Archives février 2020

Dis-moi quel type de parent tu es, et je te dirai quelles activités faire pendant la relâche !

Elle est

Elle est enfin là! Une grosse semaine de vacances en famille! Neuf jours de congés, si on compte les weekends! Et pour l’occasion, plusieurs se demandent comment ils vont bien pouvoir occuper leurs enfants et quelles activités leur offrir. J’ai donc décidé de vous faire quelques suggestions. J’aurais pu écrire un top 10 des activités à faire, mais ça aurait été du déjà-vu… Alors voilà! Dis-moi quel type de parent tu es et je te dirai quelles activités faire pendant la relâche!

1- Les parents actifs

Le parent actif, c’est celui qui aime bouger beaucoup. Si tu aimes le froid, les activités hivernales et la nature, tu es fort probablement un parent actif. Je te suggère alors d’opter pour les sports d’hiver. Pour les adeptes de la planche à neige ou du ski alpin, le site PowSki.com est tout simplement génial! Il t’offre des rabais vraiment intéressants pour acheter des billets de ski pour la montagne de ton choix et pour le jour qui te convient. Si tu as envie d’essayer plusieurs montagnes sans payer un prix de fou, c’est une très belle solution! Plusieurs montagnes offrent également de bons forfaits pour les cours de ski pendant la semaine de relâche.

2- Les parents-ours
Le parent-ours, c’est le parent qui adore hiberner pendant l’hiver. Il est partant pour faire des activités, mais il adore le confort de son foyer. Si tu aimes rester en pyjama, un chocolat chaud à la main, à regarder les paysages d’hiver à travers ta fenêtre, c’est que tu es un parent-ours. Je te suggère alors d’opter pour les activités familiales traditionnelles, que les enfants adorent et qui te permettront de rester au chaud. Les bons vieux jeux de société sont ici indétrônables. Mais tu peux aussi sortir des sentiers battus! Tu peux trouver sur Internet de nouvelles recettes de glue, de pâte à modeler ou d’expériences scientifiques à faire à la maison. Tu peux recouvrir la table de cuisine de sacs-poubelle et faire un avant-midi de peinture en famille. Tu peux aussi faire des activités culinaires avec les enfants, c’est toujours gagnant! Et l’avantage de rester à la maison, c’est que tu peux envoyer les enfants jouer dans la cour pour y faire un concours de bonhommes de neige que tu pourras juger par la fenêtre, toujours en restant au chaud.

3- Les parents au portefeuille serré
Pour plusieurs, la semaine de relâche signifie qu’il faudra dépenser davantage pour les activités à faire avec les enfants. Mais je vous rassure tout de suite, nul besoin de dépenser une fortune pour faire leur bonheur! Si tu as un budget plus serré, tu peux aussi faire des sorties super intéressantes qui ne coûteront pas les yeux de la tête. Il suffit de chercher! Si vous adorez les sports d’hiver et que vous cherchez à réduire les coûts, vous pouvez trouver des endroits gratuits où aller faire de la raquette, de la marche, du patin, ou du ski de fond autour de chez vous. Les enfants pourront dépenser leur énergie et tout le monde profitera du grand air. Vous pouvez aussi regarder les musées à proximité et les activités communautaires organisées dans votre municipalité. Vous trouverez certainement de belles idées de sortie à faible coût! Toutes les activités proposées aux parents-ours peuvent aussi vous plaire! Si on limite les déplacements, on limite aussi les dépenses.

4- Les parents d’intérieur
Si tu as un bon budget pour les vacances, mais que tu détestes l’hiver, tu es peut-être un parent d’intérieur. Contrairement au parent-ours, tu n’aimes pas rester chez toi et tu as besoin de sortir. Contrairement au parent actif, tu détestes avoir froid et tu n’as pas envie de faire sécher les bottes qui puent et les mitaines humides. Si tu es un parent d’intérieur, tu peux opter pour les centres d’activités. Les centres d’amusement, les parcs de trampolines, les gyms pour enfants, etc. Les enfants raffolent de ces endroits. Ça te permettra de bouger avec eux, tout en restant au chaud. Et si tu peux financièrement te le permettre, pourquoi pas? Les enfants aiment aussi se faire gâter à l’occasion. Et la semaine de relâche n’arrive qu’une fois par an…

5- Les parents qui ont aussi besoin de relâcher
Peut-être que pour toi, l’enjeu n’est pas l’endroit ni le budget, mais davantage le besoin de vacances qui prime. Tu as travaillé très fort dernièrement, tu te sens épuisé et tu n’as pas envie de te lancer à gauche et à droite pour courir toute la journée. Eh bien, tu as parfaitement le droit de relaxer aussi. La semaine de relâche, ce n’est pas que pour les enfants. Tu peux opter pour des activités plus reposantes et te diriger vers les cinémas, les spas, les restaurants, les cafés-céramique, etc. Tu peux aussi opter pour des journées pyjamas et des soirées de film-collé-en-famille à la maison. Tu peux offrir aux enfants du temps. Juste du temps. Pour se déposer et prendre le temps de jouer, d’imaginer, de créer, de ne rien faire… Tu peux faire une grosse cabane de couvertures dans le salon et la laisser là toute la semaine si tu en as envie. Tu peux aussi inviter des amis à la maison. Les enfants partent jouer ensemble et s’enferment dans la salle de jeux… Et les adultes? Ils papotent avec un bon verre de vin. Ça aussi, c’est une belle activité à faire pendant la relâche!

Peut-être que vous vous êtes reconnus dans un type de parents en particulier. Peut-être que vous êtes aussi un mélange de plusieurs types de parents. Mais peu importe qui vous êtes, peu importe votre budget et peu importe où vous habitez, je suis certaine que vous saurez avoir du plaisir avec vos enfants dans la semaine qui vient. J’espère que cette petite liste d’activités vous aura donné quelques idées à faire avec les enfants. Et surtout, n’hésitez pas à nous écrire en commentaires vos places favorites pour la semaine de relâche!

Joanie Fournier

 

Ma première sortie plus que ratée avec bébé!

Ça y est! C’était la journée où j’avais décidé de sortir p

Ça y est! C’était la journée où j’avais décidé de sortir pour la première fois avec bébé. Ce matin‑là, entre deux trois larmes et un éclat de rire parce que je me trouvais ridicule (merci les hormones!), j’avais dit à mon chum que j’étais écœurée d’hiberner à la maison. J’avais une envie brûlante de retrouver un peu ma vie entre les boires aux deux heures, les changements de couches, le chien turbulent parce que ça fait trop longtemps qu’on n’est pas sortis, sans oublier la pile de lavage haute comme l’Everest qui s’accumule dans le coin du corridor. Tu as pris une grande respiration en lisant ma dernière phrase? Ben c’est exactement comment je me sentais à ce moment : DONNEZ-MOI DE L’AIR FRAIS!

Mon chum accepte et me propose qu’on aille prendre une marche pour profiter du soleil et dégourdir les pattes de notre chien qui se transforme tranquillement en démon. L’hiver frappe à notre porte, on s’habille chaudement pour ne pas retourner à la maison dans les cinq prochaines minutes, parce que j’ai besoin de plus que cinq minutes pour retrouver mes esprits. On enfile tuque, foulard, mitaines, bottes. Normalement, on serait prêts à partir, mais quand on est devenus parents, on a vite compris que partir en deux temps trois mouvements n’était plus une option réaliste. On sort la poussette, on habille bébé chaudement, on le rechange parce qu’il a eu le temps de faire caca entre temps, on attache le chien et on est enfin prêts à partir (trente minutes plus tard… fait chaud avec le manteau sur le dos!).

Le bout du nez à peine sorti dehors, mon chum me dit : « Ouf! Il fait pas chaud ». On se regarde et on est à deux doigts d’abandonner l’idée, mais bon, c’est pas vrai qu’on va choker à notre première sortie en famille. Mon chum rentre pour se chercher une tuque. Je suis là, dans l’entrée du stationnement avec la poussette dans une main et la laisse du chien qui tire avec la force d’un chien de traîneau dans l’autre. Je me tourne de bord une fraction de seconde pour vérifier si mon chum s’en vient et là, ma vie et le temps s’arrêtent.

Je vous avertis, la suite de l’histoire n’est pas drôle à première vue. Par contre, quand j’y pense maintenant, je trouve ça hilarant tellement cette histoire est invraisemblable. Pourtant, ça nous est bel et bien arrivé!

Alors voici la suite. Pendant les deux secondes que je me suis retournée, la poussette a eu le temps de partir vers la rue. Y’a de la glace à la grandeur du parking parce que la copropriété du condo où on habite refuse de payer pour du sel (je ne partirai pas sur ce sujet‑là parce qu’on pourrait en faire un autre article! Mais on va se le dire pareil, les économies de bout de chandelle, c’est de la m****!).

La poussette roule à vitesse grand V vers la rue et je vois un camion qui s’en vient au loin. Tel un guépard, je bondis vers la poussette pour la rattraper. Je pense que je n’ai jamais couru aussi vite de toute ma vie. Dans mon élan de terreur, j’ai aussi oublié que le parking est glacé et qu’il m’aurait fallu enfiler mes patins au lieu de mes bottes avant de sortir. Comble du malheur, je tombe face première sur l’asphalte. La seule bonne nouvelle, c’est que j’ai réussi à rattraper la poussette dans ma chute. J’ai sûrement crié fort parce que mon chum est sorti de la maison en courant. Je suis étendue de tout mon long par terre, le souffle court, le nez et les mains en sang.

On pense que l’histoire se termine là, mais non… si vous avez suivi l’histoire, vous vous souvenez que je tenais mon chien avec l’autre main. Dans ma chute, j’ai aussi lâché la laisse de Luna. Elle doit chanter « libérée, délivrée » dans sa tête, parce qu’elle part à courir comme s’il n’y avait pas de lendemain. Mon chum me demande si je suis correcte et part à courir pour rattraper la fugueuse. Il réussit à la rejoindre et met le pied sur sa laisse pour l’arrêter. Bang! La laisse brise… (je vous jure que c’est vrai!). Luna est en liberté et oh non, pas question pour elle de rentrer tout de suite. Je n’aurais pas voulu être dans les souliers de mon chum à ce moment‑là : le chien qui court d’un bord pis de l’autre de la rue, sa blonde qui braille à terre et le bébé qui s’époumone dans la poussette… Je pense que si on avait été filmés, on serait des vedettes de YouTube et de l’émission Rire et délire tellement la situation était ridicule!

Je peux vous dire que cette journée‑là, la marche s’est arrêtée au stationnement, qu’on a été frustrés toute la journée pis qu’on n’est pas ressortis le lendemain!

Je suis le genre de fille qui essaie de voir le bon côté des choses dans tous les événements poches de la vie, alors je me dis que cette histoire m’aura permis de vous faire sourire aujourd’hui. Je me dis qu’au final, il n’est rien arrivé de grave et que ça fait une bonne anecdote à raconter. Alors si toi aussi, ta première sortie avec bébé a tourné au vinaigre, remets tes bottes et retournes-y, ça peut pas être pire!

De mon côté, la seule chose que je regrette, c’est de ne pas être allée m’acheter un 6/49 cette journée‑là parce qu’aujourd’hui, je serais probablement riche et je pourrais payer du sel à tous les condos de la rue!

Catherine Desgroseillers

 

De la méchante belle-mère que tu méprises

À toi, la mère déterminée à convaincre l’univers tout entier

À toi, la mère déterminée à convaincre l’univers tout entier qu’elle est une maman ayant tout sacrifié pour ses enfants, une mère ayant pallié seule l’absence des pères de sa progéniture pendant près de dix ans, une soi-disant victime de la DPJ, une pauvre martyre tassée de côté par la cruelle belle-mère qui a « brainwashé » sa fille… sache que tu ne mets pas ton énergie au bon endroit.

Je comprends que ça doit être plus facile pour toi de jeter le blâme sur les autres. Moi aussi, j’aurais tendance à trouver ça gênant d’avouer que je n’ai plus de contact avec mon enfant par choix. J’aurais un peu peur de perdre la face en expliquant que j’ai rejeté ma propre fille, que j’ai choisi de ne pas la croire lorsqu’elle a dénoncé les actes de violence qu’elle subissait de mon chum, que je lui ai dit qu’elle n’était plus la bienvenue chez nous et qu’elle représentait un danger pour ma nouvelle famille. Ça demande quand même une méchante dose de courage et de transparence pour avouer au monde entier que ton ex a fait des pieds et des mains pour que tu voies ton enfant, qu’il t’a proposé plusieurs droits d’accès et qu’au final, tu as préféré t’en passer. C’est vrai que ce n’est pas le genre de chose qu’on a envie de crier sur les toits, hein ?

J’imagine aussi que c’est devenu impossible pour toi de faire marche arrière après tant d’années de mensonges. C’est sans doute pour ça que tu mets tant d’ardeur à me salir sur les réseaux sociaux, à prétendre que derrière ma belle enveloppe se cache quelqu’un de laid, à répandre des rumeurs sur nous à qui veut bien les entendre. Au fond, t’essaies sans doute de te convaincre toi-même que c’est à cause de nous, et surtout de moi, la méchante belle-mère, que tu n’as plus vraiment de relation avec ta fille. Je peux comprendre que la vérité soit difficile à accepter et que le déni puisse t’offrir une belle porte de sortie.

Mais tu sais quoi ? T’auras beau manipuler et « enfirouaper » ta famille et le peu d’amis qu’il te reste, la seule personne dont l’opinion compte vraiment dans tout ça, c’est celle de ta fille ! Ta fille à qui on a tendu le téléphone chaque fois qu’elle a voulu t’appeler et qu’on a ensuite ramassée en mille miettes, ta fille qu’on a écoutée si souvent pleurer ton absence en se tournant langue sept fois dans la bouche avant de parler, ta fille qu’on a reconduite dans TA famille à chaque fête et à chaque occasion spéciale afin qu’elle maintienne un lien avec eux, ta fille que nous avons accompagnée chez le psy chaque mois pour tenter d’alléger un peu sa souffrance, ta fille à qui on a tenté tant bien que mal d’expliquer l’inexplicable, ta préado qu’on a soutenue et aimée au moment où une fille a le plus besoin de sa mère.

Cette petite cocotte‑là, bien qu’un peu naïve et prête à tout pour retrouver sa maman, tu ne pourras jamais lui faire avaler tes histoires, car elle… elle connaît la vérité !

Eva Staire

 

La persévérance scolaire : entre moule et détours

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Cette semaine, on célèbre la persévérance scolaire. Quels que soient nos rêves pour nos enfants, on leur souhaite de réussir à l’école et d’y trouver intérêts, plaisir et amis. Avec ces trois éléments réunis, c’est plus facile de se lever le matin avec le sourire pour se rendre à l’école. C’est plus facile d’arriver au grand jour de la diplomation, qu’elle soit secondaire, professionnelle, collégiale ou universitaire.

Mais dans certains cas, la persévérance scolaire fait des détours.

J’ai un doctorat, par choix. Personne ne m’a forcée à accumuler les diplômes universitaires. Je m’amusais sur les bancs d’école. Je me sentais à la bibliothèque et dans les centres de recherche comme dans mon royaume. J’avais la réussite facile (ok, peut-être moins en maths et en éducation physique…). J’étais timide, mais je n’ai jamais manqué d’amis ni de sentiment d’appartenance. Si je le pouvais, je serais une éternelle étudiante.

Je n’ai jamais fait sentir à mes enfants qu’ils devaient marcher dans mes traces scolaires. J’ai toujours valorisé l’effort plus que le résultat. J’ai toujours valorisé l’éducation plus que les études. Par contre, j’ai aussi toujours souhaité qu’ils terminent leur secondaire et qu’ils le fassent de la façon la plus positive possible.

Alors quand mon ado m’a annoncé qu’elle voulait terminer sa quatrième secondaire en éducation à domicile, une certaine remise en question m’est tombée dessus. Pas que je ne l’avais pas vue venir… mais j’espérais qu’elle poursuive son éducation dans le système jusqu’à la fin du secondaire. Ensuite, advienne que pourra : on avait souvent parlé ensemble des multiples avenues possibles vers le bonheur.

Depuis l’annonce, j’ai entendu beaucoup de préjugés (tu as juste à la forcer à aller à l’école ; moi mon enfant est dyslexique pis il réussit pareil ; ça va être quoi plus tard si elle n’est pas capable de fitter dans le moule de l’école?). Une partie de moi s’est déjà dit tous ces commentaires culpabilisants et accusateurs. Comme si on n’avait pas déjà tout essayé. Petite nouvelle : ça n’a pas marché.

Le moule n’est pas fait pour tout le monde, et ça adonne que mes enfants entrent difficilement dans un moule. Je les ai élevés dans l’amour de la diversité et dans la fierté de leurs différences, alors pour eux, c’est juste normal de faire des détours si le chemin prétracé ne leur convient pas.

La bonne nouvelle dans tout ça, c’est que ma fille a pris cette décision pour de bonnes raisons : elle veut réapprendre le plaisir d’apprendre, retrouver le plaisir d’être curieuse, développer de meilleures méthodes de travail et prendre soin d’elle pour mieux gérer ses émotions. Combien d’adultes auraient intérêt à faire ce pas de recul? Mon petit doigt maternel me dit que le temps qu’elle prend maintenant lui sera redonné au centuple dans l’avenir.

Si ma fille m’avait annoncé qu’elle abandonnait l’école, là, j’aurais tilté. Ben, pas vraiment parce que ça n’aurait servi à rien, mais je me serais sentie moins outillée et plus aux prises avec la DPJ. Si ma fille fuguait de l’école à répétition pour aller se geler au centre-ville, là, je capoterais. Si ma fille avait renoncé à ses rêves (parce que oui, elle prévoit finir son secondaire et sait déjà ce qu’elle veut faire comme études et comme carrière), là, je me serais vraiment inquiétée.

Mais depuis qu’elle a vidé son casier d’école, les étincelles sont revenues dans ses yeux. Ses épaules pèsent mille tonnes de moins. Le détour ne sera pas de tout repos. On s’est déjà entendues sur des objectifs et un horaire. On sait déjà quelles sont les étapes administratives à franchir pour faire l’école à domicile en toute légalité. Ses efforts devront être redoublés, et je n’ai aucune garantie que le succès sera au rendez-vous en juin. Mais ce que je sais, c’est qu’en ce moment, c’est la meilleure décision, peut-être la seule possible.

M’obstiner pour lui coller les fesses sur les bancs d’école n’apporterait pas de meilleurs résultats, tuerait les étincelles dans ses yeux et rendrait probablement le détour encore plus long et plus ardu. En cette semaine de la persévérance scolaire, je vote pour qu’on célèbre tous les types de parcours scolaires, les atypiques comme ceux qui rentrent dans le moule, les prolongés comme les accélérés, les redondants comme ceux qui sont marqués par les A+ en série. Comme toujours, le chemin est au moins aussi important que le but!

Nathalie Courcy

 

T’aurais pu me le demander

J’ai remarqué chez les couples que je côtoie qu’il semble y av

J’ai remarqué chez les couples que je côtoie qu’il semble y avoir une des deux personnes qui fatigue plus vite à voir la vaisselle s’empiler dans l’évier ou les boules de poussière s’accumuler sous le divan, ou qui remarque avant l’autre qu’il manque de pain pour préparer les sandwichs pour les lunchs scolaires des enfants. « T’aurais pu me le demander » devient alors l’hymne répété par le partenaire qui, aux yeux de l’autre, ne fait pas sa part de tâches ménagères.

Lorsque mes amies se confient au sujet de leurs querelles maritales, c’est souvent ces irritants qui érodent leur quotidien. Et je dois avouer d’emblée que ma situation est particulière parce, bien qu’ayant passé trente ans de ma vie au Québec, je vis aux États‑Unis depuis près d’une décennie. On a beau penser que la réalité de nos voisins du Sud est similaire à celle du Québec en raison de la proximité géographique, je vous assure toutefois que, sur le plan de l’égalité domestique (et du travail en général), ils ont du chemin à faire. Ce n’est pas rare ici de voir la femme s’occuper encore de la vaste majorité des tâches en lien avec le ménage.

D’abord, évidemment, la religion joue un rôle important dans la perception des responsabilités dans le couple. Surtout dans les États du sud où l’on prône des valeurs « traditionnelles ». Même sur le marché du travail, le sexisme est légion, et mon expérience personnelle est parsemée de plusieurs exemples.

Ensuite, la réalité socio-économique est différente, surtout pour les familles avec des enfants. Ici, pas de garderies à 5 $ ni de soins de santé universels. Les services de garde et de la petite enfance sont plus près de 50 $ par enfant par jour et il en coûte 200 $ pour une visite chez le pédiatre (avec des assurances). Sans compter les coûts associés au prix démesuré des médicaments et les autres responsabilités financières liées à la maternité et à la famille. Demandez‑moi si j’ai été surprise de recevoir une facture de 35 000 $ après avoir accouché de mon premier enfant dans un hôpital américain…

Les familles font aussi des sacrifices afin d’économiser des dizaines de milliers de dollars pour faciliter l’accès à un enseignement supérieur pour leurs enfants. Même avec le soutien de leurs parents, les étudiants universitaires reçoivent leur diplôme criblés de dettes et se lancent dans un marché où les contrats de travail sont rares. Ici, on travaille de gré à gré (donc sans contrat) et dans plusieurs États, un(e) employé(e) peut être remercié(e) sans raison et sans préavis.

Il est donc surprenant de constater que pour plusieurs familles avec de jeunes enfants, c’est tout de même parfois moins avantageux d’avoir deux parents travailleurs que d’en avoir un qui reste à la maison. Si l’on tient compte des frais associés avec la garde d’enfants, les horaires d’école, les conditions de travail précaires et les pressions trop souvent injustement exercées sur la mère par l’employeur (la maternity tax), les conditions favorables à un retour au travail après une grossesse ne sont pas souvent pas au rendez-vous.

Dans un marché professionnel sexiste où le congé parental est encore un rêve inaccessible pour la majorité et où monsieur gagne en moyenne 25 % de plus que madame pour le même poste, c’est plus souvent plus qu’autrement maman qui reste à la maison.

Alors au pays de l’oncle Sam, en 2020, c’est encore maman la reine du foyer.

Mais pas trop vite. Reine, pas sûre. Boss des bécosses… peut-être.

J’ai des amies qui vivent dans une situation familiale que l’on qualifierait ailleurs d’abusive. Puisque monsieur travaille à l’extérieur de la maison, il contrôle les finances. L’épouse qui « ne travaille pas » passe ses journées à s’occuper des enfants et des aînés, organise des activités éducatives, fait le taxi, gère l’agenda de la famille, fait l’épicerie et les courses, prépare les repas, passe l’aspirateur, lave la vaisselle, fait le lavage, range les vêtements des enfants et (oui oui) ceux de monsieur. C’est important qu’il réussisse et ait de belles chemises propres et repassées. Juste pas assez important pour qu’il prenne le temps de s’en occuper lui-même. Parce qu’il s’entraîne la fin de semaine. T’sais.

Est-ce louable de soutenir son conjoint? Bien sûr. La réciprocité du geste promeut une relation saine. Malheureusement dans ces situations, on est souvent loin du travail gratifiant. Et des Real Housewives. Être maman à la maison, ce n’est tellement pas boire du rosé toute la journée en se prélassant au soleil!

Je vais à contre-courant de la culture locale, car je crois que l’égalité entre les sexes commence à la maison. Je souhaite offrir un exemple différent à mes deux garçons qui, je l’espère, seront féministes. Pour ces raisons, quand il est question de tâches domestiques, je ne demande pas d’aide à mon mari. Pas plus qu’il ne me demande d’assumer le rôle de la femme de ménage. Comment ça marche? Nous avons divisé les tâches ménagères ensemble et nous revisitons le sujet régulièrement afin de nous assurer que le fardeau est équitable. Entre les années où j’étais à la maison avec les enfants en passant par d’autres où je travaillais à temps plein hors de la maison, mes responsabilités ont changé. Les siennes aussi.

Cette approche me vaut souvent des remarques sournoises voulant que j’aurais domestiqué mon conjoint et que je suis chanceuse d’être dans une union moderne. La vérité est que je ne serais pas en couple avec une personne aux attentes irréalistes, misogynes et ridicules envers moi. Je suis tout à fait d’accord avec Melinda Gates et Warren Buffet qui ont dit que la décision la plus importante d’une vie, c’est le choix de notre partenaire. Ceci dit, j’en ai choisi un bon et le mérite lui revient.

Mais c’est loin d’être parfait. Il m’a récemment vu bardasser en lavant la vaisselle qui s’accumulait (encore) dans l’évier et m’a dit « J’allais la faire. T’aurais pu me le demander ».

[Insérer ici un soupir exaspéré]

Je lui ai dit…

J’aurais pu te le demander, mais pourquoi ne l’as-tu pas faite de ton propre chef? Je ne suis pas ta mère ni la gestionnaire des tâches ménagères. C’est m’en mettre trop sur les épaules que d’attendre que je te demande de l’aide. Cette attitude est injuste et irresponsable parce qu’elle sous-entend que c’est ma responsabilité de m’assurer que les tâches, incluant les tiennes, sont faites. C’est un mauvais exemple pour nos enfants.

Nous sommes deux adultes dans cette maison et nous avons une entente de répartition des tâches. Tu as accepté la responsabilité de faire la vaisselle après le souper (parce tu détestes cuisiner et préfères la vaisselle à la cuisine), alors c’est à toi de t’en souvenir. Tu as des yeux et tu peux voir que la vaisselle s’est accumulée ces derniers jours.

Tu n’as pas eu à me rappeler, toi, que nous allions avoir faim pour le souper ce soir et qu’un repas devait être sur la table pour les enfants, non? Que l’épicerie devait être faite? Que nous allions avoir besoin d’acheter un cadeau pour la fête d’enfants d’Untel ce weekend? Moi aussi, j’ai mieux à faire que de te rappeler d’effectuer ce dont tu es responsable. Et puisque ça fait quelques jours maintenant que tu faillis à la tâche, je m’en suis occupée moi-même. Tu n’as pas respecté notre entente alors je suis fâchée. Normal, non? Pas de vaisselle, pas de cuisine. Demain tu t’occuperas du souper pour faire changement.

Pour avoir déjà eu cette conversation (il me faut toutefois l’admettre, il y a bien longtemps), il sait que ce ne sont pas des paroles en l’air et qu’il n’y aura pas de repas sur la table demain soir. Et puisqu’il préférerait recevoir un traitement de canal plutôt que de passer une demi-heure dans la cuisine, mon petit doigt me dit que le menu pour le souper demain sera celui de McDonald’s.

Et pourquoi pas? Comme ça, je n’aurai pas de vaisselle à faire. 😉

Geneviève Brown

Se sentir pauvres

J’ai longtemps hésité avant d’écrire ce texte. L’argent, c

J’ai longtemps hésité avant d’écrire ce texte. L’argent, c’est un grand tabou dans la société et à moins d’en gagner beaucoup, l’argent est souvent synonyme de honte et de culpabilité. Je me suis aussi demandé si j’allais publier ce texte de façon anonyme… mais je réalise que ce serait cette honte qui me pousserait à le faire, alors j’ai choisi de lever le voile et d’assumer.

Notre famille n’a rien d’exceptionnel et je sais que plusieurs se reconnaîtront à travers nous. Je suis mariée à un homme que j’adore profondément, et ce, depuis plusieurs années. Nous avons étudié tous les deux et avons des emplois qui nous rendent heureux. Nous avons eu des enfants. Oui, on a une famille. Oui, c’était notre choix. Cela étant dit, cela n’a jamais changé notre situation financière. Nous en sommes au même point qu’avec un seul enfant. On a une maison, une belle grande maison. Nous n’avons pas acheté une grande maison pour vivre au-dessus de nos moyens, au contraire. On a juste été chanceux d’attraper une belle opportunité et notre grande maison nous coûte le même prix qu’un loyer.

Quelqu’un m’a dit un jour qu’on était « dans les plus riches des pauvres ». Et c’est très vrai. Nous ne sommes pas à plaindre, nous avons un diplôme, un emploi, une maison… Pourtant, on se sent pauvres pareil et oui, souvent, on en a honte.

Chaque jour, on vérifie dans l’application quel chèque est passé dans le compte bancaire et quelle dépense il reste à payer pour le mois en cours. Chaque jour, on regarde les chiffres défiler avec la peur au ventre que la prochaine facture ne passe pas… parce que quand on calcule nos revenus, moins nos dépenses, on arrive à zéro. Chaque mois.

On n’a pas de voiture de l’année, on ne voyage pas, on reste à la maison pendant nos vacances, on ne se paye pas de sorties extravagantes avec les enfants… On n’a pas de femme de ménage ni de déneigeur, et quand quelque chose brise, on essaie de le réparer nous-mêmes… On ne se paye pas de luxe, aucun. Nos sorties au restaurant se résument à une sortie en famille dans les grandes chaînes ornées d’un coq, une fois par mois. On ne se paye jamais de vêtements. On habille la plus vieille à sa fête et elle repasse ses vêtements aux plus jeunes. Les grands-parents les gâtent avec des morceaux plus chics ou des kits d’hiver à leur anniversaire.

J’ai lu l’autre jour que lorsque l’on paye toutes nos factures et que nos comptes sont à zéro, c’est qu’on est responsables. Eh bien, on ne se sent pas responsables. On se sent pauvres. Et oui, on a honte. C’est vrai qu’on est fiers de ne pas avoir de dettes qui s’accumulent, mais les cartes de crédit accusent tous les mois quelques déficits qu’on peine à repayer à la prochaine paie…
On n’a jamais d’argent de lousse. On n’a pas d’économies. On ne vit pas dans le luxe. On n’achète rien de congelé et on cuisine tout nous-mêmes. Même nos plantes de maison nous ont été offertes. Quand un des enfants est invité à une fête d’amis, la seule chose à laquelle on pense, c’est comment on va faire pour débloquer un peu d’argent pour un petit cadeau.

On aimerait ça se payer un sac de chips à l’épicerie. On aimerait ça amener les enfants au zoo, au parc de manèges, ou au centre d’amusement. On aimerait ça leur acheter des tonnes de jouets pour Noël. On aimerait ça les amener au restaurant toutes les fois qu’on en a envie. On aimerait ça être capable de se payer une gardienne pour sortir en amoureux. On aimerait ça voyager. On aimerait ça avoir une voiture qui ne menace pas de rester prise à chaque grand froid. On aimerait ça finir les rénovations dans la maison. On aimerait ça…

Mais non. On reste responsables, hein ? Pas de luxe, pas de fla-fla. On paye des factures, de justesse. On repaye les cartes de crédit, avec le cœur serré chaque mois. Pis on a chaud devant la caissière à l’épicerie, parce qu’on a honte de la payer avec de l’argent qu’on ne sait pas si on a… On ne sait jamais si la petite machine va écrire « Transaction acceptée. Merci. » Et la seconde de délai nous paraît toujours interminable.

On sait aussi qu’il y a des milliers de familles dans des situations plus difficiles que la nôtre. Je pense souvent aux familles monoparentales, aux parents qui n’ont pas obtenu leur diplôme et à ceux qui sont nés dans la vraie grande misère… Alors on refuse de l’aide. On refuse l’aide de nos proches ou des organismes qui sont là. Parce qu’on veut qu’ils aident des gens qui en ont encore plus besoin de nous. Alors on reste là, devant le suspens de la machine à l’épicerie, la peur au ventre que la transaction soit refusée.

On continue, chaque jour, de vérifier les comptes et d’essayer de garder la tête hors de l’eau. Et à chaque imprévu de la vie, on a honte. On a tellement honte. Parce qu’on fait de notre mieux, mais que ça ne suffit pas. Et le pire dans tout ça, c’est que ça ne changera jamais. Alors on se répète que c’est ça, la vie.

Joanie Fournier

 

Victimes du proxénétisme

*Avant de commencer à raconter mon histoire, je tiens à préciser

*Avant de commencer à raconter mon histoire, je tiens à préciser que les acteurs et l’histoire de Fugueuse sont d’un réalisme troublant. Bravo aux acteurs et à tout le personnel qui travaille sur cette série.*

Comme 1 350 000 Québécois, j’ai regardé la première saison de Fugueuse en 2018. J’ai été bouleversée, troublée. Puis dernièrement, j’ai regardé les cinq premiers épisodes de la deuxième saison en rafale. À la fin du cinquième épisode, LE CHOC. J’étais sous le choc. Voici pourquoi.

En janvier 2016, j’ai accouché de mon deuxième enfant, un magnifique petit garçon. Ma cousine, que je considère comme ma petite sœur, est venue me rendre visite à l’hôpital. J’avais entendu parler par des membres de ma famille qu’elle avait commencé à consommer de la drogue. Naïvement, je croyais qu’elle vivait sa jeunesse, elle avait à peine 21 ans. Mais lors de sa visite, j’ai rapidement remarqué qu’elle était étrange. Elle bougeait sans cesse, parlait tout le temps. Ce n’est pas son genre, elle est du type réservé. Quand elle est partie, j’ai regardé mon conjoint et je lui ai dit que quelque chose clochait avec elle.

Les mois ont passé et je n’ai pas eu beaucoup d’occasions de la revoir et de lui parler. Je me battais contre la dépression post-partum.

En mai ou juin 2016, ma sœur m’a téléphoné pour me dire qu’elle avait un mauvais pressentiment concernant notre cousine, qu’elle croyait que c’était la dernière fois qu’elle l’avait vue. Elle avait passé la journée avec ma sœur à faire faire ses ongles et sa teinture. Lorsque son « ami » est venu la chercher, elle a serré notre cousine très fort dans ses bras et lui a dit qu’elle l’aimait. Ma sœur a remarqué une grosse valise sur la banquette arrière qui ressemblait étrangement à celle de ma cousine. Ce que j’ai su à ce moment, c’est que les derniers mois, elle dormait un peu partout et traînait cette valise.

Quelques jours plus tard, ma mère m’a annoncé que ma cousine avait demandé à ce qu’on ne la contacte plus. Nous n’avions aucune idée de l’endroit où elle se trouvait ni si elle était en sécurité. Les jours ont passé, les semaines aussi. Pour certaines personnes, dont moi, nous avions entamé une sorte de deuil. Je croyais que nous allions recevoir un appel de la police nous disant qu’elle avait été retrouvée sans vie, une surdose probablement. J’étais convaincue que je ne la reverrais jamais en vie.

Le choc que j’ai eu lorsque ma mère m’a téléphoné pour me dire qu’elle allait rejoindre ma cousine. Ma cousine avait appelé sa mère pour lui dire qu’elle était en danger et s’était sauvée de son chum. Vu que ma tante habite loin, elle a appelé ma mère pour aller rejoindre ma cousine. Entre temps, mon oncle et la police ont été mis au courant. J’étais tellement soulagée de la savoir en vie, mais j’étais tellement loin de m’imaginer dans quelle situation elle se trouvait.

Lorsque ma mère est arrivée sur les lieux d’un petit restaurant, la police et l’ambulance étaient déjà là. Ma mère est sortie de sa voiture et ma cousine s’est effondrée en larmes dans ses bras. Ma cousine a été amenée à l’hôpital où elle a été gardée sous surveillance. Elle a par la suite fait une cure et une thérapie.

Elle avait vécu pendant x jours sous l’emprise d’un proxénète, un manipulateur sans cœur, un monstre, un psychopathe. Elle a été forcée de se prostituer, sans quoi il la battait. Un jour, elle a trouvé la force et le courage de se sauver. Mais ce ne fut pas ça le plus dur, ce fut le procès. Elle a poursuivi son proxénète. En cour, elle a été interrogée sous tous les angles inimaginables. Elle a réussi, il a été déclaré coupable et condamné. Depuis ce jour, elle tente de reprendre une vie normale. Mais comment voulez-vous qu’elle reprenne une vie normale après ça ? Sans aide, sans soutien ? L’IVAC (Indemnisation des Victimes d’Actes Criminels) a refusé sa demande, car le fait de faire de la prostitution sous l’emprise d’un proxénète n’est pas considéré comme une situation dans laquelle il y a une victime.

À la fin du cinquième épisode, Fanny se retrouve seule, sans aide, sans soutien. Comme pour Fanny dans Fugueuse, le proxénète de ma cousine a été libéré. Comme Fanny, elle vit dans la peur, l’angoisse de le revoir. Comme Fanny, elle a des crises de panique à l’idée d’être seule. Comme Fanny, vivre au jour le jour est un combat.

Il existe des centres pour les femmes battues, les toxicomanes, pour les anciennes travailleuses du sexe, pour les personnes avec des problèmes de maladies mentales, pour celles qui ont subi des agressions sexuelles… Les centres pour personnes agressées sexuellement me disent ne pas être adaptés pour sa situation. Elle devrait faire une demande à son CLSC et rencontrer une infirmière qui va l’évaluer et qui va décider par la suite si elle entre dans les critères pour avoir un suivi psychologique.

Je suis choquée de savoir que de jeunes femmes et de jeunes hommes victimes de proxénètes qui trouvent la force et le courage de poursuivre leur proxénète en cour, de faire face à la personne qui les a manipulés, « brainwashés », brutalisés, ne reçoivent aucune aide après. C’est comme si la mentalité était « ils ont gagné leur procès, ils peuvent passer à autre chose ». Ces personnes vivent avec des images si affreuses dans la tête. Pensez à ce qui pourrait arriver de pire à une de ces victimes : dites-vous que c’est probablement arrivé. Elles ont un traumatisme sévère, une dépendance à combattre aux drogues ou à l’alcool et des souffrances émotionnelles, une confiance en soi et en autrui à rebâtir, une vision de la vie à refaire. Ils ont vu et vécu ce qu’il y a de plus laid dans ce monde. Alors, comment ces personnes peuvent-elles reprendre une vie « normale » sans aide ? Comment l’IVAC peut-elle refuser une demande si la Justice a déclaré que le proxénète est coupable ? La personne qui a subi les sévices n’est-elle pas considérée comme une victime par la Justice ?

La série Fugueuse a été diffusée pour nous ouvrir les yeux sur une réalité que nous ne voulions pas voir. Maintenant que c’est connu de tous, agissons et trouvons de l’aide pour ces personnes. Maintenant que nous connaissons cette affreuse réalité, ne refermons pas les yeux, car c’est trop choquant et ça fait peur. Prenons-les par la main et disons-leur : « Nous sommes là et nous allons chercher des solutions ».

Pour toutes les Fanny, Daisy et les hommes victimes du proxénétisme…

Eva Staire

Juste un peu…

Il y a de ces instants qui arrivent à figer le temps… juste un pe

Il y a de ces instants qui arrivent à figer le temps… juste un peu. Ces moments qui peuvent tout changer et faire tourner le vent. Cette minute qui nous rappelle à quel point nous sommes chanceux et reconnaissants…

Un réveil, quelques minutes avant la sonnerie prévue, après une nuit où on a vraiment bien dormi. Un matin où on sent encore la chaleur de nos corps collés et qu’on prend le temps de sentir ce souffle dans notre cou. Ces quelques minutes où l’amour nous envahit et qu’on sait qu’on va passer une maudite belle journée… parce qu’on a pris le temps de s’aimer, juste un peu.

Un moment où les enfants viennent nous rejoindre dans notre lit, pour se coller tous ensemble. Ma plus vieille, pour ce faire, disait qu’elle s’ennuyait de l’odeur de maman pendant la nuit. Elle revenait s’en imprégner le matin, juste un peu. Ma plus jeune disait, quant à elle, qu’elle venait chercher de l’amour, juste un peu. Et évidemment, l’enfant du milieu, qui a la délicatesse d’un camion, nous saute encore tous dessus en criant que c’est une attaque de câlins. Parce qu’elle aussi, à sa façon, elle a besoin qu’on soit tous ensemble, juste un peu.

Ce moment en pleine journée, quand tout est trop calme dans la maison… Pas de cris, pas de pleurs, pas de chamaillerie… Ce silence qui crie au cœur de maman qu’il faut aller voir si tout va bien… Puis, cet instant où on découvre nos enfants, blottis les uns contre les autres, un livre à la main et le cœur serein. Ce moment où on hésite entre refermer la porte et aller les rejoindre… juste un peu.

Ce moment après le bain de bébé où on prend le temps de le crémer partout et de le masser. Cet instant où une vague d’amour et de rage animale nous envahit, parce qu’on le croquerait là, maintenant, tout de suite… juste un peu.

Cette seconde où, en plein milieu d’une tâche ménagère, on stoppe tout ce qu’on fait parce qu’on sent une petite ombre derrière soi. Ce moment où on n’a pas besoin de demander ce qui se passe et où un câlin résout tout. Puis, l’enfant repart le cœur comblé, et nous, on reste figé, une seconde de plus, à se demander qui de nous deux en avait le plus besoin… Que c’est bon de prendre le temps, juste un peu.

Ce moment où on réalise que nos enfants ont tellement grandi… Qu’ils deviennent de merveilleux petits humains et que le temps a déjà filé. Ce moment où on reviendrait en arrière, juste le temps d’un rire d’enfant. Le temps d’un rire sincère de bébé, celui qui venait du fond du cœur sans aucune retenue. Juste pour ressentir à nouveau son cœur de maman déborder de joie, juste un peu.

On aurait pu aussi oublier de prendre le temps… On aurait pu se rendormir un dernier dix minutes. On aurait pu demander aux enfants d’aller se recoucher dans leur lit. On aurait pu les laisser jouer tranquilles. On aurait pu sauter le massage de bébé après le bain. On aurait pu finir nos mille et une tâches sans jamais se retourner. On aurait pu attendre le bonheur toute notre vie.

Mais non. On a choisi de voir à quel point on est chanceux. On a choisi de prendre chacun de ces instants et de laisser le temps s’arrêter. On a choisi d’être heureux ensemble. On a choisi de s’aimer, chaque seconde, juste un peu.

Joanie Fournier

 

C’est la faute des profs!

Quelle période intense de débats et de réflexion sur l’éducati

Quelle période intense de débats et de réflexion sur l’éducation ces temps-ci! Tout y passe : le ministère et son ministre, les commissions scolaires, les enseignants, les matières enseignées, l’école à domicile, tout!

J’aime le débat, civilisé, on s’entend. J’aime qu’on contribue démocratiquement à faire évoluer la société, à mettre à jour les institutions tout autant que nos visions.

Ce que je n’aime pas, par contre, c’est la victimisation et l’accusation. C’est la faute du ministre, la faute du bâillon, la faute des écrans et du cannabis, et quoi encore? N’oublions pas les parents, surtout, ces êtres ignobles qui ont formé des enfants-rois et des peureux chroniques! Et pourquoi pas Charlemagne! C’est quand même lui qui a inventé l’école…

Ce matin, j’ai lu une opinion qui m’a horrifiée. Chacun a droit à son opinion, bien sûr, alors je me permets d’exprimer la mienne, en tout respect. À la suite du suicide d’un étudiant d’université, un internaute a exprimé tout de go : « C’est de la faute des profs! ». Oui, apparemment, les profs en demandent trop aux étudiants. Ils exigent trop de travaux, trop d’excellence, trop de ponctualité, trop de réflexion et de recherche, trop de tout. La cause première de l’anxiété généralisée qui attaque nos jeunes (et leurs parents, soit dit en passant) n’a qu’un nom : ENSEIGNANTS. Voilà, tout est dit.

Hey, les profs! Vous avez le dos large, hein! Portez sur vos épaules la mort d’un de vos protégés. Sérieux?

J’ai déjà enseigné à l’université et au cégep. J’étais exigeante. J’étais pointilleuse autant sur la date de remise que sur la qualité du français. Les références à Wikipédia n’avaient pas leur place. Les résultats étaient proportionnels à la profondeur de la réflexion. Et pourtant, mes étudiants (la plupart, du moins… je ne prétends pas avoir été appréciée de tous) étaient heureux en classe, ils apprenaient, ils progressaient et savaient que je pouvais me montrer compréhensive. Ils savaient que j’étais toujours là pour eux, sauf peut-être entre 2 h et 4 h du matin. Ils savaient qu’ils pouvaient me confier que leur grand-mère était malade ou qu’ils avaient de la misère à payer leur loyer. Ils savaient qu’ils avaient droit à l’erreur et aussi le droit de me demander de l’aide. Ils savaient qu’en classe, ils étaient en sécurité intellectuelle et émotive. Et je suis convaincue que je n’étais pas la seule à les traiter ainsi, comme des humains en cheminement.

Donc… la détresse qu’on met sur le dos des profs? Ce que je connais des profs, peu importe le niveau et la matière qu’ils enseignent, c’est qu’ils se donnent corps et âme pour leurs étudiants. Un prof n’a pas de congé. Un prof n’a pas de fin de semaine. Un prof n’a pas le droit de laisser son sac d’école à l’école. Un prof est en mission constante, celle d’accompagner ses élèves sur le chemin de l’apprentissage, souvent malgré des ressources limitées.

Est-ce que le système exige trop des étudiants? Peut-être. Tout comme la vie en général. C’est vrai que remettre des travaux, préparer des examens, étudier et se présenter en cours en plus de travailler suffisamment pour payer un logement ou une pension, ça peut être étourdissant. Rares sont les adultes qui ont l’obligation d’étudier à temps plein ou de vivre dans un appartement ou un condo au centre-ville. Je vois souvent des étudiants voyager une ou deux fois par année, manger des sushis et boire de l’alcool plusieurs soirs par semaine, aller au gym, au spa, au cinéma.

La vie qu’on choisit a un coût. Si on choisit de dépenser, on choisit de travailler assez pour subvenir à nos besoins. Si on choisit d’étudier, on choisit aussi de travailler pour réussir. Libre à chacun d’équilibrer les sphères de sa vie. Il en sera de même sur le marché du travail : une maison à un million, ça se paye, tout comme un mois en Asie ou le dernier modèle de cellulaire.

Je ne dis pas que tous les étudiants anxieux ou déprimés ont un budget déficitaire et des goûts exorbitants. Je dis que chacun trouve son équilibre, et qu’il est mieux de le trouver plus tôt que plus tard. Je dis aussi qu’accuser les profs, ou n’importe quel facteur individuel, est réducteur. Expliquer le suicide d’une personne sans connaître cette personne, sans connaître l’ensemble du contexte et de sa vie personnelle, professionnelle, sociale, familiale, c’est mentir. C’est attribuer des intentions malveillantes à des humains bienveillants qui pataugent aussi dans une société exigeante. C’est oublier que dans d’autres coins de notre planète, la pression exercée sur les jeunes par le système scolaire et les familles est mille fois plus lourde. C’est accuser sans preuve et sans jugement.

Les profs, continuez de bien faire votre travail. Les étudiants, continuez d’apprendre et prenez du recul au besoin. La clé, c’est l’équilibre.

Nathalie Courcy

10 février 2010

Vous est-il déjà arrivé que quelqu’un cogne à votre porte sans

Vous est-il déjà arrivé que quelqu’un cogne à votre porte sans être invité? Moi oui! Vous savez, le genre d’invité dont vous ne voulez pas, celui qui arrive lorsque vous êtes en pyjama, les cheveux couettés…

10 février 2010 : une date que je n’oublierai jamais, qui a changé ma vie. Ce jour où l’on a prononcé le mot « cancer » devant moi, pour moi. Ben oui, pas le rhume, le cancer. Comme un gros mot que l’on bannit de notre vocabulaire.

Loin de moi la nostalgie, la « victimite », aiguë. Je suis remplie de gratitude envers la vie. Merci d’avoir remis les choses en perspective, les yeux en face des trous comme on dit, on ne sait pas à quel point notre vie est un cadeau chaque jour. Et malheureusement, ou heureusement, il arrive ce genre d’invité casse-pied qui nous rappelle combien la vie est précieuse.

J’étais déjà le genre de personne à vivre sa journée comme s’il n’y avait pas de lendemain. L’effet a été multiplié par 1000! J’aime toutes les parties de ma vie, incluant celle-ci. Elle fait partie de mon parcours et c’est parfait ainsi. Elle m’a donné toute l’essence pour regarder droit devant et pour ne jamais m’arrêter. Me faire confiance, faire confiance en la vie et être certaine que la vie n’en a pas fini avec moi au moins pour cent ans.

Merci à ma famille, mes amis, ma psy d’avoir été là, si précieux pour moi. Ils n’ont pas été mis sur ma route par hasard! Merci à ce cancer d’avoir été la bougie d’allumage pour changer ce qui ne me convenait pas et d’avoir transformé tout ça en route qui me ressemblait, qui me projetait plus loin. Merci la vie pour ces personnes au travail qui ont été présentes à chaque moment. Merci la vie pour cet amoureux qui a su tenir ma main quand c’était important. Merci la vie pour ces deux enfants qui ont été ma motivation : vous êtes merveilleux tous les deux. Vous m’avez rendue meilleure.

Pourquoi moi? En fait, pourquoi pas moi? J’ai eu tout ce qu’il fallait en moi pour embarquer dans la vague. Ce n’était pas un combat : trop fatigant les combats. J’ai juste embarqué dans la vague. If you can’t fight them, join them, comme ils disent. Ne me parlez pas de courage, ce n’en est pas pour moi, c’est de la résilience dans toute sa splendeur.

Merci la vie pour ces dix ans remplis, d’aventures, d’amour, d’apprentissages. Protège ceux que j’aime, c’est tout ce qui compte pour moi. Résilience à tous ceux qui sont dedans présentement, vous êtes forts et je suis avec vous de tout cœur. Vous avez tout ce qu’il faut. À ceux qui accompagnent, ne jugez pas, ne présupposez pas des émotions vécues, soyez juste là, présents. En passant, mes pensées s’appliquent à toute personne qui vit un défi dans sa vie, pas juste le cancer. Je m’aime, je vous aime! Aimez ce qui vous entoure.

Marie-Josée Gauthier

Plus d’amour

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Mon amour,

Je me souviendrai toujours du petit moment de panique qui m’a envahie quand j’ai appris qu’une petite fleur poussait au creux de mon ventre. On le voulait, on en avait parlé et combien de fois on s’était imaginé notre vie avec notre petite marmaille. Mais là, en voyant la deuxième barre apparaître tranquillement sur le test de grossesse, ça m’a frappée en plein visage. J’ai réalisé que c’était bien réel : nous allions être trois. À travers ces quelques minutes d’attente, j’étais devenue maman.

Dans les dernières années, nous nous étions construit notre petit nid d’amour, notre havre de paix. Je savais que dans les journées grises, j’avais toujours notre chez‑nous, un fleuve tranquille où me réfugier. 

Nous le savions, ce petit plus sur ce test de grossesse était sur le point de changer notre vie. Notre petite vie tranquille ne serait peut-être plus si tranquille dans les années à venir. Je me souviens m’être dit que je ne voulais pas perdre ce que nous avions bâti ensemble, comme tant de couples qui se sont égarés à travers les trop grandes responsabilités. Les mots que tu as prononcés à ce moment raisonnent encore dans ma tête : « Ce sera seulement plus d’amour ». Ah que tu as visé juste !

Depuis l’arrivée de notre bébé, on solidifie notre nid d’amour. On s’adapte, on fait des compromis parce que dieu sait que tout n’est pas toujours rose. Oui, il y a plus de moments de doute, de frustration et de découragement qu’il y en avait auparavant. Mais malgré tout, ce sont ces moments qui nous apprennent à communiquer différemment, à nous écouter, à nous comprendre. Depuis, il n’y a pas une journée où je t’ai tenu pour acquis. Il n’y a pas une journée où je ne sens pas mon cœur se gonfler d’amour en te regardant dorloter notre bébé tout neuf. Notre amour n’a pas changé, il s’est transformé. On s’aime comme individus, mais on s’admire maintenant comme parents, on se découvre autrement.

Merci à toi de faire en sorte de conserver nos petites traditions d’avant. Merci à toi de me dire que je suis la plus belle, même quand moi je me regarde dans le miroir et que je vois juste une fille cernée avec les cheveux en bataille. Merci à toi de monter la musique et de me faire danser autour de l’îlot de cuisine, ça me permet de lâcher mon fou. Merci à toi de m’obliger à sortir et à faire garder le petit pour avoir un peu de répit. Merci de me faire comprendre que je n’ai pas à me sentir coupable de prendre du temps pour moi, que je serai simplement plus disponible pour lui après. Merci à toi de me permettre de terminer mes projets et de m’encourager même si j’ai la broue dans le toupet et la tête un peu éparpillée. Merci à toi de me rappeler dans les moments de doute que je suis la meilleure maman pour notre enfant et que je fais plus que de mon mieux. Tout ça me permet de ne pas juste me sentir comme une maman, mais comme une femme, ta femme. 

Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai remercié la vie de t’avoir mis sur ma route, un vendredi gris et pluvieux. Grâce à elle, ce soir, je peux caresser du bout des doigts ce qui a de plus précieux au monde : notre petit trésor et toi. C’est juste plus d’amour comme tu le disais, tu avais tout compris.

Catherine Desgroseilliers