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Ce jour où j’ai accompagné mon ami

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Ce matin, j’ai tenu la main de mon ami afin de lui faire franchir le premier pas vers la réadaptation. Il y a plusieurs années, il avait choisi insidieusement, le chemin de la dépendance et du mensonge. Des mensonges envers lui-même, envers ses ami(e)s et envers sa famille. Je l’ai accompagné dans sa plus grande vulnérabilité et dans une profonde tristesse.

 

Il s’est ouvert, il s’est libéré d’une partie de sa souffrance, mais ce n’était que le début de ce grand voyage. Chaque pas franchi le faisait reculer de deux. Il y a eu le moment où il a tenté de me convaincre, une fois de plus, qu’il n’avait pas de problème, qu’il n’était pas comme ces « ivrognes » ou ces « junkies » au sens péjoratif. La route était longue et le silence était lourd… Il avait encore ce doute qui planait, qui lui faisait encore croire que ce n’était pas sa place. Cette petite lueur d’espoir de s’en sortir par lui-même…

 

Puis, il y avait toute cette histoire des derniers jours… Il avait laissé tomber le voile et avoué sa double vie à sa blonde… mon amie… Ce fut pour lui son élément déclencheur, cette claque en plein visage. Il était temps que quelque chose se passe, qu’il songe à arrêter de sombrer dans sa dépression. Être dépressif et prendre un dépresseur comme l’alcool en prime, c’était loin d’être la solution gagnante pour se débarrasser de ses démons.

 

J’aidais donc mon ami vulnérable à tenter de se libérer de sa dépendance alcoolique, mais aussi de l’emprise du mensonge. J’avais toute cette pression sur les épaules de réussir cette mission, de le motiver à débuter sa démarche vers la réadaptation. Je voulais réussir pour lui et pour sa famille… Même si au fond, je savais bien que la motivation première devait venir de lui‑même. Ne jamais vouloir plus que la personne qu’on aide… Je devais me détacher de toute implication émotionnelle.

 

Nous avons discuté de longues heures. Il était ce grand livre ouvert et je me devais de le mettre en confiance et de garder ses confidences. Ma tête voulait exploser, mais je tenais le fort. Je recevais toute cette souffrance, ce mal de vivre et cette incapacité à accéder au bonheur. Et, en même temps, je pensais à sa conjointe qui avait appris le mensonge de la trahison quelques jours avant. J’avais mal pour elle. Je devais être neutre, car l’histoire ne m’appartenait pas.

 

Puis enfin, il a physiquement franchi ce pas vers la thérapie. Un dernier texto et tout était fini pour ma part… Il faut être courageux pour faire ce qu’il a fait ; il ne doit pas lâcher! Encore bravo à lui! La porte s’est refermée et j’ai eu ce sentiment de soulagement et d’accomplissement.

 

Amélie Roy

 

 

Pardonne-moi, mon enfant…

Pardonne-moi d’avoir fait le

Pardonne-moi d’avoir fait le choix de te mentir.

Pardonne-moi d’avoir trahi ta confiance en moi.

Pardonne-moi de te faire vivre aujourd’hui cette trahison qui te brise le cœur.

Tu l’as découvert, aujourd’hui…

Ton père et moi, on est la fée des dents.

On a fait le choix de te faire croire à un monde merveilleux et fantastique.

On a fait ce choix pour plusieurs raisons :

La première étant qu’on ne voulait pas que tu te sentes différente des autres.

On ne voulait pas que tu ne ressentes pas que tu fais partie d’une communauté qui vit et croit en plus grand et fantastique.

On ne voulait pas que tu ressentes l’exclusion, cette douleur qui te prend quand tu prends conscience que tu ne vis pas les mêmes choses que les autres.

Le sentiment d’appartenance, c’est important pour nous que tu le ressentes.

Deuxièmement, on a fait ce choix car on ne voulait pas que dès tes premiers moments en société, tu ne vives que du gris et de la tristesse.

Que tu sois témoin si tôt de la souffrance et du terne que l’on peut vivre dans ce monde.

On ne voulait pas que tu sois désabusée de la vie.

On voulait que tu croies que la vie, c’est plus magique, plus beau et plus puissant que la réalité peut paraître.

Troisièmement, ton père et moi, on se faisait un plaisir de récolter tes dents et de les chérir.

Voir son enfant grandir, pour nous les parents, c’est un immense privilège.

Prendre un moment pour voir toute l’évolution que tu fais et la fierté que l’on ressent à chaque dent est grandiose!

Quatrièmement, on se faisait une joie de collecter tes beaux dessins, tes mots doux, tes rituels qui entouraient l’arrivée de cette fée si généreuse.

On ressentait l’amour que tu mettais dans tes communications. On ressentait ta fébrilité au moment de te coucher et de glisser sous ton oreiller ta dent.

Te voir si belle et excitée de voir le petit matin, c’était un beau cadeau pour nous.

Cinquièmement, je voulais voir ton père prendre tant à cœur son rituel pour prendre ta dent, l’amour qu’il met à répondre à ton rituel, voir la fierté qu’il ressent à incarner ce rôle.

Voir à quel point c’est un moment important pour lui, pour moi ta mère, c’est chaque fois un moment magistral.

Car si moi, je t’ai portée dans mon ventre et si je t’ai donné la vie, ton père t’a offert la foi.

J’ai déjà lu cette phrase quelque part et elle illustre tellement bien ce que je veux te dire :

« Si tu as pu croire en la fée des dents pendant des années, tu peux bien croire en toi pour le reste de ta vie. »

Ton père t’a offert la capacité de croire en plus grand que toi.

Croire que dans la vie, les choses peuvent être magiques. Croire que quand on désire devenir quelque chose, on le peut : il a quand même été une fée pendant toutes ces années!

Il a démontré hors de tout doute que dans ton esprit, si tu décides de croire en une image positive et extraordinaire, tu as la capacité de la vivre et de la rendre réalité.

Il a démontré hors de tout doute qu’en toi, il y a de la magie.

Qu’en toi, tout est possible …

C’est ça la vie, mon ange : si tu te laisses voir ce que la réalité de la vie semble être pour toi, tu ne verras que du gris et du désappointement.

Mais si tu plonges en toi pour faire de ta magie une réalité, il n’y aura jamais une limite, un défi que tu ne sauras dépasser.

Tu as maintenant la preuve de toute la magie et de tout le potentiel que tu as en toi.

Tu as la capacité de faire de la vie ordinaire, TA VIE extraordinaire!

On t’aime de tout notre cœur!

Pardonne nous…

Viens me retrouver dans mon monde lumineux dans lequel je t’offre trois livres numériques gratuits!
http://www.martinewilky.ca/

Martine Wilky


Martine Wilky
Auteure, Coach et Conférencière
martinewilky@gmail.com
www.martinewilky.com
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La première meilleure amie

Depuis septembre, ma fille fréquente une nouvelle garderie en milie

Depuis septembre, ma fille fréquente une nouvelle garderie en milieu familial près de chez nous. Le rêve! L’éducatrice est excellente et les ami(e)s sont adorables. Elle s’est intégrée sans aucun problème et elle a même développé une belle amitié avec une petite fille. Elle ne parle que d’elle, sa première vraie meilleure amie. Mon conjoint et moi étions émus de constater que notre fille devenait de plus en plus sociable et amicale avec les autres.

Nous ne pensions pas qu’elle aurait eu une aussi belle relation avec un autre enfant à deux ans. Elles se complètent sur tous les points, sauf les mensonges. Ma fille ment, elle est dans cette phase. Mais la petite fille, elle, est une menteuse de second niveau. C’est celle qui amène un ami où il n’a pas le droit pour ensuite crier à l’éducatrice qu’il est allé dans l’interdit par lui-même. C’est celle qui manipule les enfants à coups de mensonges pour avoir ce qu’elle veut et qui rejette ses fautes sur ses amis imaginaires ou sur l’objet le plus près d’elle. Celle qui te fait rouler des yeux chaque fois qu’elle te raconte une « vraie » histoire. Vous voyez le genre?

Mon enfant trouvait sûrement son amie ingénieuse et commence de plus en plus à mentir pour absolument rien. C’est à ce moment que j’ai compris que sa première meilleure amie était aussi pour moi la première amie qui ne me plaisait pas. Pour une fois, je comprenais mes parents qui n’appréciaient pas toujours mes choix d’amis et qui se croisaient les doigts pour que ce soit seulement une passe. Je suis rendue à ce moment : celui de comprendre mes parents et leur désaccord avec certains de mes choix. J’espère que ce sera juste une passe…

Valérie Legault

 

Les parents ont toujours tort (jusqu’à ce qu’ils aient raison)

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Maman, j’ai décidé de prendre soin de moi. Je bois plus d’eau, je bouge plus, je mange mieux. Je veux être en santé et bien dans ma peau.

─ Super! Et qu’est-ce qui t’a décidé?

─ Dans les cours à l’école, les profs nous ont parlé de l’importance d’avoir une bonne hygiène de vie et d’avoir de bonnes habitudes alimentaires.

─ Et en quoi c’est différent de ce que tes parents essaient de t’enseigner depuis treize ans?

─ Ben… euh… ça ne vient pas de vous autres, faque c’est comme plus vrai?

 

Au moins, ma fille a l’honnêteté d’admettre le non-sens de cette maladie qui attaque tous les enfants, peu importe leur âge : la vérité est toujours plus difficile à accepter quand elle vient des parents. Bah, je me dis que l’important, c’est que ma fille mette finalement en pratique les habitudes qu’on essaie de lui inculquer depuis sa naissance. Le plus beau, c’est qu’elle dort mieux maintenant (combien de fois lui ai-je dit qu’en bougeant plus et en s’hydratant suffisamment, elle se donnerait des chances de vaincre son insomnie chronique?), qu’elle est d’humeur plus stable, qu’elle trouve l’énergie qu’elle cherchait pour faire progresser ses projets. Du renforcement positif naturel.

 

Quand les enfants étaient plus jeunes, il m’arrivait de cuisiner avec ma mère pour congeler des repas faits d’avance. Si je disais aux enfants que j’avais préparé le pâté au poulet, c’était bof. Ils levaient le nez sur le repas, voulaient manger autre chose. Mais si je disais que c’était grand-maman qui l’avait fait, ah! Ben! Là! Ça devenait le meilleur pâté au poulet du monde! Ils ont fini par comprendre que maman ne mettait pas de poison dans les repas et je mérite maintenant le titre de meilleure cuisinière du monde, mais ça a pris du temps! Tout est question de perception…

 

─ Maman, ce livre-là est vraiment le meilleur de la Terre! J’aurais tellement aimé le découvrir plus tôt!

─ Euh… c’est pas le livre dont je t’ai parlé l’année dernière? Et tu m’avais dit que ça avait l’air poche.

─ Ouin… mais là, c’est ma meilleure amie qui me l’a conseillé, c’est pas pareil!

─ En effet, c’est pas pareil. Ça change complètement l’histoire et la façon dont le livre est écrit.

─ C’est pas ce que je veux dire… Tu comprends, là…

Ben oui, je comprends. Je comprends que quand ça vient de maman ou de papa, c’est moins crédible. C’est confrontant. C’est automatiquement poche. Tandis que tu n’as pas à défier l’autorité de ton amie pour couper le cordon avec ta mère et affirmer ton identité.

 

À la longue, à force de laisser mes enfants libres de leurs choix et de leurs découvertes « autonomes », j’entends leur discours changer :

─ Maman, j’aimerais vraiment que tu me conseilles pour le livre que j’écris. J’aurais besoin de ton œil critique, parce que je sais que tu vas me dire la vérité.

Ou encore :

─ Maman, quand tu me dis qu’une amie a une influence positive sur moi, je te crois. Je le sais que tu me dis ça pour me faire du bien et parce que tu me connais.

Voilà! Les parents n’ont pas de raisons de mentir à leurs enfants (sauf quand il est question de fée des dents ou de père Noël) ni de les orienter vers des choix qui leur feraient du mal. Ça se peut qu’ils se trompent, mais ce n’est pas intentionnel. Ça se peut qu’ils disent le contraire de ce que leurs enfants pensent ou désirent, mais ce n’est pas pour les faire suer. Ça se peut qu’ils leur conseillent des façons de faire qui les dérangent, mais ça vaut souvent la peine de les écouter. Comme ça vaut la peine de parfois faire à sa tête pour expérimenter la vie par soi‑même.

Et nous, ben, on continuera à dire à nos enfants ce qu’on pense et ce qu’on ressent. On continuera à les guider vers ce qui est bien et bon pour eux, et à accepter qu’ils prennent leurs propres décisions. On les aime assez pour ça!

 

Nathalie Courcy

J’ai tué le lutin de Noël – Texte: Stéphanie Nesteruk

Il y a trois ans, j’ai embarqué « full-pin » dans la folie de

Il y a trois ans, j’ai embarqué « full-pin » dans la folie des lutins. J’étais emballée à l’idée de me plier au jeu, de mettre un peu de magie dans la maison et de commencer une nouvelle tradition familiale. J’ai fait partie de ces nombreux parents, légèrement intenses et beaucoup trop influençables qui ont  fait tout en leur pouvoir pour mettre la main sur un lutin malgré la pénurie, quitte à payer le gros prix! Lorsqu’on a finalement reçu la bébelle tant convoitée par la poste, j’ai eu l’impression d’avoir accompli l’impossible: j’étais la meilleure maman EVER!

J’ai d’abord eu un fun fou à imaginer des tours. Je ne compte plus les heures passées sur Pinterest et Facebook pour m’inspirer. C’était avec une fierté quasi malsaine que j’ai pollué les réseaux sociaux pendant vingt-cinq jours avec des photos de mes niaiseries, de plus en plus recherchées. Cette année-là, la saga des lutins m’aura coûté un tube de dentifrice, deux rouleaux de scotch tape,  des rouleaux de papier de toilette, un ananas, trois clémentines, un sac de guimauves, un tube de rouge à lèvres, alouette!

Quand le Noël suivant s’est pointé le nez, je commençais déjà à redouter l’arrivée de la bête. Le lutin était devenu une job à temps plein. Ma créativité ne fournissait plus (t’sais, à moment donné, t’as fait le tour!) et la pression se faisait sentir : les “mon lutin est meilleur que le tien!” retentissaient dans la cour d’école. Je redoutais quotidiennement le moment où je devrais créer une nouvelle mise en scène et ça, c’est quand je ne me réveillais pas en panique à 2h du matin parce que j’avais complètement oublié!  Le 24 décembre, ce fut un soulagement de scrapper un dernier rouge à lèvres pour la bonne cause et d’écrire “au revoir les petits coquins!” sur le miroir de la salle de bain.

Cette semaine, alors que je croyais ce cauchemar derrière nous, mes enfants m’ont demandé s’ils devaient renouveler leur permis de chasse aux lutins, si Filou (leur lutin) allait revenir et tenez-vous bien, s’il emmenait  des amis avec lui : Nnnnnoooonnnn! J’ai passé à deux doigts de péter la balloune de mes enfants et de tuer la magie de Noël : “Les lutins là, ça n’existe pas! Vous n’avez pas compris quand vous les avez vus par dizaines au magasin à 16.99$? Pis tant qu’à y être, le Père Noël, la Fée des Dents pis le Lapin de Pâques non plus n’existent pas!” Voilà!

J’ai pris une grande respiration, j’ai regardé mon chum d’un air défait et j’ai haussé les épaules parce que, bien franchement, il est fort possible que Filou le lutin passe le temps des fêtes au fond d’un gros bac Rubbermaid dans le fond du placard. C’est probable que le Père Noël ait dû slaquer du personnel ou qu’en années de lutins, Filou ait atteint l’âge de la retraite. Peut-être que je refilerai tout simplement la responsabilité au grand frère qui a démasqué la supercherie depuis quelque temps déjà. Peut-être aussi que ma culpabilité prendra le dessus, que je succomberai aux regards piteux de ma progéniture et que Filou viendra faire son tour. Qui sait?

Stéphanie Nesteruk

Élever des humains : la mort, on explique ça comment?

« L’été, c’est fait pour jouer » chantaient nos deux marionnettes à l’air hagard préf

« L’été, c’est fait pour jouer » chantaient nos deux marionnettes à l’air hagard préférées, Cannelle et Pruneau. C’est un moment où l’on s’habille plus léger, où l’on mange plus léger… où l’on se sent plus léger. Les médias nous proposent des émissions aux contenus plus légers et même dans les journaux, virtuels ou non, les articles sont souvent… enfin, vous avez sûrement compris le principe.

C’est avec cette ambition de légèreté que je réfléchis à des textes pour vous tout en continuant de vivre ma vie. Je préparais donc mon voyage en famille tout en sifflotant; pour moi, le mot « léger » vient automatiquement avec l’image du gars qui sifflote. Tu ne peux clairement pas siffloter un air grave; c’est certain qu’il sera léger. Mais je m’égare…

Bref, je vis ma vie et PAF! : quelqu’un termine la sienne. Quelqu’un de proche. Ma grand-mère maternelle rend son dernier souffle. Une fin paisible… calme… prévue. Le genre de fin qui s’étire en longueur. Celle qu’on déteste et qui fait mal y compris aux proches qui assistent à tout ça, impuissants. Celle qui épuise. Celle qui nous pousse à dire des phrases un p’tit brin insipides comme « elle est bien mieux là-bas », en pensant, à tort, adoucir la douleur…

Comment explique-t-on à son enfant de cinq ans qu’une personne n’est plus? Parce que L’héritier a déjà rencontré à plusieurs reprises ma grand-mère. Et il s’en rappelle de sa mémé qui était malade et qu’il a vue à l’hôpital v’là deux ans. Elle ne parlait plus, ne se levait plus… mais avec son simple regard et la « poigne » qu’elle avait encore dans sa main droite, elle a su créer et garder un contact intime avec lui.

Comment on explique ça? On pourrait faire semblant qu’elle n’a jamais existé; on ne lui en parle plus, tout simplement. À cinq ans, il ne pensera plus à elle et il passera à autre chose. Une bonne « Pat’ Patrouille » et tout sera comme avant. Mais ce n’est pas notre genre de fuite; moralement, je ne serais pas capable d’assumer ça. Un mensonge par omission (par choix ou non), c’est un mensonge quand même pis ça fait d’la peine au p’tit Jésus. Cela dit, je ne suis pas en train de dire que je ne mens jamais à mes enfants; oui, y’en reste des biscuits, mais c’est déjà le deuxième que tu manges faque ça s’peut que j’invente qu’y’en reste pus. Les hauts d’armoires ne sont pas là que pour faire beau dans nos cuisines. Que celui qui n’a jamais péché me lance la première poignée de gravaille.

Mais pour un sujet aussi important que la mort, un enfant a le droit d’entendre la vérité même s’il n’est pas en mesure d’en comprendre toutes les subtilités. Si quelqu’un lui invente qu’elle est partie faire un long voyage, ça ne sera certainement pas moi. C’est plus imagé et fait moins de peine que de parler de la mort, mais c’est un mensonge.

Chez nous, on a toujours tout expliqué; parfois trop, peut-être. Mais ça fait des enfants plus sensibles et intelligents. J’ai pas de preuve, mais j’aime penser que quand on veut élever des humains, on doit les traiter en humains dès le début.

Nous avons donc parlé de la situation avec L’héritier dans des mots simples qu’il a visiblement compris. Je dis « visiblement » parce que voici un résumé d’une discussion qu’il a eu avec sa tante Lolo peu de temps après, sur la route qui nous a mené aux Îles-de-la-Madeleine.

  • Tu sais, Lolo, y’a quelqu’un qui est mort aux Îles-de-la-Madeleine.
  • Ah oui? Qui?
  • C’est Mémé. (…) Est-ce que tu penses qu’on peut lui parler quand même?
  • Oui, sûrement.

L’héritier a alors levé la tête vers le ciel, même si personne ne lui a parlé d’aller au ciel (!) :

  • Salut Mémé. Moi, j’aurais aimé ça que tu restes ici.

Quand on veut élever des humains, on doit les traiter en humains dès le début. J’aime constater la sensibilité des enfants. Ne leur cachons pas les vérités, même celles qui ne sont pas confortables pour eux. Même l’été, il peut arriver des événements moins légers; c’est la vie. Notre job comme parents, c’est aussi de les préparer à ça; pas juste de leur expliquer comment trouver de faux Pokémons dans un vrai stationnement de McDo.

Salut Mémé Lapierre; merci pour tout et surtout… bon voyage!