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Je t’aime déjà !

Et voilà ! La glace est brisée, nous nous sommes rencontrés ! 🤗

Tu t’es installé dans ma classe, dans TA classe et tu y as fait ton nid pour quelques mois. Je te connais un peu, mais j’ai hâte d’en savoir plus et de découvrir qui tu es !

Après quelques jours, je te sens déjà plus rassuré et plus confiant. J’ai le sentiment que tu sais que je vais tout faire pour que ton année à mes côtés soit riche et mémorable.💫

J’aime que tu me parles de tes enseignantes des dernières années, ce sont mes amies ! 🌷 Je sais combien elles t’ont aimé. Elles m’ont déjà beaucoup parlé de toi, le sai ‑-tu ? 😉

Lors de ton départ aujourd’hui, quand tu m’as dit que tu avais déjà hâte de revenir en classe, tu m’as fait le plus beau des cadeaux ! Lorsqu’on est enseignant, on souhaite votre bonheur avant toute chose ! Merci pour cette confidence.❤️

L’année est à peine commencée et tu sais quoi ? Je t’aime déjà !

Karine Lamarche

Une excursion dans une classe du primaire

Depuis quelques semaines, on parle beaucoup d’éducation dans les médias. Des coupes par-ci, des investissements par-là, des cris du cœur. Des spécialistes partagent leurs points de vue, leurs émotions, leurs dénonciations. Mais surtout, des non-spécialistes critiquent beaucoup les milieux, les enseignants, les élèves. Ce n’est pas facile avec tout ce brouhaha de comprendre ce qui se passe.

Je suis enseignante au primaire. C’est ma première année, j’ai eu mon premier contrat. Et j’écoute ce qui se passe. Et ça me fâche. Vraiment. Je ne pense pas être la mieux placée pour dire ce qui doit être fait dans nos écoles québécoises. Je peux toutefois vous partager ce que je connais. Du genre nos difficultés. Je ne vous parlerai pas de salaire. Je ne vous parlerai pas du temps supplémentaire fait par tous les enseignants. Je ne vous parlerai pas de nos « vacances ». Je vous parlerai simplement de ce qui se passe dans les classes. De 8 h 30 à 15 h 30.

La cloche sonne. Je prends mes présences. Il me manque un élève. Je le note absent. La secrétaire m’appelle deux minutes plus tard.

– Oui, Stéphanie ? Ton élève n’est pas absent. Il était en crise dans la cour d’école. La technicienne en éducation spécialisée l’a pris en charge.

Bon, beau début de journée. L’élève revient quinze minutes plus tard. On le sent fragile.

En groupe, on corrige le devoir que les élèves avaient à faire. La moitié de la classe l’a fait. C’était un travail important. Donc on ne le corrige pas. Les élèves qui ne l’ont pas fait viendront en récupération pour le faire.

À la deuxième période, l’orthopédagogue vient me voir. Elle m’annonce qu’elle ne pourra plus prendre trois élèves avec elle, car du temps d’orthopédagogie a été coupé et qu’ils doivent se concentrer sur les élèves en grandes difficultés. En plus, elle travaille aussi dans une autre école, alors elle doit maximiser son temps.

Au retour de la récréation, l’élève en crise du matin revient de nouveau en crise. Il frappe un élève. J’appelle la T. E.S. Aucune réponse. Je vois une chaise qui se fait lancer dans la classe. Un élève pleure. Je ne sais pas quoi faire. J’empêche les élèves d’entrer dans la classe pour leur sécurité. Ma collègue d’en face me propose d’aller trouver la T.E.S. dans l’école. Elle arrive cinq minutes plus tard avec la directrice. Cette dernière amène l’élève à son bureau.

C’est le temps de la période de bibliothèque. Cinq élèves me montrent que le livre qu’ils ont choisi est brisé. Je les mets de côté en voyant leur visage triste de ne pas pouvoir le lire. On a assez de livres, semble-t-il.

La récupération du midi. Je laisse les élèves travailler sous ma supervision. Je constate que plusieurs n’ont absolument rien compris de ce qu’ils devaient faire. Même si le travail a été expliqué pendant vingt minutes la veille et que j’ai demandé aux élèves de me dire s’ils ne comprenaient pas. Je leur enseigne de nouveau la matière. Moi qui pensais avoir un dîner tranquille.

Au retour du dîner, c’est l’évaluation d’écriture. Pendant que les élèves sont en détente, je prépare tout. J’allume les cinq ordinateurs pour mes élèves dyslexiques et dysphasiques afin qu’ils puissent utiliser le logiciel nécessaire. Je sépare les documents de travail. Je n’ai que quinze élèves qui feront la tâche en entier. Deux auront droit à du temps supplémentaire, une mesure d’adaptation choisie en plan d’intervention. Les trois autres voient leur tâche réduite. Au lieu de 150 mots, c’est 75 mots. Ils sont évalués dans un niveau inférieur dans le bulletin. C’est une modification choisie pour le plan d’intervention aussi. Je devrai aussi corriger différemment. Par exemple, si dans leur niveau, ils n’apprennent pas le verbe avoir au passé composé, je ne peux pas leur mettre une erreur. Je dois bien connaître ma progression des apprentissages pour évaluer convenablement.

À la dernière période, ce sont les ateliers. Chaque élève a un atelier à faire chaque jour. Quatre élèves en français, quatre élèves en mathématiques, quatre élèves en univers social. Avec les quatre autres, je fais du soutien personnalisé. On revient avec ce qui été vu précédemment, on fait des entrevues de lecture, des tests. Pendant ce temps, j’ai des dizaines d’élèves qui lèvent la main pour se faire corriger, pour une question ou simplement pour me dire qu’ils m’aiment ou me trouvent belle.

« Simplement pour me dire qu’ils m’aiment ou me trouvent belle. » Pas simplement. Plutôt heureusement. Parce que c’est ça ma paie. Malgré cette journée difficile (qui est isolée, il faut se le dire, ce n’est pas comme ça TOUS LES JOURS), je trouve quand même la force de leur sourire, de leur dire qu’ils sont bons, qu’ils sont capables, qu’ils sont des champions. Parce que ce n’est pas facile pour eux non plus tout cela. Malgré tout, je ne me verrais pas faire un autre métier. Je débute dans la profession, je n’ai pas vécu le plus difficile encore. Toutefois, je les aime d’un amour infini mes élèves, même s’ils me créent parfois de grands questionnements. Ma devise en enseignement : Un élève à la fois.

On constate à travers mon texte qu’il manque d’aide et de soutien dans les classes pour des raisons totalement hors de mon contrôle. Donc avant de critiquer les enseignants et leurs élèves, je vous invite à passer une journée dans une classe, primaire ou secondaire. Vous verrez que ce n’est vraiment pas ce que le gouvernement a comme vision d’une classe.

Stéphanie Parent

Merci, chers enseignants !!

En ce merveilleux et coloré jour d’automne, nous fêtons aujourd’hui la journée mondiale des enseignants et des enseignantes. L’opportunité de remercier tout le corps professoral qui nous entoure nous est donnée. Nous ne laisserons pas passer notre chance de faire le point sur cette merveilleuse profession.

Peu importe de quel milieu vous venez. Peu importe de quel endroit vous venez. Peu importe votre âge. Peu importe votre métier. S’il y a une chose de certaine, c’est que vous avez eu la chance de côtoyer plusieurs enseignants dans votre vie. Plusieurs ont dû vous marquer.

Étonnamment, pendant leurs études, les étudiants ont un don particulier pour se plaindre des travaux, des règles, et surtout, des enseignants. Pour une raison qui m’échappe, les étudiants ne sautent jamais de joie devant une interdiction de manger en classe, ou l’annonce d’un examen…

MAIS. Mais une fois sortis de l’école… Ces mêmes étudiants ont vieilli, évolué, maturé. Et ils remarquent que les souvenirs qui restent sont ceux des enseignants dévoués.

Le dévouement. La passion. Le dynamisme. La volonté de partager ses connaissances. L’amour de la profession. Tant de qualités dont nos enseignants savent faire preuve. Tant de qualités qui font d’eux des personnes ressources, des modèles de vie, des gens qu’on n’oublie pas.

Aujourd’hui, nous avons la chance de saluer le travail remarquable qu’ils accomplissent tous les jours pour nous. Car n’oubliez pas que les enseignants œuvrent à tout âge et dans tous les milieux ! Ils enseignent à nos tout-petits, à nos enfants, à nos adolescents, à nos adultes, à nos immigrants, à nos aînés… Peu importe l’apprenant, l’enseignant est là, prêt à lui transmettre ses connaissances.

Nos enseignants transmettent évidemment leur savoir et leur savoir-faire… Lire, écrire, compter, calculer, composer, jouer, etc. Mais en plus, les meilleurs d’entre eux inculquent le savoir-être. Et ça, ça n’a pas de prix ! Grâce à eux, la politesse, l’empathie, le don de soi, la compassion et le respect font encore partie de notre société. Ils en sont les premiers exemples.

Souvenons-nous des enseignants marquants de nos vies. Madame Auger, qui se déguisait en moine pour nous raconter l’histoire. Monsieur Pierre, qui dessinait des ciseaux pour diviser les centaines. Madame Leclerc, qui nous laissait nous exprimer et nous défouler dans les arts. Madame Malenfant, qui nous chantait des comptines. Madame Fournier, qui nous a tous fait pleurer en lisant une simple histoire. Monsieur Lemieux, qui prenait des pauses de mathématiques pour nous laisser débattre sur l’actualité.

Les meilleurs enseignants resteront gravés dans la mémoire de chacun de leurs élèves, comme dans la mémoire collective. Et les plus doués d’entre eux savent toucher l’Enfant. Vous savez… l’Enfant qui a besoin qu’on l’écoute, qu’on l’entende, qu’on l’aime… Et un seul adulte peut changer toute une vie quand il enseigne avec dévotion.

Merci. Merci à vous, chers enseignants de tous les niveaux. Merci d’apprendre à nos citoyens à vivre en société, à socialiser et à prendre soin les uns des autres. Merci de leur transmettre votre passion pour l’Apprentissage, avec un grand A. Merci de leur donner envie d’en connaître toujours plus, de se dépasser, de se surpasser. Merci de les pousser toujours plus loin, parce que vous savez qu’ils en sont capables. Merci.

Merci de la part de tous ceux qui ont foulé vos planchers de classe. Merci de la part de ceux qui y sont encore. Merci de la part de tous ceux qui suivront. C’est grâce à vous tous que nous avons des ingénieurs, des médecins, des psychologues, des comptables, des directeurs, et surtout, des enseignants.