaucoup de mal, ça m’a blessée profondément. J’ai voulu protéger mon fils de ces gens et de ces propos en les côtoyant le moins possible. Malheureusement, on ne peut pas toujours couper les liens avec certaines personnes, même si on le voulait. Le temps a passé, ma carapace s’est épaissie face à ces personnes. Le temps a passé et Raphaël a grandi. En grandissant, il a observé par lui‑même le comportement différent de certaines personnes envers lui et envers sa sœur. Un jour, il m’a posé la question que je redoutais : « Pourquoi ils sont différents avec moi qu’avec ma sœur? ». C’était confirmé, flagrant et indéniable : lui aussi l’avait remarqué.

J’ai alors eu une conversation avec mon fils que je n’aurais jamais voulu avoir. Lui expliquer que sa différence est malheureusement mal connue des gens et que certaines personnes le perçoivent différemment à cause de cela. Que cela ne change rien à qui il est, à ce qu’il peut ou ne peut pas faire, mais que l’ignorance des gens sur l’autisme fait en sorte qu’ils agissent de façon étrange avec lui. L’autisme n’est pas une maladie, c’est un état. On naît avec cette condition et non, les vaccins reçus lors de la petite enfance ne sont pas en cause!

Raphaël sait qu’il est différent. Il est conscient de son état, il est capable d’expliquer l’autisme aux gens autour de lui. Il l’a même fait aux membres du service de garde de son école! Par contre, il m’a avoué que certains enfants à son école jouent avec lui, mais aussitôt qu’ils apprennent qu’il est dans une classe relation (classe pour enfants autistes), ils arrêtent de lui parler et de jouer avec lui. Malgré mes explications, il ne comprend pas la situation et je vois la tristesse dans ses yeux de ne pas être accepté. Mon cœur de mère saigne lors de ces moments, car je sais que hormis écrire des textes et parler de sa condition pour la démystifier, je ne peux rien faire de plus pour changer la vision des gens.

Je souhaite, pour toutes les personnes vivant avec une différence, quelle qu’elle soit, que les gens puissent finalement voir l’être humain se cachant derrière cette différence. Que la société arrête de voir des obstacles où il n’y a que des possibilités. De voir les gens pour ce qu’ils sont et les apprécier tels quels, sans préjugés ni idées préconçues. La différence doit être célébrée, c’est ce qui fait de nous des êtres uniques.

Annie St-Onge

 

Première peur de maman

Hier soir, pour la première fois mon fils, j’ai eu peur pour toi.

Hier soir, pour la première fois mon fils, j’ai eu peur pour toi. Tellement peur.

Pour l’instant, je ne suis pas une maman très stressée. Je dis pour l’instant parce que fiston n’a que quatorze mois et que je suis bien consciente que ça risque de changer. J’ai été une des premières à le lancer en l’air ou à le laisser tomber sur le divan pour qu’il rebondisse, seulement pour l’entendre rire à en être essoufflé. Quand il tombe, je l’encourage à se relever sans me précipiter vers lui. Je considère qu’il n’a pas fini de tomber, alors aussi bien ne pas en faire un drame chaque fois. J’essaie le plus possible de ne pas lui transmettre de stress pour qu’il continue d’explorer son monde pleinement.

Même lorsqu’il était malade, je n’avais pas réellement peur. J’étais préoccupée, oui, et à l’affût encore plus. À certains moments, nous avons jugé, chéri et moi, que c’était plus préoccupant et que nous devions aller consulter, mais à aucun moment, je n’ai été vraiment inquiète.

Pourtant, la majorité des parents de mon entourage ont déjà nommé, d’une manière ou d’une autre, le fait qu’avoir des enfants, c’est être inquiet tout le temps. J’ai lu aussi quelques textes allant dans ce sens; à quel point on n’arrête jamais de s’en faire pour eux, ces petits êtres (et éventuellement bien grands) que nous aimons plus que tout au monde. Bien que je comprenne tout ça, je ne l’avais pas encore ressenti concrètement. J’ai déjà eu l’impression que mon cœur allait exploser d’amour, j’ai déjà eu envie de réveiller mon bébé juste pour lui donner plein de becs. Des fois, ça fait même presque mal tellement je l’aime, mais à aucun moment, je n’ai eu de la difficulté à trouver le sommeil parce que j’avais l’impression d’angoisser.

Jusqu’à hier.

Notre petit aventureux téméraire, mais encore très maladroit, est passé par-dessus le divan et est tombé tête première. Seulement sur la tête, tout son corps comme une chandelle à peine courbée au-dessus de sa tête qui est venue heurter le plancher de bois franc bien solide et bien dur. Pendant la fraction de seconde qu’a duré la chute, j’ai eu peur qu’il se brise le cou. Pendant la fraction de seconde nécessaire pour me rendre à lui, j’ai eu peur qu’il soit paralysé. Avait-il une commotion cérébrale? Devais-je aller consulter ou non? Je me suis déjà demandé quoi faire depuis sa naissance, j’ai souvent douté, mais pour la première fois, je sentais que les conséquences pouvaient être graves si je ne faisais pas le bon choix.

Tout est bien qui finit bien avec pas mal plus de peur que de mal. Chéri et moi sommes conscients de la chance que nous avons d’avoir un enfant en pleine santé qui nous a apporté comme première peur « seulement » une chute sans conséquence et bien peu de « vrai » stress. Malgré tout, je comprends tellement mieux maintenant les inquiétudes quotidiennes des parents. Je sens surtout que ça ne fait que commencer et que mon cœur s’emballera tout autant les prochaines fois!

Jessica Archambault

Tu voles, tu rapportes. Principe de base.

Parmi les limites que les tinenfants testent presque tous, il y a le

Parmi les limites que les tinenfants testent presque tous, il y a le vol. Quand j’étais petite, je volais des gommes à effacer en forme d’arc-en-ciel et de crème glacée. C’était plus pour le thrill que pour l’objet lui-même. En fait, une fois que j’avais l’efface dans ma poche et que j’étais sortie du magasin, elle ne m’intéressait plus. Quand je la regardais au milieu de ma collection de gommes à effacer quétaines, je ne ressentais pas la même fierté envers l’arc-en-ciel volé que pour l’efface en petit minou que ma prof m’avait donnée en récompense. L’arc-en-ciel me faisait ressentir une petite honte, me rappelait que j’avais mal agi. Mais comme je ne m’étais pas fait prendre, elle m’appartenait. Mais elle ne me plaisait pas. Et je recommençais.

Pendant une période où elle était tout le temps de mauvaise humeur, ma belle cocotte volait souvent. À l’épicerie, je devais la surveiller sans arrêt, sinon, elle cachait des sachets de bonbons ou des crayons dans ses poches de manteau. Attendre aux caisses était un défi parce qu’elle subtilisait les gugusses à sa hauteur pendant que je payais. Avant de franchir la porte automatique, je glissais mes mains dans ses poches, je lui faisais de gros yeux, et elle devait retourner l’objet volé en s’excusant. Oh! Que la demoiselle ne me trouvait pas drôle! Mais ça tombe bien, mon but n’était pas de gagner le Festival de l’humour. J’avais droit à un « Grrrrrr » bien senti.

À la maison, elle volait souvent des objets à sa grande sœur. On pouvait laisser traîner vingt dollars sur le comptoir et c’était toujours là le lendemain. Mais le toutou préféré ou le pendentif à valeur symbolique disparaissaient. On les trouvait bien dissimulés dans la chambre de la petite demoiselle, sous des piles de mouchoirs, dans son coffre à jouets, sous ses draps. Lorsqu’elle grimpait en cachette sur les comptoirs pour se rendre jusqu’à l’armoire à pépites de chocolat, ah! là! On ne retrouvait pas le chocolat, mais on se rendait éventuellement compte que les sacs (t’sais, le format Costco) étaient vides. Ou on trouvait des emballages de collations sous son lit, dans ses poches, dans les craques de meubles…

Avec le temps, on a identifié avec elle la cause de ses vols. L’explication « Voler, c’est pas beau et ça fait de la peine aux autres », ce n’était pas efficace avec elle. Elle ne voulait pas faire de la peine, mais c’était devenu une habitude plus forte qu’elle. Elle y gagnait quelque chose : faire fâcher sa sœur. On a mis des limites. « Tu aimes bien avoir des pépites de chocolat dans les muffins, mais je ne peux pas en mettre si tu les manges toutes. » Pendant un bout, il n’y a plus eu de pépites de chocolat dans les muffins. « Quand tu as besoin de quelque chose, tu nous le dis et si c’est raisonnable, on l’achète. Tu as besoin de chaussettes, de vêtements, ou tu as le goût de manger des mangues? On peut en acheter. Tu ne manques de rien. Pas besoin de voler pour obtenir ce que tu veux. »

À un moment, moi aussi, je lui ai « volé » ce qui lui tenait à cœur. Elle a cherché son bracelet disparu. Elle a ragé parce qu’elle ne savait pas qui le lui avait pris. Elle a accusé tout le monde d’être entré dans sa chambre sans sa permission. Elle a pleuré. Puis, nous avons eu une bonne discussion. Maintenant qu’elle avait ressenti ce que sa sœur pouvait ressentir quand un objet symbolique disparaissait, quand elle s’immisçait dans son univers privé, elle pouvait comprendre. Elle n’avait pas le goût de le revivre, alors c’est devenu plus facile pour elle de se contrôler. Elle ne voulait plus que sa sœur vive cette même peine.

Cette semaine, mon bonhomme de six ans, abonné au testage de limites ces temps-ci, a laissé tomber un livre de son manteau après qu’on a visité une librairie. « Ah! Ben! Me semble qu’on n’a pas payé pour ce livre-là? Ça veut dire qu’il n’est pas à nous, pas vrai? Alors je pense que la bonne chose à faire, c’est de le rapporter au caissier et de s’excuser. Qu’en penses-tu? » Il m’a suivie presque sans protester. J’ai compris par la suite qu’il pensait qu’il pourrait simplement remettre le livre dans le rayon et quitter incognito. Une fois à la librairie, il a dû déposer le livre sur le comptoir, regarder le caissier dans les yeux et s’excuser d’avoir pris le livre sans le payer.

Je n’étais pas fière qu’il ait volé, évidemment. Mais j’étais fière qu’il ait fait le processus de réparation de son geste. Comme s’il se donnait la permission d’apprendre ce principe de base : Tu voles? Tu rapportes. La prochaine fois qu’il aura le goût de prendre quelque chose qui ne lui appartient pas, il s’en souviendra. Peut-être!

Nathalie Courcy

Un, c’est comme six

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Il y a quelques jours, j’ai dit à la blague à une amie qui a un enfant et qui n’en veut pas d’autres : « Voilà, tu vas devoir en faire un autre! »

Je demande pardon à cette amie.

Je l’ai fait à la blague, pour rire simplement. Sur le coup, c’était simplement un petit clin d’œil. Plus tard la même journée, alors que je peinturais le bureau de ma fille, j’ai repensé à ma « blague » et j’ai ressenti un premier malaise.

Vous, les parents qui avez décidé d’avoir UN enfant (remarquez je n’ai pas écrit « qu’un seul enfant », ce qui me semblait péjoratif), vous avez dû l’entendre souvent, cette blague! Elle est usée n’est-ce pas? Que votre décision repose sur un choix, la santé ou une incapacité, c’est VOTRE choix et personne ne devrait trouver à y redire!

« Un enfant, c’est de l’amour pur; deux, c’est deux fois plus d’amour… »

FAUX!

L’amour, ça ne se quantifie pas! 

Le contraire est aussi vrai : les familles comptant trois enfants et plus se font aussi stigmatiser. « Wow! Vous êtes courageux! » ; « Vous allez peupler la province à vous seuls! » L’annonce d’une nouvelle grossesse, moment qui devrait être plus que joyeux, enthousiasmant et surtout un pur bonheur, devient une banalité aux yeux de certains si on s’arrête à leurs commentaires : « Encore?! » 

Le « encore?! » n’est pas plus acceptable que le « juste un?! »

Une famille, ce n’est pas défini par le nombre d’enfants qu’elle comprend. Une famille, ce sont des gens qui se sont assemblés pour partager leur vie, leurs joies, leurs peines et surtout leur amour. Que ce soit avec enfant(s) ou pas; qu’il y en ait un ou trois, qu’importe?

Puisque nous affirmons haut et fort que nous aimons également tous nos enfants, ne serait-ce pas un peu hypocrite de dire qu’un enfant ne donne pas autant à ses parents que les enfants plus nombreux de la famille d’à côté?

J’avais oublié cette journée-là que nos blagues qui se veulent bien innocentes peuvent parfois cacher un sens qui pourrait atteindre les personnes qui les reçoivent. Il n’y a pas sujet plus « sensible » que les enfants. Nous y allons tous de nos pensées, nos commentaires, nos expériences, mais nous devrions réfléchir aux blagues « faciles » qui se répètent inlassablement.

Pardonne-moi, mon amie. Peut-être que ma blague ne t’a pas atteinte, car je sais que ta décision, votre décision, vous convient. Mais à tous ceux et celles qui reçoivent de ces commentaires qui se veulent drôles et légers, ne soyez pas trop prompts à en être blessés. Nous avons parfois de cette mauvaise habitude de blaguer quand nous ne devrions pas.

Un enfant, c’est comme six : l’amour d’une famille n’a aucune limite. Ni au départ ni par la suite.

 

Simplement, Ghislaine

Tes colères…

Encore un drame. Un autre drame... Ce matin, j'ai eu le malheur de

Encore un drame. Un autre drame…
Ce matin, j’ai eu le malheur de couper ta tartine de pain dans le mauvais sens.
Alors tu as deux triangles de toast au lieu de deux rectangles.
Et tu bloques.
Une autre fois…

Tes mains tremblent, tes lèvres se raidissent, tes larmes coulent, ton visage est figé dans cette expression d’effroi…
Le drame.
Tu n’utilises pas de mots, c’est trop terrifiant. Ta colère monte, monte. Tu ne pleures pas. Tu ne cries pas. Tu es juste bloqué là.
Je sais que ce matin, rien n’ira bien, tout sera compliqué. À cause d’un fichu morceau de pain.

C’est comme ça pour tout. Chaque étape de ta journée est rythmée par des rituels précis et vitaux. Si une chose n’est pas à sa place, si un geste n’est pas effectué de LA bonne manière : ton univers s’écroule. C’est LA PANIQUE.

Je me sens alors complètement démunie et ça m’énerve. Tu m’énerves! Mince! Tu as neuf ans! Tu n’es plus un bébé! Mon cœur de maman se sent impuissant face à cette détresse qui ne devrait pas en être une. Mes mots ne t’apaisent pas, au contraire, tu bloques encore plus! Je ne sais plus quoi dire, ni quoi faire. Tes colères prennent en otage notre vie de famille, notre quotidien.

Chaque jour, on marche sur des œufs, on va dans ton sens, on t’assiste dans tes manies pour éviter ce carnage émotionnel. Chaque jour, un autre rituel s’installe… Tout est si compliqué…

Les pantoufles à gauche au pied de ton lit, les franges du tapis alignées bien droites, la porte de ta chambre entrouverte de très exactement 7,4 centimètres, les cinq phrases que je dois te réciter avant ton dodo (toujours dans le même ordre et qu’il faut recommencer depuis le début quand je me trompe…), le beurre parfaitement étalé sur tes toasts dans chaque minuscule recoin… La liste est longue… les risques de se tromper sont immenses…

Et ce matin, c’est encore le drame… Parce que j’ai oublié un détail…
Pardonne-moi mon manque de patience… Tu sais, une partie de moi comprend vraiment ce qui se passe en dedans de toi, j’étais pareille, enfant… Tu verras, tout ira bien. Inspire, expire, essaie de trouver le calme, mon grand. On est là…

Gwendoline Duchaine

Les 10 étapes incontournables de la grossesse

Tu as déjà eu le bonheur de connaître la grossesse ou tu commence

Tu as déjà eu le bonheur de connaître la grossesse ou tu commences cette belle aventure? Voici les dix incontournables de la grossesse!

1— Être enceinte, mais ne pas pouvoir en parler tout de suite. Que ce soit pour éviter les fausses joies, par prudence ou pour des raisons professionnelles, plusieurs futures mamans attendent avant d’annoncer la grande nouvelle. Ça fait que t’es là, avec tes deux barres sur un bâton, t’aurais envie de le crier sur tous les toits, mais tu dois attendre.

2— Le fameux stade de la bedaine molle. T’sais le moment, souvent entre deux et quatre mois, où tu dois endurer ta petite bedaine molle, parce que tu rentres clairement plus dans tes jeans, mais que ce n’est pas encore l’évidence même du ventre de la femme enceinte. Alors personne ne dit rien sur ta prise soudaine de poids, soupçonnant une augmentation mammaire ou encore un accès d’alcool. Ces sujets pouvant créer des malaises, tout le monde semble éviter le sujet.

3— Le parking d’épicerie. T’sais, LE parking proche de la porte… celui pour les femmes enceintes… Ben t’es là, à te demander à combien de semaines de grossesse t’as le droit de l’utiliser. Parce qu’on s’entend que quand on se stationne là les deux premiers mois, on se fait juste dévisager comme si on abusait du système. Mais personnellement, je le trouve tentant dès le lendemain de l’apparition de la deuxième barre…

4— Les cravings de grossesse. Les envies démesurées… Les tentations culinaires incontrôlables… Le fameux cornichon dans la crème glacée aux fraises, c’est du déjà vu! Je suis certaine que tu peux te montrer plus originale que ça, chère future maman. Emmènes-en d’la petite sauce brune chimique, des sorbets à volonté, pis du melon d’eau comme si c’était le dernier fruit de la terre! Engloutis tout ce que tu veux, t’as l’excuse parfaite, anyways.

5— LE moment où tu réalises que ton corps est devenu un objet d’intérêt public. C’est connu, le ventre d’une femme enceinte a le pouvoir d’attirer toutes sortes de gens étranges, qui se réservent le droit de le toucher comme bon leur semble. Non!? La petite madame à l’épicerie, le monsieur au magasin de souliers, la voisine d’à côté… Alouette! C’est quoi cette idée de toucher les gens? Toucher mon ventre, c’est non. Non madame, même pas enceinte. Si on n’a pas déjà pris au moins trois cafés ensemble, tiens tes mains loin de mon corps.

6— Le test du diabète. Le maudit petit jus tellement sucré que t’as l’impression de boire la canne de jus congelé en concentré. Pas d’eau. T’es là à te tortiller dans la salle d’attente, parce que t’as faim et que y’a pas juste le bébé qui est pris avec un rush de sucre… Ça reste un passage obligé douteux quand même… Un docteur qui gave une patiente de sucre pour voir si son corps est capable de le digérer… ou pas. C’est comme de faire passer des tests d’allergies en gavant un enfant d’arachides… juste pour voir.

7— L’échographie. Tu penses que t’as hâte à l’échographie, hein!? Tu te trompes. Tu pensais que ce serait une rencontre fabuleuse avec ton bébé, qu’il allait te faire coucou de la main et te mimer son choix de prénom, au moins. Mais tu réalises que c’est l’épreuve olympique de celle qui arrive à retenir le plus de liquide possible dans son corps pendant que quelqu’un d’insensible lui pèse le plus fort possible sur la vessie. Oui, oui. Parce que la technologue, elle appuie tellement fort sur ton ventre que t’as peur qu’elle brise le bébé. Pis la majorité des parents ne comprennent rien à ce qu’ils voient. Ils plissent les yeux, inclinent un peu la tête, et font semblant de déchiffrer le moniteur devant eux. C’est ça, une échographie.

8— Les premiers mouvements de bébé. Comme c’est émouvant de réaliser que les bulles dans notre ventre ne sont pas que des flatulences! Bébé bouge enfin! Papa, lui, aura la chance de découvrir ça bien plus tard dans la grossesse, alors on savoure le privilège de la primeur. On adore sentir bébé bouger… pendant quelques semaines. Ensuite, on passe les dernières semaines à se demander s’il peut sortir par le nombril tellement il pousse dessus…

9— Le dernier mois. Est-ce qu’on peut avouer qu’il est pénible celui-là? On se lève trente-six fois par nuit pour faire pipi. Notre ventre prend tellement de place qu’on a peur de tomber en pleine face. On ne voit plus nos pieds. Une pression désagréable nous pèse sur le pubis quand on marche. On se rase à tâtons. Attacher des souliers est une mission périlleuse et les bottes d’hiver sont notre pire cauchemar. Bébé bouge tellement qu’on n’arrive plus à fermer l’œil. Le seul avantage, c’est que notre ventre est tellement volumineux qu’il cache le chiffre de notre poids sur la balance. Et pendant qu’on se sent à bout de patience et les hormones dans le tapis, tout le monde nous répète qu’il faut en profiter pour se reposer « avant que bébé arrive ».

10— L’accouchement. L’aboutissement de toute cette aventure. Le plus beau moment de notre vie. Celui où se chevauche la plus grande épreuve de courage, de force, d’endurance et d’amour qu’on aura à surmonter dans une vie. … Jusqu’au prochain bébé…