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Nous, l’enfant et le temps – Texte : Stéphanie Dumas

C’était le premier jour de mon congé de maternité. On se préparait à accueillir un nouveau me

C’était le premier jour de mon congé de maternité. On se préparait à accueillir un nouveau membre dans la famille. La chambre était prête et tous les petits vêtements étaient soigneusement pliés dans les tiroirs. À ce moment précis, je visualisais les prochains mois et seulement des moments avec ce petit bébé apparaissaient dans mon esprit. Je ne me doutais pas de tous les changements que cette année allait provoquer en moi.

Les trois premiers mois ont représenté une période d’adaptation, nous devions tous nous apprivoiser dans cette nouvelle vie à trois. Il fallait apprendre à se connaître et établir notre routine familiale. Et répondre aux besoins du petit. Mon conjoint et moi devions aussi apprendre à former une équipe dans ce nouveau rôle de parents.

Puis, un certain calme s’est installé. Je me suis posée. L’intensité des premiers mois s’estompant graduellement, mon esprit amenait de nouvelles réflexions sur ma vie.

Moi, jadis très carriériste, je me disais que cette vie ne me convenait peut-être plus. Comme si tout ce qui avait autrefois tant d’importance me paraissait désormais vide de sens.

La vraie vie, elle était ici, avec moi, dans notre petit cocon familial. Comme si le 9 à 5 devenait désormais le pire scénario possible.

Après les huit premiers mois, la fin de cette année semblait arriver beaucoup trop vite. Mes pensées m’amenaient à tenter de trouver un moyen de mettre ma vie en adéquation avec mes nouvelles valeurs et mes nouvelles priorités.

Ces priorités, c’est nous, l’enfant et le temps.

 

Stéphanie Dumas

À ma jeune moi — Texte : Ghislaine Bernard

Pourquoi tu pleures ? En fait, pourquoi ne pleurerais-tu pas ? Tu es une enfant, les enfants, ç

Pourquoi tu pleures ? En fait, pourquoi ne pleurerais-tu pas ? Tu es une enfant, les enfants, ça vit leurs sentiments spontanément. Pourquoi pas toi ? Tu sais, les grands aussi ça pleure. Beaucoup plus que tu ne le crois. Les larmes, c’est comme la pluie dans la nature, ça nettoie. Tu te rappelles ce gros chaudron que ta maman avait qui avait un bouchon qui vibrait et sifflait en laissant échapper la vapeur pour pas que ça explose ? Eh bien, pleurer c’est la même chose, c’est le bouchon qui laisse passer le trop-plein ; tes paupières laissent passer ton trop-plein à toi pour pas que tu exploses par en dedans. Oh ne t’inquiète pas : tu n’exploseras pas pour vrai ! Au lieu de ça, tu vas voir, ton cœur va aller plus vite, tu vas avoir mal au ventre, à la tête et tu auras peut-être envie d’être en colère pour des petits détails. Ton explosion, ça va être de ne plus avoir envie de rire ni de sourire. Ne plus jouer avec tes jouets. Te priver des plaisirs que tu aimes vraiment.

Je sais bien que parfois, les grands ils comprennent pas qu’un détail peut te faire de la peine. Ils te disent souvent « Y’a rien là ». Ta maman, elle entend souvent sans écouter ce dont tu voudrais lui parler, alors tu te tais de plus en plus. Tu deviens moins bruyante, plus agressive lorsque tu joues au ballon. Même si pour toi, tes peines sont énormes, tu te fais dire qu’il y a pire. Puis, tu écoutes ses histoires qui effectivement sont bien pires que d’avoir brisé un jouet, que ton amie te boude ou que ce garçon qui te plaît ne s’intéresse pas à toi. Il y a effectivement pire que les moqueries qu’on te dit à l’école et dans le parc. Mais je t’en prie, il faut que tu saches que tes peines, elles existent pour vrai dans ton cœur à toi. Puisqu’elles existent, elles sont aussi importantes que la faim dans le monde !

D’ailleurs c’est justement un de tes besoins ça, hein ? Ta faim et ta soif. Tu es avide que ta maman te regarde, te félicite, soit fière de toi et te le dise… qu’elle ne prenne que deux secondes pour te dire qu’elle t’aime. Tu as toujours voulu lui montrer que tu étais là, que tu étais importante. Mais c’est pas à toi de lui prouver, tu sais. C’est à elle de s’en apercevoir. Elle le fait pas, alors tu as envie de pleurer. Alors pleure. Surtout, n’aie pas honte, sois pas gênée de pleurer. Tu laves tes yeux qui ont vu des choses qui t’ont fait de la peine.

Puis, l’amoureux de ta maman, ben il fait de son mieux. Il t’aime comme sa propre fille, mais c’est pas pareil comme l’amour que tu aurais voulu avoir de ton vrai papa. Cet amour te manque, même si tu refuses de même te l’avouer à toi-même.

J’aurais voulu être là pour te prendre dans mes bras, comme je prends mes enfants aujourd’hui. Pour leurs petites et grosses peines. T’aider à comprendre la douleur qui pince ton cœur quand tu vois qu’à toi, certains ne s’intéressent pas. Alors tu crois que tu en vaux pas la peine, tu fonctionnes comme une automate. Tu grandis. Quand tu étais plus jeune, tu arrivais à faire semblant que ça te touchait pas, tu t’occupais et tu te disais que tôt ou tard, ça marcherait. Mais au fil du temps, tes émotions grandissent autant que ton corps.

Tu as bien vu les regards changer quand ils glissent sur toi. Tu as aimé cette nouvelle attention que ça t’a procurée. Même si au fond de toi, tu sais bien que certains sont malsains. Tu as accepté des caresses en te disant que c’est tout ce à quoi tu avais droit. Que c’est tout ce que tu méritais. Tu as souri, tu en as redemandé, tu les as eues. Mais en même temps, la colère grondait en toi. La haine prenait la place que l’absence d’amour avait laissée vide. Ce dédain de l’humain, mais surtout de toi-même. Tu as vu des choses que certaines personnes pensent que ça existe juste dans les films. Tu as subi, non pas le pire dans le monde, mais le pire dans TON monde. Dans TA bulle. Mais tu as toujours nié la souffrance qui pesait toujours plus lourd en toi.

Au fil des ans, tu as cumulé ces souffrances à oublier qu’elles existent. Comme l’hiver lorsque tes doigts gèlent au froid… vient un moment où, dépassant l’engourdissement, tu ne les sens plus. Les peines, les colères, les douleurs ont continué à te marteler, mais tu ne les sentais juste plus. Tu t’es dit que si au minimum, tu pouvais aider d’autres personnes à ne pas devenir comme toi, peut-être que ça t’apporterait une satisfaction. Un sentiment d’avoir une raison d’être là… d’avoir survécu. Alors depuis ce moment fatidique où tu as retiré le couteau de ta chair, tu t’es donnée à fond pour y arriver. Tu t’es trompée bien des fois depuis.

Tu sais, si je pouvais aller te parler cette journée-là où tu refusais de jouer avec ta poupée parce que tu avais pleuré, je ne sais pas réellement ce que je te dirais. Pour être franche, j’aurais peur. J’aurais peur d’intervenir, car ça t’a bâtie. Je ne sais pas ce que tu serais, qui tu serais aujourd’hui si j’avais pu t’aider à vivre tes émotions. Aujourd’hui, à fleur de peau, fatiguée, épuisée d’avoir tant combattu des démons en chair et en sang que ceux de tes souvenirs… que ceux que tu aurais pu éviter, ou qui t’auraient pas approchée si j’avais pu intervenir. Est-ce que tu serais celle que tu es aujourd’hui ? Est-ce que tu saurais aimer de toute ton âme et te battre pour eux ? Est-ce que tu serais cette maman que tu es ? Peut-être que oui. Peut-être que non. Nous ne le saurons jamais, car même si aujourd’hui tu es saturée et déboussolée, tes « je t’aime » n’ont jamais été aussi profonds et sincères. Ceux que tu reçois valent tous tes combats… mille fois !

Je pense que la seule chose que j’aurais changée, c’est que je t’aurais prise cœur contre cœur, pour qu’ils battent à l’unisson. Je t’aurais dit de pleurer, car parfois, je t’assure, sans te changer, ces pleurs t’auraient quelque peu soulagée. La lourdeur en toi serait moindre. Mais encore là… qui sait ?

Je crois que la vie nous envoie les obstacles selon ce que l’ont peut combattre. Mais il est certain que gravir une montagne rocheuse est toujours plus facile bien chaussé. Alors, je t’aurais assurément aidée à apprendre à faire des boucles bien solides, pour avoir les pieds bien ancrés.

 

Simplement Ghislaine

La nouvelle moi

La vie nous lance parfois des signaux. Parfois doux, parfois forts. Ce fut

La vie nous lance parfois des signaux. Parfois doux, parfois forts. Ce fut le cas pour moi en 2019. Un cancer est venu tout chambouler. « Le même que tout l’monde » m’a gentiment rappelé une réceptionniste à l’hôpital il n’y a pas si longtemps. J’ai failli m’étouffer. Généraliser si simplement un tel épisode de vie, il ne faut pas l’avoir vécu pour en parler ainsi. Mais c’est correct, je comprends. J’ai compris.

Je ne m’en fais plus avec de tels détails. J’ai choisi de rire, de m’amuser et de voir le plus souvent possible le positif dans ce qui m’arrive et m’entoure. J’ai décidé de m’amuser et d’être ma priorité. Je m’accorde maintenant le droit de refuser une invitation parce que « ça ne me tente pas ! », même si je n’ai pourtant pas de projets. Pourquoi s’imposer des moments obligés ? Je n’ai plus de temps à perdre ainsi et ça n’apporte rien à personne, bien au contraire.

Je m’éloigne des chicanes, des frustrations et des malentendus. Je choisis mes batailles et croyez-moi, elles n’en valent pas toutes la peine ! Si je suis à un évènement et que je n’éprouve aucun plaisir, je remercie et je quitte. Simple, me direz-vous ? Possible, mais je ne m’accordais pas cette possibilité avant, trop mal à l’aise, avec la peur de décevoir qui m’habitait constamment. Je me suis si longtemps obligée à dire oui à tout par peur de déplaire et de décevoir. J’ai toujours voulu faire plaisir aux autres.

J’ai désormais adopté un principe : « La réaction des autres ne m’appartient pas, je n’en suis pas responsable. » Ainsi, si je refuse une invitation et que la personne se sent vexée, blessée, fâchée, ça la regarde et ça lui appartient. Je ne me casse plus la tête (ou presque plus !). La vie est beaucoup trop courte pour s’imposer quoi que ce soit qui ne nous convient pas. Les gens qui nous aiment devraient d’ailleurs comprendre.

J’ai envie de douceur, de légèreté, de simplicité et de bonheur. J’ai envie d’être la maîtresse de chacun des moments de ma vie restante. De ne rien devoir faire par obligation, de ne plus rendre de comptes. Encore aujourd’hui, je grandis, je chemine, je progresse vers une meilleure moi. Une moi avec plus d’assurance et à l’écoute de ce qu’elle veut et désire vraiment. Une moi plus positive, plus légère, plus douce avec elle-même. Je me respecte et je m’écoute. Ma priorité, c’est moi. Une moi beaucoup plus sereine et heureuse.

Marie-Claude Larivière

Avoir 40 ans

Il y a vraiment un avant et un après ? Pas vraiment... par contre

Il y a vraiment un avant et un après ? Pas vraiment… par contre, de nombreuses choses ont changé tranquillement. Voici une liste non exhaustive de ce qui change quand tu as 40 ans…

Tu récites des pensées positives le soir et le matin.

Tu prends le temps de te poser et de faire le point.

Tu bois de la tisane en écoutant Netflix le vendredi soir.

Tu as appris à dire NON.

Ton corps te montre régulièrement des signes de faiblesse, des petits bobos qui te pourrissent le quotidien.

Tu as appris à respecter ce corps et à adapter tes activités en conséquence.

Quand tu sors avec tes amis le soir, tu rentres avant minuit pour avoir assez de sommeil.

Tu n’essaies plus de courir à la même vitesse que tes enfants.

Tu manges bio et tu consommes des produits naturels.

Tu savoures chaque journée, car tu sais que le temps passe trop vite.

Tu ménages ton travail pour économiser ton énergie ; tu t’organises mieux.

Tu fuis le miroir.

Tu t’entraînes encore plus souvent, mais moins intensément.

Tu trouves que ton homme est encore plus séduisant qu’avant.

Tu fais pousser des herbes de Provence sur ton balcon.

Tu te réveilles à 5 h 37 le matin quand tu es en congé.

Tu ne comprends RIEN à ce que dit ton ado.

Tu dis « rembobiner » pour revenir en arrière sur ta TV.

Tu as de nouveaux poils qui apparaissent n’importe quand, n’importe où.

Tu adores Facebook et tu ne comprends rien à Snapchat.

Tu sais ce que tu aimes et ce que tu n’aimes pas.

Tu n’as plus d’acné, même pas une semaine par mois !

Tu as de l’expérience dans la chambre à coucher.

Tu es libre car tes enfants sont autonomes !

Tu as plus de temps qu’avant (tu prends plus le temps).

Tu écoutes de la relaxation le soir pour t’endormir.

Tu n’aimes presque plus le chocolat au lait mais tu raffoles du chocolat noir.

Tu ne manges plus le Nutella dans le pot.

Tu es fatiguée pendant dix jours après une nuit blanche.

Tu as mal partout après une soirée de danse.

Tu sais qui tu aimes et qui tu n’aimes pas.

Tu fais des listes.

Tu es plus résiliente, plus patiente.

Tu prends plus soin de toi parce que tu estimes que tu le mérites.

Tu réponds à des sondages au téléphone.

Tu te couches avant tes enfants.

Tu refuses sans scrupule les défis trop difficiles : « Bah t’sais, je peux pas, j’ai 40 ans ! »

Et vous ? Qu’est-ce qui a changé avec la quarantaine ? C’est vraiment le plus bel âge ?

Gwendoline Duchaine