Archives mai 2021

Où en sommes-nous après ça ? Texte : Joanie Therrien

Après les premières fois Après les études Après l’achat d’une maison Après la naissance

Après les premières fois
Après les études
Après l’achat d’une maison
Après la naissance des enfants
Après leur rentrée à l’école
Où en sommes-nous ?

Après les lunchs
Après les devoirs
Après les entraînements de hockey
Après les soupers de famille
Où en sommes-nous ?

Après les rénovations
Après les semaines de travail
Après les hauts et les bas
Après les rendez-vous médicaux
Où en sommes-nous ?

On pourrait se poser la question des milliers de fois par jour.
On pourrait douter de temps à autre. On pourrait se remettre en question quand on est en désaccord.
On pourrait même hausser la voix quand tout tourne de travers.
Mais où en sommes-nous après tout ça ?

C’est simple. On est à la bonne place, au bon moment et avec la bonne personne.
On se comprend en un regard. On règle nos conflits avec peu de mots, mais avec beaucoup d’humour.

On s’écoute, on se parle, on se respecte. On avance dans le même sens, sur la même route et vers la même destination. Celle de la simplicité et du bonheur.

Et maintenant, si on me demandait de recommencer tout à zéro et de remarcher dans les mêmes souliers que ceux avec lesquels on s’est rendus jusqu’ici, je répondrais : oui, je le veux.

Et si au fond, c’était là qu’on était rendus ? 😉

 

Joanie Therrien

 

La petite enfance – Texte : Joanie Therrien

La petite enfance... Cette période de la vie pendant laquelle on se crée, on se développe et o

La petite enfance…

Cette période de la vie pendant laquelle on se crée, on se développe et on devient quelqu’un.

Cette période de la vie où on a besoin de modèles pour nous amener plus loin. Cette période de la vie où on nous enseigne lentement à satisfaire nos besoins.

Cette période de la vie que j’ai choisie, pour en faire le plus beau des métiers du monde.

La petite enfance est l’étape pendant laquelle on commence à se définir et à explorer les possibilités que nous offre la vie. La petite enfance, c’est une étape cruciale dans la formation de notre identité. C’est entre autres à cause de toutes ces raisons que j’ai choisi d’incarner le métier d’éducatrice.

Parce que je me plais à croire que je peux aider un enfant à développer son plein potentiel à travers les gestes du quotidien.

Parce que je me plais à penser que je peux mettre du soleil dans la journée d’un enfant simplement avec un clin d’œil ou un fou rire partagé.

Parce que je les porte avec moi partout où je vais, car c’est faux de penser qu’on ferme là switch quand la journée est terminée. Parce que je me plais à penser qu’ils auront dans leur sac à dos les outils nécessaires pour devenir des adultes épanouis.

Bien sûr, il y aura toujours les situations plus difficiles avec lesquelles on apprendra une tonne de choses. Parmi ces apprentissages se retrouvent le respect de nos limites, le professionnalisme ainsi que le lâchez-prise.

Parce que je me plais à penser qu’ils m’aident à devenir, moi aussi, une adulte épanouie.

Aujourd’hui je prends du recul, j’évalue et je choisis pour une deuxième fois ce métier qui, à mes yeux, reste un des métiers les plus fascinants.

Merci à tous les petits cocos qui ont croisé mon chemin jusqu’à présent. Je traîne avec moi une parcelle de vous tous sur mon cœur et j’espère que vos étoiles brillent encore où que vous soyez.

Joanie Therrien

Internet : une arène publique en ligne – Texte : Andrée-Anne Courchesne

Ce matin, je me suis surprise en train de me mettre en colère contr

Ce matin, je me suis surprise en train de me mettre en colère contre un commentaire d’un total inconnu sous la publication d’une autre totale inconnue, sur un média social. Pire encore, je me suis mise à chercher des sources scientifiques afin de trouver un contre-argument à lui servir en plein visage.

Et c’est là que ça m’a frappée. Je me suis dit : « Quessé que j’fais là ?! ».

C’est là que ma prise de conscience a débuté. Comment en suis-je venue à vouloir faire ça ? Pourquoi suis-je en train de dépenser temps et énergie à essayer d’intervenir dans une conversation qui ne me regarde même pas, au fond ? Qui plus est, une conversation qui tourne en débat controversé sur la base d’arguments irrationnels.

Ici, je suis certaine que plusieurs d’entre vous ont vécu la même chose, au moins une fois. Ma réflexion s’est ensuite poursuivie.

À quel point l’internet est-il devenu le siège de guerres d’injures où les internautes défendent violemment des opinions dont ils ne veulent plus démordre ? Les points de vue contradictoires s’y multiplient et tout le monde veut ajouter son grain de sel. Mais au service de quoi, de qui ?

Pourquoi certains ne peuvent s’empêcher de cracher leur venin sur la place publique, tandis que d’autres se sentent obligés d’être les porte-étendards de la justice et des droits de tous ?

Pourquoi, en 2021, c’est si difficile de trouver sur les réseaux sociaux des échanges argumentés, dans le respect et les règles de l’art, sur un pied d’égalité et dans la recherche d’un but commun ?

Sur ce, je continue ma réflexion…

Andrée-Anne Courchesne

Ces grands humains – Texte : Marilou Savard

10 ans. Il y a 10 ans, je finissais le secondaire. Une étape formidable se clôturait. Une

10 ans.

Il y a 10 ans, je finissais le secondaire. Une étape formidable se clôturait.

Une étape que je n’oublierai jamais.

J’ai toujours voulu souligner le travail extraordinaire des enseignants, mais avec ces derniers mois extrêmement difficiles, c’est le parfait alignement dans le temps pour laisser aller les mots, l’affection et la reconnaissance que j’éprouve pour eux.

 

Il est évident qu’ils m’ont enrichie de connaissances dans leur matière, mais ils m’ont également enrichie en tant que personne.

On ne voit que la pointe de l’iceberg de tout ce qu’ils font.

Toute l’imagination, la préparation, la dévotion qu’ils mettent pour chacun de leur cours.

L’investissement, le cœur qu’ils donnent dans toute leur générosité pour le bien-être global pour chacun de leurs élèves.

C’est de l’or en barre.

N’oublions pas, ce sont les gens de demain qu’ils aident à créer.

 

Pour vous convaincre, je vais profiter de l’occasion pour partager quelques témoignages :

 

M. J.-P, celui qui ne s’empêchait pas de lire un de mes textes devant toute la classe quand j’avais bien travaillé.

Celui qui me comprenait et que je faisais rire.

Celui qui me conseillait avec mon histoire de cœur qui a abouti à un mariage de neuf années. Je suis maintenant même maman d’une fille de deux ans.

 

M. Guy, je ne sais sincèrement pas par où commencer. S’il y en a un autre qui croyait réellement en moi, c’était bien lui. Il m’a même laissée donner un cours à la classe.

Il m’a beaucoup aidée également dans mon estime personnelle. Il me disait : Marilou, chaque jour écrit deux choses qui te rendent fière de toi.

Depuis, je partage ce conseil de sagesse à tous ceux qui en ont besoin.

 

M. Robichaud, celui qui me laissait le corriger sur les questions de religion dans le christianisme et qui me demandait même ce que je savais. Comme cet enseignant de qualité me faisait sentir importante et intelligente !

 

M. Dufresne, celui avec qui on s’agaçait sur les games de hockey. J’avais si hâte de voir son visage quand les Canadiens avaient battu les Pingouins. Et je n’ai pas parlé des games de cartes…

 

Mme Villemure = Turn around…

Tellement drôle. Elle ne faisait que nous mettre le sourire au visage et c’est elle qui m’a fait commencer à aimer les séries en anglais : PRISON BREAK. 🙌🏼

 

Il y a encore plus de professeurs qui m’ont également inspirée, mais sachez que chacun d’eux a modifié le cours de ma vie. Comme je les aimais ! Je me souviens que je n’hésitais pas à aller aux récupérations ou à manquer le bus jaune, à marcher pour pouvoir rester après la fin de la journée.

 

Ces cinq années font sincèrement partie de mes plus belles. Je pense que je serais restée au secondaire toute ma vie… façon de parler ! Ce sont des souvenirs trésors.

 

Mille mercis ! J’espère que vos étudiants présents et futurs comprendront l’énorme privilège qu’ils ont de vous avoir.

Il n’y a pas une seconde à négliger.

À mes yeux, vous êtes des héros, de grands humains.

 

M. Potvin, M. Labelle, M. Paquette Mme Olmstead, Mme Thibeault, M. Gauthier, Mme Ouellet et tous les autres, encore une fois, merci.

 

Marilou Savard

 

Le temps des fleurs Texte : Eva Staire

Les petites fleurs colorées qui nous remettent dans un état d’es

Les petites fleurs colorées qui nous remettent dans un état d’esprit heureux et joyeux. Ce moment de l’année où je me sens revivre.

C’est mon anniversaire dans quelques jours, je soufflerai mes 31 bougies. En plus, c’est la fête des Mères le weekend prochain, une douzième pour moi à l’exposant 3.

Ce soir, je me suis acheté une belle orchidée qui me rappelle la vie qui ne cesse de m’épater et tout ce que j’ai accompli en tant que femme et comme maman.

Malheureusement, ce n’est pas si beau pour tous !

Une amie m’a récemment envoyé un message, que j’ai pris pour un appel à l’aide. Elle n’arrivait plus à vivre avec cet homme qui la dénigrait de toutes les façons possibles. En l’empêchant de travailler de la maison devant lui parce que monsieur pensait que cette dernière travaillait pour lui prouver à quel point il était une m*rde. Il serait allé jusqu’à lui dire qu’elle ferait mieux de se suicider pour le bienêtre de tous, que son enfant méritait mieux qu’elle comme maman.

Je ne crois pas avoir besoin de vous écrire à quel point mon printemps venait de sacrer son camp en courant. Je réalise la chance que j’ai, mais je veux tout faire pour que cette perle sorte de ce fléau. La violence conjugale, ça n’arrive pas qu’aux autres. Ceux et celles que nous connaissons peuvent être dans cette situation en le cachant par honte, par peur. Prenez le temps d’analyser chaque comportement, chaque message ; cela peut sauver une vie.

Elle s’est sortie de son calvaire avec des ressources plus que superbes dans son petit coin de pays et je les remercie. Son printemps pourra enfin commencer !

Un printemps doux, un printemps léger avec sa petite fleur préférée.

Eva Staire

Une heure du bain qui sent zen!

Je lisais d’anciens articles sur le blogue cette semaine et je sui

Je lisais d’anciens articles sur le blogue cette semaine et je suis tombée sur quelques textes qui parlaient des (RARES) moments où nous, les mamans, pouvons enfin nous reposer avec nos petits rituels et prendre un bain. Le fameux self-care dont on entend souvent parler.

Maintenant, quand j’entends parler de bain, je sens souvent la pression monter dans la maison juste à l’idée de devoir courir partout pour attraper les filles pour faire trempette dans l’eau rapido et les laver à la vitesse de l’éclair.

Pourquoi donc est-ce que je recherchais douceur et relaxation pour mon moment à moi, mais que je me contentais du stress et du chaos pour mes enfants ? Ils ont leur journée dans le corps eux aussi. Ils ont de bonnes et de moins bonnes journées. Qui va s’occuper de leur montrer les bonheurs du bain si moi, je ne fais que jouer à la pieuvre pour attraper savons, serviettes et mes deux filles ?

Ça fait un petit moment que je teste quelques produits avec mes filles pour créer une routine agréable qui va les amener tranquillement vers le sommeil (un jour…) Quand vient l’heure du bain, je range mon cellulaire, on tamise les lumières, on se met une petite musique douce et je demande aux filles de sortir notre petite boîte magique et de choisir un produit. Je n’en ai pas beaucoup, mais les filles ont déjà leurs coups de cœur.

Les voici :

  • Les produits GOM-MEE

Gom-mee est une compagnie québécoise que j’affectionne particulièrement pour mes enfants. Des produits non toxiques qui respectent la peau fragile et sensible des tout-petits. J’adore le côté ludique et original de leurs produits. C’est coloré et conçu avec et pour les enfants. J’ai presque autant de fun que mes filles à les utiliser quand on joue toutes ensemble. Gros coup de cœur. Ils ont plusieurs autres produits que je vous invite à découvrir sur le site de Gom-Mee 

  • Bubble Whoosh

J’ai deux filles donc c’est certain que dès qu’il y a du rose, c’est un gros plus! J’ai trouvé chez Clément cette poudre magique sans produits chimiques, qui colore l’eau et qui sent vraiment trop bon! Il y en a de différentes couleurs. En plus, le produit hydrate et apaise délicatement les peaux sèches et sensibles. Le préféré d’Anna.

  • BATHORIUM – Little Charlie

Je connaissais déjà les produits pour adultes de Bathorium, que j’adore. Bathorium crée des produits de bain haut de gamme qui fortifient et restaurent le corps, l’esprit et l’âme. Juste à sentir leurs produits et on se sent déjà bien. Le produit pour enfants Little Charlie est un bain de noix de coco et d’avoine. Dès que je fais couler le bain, j’en ajoute!

Grâce à ma petite boîte magique, j’arrive enfin à profiter du moment bain avec mes filles tout en décompressant moi aussi de ma journée. Si jamais vous connaissez d’autres produits chouchous, n’hésitez pas à me les faire connaître! J’ai en masse de place dans ma boîte. 😉

Maman – Texte : Jessica Archambault

Maman. Un mot qui dit tout. Le plus beau, le plus complet et le plu

Maman.
Un mot qui dit tout. Le plus beau, le plus complet et le plus envahissant des rôles (parce qu’on ne peut jamais le mettre sur pause — surtout en confinement). En devenant maman, j’ai ajouté de l’amour et des rires à notre vie. Mille questions en pourquoi par jour, des rugissements de dinosaures, des sauts sur notre divan-beurk, des courses, des batailles, des chatouilles, des surprises, des becs par centaines, des « je t’aime » qui nous chavirent chaque fois, des histoires inventées, des rêves sans queue ni tête racontés avec passion (qu’on doit écouter attentivement), des folies, des câlins, des danses endiablées sur la table de la cuisine, des clins d’œil, des pets sur la bedaine, des monstres merveilleux, des concours de rapidité, des balades en plein air, des forêts enchantées, des genoux boueux, des cheveux emmêlés, des sourires éclatants. Et de l’amour et des fous rires, encore plus.

En devenant maman, je me suis aussi inquiétée, questionnée, remise en question. J’ai perdu patience, j’ai parfois crié. Je suis en perpétuelle quête de l’équilibre, de cohérence, de fermeté (douce), de rigueur (bienveillante), de respect des limites de chacun en répondant au besoin de tous. Je vis la charge mentale. Je l’échappe. Je cherche des solutions. Toujours. Comment faire mieux, comment rester dans la douceur. J’accompagne dans la gestion des émotions, dans les nombreux tests de nos limites, dans l’affirmation de soi qui frôle très (trop) souvent l’arrogance, dans l’apprentissage du respect de tous, de la persévérance, dans les nombreux questionnements sur la vie (la mort, le ciel, la famille, l’amour, « comment on fait les bébés ? »). Je continue d’apprendre et d’apprivoiser le lâcher-prise, de choisir mes combats (pour vrai. Ceux qui valent la peine, qu’on choisit par conviction. Pas juste l’expression pour camoufler la paresse).

Un de mes garçons a ma sensibilité et mon intensité émotive. Mon autre fils a mon caractère têtu, qui veut faire à sa façon, souvent borné. C’est tellement challengeant de les accompagner parce que ces sphères de ma personnalité sont les plus confrontantes même pour moi, les aspects sur lesquels j’ai travaillé le plus (et ce n’est pas fini). Ils me ressemblent aussi sur un paquet de points plus légers et positifs. Mais je trouve ça important de les outiller pour adoucir ce qui vient avec ces traits de personnalité en particulier.

Mais tout ça, tous ces défis, ça vaut tellement la peine. Ça me fait grandir, évoluer, être une meilleure maman et une meilleure personne par le fait même. Et surtout, ça vaut la peine parce qu’en devenant maman, j’ai ajouté de l’amour et des rires à notre vie. Et c’est ça le plus important.

Bien que j’écrive au « je » parce que cette fête, dans notre maison, est la mienne et que je le prends sans gêne ni culpabilité, j’ai le meilleur des partenaires pour vivre tout ça, pour m’épauler et faire équipe.

Et de plus en plus, je me surprends à trouver que je ressemble énormément à ma mère, dans mes réactions, mes intonations, mes expressions, mes niaiseries avec les petits, pis j’haïs pas ça. Ma mère, celle sans qui nous ne serions rien. Celle qui nous a tout donné. Celle qui nous garde soudés. Celle qui peut encore nous ramener sur la terre ferme quand c’est nécessaire. Celle qui nous apaise en nous serrant dans ses bras. Celle que j’appelle quand j’ai le cœur gros d’avoir perdu patience ou d’avoir les limites non respectées usées. Celle qui m’accueille toujours sans jugement. Celle qui pourrait être intimidante tellement elle incarne le mot « maman », mais qui au lieu de ça, ouvre les bras, écoute, sait toujours quand il est temps de me conseiller parce que je suis finalement descendue de mes émotions et réceptive. Celle qui ne me juge jamais, même quand elle ferait différemment, parce qu’elle sait à quel point tous nos choix viennent du cœur et des tripes quand on est maman. Celle qui est la maman de cœur de beaucoup de mes amis. Celle qui est une mamie extraordinaire. Celle pour qui les yeux de mes enfants s’illuminent à tout coup. Celle qu’ils réclament quand ils nous trouvent injustes. La première qu’ils nomment quand on parle des gens qu’ils aiment et qui les aiment. Celle qui cherche toujours de nouvelles façons d’alimenter leur imaginaire. Celle qui les écoute, les fait rire, les stimule et les accueille toujours les bras ouverts et sans jugement.

Merci maman. Je savais déjà à quel point tu es une maman précieuse, mais toutes les douceurs et les défis de ma vie de mère me confirment ta grandeur. Je t’aime.

Jessica Archambault

Merci aux sages-femmes ! Journée internationale des sages-femmes – Texte : Roxane Larocque

Ma maternité a été directement influencée par la pratique sage-f

Ma maternité a été directement influencée par la pratique sage-femme. Avant même d’être maman, j’ai eu la chance d’être formée comme accompagnante à la naissance par Huguette Boilard (un jour, je ferai mon hommage à Huguette, une grande femme du Québec, mais pour l’instant, je l’inclus dans cet hommage plus large à l’ensemble des sages-femmes.) Je suis ensuite devenue maman deux fois. Mes deux enfants sont nés chez moi en présence de sages-femmes. La pratique sage-femme m’a aidée à naître comme maman avec un suivi physique rigoureux, mais aussi avec un suivi psychologique humain et bienveillant.

J’ai souvent de la difficulté à parler de mon vécu, puisqu’il est différent. Je ne sais pas si c’est menaçant, mais assez rapidement, on change de sujet. On me dit : « Oui, mais moi je n’aurais pas pu » ou « Ah ! T’es pas peureuse ! ». Ben non ! aucune de ces réponses ! Je suis juste sensible. J’ai besoin de poser des questions, beaucoup de questions et de partager comment je me sens. J’ai besoin de me sentir en confiance, de sentir qu’on me donne tous les éléments pour que je puisse prendre mes décisions. Je déteste avoir des regrets ! Je n’aurais pas aimé avoir des regrets concernant mes choix ou le déroulement de ma grossesse et de mon accouchement.

Alors voilà, aujourd’hui j’ai envie d’écrire sur le pourquoi du comment j’aime la profession de sage-femme et sur mon vécu. Pas pour convaincre, pas pour vanter, juste pour nommer. Parce que s’il y a quelque chose que j’aime encore plus que les sages-femmes, c’est la liberté de choix !

Pour moi, avoir un suivi avec des rencontres d’une heure avec deux sages-femmes en sachant que sauf exception rare, l’une d’elles serait là le jour de mon accouchement ; savoir que j’allais pouvoir les rejoindre sur leur cellulaire en tout temps 24 h/24 h 7 jours/7 s’il y avait une urgence ou une inquiétude ; savoir que j’allais pouvoir accoucher chez moi, dans mon lit, puis manger de la bonne nourriture et me laver dans ma douche quand je le voulais ; savoir que ces mêmes sages-femmes allaient venir me visiter en postnatal pendant les six semaines après la naissance de mes enfants ; savoir qu’elles allaient favoriser le lien d’attachement au maximum dès la grossesse et s’assurer de le préserver tout au long de l’accouchement et du postnatal… savoir tout ça, pour moi, c’était le rêve ! En plus, c’est sécuritaire : la formation académique est sur la coche et le service est complètement gratuit. Honnêtement, j’aurais été triste sans bon sens que le service ne se donne pas dans ma région.

On me dit souvent aussi : « Ah ! Moi c’était presque pareil, mon médecin est super, l’infirmière était douce, etc. » Oui, je sais, il y a des perles ! Vraiment ! Le problème pour moi, ce n’est pas le personnel, c’est le système dans son entièreté. Le fait que papa n’a pas de lit pour dormir, que la nourriture n’est pas optimale pour la reprise d’énergie, que le changement de quart fait en sorte que des interventions ont lieu sans respecter le rythme de bébé et de maman, que des doutes par rapport à une écho prennent des proportions invraisemblables et laissent tout le monde dans le stress. Je sais bien que ce n’est pas un drame tout ça, pas toujours en tout cas. Mais moi avec mon tempérament, je n’avais pas envie d’être sur mes gardes, de défendre mes droits. Je sais bien que ton ami médecin, ambulancier ou infirmier a déjà entendu ou vécu des histoires d’horreur, mais pour travailler en périnatalité je peux vous confirmer que des histoires d’horreur, j’en ai entendu plein en milieu hospitalier !

Je ne peux pas croire qu’à ce jour, on pense encore faussement qu’un suivi sage-femme est plus risqué qu’un suivi médical en cas de grossesse normale. Si j’étais sage-femme, je serais en colère, tout le temps. À cause du manque de reconnaissance et du salaire trop peu élevé, mais surtout à cause de toutes les faussetés qui circulent ! Le travail de démystification reste à faire et à refaire. Même sur le plan monétaire, il y a plusieurs avantages au suivi sage-femme.

Bref, tout ça pour dire un grand merci aux sages-femmes ! Merci d’avoir parlé à mes bébés, même dans ma bedaine. Merci de vous être présentées à eux et d’avoir réchauffé vos mains avant de me toucher. Merci d’avoir fait une grande place à mon chum. Merci de nous avoir écoutés, consolés, informés, rassurés. Merci de ne jamais vous être approprié ma grossesse. Jamais je ne vous ai entendues dire que vous m’aviez accouchée ! Et quand j’avais mal en plein travail, merci pour vos câlins, vos bons mots et votre confiance. Merci de ne pas avoir brusqué mon bébé à son arrivée parmi nous, d’avoir attendu pour le peser. Merci d’avoir pris de mes nouvelles durant les six semaines post-partum qui ont complété notre suivi.

Je vous souhaite toute la reconnaissance que vous méritez et je nous souhaite que vous continuiez votre travail colossal pour changer le monde, une naissance à la fois.

Roxane Larocque

Ma Nathalie – Texte : Joanie Fournier

J’étais dans la jeune vingtaine quand je l

J’étais dans la jeune vingtaine quand je l’ai rencontrée. J’avais eu la chance incroyable de côtoyer ses enfants, les uns après les autres, en travaillant comme éducatrice. Au fil des mois, une confiance s’est installée et un lien d’amitié s’est créé. Un lien entre deux femmes, l’une mature et expérimentée, l’autre jeune et passionnée. Puis de l’éducatrice, je suis devenue l’amie. Elle m’a ouvert les portes de leur maison et de leur intimité.

Elle m’a impressionnée, dès la première rencontre. Elle jonglait entre les enfants, comme une pieuvre bienveillante. Pourtant, comme éducatrice, je savais bien m’occuper de plusieurs enfants à la fois. Mais ma Nathalie, elle était la master-maman. Chef de file d’une famille nombreuse, elle avait réussi à élever ses enfants avec respect, bienveillance et tellement de douceur. Elle était un modèle pour moi, une inspiration.

La première fois qu’elle nous a invités à souper chez elle, mon amoureux et moi, est un souvenir tellement fort pour moi. Je la revois en train de cuisiner, le fourneau rempli à craquer. Les enfants s’amusaient, tous ensemble. Et quand on s’est mis à table, leur harmonie m’a fait envie. Chacun avait sa place, son rôle à jouer, sa responsabilité. Avant elle, je connaissais seulement des mamans qui se levaient 32 fois de table pendant le repas et qui finissait par manger froid. Pas ma Nathalie. Pendant une heure, nous étions assis à table à parler et tout était tellement paisible… Ça m’avait frappé de plein fouet : moi aussi, je voulais ÇA plus tard ! Les plus grands aidaient à débarrasser à la table, un autre aidait le bébé à ramasser sa fourchette qu’il avait lancée ou échappée. Évidemment, il y avait des petits conflits d’enfants. Mais tout était tellement naturel…

J’étais vraiment impressionnée… et quand je suis sortie de là, j’ai dit à mon amoureux que moi aussi, je voulais une grande famille. Il m’a avoué que si je lui avais demandé cela avant, il aurait fait une petite crise cardiaque… mais plus maintenant. Maintenant qu’il avait vu tout l’amour qui envahissait cette famille, il était tout aussi conquis que moi.

Puis, l’année suivante, je suis tombée enceinte pour la première fois. Les questions se bousculaient dans ma tête, au même rythme que les nouvelles sensations dans mon corps. Et à chaque petite question, ma Nathalie pouvait m’éclairer. Mon médecin me donnait des statistiques, alors qu’elle, elle me parlait de son ressenti, de ses expériences. Et c’est exactement ce dont j’avais besoin. Je ne voulais pas entendre de données scientifiques, je voulais qu’on me dise que c’était normal d’avoir peur.

Puis, elle a partagé avec moi ses histoires d’accouchements, ses récits d’allaitement et tout le bagage d’une mère-veilleuse femme. J’ai pensé à elle en poussant mon bébé, le plus naturellement possible. J’ai pensé à elle quand j’ai mis bébé au sein. J’ai pensé à elle à chaque petite étape de ma nouvelle vie de maman, me demandant souvent ce qu’elle aurait fait. J’espérais tellement fort qu’elle ait réussi à me transmettre son instinct maternel…

J’étais maintenant une maman. C’est comme s’il y avait un fil invisible qui nous liait. Grâce à elle, je voyais la maternité comme un arbre qui prend de la maturité dans une grande forêt. Chaque maman a son arbre et toutes les racines sont liées, parce que certaines épreuves de nos vies de mamans nous lient indéniablement.

Les années ont passé. Ma Nathalie n’était jamais bien loin. Toujours à un coup de fil d’une réponse rassurante… Puis, mes grossesses se sont succédé et ma grande famille m’a comblée. Je suis devenue la maman-d’une-famille-nombreuse, mature et expérimentée.

Et un jour, la jeune éducatrice passionnée de ma fille a commencé à me demander des conseils. Des conseils sur la grossesse, sur l’accouchement, sur l’allaitement… et quand elle est tombée enceinte, je lui ai promis de toujours être là pour répondre à ses questions, peu importe l’heure du jour ou de la nuit.

Elle m’a remerciée le plus sincèrement du monde et m’a avoué que j’étais tellement un modèle pour elle… Moi ? Un modèle de maman ? J’ai réalisé ce jour-là que j’étais devenue sa Nathalie à elle… Quel honneur à mes yeux ! Je veux être pour elle cette maman qui a plein d’histoires à raconter… Cette maman qui sait écouter… Cette maman qui n’est pas parfaite, mais qui est humaine et bienveillante.

Je ne sais pas si je te l’ai déjà dit, ma Nathalie, que tu étais ce modèle-là pour moi. Mais je veux te dire MERCI. Merci d’avoir toujours répondu au téléphone quand je paniquais et que j’avais besoin de toi. Merci pour toutes les fois où tu m’as rassurée. Merci de m’avoir montré que c’était aussi beau d’avoir une famille nombreuse. Je te dois une grande partie de ma belle famille.

Merci, ma Nathalie.

Et vous, avez-vous une mère-veilleuse dans vos vies ?

Joanie Fournier

 

Le bonheur tout en douceur — Texte : Geneviève Dutrisac

Un sentiment étrange de bien-être et de bonheur est venu se pointe

Un sentiment étrange de bien-être et de bonheur est venu se pointer le bout du nez et je vous avouerai, j’en fus déstabilisée. Dans toute cette négativité, dans toute cette lourdeur qui habite la plupart des gens depuis un trop long moment, je me sens pratiquement coupable de cette nouvelle béatitude. Vous savez, ce sentiment d’être exactement à la bonne place, au bon moment.

Certes, j’ai de l’empathie envers ceux qui vivent des moments plus difficiles, ceux pour qui le confinement pèse lourd sur leurs épaules. Je comprends. Je vous envoie tout le courage et tout l’amour du monde pour que ce dur moment passe dans la plus grande douceur possible. Cependant…

J’ai la drôle d’impression qu’il ne faut pas être heureux « trop fort » en ce moment. Étrangement, le bonheur dérange. Je vous dirai donc ceci : du haut de mes 34 ans, je me donne le droit d’être heureuse ! Je me donne le droit de me plaire dans cette nouvelle réalité. Un retour à la base que j’ai accueilli à bras ouverts. J’avais besoin d’une pause de ce mode de vie effréné et si ce n’était par obligation, je ne l’aurais jamais prise.

Voir la vie sous un nouvel angle. J’ai l’impression d’avoir porté des œillères et d’avoir suivi un chemin non officiellement tracé par la société. Que bien malgré moi, depuis un an, je suis forcée de trouver une nouvelle direction, de nouveaux objectifs. Cette pause obligatoire m’a fait prendre conscience que je n’ai pas envie de ce syndrome de perfection. L’horaire parfait, le job parfait, la maison parfaite, les enfants parfaits… non merci. Je veux une maison chaleureuse, des enfants heureux et être heureuse dans mes occupations. Vivement l’imperfection !

Ma paix intérieure, je l’ai trouvée. Mon bonheur vient de mon intérieur, pas de l’extérieur. Mais je vous promets que je tenterai de l’extérioriser afin de vous le propager. Dans toutes ces contraintes, dans toute cette belle complexité qu’est la vie, je souhaite à tout un chacun de la légèreté, de la simplicité et une capacité d’adaptation hors du commun.

Soyez heureux, infectez les autres de bonheur afin d’alléger notre belle société. Soyez-en assurés, le bonheur passe bien au travers du port du masque !

Geneviève Dutrisac

Mon gars, c’est ça la game ! Texte : Sophie Barnabé

Il y a quelques années à peine, tu grimaçais avec les paupières

Il y a quelques années à peine, tu grimaçais avec les paupières bien fermées en nous voyant nous embrasser ton père et moi. Des « c’est dégueu le sexe », répétais-tu à la chaîne avec ta petite voix d’ange. Puis, plus rapidement que ne poussent les champignons, je t’ai vu ouvrir l’œil sur un écran qui ne filtre aucun tabou, sur les filles qui te font des yeux doux… J’ai essayé subtilement d’ouvrir la discussion, mais tu t’es refermé avec tes « m’man, j’veux pas parler de sexe » et tes « m’man, j’pas rendu là ».

Récemment, mon souffle s’est coupé quand je t’ai aperçu, à l’autre bout de la rue, embrasser la p’tite Lili avec tes mains sur ses fesses. Ce soir‑là, quand j’ai abordé le sujet, tu t’es fâché en me disant que vous en aviez parlé à l’école et que tu savais déjà « tout ça ».

Comprends‑moi bien mon gars ! Ce n’est pas de condom, de risques d’I.T.S. ou de grossesse que je veux te jaser. Les choses mécaniques, celles qui n’ont rien de romantique, ne sont pas celles qui émiettent le cœur. Savoir enfiler un condom, c’est mécanique. Choisir de le mettre parce qu’on veut que tout se passe bien, parce que c’est une preuve de respect, ça c’est romantique. Si je te disais que l’amour, le plaisir, l’intimité, la sexualité, c’est un peu comme un match de hockey, voudrais-tu enfin en jaser ?

D’abord, en tenant pour acquis qu’on a les bons joueurs, on prend le temps d’analyser la game. On regarde les matchs précédents, on comprend les jeux, les passes. On se prépare parce qu’on veut être le meilleur joueur. Tu me suis ?

Avec la petite blonde aux yeux bleus, c’est la même chose. Prends le temps de la regarder dans les yeux… longtemps. Analyse sa réaction. Si elle plonge son regard dans le tien, qu’elle le maintient, c’est le signe qu’elle veut aller plus loin. Si elle détourne le regard, c’est peut-être qu’elle se sent intimidée. Analyse le « jeu ». Peut-être qu’en évitant de te regarder, elle souhaite que tu ne puisses pas déjouer les hésitations cachées en elle. Celles créées par la peur que tu sois déçu ou que tu insistes avec un come on. Tu sais mon gars, j’ai déjà eu quinze ans… C’est bien jeune pour oser dire non…

Dans le doute, arrête. Considère ta partenaire. Ne sois pas le « mangeux de puck ». Un peu comme une boussole qui indique la direction à prendre, son regard te fera comprendre si elle est prête à aller plus loin. Regarde‑la longtemps… souvent… T’es intelligent. Comprends.

Une fois l’analyse du match faite, les joueurs prennent le temps de pratiquer de nouveaux jeux. Ils essaient, analysent à nouveau, prennent leur temps, essaient d’autres trucs… C’est la base de la game, t’es d’accord ?

Même chose avec la grande brunette aux yeux noisette. Quand vous vous embrasserez, sois attentionné. Apprends à lire les baisers. Embrasse doucement, lentement… Si elle avance le visage vers toi, qu’elle te présente ses lèvres, qu’elle ferme les paupières comme un signe d’abandon, comme pour permettre de faire abstraction de ce qui vous entoure, tu devineras qu’elle se sent bien. Savoure ce moment. C’est tellement bon !

Au contraire, si tu sens qu’elle recule la tête, qu’elle ne t’embrasse que du bout des lèvres, n’insiste pas. Peut-être qu’elle ne le fait que pour te faire plaisir. Arrête. Serre‑la sans pression dans tes bras. C’est correct comme ça…

Et puis, le match le plus important arrive. Tout au long de la game, les joueurs se regardent, se font des signes, se parlent, sont attentifs à la réaction des coéquipiers.

Même si la rouquine semble à l’aise de jouer les coquines, comprends ses mouvements. Sous l’emprise de tes caresses, si tu sens ses mains immobiles, si son corps devient tendu, c’est peut-être un signe qu’elle est figée en dedans. Prends ton temps. Pose-toi des questions et si la lecture semble floue, chuchote-lui un « ça va ? ». Au besoin, rappelle-toi que même les plus grands joueurs retournent parfois sur le banc. T’inquiète, ils n’accrochent pas leurs patins pour autant…

Enfin, peu importe l’issue, rappelle-toi que les grands joueurs ne dévoilent jamais leur jeu… Assurément, ils y seraient perdants. Ne raconte pas tout à tes chums, ne texte pas tes exploits… Tu y gagnerais quoi ? Vraiment…

Tu sais, au hockey, on ne passe pas notre temps à parler des bâtons ou des risques de blessures, un peu comme pour le condom et les I.T.S.  On le sait déjà et c’est pour ça que je t’en ai mis une boîte dans ton tiroir, sans rien dire. Toutefois, ce qui crée la plus belle chimie dans une équipe, la plus valorisante des victoires et la plus grande des satisfactions, c’est le temps qu’on prend à connaître ses partenaires, les revers, et aussi les étapes qu’on franchit une à une, ensemble. Immanquablement, les équipes qui font ça sont celles qui scorent ! C’est la même game avec ta blonde…

Si on se souvient encore aujourd’hui de Jean Béliveau comme étant l’homme le plus respecté de l’histoire du hockey, c’est parce qu’il considérait ses partenaires, il prenait le temps de lire le jeu, et cela lui a permis d’être le meilleur compteur de son époque.

Et toi mon gars ? Quand tu reverras ces filles dans dix ou vingt ans, voudras-tu qu’elles se souviennent de toi comme le « mangeux de puck » ou comme le joueur de hockey le plus class de tous les temps ?

Sophie Barnabé