À toi la super insta-mom

Je te connais, je te vois défiler dans mon fil d’actualité.

 

Tu changes de nom, mais tu es atteinte du même mal que les autres.

 

On est à l’ère de tout voir à l’heure réelle. On dépeint notre vie sur nos réseaux sociaux à son meilleur.

 

On le sait, la maternité vient avec une extension qui n’est pas plaisante pantoute : la comparaison.

 

Oui, on passe notre temps à se comparer. On veut être une bonne mère pour nos enfants : jouer avec eux, bien les nourrir avec du bio pis toute, on veut qu’ils soient polis, empathiques, bienveillants envers les autres, on veut être présentes pour leurs bobos, enfin, on veut être parfaites.

 

Mais la vie, c’est pas ça…

 

Quand on a passé la nuit à nourrir bébé, difficile d’avoir un teint ultra radieux le matin.

Même chose quand les enfants sont malades.

Quand ce ne sont pas les enfants, c’est le mausus de hamster qui vit dans notre cerveau.

Qui est vraiment top au réveil?

 

Sans compter qu’à la garderie, on dirait que c’est toujours notre enfant qui tape les autres, qui ne veut pas partager, qui n’est pas encore propre, qui ne parle pas comme un premier ministre à deux ans et j’en passe.

 

Pour les plus vieux, oui, ceux qui sont faciles à localiser, il ne faut que regarder sur le sofa ou dans leur lit pour les trouver. Ils ont l’attitude féroce et rechignent à toutes tâches. On leur dit blanc et ils demandent noir à tout coup. On est soudain devenus aussi ignorants à leurs yeux qu’un céleri.

 

Mais voilà, aussitôt qu’on ouvre Instagram ou Facebook, on voit une autre réalité.

 

Les mères qui n’ont pas dormi depuis trois mois sont radieuses.

Celles qui ont des enfants en bas âge ont des anges qui ne sont jamais sales.

Celles qui ont des ados ont une relation extraordinaire avec eux et leurs enfants sont super travaillants, aidants, portés vers les autres…

 

Cela nous met encore plus de pression, car clairement, j’ai pas cette vie-là, moi!

 

Mais en fait, je l’ai cette vie… Ces photos, ce ne sont que des mini moments de la journée, de la semaine.

 

J’ai chaque jour un moment où ma belle ado me prend dans ses bras et me dit qu’elle m’aime (j’ai même la preuve sur mon Instagram!)

 

J’ai chaque jour un moment où je suis assise tranquille à boire mon café et à profiter d’un bon moment pour moi (ça dure parfois une seconde, mais c’est celle-là que tu peux voir sur mon Facebook.)

 

J’ai des moments où ma mini est assise avec sa guitare ou fait ses tâches sans que je négocie pour qu’elle puisse encore aller jouer avec ses amis (justement, j’ai aussi une photo de cela!)

 

Tu as compris qu’en fait, je suis aussi (probablement comme toi) une super insta-mom.

 

Malgré mon Instagram, je sais que ma vie n’est pas parfaite, mais malheureusement, ce n’est pas ce que les autres voient.

 

On veut en tout temps être à notre meilleur.

 

Si notre meilleur était notre imperfection?

 

Si on peuplait nos réseaux de nos moments imparfaits?

 

Martine Wilky



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