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La première grossesse – Texte : Roxane Larocque

Quelqu’un de très précieux pour moi vient de m’annoncer sa gro

Quelqu’un de très précieux pour moi vient de m’annoncer sa grossesse. Ils sont venus, son amoureux et elle, nous offrir un cadeau et à l’intérieur se trouvaient une petite boîte qui cachait le précieux secret. Sa toute première grossesse, leur tout premier enfant. Je lui avais écrit il y a environ un mois parce que je rêvais qu’elle était enceinte. Je n’arrêtais pas de penser à cette chaise berçante qu’elle nous avait prêtée et que je devais lui remettre lorsqu’elle serait maman à son tour. Il est mystérieux, le monde de la préconception mais ça, c’est pour un autre texte. Pour l’instant, j’ai envie de leur dédier ces quelques lignes…

Comme c’est beau de vous voir les yeux brillants nous annoncer la nouvelle. Un petit mini cinq semaines de fait pour votre enfant et déjà il vous a transformés à jamais. C’est tellement d’émotions la première grossesse ! S’imaginer l’inimaginable, espérer si fort que tout se passe bien et que bébé reste au chaud encore longtemps. Passer du stress à l’euphorie à l’anticipation et se ramener au moment présent. La fatigue du premier trimestre qui nous ramène à l’importance de ralentir, de prendre soin de soi. Le ventre qui se gonfle avec le deuxième trimestre et qui laisse place au plus beau des spectacles, celui des coups de pied de bébé qui montre déjà son tempérament. Puis le troisième trimestre qui se pointe avec toutes les craintes de ne pas être prêt, mais paradoxalement toute l’envie d’y arriver, d’enfin se voir et se toucher autrement. Passer du bébé rêvé au bébé réel, celui qu’on peut toucher, tout chaud et gluant. Une première rencontre inoubliable. Vous laisser revenir sur terre vous et lui, après un travail d’équipe sans précédent qui te fera, je l’espère, réaliser toute la force et la puissance des femmes. Viendra ensuite le quatrième trimestre, celui dont on ose parler maintenant, celui qui complétera la transition, la douce séparation et le tissage de votre amour qui se poursuivra toute votre vie.

Et que dire de son papa ! Déjà en train de lui parler et de s’imaginer ce qui s’en vient. Je l’imagine présent, impliqué, sensible. Je sais qu’il prendra soin de vous et t’aidera à bâtir votre nid pour accueillir ce petit bébé déjà choyé par la vie. C’est tellement beau de voir notre conjoint devenir père. C’est tellement rassurant de sentir sa bienveillance, sa protection, son support. Les voir tisser des liens à travers notre ventre, tenter de nous chouchouter au maximum et faire en sorte que l’on vive le moins de stress possible.

On pourrait croire que je romance toute cette aventure, mais il n’y a dans mes mots qu’un millième de tout le bonheur qui vous attend. Est-ce que c’est toujours facile ? Non. C’est même vraiment difficile par bout. C’est ingrat, c’est exigeant, c’est déroutant. Mais c’est le tout petit prix à payer pour vivre la plus belle des transformations. Si c’est si difficile, c’est parce que ça compte vraiment et qu’on se donne corps et âme pour nos enfants. Ça nous ramène à nos extrêmes, nos plus beaux côtés, mais les plus sombres aussi. Une belle occasion de faire du ménage dans ce qui n’a plus lieu d’être. J’espère que tu trouveras du réconfort dans les creux de vagues, mais tu es si bien entourée, j’ai confiance. Et peut-être aussi que pour toi, ce sera différent, que tu détesteras la grossesse ou l’accouchement et c’est bien correct aussi. Toutes les histoires sont belles, même les plus difficiles.

Je ne sais pas quelle sera la vôtre, mais je sais que ce bébé minuscule comme un petit pépin de pomme reçoit déjà beaucoup d’amour, et c’est tout ce dont il a besoin pour l’instant. Il pourra toujours compter sur ses parents, mais nous sommes tout un village autour de lui aussi.

Tu es déjà une merveilleuse maman déterminée, douce et aimante. Tu es déjà un super papa sensible, protecteur et impliqué. Et toi bébé, j’ai bien hâte d’apprendre à te connaître, mais je sais déjà que tu es brillant, car tu as choisi des parents extraordinaires ! Je vous souhaite à tous les trois d’en profiter au maximum. Parce que c’est cliché, mais c’est vrai que ça passe vite.

Roxane Larocque

Se découvrir… Texte : Karine Lamarche

Les voisins, ça peut devenir tellement précieux ! 💝

Les voisins, ça peut devenir tellement précieux ! 💝

On emménage, on se salue, on échange des regards et des sourires un peu timides au départ. Souvent, ce sont les enfants qui seront la source de grandes amitiés qui finiront par voir le jour.🌟

On partage un verre à l’extérieur, par un bel après-midi. On rigole, on se fait nos premières confidences, on apprend à se connaître. Rapidement, quand la vie place sur notre chemin des gens avec qui ça clique, on a envie d’échanger de plus longs moments ensemble ; c’est le début de quelque chose de beau !

Se parler, s’écouter, réaliser qu’on a désormais de nouveaux amis sur qui on peut compter. Ne pas se sentir jugé.

Être rempli de gratitude en constatant qu’on habite un quartier vivant et riche, rempli de belles personnes.

Ressentir un bonheur inestimable en pensant à toutes ces occasions qui se présenteront à nous.

Attendre le prochain rendez-vous avec impatience… ❤️

Karine Lamarche

Moi aussi, j’ai peur – Texte : Kim Boisvert

Quand tu m’as annoncé ça, mon cœur a fendu, l’aorte m’a exp

Quand tu m’as annoncé ça, mon cœur a fendu, l’aorte m’a explosé. J’pensais pas que tu vivais ça toute seule, dans ton coin, toi pis ton orgueil de mâle cliché caché sous une brassière paddée. J’ai même un peu perdu pied quand tu me l’as annoncé avec le sourire aux lèvres. Parce que je savais ben que dans ta tête, t’étais ailleurs quand tu me disais ça. Y’a pas un sourire qui pouvait fitter avec tes yeux à cet instant précis où j’ai vu que ce que tu me disais, ce n’était pas ce qui s’en venait, mais tout ce qui pouvait arriver après.

Tu m’as dit que tu pensais y arriver seule, sans en parler, parce que c’est ça que tu fais d’habitude et que ton monde roule très bien comme ça. Entre toi pis moi, t’es plutôt médaillée en mode autruche. Vas-y, cache-toi la tête dans le sable, le fessier pointant vers l’au-delà.

Je le sais que t’as la chienne, mais quand même, prends ton courage, et garroche ta dignité, parce que c’est le temps d’enfiler ta jaquette. J’voudrais te serrer dans mes bras, mais je suis trop bouleversée moi-même par toute cette frayeur dans tes yeux. Ton monde s’écroule et je ne sais que trop pas quoi faire, comment m’y prendre ou t’prendre. Ça m’transperce le corps comme si c’était à moi que ça arrivait. Comme si c’était mon monde à moi qui était mis en mode « pause », le temps de savoir. Savoir la suite, ta suite. Et même la suite, elle est un peu nébuleuse.

Ça a commencé par une partie de jambe en l’air où ton amoureux t’a lancé à la blague que t’avais un mini troisième sein. Une masse grosse comme une fève edamame. Tu m’avais dit en riant que t’avais jamais aimé ça anyway, les fèves vertes de granoles au patchouli. On avait ri fort parce que moi, j’suis ta granole préférée.

Alors pendant que ton corps caché d’un coton d’un look douteux sera le centre d’attraction d’une dizaine de personnes, laisse-moi pleurer parce que moi aussi, j’ai peur.

Kim Boisvert

L’amour, toujours… dans les livres ! Texte: Jacinthe Crête

Hé oui, le classique « resto -ciné » prend un nouveau sens c

Hé oui, le classique « resto -ciné » prend un nouveau sens cette année. Qui dit Saint-Valentin en temps de pandémie dit « souper à la maison avec des enfants qui trouvent ça trooop looong attendre que leur viande cuise et qui passent le temps en se mettant une fourchette à fondue dans le nez ».

La soirée perdra un peu de son romantisme, mais c’est pas grave. Parce que l’amour, ça se fête pas juste en allant voir un film mettant en vedette Channing Tatum avec un popcorn à 17 $. L’amour, c’est ce qui se passe juste là (je pointe votre cœur, suivez).

Je vous propose donc quelques albums pour enfants à découvrir pour passer une belle soirée sous le signe de l’amour… en famille.

La doudou aime les bisous
Claudia Larochelle, Maira Chiodi
La Bagnole

La doudou aime les bisous doux, les bisous fous, les bisous trop choux. Elle aime aussi les câlins qui font du bien ! Avec elle, les tout-petits apprendront comment les chevaux donnent des bisous, comment les araignées donnent des câlins et comment on chatouille les papillons !

Info pertinente : Les enfants ADORENT les aventures de la doudou. Il y a plusieurs autres livres dans cette série, je vous invite à les découvrir.

Le fil invisible
Patrice Karst, Joanne Lew-Vriethoff
Scholastic

Dans cette histoire réconfortante, une mère explique à ses deux enfants qu’ils sont reliés par un fil invisible. Les enfants pensent que c’est impossible, mais ils veulent tout de même savoir de quel genre de fil il s’agit… La réponse est une évidence bien simple qui nous unit tous : ce fil invisible est fait d’amour. Même si on ne peut pas le voir, on peut le sentir au fond de notre cœur et savoir qu’on est toujours liés à ceux qu’on aime.

Info pertinente : Un livre vraiment intéressant pour aborder l’anxiété de séparation que peuvent ressentir certains enfants.

Les étoiles
Jacques Goldstyn
La Pastèque

Un jeune garçon juif et une petite fille musulmane se rencontrent dans un parc du Mile End : quartier populaire de Montréal. Ils réalisent bientôt qu’ils partagent une passion profonde pour les étoiles et les constellations, rêvant de devenir un jour scientifiques ou astronautes, d’explorer l’infini du ciel. Leur histoire consistera à rêver, à partager et à explorer ce qui est plus grand que nous, au-delà des questions religieuses.

Info pertinente : Une histoire douce et poétique comme seul Jacques Goldstyn sait faire.

Deux garçons et un secret
Andrée Poulin, Marie Lafrance
La Bagnole

Émile et Mathis sont les meilleurs amis du monde. Ils partagent leurs jeux. Leurs collations. Et leurs secrets. Un beau matin, Émile fait une découverte dans le bac à sable. Ça lui donne une idée. La plus-meilleure idée de toute sa vie.

Info pertinente : Un livre qui parle d’amitié et d’ouverture.

Florence & Léon
Simon Boulerice, Delphie Côté-Lacroix
Québec Amérique

Florence a un problème aux poumons, mais enseigne la natation ; pour elle, c’est toujours comme si elle respirait dans une paille. Léon a un problème aux yeux et est agent d’assurance ; pour lui, c’est toujours comme s’il regardait par le trou d’une paille. Leur rencontre chamboulera leurs vies. Et si les différences pouvaient devenir une force ? Et si l’amour pouvait naître au bout d’une paille ?

Info pertinente : Simon Boulerice termine tout juste l’écriture d’une série télé inspirée par les personnages de cet album.

Info plus ou moins pertinente : La lecture de cet album a influencé le choix du prénom de ma fille (indice : elle ne s’appelle pas Léon).

L’amour : Un livre sur la compassion
Susan Verde, Peter H. Reynolds
Scholastic

L’amour : Un livre sur la compassion est une véritable célébration de l’amour sous toutes ses formes qui invite les jeunes lecteurs à se tourner vers l’intérieur quand ils se sentent effrayés, fâchés ou tristes. Le pouvoir transformateur de l’amour leur permettra de laisser entrer la lumière à nouveau, afin qu’ils puissent agir avec compassion et gentillesse, vivre avec gratitude et prendre soin d’eux-mêmes.

Info pertinente : Le livre inclut quelques postures de yoga et une méditation guidée pour les enfants.

 

Bonne lecture !

NDLR : Une fois les enfants couchés, c’est maintenant l’heure de… DORMIR. Vite, couchez-vous, ça ne durera pas.

 

Jacinthe Crête

À toi mon amie, ma sœur, ma belle-sœur – Texte: Catherine

Excuse-moi de ne pas avoir sauté de joie lorsque tu m’as annoncé

Excuse-moi de ne pas avoir sauté de joie lorsque tu m’as annoncé ta grossesse et de ne pas avoir été suffisamment forte pour retenir mes sanglots.

Excuse-moi d’avoir du mal à te demander des nouvelles, à vérifier comment tu vas.

Excuse-moi de m’être éloignée de toi tout au long de ta grossesse.

Mon passé n’excuse en rien mes réactions, mais sache qu’il est incroyablement difficile de te regarder vivre exactement ce que je désire depuis plusieurs années, en vain. Je devais m’effacer un certain temps pour éviter d’être un fardeau qui nuirait à ton bonheur, car je dois l’avouer, je ne me sentais pas capable d’être heureuse pour toi ; je n’en avais plus l’énergie.

J’aimerais que tu comprennes aussi que chaque annonce de grossesse, chaque photo et chaque échographie qui défile sous mes yeux, ça me rappelle ce que je n’ai pas et pire encore, ce que je n’ai plus.

J’aurais voulu être là pour toi. J’aimerais être là pour toi. Donne-moi du temps encore pour me restaurer, je te promets de revenir plus forte que jamais. Et peut-être que d’ici là, je vivrai enfin mon bonheur, qui sait ?

Je t’aime, ça, tu le sais ?

Catherine

Qu’est-ce qu’ils feraient l’un sans l’autre… Texte: Nathalie Courcy

Mon grand doudou d’une décennie est arrivé dans mon ventre comme

Mon grand doudou d’une décennie est arrivé dans mon ventre comme un jumeau, mais quand il a été prêt à peser sur le piton Eject à quarante semaines, il faisait cavalier utérin seul depuis six mois. Je me revois à l’échographie confirmant qu’un des fœtus avait été expulsé et que l’autre avait 50 % de risque d’être évacué malgré son petit cœur en santé boum-boum. Méga freeze émotif. Triste de ne pas avoir la chance de connaître mon bébé et l’expérience gémellaire. Soulagée en imaginant une vie peut-être un peu plus simple à gérer avec un bébé à la fois. Heureuse qu’un des deux bébés soit encore bien accroché. Inquiète qu’il ait le réflexe de suivre l’exemple de son jumeau.

Et je me vois en train de me dire « mais qu’est-ce que mon bébé vivant retiendra de ce traumatisme ? » Perdre son frère ou sa sœur avec qui il partageait l’espace depuis plus de trois mois. Perdre son complice des premiers instants. Perdre la seule personne qui le côtoyait vraiment depuis sa conception. Comment un bébé même pas né vit-il ce deuil ? Comment ça s’exprime, quand le subconscient et la recherche identitaire se mélangent ?

Notre bébé étoile a sa place dans notre famille et nos conversations. Il fait partie de la gang, comme grand-papa décédé beaucoup trop tôt pour rencontrer ses petits-enfants. Il existe dans notre cœur à défaut d’exister dans nos souvenirs. Une seule photo en noir et blanc, mais toute sa place.

Né après lui, mon grand bonhomme sera tout de même toujours son grand frère. Lui, il a continué à grandir. Il a depuis longtemps dépassé les quelques centimètres que notre bébé étoile ne dépassera jamais. Mon grand, il a conscience qu’il manque une partie de lui. Et il a longtemps cherché cette partie.

Quand mon petit (plus si petit que ça, quand même !) dernier est arrivé, fiston a trouvé un ami. Et plus le temps passe, plus le confinement perdure, et plus ils se rapprochent puisque l’amitié n’est pas diluée à travers d’autres. Une fusion fraternelle. L’un ne va pas sans l’autre. L’un ne VA pas sans l’autre, dans le sens où ils ne se sentent pas tout à fait eux-mêmes quand leur douce moitié ne se trouve pas dans le centimètre carré à côté.

Quand je cherche une photo de l’un, c’est mission impossible. L’autre a toujours sa face, un pied, une main, dans la photo. Ou son corps complet par-dessus son frère. Ils perdent leurs dents en même temps, ils sont malades en même temps, ils sont bougonneux en même temps. Ils ont le même humour, le même accent qui ne vient pas des parents. Même à l’heure du dodo, après quatorze heures à jouer ensemble, ils ont encore besoin de se coller, de se chatouiller, de se raconter leur vie. Comme s’ils ne la savaient pas déjà par cœur ! Comme s’ils n’étaient pas déjà le personnage principal dans l’histoire de l’autre.

Mes boys, que feriez-vous l’un sans l’autre ? De quoi auraient l’air vos journées depuis que la société s’est refermée sur elle-même il y a presque un an ? Comment auriez-vous vécu les déménagements, les changements d’école, les grandes émotions ? Qui seriez-vous en version solo ?

Éventuellement, les amis ne seront plus virtuels mais bien présents dans votre quotidien. Vos deux ans de différence se feront sentir. L’entrée au secondaire laissera le plus jeune derrière. Et le plus vieux devra s’adapter à une nouvelle vie tout seul comme un grand. Vous devrez défusionner, au moins quelques heures par jour. Décoller la crazy glue des siamois. Mais vous le savez, je n’ai même pas besoin de vous le dire : vous resterez toujours complices. Des infinis banounous, comme vous le dites si bien, dans votre langage juste à vous. Des jumeaux dont la plus grande différence est la date de naissance…

Nathalie Courcy

T’es tellement attachante, mon amie. Texte : Kim Boisvert

Petite mise en contexte.

Je fai

Petite mise en contexte.

Je faisais le ménage de quelques courriels passés, entassés dans ma boîte Outlook mal rangée. J’ai besoin d’ordre ces temps‑ci alors HOP, on replace tout ! Et je suis tombée sur un courriel qui date de plusieurs années. Alors que je ne savais même pas ce que je ferais de ma vie de jeune adulte et encore moins de ma vie de maman. Je vous le partage en version INTÉGRALE. Je n’ai pratiquement rien touché.

Je vous souhaite d’avoir des gens qui ont cette opinion de vous. Dans des moments plus difficiles, ça fait toujours du bien. Dans des moments heureux, ça vous donne un petit champignon vert UP ! de plus… 🙂

Bonne lecture !

P.-S. La personne qui me l’a écrit a toujours été et est encore un modèle pour moi. Une femme extraordinaire à qui j’avais déjà dit qu’un jour, quand je serais grande, je serais

Courriel : (J’ai coupé une partie plus perso. Ça commence donc comme ça 🙂
(…)
« Aussi, j’ai envie encore de te partager des choses en ce moment.
T’es super Kim. Je t’aime beaucoup.
Tu m’as toujours fait penser à moi, peut-être même dans une version améliorée puisque tu n’as pas de “boulet” à traîner comme moi je le faisais à ton âge…
Mon chum de l’époque réclamait trop souvent toute mon énergie que j’ai dû longtemps la partager entre lui et mes deux enfants à élever, sans en garder pour moi.
Toi, tu peux te concentrer sur toi et toi seule. Tu peux travailler à t’améliorer constamment en canalisant ton énergie sur les apprentissages de la vie.
Tu es dans un stade très important de ta carrière. Tu ne le réalises probablement pas encore, mais cette expérience dans ta job actuellement t’apprend plus que tu penses.
C’est l’autonomie et le système D… et c’est probablement la clé du succès.
Je t’en prie, forge ta propre identité… ne souhaite pas “ressembler” à quelqu’un.
Sois TOI !
Tu es superbe, tu es géniale dans ton énergie et ton caractère pétillant.
Je te l’ai déjà dit, tu es promise à un très bel avenir dans ce domaine.
Réfléchis calmement, respire tranquillement.
Canalise ton énergie. Isole-toi si c’est nécessaire, ça fait du bien d’être seule avec soi-même.
Sois toujours positive, jamais négative.
Et surtout, ne sois jamais victime. On fait des choix dans la vie, on ne subit bien que ce qu’on a choisi.
Toujours orientée vers la lumière, ne rumine pas les bourdes de ta vie, parce qu’elles te suivront alors sans cesse.
Apprends la leçon avec humilité quand tu te trompes et dis-toi qu’heureusement, tu l’as appris et qu’on ne t’y reprendra pas.
J’ai appris rapidement que je ne devais pas imposer mon opinion, mon caractère ; je cherchais le respect de façon maladroite.
Je voulais être reconnue et j’essayais de mettre le spot light sur moi, alors que ce n’était pas mon tour.
L’humilité te rendra toujours plus service que toute autre chose. Partage le succès, rends à César ce qui lui revient.
Aussi, ne laisse pas ton caractère envahir ton ambition, c’est dans la finition des choses que l’on voit la personnalité des gens.
Lis des biographies des gens que tu admires, apprends de leurs expériences. Inspire-toi, mais n’envie pas (positif vs négatif).
Tu es pleine de beautés et de richesses.
Tu es extraordinairement attachante.
Tu es une battante.
Tu es magnifiquement unique et les gens t’adoreront pour ça. »

Et ce courriel, je le relis souvent dernièrement, puisque mon domaine m’a abandonnée, ma vie a pris un tournant que je n’aurais jamais pensé et j’avais oublié que j’avais une certaine valeur. Avoir des gens dans la vie qui nous aiment suffisamment pour prendre le temps de nous écrire des mots doux, c’est précieux.

Faites l’exercice. Écrivez à une amie, sans attente, comment VOUS la voyez. Comment elle se démarque à vos yeux et ce qu’elle fait de magnifique dont elle ne se rend plus compte. Parce que ce courriel peut se retrouver quinze ans plus tard à la ramener vers son essence, et elle vous en sera reconnaissante.

Kim Boisvert

Ta vie c’est de la marde

À toi, ma chère et tendre amie,

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À toi, ma chère et tendre amie,

Je le vois bien que tu feeles pas depuis un boutte. Tu files un mauvais coton. T’as le trou-du-cul en d’sous du bras. Bref, ta vie c’est de la marde.

Je te dirai pas que t’es belle parce qu’entre toi et moi, quand tu feeles pas, ce n’est pas te faire dire que t’es belle dont t’as envie. C’est de te faire dire que t’as raison, que de A à Z, ta vie, c’est la pire du monde. Digne d’une tragédie grecque ou d’une série québécoise. C’est selon.

Je ne te dirai pas non plus que ça va passer, parce qu’en ce moment, t’as l’impression que ton calvaire va durer aussi longtemps que la trilogie du Seigneur des anneaux et qu’en plus, tu vas te taper une autre trilogie racontant les débuts de ton enfer. Tout ça te donne follement envie d’introduire ton doigt dans un endroit qui te ferait disparaître. Donc non, t’y crois pas que ça va passer.

Je comprends ça. Mais laisse-moi te parler dans le fond de tes beaux yeux bruns. T’as raison, parfois c’est de la marde, la vie. Plus souvent qu’autrement.

C’est de même, la vie. Ça nous ramasse par le collet pis ça nous sort un crochet d’une troisième main qu’on n’a jamais vue venir. Pourquoi donc, dis-tu ? Simplement parce que sinon, on n’existerait pas. On n’évoluerait pas. On ne ressentirait rien mais surtout, on ne guérirait rien.

Mais des fois pour éviter une baffe, on se ramasse un POW.

T’es de même, toi. Une girouette. Oh, prends‑le pas mal. On t’aime de même, toutes nous autres autour de toi qui bourdonnent sans cesse. Mais on le sait que des fois, tu dis des mensonges avec ta bouche. Tu dis que ça va, mais on le voit dans le fond de ton iris que c’est pas vrai. Pas vrai pantoute. C’est ça le fuck. T’as l’impression que le monde t’écoute pas quand tu dis que ça va pas, donc t’as juste arrêté de le dire. Les gens sur qui tu mets toute ton énergie font partie du problème et non de ta solution. Tu veux tellement être forte que t’as oublié que personne ne te demande de l’être. C’est toi qui t’imposes ça. Donc tu cours partout pour être certaine de bien t’étourdir, mais là, t’es dans un combat que t’as pas pris le temps de préparer. T’es nu-pieds pour jouer au soccer. Tu pars à la guerre avec un cure-pipe. Tu vas combattre un dragon à dos de poney.

The thing about pain is that it demands to be felt.

Tu m’as déjà dit que j’étais forte. Ouais. Ma solution, c’est juste ça. Les mauvais bouttes, faut pas les éviter ni les repousser. Faut leur varger dedans à grands coups de sacres bien placés, de crises de dents et de pleurs de crocodile. S’avouer un peu plus triste qu’on l’aurait souhaité face à une situation, it sucks. A lot. I know. Been there, done that. Mais ce qui est bien, c’est que le réaliser, c’est la première étape vers un monde d’arc-en-ciel. Parce que dans le fond, le fait que tu sois capable de te rendre compte que ta vie c’est de la marde, c’est que t’es encore capable de savoir qu’il y a des bouts où c’est pas comme ça.

T’as raison, ta vie c’est de la marde. Présentement. Pas tout le temps. Sinon les gens ne resteraient pas près de toi. T’es une personne exceptionnelle et t’as juste oublié pourquoi. Je te l’ai déjà dit, t’es fucking AWESOME !

T’es belle, pis ça va passer. J’avais dit que je te le dirais pas. Mais ce sont deux faits qui sont indiscutables. Pis anyway, tout le monde le sait que de la marde, ça fait des maudites belles fleurs.

T’es magnifique et ce bout‑là va faire son temps et apporter plein d’autres trucs. T’as le temps de te trouver des runnings, une épée et un étalon.
Je t’aime. Lâche pas.

Kim Boisvert

Quand le bonheur est plus grand que le mal de vagin. TEXTE : Kim Boisvert

On ne se le cachera pas, même si on oublie, enfanter, c’est pas c

On ne se le cachera pas, même si on oublie, enfanter, c’est pas comme dans les films.

Je me souviens quand une ancienne amie à moi a accouché d’une belle pitoune de 7,4 lb. Un peu plus de 20 pouces de bonheur. Une petite miraculée. Cette petite-là, je l’ai aimée comme si c’était ma nièce. J’ai aucune idée pourquoi, mais ça s’est fait comme ça, tout seul, comme si elle venait de mon propre ventre. Et dans ce temps-là, j’étais en processus de fertilité pour avoir mes jumelles. Imaginez mes hormones quand je l’ai vue.

La journée de la venue au monde de Chouchoune, j’ai fait partie du Club Élite à qui on permet les visites. Je ne tenais plus en place et après avoir donné de la chnoute à mon chum du temps parce que j’étais trop nerveuse, je suis rentrée dans la chambre comme on entre probablement dans la caverne d’Ali Baba : un peu trop vite, mais le pas hésitant. Mixed emotions. Oh, ceux qui me connaissent savent déjà que j’ai pleuré. C’était clairement la plus belle chose que j’ai vue au monde. Ce n’est pas une chose, c’est un être. Et ça, c’était un couple d’amis qui l’avaient fait. Après des tentatives et des échecs en fertilité, le + s’était transformé en chair et en os mous.

On parle souvent de la maman, de la beauté de la maman enceinte, des premiers contacts, etc. Mais moi, même si cette amie a CLAIREMENT fait tout le travail, j’ai envie de vous parler de ce que j’ai vécu à travers l’émotion du papa.

Le papa. Un homme extraordinaire, doté d’un cœur immense. Un homme, un vrai. Des mains couvertes de corne bien travaillée, des ongles taillés courts, croches et le bord des doigts rude. Un papa qui passe ses journées à construire des maisons, et ses soirées à s’occuper de sa famille.

Il nous racontait quand il a vu sa petite pour la première fois, la première seconde. Il cherchait ses mots, perdus dans des souvenirs encore trop frais, pour nous expliquer son expérience. Si vous aviez vu ses yeux, ses traits, son émotion ! Il y a quelque chose d’extrêmement surprenant à voir combien un homme vit différemment les choses. Lui, la naissance de sa fille, il l’a vécue avec une émotion si complète que son corps entier transpirait le bonheur. Ses cernes de j’ai-passé-la-nuit-debout n’étaient que la preuve de sa création. Une fierté de paon. C’était magnifique. On était dans le corridor et il mimait même les premiers gestes qu’il a faits : sa petite sur le chest, une main en haut, l’autre en bas. Il nous le racontait avec tellement d’intensité que j’avais envie de crier : POUSSE POUSSE RESPIRE RESPIRE ! J’y étais clairement, je sentais l’odeur de placenta.

Ce soir-là, il y avait un autre papa dans la salle (on dirait qu’il y avait foule mais c’est vrai, on était plusieurs aux côtés de ma chum en jaquette laite, et c’était avant la COVID) et lui aussi nous racontait l’arrivée de sa petite. Mononcle Frank, qui s’appelle. Et Mononcle Frank aussi parlait de sa petite princesse avec tellement d’amour que j’en ai été bouleversée. C’était trop pour moi, mes yeux se sont mouillés.

On oublie souvent les papas, je trouve. Mais j’aimerais dire que ce que j’ai vu dans les yeux de ces deux papas‑là a fendu mon cœur. C’est beau, un papa. Et ce n’est pas vrai que c’est toujours les mamans qui sont présentes, touchées, émotives et bouleversées.

Je me souviendrai toujours du bonheur que j’ai vu dans les yeux des parents. Et de ma chum qui m’a achalée aux cinq minutes pendant neuf mois parce qu’elle avait mal au vagin. Eh bien croyez-moi que leur bonheur est clairement plus grand que son mal de vagin.

Kim Boisvert

Je ne vais pas bien, mais je ne te demande pas de solutions

« Oh. »

C’est la répon

« Oh. »

C’est la réponse que j’ai eue d’une amie que j’aime d’amour lorsque je lui ai répondu honnêtement à sa question.

Elle : Salut ma poule, tu ne posts plus sur Insta et je ne te vois pas souvent non plus en ligne nulle part. Ça va ?

Moi : Non, ça ne va pas bien. Pas du tout. Mon monde a éclaté et je crois que je suis en train d’abandonner.

Elle : Oh.

Voilà comment le malaise d’une réponse franche peut se traduire. Oh. Deux lettres toutes simples. Mais ohhhh combien lourdes de sens. Son malaise de se sentir obligée (ou pas) de demander le pourquoi de mon mal‑être. De ne pas avoir de réponse. De ne pas avoir non plus de solutions. C’est quand même lourd, quelqu’un qui ne va pas super bien. Ça teinte ton indice de bonheur personnel puisque ça ajoute un point d’alarme inattendu dans ta journée. Personne ne veut ça. Personne ne veut le bagage de l’autre. Amie ou non, c’est toujours un peu étrange d’avoir à absorber la peine de l’autre et la lui redonner en amour. Ça prend beaucoup de bienveillance envers soi ET l’autre.

Personne ne veut voir une face avec les yeux bouffis à force de pleurer tout un après-midi.

Je sais qu’elle le fait avec plein d’amour. Qu’elle veut bien, au final, savoir que je ne vais pas super bien. Mais mon cœur a fendu en voyant la peine dans ses yeux sur un Facetime trop court.

Parce que je dois recommencer dans une des sphères de ma vie qui a toujours été amazing. Parce qu’un processus judiciaire pour agression, c’est lourd et stressant. Parce que voir son réseau d’amies s’effondrer, c’est douloureux. Parce que le chômage refuse des demandes et qu’on ne peut rien y faire, malade ou non. Parce que, parce que, parce que.

Fait que je me suis obligée à sortir au Starbucks. Je pense devenir Barista à nouveau tellement ici, c’est mon safe place.

Ici, c’est doux. Je peux me permettre de ne pas aller, d’écrire que ma vie est lourde mais que j’essaie.

T’as un safe place toi ? Où c’pas grave si tu pleures devant un faux feu de foyer avec un Venti thé vert glacé secoué à la pêche et limonade trop cher ?

Recovery is hard, hey ?

Kim Boisvert

À toi qui accueilleras ton premier trésor sous peu…

Ma belle amie, je perçois la fébrilité qui t’anime. Je peux ressentir

Ma belle amie, je perçois la fébrilité qui t’anime. Je peux ressentir ce mélange d’angoisse et de bonheur intense imminent simplement à te regarder…

Je veux te dire tant de choses ! Je t’en ai dit, déjà, et tu en as entendu assurément plus que nécessaire 😉, mais j’ai peur que tu oublies… Alors, je m’autorise ce billet, ce soir, pour jeter sur papier ces humbles conseils. Je souhaite qu’ils t’aident à traverser ce moment unique et tant attendu.

D’abord, dis‑toi que ces heures que tu t’apprêtes à vivre seront celles que tu prendras plaisir à raconter mille et une fois à toutes les femmes que tu côtoieras. Ces heures marqueront à jamais ton cœur de femme devenue, en une fraction de seconde, « maman ». 🌷

Savoure chaque instant, profite de chaque seconde. Ces moments sont riches, même s’ils s’accompagnent de douleur. On m’a déjà dit que les douleurs associées à un accouchement ont un sens contrairement à celles occasionnées par une blessure ; elles t’aident à mettre au monde ton enfant ! Et ensuite, elles disparaissent ! On en saisit la portée à chaque contraction… ❤️

Aussi, dis‑toi que tu aideras ton fils à naître, car pour lui, c’est une grande aventure ! Vous ferez un travail d’équipe.

Visualise tous les moments que tu rêves de partager avec lui. Imagine‑le chez toi, chez tes amis, dans ta famille, au parc, sur son mur d’escalade… Tu verras, le temps passera à une vitesse folle !

Surtout, souviens‑toi du privilège immense que tu as : porter un enfant et l’accompagner pour la vie. Ça, c’est toute une chance, mais en t’écrivant ces lignes, je sais à quel point ton cœur est rempli de gratitude. 🌸 

Bref, j’ai entendu beaucoup de récits d’accouchements, mais j’ai si hâte d’entendre le tien. 🌷

Je te souhaite une rencontre marquante et remplie d’amour ! 

Je t’aime mon amie xxx

Karine Lamarche

Enseignante