Archives septembre 2017

Ton petit casque et toi

Quand je suis tombée enceinte de toi, mon deuxième garçon, je mâ€

Quand je suis tombée enceinte de toi, mon deuxième garçon, je m’étais juré d’aller voir un ostéopathe. Question d’éviter bien des problèmes que ton frère a eus. Tu avais à peine deux semaines de vie que j’étais déjà dans ce petit bureau, très zen, à détendre ton petit corps. J’y suis allée régulièrement, mais plus le temps passait, plus nous remarquions, l’ostéopathe et moi, que ta tête devenait plate, malgré nos efforts. Un doigt, ensuite deux, et puis trois pour terminer à quatre collés pour déterminer l’étendue des dégâts.

À la maison, nous avons tenté de minimiser les dégâts. Nous te mettions sur le ventre, nous faisions travailler ta tête, regarde à droite, regarde à gauche et on recommence. Je voulais à tout prix éviter que tu aies à porter ce FAMEUX casque. Tu sais celui qui fait que les gens nous regardent de travers et que les plus « game » te demandent : « mais de kessé c’est ça c’t’affaire-là ? ». Finalement, nous n’avions plus choix si nous voulions retrouver ta petite tête ronde et ne pas avoir les conséquences de ce problème appelé plagiocéphalie.

La journée où nous sommes allés faire le moule, j’avais une boule dans la gorge, jusqu’à ce que tu aies un « genre » de bas de nylon sur la tête. Je te trouvais mignon même avec ce truc étrange. Ensuite, quand j’ai eu les choix des couleurs et des motifs, je me suis dit que les casques n’étaient pas tous laids. Il y avait un peu d’espoir de limiter les dégâts visuellement.

La semaine a passé et ton casque est arrivé. La dame te l’a mis sur la tête et au début, j’ai eu un petit pincement. Je trouvais que ça ne te ressemblait pas. Que tu avais l’air d’avoir une tête énorme. Il faut savoir aussi que je n’ai pas pensé qu’au côté esthétique de la chose. Je craignais également ton inconfort, surtout que nous étions en plein été. Une canicule avec un casque sur la tête, ça ne doit pas être génial. En plus, nous partions en vacances. Le médecin m’a dit que tu devais le porter 23 heures sur 24. Mais, que j’avais le droit de te l’enlever quand nous allions dans l’eau ou dans le sable. C’était déjà un petit soulagement. Un petit gars de six mois à la plage qui a un casque fatiguant sur la tête, ça aurait pu faire une drôle d’explosion.

Au début, je remarquais tous les regards curieux. Les gens qui comme moi avant d’avoir des enfants, ne connaissaient pas trop l’utilité de ce casque. Par la suite, ça a passé, je les ai ignorés et je me suis concentrée sur ton sourire qui me faisait craquer et sur ton bien‑être. Tu ne semblais pas inconfortable et ça me soulageait. Tu ne chialais pas plus, ton humeur était la même. Tu continuais ton développement comme un enfant avec le vent dans les cheveux.

J’ai même, un jour, apprécié ce casque, quand tu as commencé à faire ton petit cascadeur. Tu voulais te lever, mais quand tu tombais, le casque amortissait la chute (ne vous inquiétez pas, aucune grosse chute n’a été enregistrée, je ne me suis pas servi de ce casque comme un équipement de protection !) Les semaines ont passé, ta tête s’améliorait et tout semblait bien aller. Le seul petit problème a été une irritation sur ta tête. Un petit « spot » était rouge. Rien de grave ni de traumatisant.

Aujourd’hui, je suis contente d’avoir fait ce choix. Ta tête est redevenue ronde ou presque. Tu n’as aucune séquelle d’avoir eu ce truc sur ton coco. Sauf peut-être celle qui est de toujours vouloir avoir un casque sur la tête. Un casque de hockey, de pompier, de swatt, de construction, un chapeau ou une casquette.

Alors si toi qui lis, tu es un parent qui voit que son enfant aura besoin de ce petit casque, ne t’inquiète pas, tout va bien aller et le temps passe vite. Puis, comme un médecin m’a dit, ce n’est pas plus dérangeant pour eux d’avoir un casque que d’avoir une couche !

Karine Larouche

Les manèges et moi

Ma fille, je prends ma retraite des montagnes russes…

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Ma fille, je prends ma retraite des montagnes russes…

Je suis une fille qui adore les sensations fortes !

Aller à La Ronde était chaque été un incontournable. Je pouvais faire à répétitions les manèges les plus intenses. Et puis j’ai eu des enfants…

Alors là, pas le choix de se priver pour accompagner nos enfants chéris dans ce qui est d’usage pour leur âge. Je rêvais au jour où enfin, mes enfants seraient assez grands pour me permettre de retourner à mes hautes sensations !

Ce jour est arrivé !

Mais mon amour des sensations fortes a foutu le camp !

Je suis rendue trop vieille ? Trop consciente des dangers ? Trop consciente que je n’aime plus le stress dans ma vie ?

Grande fille a mon amour des manèges intenses. Je me force à l’accompagner. Mais l’attente est une torture…

Anxiété, sueur froide, essoufflement, ma tête bouillonne de tous les scénarios les plus catastrophiques… si bien que…

Un jour, assise dans un manège, j’annonce à ma fille : « Bon là ça va faire, je prends ma retraite des manèges, c’est assez ! »

Comment en suis-je arrivée là ?

On a des enfants, on se dit qu’un jour, on va triper avec eux. Que la vie sera exceptionnelle grâce à ces moments. Que la vie est faite pour aller à fond, et en plus quand nos enfants embarquent, c’est le bonheur…

On attend des années pour avoir du fun avec nos kids… pour finalement choker… Et vous, vous vivez un truc pareil ?

Martine Wilky

Le dépassement de soi pour soi

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Fête des Mères 2014, je cours mon premier semi-marathon. Une distance pour laquelle je m’étais plus ou moins préparée. À ce moment, je ne savais vraiment pas dans quoi je m’embarquais. Sur la ligne de départ, tous ces coureurs préparés et anxieux de se dépasser et de battre leur meilleur temps. Dans ma tête, la seule question : qu’est-ce que je fais ici?! C’est le départ, je me place en fin de peloton, car je sais très bien que je ne suis pas de taille parmi tous ces athlètes.

 

Le parcours fut long et difficile. Mes chaussures me faisaient souffrir le martyre et à chaque foulée, je sentais mes ongles d’orteils se soulever. Pas le temps de m’arrêter, je devais terminer. J’ai fini avec un temps de 2 h 13. Pour moi, c’était toute une victoire, mais admettons que pour cet évènement, je me suis classée dans les dernières. Quand j’ai enfin enlevé mes chaussures de course, mes bas étaient imbibés de sang. J’ai perdu cinq ongles d’orteils, mais j’étais TELLEMENT fière de ce que j’avais accompli. Moi, mère de deux enfants de sept et neuf ans, monoparentale avec très peu de temps pour l’entraînement, j’avais enfin réussi mon premier semi-marathon. Cette distance, je l’adore. J’adore cette distance pour l’entraînement que cela t’oblige à faire pour le terminer sans casse‑tête et sans trop de douleur.

 

Par contre, au printemps passé, lors de mon sixième semi‑marathon à Ottawa, tout ne s’est pas passé comme je l’aurais désiré. Au treizième kilomètre, j’ai commencé  à ressentir de l’inconfort. Il faut dire qu’avec le magnifique printemps que nous avons connu, mes très longues distances, je les avais courues à une température de dix degrés maximum. Cette journée du semi‑marathon, il faisait environ 25 degrés. Au 17e kilomètre, mes jambes n’en pouvaient plus. J’ai donc marché un peu et je suis repartie. Je l’ai terminé beaucoup plus lentement que je ne l’aurais souhaité. J’ai fait un temps de 2 h 20. J’étais extrêmement déçue. Et c’est à partir de ce moment que je me suis posé ces questions : pourquoi tu fais cela? Pour qui tu le fais? Qu’est-ce que ça t’apporte?

 

C’est en m’entraînant pour mon septième demi que mes réponses me sont venues. Depuis que j’ai commencé à courir en 2012, j’ai découvert une activité qui me gardait en forme, dont je ne me suis pas tannée et qui est accessible. Je cours donc pour MOI. Je ne cours pas pour être la meilleure et je ne suis en compétition avec personne. La médaille que je reçois à la fin du parcours a la même valeur que celle de la personne qui fait sa course en un temps remarquable. Quand j’aurai ma septième médaille de semi-marathon, je serai aussi heureuse que la personne qui l’aura couru en une heure de moins que moi. J’ai donc pris une décision pour cette course. Pas de montre, pas d’écouteurs, pas de temps. Pas de temps pour me démotiver, que du bonheur. Du bonheur de courir avec des milliers de personnes dans les rues de la métropole. Du bonheur de profiter de ces moments uniques qui me font vibrer. En fait, c’est pour ça que je cours : l’excitation de la ligne de départ et l’adrénaline pure que ces courses me procurent.

 

Donc, le 24 septembre, je serai sur le pont Jacques-Cartier à Montréal pour mon septième semi‑marathon avec une seule idée en tête : avoir du plaisir!

 

Annie Corriveau

Quand la contraception rend malade

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Qu’on le veuille ou non, la contraception est souvent une responsabilité qui retombe sur les épaules des femmes. Souvent à un jeune âge, on suggère aux filles de prendre la pilule dès les premières relations sexuelles. Elle est même prescrite aux adolescentes afin de régulariser leur cycle et de diminuer les règles trop abondantes. Notre boîtier de pilules nous suit pendant des années jusqu’au jour où on se décide à fonder une famille.

Pour ma part, j’ai pris des contraceptifs oraux pendant près de dix-sept ans sans jamais arrêter. J’avoue même que j’ai pris la pilule en continu pour éviter des règles à plusieurs reprises. Je suis tombée enceinte très facilement dès l’arrêt de la contraception, puis j’ai fait une fausse couche à douze semaines pour retomber enceinte aussi rapidement et avoir un beau bébé en santé en novembre 2007.   Quelques semaines avant mon accouchement, mon médecin m’a demandé ce que je ferais pour me protéger après cette grossesse et m’a suggéré de m’installer un stérilet Mirena après la naissance de ma fille. Je n’avais jamais entendu parler de ce stérilet, mais une amie médecin m’en vantait les effets comme l’arrêt complet des règles.

Wow ! Quel bonheur de ne plus avoir à prendre de fameuses pilules chaque jour ! Je ne voyais que des avantages. Plus de cycle, moins de SPM (j’ai l’impression) et surtout adieu crampes, saignements et achats de tampons. Après cinq ans avec le premier stérilet, j’ai réitéré avec la pose d’un deuxième Mirena en 2013. Avec la naissance de ma fille, j’ai mis sur le dos du stress lié à un enfant ou du retour au boulot tous mes maux de santé mentale. Mes tristesses sans fond et mes moments de désespoir étaient récurrents et très pénibles.

Une lourde cape pesait sur mes épaules depuis tant d’années lorsqu’au printemps 2017, en lisant divers textes sur le Mirena, j’ai réalisé que cela faisait plus de dix ans que j’avais en moi ce fameux stérilet dont tout le monde parle. Des études parlent du taux de cortisol (hormone du stress) plus élevé dans le sang des femmes avec ce dispositif utérin. Humeur dépressive, perte de désir, idées noires, etc. : la liste des effets secondaires et les témoignages abondent partout sur les sites. J’ai tenté d’oublier le tout en me disant que cela n’avait aucun lien avec mon anxiété constante.

Puis à la fin juin, je suis tombée sur un article qui parlait encore des effets secondaires et j’ai réalisé que je ne pouvais plus ignorer que cette contraception me rendait malade. J’ai réussi à faire enlever ledit stérilet dès le début juillet. Deux mois et demi plus tard, je réalise que je ne me suis pas sentie aussi zen depuis des années. J’ai passé un été avec un sentiment de calme intérieur dont je ne me souvenais pas. Malgré le stress de la rentrée, de la folie au boulot, je me surprends à être calme. Est-ce lié ? Chose certaine, je ne tiens pas à réessayer ce moyen de contraception.

En conclusion, je ne tiens pas à effrayer toutes les femmes portant ce stérilet, mais juste à vous faire prendre conscience que si vous vous sentez triste, dépressive ou anxieuse depuis quelques années et que cela concorde avec la pose de ce fameux dispositif, votre état pourrait être lié à votre méthode contraceptive.

Pour en savoir plus :

 

http://information.tv5monde.com/terriennes/sterilet-mirena-les-femmes-maltraitees-par-les-hormones-et-la-gynecologie-175492

https://www.researchgate.net/publication/314138176_The_levonorgestrel-releasing_intrauterine_device_potentiates_stress_reactivity

http://www.journaldequebec.com/2017/05/10/sterilet-mirena-des-femmes-denoncent-une-omerta-sur-les-effets-secondaires

https://www.letemps.ch/sciences/2017/07/07/linquietude-monte-sterilet-mirena

Véronique Hébert

Au plaisir de vous lire et de répondre à vos commentaires !

v23hebert@icloud.com

Échouer

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Échouer. Savoir qu’on a tout donné, mais avoir le sentiment d’échouer tout de même. Parfois, il y a de ces moments où rien ne semble bien aller. Ces moments où on nous annonce une mauvaise nouvelle par-dessus une autre, et ainsi de suite. Ces moments où il y a plus de noir que de blanc. Ces moments où une grosse boule nous tient par le ventre et nous paralyse. Ces moments où on a mal.

Pour être honnête, ces dernières années m’ont semblé remplies de ces moments… beaucoup trop souvent à mon goût. La perte d’un bébé, la perte d’un emploi, la perte de repères, la perte de gens auxquels on tient… Beaucoup de pertes, il me semble, en si peu de temps. Chaque fois que j’avais l’impression de me sortir enfin la tête de l’eau, une autre nouvelle me faisait replonger. Dix mètres sous la surface. Pas d’oxygène. Pas de masque.

Devant les autres, tout semble si facile. Ils ne voient que les bons côtés… On semble plus fort, plus enclin à la réussite. Parce que t’sais, l’herbe est don’ plus verte chez l’voisin! Les autres n’y voient que du feu. Pis maudit qu’on est bons comédiens pareil! Ça aide…

La vérité, c’est qu’il y a des passes moins agréables que d’autres dans la vie. Et qu’on était en plein dedans. Ce n’était pas une dépression majeure, ce n’était pas le désespoir sans fin, c’est juste que lucidement, on voyait bien que le pourcentage de mauvaises nouvelles était anormalement élevé depuis quelque temps.

Et là, là, un moment arrive où on se dit que c’est assez. On se dit qu’on reprend notre vie en main. On se dit que c’est le premier jour d’une belle passe. Parce que t’sais, maudit qu’on est naïfs des fois! Comme si on pouvait avoir le contrôle là‑dessus… Comme si on pouvait empêcher le mal de nous approcher. Comme si on pouvait empêcher l’inévitable d’arriver. Ben non, ça marche pas d’même!

Parce que même si on le veut très fort, on ne peut pas empêcher tous les accidents, on ne peut pas bloquer tous les cancers, et surtout, on ne peut pas éviter toutes les souffrances. Il y a sur cette Terre tellement de choses hors de notre contrôle. Et la seule chose qu’on peut vraiment contrôler, c’est d’arrêter de vouloir les contrôler.

Je me suis confiée à l’âme la plus noble et aimée qui soit sur cette Terre (elle se reconnaîtra). Je lui disais que j’en avais assez. Que j’avais hâte que le vent tourne. Que je voulais que tous nos efforts payent, maintenant, là, tout de suite. Et vous savez ce qu’elle m’a répondu? « Échouer, c’est comme accoucher. Quand tu en as vraiment assez, que tu voudrais plier bagage et revenir à la maison, que tu te dis que c’est vraiment le pire du pire que tu peux humainement endurer… Eh bien, c’est à ce moment précis que tu mets au monde quelque chose de merveilleux. Et en une seule seconde, tout ce que tu as enduré a un sens. En une seule seconde, toute cette douleur a sa raison d’exister. Parce que c’est fini. Et que le meilleur est à venir. » C’est la plus belle métaphore que j’ai entendue de toute ma vie.

Alors j’ai continué de pousser, malgré la douleur, parce que je savais que toute cette souffrance aurait bientôt un sens. J’ai fait confiance à la vie. Et vous savez quoi? J’ai bien fait de tenir bon. Parce que la vie m’a ensuite servi des occasions en or sur un plateau d’argent, et j’ai eu la vivacité nécessaire pour les cueillir au bon moment. J’ai fait des choix de vie différents et j’ai misé sur ce qui allait bien. Et j’ai bien fait.

J’ai appris que je ne pouvais pas tout contrôler. Et non, vous non plus. Alors à tous ceux et celles qui se sentent complètement vidés et qui en ont marre des mauvaises nouvelles, redressez-vous, respirez et poussez un bon coup. Ayez confiance. C’est bientôt le début d’une nouvelle vie. PROMIS.

 

Joanie Fournier

C’est ta fête, mon fils

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C’est ta fête, mon fils Pour la plupart des couples, une naissance est un événement heureux. Pas la tienne, mon fils. Et ce n’est pas de ta faute.

 

Tu n’as pas été conçu par amour, mais par l’ivresse d’un Nouvel An trop arrosé. Un lendemain de veille qui a gardé de la veille les rancœurs, la jalousie et le mépris.

 

Au lieu de partir sur de nouvelles résolutions, ton père et moi, nous sommes restés avec les restes de la veille, et avec les bouteilles vides de nostalgie de l’année que l’on venait d’enterrer.

 

Malgré cette nuit de rapprochements, nous n’avons pas réussi à nous débarrasser de nos vieilles pantoufles usées, pourtant si inconfortables.

 

Et puis, il y a eu le test de grossesse qui a scellé notre union aux effluves d’alcool rance.

 

Un + qui nous a divisés au lieu de nous réunir.

Un + qui a soustrait l’amour au lieu de le multiplier.

Un + qui a été la croix que ton père a utilisé pour me crucifier.

 

Car ton père était persuadé que tu n’étais pas sien. Que tu étais l’enfant d’un autre. Que tu étais la preuve de mon adultère alors que c’est lui qui cumulait les maîtresses.

 

Cette grossesse était devenue celle de la honte et de la culpabilité.

 

Plus tu grandissais dans mon ventre, moins il me touchait.

Plus il me rejetait, moins je te voulais.

 

Ma bedaine, je l’ai traînée comme un boulet pendant neuf longs mois.

 

Sans le savoir, sans le vouloir, tu étais devenu la chaine qui me retenait attachée à cette union.

 

Sans le savoir, sans le vouloir, tu m’avais volé la clé de ma liberté.

 

Et puis un jour d’automne, tu as décidé, toi aussi, de te séparer de moi. De couper le cordon qui nous unissait l’un à l’autre.

 

Tu es sorti de mon ventre, sans douleur, sans un cri, sans être attendu.

 

On t’a posé contre moi et on s’est regardés comme deux étrangers qui ne se reconnaissaient pas

 

C’est alors que j’ai remarqué la tache écarlate sur ton dos. Cette tache qui, il y a quelques siècles, aurait été considérée comme la marque de mon adultère.

 

Une ironie de la vie.

 

Mais pour moi, cette tache écarlate que tu portes est celle de la honte. La honte de celui à qui tu tourneras le dos un jour pour ne pas t’avoir reconnu. La honte d’avoir pu douter que tu puisses être le fruit de ses entrailles.

 

Une autre ironie de la vie, c’est que tu es le portrait craché de ton père.

 

Moi, je le savais depuis le début qui était ton père. Je n’en ai jamais douté un seul instant. Même si lui ne me croyait pas et tentait de me faire avouer une faute que je n’avais pas commise.

 

Tu comprendras toi aussi, un jour, que ton père n’est pas un père, mais que c’est bien ton père.

 

Alors, sache, mon fils, qu’en ce jour de ton cinquième anniversaire, je t’aime. Je suis heureuse que tu sois dans ma vie et moi dans la tienne.

 

Car même si ce n’est pas l’amour qui t’a donné la vie, il y a cinq ans, toi, mon fils, tu as donné vie à l’amour.

 

Bonne fête mon amour!

 

Eva Staire

Septembre: pas de pitié pour les parents!

Comment vas-tu, parent? Es-tu comme moi : épuisée, dépassée, <e

Comment vas-tu, parent? Es-tu comme moi : épuisée, dépassée, surbookée, agressée par les requêtes infinies et ruinée par les frais de scolarité et autres dépenses hallucinantes de ce mois si intense?

Septembre. Il fait beau, il fait chaud, l’été s’étire sauf que… ce n’est pas du tout le même rythme!

Le matin, alors que tu as encore les yeux tous collés, ton réveil t’arrache de ton lit douillet. Tu as l’impression de peser une tonne. Tu mets un pied devant l’autre; chancelant, trébuchant dans le camion de ton gars, tu migres vers la douche.

TOO BAD!

Mademoiselle ton ado a déjà pris la place! Comme chaque fois que tu as envie de te soulager ou de brosser tes dents. L’ado passe des heures dans cette pièce-là.

Toi tu veux juste un café, un café ben relax, traîner en pyjama, regarder le chat jouer avec les reflets de soleil mais…

Tu dois t’assurer que les lunchs sont faits, que les enfants sont réveillés, que les chiens sont sortis, que les sacs sont prêts. Tu avales trop vite tes toasts et ton café trop chaud, tu sautes dans la douche entre deux portes qui s’ouvrent, tu cours déjà… Pourtant, la journée ne fait que commencer…

Tu te jettes le plus vite possible dans le trafic… Tu termines de boutonner ta chemise dans ton char, tu n’as pas eu le temps de te réveiller vraiment. Les centaines de véhicules autour de toi avancent au compte-goutte… tranquillement tu te rends vers le travail…

C’est là que le téléphone commence à sonner. Parce que ta progéniture ne trouve pas ses souliers de sport. Tu donnes les consignes habituelles… que tu répètes chaque fichue journée. Tu es tanné de courir. Tu es tanné de rabâcher. Ça sonne encore… la chicane est pognée dans ta demeure, tu entends les enfants hurler… tu gères à distance, tu négocies, tu punis, tu oublies de redémarrer quand la lumière passe au vert…

Tu penses : que va-t-on manger pour souper? Comment le grand va-t-il rentrer sans sa clé? La réunion est à quelle heure ce soir? Quel jour on est?

QUEL JOUR ON EST?

Y’a-tu du karaté, de la course, de la musique, du trampoline ou du soccer ce soir?

Quel mois? Septembre… C’est là que tu réalises que… ça ne fait que commencer. Chaque jour, il va falloir tenir ce rythme jusqu’en décembre!

Tu arrives au travail épuisé… découragé…

Comment fais-tu, cher parent, pour ne pas virer fou dans ce tourbillon?

Gwendoline Duchaine

 

Petit traité du cododo selon MOI

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J’ai dormi collée sur ma mère jusqu’à ce que je me fasse un chum. Ces moments sécurisants où je pouvais me faire bercer par Morphée étaient délicieux ! Oh que j’aimais sortir de mon lit au beau milieu de la nuit, me voyant déjà au chaud sous la couette de ma mère… J’ai tellement aimé ces moments que maintenant…

 

Je vis la même chose avec ma mini. Elle adore venir se faire écrabouiller entre ses parents. Même si cela veut dire qu’elle doit faire deux lits au petit matin, elle adore ! Grande fille a, elle aussi, eu ses périodes où elle venait nous rejoindre, mais elle préfère le confort de son lit.

 

Il y a plein d’opinions diverses sur le sujet du cododo.

 

On dit que cela empêche les enfants de s’endormir seuls (je suis une adulte et je dors avec mon chéri mari et je peux vous dire que lorsque je m’endors, je suis seule… avec mon sommeil !)

 

On dit que cela interfère avec la vie sexuelle des parents (je peux vous dire que lorsque ma fille voit la porte de ma chambre fermée, elle sait que l’on fait l’amour et n’a pas du tout envie d’y entrer !)

 

On dit que l’habitude du cododo est difficile à perdre (je suis plutôt en accord, car je me suis probablement mariée pour ne pas dormir seule… comme si c’était l’unique raison !)

 

On dit que le cododo est une source de problèmes psychologiques (tout comme l’insécurité et l’abandon causent des troubles psychologiques… on ne s’en sortira pas, nos enfants auront des problèmes dans la tête, je préfère juste qu’ils ne proviennent pas de la peur !)

 

On dit tellement de choses sur le cododo que lorsqu’on le pratique, on se sent coupable. On n’ose pas en parler ni même y faire référence. Surtout que tout le monde a son opinion. Bonne ou mauvaise, cette pratique ne laisse personne indifférent.

 

Nous pratiquons le cododo chez nous. Nos filles seront adultes un jour. On repensera à tous ces beaux moments doux. On crée des souvenirs même en rêvant. Traitez-nous de parents indignes si cela peut vous faire du bien. On est en paix avec ça. On finira sûrement par acheter un lit plus grand, quoique…

 

Moi je dis qu’un moment donné, notre fille ne viendra plus nous rejoindre. En attendant, si je me fie à moi, je n’ai pas trop mal viré… quoique… !

 

Et vous, vous pratiquez le cododo ?

 

Martine Wilky

 

L’importance de l’amitié

Une des joies dans la vie est d’avoir des amis. Des personnes sur

Une des joies dans la vie est d’avoir des amis. Des personnes sur qui on peut compter beau temps comme mauvais temps, avec qui on peut partager nos pensées, nos rires, nos peines. Une de mes premières constatations quand un Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA) a été soupçonné pour mon fils était qu’en effet, il avait de la difficulté à entrer en relation avec les autres et donc, de la difficulté à se faire des amis. C’est tout de suite venu me chercher, pas que je sois le genre de personne ayant une tonne d’amis qui gravitent autour d’elle, mais je reconnais l’importance de l’amitié et ses bienfaits sur le quotidien.

En plus de son TSA, fiston a la moitié de mes chromosomes donc, il est d’un naturel introverti et n’est pas porté à aller vers les gens d’entrée de jeu. Je l’ai observé lorsque j’ai fait du bénévolat à la bibliothèque de son école lors de son année de maternelle : il fait les choses à sa manière et ne semble pas avoir un grand besoin des autres. Par contre, il avoue tout de go aux adultes qu’il veut avoir des amis, mais ne sait pas comment faire. Pour un professeur, pour une éducatrice spécialisée, pour une psychologue, c’était un aveu déchirant à entendre. Imaginez à quel point ce l’était pour un cœur de mère ! Il était dans une maternelle régulière, ils étaient donc une vingtaine dans sa classe… Je me disais que c’était impossible qu’il n’y ait pas une personne dans le lot avec qui il pouvait avoir des affinités ! Je me suis rendue à l’évidence à force de l’observer : fiston ne sait pas comment entrer en relation avec les autres. Il entre dans leur bulle, parle trop fort ou pas assez fort, veut jouer avec les autres, mais à sa manière à lui, sans inclure les autres dans son jeu.

Première année du primaire : fiston était alors dans une nouvelle école dans une classe de relation. La direction de l’école où il a fait sa maternelle m’a vanté les mérites de ce type de classe et que ce serait bénéfique pour lui. Ce fut en effet le cas. Dans une classe de huit élèves, il ressent moins de pression du fait que le nombre d’élèves autour de lui est moins grand. Il performe mieux sur le plan académique et il a également réussi à se faire des amis. Il discute ouvertement de son TSA avec les gens qu’il côtoie, autant le personnel que les autres élèves.

Dans cette nouvelle école, il y a quatre classes de relation, donc près d’une trentaine d’élèves qui, comme lui, ont un diagnostic de TSA ou sont en attente d’un diagnostic. Ils fréquentent tous un groupe qui leur est dédié pour le service de garde avant et après les classes et à l’heure de dîner. Ils créent des liens, s’apprécient et s’ouvrent entre eux, graduellement, à leur rythme et acceptent facilement leur différence. Mon cœur de mère va mieux de le voir avec des amis, de recevoir des invitations à des fêtes d’anniversaires, de les voir faire des plans ensemble pour tenter de se voir pendant la fin de semaine pour jouer ensemble. Mon cœur de mère va mieux depuis que je respecte sa façon d’être en amitié, que j’accepte qu’il soit heureux avec ses amis pendant un temps, mais qu’il a également besoin d’un peu de retrait lors de jeux avec eux, tout comme eux avec lui.

J’ai tellement voulu que mon fils ait des amis avec qui discuter, partager et jouer que j’en ai parfois perdu de vue mes propres amitiés. Je me suis tellement concentrée sur le bien‑être et l’épanouissement de mon fils que j’ai oublié d’entretenir mes amitiés, mon bien‑être et mon épanouissement à moi. J’ai mis un terme à des amitiés par manque de temps, parce que oui, j’ai été moins disponible, pour des raisons de divergences d’opinions, parce que nos chemins n’allaient plus dans le même sens. Principalement aussi, parce qu’avec ma vie de maman d’enfant différent, j’ai eu plus souvent qu’à mon tour la mèche courte et je me suis fermée aux autres. J’avais perdu de vue la raison principale pour laquelle je voulais tant que mon fils ait des amis : parce que les amis sont des personnes sur qui on peut compter beau temps comme mauvais temps, avec qui on peut partager nos pensées, nos rires et nos peines. Mea culpa !

Annie St-Onge

 

Ma ride d’affront

J’ai eu mes premières rides sur le tard. Tellement qu’en fin de

J’ai eu mes premières rides sur le tard. Tellement qu’en fin de semaine, je me suis fait cruiser par un petit jeune qui devait être au début de la vingtaine. Moi, la vieille peau de quarante ans!

Mais ma toute première ride, je me souviens du jour exact où elle est apparue. C’était le 23 mars 2004. Je ne fais pas une Paul Houde de moi-même en retenant par cœur la date de naissance de toutes mes rides, ne vous en faites pas! C’est seulement que cette ride qui scinde mon front en deux s’est formée sous la douleur de mon premier accouchement. Alors vous comprenez que j’ai une titi de bonne raison pour me souvenir de la date!

Le travail avait commencé en début de soirée. J’avais passé les heures suivantes dans le bain pour me soulager de la souffrance des contractions, avec des pauses près du comptoir pour finir de m’épiler. Non mais, quand c’est un premier accouchement, il arrive qu’on mette les priorités au mauvais endroit!

Un bon moment donné, j’ai lâché le call officiel du 2 minutes. « Chéri! C’est maintenant. Là. Tout de suite. Now! » Bon. On est arrêtés au courrier et au club vidéo (autre époque…), on a fait des tatas au policier qu’on dépassait sur la 30. Et on a été accueillis à l’hôpital par des infirmières convaincues que bébé allait se pointer trrrrrès rapidement. Deux heures du matin. Tout le personnel se préparait pour une expulsion avant le lever du soleil.

Ben non. J’ai eu droit à deux anesthésies qui ont fonctionné à moitié. À des tâtements de bedaine et de col (super le fun quand tu es à 9,5 depuis des heures!) « Je ne comprends pas, madame, votre bébé remonte au lieu de descendre… » J’ai eu droit à la percée des eaux (ma fille en garde d’ailleurs un trou permanent dans son cuir chevelu, ce qui m’a forcée longtemps à faire des séparations de lulus décentrées…) Au cathéter pour vider ma vessie qui menaçait d’exploser. Et au massage de l’espace plissé entre mes deux yeux. « Madame, tout votre stress reste pris dans votre front. Détendez votre visage. C’est la ride de la colère qui s’exprime. Il faut lâcher prise, votre bébé va finir par arriver… »

Oui mais quand? C’est parce que ça fait douze heures que vous me dites qu’elle arrive d’une minute à l’autre alors que tout ce qu’elle fait, c’est remonter jusqu’à mes clavicules! Êtes-vous sûrs que vous ne pouvez pas la sortir par là? Une petite incision au niveau du plexus solaire, toute petite…

L’option n’a pas été retenue. Il a fallu attendre que bébé accepte de parader sur le tapis rouge. J’avais préparé mes techniques de relaxation, de respiration, de visualisation… mais rien pour me dérider la ride de la colère. Une colère ancrée dans l’impuissance de ne pas savoir ce qui allait se passer et quand. Et aussi, il faut l’avouer, dans la souffrance de contractions ininterrompues et inefficaces.

Grande Peanut a fini par trouver son chemin, mais l’affront était fait : sa mère (c’est moi, ça!) savait désormais qu’elle ne contrôlait rien du tout.

Plus tard, quand les comportements de ma fille se sont mis à déraper, j’ai retrouvé cette ride que j’avais tant tenté de lisser à grands coups de afuuu afuuu. J’ai appris la colère, j’ai apprivoisé l’impuissance. Et c’est seulement quand j’ai appris le lâcher-prise sincère que la colère liée à la perte de contrôle s’est atténuée. Et que les comportements dérangeants sont disparus.

Ma ride de front, elle, est encore là. Des médecins m’ont suggéré de l’aplanir, de la botoxer. Mais je lui trouve une certaine beauté. Elle est plutôt isolée dans mon visage (merci, peau grasse!), mais elle est là, me rappelant mon parcours. Et parfois, pour me calmer le pompon quand je m’énerve le poil des jambes (les priorités ont changé, voyez-vous!), je frotte doucement ma ride de front, comme l’infirmière l’a fait dans le temps. C’est devenu mon ancrage : respire, ça va passer…

Nathalie Courcy

La perfection…

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Toute cette histoire de perfection m’a frappée au visage un soir de semaine. J’arrivais au CPE de ma grande fille, dans le but évident de la ramener à la maison (ben oui, t’sais, je suis une mère-extraterrestre, mais j’ai toujours hâte d’aller retrouver mes enfants rapidement après le boulot). L’éducatrice me voit arriver, tout sourire, et me parle de la belle journée de ma grande. « Belle journée. Belle fille. Sage fille. Toujours sage… parfaite. »

Et là, ça me frappe. De plein fouet. Un coup de massue su’l’nez! Parfaite? Elle a quatre ans! Je ne veux pas qu’elle soit parfaite! Je veux qu’elle tombe, pour apprendre à se relever. Je veux qu’elle crie, pour apprendre à parler. Je veux qu’elle frappe, pour apprendre à câliner. Je veux qu’elle ait le droit d’être en colère, en colère noire. Attention, je lui souhaite tout le bonheur du monde. Mais un bonheur vrai, et senti. Un bonheur parsemé de petites colères, qui nous font simplement apprécier davantage les petites joies. CE genre de bonheur!

Et l’éducatrice restait là, devant mes grands yeux écarquillés et mon expression bouche bée (parce que je venais de recevoir un coup de massue, vous vous rappelez?) Elle ne semblait visiblement pas au courant de la cause de mon malaise… Alors elle continua. « Ben ouiiii… Elle est si parfaite cette enfant-là! On se demande bien de qui elle tient?! » Et, à ce commentaire rempli d’un fascinant mélange de jugement et de bonne volonté, elle ajoute un clin d’œil suggestif, me désignant comme l’exemple de perfection?!

J’ai réalisé à ce moment-là, et seulement à celui-ci, ce que je pouvais dégager comme maman. Il faut tout faire n’est-ce pas? Et d’un point de vue extérieur, c’est vrai que ça peut avoir l’air « parfait ». Je remettrai donc les choses en perspective :

• De l’extérieur, j’ai une carrière florissante. La réalité, c’est que j’ai ouvert ma propre entreprise parce que je ne cadrais plus dans cette société où il fallait tout concilier. J’ai donc travaillé cinquante heures par semaine pendant des années. À la maison, certes, mais je vous jure que les journées semblaient parfois interminables. Aujourd’hui, j’ai un fabuleux poste à trente heures par semaine, et ça me convient par-fai-te-ment.

• De l’extérieur, j’ai suivi des formations pour rester toujours « au top »! La réalité, c’est que finir un baccalauréat, de soir et de fin de semaine, en travaillant cinquante heures par semaine, avec trois enfants de moins de cinq ans, c’est… suicidaire. Possible, mais suicidaire.

• De l’extérieur, j’ai un mariage inébranlable. La vérité, c’est que mon mari, je l’adore. Et que oui, on s’engueule. Oui, il dort parfois sur le divan. Oui, je fais des scènes monstres. Et que non, ce n’est pas facile tous les jours de rester soudés dans cette vie de fous!

• De l’extérieur, mes enfants sont si bien élevés ! La réalité, c’est que non, ça ne s’est pas fait tout seul, les élever. Et non, ce n’est pas non plus évident tous les jours (même avec les formations, t’sais!). Comme tous les enfants, les miens font des crises de bacon, me crient par la tête que je suis une mauvaise mère et refusent leur déjeuner parce que, t’sais, c’est pas la bonne couleur d’assiette ce matin-là. Je ne suis pas meilleure que personne.

Et le pire dans l’histoire, c’est que chacun d’entre nous dégage cette perfection, puisque l’herbe est toujours plus verte chez le voisin! Sinon, les réseaux sociaux n’auraient jamais eu autant de succès…

Là où je veux en venir, c’est que ça peut être agréable, voire flatteur, de sentir qu’on est l’idéal de quelqu’un. Mais là où le bât blesse, c’est que nos enfants aussi voient en nous cette image de perfection! Et j’ai réalisé ce jour-là que je refuse d’être une mère-parfaite. Pas juste aux yeux des autres. Aux yeux de ma fille. Je veux qu’elle me voie échouer et persévérer. Je veux qu’elle sache que la réussite n’est pas gratuite et qu’on n’obtient rien sans efforts. Je veux qu’elle entrevoie mes failles… et les siennes. Et je veux que ma fille sache qu’elle est humaine, et que si elle est parfaite, c’est bien dans toutes ses imperfections.

Je veux qu’elle se donne le droit d’être en colère et de le crier haut et fort. Je veux qu’elle se donne le droit d’être triste et de pleurer comme une madeleine. Je veux qu’elle se donne le droit d’échouer, sans se taper sur la tête indéfiniment. Je veux qu’elle vive sa vie à fond et sans regrets. Pas pour plaire aux autres, pas pour avoir une vie parfaite. Juste pour ressentir le bonheur, CE genre de bonheur.

Et je devrais sûrement écouter mes propres conseils, juste des fois.

 

Joanie Fournier