Tu m’agresses — Texte : Ghislaine Bernard

Tu sais, toi qui me demandes toujours de t’écouter dans tes méandres, toi qui parles sans fin et qui ne prends pas la peine d’écouter à ton tour mes conseils. Tu me prends mon énergie de façon exponentielle.

 

Tu sais, toi qui pleures sur mon épaule, qui attends que je dise ce que tu veux entendre pour te conforter dans tes idées, tu entends mais tu n’écoutes pas. Tu te répètes sans cesse. Autant dans tes dires que dans tes actions. Tu attends de moi que j’acquiesce à tout ce que tu penses, tout ce que tu juges, tout ce que tu fais et ne fais pas.

 

Tu n’es pas heureuse/heureux, mais tu ne fais pas d’efforts pour y arriver. Tu veux ceci ou cela, mais tu attends que tout te tombe dans les bras.

 

Tu sais, j’ai moi-même mes combats, mes difficultés, mais malgré moi, je prends quand même, toujours, du temps pour toi. Même si tu ne l’apprécies pas à sa juste valeur. Tu penses que l’amitié, c’est obliger l’autre à écouter sans retour d’ascenseur.

 

J’étais là quand tu as crié, pleuré, pesté. J’y étais encore quand découragé/e, tu m’as dit ne plus vouloir continuer. Je t’ai ramené/e à la raison. T’ai donné tous les chiffres de l’équation pour arriver à un résultat positif. Qu’as-tu fait ? Rien.

 

Puis, tu arrives avec des phrases accusatrices, m’octroyant le monopole du bien-être, me disant que moi, ce que je porte, c’est pas « si pire ». Ce n’est pas « grave » : j’ai de l’aide quand je la demande. J’ai un entourage pour me soutenir. Du coup, ta vie est la pire à vivre et moi, je me plaindrais pour rien si j’avais l’audace de partager mes peines et mes souffrances.

 

Tu banalises mes difficultés lorsque j’arrive à te les partager. Tu me brimes. Tu me peines. Bref tu m’agresses.

 

Aujourd’hui, j’ai décidé de ne pas te laisser parler. Je t’ai dit bien fermement : je ne suis pas disponible pour tes désagréments. Tu ne l’as pas pris, m’as accusée de ne pas être ton amie. Que je n’avais pas de cœur, que j’étais égoïste et surtout, tu m’as dit : « Je n’aurais jamais pensé cela de toi ! ».

 

Encore une fois, n’apprendrais-je jamais qu’il n’y en a que pour toi ? Que tu ne recherches chez les gens qu’une amitié à sens unique ?

 

Tu m’as dit des choses blessantes et absolument injustes, puis tu as pleuré. Tu as réussi, pour la énième fois, à m’émouvoir.

 

Du coup, je me suis sentie injuste envers moi-même, je me suis dit : tu lui as permis de te brimer, de te peiner et de t’agresser… quand vas-tu arrêter ?

 

Simplement Ghislaine



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