Archives avril 2022

Frères et sœurs – Texte : Arianne Bouchard

Dans la vie, je ne me suis jamais considérée comme une personne chanceuse. Pourtant, quand je rega

Dans la vie, je ne me suis jamais considérée comme une personne chanceuse. Pourtant, quand je regarde autour de moi, je me dis que j’ai de la chance. J’ai une grande famille, avec une belle brochette d’êtres humains sur qui je peux compter.

Avoir un frère ou une sœur, c’est un cadeau. En avoir plusieurs, c’est une bénédiction. Comme la plupart des gens, quand j’étais petite, je me chamaillais avec mes sœurs. J’étais l’aînée, donc forcément j’avais le dernier mot et ma parole avait plus de poids quand il fallait choisir le jeu auquel on allait jouer ou pour choisir quel personnage nous serions quand on jouerait à la famille. Mes sœurs voulaient faire comme moi et ça m’embêtait. Elles voulaient me suivre partout, passer du temps avec mes amis et surtout, ce dont j’avais horreur, s’habiller comme moi. Je ne réalisais pas à cet âge-là que j’étais un modèle pour elle. Je voulais être unique et voilà qu’elles voulaient être de pâles copies de moi.

Comme toutes les sœurs, on se chamaillait beaucoup, mais au travers de ces bagarres et de ces pleurs, il y avait aussi des moments de tendresse, de complicité et même beaucoup de rires. C’était la belle époque ! Quand je pense à la signification d’avoir des frères ou des sœurs, ce qui me vient à l’esprit, avant même toutes ces railleries conflictuelles, c’est cette sensation de toujours avoir un ami à la maison, à portée de main, toujours dispo pour les câlins. Les ennuis sont partagés et les petits instants de bonheur sont doublés. Peu importe à quel point les chicanes sont intenses, peu importe combien de fois il ou elle te dénonce à tes parents, tu l’aimes toujours, infiniment et sans condition. J’ai eu cette chance. Cinq fois plutôt qu’une. Par chance, la vie m’a donné un frère au travers de ça pour venir équilibrer tout cet œstrogène en ébullition.

Un frère exceptionnel, doux et prévenant, que nous avons pu câliner et materner au grand désespoir de nos poupées délaissées. Un frère qui a eu le malheur de grandir avec une horde de sœurs qui voulaient le coiffer et le costumer pour le transformer en une autre petite sœur. Par contre, il a eu de la chance de grandir avec trois grandes sœurs aimantes et aux petits soins. Il ne l’avouera sans doute jamais, mais il a adoré toute cette attention ! Mon petit frère, qui me dépasse de loin maintenant, est une brise rafraîchissante dans notre famille qui avait grand besoin de testostérone !

Pourtant, deux autres petites sœurs se sont jointes à nous pour compléter notre belle famille. Avec un écart de seize et dix-huit ans avec les deux dernières, la relation est différente. Pas de chamaillerie, pas de bagarre, pas de compétition pour savoir qui a la plus belle poupée ou qui est la favorite de maman. Il n’y a que du positif. Des bisous-câlins, des sorties spéciales avec les grandes sœurs et les soirées pyjama chez les grandes sœurs qui ont maintenant leur propre appartement.

Maintenant, notre famille est un peu éparpillée. Les enfants ont commencé à quitter le nid, certains ont même quitté la région, mais malgré la distance, ils restent près de mon cœur.

Peu importe les choses que nous vivrons, le bonheur, la tristesse, la peur, nous serons toujours là les uns pour les autres. Peu importe les kilomètres qui nous séparent, nous pourrons toujours compter les uns sur les autres.

Il y a un adage qui dit « les gens sont comme les pierres, certains sont plus précieux que d’autres. » Mes parents ont donc clairement choisi la mauvaise orientation… ils auraient dû être travailleurs miniers, car ils ont le don pour les pierres précieuses !

Arianne Bouchard

Nouvelle étape, la suite — Texte : Annick Gosselin

Certes, je m’attendais à une réaction de mon petit homme, mais pas aussi intense que celle-là.

Certes, je m’attendais à une réaction de mon petit homme, mais pas aussi intense que celle-là.

Le premier soir, lorsque je suis arrivée de travailler, je me suis penchée pour lui donner un bisou et il a attrapé le balai, oui ! Oui ! Le balai ! Il m’a donné un bon coup avec le manche dans le front ! Tout un accueil !

Il était habitué que j’aille le chercher chaque soir. Non seulement je n’étais pas allée le chercher, mais en plus, je n’étais pas à la maison. Ça n’avait plus aucun sens dans sa petite tête de petit bonhomme de trois ans.

Depuis, il s’est écoulé trois semaines. Je réussis à l’approcher, à lui voler un bisou à la sauvette. Mais il me repousse la majorité du temps. Rien ne m’avait préparée à cela.

Je sais que c’est passager, mais c’est plus difficile que je ne le croyais, surtout que ça faisait trois ans que je le cajolais chaque jour. J’étais sa source de réconfort. Maintenant, il me repousse.

Ça va passer, il va s’adapter. Mais pour l’instant, mon réservoir de câlins de mon petit homme est complètement à sec et mon cœur de maman trouve cela difficile.

Je sais que pour lui, c’est tout un changement. Et c’est sa manière de me dire qu’il proteste. Mais nous allons doucement nous adapter à cette nouvelle vie. Qui, j’espère, ne laissera pas trop de cicatrices.

Une chance, il a un excellent papa. J’adore mon nouveau travail où je m’épanouis vraiment. Je rentre le soir en ayant hâte de voir ma famille, je suis calme et heureuse. Cela fait en sorte que je culpabilise moins de rendre mon petit bout de chou triste. Je sais que le temps arrange tout. Il en sera ainsi pour mon petit homme et moi.

Annick Gosselin

Une nouvelle étape — Texte : Annick Gosselin

Quelle mère ne s’est pas sentie déchirée à l’idée de retourner au travail après son congé

Quelle mère ne s’est pas sentie déchirée à l’idée de retourner au travail après son congé de maternité ? C’est la quatrième fois que cela m’arrive et c’est chaque fois le même sentiment : mi-nostalgique/mi-heureuse.

Ce retour est différent des autres. J’ai eu l’immense privilège de rester avec mon petit homme trois ans. Trois magnifiques années à pouvoir lui donner un bisou, un câlin, sentir son odeur quand j’en avais envie ou à pouvoir remplir son petit réservoir d’amour lorsqu’il me tendait les bras. Je suis pleinement reconnaissante d’avoir été celle qui était témoin de ses grandes premières.

Malgré ces grands bonheurs, j’avoue que le travail m’a manqué, surtout ces derniers mois. Le besoin d’échanger avec des adultes, de m’accomplir professionnellement et d’être stimulée intellectuellement s’est fait sentir. Je suis donc très heureuse de reprendre le travail, surtout que cette pause m’a permis de réorienter ma carrière.

Fiston a quant à lui débuté la garderie depuis quelques mois déjà. Il a une éducatrice extraordinaire qui s’occupe de lui et l’aime autant que moi. Son petit réservoir continuera de se remplir d’amour. Il adore jouer avec ses amis et il fait de belles activités chaque jour, et cela me remplit de bonheur. Sa vie de petit homme en dehors de sa famille est bien débutée.

L’adaptation sera probablement plus difficile pour moi que pour lui. Généralement, les enfants s’adaptent beaucoup mieux que les adultes. Mais le fait d’occuper un emploi que j’aime et de savoir que mon fils est heureux aidera grandement à ce que la transition se fasse en douceur.

Comme toute maman qui retourne travailler avec un enfant en plus à sa charge, j’appréhende un peu ce retour et je me demande comment j’arriverai à tout faire. Certes, il faudra une période d’ajustement pour toute la famille, mais au bout d’un mois, ça ne paraîtra plus. Nous aurons une nouvelle routine, dans laquelle chacun naviguera avec aisance.

Annick Gosselin

L’endroit où je suis le plus (chez) moi – Texte: Nathalie Courcy

On me demande parfois quel est l'endroit que j’ai visité ou l'endroit où j'ai habité et que j

On me demande parfois quel est l’endroit que j’ai visité ou l’endroit où j’ai habité et que j’ai préféré.

J’ai vécu jusqu’à maintenant dans 12 maisons et 5 appartements, sans compter les lieux où j’ai séjourné pendant plusieurs mois à l’étranger (Israël, Burkina Faso, France). J’ai habité en Alberta et au Québec et j’ai séjourné dans une vingtaine de pays. Pré-pandémie, je passais plusieurs semaines par année dans les autres provinces. On pourrait croire que je suis sans racines, mais je crois plutôt que je m’enracine facilement.

L’endroit où je me sens le mieux ne porte toutefois pas le nom d’une ville ou d’un pays. Il porte le nom de mes enfants. Oui! c’est dans les bras de mes enfants que je me sens le plus chez moi. Quand mes quatre poussins sont collés autour de moi, qu’on rit, qu’on jase, qu’on se confie, qu’on est, tout simplement. Ça sent l’amour, ça sent la famille, ça sent l’authenticité.

Qu’on soit autour d’une table, d’un feu, d’un jeu ou d’un film, notre complicité illumine à des milles à la ronde. On a notre propre dictionnaire, notre encyclopédie d’insides, nos souvenirs communs qui sortent de l’ordinaire, nos regards codés. On sait jusqu’où on peut aller et quelle est la limite de chacun.

On complète nos phrases, on rit (ou pas) de nos jeux de mots, on se tape rarement sur les nerfs et quand ça arrive, on se connaît assez pour respecter nos bulles, celles qui nous poppent au cerveau et celles dans lesquelles on se réfugie.

C’est avec mes enfants que j’ai tenu à refaire mon nid il y a quelques années quand mon noyau amoureux est parti au vent. J’ai tenu à créer avec eux un foyer douillet et original, à notre image, à notre rythme. J’ai tenu à ce que chacun y trouve sa place et à ce que moi aussi, j’y aie mon espace. J’ai choisi un endroit évolutif où tout le monde pourrait progresser, avancer et reculer selon ses besoins, ses choix et son moment présent. Un nid où ils se sentiraient enracinés et non enchaînés.

C’est auprès de mes enfants que je suis le plus « moi » dans toutes mes cellules. C’est avec eux que je n’ai pas besoin de m’expliquer. Que je peux m’exprimer totalement, dans mes exagérations, dans mon humour, dans mon amour, dans mes trop et dans mes pas assez. C’est avec eux que je grandis le plus et c’est avec eux que je me sens le plus constamment utile et pertinente. Même leurs yeux faussement exaspérés me rendent heureuse, parce qu’ils me prouvent qu’ils s’autonomisent et deviennent eux-mêmes.

Un jour, on ne vivra plus dans le même espace physique. Et toujours, nous partagerons une même âme.

Nathalie Courcy

Apprendre à s’aimer — Texte : Audrey Boissonneault

Tout a un début et se termine par une fin. Les pages défilent, les chapitres se suivent et les der

Tout a un début et se termine par une fin. Les pages défilent, les chapitres se suivent et les derniers mots arrivent. On dépose le livre, avant d’en ouvrir un autre. On dit un dernier au revoir, avant de pouvoir saluer à nouveau. Il y a certains moments où l’on saute quelques phrases, mais elles finissent par nous rattraper, un peu plus loin. Nous avons des préférences et ceux qu’on aimerait effacer. On relit sans cesse les bons passages et la difficulté survient au moment de les faire partir. On voudrait échanger les lieux, les réactions, les sentiments qui nous ont provoqués.

Puis, vient le moment où on accepte et on ferme les yeux en espérant tomber sur un meilleur exemplaire.

Je sais que ça fait peur, voir noir, ne pas savoir où l’on va se retrouver demain. Je sais que ça fait peur, revoir tous ces souvenirs en laissant reposer tes yeux, au moment de dormir. Parcourir chacune des sensations en revoyant les images de tes souvenirs. Je sais que ça fait peur, se diriger vers un chemin sombre sans savoir où tu vas atterrir, parce que c’est beaucoup plus facile de revenir sur ses pas lorsqu’on sait ce qui nous attend. Mais il le faut, la plupart du temps, nous le savons déjà, mais l’exécuter, c’est le réaliser, pour de vrai.

Si je peux me permettre, à toi qui lis ces mots, rappelle-toi chaque larme qui a coulé sur tes joues dans la dernière année. Remémore-toi tous les efforts que tu as mis envers ta personne ou tes projets. Souviens-toi de tes poings serrant ta couverte le soir pour essayer de camoufler le son de tes pleurs, qui ne demandaient qu’à sortir. Revis chacun des commentaires qui t’ont blessé, qui t’ont ramené à zéro. Rappelle-toi tous ces mots, gestes, personnes qui t’ont détruit à leur façon.

Tu ne pourras, jamais, être parfait aux yeux de tous. Aussi fort que tu travaillerais, il va y avoir quelqu’un pour te reprocher quelconques éléments, faits ou gestes. Je sais que tu crois ne pas mériter le bonheur, que tout mauvais évènement se produit par ta faute et que tu n’apportes rien de bon autour de toi. Je sais que tu crois que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue, dans plusieurs moments, je sais que tu forces le sourire à s’afficher dans ton visage, mais crois-moi, ce moment n’est que passager.

Tu mérites de trouver le bonheur, les personnes qui te feront sentir bien, mais avant tout, tu dois trouver la paix intérieure avec toi-même. Tu dois accepter le fait que tu ne pourras jamais plaire à tout le monde. Je suis loin d’être parfaite et je n’ai, certainement, pas tout compris à la vie, mais une chose qui m’est rentrée dedans lors de la dernière année, c’est qu’il faut apprendre à voir sa propre valeur. C’est la seule façon dont tu arriveras à rester debout lorsqu’on voudra te guider vers le bas. Tu en vaux la peine, tu le mérites, tellement.

Sois passionné, trouve un nouveau passe-temps, occupe-toi et essaie de nouvelles choses. Lis un livre, commence à écrire des chansons ou des textes, trouve un sport qui va te faire rêver, fait de nouvelles recettes, dessine ou FaceTime avec ton ou ta meilleur(e) ami(e). Permets-toi de relaxer et d’écouter Netflix avant de faire une sieste d’après-midi. Sois ouvert à ce que ton mental aille mieux, entoure-toi de positif, mais n’accepte plus qu’on te traite de manière inacceptable, sois égoïste, parce que si toi, tu ne t’aimes pas, qui va le faire ? Tu es la priorité dans ton histoire et ne laisse rien ni personne t’ôter le droit de vivre ta vie comme tu le veux.

Alors toi qui, comme moi, te sens seule et inutile par moment, avançons ensemble. Formons une équipe et promets-moi qu’un jour à la fois, on va avancer d’un tout petit pas. On met le point final à dépendre de quelqu’un pour se sentir aimer, pour se sentir important. Il faut que tu saches que tu n’es pas seul, moi je suis là, dans le même combat avec toi. Tu as, littéralement, tout pour réussir. Tu es fort(e), beau/belle, intelligent(e), travaillant(e), en fait, tu es sur la coche sur tous les points, tu dois juste y croire. La bataille va être longue et ardue, mais une fois sorti de là, rien ne pourra t’abattre comme tu as pu l’être, dernièrement.

Le jour où tu réaliseras ta valeur, ton authenticité, ta magnifique personne, tu vas accepter que tu ne t’entendes pas avec chacun et que certains soient proches de toi. C’est l’acceptation qui rendra la tâche difficile.

Lâche pas et garde la tête haute parce que, moi, j’ai confiance en toi.

Audrey Boissonneault

À l’adulte que je ne suis pas — Texte : Shanie Laframboise

Tomber les pieds dans le monde adulte, c’est devoir avoir les deux pieds sur Terre sans savoir sur

Tomber les pieds dans le monde adulte, c’est devoir avoir les deux pieds sur Terre sans savoir sur lequel danser. C’est aussi réaliser qu’il n’y aura pas de marche arrière après avoir heurté le pied du mur nous séparant de l’enfance.

Comme la plupart des adultes, vais-je également atterrir les pieds dans les plats d’une vie en noir et blanc ? À les voir suivre le cours de leur vie comme des fourmis, il me vient la peur de vivre, à mon tour, dans l’ombre de moi-même ou, pire encore, de vivre une vie heureuse sans l’être moi-même. Je me représente combien il y a, en somme, d’adultes dits « heureux ». Toutefois, ceux-ci ne se sentent apparemment ainsi que parce que les malheureux portent leur poids sans s’en plaindre. Et si, enivrée par l’idée de trop vouloir vivre, je me perdais à mon tour, en silence, à côté de ma vie, à accumuler ce qui ne peut être dit ? Et si je suivais le chemin des grandes personnes qui confondent l’amour et le désir, surtout le désir d’être aimé ?

L’arrivée dans ce monde fait naître de grandes questions enterrant toute la magie. Elle fait naître la nostalgie du passé, quand le présent n’est plus à sa hauteur. Ce n’est que lorsque l’impatience a tué l’enfance qu’on doit faire le deuil de cette magie qui animait notre vie. Ce moment est celui où l’on voit la peur des monstres sous nos lits être remplacée par la peur d’être soi-même, ce qui est pire que tout. C’est également celui où l’on se doit d’accepter les limites de la réalité et que le père Noël n’entre pas nécessairement par la cheminée. Qui aurait pensé qu’un jour viendrait cette nostalgie de l’enfance, alors que notre plus grand souhait était d’être adulte ?

Dix-huit ans, c’est se faire entraver les poignets par la réalité et se voir confronter par la pression de se rendre à l’évidence. C’est d’autant plus un grand saut venant avec l’insécurité d’inexorables vertiges suivant une vertigineuse tombée. Il est encore plus déstabilisant de voir nos relations changer, et ce, loin de ce qu’on aurait pu nous imaginer.

On a beau se faire croire que tout est beau en fermant les yeux sur cette solitude naissante, il reste qu’on n’a nul autre choix que d’accepter de nous détacher de ceux qui veulent nous voir voler en croyant nos ailes totalement déployées. Au fond, ces mêmes personnes peinent à regarder à l’arrière pour constater comment elles se sentaient avant de devenir ce qu’il « fallait ». Bien entendu, elles pensent nous avoir tracé les sentiers en réussissant leur vie dans le simple but de sentir qu’elles existaient. En fait, c’est plutôt à nous de tout désherber, les mains vides, afin d’éviter le piège dans lequel ces gens sont tombés : celui de s’oublier.

Regardez cette vie bien remplie de l’oisiveté des forts et de l’ignorance des faibles. Cette hypnose générale ainsi que l’insomnie d’un monde trop adulte me hantent, de cette peur de vivre à mon tour une vie bien pleine. Pleine de vide.

Shanie Laframboise

 

J’ai eu peur de te perdre, mon homme – Texte : Joanie Fournier

Mon amour, il y a quelques semaines, tu as eu un accident au travail. Je t’ai accompagné à l’u

Mon amour, il y a quelques semaines, tu as eu un accident au travail. Je t’ai accompagné à l’urgence de l’hôpital. Je t’ai tenu la main entre chaque examen. J’ai pleuré avec toi et je t’ai soutenu de mon mieux. Je t’ai accompagné ensuite dans ta guérison et escorté pour tous tes rendez-vous de suivis médicaux. Les semaines ont passé ; tu es vite sorti de danger et nos craintes se sont envolées. Les mois ont passé ; tu as repris le boulot et le train-train quotidien.

Mais, même si j’étais à tes côtés à chacune des étapes, il y a une chose que je ne t’ai pas dite… J’ai eu peur de te perdre. J’ai vraiment eu peur de t’avoir perdu en fait. Je sais que tu es l’homme de ma vie, je sais que je te veux dans la mienne. Mais l’idée de te perdre a semblé tout à coup si réelle, si possible.

Je sais que cet accident aurait pu t’être fatal. Je sais que tu aurais pu avoir des séquelles toute ta vie. Je sais que j’aurais pu ne jamais te voir rentrer après ce soir-là. Et le sang me glace juste à y penser. Parce que j’ai passé les derniers mois à te rassurer que tout allait bien se passer et que tu allais t’en sortir indemne. Je devais être le pilier pour toute notre famille. Mais maintenant que tu es remis sur pied, je me permets de te dire que j’ai vraiment eu peur de te perdre.

Je n’ai pas envie de border mes enfants, sans toi, le soir. Je n’ai pas envie d’attaques de câlins des enfants dans notre lit, si tu n’y es pas. Je n’ai pas envie de souper, sans pouvoir partager les anecdotes de ma journée avec toi. Je n’ai pas envie d’accompagner notre fille dans ses devoirs de maths, parce que je ne le ferais pas aussi bien que toi. Je ne suis pas aussi bonne que toi pour battre sans pitié les enfants aux jeux de société. Je n’ai pas envie de regarder le feu de foyer à l’extérieur, sans toi à mes côtés qui me vole toutes mes guimauves. Je ne veux pas élever mes enfants chaque jour sans ton sens de l’humour, ton énergie, ta force et ta patience. Je ne veux pas d’une vie sans toi.

Mon homme, j’ai eu peur de te perdre. Je ne sais pas comment je pourrais faire tout ça sans toi. C’est toi qui cours à quatre pattes pour faire le cheval avec bébé sur le dos. C’est toi qui conduis jour et nuit pour aller en Floride. C’est toi qui construis les plus beaux bonshommes de neige. C’est toi le meilleur pour combattre les monstres sous les lits des enfants. C’est toi la plus belle fée des dents, le plus vaillant des pères Noël et le plus dévoué des Lapins de Pâques… C’est toi le meilleur. Je ne pourrais pas vivre sans tes patates grecques et ta sauce hollandaise au déjeuner…

Tu es toujours là pour me dire que je suis belle, même quand je pleure parce que je ne trouve pas mon crayon en plein cœur de mes SPM… Tu es toujours là pour me dire que je suis forte quand j’ai envie de tout laisser tomber. Tu es toujours là pour me trouver sexy même après avoir mis au monde nos enfants. Tu es toujours là pour m’aimer… même quand je ne suis plus sûre de savoir qui je suis et si je mérite de l’être. Je ne veux pas d’une vie sans toi. Et mieux encore, je ne veux personne d’autre que toi dans la mienne.

Faque là, tu as recommencé à travailler. Tu vas porter un casque sur le chantier, même si tu trouves ça niaiseux parfois. Tu vas conduire prudemment, même si tu dois arriver en retard. Tu vas me faire la promesse de revenir en un seul morceau le soir. Pis t’es mieux de respecter cette promesse. Parce que j’ai eu un tout petit aperçu de notre vie sans toi… et plus jamais je ne veux avoir aussi peur de t’avoir perdu.

Je t’aime, mon homme.

Joanie Fournier

 

Merci mes amis — Texte : Arianne Bouchard

Je suis une personne de nature solitaire. Je n’ai que très peu de gens que je considère véritab

Je suis une personne de nature solitaire. Je n’ai que très peu de gens que je considère véritablement comme des amis, mais tous sont exceptionnels. Ce genre de relation spéciale où nous ne nous voyons pas sur une base régulière, mais que chaque fois, c’était comme si on ne s’était jamais quittés.

Je ne considère pas que je suis une personne facile. Je suis vraiment intense, dans tout ce que je fais, mais surtout au niveau émotionnel. Quand je pleure, il y aurait suffisamment de larmes pour irriguer tout un fleuve, quand je ris, il y aurait suffisamment de chaleur pour réchauffer le cœur de tout un village et quand je suis en amour, c’est par-dessus la tête, par-dessus les montagnes, bref, par-dessus TOUTE. Et malgré tout, mes amis sont toujours là et ils m’aiment pareil. C’est curieux ? Non. C’est merveilleux.

Ces gens que j’appelle « amis » se soucient suffisamment de moi pour me dire la vérité en toute circonstance. En plus de me dire quand j’ai de la salade entre les dents, que je suis mal habillée ou que mon rouge à lèvres déborde, ils n’hésitent jamais à me faire des commentaires constructifs sur ma propre personne et je les en remercie. Il n’y a pas mieux que de se faire critiquer avec amour pour apprendre à s’améliorer et devenir chaque jour une meilleure personne. Merci, de m’aider à devenir une meilleure version de moi-même !

Enfant, j’avais plein d’amis. Avec le temps, avec la maturité devrais-je dire, j’ai appris que les amis ne sont pas que des personnes avec qui on s’entend bien et que l’on connait. L’amitié, c’est au-delà de tout cela. C’est un sentiment réciproque d’affection, de sympathie qui ne se fonde ni sur la parenté ni sur une attirance physique. Ben oui, je l’ai cherché dans le dictionnaire ! Un ami, c’est comme le frère ou la sœur que tu n’as jamais eu, ou que si comme moi t’as pleins de frères et sœurs, la version parfaite du frère ou de la sœur que t’aurais aimé avoir. Ne vous méprenez pas, je ne changerais mes frères et sœurs pour rien au monde, disons simplement que mes amis sont un bonus, comme une extension de ma famille.

J’ai aussi compris avec l’âge, l’essentiel pour une bonne relation d’amitié : la règle des 3 C : Confiance, Complicité et Conneries.

Pour qu’une relation d’amitié fonctionne, il faut se faire confiance mutuellement. Sans nécessairement TOUT se dire, il faut être capable de ne pas se mentir et se dire les vraies affaires, quand il le faut. Cela inclut notamment, mais non limitativement, de dire à ta meilleure amie quand tu penses qu’elle mérite mieux que son nouveau chum, qui s’attarde plus à ses fesses qu’à la traiter comme une princesse.

Il faut également être complices. Pas nécessairement des partenaires de crimes au sens littéral comme Thelma et Louise, non. Être complices, c’est avancer ensemble et s’entraider. Je tombe, tu me relèves et tu tombes, je te relève, non pas sans avoir ri un peu au passage.

Il faut aussi des conneries et au sens large du terme. Des conneries, comme quand à trois heures du matin, bien arrosés de Tequila, vous décidez de faire des prank call comme des enfants de la petite école ou que vous vous partagez des insides vaseuses et que les gens aux alentours ne comprennent pas pourquoi vous êtes pliés en deux pis en quatre à rire aux larmes. Les conneries, ça comprend aussi appeler son ex, pendant cette même soirée arrosée de Tequila et avoir ton ami à tes côtés qui est là pour ramasser les petits bouts de ton cœur brisé. Les conneries, c’est toujours un peu stupide, mais pas toujours agréable.

Mes amis, merci d’être ces personnes incroyables qui me soutiennent quand le monde s’écroule autour de moi. Merci d’être plus que des ombres dans ma vie, et d’être là dans la noirceur comme dans la lumière. Merci de doubler mes joies et de réduire mes peines de moitié. Merci de me laisser me plaindre, faire de longs monologues et de toujours être là quand même. Merci de ne pas partir en courant quand vous me voyez arriver avec la charrue avant les bœufs avec mes idées. Merci de me laisser me confier. Merci d’être dignes de confiance.

Le temps m’aura, certes, fait perdre des amis, mais il m’aura montré qui sont les vrais. Comme j’aime à vous le dire sans cesse, vous êtes mes étoiles. Je ne vous vois peut-être pas toujours, mais je sais que vous êtes là.

Je ne suis peut-être pas riche littéralement parlant, pourtant j’ai l’impression de l’être, car j’ai des amis en or.

Arianne Bouchard