Archives décembre 2021

Vivre le moment présent, plus que jamais — Texte : Nancy Pedneault

Plusieurs personnes, comme moi d’ailleurs, trouvent cette expression

Plusieurs personnes, comme moi d’ailleurs, trouvent cette expression galvaudée, passée date. C’est vrai, « vivre le moment présent » a été surutilisé et en a perdu sa force. Mais si on y réfléchissait un peu ?  

Jusqu’à jeudi dernier, la plupart d’entre nous vivaient dans l’allégresse, la légèreté et l’insouciance. Nous avons appris de cette dernière année, goûtant davantage au bonheur de pouvoir partager un souper entre amis. Nous étions heureux de pouvoir sortir après 20 h. Certains se sont même permis de danser et chanter jusqu’aux petites heures du matin. Nous avons savouré cette liberté retrouvée.  

Fiers de nos deux vaccins, nous rêvions d’un temps des fêtes comme dans le temps, celui où aucune menace virale ne planait au-dessus de notre tête. Planifiant ces moments comme si rien ne pouvait arriver, pratiquant l’ignorance intentionnelle en écoutant les nouvelles. Nous avons oublié quelque chose d’essentiel : vivre le moment présent.  

Malheureusement, la vie n’est pas tout à fait revenue à la normale. Une épée de Damoclès plane toujours au-dessus de nos têtes. Nous pouvons l’ignorer ou fermer les yeux, mais elle reste là. Notre seule option est de vivre ici, maintenant, tout en étant prudents. 

 Alors, en ces temps des réjouissances, profitons de chaque petit moment de bonheur que la vie nous apporte. Prenons le temps de dire à nos proches qu’on les aime. Allons jouer dehors, transformons la routine en moments exceptionnels. 

Comme l’a dit le chanteur Corneille : vivons chaque jour comme le dernier.  Apprécions la santé, la famille, la vie. Finalement, vivons au jour le jour et célébrons le moment présent, pour vrai.  

Nancy Pedneault 

 

Je te redonne ta place, papa – Texte: Lisa-Marie St-Pierre

Hier, j’ai écouté des vidéos de toi. Ça fait douze ans que t’es parti, que j’ai pas en

Hier, j’ai écouté des vidéos de toi.

Ça fait douze ans que t’es parti, que j’ai pas entendu ta voix, que j’me fais croire que j’ai rien oublié et que je vais bien.

Que j’me fais croire que je vais en regarder bientôt et que je rirai… en te voyant, en t’entendant.

Hier, je t’ai vu, papa, à la télé.

Tu bougeais, niaisais, riais… tu vivais.

En regardant au début, j’ai souri.

Mais en regardant mieux, rien n’allait plus.

Y’a ce moment précis où tu me demandes de venir te coller… et tu me prends contre toi et on se bécote !!!

Moi collée sur toi, mon p’tit papa,

J’avais oublié.

J’avais oublié qu’on avait déjà co-existé.

Que tu m’appelais « Puce »… la façon que tu avais de m’appeler Puce.

Toute la fierté du monde était dans ces quatre lettres-là, Puce.

En te regardant dans mon écran, je me suis rappelé comme t’étais beau et surtout comme t’étais drôle. Je riais de tes blagues sans effort, parce que c’était sincèrement drôle.

T’essayais toujours de faire rire qui tu pouvais, mais sans essayer vraiment, car t’étais un drôle naturel, un vrai drôle.

J’ai vu en toi dans ma télé.

Le toi qui a mon âge de maintenant, un papa présent, léger ; mais ce qui a arraché mon cœur à ce moment précis, c’est toute la fierté et la patience que tu semblais avoir et qui m’étaient inconnues, et par-dessus tout l’enfant heureux que j’étais.

Dans ma p’tite boîte à souvenirs en dedans, j’avais tassé tout ce que tu avais de beau juste pour me protéger, promis.

Mais, j’ai fini par y croire.

Croire que t’étais pas si parfait que ça pour que mon deuil soit moins dur, papa.

Mais en faisant ça, en essayant de t’enlaidir, j’ai fini par te tasser de mes souvenirs et ma boîte s’est effacée.

J’ai eu beau vouloir retrouver des choses qui m’étaient banales comme un souvenir ensemble. Il était introuvable ou tellement flou que je le confondais avec un rêve.

Toi & moi en auto… toi qui m’expliques ce que signifient les paroles de la chanson « Betty Davis eyes ».

Toi & moi qui rions ensemble d’une inside que nous seuls comprenons.

Toi & moi complices, toi et moi en vie en même temps.

Je te regardais hier et j’aurais aimé faire pause chaque petite fois que l’on te voyait… chaque fois que la caméra te croisait, pour me rappeler chaque morceau, chaque parcelle de toi.

T’étais beau, drôle, vivant, papa !

Je m’excuse de t’avoir mis de côté ; c’est parce que, quand je laisse trop de place à notre avant, ça finit par prendre toute la place et j’ai besoin d’être là maintenant, dans ma vie de maman…

J’aimerais être maman et ton enfant en même temps.

Que tu sois encore fier de moi, qu’à tes yeux je sois encore ta puce à toi.

C’est triste de ne plus être ta puce, de ne plus avoir cette fierté qui se cachait juste dans ton regard.

Je vais te redonner doucement ta place dans mon cœur même si ça me donne parfois du mal à affronter certaines journées.

Y’a douze ans, t’es parti et j’me suis dit qu’en parlant de toi, je me guérirais.

J’ai parlé de toi, mais je t’ai mis dans l’ombre… Hier, je t’ai regardé à la télé et tu as repris une partie de vie.

Laisse-moi te faire encore une petite place, mais que je ne laisserai plus jamais à l’ombre, promis. Une place toujours à la lumière.

Lisa-Marie St-Pierre

Merci à nos pharmaciens! Texte: Nancy Pedneault

Depuis le début de la pandémie, ils sont là. Ils nous accompagnent, s’adaptant aux mesures, inn

Depuis le début de la pandémie, ils sont là. Ils nous accompagnent, s’adaptant aux mesures, innovant pour s’assurer que tous leurs clients soient en santé et le mieux soignés possible. Je parle ici de nos pharmaciens.

Dès le premier confinement, ils ont usé d’imagination pour permettre la livraison des médicaments et autres produits essentiels. Ils se sont assurés que chacun ait accès à la pharmacie de façon sécuritaire.

L’arrivée des tests rapides est devenue un véritable casse-tête pour eux. Jonglant avec les consignes sanitaires, les clients impatients et la volonté de permettre au plus grand nombre de gens possible d’y avoir accès, ils continuent de servir leurs clients avec professionnalisme.

En ces temps de festivités, prenons le temps de remercier chaleureusement nos pharmaciens de famille pour leur travail plus qu’essentiel.

Nancy Pedneault

Revenir à l’essentiel – Texte: Joanie Fournier

Il y a quelques semaines, nous avons fait partie des milliers de malchance

Il y a quelques semaines, nous avons fait partie des milliers de malchanceux qui ont perdu l’électricité pendant 48 heures… Ça n’a l’air de rien, 48 heures. Mais je te promets que lorsque tu as une famille nombreuse, dont un bébé, c’est un 48 heures vraiment angoissant. Mais ce n’est pas l’angoisse qui a marqué notre aventure, c’est le retour à l’essentiel.

L’électricité a coupé en soirée. On venait juste de mettre bébé au lit et les plus grands se préparaient à aller dormir. Les grands vents venaient à peine de se lever, alors on imaginait bien que la panne durerait toute la nuit. On a donc monté un grand matelas sur le plancher de notre chambre et rassemblé toutes les couvertures possibles. On a couché les plus grands, tous ensemble sur le matelas, et on les a ensevelis de plusieurs couches de douillettes chaudes. On a pris le bébé avec nous, dans notre lit, pour le réchauffer au maximum.

Pour les plus grands, c’était le rêve : du camping en famille tous dans la même pièce. Ja-mais on ne fait ça ! On les entendait rigoler sous leurs mille couvertures et nos cœurs de parents trouvaient ça adorable. On s’entend que mon mari et moi n’avons pas fermé l’œil. Même avec la porte de la chambre fermée, on se levait constamment pour aller couvrir un petit pied sorti des couvertures. On touchait au bébé toutes les heures pour s’assurer qu’il n’ait pas froid. On riait tous les deux, dans le noir, parce que le fou rire nous guette chaque fois qu’il ne faut pas faire un son. Même si on est des adultes… Nous aussi, on avait envie de rigoler comme des enfants. On pensait à nos jeunes années dans la crise du verglas et nos cœurs d’enfants savaient qu’on était en train de créer de beaux souvenirs pour nos petits.

Puis, le matin venu, on a pu constater que l’électricité n’était toujours pas revenue… Il faisait 10 °C au rez-de-chaussée. On a pu remplir le bain de bébé avec assez d’eau chaude pour se laver sommairement. On a laissé les enfants dans la bulle de chaleur de notre chambre. Ils ont joué à des jeux de société et mangé toutes les collations habituellement réservées aux boîtes à lunch de l’école. Ils étaient bien ! Nous, adultes responsables, sommes descendus pour tenter de limiter les dégâts. Mon mari est parti au sous-sol pour gérer la pompe. La température étant juste au-dessus du point de congélation, l’eau montait dans les sous-sols du voisinage… Il fallait rester bien proche et vider à la chaudière ce qu’on pouvait pour éviter l’inondation. Ça coûte tellement cher, les rénovations. De mon côté, je me suis occupée de vider le contenu des réfrigérateurs. Trier l’essentiel et tout installer dehors, avec des glacières et de la glace pour éviter de perdre de la nourriture, autant que possible. Ça coûte tellement cher, l’épicerie…

Plus la journée avançait, plus nous réalisions que nous allions atteindre le premier 24 heures et que l’électricité n’était pas près de revenir… Nous avons utilisé le bain d’une mamie pour au moins nous laver comme il se doit. Nous avons abusé de tous les restaurants qu’on aime et dont on se prive habituellement. Les assurances nous ont bien avertis qu’ils ne couvraient aucun frais de restauration ou de logement si nous décidions d’aller à l’hôtel… Mais de toute façon, nous ne pouvions pas aller bien loin… Il fallait continuer de guetter la pompe et le niveau de l’eau dans le sous-sol de la maison.

Dans ma petite municipalité, les gens sont extrêmement généreux. Plusieurs proposaient de se regrouper pour manger ou pour se réchauffer près d’un foyer. Un homme passait dans la rue, d’une maison à l’autre, pour proposer de brancher sa génératrice sur les pompes et sauver le maximum de maisons. L’électricité n’est revenue que le surlendemain soir. Les enfants ont même eu congé d’école. Leur école s’est transformée en centre d’urgence, parce que bien des familles ont vu leur maison inondée.

Oui, on a vécu de l’angoisse. On a eu peur que le bébé ait froid. On a eu peur de perdre des milliers de dollars de viandes congelées. On a eu peur que notre belle maison soit inondée. On a eu peur de manquer d’argent pour tout payer, juste avant Noël. On a eu peur que nos soucis d’adultes prennent le dessus.

Mais ce n’est pas cette angoisse qui a pris le dessus.

On a vu tellement de générosité et d’entraide. On a vu des sourires et des gens prêts à tout pour aider les autres, sans rien attendre en retour. On s’est collés, tous ensemble, plus que jamais. On s’est gardés au chaud, sur nos corps et dans nos cœurs. On a ri, on a joué. Le temps s’est figé, juste pour nous. Juste pour qu’on profite de nous. Et nos enfants raconteront à leurs enfants la fois où ils auront manqué d’électricité… et peut-être que comme nous, ils auront un fou rire en pleine nuit en y repensant. Parce que parfois, le cœur léger d’un enfant pèse bien plus que les lourds soucis d’un adulte. Et ça doit être ça, revenir à l’essentiel.

Joanie Fournier

 

Demandez et vous recevrez… dans six mois ! Texte : Mélanie Paradis

Dimanche matin, en ouvrant les yeux, je n’avais qu’une seule id

Dimanche matin, en ouvrant les yeux, je n’avais qu’une seule idée en tête : mettre les décos de Noël à l’extérieur. Pourquoi cette idée m’obsédait autant? Parce que j’avais demandé à l’homme de la maison, il y a deux semaines de cela, de le faire. L’an passé, j’étais encore naïve… Je m’étais dit qu’il finirait par le faire. Le 23 décembre, toujours rien. Une autre chicane de couple ne me tentait nullement. Cette année, j’allais prendre les choses en main. Parce que les priorités masculines sont diamétralement opposées aux priorités féminines.

Voici ce qui se passait dans la tête de mon chum, enfin, je crois. « Pourquoi mettre des décos le 3 décembre? Il reste encore 21 jours avant le 24. Faire quelque chose de complètement inutile pour le moment serait beaucoup plus important. Je pourrais classer mes vis par grandeur. Mais quelle bonne idée ! Je suis vraiment génial. »

Un homme et une femme, ça ne pense pas pareil. Vraiment pas ! Une femme qui se retrouve seule un samedi matin parce que papa est parti faire l’épicerie avec le reste de la famille va immédiatement se dire : « La maison est en bordel et le panier de lavage déborde. Je me mets vite à la tâche avant que tout le monde ne revienne. »

L’homme qui se retrouve dans la même situation, se dira : « La maison est en bordel, le panier de lavage déborde… Je pourrais aller faire le ménage de mon cabanon. » Le pire, c’est qu’il montrera le résultat de son travail acharné à la femme de la maison, la fierté lui sortant par les oreilles.

Je suis d’accord, le ménage du cabanon était aussi à faire, mais dans l’ordre de mes priorités, la maison passe avant. Je me vois très mal recevoir nos invités dans le cabanon parce que celui-ci est très clean, mais que la maison est tellement bordélique que ça fait deux jours qu’on n’a pas vu le chat. Mais dans ses priorités à lui…

Ce qui fait que d’attendre qu’une tablette soit installée au mur pour mettre le château de princesse en Lego (si difficilement construit avec la famille…) risque de se transformer en une très longue période. Après trois mois, je n’ai toujours pas de tablette et le château est tombé deux fois par terre…

Alors mesdames, l’expression « Demandez et vous recevrez » est non applicable dans mon couple. Je l’ai remplacée par « On n’est jamais mieux servi que par soi-même… Ou par son père retraité de la construction »!

Et vous, vos priorités sont-elles les mêmes que celles de l’homme de votre maison?

Mélanie Paradis

Si vos yeux pouvaient toujours briller…Texte : Karine Lamarche

Cette petite lueur, cette étoile dans vos yeux quand vous croyez si

Cette petite lueur, cette étoile dans vos yeux quand vous croyez si fort que votre lutin vous a joué un tour, qu’il vous a offert une surprise…

Cette naïveté si touchante, j’aimerais qu’elle ne vous quitte jamais. Elle me fait sentir importante, porteuse d’un si grand secret ; ce sera assurément mon plus gros mensonge.

Cette étincelle qui brille quand vous nous parlez du père Noël, je sais bien qu’un jour, elle finira par s’éteindre.

Pour toi, ma grande, il n’en reste pas grand-chose… Je sens tout de même que je peux encore souffler sur les braises, une année de plus…

L’enfance, à l’approche des fêtes, c’est magique ! Tous ces gens qui soudainement s’animent, qui ont le cœur festif… Toutes ces décorations, si invitantes, féériques, porteuses d’espoir et de bonheur… Les sapins et, à leur pied, des cadeaux étincelants…

Tout cela procure un sentiment apaisant, unique. Cette étincelle, au fond, je crois qu’elle ne nous quitte jamais tout à fait.

Je vous avoue, je crois encore au père Noël…

Joyeuses fêtes !

Karine Lamarche

Je suis le Grinch qui a scrapé Noël

Quand j’étais petite, le temps des fêtes était tout simplement

Quand j’étais petite, le temps des fêtes était tout simplement magique : les décorations, les soupers, les cadeaux, les partys, se coucher tard, Ciné-Cadeau à la télé. En tant qu’enfant, les seuls points négatifs que je voyais étaient les chandails en laine qui pique, les bas collants et les becs des matantes qui sentent beaucoup trop le parfum ! J’aurais voulu que mes enfants connaissent la magie du temps des fêtes eux aussi. Malheureusement pour eux, Noël, c’est devenu autre chose.

Un 24 décembre, je me suis levée et j’ai annoncé au père de mes enfants que je mettais un terme à notre relation. Ça faisait des mois, voire des années que je n’étais plus bien dans mon couple. Mes enfants, la veille de Noël, se sont fait réveiller au son de deux parents qui se chicanent, encore. Ils se sont fait annoncer que la famille, telle qu’ils la connaissaient, se brisait. Nous avons dû leur expliquer que dorénavant, papa et maman ne vivraient plus ensemble et qu’ils passeraient une semaine chez un et une semaine chez l’autre.

Sur le coup, aucune réaction de leur part. Ils étaient habitués à nous entendre nous disputer. Pour eux, ce n’était qu’une chicane de plus. Peut-être que les choses allaient changer. Malheureusement, ce ne fut pas le cas. Nous avons « fêté » Noël comme nous avons pu, tous ensemble, pour une dernière fois. Nous avons passé le temps des fêtes comme nous l’avons toujours fait, sauf que nous passions du temps sur nos cellulaires pour magasiner des meubles et des appartements. Nous n’avions pas le cœur à la fête, nous avions la tête dans nos problèmes d’adultes. Malgré que nous voulions faire un effort pour les enfants pour ne pas trop affecter leur temps des fêtes, nous l’avons gâché. En fait, je l’ai gâché avec ma décision.

Est-ce que je regrette ma décision ? Non. Lorsque nous ne sommes plus bien dans un couple et que malgré toutes les tentatives et séances de thérapies de couple, rien ne change, il faut savoir choisir de se donner la chance d’être heureux même si cela implique de briser la cellule familiale. Les enfants, à moyen ou long terme, seront plus heureux de voir les deux parents sourire et être heureux chacun de son côté que de les entendre se disputer et se critiquer du matin au soir.

Est‑ce que j’aurais pu faire part de ma décision à un autre moment ? Certainement. Je m’en veux d’avoir gâché l’image de Noël pour mes enfants. D’avoir souillé dans leur esprit ce moment magique qu’est Noël. Je l’avoue, j’ai pensé à moi uniquement lorsque j’ai pris ma décision. Je voulais que la nouvelle année soit un réel renouveau pour moi. Est‑ce que j’aurais pu attendre et faire l’annonce après Noël pour laisser un souvenir intact de cette fête à mes enfants ? Sûrement. Est‑ce que le fait de faire l’annonce plus tard aurait réellement changé leur perception du temps des fêtes ? Je ne crois pas. Des parents qui se séparent, ça marque l’esprit et affecte les enfants, peu importe le moment où on se le fait annoncer.

Je me mets une énorme pression sur les épaules pour que ce Noël‑ci puisse faire renaître la magie que j’ai brisée. Je veux que mes enfants aient un beau Noël. Je veux qu’ils ne sentent pas la pression qu’ont les adultes de planifier les horaires de « qui a les enfants quand » pour s’assurer que les enfants voient leurs deux parents et la famille aux deux fêtes. Les horaires de garde, on s’en fout, c’est le temps des fêtes. Il n’y a rien de normal durant ces deux semaines‑là. Je veux qu’en grandissant, mes enfants ne gardent pas cette image triste de Noël. Je veux que la magie revienne, pour eux et pour moi. Je veux, pour un instant, oublier que j’ai été le Grinch qui a volé Noël il n’y a pas si longtemps.

Eva Staire

 

Les traces de ta maternité — Texte : Stéphanie Dumas

Depuis que tu es maman, ton corps est marqué par les traces de ta maternité. Certaines sont visibl

Depuis que tu es maman, ton corps est marqué par les traces de ta maternité. Certaines sont visibles et d’autres sont camouflées. Les dernières sont apparentes seulement lorsque tu es dénudée. Tu dois savoir que toutes ces traces ne doivent pas être cachées comme si elles étaient des stigmates honteux. Au contraire, sache que ces traces rendent les mamans encore plus belles.

Ces traces signifient que tu as la chance de jouer le plus beau rôle au monde, soit celui de maman. Elles doivent te rendre fière. Ces traces sont multiples. Elles peuvent prendre la forme de vergetures ou de cicatrices qui résultent de ta grossesse. Elles peuvent aussi se présenter sous la forme de cernes, car ton enfant ne fait pas encore ses nuits ou bien parce que la dernière fut plus difficile. Elles peuvent aussi se camoufler dans ton chignon fait rapidement ce matin, car tu devais te dépêcher à passer à la garderie pour ensuite te rendre au travail. Tu ne dois pas te sentir moins belle à cause de cela.

Elles font partie intégrante de toi et de ton identité. Elles confirment le rôle important que tu joues dans notre société, mais surtout pour chaque enfant. Pour tous les enfants, leur maman est la plus belle. Le rôle d’une maman est de s’occuper de son enfant et peu importe si cela veut dire que ton chignon est croche ou que tu as mis ton mascara en trente secondes ce matin. Je suis certaine que tous ceux que tu as croisés durant ta journée t’ont trouvée belle et ne t’ont pas jugée. Tu tentes constamment d’être en équilibre entre tes rôles de maman, de femme, de blonde, d’amie et de professionnelle.

Si tu as donné la vie récemment, laisse le temps à ton corps de s’en remettre. Dans peu de temps, tu comprendras que ces traces font partie de toi et qu’il s’agit des traces de ta maternité. Elles racontent la belle histoire de la grossesse, de la naissance et de ton rôle de maman. Il faut les accepter, car elles font partie de la personne que tu es devenue.

Stéphanie Dumas

La chaise vide — Texte : Nancy Pedneault

On y est. Le moment que je redoutais est arrivé. Décembre, le mois que j’aime tant, avec sa joie

On y est. Le moment que je redoutais est arrivé. Décembre, le mois que j’aime tant, avec sa joie et sa féerie, est un peu triste cette année. Pour la première fois, ta chaise sera vide lors de notre traditionnel souper de Noël. Pourtant, mon cœur, lui, est rempli : il déborde d’émotions contradictoires.

Je suis confuse. Je ne sais pas comment vivre ce moment. Comment m’habituer à ce manque ? On n’a jamais appris à vivre avec l’ennui et la perte d’un être cher. C’est un moment auquel on ne se sent jamais prêt.

Pourtant, je me sens soulagée que tu sois enfin libéré du mal qui te torturait. Je sais que tu es bien maintenant. La souffrance est chose du passé. J’aurais tant voulu te garder avec nous encore quelques années. C’est toujours trop tôt pour vivre avec une chaise vide.

En même temps, je suis si triste de ne plus entendre ton rire, ta bonne humeur. J’entends encore ta voix dans ma tête, mais elle ne résonne plus dans mes oreilles. Je répète malgré moi tes blagues et tes expressions. Elles sortent comme ça, sans prévenir. Elles me font penser à toi. On en rit et parfois, on en pleure.

Je suis nostalgique de notre sortie à la messe de Noël où tu mangeais un bonbon pour réprimer les larmes qui montaient quand tu entendais chanter les enfants. Tous ces bons moments passés ensemble restent gravés dans ma mémoire. Je les chéris et j’en prends soin tel un cadeau précieux.

Malgré tout, je me sens heureuse de pouvoir être avec notre famille, celle que tu as bâtie. Ta chaise sera vide, mais je ne serai pas seule. Je suis bien entourée de gens qui m’aiment. Tu as laissé derrière toi des gens qui se soutiennent, s’apprécient et s’aiment.

Je me sens privilégiée de t’avoir eu comme modèle et de poursuivre ce que tu m’as enseigné : la bienveillance et la générosité. Plusieurs de mes décisions sont teintées de tout ce que tu m’as appris. En ce temps des Fêtes, je pense encore plus à toi qui donnais sans compter.

Avant de partir, tu nous as répété : ne vous inquiétez pas pour moi, amusez-vous ! J’essaierai donc très fort de m’amuser et de célébrer la vie qui continue, tout en pensant souvent à toi.

Alors, pour tous ceux qui, comme moi, auront une chaise vide autour de leur table cette année, je vous souhaite de trouver la paix et de réussir à célébrer la vie.

Nancy Pedneault

Je ne t’achèterai pas de carte de Noël – Texte : Kim Boisvert

Je me promenais dans l’allée des cartes de souhaits avec, encore cette année, le pincement au c

Je me promenais dans l’allée des cartes de souhaits avec, encore cette année, le pincement au cœur et le panier vide. Je ne t’achèterai pas de carte de Noël cette année, pas parce que tu es déjà dans le ciel depuis de nombreuses années, mais bien parce qu’aucun des souhaits rédigés vers l’appréciation d’une mère « extraordinaire » n’aurait pu coller à notre relation. On va se le dire, t’étais pas une mère extraordinaire, Maman.

J’aurais aimé ça te reconnaître dans les mots de ces cartes colorées vouées à faire verser des larmes à la femme Mère. T’sais, la carte qui sent le bonheur et les bons soupers, les caresses et le réconfort. Les gens remercient à coups de grands paragraphes touchants leur mère d’avoir été toujours présente et aimante pis toute pis toute. Je sais que tu as fait de ton mieux, et que ton mieux c’était de m’empoisonner. Mais malgré mes efforts annuels, pour moi, ça aura toujours été un calvaire de te choisir une carte. Parce que je n’ai jamais pu m’imaginer que des mamans comme ça, ça existait dans’vraie vie. Pis ça, ça me tuait les élans de poésie. Bien en fait, je sais que ça existe, mais pas pour moi. On n’était pas comme ça, Maman.

Je me souviens que je finissais par acheter à contrecœur une carte plutôt générique ou sans texte avec un dessin de nature morte dans laquelle j’essayais de mettre tout l’amour qu’on méritait toutes les deux. Genre « Je t’aime maman, j’espère que tu trouveras le bonheur ». Je crois fortement qu’en donnant de l’Amour, fort, même quand ce n’est pas facile, on peut avancer. Et j’ai toujours cru qu’un jour, je serais entendue pour la femme que j’étais déjà ou pour l’enfant qu’on avait brisé. T’sais, l’espoir d’une belle relation mère-fille ? Ça aussi, c’est enterré avec toi dans ta boîte en bois cheap mal sculptée.

Je savais malheureusement qu’on ne serait jamais proches comme tu l’étais avec ton autre fille, ma sœur, et qu’on s’aimait mal toi et moi. Ton utérus m’a conçue, mais une fois que je suis sortie, je doute que tes yeux me regardaient avec des étoiles et des confettis. On m’avait expliqué qu’une de notre fratrie avait failli te tuer à l’accouchement et j’ai toujours pensé que c’était moi. Dans le fond de mon ventre mou, je sais que c’est moi. J’en suis persuadée.

Je ne t’achèterai pas de carte de Noël parce que je ne saurais pas quoi t’écrire. Ta maladie et tes souffrances t’ont tellement changée avec le temps que peu importe les mots que j’aurais écrits, tu ne les aurais pas compris.

Mais cette année, je vais m’acheter une carte remplie de mots extraordinaires et m’écrire des mots doux parce que mon mieux est mieux que le tien, et que je vois mes filles grandir dans mon amour imparfaitement extraordinaire et que je trouve que ça vaut 4,99 $ chez Walmart.

Kim Boisvert

Et l’ombre sera derrière… Texte : Solène Dussault

Tourne-toi vers la lumière et l’ombre sera derrière. La lumière,

Tourne-toi vers la lumière et l’ombre sera derrière. La lumière, ma vérité, mon authenticité. Ce qu’il y a de plus précieux dans l’instant présent.

Je suis partie du travail il y a plusieurs jours. Pour me réchapper, me protéger. J’ai déposé les armes pour mieux me choisir. Parce que je m’aime assez, que j’ai assez de respect pour moi. Je n’aurais sans doute pas pris cette décision il y a de cela dix ans. Avant, je n’aurais pas pu laisser les autres poursuivre la mission sans moi. Je me trouvais irremplaçable et indispensable… Il n’y avait qu’une seule MOI, et c’est encore le cas. Sauf que… la vie m’apprend, tous les jours. Ils sont mieux sans moi. Ils ont besoin d’une moi qui est là, présente, à part entière. Pas une grise ni une beige, une asphyxiée ou une engourdie.

Depuis que je suis partie, je suis ici et maintenant. Je suis dans la lenteur, dans les siestes. Je suis assise au soleil, dans la maison, un livre à la main. Je décide. Je me laisse porter au gré de mes envies. Il y a des moments, enfin, pour ma créativité, celle qui réchauffe mon âme, me comble. Je me tourne vers ma lumière, comme le tournesol. Ma nouvelle vie est riche de tout ce que je mets dedans.

Ma lumière, c’est mon essence, ce qui me définit, ce qui n’est pas dicté par les autres. Mon courage, celui de prendre des décisions difficiles. Ma force, celle qui est de m’accompagner, avec bienveillance et bonté. Mon autonomie, qui me permet de me prendre dans mes bras, de me serrer fort, de me redire encore et encore que tout est parfaitement imparfait. Ma vulnérabilité aussi, c’est ma lumière. M’ouvrir à ce que mes amies veulent m’apprendre sur moi. À ce qu’elles me rappellent, souvent, que je suis une battante qui a l’humilité de s’écouter. Elles me touchent au plus profond de mon cœur, par leur présence. Une lumière pour moi. Et c’est aussi de demander de l’aide, de recevoir, d’être accompagnée par une perle, qui me remet sur ma route avec amour et humour.

Et les journées passent… Depuis que je prends du temps pour moi, je sors faire des anges dans la neige, comme lorsque j’étais enfant. J’allume des bougies sparkle, que je plante dans ma rôtie. Je regarde l’étincelle qui jaillit et elle me rappelle que je suis bien en vie, dans mon instant présent. Je me prélasse dans un bain mousse, pendant que la vie se poursuit autour de moi. Je m’assois dans un cinéma en plein après-midi. J’ai pris le temps de mettre mes bras autour d’un arbre, oui, oui ! Comme pour l’embrasser, le cajoler. J’ai attendu, le souffle arrêté. Je me suis sentie pleine, pleine de vie. J’ai regardé un écureuil aussi. Il était posé sur sa branche, me fixant de son regard nerveux. Il m’a fait penser à moi, à la recherche de son équilibre.

Et l’ombre sera derrière… Le renoncement. Dire non. Refuser. M’éloigner. Ne plus accepter. L’ombre c’est tout ce je dois laisser aller, qui ne m’est plus utile. C’est ce qui s’accroche à moi, comme un boulet. L’ombre c’est la peur qui m’empêche d’avancer, d’aller vers de nouveaux élans. Je n’ai pas besoin de cette noirceur. Je la laisse partir. Je m’appartiens.

Solène Dussault