Archives septembre 2022

Une journée chez Ara Féria! Texte: Caroline Lortie

Samedi dernier, mes trois cocos (3, 9 et 12 ans) ainsi que leur père et moi avons passé une après

Samedi dernier, mes trois cocos (3, 9 et 12 ans) ainsi que leur père et moi avons passé une après-midi extraordinaire!

Invités par le nouveau parc thématique, Ara Féria, à Saint-Calixte dans Lanaudière, nous ne savions pas du tout à quoi nous attendre.

Surprise en arrivant : le stationnement est bondé et plein de familles avec le sourire aux lèvres sortent de l’endroit. Ma plus jeune ayant vu les jeux gonflables de loin avant même d’entrer sur le site, elle était déjà complètement vendue!

À l’entrée, on nous remet nos bracelets ainsi qu’une carte du site. Ouf! On aurait dû arriver plus tôt! Il est vrai que nous avons pris le temps de dîner sur la route, ne sachant pas qu’il y avait un restaurant style casse-croûte dans le parc ainsi qu’un bar!

Je n’énumérerai pas toutes les activités ici puisque je vous laisse la surprise de les découvrir par vous-mêmes, mais juste vous dire que TOUTES les activités sur le site sont gratuites! Des dizaines et des dizaines de jeux gonflables autant pour les minis-minis que pour les jeunes ados, une tyrolienne assez impressionnante, des spectacles de magie, un labyrinthe étourdissant, un terrain de volleyball, un tic-tac-toe version basketball, un miniputt, une piste de go-kart, une aire de cirque, un kiosque d’arc à flèches… et tellement d’autres! Honnêtement, on ne savait plus où donner de la tête… Notre petit 3 heures n’a pas été assez long pour combler tous les désirs d’essayer tous les jeux comme on aurait voulu.

MAIS, notre summum a vraiment été la course extrême… Une jolie balade en forêt dans un sentier balisé, avec des obstacles comme dans l’armée, qui peut être toute douce comme nous avons fait avec notre troizan, mais qui peut aussi être extrême à la course comme l’ont fait nos plus vieux.

D’habitude, nos sorties en famille finissent en chicane… malheureusement… Ceux qui vivent avec des enfants avec un fort caractère savent de quoi je parle… Par contre, samedi dernier, nous sommes sortis les cinq de Ara Feria avec un immense sourire aux lèvres, une belle citrouille décorée, les mains amochées un peu (faut dire que la petite voulait suivre sa grande sœur dans la course…), la tête remplie de beaux souvenirs et un tas de choses à raconter lundi matin à l’école!

Bref, Ara Féria, c’est testé et approuvé par les 3 à 45 ans!

 

Week-ends des 1er et 2 octobre et des 8 et 9 octobre

https://www.ara-feria.com/

Adresse : 50 rue du Lieutenant Ingall, Saint-Calixte, Qc J0K 1Z0

Téléphone : 450 205-1060

 

Caroline Lortie

Diagnostic tombé ? Fuck les préjugés — Texte : Audrey Boissonneault

Tu es là, dans ta chambre, à essayer de dormir, mais la seule chose que tu fais, c’est de tourne

Tu es là, dans ta chambre, à essayer de dormir, mais la seule chose que tu fais, c’est de tourner d’un bord pis de l’autre en t’imaginant mille et une situations dans lesquelles tu pourrais te retrouver. Tu décides d’en parler à tes parents, tu es juste pu capable de faire de l’insomnie pis d’avoir des cernes qui descendent jusqu’au milieu de tes joues. La semaine d’après, tu as ton rendez-vous chez ton médecin, elle te pose quatre, cinq questions et bang !

Ton diagnostic est tombé : un trouble d’anxiété généralisée associé à une légère dépression.

Tu es là, choquée, le regard dans le vide pendant qu’on t’explique les conséquences de ces deux maladies mentales. On te dit que tout va bien aller, que tu peux en guérir, que tu dois travailler sur toi. Ils te disent qu’ils vont te recommander des personnes pour t’aider, qui ne seront pas là pour te juger. Mais ce n’est pas eux le problème, c’est la vie que tu as. Ce sont les personnes qui t’entourent, c’est toutes ses personnes qui sauront que t’es malade de l’intérieur.

On le sait bien que dans le fond, l’anxiété c’est dans notre « tête ».
On le sait qu’avoir une dépression signifie être sur le bord de se tuer.
On le sait qu’être bipolaire, c’est qu’on n’assume pas notre caractère.
On le sait qu’avoir une attaque de panique signifie qu’on n’est pas capable de se gérer.
On le sait que lorsqu’on a des idées noires, c’est parce qu’on n’est pas normal.
On le sait que pour vous, avoir une maladie mentale veut dire qu’on est fou, qu’on est bon pour aller dans une aile psychiatrique.
On le sait nous, qu’au fond, vous êtes juste bons pour cacher la vérité derrière des préjugés.
On le sait que dans notre génération, le monde a peur de tout ce qui peut se trouver dans notre tête pis que dans le fond, c’est eux le réel problème.
Fille, lâche prise, tu as le droit de vivre ta douleur.

Je le sais que t’aimerais tout détruire ce qui se trouve autour de toi, je le sais que t’aimerais crier sur tous les toits que toi aussi, t’es normale. Je comprends le sentiment qui te ronge de l’intérieur, tu as l’impression que ça brûle, que tout va exploser. Mais tout ce que t’es capable de faire, c’est de te renfermer sur toi-même et de pleurer chacune des larmes de ton corps. Je le sais que tu es épuisée pis tout ce que tu veux, c’est disparaître pendant un moment, le temps que tout le monde t’oublie. Je le sais que tu veux abandonner, que t’es pu capable d’avancer d’un pas et de voir ton monde s’écrouler autour de toi. Je le sais que tu es à boute, je le sais que tu te sens délaissée pis que t’as l’impression que le ciel va te tomber sur la tête, mais je te promets que tu n’es pas seule dans ce tourbillon de problèmes.

Je peux te garantir qu’y’en a pleins avec des maladies mentales pis qu’y’ont juste peur de s’assumer. Au fond, ce n’est pas du futur que t’as peur ; ce qui te rend anxieux, c’est de répéter tes erreurs du passé. N’oublie pas que ça, c’est le petit quelque chose qui te rend unique, ça je peux te le promettre, y’en a pas deux comme toi. Je sais que c’est de la marde, mais c’est le temps de prouver à tout le monde que tu es mieux qu’eux, que toi au moins, tu te distingues de chacun d’eux, que t’arrives à surpasser leur idée préconçue. J’aimerais tout simplement te dire que je comprends le désordre qui se passe dans ton monde. Bien évidemment, je ne peux pas te promettre que tout se réglera du jour au lendemain, mais chaque chose en son temps, n’est-ce pas ?

Oublie pas que ne tu n’es pas folle, okay ?
Ne laisse personne te dire le contraire, parce que fille, tu es incroyable pis t’es unique en ton genre.

Audrey Boissonneault

Retour à la réalité – Texte: Marilou Savard

L’angoisse du dimanche soir. <span style="font-weight: 4

L’angoisse du dimanche soir.

L’angoisse sur le chemin du retour des vacances.

Je pense que tous connaissent ces sentiments.

Cette envie que ça continue constamment ou en tout cas que ça ne finisse pas maintenant.

Cette envie de pouvoir éviter de retourner à la réalité ou en tout cas, dans les choses quotidiennes, de reprendre nos responsabilités au lieu de juste relaxer et s’amuser.

 

Par contre, si ça ne s’arrêtait jamais, est-ce qu’on continuerait vraiment de tout autant apprécier? De tout autant en profiter?

 

La fin de semaine ou les périodes de congé sont des moments où on se met sur pause.

On prend le temps de prendre le temps.

C’est donc plus facile d’apprécier ce qui se passe à sa juste valeur, d’en profiter, oui d’en bénéficier et d’en être davantage marqué.

L’empreinte dans notre âme est beaucoup plus ample.

 

Pour ma part, il n’y a pas une fois où je vais à Montréal que je n’apprécie pas à 100 %. L’énergie qui s’y retrouve.

Ou la beauté des plages au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Je me dis souvent que je serais si bien dans ces endroits.

Plus longtemps.

 

En effet, on aimerait souvent que tous les jours soient un jour de weekend, on voudrait souvent être en vacances, ou on peut même se dire souvent pendant l’année qu’on aimerait déménager, changer de ville. Mais si tout cela se réalisait, peut-être que la magie disparaîtrait. Je pense que oui.

J’en suis même certaine.

Ce qui fait que c’est si beau et excitant, c’est que c’est à l’occasion. C’est spécial.

C’est une exception.

L’effervescence, l’agitation passagère.

Les émotions vives.

On maximise sans restriction le présent.

On savoure chaque instant parce que ce n’est qu’une question de temps.

 

Malgré cela, on aimerait que les merveilleux échappatoires de routine ne prennent pas fin, mais heureusement en nous ils continuent d’exister. Ils continuent de vivre dans notre intérieur, dans nos cœurs pour l’éternité. Il n’y a pas un moment vécu qui sera effacé, qui nous sera enlevé. Ils seront tous conservés et seront toujours bons à revisiter dans nos pensées.

 

Ce qui fait qu’en attendant vos prochaines fois, je vous suggère de vous souvenir des magnifiques événements passés, car “se souvenir, c’est vivre une seconde fois, c’est vivre à nouveau”. – Denis Bonzy

 

Marilou Savard

 

Notre rentrée – Texte : Eva Staire

Cette année j’avais ma grande ainsi que mon milieu qui entraient au secondaire. Quelle magnifi

Cette année j’avais ma grande ainsi que mon milieu qui entraient au secondaire.

Quelle magnifique entrée au secondaire pour mon 12 ans !

Ma grande, ç’a été plus rough, une crise d’anxiété qui l’a fait hospitaliser en salle de réanimation vu son cœur qui battait trop vite.

Une rentrée spéciale, avec mon plus jeune de 8 ans : nous avons dû aller voir le changement, la classe, la prof et la case la journée avant la rentrée.

Une rentrée spéciale en soi…

Parce que ce n’est pas facile pour toutes les familles.

La rentrée cette année a été spéciale. Maman qui a perdu son travail, mais une chance que cette aventure est arrivée. Parce que jamais je n’aurais pu prendre soin de ma grande fille.

 

M’arrêter, réaliser, écouter… cela ne faisait pas partie de ma vie de maman monoparentale. Car mon besoin principal était de subvenir à leurs besoins fondamentaux.

Mais ces besoins, nous croyons que c’est un toit, de la nourriture sur la table, les bons effets scolaires…

Malheureusement ce n’est pas que ça… C’est l’amour, la compréhension.

J’adore voir toutes ces photos sur mon fil d’actualité de la rentrée. C’est un beau moment dans la vie de plusieurs.

 

Mais pourtant, pour moi, c’est le pire moment de l’année.

Ce moment où mon enfant a décidé de s’automutiler (j’ai encore beaucoup de misère à écrire ce mot).

Sans que moi la maman ni papa ne nous en rendions compte. C’est difficile, difficile à un tel point…

Une rentrée en couleurs… mais la rentrée pour nous maintenant, c’est :

Anxiété

Courage

Panique

Bon temps.

 

Svp écoutez les cris du cœur de vos enfants.

Ce n’est pas si beau ni si facile… Prenez le temps d’écouter les signes de détresse qu’ils vous adressent !

 

Bonne rentrée !

Eva Staire

Je t’entends – Texte: Gwendoline Duchaine

Un jour, tu es né. Tout a

Un jour, tu es né.

Tout a changé. Tout a pris un sens tellement différent. Je ne m’attendais pas à ce choc-là. 

Un jour, tu es né. Et mon sommeil a été chamboulé.

 

Tu es là. Je t’entends. J’entends le petit souffle de ta respiration. Ce bruit si nouveau qui me rassure et me terrorise. J’ai peur de tout. J’entends tout.

Tu grognes, mon cœur s’arrête.

Tu bouges, mon cœur tremble.

Tu pleures, mon cœur se serre.

 

Un jour, tu es né. Et mon sommeil est devenu léger.

J’entends le moindre son.

Et je suis réveillée, alerte, aux aguets.

 

Être une maman c’est avoir le sommeil très léger. 

Un petit craquement de tes minis pieds sur le plancher et je cours vers toi.

Trois phrases murmurées dans ton rêve et je suis à tes côtés.

 

Tu grandis mais je t’entends, toujours.

 

Plus tard, ce sera le grincement de la porte du frigo, le son de ton clavier, le cliquetis de l’interrupteur qui s’éteint le soir. Je t’entends. 

Je dormais pourtant.

 

Puis le chant du moteur de ta voiture, le bruit réconfortant de la porte de la maison qui s’ouvre enfin, tes souliers qui tombent sur le plancher, ton grognement quand tu piles dans le noir sur un objet oublié. Je t’entends.

 

C’est fou.

 À quel point j’entends tout. Même après tout ce temps. 

 

Un jour, tu es né et depuis, je t’entends. 

Je crois que c’est ça être une maman.

 

Et vous ? Dormez-vous profondément depuis que vous êtes parents?

 

Gwendoline Duchaine

 

 

Aimer n’a pas de sexe – Texte: Joanie Fournier

Les enfants posent des questions. C’est normal, ce sont des enfants. C

Les enfants posent des questions. C’est normal, ce sont des enfants. C’est leur rôle de poser des questions sur la vie. Et je pense que tous les enfants se posent les mêmes questions, mais selon leur génération, leur culture, leurs valeurs, ce ne sont pas tous les parents qui donnent les mêmes réponses. Je pense cependant qu’il est important de donner l’heure juste à nos enfants. De leur expliquer les choses telles qu’elles sont, tout simplement.

Chez nous, ces discussions font partie du quotidien. Je ne me rappelle pas qu’on ait eu UNE discussion sur la sexualité ou sur l’amour, par exemple. Je sais qu’on en parle souvent parce que certaines phrases clés sont répétées souvent ici. Par exemple, j’ai toujours répété à mes enfants, depuis aussi longtemps que je me souvienne, qu’ils ont le choix. Ils ont le choix d’être en couple, ou pas. Ils ont le choix de se marier, ou pas. Ils ont le choix de vouloir des enfants, ou non. Ce n’est pas parce que moi j’ai voulu me marier à l’église devant Dieu, que moi j’ai voulu une grande famille, que moi je suis tombée amoureuse d’un homme, qu’ils doivent faire la même chose. Ce sont mes choix de vie à moi, mes préférences à moi, ce qui me rend heureuse, moi.

Je leur répète constamment qu’ils pourront aimer qui ils veulent. Garçon, fille, cisgenre, transgenre, intersexe, peu importe. Mais, il y a bien une condition ! La personne choisie doit les respecter, les aimer, les traiter avec amour et bienveillance. Parce que je m’en fiche de savoir que mon enfant est hétérosexuel, homosexuel, asexuel, etc. Ce qui m’importe, c’est qu’il sache être dans une relation saine où il se sent aimé, respecté et en sécurité.

J’espère secrètement que mes enfants ne feront jamais de « coming out ». Parce que je ne veux pas qu’ils pensent avoir besoin de se mettre dans l’une de ces catégories. Nul besoin de sortir du placard quand tu n’as jamais été forcé de t’y cacher, non ? Je me dis que je leur souhaite de connaître l’amour, avec un humain formidable. Ils méritent d’être aimés et de connaître ces petits papillons.

J’ai souvent l’impression que notre génération aime mettre des mots sur des gens, des catégories où les encadrer, des boîtes où les restreindre… Dès que quelqu’un sort des catégories connues, on lui en invente une ! Un nouveau mot, un nouveau concept. Pourvu qu’on ait tous une case où se ranger. Je n’ai jamais compris…

Tant que ton cœur bat et peut aimer, à mes yeux, tu es un humain. C’est aussi simple que ça. C’est un garçon ou une fille ? C’est un humain. C’est un hétérosexuel ou un homosexuel ? C’est un humain. D’où il vient ? De la Terre. Je n’ai pas ce besoin d’enfermer des gens dans des cases pour leur accorder de la valeur. À mes yeux, on naît tous égaux et ce sont nos actions qui déterminent la personne que nous voulons être. Donc si tu me traites bien, je te respecte.

Peut-être justement que si chaque enfant pouvait s’habiller comme il veut, choisir le métier qu’il veut et décider de la personne qu’il aime, la paix serait plus facile à obtenir pour tous. Peut-être que finalement, c’est la prochaine génération qui a tout compris. Si seulement tous les enfants pouvaient avoir réellement le choix. Je connais trop d’enfants à qui les parents imposent leurs valeurs et leurs propres choix. Je connais trop de parents incapables d’ouvrir leur esprit.

Et si nos enfants connaissaient en fait les réponses à leurs propres questions ? Peut-être justement qu’il faut arrêter de penser que c’est aux adultes d’apprendre aux enfants. Peut-être que c’est le tour de nos enfants de nous apprendre la vie. Peut-être qu’ils savent mieux que nous comment être un bon humain…

Joanie Fournier

 

Ton tourbillon qui me terrorise – Texte: Eva Staire

Je ne suis pas à l’aise avec les mots. J

Je ne suis pas à l’aise avec les mots. J’ai été élevée dans une famille où il fallait sourire tout le temps et avoir l’air heureux. Peu importe que ce soit vrai. Épater la galerie et avoir l’air d’une famille épanouie. J’ai toujours été le mouton noir de la famille, celle qui crie, qui proteste et qui s’oppose, au grand désespoir de mes parents. Mais même si j’ai appris à m’affirmer, je reste tellement maladroite avec les mots… Écrire pour moi, c’est facile. Mais parler de mes sentiments dans la vraie vie, c’est toute autre chose… Je suis maladroite, impulsive et je dis souvent tout haut ce que je pense, sans tourner ma langue avant de parler…

Et je me retrouve aujourd’hui avec un dilemme. Parce que pour une fois, je suis paralysée par la peur et je n’ose pas parler. Je le vois que tu ne vas pas bien. Je te regarde dépérir depuis plusieurs mois et je ne sais pas quoi dire… Tu as perdu tellement de poids que tes joues se creusent et que ton teint faiblit de jour en jour. Mais de nos jours, ça ne se fait pas de parler du corps et du poids des autres. Alors comment je peux te dire que je m’inquiète pour ta santé ? Ta maigreur me fait peur et tu ne te ressembles plus. Je n’ai pas besoin que tu me dises que tu passes tes nuits dehors, à boire et à t’étourdir. Ça paraît dans tes yeux… La fatigue et les cernes ont envahi tes traits. T’as toujours aimé faire le party, mais pas à ce rythme effréné, et là non plus, je ne reconnais plus. J’ai peur que tu te perdes dans ce tourbillon.

Il y a tant de choses que j’aimerais te dire… mais les mots ne savent jamais comment s’organiser quand je suis face à toi. Je t’aime. Tu es important pour moi. Je veux faire partie de ta vie. Et j’ai si peur que tu m’en veuilles si je me mêle de ta vie. J’ai peur que tu te fâches, si je suis la seule à te dire la vérité. Tout le monde semble se taire, de peur de te froisser. Mais j’ai encore plus peur de te perdre que de te brasser…

Peut-être que tu t’es déjà perdu toi-même. Peut-être que tu ne te reconnais même pas dans ces lignes. Peut-être que tu penses que personne n’a rien remarqué. Peut-être que tu t’es même convaincu que tu vas bien, que tout ça est normal. Peut-être que tu continues de sourire, pour convaincre les autres que tu es heureux. Peut-être que tu continues ce manège depuis tellement longtemps que tu t’es presque convaincu toi-même…

Mais qu’est-ce que je suis censée faire ? Te regarder encore t’engouffrer dans ce tourbillon qui semble t’avaler ? Te regarder te noyer sans sauter ? Regarder ailleurs pendant que tu cales au fond ? J’ai peur pour toi. Ton regard trompe peut-être les gens qui te connaissent depuis peu, mais je te connais depuis trop longtemps pour être dupée. Tu n’as pas réussi à me convaincre, avec ton grand sourire figé, tes blagues et ton show. Je le vois dans tes yeux qu’il n’y a plus d’étincelle…

La vérité, c’est qu’on est plusieurs à s’inquiéter. Mais les autres ont appris à se taire et à sourire. Moi, je suis le mouton noir, tu te souviens ? Je suis incapable de me taire et de sourire. Je suis incapable de faire semblant que tout va bien. Je suis incapable de te regarder sombrer sans rien dire. Mais je ne sais pas comment m’y prendre.

J’ai envie de te crier de te réveiller de cette hypnose dans laquelle tu t’es plongée. J’ai envie de venir te cuisiner trois repas par jour, à des heures fixes, pour être certaine que tu manges. J’ai envie de venir te prendre dans mes bras. J’ai envie de vider tout ton alcool dans le lavabo. J’ai envie de rester à tes côtés, pour que tu dormes la nuit. Mais ça ne changerait rien. Parce que ces décisions doivent venir de toi. Et comme on t’a appris à sourire et te taire, je ne suis même pas certaine que tu ressentes toute la détresse que tes yeux hurlent.

J’ai envie que tu manges. Sainement. Avec équilibre. Des bonnes choses, de la scrap, en bonne compagnie et régulièrement. J’ai envie que tu dormes, une vraie nuit chaque nuit. Peut-être aussi que toi, tu n’as pas envie de tout ça… Peut-être que c’est moi qui juge alors que je ne le devrais pas. Peut-être que c’est moi qui dois encore, comme vous tous, apprendre à sourire et me taire.

Mais j’ai peur pour toi. Je suis terrorisée. J’ai peur que tu m’en veuilles terriblement de me mêler de ta vie. J’ai peur que tu penses que je te juge, comme si mes choix de vie valaient mieux que les tiens. J’ai peur que tu me tournes le dos, parce que tu penses bien aller. Mais tu sais de quoi j’ai encore plus peur ? J’ai peur de recevoir un coup de fil demain matin qui m’annonce que tu t’es enlevé la vie parce que tu n’en pouvais plus de sourire. J’ai peur de n’avoir rien dit pour t’en empêcher. J’ai peur de te perdre. Et je ne sais pas par où commencer pour te le dire…

Eva Staire

Aidants naturels, mais qui veille sur vous ? Texte : Kim Racicot

C’est votre mère, votre père, votre enfant, votre conjoint ou m

C’est votre mère, votre père, votre enfant, votre conjoint ou même un ami de la famille. Vous veillez sur lui comme un gardien veillerait sur son phare. Mais qui veille sur vous ?

Vous n’avez pas nécessairement juré de façon solennelle d’être présent dans les embûches et pourtant, vous êtes là, debout, droit et loyal, à ses côtés.

Vous respectez le rythme de l’autre, avec patience et sérénité. 

Vous mettez de côté vos propres besoins même si vous savez l’importance de ce rôle déterminant.

C’est exigeant, exténuant, frustrant, mais vous ravalez les larmes tout en gardant le sourire.

Vous vous levez le matin en repensant à la routine, à ce qui devra être accompli, à la médication, aux tâches ménagères, aux soins de santé. Mais encore, ce que vous faites, vous les aidants naturels, c’est bien plus. Vous changez le regard du monde. Vous embellissez un quotidien terne en un quotidien rempli d’amour et de soutien. Parce que pour offrir de l’accompagnement à un proche, il faut être bienveillant et avoir un cœur grand comme l’univers.

Parlons-en de l’accompagnement et de la bienveillance. Mais qui veille sur vous ?

Ne dit-on pas que pour être en mesure de bien prendre soin des autres, il faut savoir prendre soin de soi, être bienveillant envers soi-même ? Le dire est une chose, l’appliquer en est une autre. Mais je vous assure de l’importance de cette phrase. Utilisez le service de répit, mettez-vous à l’horaire : cela vous permettra de recharger votre batterie et aussi d’éviter l’épuisement et l’isolement. Ça n’enlèvera rien au don de soi dont vous faites preuve auprès de la personne aidée, et ce, de manière magistrale. 

Vous planifiez les besoins de l’autre avec une approche des plus humaines, vous gardez le fort tout en sachant pertinemment que vous faites partie des fondements de son équilibre. Vous accompagnez et apportez de la joie. Se faire assister ne changera rien sauf peut-être la compréhension face à l’importance de s’offrir du temps. 

Vous êtes votre propre guide, votre allié, votre propre veilleur de phare. N’hésitez pas à déléguer et à demander de l’aide à la famille, à vos amis ou aux organismes spécialisés en proche aidance. Ne serait-ce que pour dire que vous avez besoin d’une écoute, d’une main compatissante pour veiller un peu sur vous ?

Kim Racicot

Soutien, écoute, informations :

www.lappui.org

www.aidantsnaturels.org

www.procheaidance.quebec

www.raanm.net

 

 

 

 

 

La fatigue – Texte : Cynthia Bourget

La fatigue est bien présente ces temps-ci. Elle me gruge de l’intérieur. Elle est là du matin a

La fatigue est bien présente ces temps-ci. Elle me gruge de l’intérieur. Elle est là du matin au soir à aspirer mon énergie en ne me laissant que des miettes pour passer au travers de ma journée. La nuit ne la satisfait guère pour disparaître. Elle aime mieux me rendre insomniaque pour augmenter en force. Elle me laisse parfois des petits moments d’énergie, mais c’est pour mieux se rattraper plus tard. Pour mieux frapper sur le clou déjà enfoncé, comme on dit. Pour me rappeler à quel point elle ne disparaîtra pas du jour au lendemain.

La fatigue m’empêche de bien fonctionner. Elle m’épuise tellement que les tâches quotidiennes sont maintenant devenues de vraies corvées. À mon plus grand regret, simplement le fait de m’occuper de mes enfants me prend l’ensemble de mon peu d’énergie. Le simple fait d’aller au parc est rendu difficile. Chose qui était des plus faciles avant que j’atteigne ce stade. Ce stade de fatigue intense est bien logé dans mon corps et semble bien s’y plaire.

La fatigue m’a envoyé des signaux avant de s’installer aussi solidement. Plusieurs fois, mon corps me disait non, mais puisque ma tête me disait oui, j’ai continué. Continué à 100 milles à l’heure sans m’accorder de repos. Sans même m’accorder des petites parcelles de tranquillité avec moi-même. De faire des choses pour moi. Des choses pour être douce avec moi. Des choses pour m’aider à relaxer. J’ai continué…

Continué à tenter d’être une super-maman et une super-blonde. Tenter de répondre au standard de la société. Tenter de ne décevoir personne dans toutes les sphères de ma vie. Tenter d’exceller partout et d’être appréciée de chacun, autant sur le plan physique que sur le plan de ma personnalité. Cette pression sociale que je mets moi-même m’a rendue à un point de rupture…

Point de rupture, qui heureusement, n’est pas éternel. J’ai confiance qu’en prenant davantage soin de moi je vaincrai. La fatigue se dissipera et le soleil brillera de nouveau à travers les nuages. Tout redeviendra plus facile et je pourrai à nouveau mordre dans la vie et m’écouter, cette fois-ci, davantage…

Cynthia Bourget

Et si c’était beau vieillir ? Texte : Kim Racicot

Je me souviens très clairement qu’à 10 ans, je rêvais d’en avoir 16. Quelque part, en tou

Je me souviens très clairement qu’à 10 ans, je rêvais d’en avoir 16.

Quelque part, en toute innocence,  je me disais probablement que 16 ans c’était l’âge magique situé tout près de l’âge adulte et où les possibilités devaient être infinies.

Une semi-liberté axée sur une fin de secondaire, un travail d’été et un futur, je l’espérais tant, définie par des soirées entre amis à se coucher à des heures pas possibles.

Puis, mes 16 ans sont arrivés au même moment que cette terrible déception. Aucune magie : c’était loin d’être comme ce que j’imaginais.

À 16 ans, constatant qu’aucun changement radical n’était à ma portée, j’ai eu vraiment hâte d’atteindre la majorité.  Cette fois encore, c’était seulement la suite d’une petite vie sans grands mouvements.

À 18 ans, vous le comprendrez, j’espérais en avoir 25. Je m’imaginais déjà avec une famille, un chien, un bon travail. Je me voyais comblée par la vie, profitant de ma maison à la campagne. C’était une vie rêvée pour une jeune femme de 18 ans qui ne savait pas encore quoi faire de son avenir. Cette fois-ci, heureusement, la vie m’a apporté de belles surprises et malgré quelques différences près, je peux confirmer que mes réelles 25 années de vie étaient similaires à mon souhait initial.

Mais un peu plus tard, vers la fin de la vingtaine, j’ai cessé de souhaiter d’être ailleurs sur ma ligne du temps. Je ne sais pas pourquoi, mais je me suis mise à avoir peur  d’arriver aux prochaines années et aux futurs lendemains. Moi qui, dès mes 10 ans, souhaitais tant vieillir, j’étais désormais angoissée à l’idée de voir filer le temps. Je voulais l’arrêter pour pouvoir profiter encore et encore de tout ce que la vie m’avait offert. Sans devenir maladive, la peur de vieillir et de laisser passer des parcelles de mémoire entre mes doigts était bien présente.

Aujourd’hui, je me rapproche chaque jour un peu plus de mes 40 ans. Ma relation avec les années qui passent est plus sereine que je l’aurais pensé, même si ça m’évoque tout de même certaines craintes. Plus sereine parce qu’on m’a fait comprendre que je n’avais aucun contrôle sur la suite des choses et que même si je le voulais, je n’étais pas celle qui avait le dernier mot. J’ai aussi compris que je devenais perdante en mettant cette peur sur un piédestal. C’est sur ma famille et les gens qui me sont chers que je devais mettre toute mon énergie.

Je suis consciente que l’existence va vite et c’est comme ça. Justement, je devrais plutôt vivre dans le moment présent et ralentir le pas si je veux la faire durer.

Avec ces prises de conscience, j’ai saisi que vieillir c’est beau et qu’au lieu de conserver la peur, il est préférable de faire croître l’amour.

Un jour, j’en suis convaincue, mes enfants m’exprimeront leur hâte d’en arriver à 16, 18 ou 25 ans. Je leur dirai, le cœur gros, que je les comprends parce que, comme le disait Félix Leclerc, il ne faut pas regretter de vieillir. C’est un privilège refusé à beaucoup !

Kim Racicot

 

La covid n’a pas anéanti le rhume ! Texte : Marina Desrosiers

Vous vous souvenez de ce temps lointain, avant mars 2020, quand le virus du rhume circulait allégre

Vous vous souvenez de ce temps lointain, avant mars 2020, quand le virus du rhume circulait allégrement dans les garderies, les écoles, les milieux de travail, les hôpitaux… ? On n’en faisait pas de cas, tant que ça ne se transformait pas en « grosse grippe d’homme » (d’ailleurs, il faudrait penser à trouver une expression moins sexiste pour ça…).

Levez la main, ceux qui continuaient de se rendre au travail, qui envoyaient leurs enfants à l’école ou dans leurs activités parascolaires, qui prenaient les transports en commun, qui passaient chercher du lait ou du pain à l’épicerie… N’ayez pas honte, on l’a tous fait !

C’était la « belle époque », l’ère de l’invincibilité. Pourquoi un rhume nous aurait-il arrêtés ? Pourquoi aurait-on donné le pouvoir à un virus de gâcher notre routine métro-boulot-dodo ? On ajoutait une boîte de mouchoirs à notre boîte à lunch, un paquet de pastilles et hop ! À pieds joints dans notre quotidien inchangé. Même si ça voulait dire qu’on laissait traîner le virus partout dans les lieux publics, autour de nos collègues, autour des amis de nos enfants et de leurs enseignants, à plein d’endroits qui attendaient juste de contaminer d’autres mains et d’autres corps. Même si ça voulait dire qu’on étirait la période de symptômes parce qu’on empilait les manques d’énergie.

C’était la belle époque, non ?

Celle où la santé était prioritaire deux fois par année : au Jour de l’An (« de la santé pis ben du bonheur ! ») et quand on se retrouvait fiévreux au lit avec l’impression de mourir. L’époque où on était con‑vain‑cus que la Terre arrêterait de tourner si on manquait une journée de travail ou si nos enfants manquaient une journée de garderie ou d’école. Vous imaginez le drame ??!! Toute une journée de bricolage ou de calculs 2 +2=4 de moins dans une vie ! Une journée de repos sur les 2160 journées consacrées à l’école entre 5 et 17 ans…

Entre vous et moi, c’était surtout la belle époque pour les virus, microbes et autres bibittes du même genre. Ils n’ont pas dû nous trouver rigolos avec nos confinements et notre désinfectant à mains… Ils ont vécu cachés pendant plus de deux ans dans l’attente de leur grand retour.

Les revoici !

En force à part ça !

Parce que notre système immunitaire à nous, celui de nos enfants, de nos bébés, de nos parents, il s’est affaibli à force d’être moins stimulé. Nos anticorps ont pris une pause (bien qu’ils aient été chatouillés par les vaccins entretemps). Et maintenant, tout de suite, immédiatement, c’est le temps de les réveiller ! Les virus automnaux débarquent et ils ont faim ! Ce n’est pas parce qu’on a mis toute notre attention sur le coronavirus que le rhinovirus est mort !

Nous verrons dans les prochains mois et les prochaines années à quel point la leçon a été comprise : on est malade, on reste chez soi. On tousse, on mouche, on atchoume, on se sent comme de la m…, on a la tête dans le bol : on reste chez soi. Nos cocos coulent du nez, sont bougons, ont vomi leur déjeuner : on les garde avec soi ! Pas indéfiniment… juste le temps que le gros des symptômes et des tousse-mouche-atchoum passe. Même si les maladies bénignes ne sont pas mortelles, ce n’est quand même pas agréable, alors on laisse faire pour partager en « cadeau » d’échange.

Une journée de vrai repos permet souvent de mieux guérir et de guérir plus vite qu’une tête dans le sable qui essaie de se faire croire que « c’est pas si pire… je suis encore capable de marcher ! »

Levez la main, ceux qui ont des souvenirs d’une journée d’enfance où ils étaient malades et où ils sont restés à la maison avec papa, maman, grand-papa, grand-maman, la gentille voisine, peut-être… Les câlins en pyjama, la collation spéciale mangée dans le salon dans une grosse doudou, l’émission de petits bonhommes regardée à une heure pas rapport, la soupe fumante délayée avec de l’eau froide pour pas se brûler… Vous vous souvenez à quel point vous vous êtes sentis importants pour la personne qui a pris toute une journée pour être aux petits soins avec vous ?

Manquer une journée de travail ou d’école quand on est malades, c’est une façon d’aider la santé collective, mais c’est aussi une façon de se forger des souvenirs. Et ça, il n’y a aucun médicament qui bat ça.

Marina Desrosiers