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Si vos yeux pouvaient toujours briller…Texte : Karine Lamarche

Cette petite lueur, cette étoile dans vos yeux quand vous croyez si

Cette petite lueur, cette étoile dans vos yeux quand vous croyez si fort que votre lutin vous a joué un tour, qu’il vous a offert une surprise…

Cette naïveté si touchante, j’aimerais qu’elle ne vous quitte jamais. Elle me fait sentir importante, porteuse d’un si grand secret ; ce sera assurément mon plus gros mensonge.

Cette étincelle qui brille quand vous nous parlez du père Noël, je sais bien qu’un jour, elle finira par s’éteindre.

Pour toi, ma grande, il n’en reste pas grand-chose… Je sens tout de même que je peux encore souffler sur les braises, une année de plus…

L’enfance, à l’approche des fêtes, c’est magique ! Tous ces gens qui soudainement s’animent, qui ont le cœur festif… Toutes ces décorations, si invitantes, féériques, porteuses d’espoir et de bonheur… Les sapins et, à leur pied, des cadeaux étincelants…

Tout cela procure un sentiment apaisant, unique. Cette étincelle, au fond, je crois qu’elle ne nous quitte jamais tout à fait.

Je vous avoue, je crois encore au père Noël…

Joyeuses fêtes !

Karine Lamarche

Je suis le Grinch qui a scrapé Noël

Quand j’étais petite, le temps des fêtes était tout simplement

Quand j’étais petite, le temps des fêtes était tout simplement magique : les décorations, les soupers, les cadeaux, les partys, se coucher tard, Ciné-Cadeau à la télé. En tant qu’enfant, les seuls points négatifs que je voyais étaient les chandails en laine qui pique, les bas collants et les becs des matantes qui sentent beaucoup trop le parfum ! J’aurais voulu que mes enfants connaissent la magie du temps des fêtes eux aussi. Malheureusement pour eux, Noël, c’est devenu autre chose.

Un 24 décembre, je me suis levée et j’ai annoncé au père de mes enfants que je mettais un terme à notre relation. Ça faisait des mois, voire des années que je n’étais plus bien dans mon couple. Mes enfants, la veille de Noël, se sont fait réveiller au son de deux parents qui se chicanent, encore. Ils se sont fait annoncer que la famille, telle qu’ils la connaissaient, se brisait. Nous avons dû leur expliquer que dorénavant, papa et maman ne vivraient plus ensemble et qu’ils passeraient une semaine chez un et une semaine chez l’autre.

Sur le coup, aucune réaction de leur part. Ils étaient habitués à nous entendre nous disputer. Pour eux, ce n’était qu’une chicane de plus. Peut-être que les choses allaient changer. Malheureusement, ce ne fut pas le cas. Nous avons « fêté » Noël comme nous avons pu, tous ensemble, pour une dernière fois. Nous avons passé le temps des fêtes comme nous l’avons toujours fait, sauf que nous passions du temps sur nos cellulaires pour magasiner des meubles et des appartements. Nous n’avions pas le cœur à la fête, nous avions la tête dans nos problèmes d’adultes. Malgré que nous voulions faire un effort pour les enfants pour ne pas trop affecter leur temps des fêtes, nous l’avons gâché. En fait, je l’ai gâché avec ma décision.

Est-ce que je regrette ma décision ? Non. Lorsque nous ne sommes plus bien dans un couple et que malgré toutes les tentatives et séances de thérapies de couple, rien ne change, il faut savoir choisir de se donner la chance d’être heureux même si cela implique de briser la cellule familiale. Les enfants, à moyen ou long terme, seront plus heureux de voir les deux parents sourire et être heureux chacun de son côté que de les entendre se disputer et se critiquer du matin au soir.

Est‑ce que j’aurais pu faire part de ma décision à un autre moment ? Certainement. Je m’en veux d’avoir gâché l’image de Noël pour mes enfants. D’avoir souillé dans leur esprit ce moment magique qu’est Noël. Je l’avoue, j’ai pensé à moi uniquement lorsque j’ai pris ma décision. Je voulais que la nouvelle année soit un réel renouveau pour moi. Est‑ce que j’aurais pu attendre et faire l’annonce après Noël pour laisser un souvenir intact de cette fête à mes enfants ? Sûrement. Est‑ce que le fait de faire l’annonce plus tard aurait réellement changé leur perception du temps des fêtes ? Je ne crois pas. Des parents qui se séparent, ça marque l’esprit et affecte les enfants, peu importe le moment où on se le fait annoncer.

Je me mets une énorme pression sur les épaules pour que ce Noël‑ci puisse faire renaître la magie que j’ai brisée. Je veux que mes enfants aient un beau Noël. Je veux qu’ils ne sentent pas la pression qu’ont les adultes de planifier les horaires de « qui a les enfants quand » pour s’assurer que les enfants voient leurs deux parents et la famille aux deux fêtes. Les horaires de garde, on s’en fout, c’est le temps des fêtes. Il n’y a rien de normal durant ces deux semaines‑là. Je veux qu’en grandissant, mes enfants ne gardent pas cette image triste de Noël. Je veux que la magie revienne, pour eux et pour moi. Je veux, pour un instant, oublier que j’ai été le Grinch qui a volé Noël il n’y a pas si longtemps.

Eva Staire

 

Je ne t’achèterai pas de carte de Noël – Texte : Kim Boisvert

Je me promenais dans l’allée des cartes de souhaits avec, encore cette année, le pincement au c

Je me promenais dans l’allée des cartes de souhaits avec, encore cette année, le pincement au cœur et le panier vide. Je ne t’achèterai pas de carte de Noël cette année, pas parce que tu es déjà dans le ciel depuis de nombreuses années, mais bien parce qu’aucun des souhaits rédigés vers l’appréciation d’une mère « extraordinaire » n’aurait pu coller à notre relation. On va se le dire, t’étais pas une mère extraordinaire, Maman.

J’aurais aimé ça te reconnaître dans les mots de ces cartes colorées vouées à faire verser des larmes à la femme Mère. T’sais, la carte qui sent le bonheur et les bons soupers, les caresses et le réconfort. Les gens remercient à coups de grands paragraphes touchants leur mère d’avoir été toujours présente et aimante pis toute pis toute. Je sais que tu as fait de ton mieux, et que ton mieux c’était de m’empoisonner. Mais malgré mes efforts annuels, pour moi, ça aura toujours été un calvaire de te choisir une carte. Parce que je n’ai jamais pu m’imaginer que des mamans comme ça, ça existait dans’vraie vie. Pis ça, ça me tuait les élans de poésie. Bien en fait, je sais que ça existe, mais pas pour moi. On n’était pas comme ça, Maman.

Je me souviens que je finissais par acheter à contrecœur une carte plutôt générique ou sans texte avec un dessin de nature morte dans laquelle j’essayais de mettre tout l’amour qu’on méritait toutes les deux. Genre « Je t’aime maman, j’espère que tu trouveras le bonheur ». Je crois fortement qu’en donnant de l’Amour, fort, même quand ce n’est pas facile, on peut avancer. Et j’ai toujours cru qu’un jour, je serais entendue pour la femme que j’étais déjà ou pour l’enfant qu’on avait brisé. T’sais, l’espoir d’une belle relation mère-fille ? Ça aussi, c’est enterré avec toi dans ta boîte en bois cheap mal sculptée.

Je savais malheureusement qu’on ne serait jamais proches comme tu l’étais avec ton autre fille, ma sœur, et qu’on s’aimait mal toi et moi. Ton utérus m’a conçue, mais une fois que je suis sortie, je doute que tes yeux me regardaient avec des étoiles et des confettis. On m’avait expliqué qu’une de notre fratrie avait failli te tuer à l’accouchement et j’ai toujours pensé que c’était moi. Dans le fond de mon ventre mou, je sais que c’est moi. J’en suis persuadée.

Je ne t’achèterai pas de carte de Noël parce que je ne saurais pas quoi t’écrire. Ta maladie et tes souffrances t’ont tellement changée avec le temps que peu importe les mots que j’aurais écrits, tu ne les aurais pas compris.

Mais cette année, je vais m’acheter une carte remplie de mots extraordinaires et m’écrire des mots doux parce que mon mieux est mieux que le tien, et que je vois mes filles grandir dans mon amour imparfaitement extraordinaire et que je trouve que ça vaut 4,99 $ chez Walmart.

Kim Boisvert

À toi qui as testé positif à la COVID juste avant Noël

À toi qui as testé positif à la COVID juste avant Noël,

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À toi qui as testé positif à la COVID juste avant Noël,

Tu vas passer Noël avec la ou les personnes de « ta bulle » en confinement, ou seul à la maison, ou à l’hôpital à te remettre tranquillement ou à te battre pour ta vie contre ce virus. Peu importe ta situation, sache qu’il y a de nombreuses personnes qui pensent à toi et à ta famille. Que tu les connaisses ou pas. Nous, collaborateurs du site Maïka, tu ne nous connais pas, mais nous pensons à toi, à ta solitude, à ton sentiment de honte ou de culpabilité, à ta douleur, à ta souffrance ou à ton soulagement de réussir à passer au travers.

Peut-être que certains d’entre vous ressentent de la culpabilité. Où est-ce que j’ai attrapé ce virus ? À qui je l’ai donné ? Si tu sais que tu as tout fait pour éviter de l’avoir, mais que tu l’as contracté malgré tout, tu n’as rien à te reprocher. Si tu sais que tu n’as pas été totalement safe, bien dis-toi qu’il y a une leçon à en tirer. Tu n’es pas pour autant une mauvaise personne, tu es juste une personne qui a pris une mauvaise décision. Tous autant que vous êtes, je vous souhaite un rétablissement complet.

Toi, sur ton lit d’hôpital qui te bats pour ta vie. Je ne suis pas croyante, mais je prie tous les dieux de toutes les religions, tous les anges du monde pour qu’ils t’aident à passer au travers. Je sais que tu ne liras pas ce message, mais sache que je pense à toi et à ta famille.

Si tu es à l’hôpital et que tu te rétablis lentement, je pense à toi. Je sais que c’est difficile d’être seul, isolé du reste du monde. Dis-toi que tu as un courage et une force incroyables en toi. Tu peux y arriver. Noël sera difficile, mais l’an prochain, il sera merveilleux.

Cette année, la pandémie nous rappelle les vraies valeurs de Noël. Ce n’est pas les cadeaux sous le sapin. Noël représente l’amour, l’entraide, la compassion, le pardon, le partage (sauf le virus). Nous sommes dans une période difficile, des gens sont seuls chaque année, mais cette année, c’est pire. Si vous êtes seul à Noël, sachez que vous ne l’êtes pas réellement. Des personnes pensent à vous, vous souhaitent du bonheur, de l’amour et un rétablissement.

Si vous connaissez des gens atteints de la COVID, appelez-les, prenez de leurs nouvelles. Faites-leur savoir que vous pensez à eux, que vous les aimez. Offrez d’aller faire les courses pour eux, posez un geste d’amour et de compassion. Nous en avons tous besoin, surtout eux.

Si vous connaissez quelqu’un qui se bat pour sa vie contre ce virus, les collaborateurs et moi, nous vous serrons dans nos bras. Nous vous envoyons de l’amour et pensons très fort à tous ceux qui se battent pour leur vie. Nous souhaitons que l’état de santé de chaque personne s’améliore.

Noël 2021, souhaitons-le, sera grandiose. Nous souhaitons pouvoir serrer dans nos bras notre famille et nos amis. Pour l’instant, Noël 2020 sera dur, mais nous en ressortirons plus fort.

Joyeux Noël à tous. Prenez soin de vous et de votre famille.

Cindy LB, les collaborateurs & Maïka

À toi, petit bébé de la pandémie

Tu en es à tes premiers jours ou tes premiers mois de vie, peut-êt

Tu en es à tes premiers jours ou tes premiers mois de vie, peut-être même es-tu encore bien au chaud dans le ventre qui te porte. Toi, tu as tout ce qu’il te faut : du lait, des jouets, un million de pyjamas offerts par tous ceux qui aimeraient donc te serrer fort dans leurs bras et surtout, des parents aimants avec qui tu passes tout ton temps. Tu vas bien, mais peut-être sens‑tu une tension dans l’air, une angoisse planante, une tristesse lourde en fond de trame. Vois-tu, être parent, c’est extraordinaire, c’est doux et c’est puissant, mais c’est aussi un grand défi. Un parcours en montagnes russes qui fait vivre à tes parents les plus beaux et les pires moments de leur vie, tout ça parfois à quelques secondes d’intervalle. Un moment qu’on a souvent envie de partager avec nos proches.

En temps normal, c’est déjà difficile de composer avec toute cette nouvelle réalité ; en temps de pandémie, ce l’est encore plus.

Tu vois, toi tu es un expert du moment présent : j’ai faim, je veux manger, tu joues avec moi, je trouve ça drôle. Sans te questionner sur l’avenir ou encore sans t’empêtrer dans le passé, tu es tout simplement dans le moment présent. Tu profites au maximum de ce que tu as sans te douter de tous les rêves que tes parents avaient pour vous. Ils s’imaginaient peut-être déjà te présenter à la famille à Noël, attendre la visite de tes grands-parents à l’hôpital ou même, pourquoi pas, partir quelques mois en voyage avec toi et profiter de ce congé parental que la vie leur offrait pour découvrir le monde à tes côtés.

Tu vois, tout ça n’est pas possible. Tes grands-parents qui t’attendaient impatiemment avec amour ne te prennent pas dans leurs bras aussi souvent qu’ils le voudraient. Tes parents ont peur, car tu n’as pas beaucoup de contacts avec d’autres enfants et les gens que tu vois sont soit masqués soit très loin de toi. Tes parents qui t’aiment plus que tout, c’est vrai, ne peuvent pas bénéficier du filet social normalement là pour les aider. Pas de petite gardienne le temps d’aller souper en amoureux ; pas de souper d’amis pour se changer les idées et se rappeler qu’au fond, tout ce qu’on veut, c’est d’être à la maison ; pas de belle-sœur qui vient faire une brassée de lavage.

Déchirés entre l’importance de te protéger et l’envie folle de ne pas écouter les consignes sanitaires. J’espère qu’ils vont bien tes parents à travers cette crise, mais je me doute bien qu’ils vivent des défis particuliers et encore plus d’adaptation qu’à l’habitude. J’espère qu’ils reçoivent des plats cuisinés à leur porte, des ballades en poussettes avec leurs amis et qu’ils prennent soin d’eux à travers ce chaos. Je vous envoie tout mon amour et ma compassion, parce que quand un petit bébé et sa famille ne vont pas bien, c’est toute notre collectivité qui en est affectée.

En cette période des fêtes, Bébé, je pense à l’histoire de Noël qu’on me racontait quand j’étais jeune. Si on laisse la religion humaine de côté et qu’on regarde juste la symbolique de tout ça, je dois te dire que je pense que chaque nouveau bébé devrait être accueilli de la sorte. Comme un miracle, un espoir pour l’humanité, un cadeau précieux à découvrir avec amour. Et peu importe le contexte de ta naissance et l’histoire de ta conception, je souhaite à ta famille autant de solidarité et de bienveillance que Marie et Joseph. Parce que je te le redis, quand vous n’allez pas bien toi et ta famille, c’est nous tous qui souffrons. Vous êtes la priorité de notre collectivité, parce que sans vous, il n’y a plus de relève, plus d’espoir. Tu es précieux et tu mérites le meilleur.

Bon, revenons à l’essentiel. Tout ça, Bébé, ce n’est pas de ta faute. Toi, continue de rester dans le moment présent, à rire et à grandir. Tu nous ramènes à l’importance de la famille, des amis et de la collectivité. Patience, tout cela reviendra et même si les moments volés ne reviendront pas, tu restes le plus beau cadeau de ta famille cette année. Joyeuses fêtes, Bébé !

Roxane Larocque

La magie de Noël

Je ne sais pas exactement quand je me suis mise à détester Noël.

Je ne sais pas exactement quand je me suis mise à détester Noël. Mais je me souviens que lorsque j’étais petite, c’était ma fête préférée. Petit à petit, je me suis mise à ne plus l’aimer, au point de la détester.

Est-ce le fait que je suis devenue adulte et que soudainement, cette période n’est remplie que d’obligations et que je n’ai plus vraiment de plaisir ? Je ne saurais le dire. Pour être franche, j’étais rendue au point où il me fallait du punch bien alcoolisé (que ma mère a affectueusement appelé mon « Joyeux ») afin d’arriver à avoir un peu de fun lors des fêtes de fin d’année. Je m’étais littéralement transformée en Grincheux.

Une chose est certaine, ce Noël 2020 m’aura servi une bonne leçon. Le fait de ne pas pouvoir voir ma famille, ma belle-famille et mes amis, ça fait mal, ça crée un vide et ça change la perception que j’avais depuis quelques années de cette période.

Quand j’étais petite, ce qui rendait Noël magique, c’était de voir ma famille élargie, ouvrir les cadeaux, m’amuser, danser et manger des choses tellement bonnes qu’on mange uniquement dans le temps des fêtes. Pouvoir se coucher tard, se lever tard le lendemain, manger des restes et jouer avec nos cadeaux, tout cela avait quelque chose de spécial et d’excitant.

Le fait d’être privée de ces festivités de groupe cette année me fait réaliser à quel point j’avais tord et qu’au fond, j’aime Noël. J’aurais bien envie de faire un gros party avec tout mon monde, mais je devrai attendre à l’an prochain.

Malgré toutes les restrictions que nous avons, je me considère chanceuse de pouvoir dire : « on va se reprendre l’an prochain ». Beaucoup de familles ne peuvent pas en dire autant, parce que cette foutue pandémie leur a enlevé quelqu’un d’important. Ces familles ne savaient pas qu’elles vivaient un dernier Noël ensemble en 2019. Probablement qu’elles auraient fêté différemment si elles avaient su.

Alors, si vous avez cette chance de dire « l’an prochain », profitez de cette période pour remettre un peu de magie dans votre vie. Parlez aux gens qui vous sont chers, faites des appels vidéo, allez leur porter une petite gâterie faite maison. Amusez-vous, mettez de la musique et dansez. Oubliez quelques instants le négatif et laissez place à votre cœur d’enfant.

L’année 2020 nous aura enseigné l’importance de savourer chaque moment de bonheur avec ceux que l’on aime.

Joyeux Noël !

Annick Gosselin

Ce soir, tu n’es plus là

Le 17 novembre dernier, nous nous préparions à passer une petite

Le 17 novembre dernier, nous nous préparions à passer une petite soirée tranquille pour fêter notre anniversaire de couple. Huit ans, déjà. Le téléphone sonne, on me demande de venir chercher ma fille et de se rendre à l’urgence. La nuit à l’hôtel s’est transformée en une nuit à l’hôpital.

Après seulement vingt minutes, déjà trois personnes différentes me demandaient si nous acceptions la réanimation en cas de complications. J’ai dit non à la réanimation ! Après quelques tests, résultats : pneumonie et plusieurs problèmes reliés à sa maladie neurodégénérative.

Nous sommes le lendemain matin, 18 novembre. Nous transférons la petite à la maison de soins palliatifs pédiatriques en soins de confort sans trop savoir si c’est la fin. On commence la médication pour enlever la douleur. 19 novembre, son état est stable, on a encore des chances qu’elle s’en sorte. Elle ne reçoit que de la médication, plus rien dans l’estomac, il l’a lâché depuis maintenant deux jours. 20 novembre, on augmente très rapidement les doses pour enlever la douleur. La famille proche doit faire vite. Son état se détériore rapidement.

21 novembre, 8 h 15. Son dernier souffle. Je la regarde, j’attends, j’espère qu’elle reprendra un autre respire, j’attends… Je dépose ma main sur son cœur, il ne bat plus. C’est la fin. La fin de sa vie sur terre, la fin de son combat, la fin de mes inquiétudes, mais surtout, la fin de ses douleurs.

Ce soir, je suis étendue, sur un matelas dans le sous-sol de mes beaux-parents. Un soir de plus où les larmes coulent sur mes joues et où je crie intérieurement. Encore un soir où j’essaie d’écrire quelques mots pour revenir sur le mois qui vient de se passer. Ces mots qui ne peuvent être assez puissants pour dire avec justesse comment je me sens.

Ce soir, je t’aurais appelée par vidéo pour prendre des nouvelles de toi comme je le faisais chaque fois que tu allais dormir chez tes grands-parents. Mais ce soir, je dois aller dans un cimetière pour savoir comment tu vas. Il neige, j’ai froid, très froid, et pourtant je suis habillée chaudement. J’aimerais tant me coucher là, et te réchauffer comme toutes les mamans le font quand leurs enfants ont froid. Mais moi, je ne peux pas, je ne peux plus…

La vie m’a arraché ma vie. Et ce n’est pas peu dire. Lorsque tu as pris ton dernier souffle, mon cœur devait battre deux fois plus pour me permettre de rester en vie. Ce soir, je dois encore me battre contre la vie. Je réalise qu’il y aura toujours des larmes qui couleront sur mes joues. Je devrai vivre avec ce que la vie m’a enlevé, TOI.

Noël arrive à grands pas et comme des milliers d’autres, je ne pourrai être avec l’une des personnes qui me sont le plus chères. Sauf que moi, c’est pour tous mes prochains Noëls.

Tu es mon soleil, ma lune et toutes mes étoiles. Rayonne de tout ton amour.

Tu seras à jamais dans mon cœur !

Repose-toi où il n’y a plus de douleur.

Carolanne Fillion

Un Noël différent

Je n’apprends rien à personne si je vous dis que Noël cette ann

Je n’apprends rien à personne si je vous dis que Noël cette année sera différent. Cependant, différent n’est pas synonyme de plate. Il faut essayer de voir le positif de tout ça, car peu importe à quel point on critique les circonstances, ça ne changera en rien la situation. Je sais que c’est difficile et qu’on avait besoin de se voir, mais on n’y peut rien. Autant essayer d’en tirer du bon. Voici quelques avantages que j’ai pu trouver.

Commencer de nouvelles traditions

Pour la majorité des gens, ce sera une première de passer en famille réduite. Profitez-en pour créer de nouvelles traditions. Écouter un film en pyjama, concocter un souper spécial ou encore faire une chasse au trésor. Organisez-vous un Noël des campeurs cet été. Demandez aux enfants ce qu’ils aimeraient faire, vous avez le temps, cette année, de prendre le temps.

Économiser

Avoir moins de personnes au réveillon veut aussi dire moins de nourriture à acheter, moins de cadeaux à donner et pas de cadeau d’hôtesse à fournir. Vous pouvez aussi vous interroger sur la surconsommation du temps des fêtes. Et cette année, pourquoi ne pas en profiter pour fabriquer vos cadeaux ?

Renforcer les liens avec la famille immédiate

Comme nous risquons d’être en groupe très restreint, prenez le temps de vous mettre à jour sur la vie de vos proches. À la place d’avoir un bon nombre de conversations superficielles avec plein de gens, assoyez-vous et prenez le temps d’approfondir vos conversations. Faites un tournoi de jeux de société, une pige de cadeaux… En gros, créez des souvenirs significatifs.

Prendre ça plus relax

Un des gros points positifs est aussi d’avoir moins de ménage à faire et il y aura moins de gaspillage. On peut se permettre de prendre ça plus relax. Pas besoin de courir pour habiller les enfants, pas le stress d’arriver en retard ou d’avoir oublié un cadeau. Pas besoin de s’arranger pendant une heure avant de sortir. Un bon vieux pyjama et une toque vont faire amplement l’affaire.

Ne pas avoir à gérer les personnes malades

Cette année, pas besoin de surveiller les gens qui viennent malgré le fait qu’ils sont malades. Pas besoin de passer la soirée à dire à ta tante enrhumée de ne pas prendre ton bébé. Pas besoin de gérer le fait que la famille va avoir attrapé je ne sais quel virus qui se promenait parmi les invités.

Je sais que c’est bien peu comparé au plaisir de se réunir. L’année a été difficile pour plusieurs d’entre nous, mais on n’a pas le choix. C’est un autre gros coup à donner et c’est en se serrant les coudes et en faisant des compromis que nous allons pouvoir fêter Noël 2021 ensemble. J’espère que mes quelques idées vous feront voir la chose de façon un peu moins déprimante.

Anouk Carmel-Pelosse

Pour Noël, ressortons nos classiques

Encore un texte sur Noël en temps de COVID. Ouais… c’est lourd,

Encore un texte sur Noël en temps de COVID. Ouais… c’est lourd, comme diraient mes ados. C’est vrai. C’est lourd. Pour cette année exceptionnelle, on s’y attendait. Alors, réfléchissons. Comment rendre ce temps des fêtes positif ? Même si on travaille pendant les fêtes, on peut quand même se rendre la vie plus agréable.

D’abord, fermons la télé. Être informé de l’actualité, c’est important. Mais connaître le nombre de cas de contamination à la COVID, chaque jour, chaque heure, ce n’est pas nécessaire. Alors étape 1, on déconnecte. Pourquoi ne pas en profiter pour déconnecter des médias sociaux pour quelques jours ?

Réfléchissons à toutes les activités qui nous plaisent et qui nous font plaisir. Ce n’est pas nécessaire d’être coûteux ni d’être très organisé. Donc, étape 2, on se fait une liste de plaisirs.

Voici une liste de petits bonheurs qui me font sourire, vous serez peut-être inspirés :

– Marcher tard le soir quand il neige à plein ciel.

– Apporter des chocolats chauds et partir en voiture pour visiter les décorations de Noël des plus beaux quartiers de notre ville (avec la musique de Noël à tue-tête, évidemment).

– Faire un feu à l’extérieur et y faire cuire des saucisses ou des rôties. Pourquoi ne pas se faire des guimauves grillées que l’on glisse dans un verre de liqueur de café (Bailey’s, ou des produits québécois comme Barista ou Hywilde) ?

– Aller glisser comme des enfants, même sans enfants.

– Préparer un pique-nique d’hiver : une soupe poulet et nouilles dans un Thermos, des biscottes et du fromage, et aller manger à un endroit où la vue est magnifique.

– Ramasser des branchages pour créer des décorations de Noël.

– Faire le plus beau bonhomme de neige, même si on n’a pas d’enfants, et l’entretenir pour qu’il reste beau pendant tout le temps des fêtes.

Maintenant, pensons un peu aux autres. On ne peut pas se voir, mais cela ne nous empêche pas de penser à ceux qu’on aime. Notre étape 3 est de fêter avec notre famille, mais à distance. Il est temps de ressortir les vieux classiques. Allons frapper à la fenêtre des êtres aimés et chantons des cantiques de Noël. Fabriquons nous-mêmes des cartes de Noël comme le faisaient nos grands-mères et allons les poster. Même si on n’est pas la meilleure bricoleuse, un simple mot peut faire un bien immense. Appelons la famille que l’on voit normalement dans le temps des fêtes et prenons quelques minutes pour jaser. Parlons de tout et de rien, mais essayons de rester positifs.

Finalement, cette année, le temps des fêtes sera différent. Il faut se rendre à l’évidence. Si nous avons la santé, il ne tient qu’à nous de rendre ce moment le plus agréable possible. Je me permets donc de vous souhaiter de joyeuses fêtes !

Nancy Pedneault

Ce premier Noël…

En ces temps de réjouissance et de préparatifs du temps des fêtes

En ces temps de réjouissance et de préparatifs du temps des fêtes, je pense à toi.

Toi pour qui Noël n’aura plus jamais la même saveur. Toi qui, cette année, traverseras non sans peine ces semaines cruelles qui te rappelleront que cette personne que tu chérissais tant ne sera plus jamais de la fête.

Toi, l’adolescent qui trouvait sans doute les blagues de ton papa ennuyantes et redondantes… Cette année, tu donnerais tout pour les entendre à nouveau.

Toi, petit garçon d’à peine dix ans, tu crois peut-être encore au père Noël… Je te souhaite un réveillon rempli de magie pour oublier que cette année, ton papa n’y est pas.

Toi, la maman, l’épouse, qui doit parfois crouler sous le poids du chagrin, qui doit tant jongler afin que ses garçons ne ressentent pas sa propre peine… Je te souhaite un Noël tout en douceur et pourquoi pas, un clin d’œil, une étoile un peu plus brillante cette nuit‑là…

Toi, la maman à qui on a enlevé beaucoup trop tôt son petit ange… Que ce Noël soit porteur d’espoir ; tu sembles déjà si forte! 🌟

Toi qui as perdu un parent. Quel que soit ton âge, ton chagrin ne se mesure pas. Sache que je te comprends. 🌸

Toi qui as eu très peur de perdre un être aimé, qui a tout donné pour traverser cette épreuve et qui a finalement crié victoire (presque!), je me doute que ce premier Noël prendra un tout autre sens. ❤️

Toi, la jeune maman qui a craint le pire. Tu as eu peur de ne pas être de la fête cette année. Bien que tu doives cheminer vers une autre étape, je sais que tu seras bien entourée! Un pas de plus vers la guérison! 💪

Qui que tu sois et quelle que puisse être ton épreuve, je te porte dans mon cœur! ❤️

#gratitude

Karine Lamarche

Est-ce que le père Noël existe ?

Ce Noël restera à jamais gravé dans nos mémoires. Il aura été

Ce Noël restera à jamais gravé dans nos mémoires. Il aura été le dernier Noël magique de ma grande fille. J’aurais aimé qu’elle veuille y croire encore un peu… J’aurais voulu qu’elle ne pose pas tout de suite LA question… J’aurais préféré ne pas avoir à y répondre…

Cette année, ça m’a vraiment prise de court. Pourtant, j’aurais dû m’en douter. Les questionnements étaient commencés. Le mois passé, dans la voiture, elle a demandé, tout haut, si le père Noël existait. Elle a expliqué que les autres enfants à l’école lui avaient raconté qu’il n’existait pas. Ses deux petites sœurs l’écoutaient attentivement ce jour‑là dans la voiture… J’ai refusé de briser la magie. Je lui ai retourné la question, en lui demandant ce qu’elle en pensait. Elle m’a alors répondu qu’elle voulait vraiment qu’il existe. Et moi, je lui ai dit que c’était tout ce qui comptait.

Puis elle a reposé la question. Et encore une autre fois, je lui ai retourné la question, chaque fois, pour voir où elle en était dans sa réflexion. Un matin, elle est entrée dans ma chambre en pleurs. Ses petites sœurs parlaient des cadeaux qui arriveraient comme par magie sous le sapin. Mais pas elle. Plus maintenant. Elle m’a donc rejointe dans ma chambre. Et dans la plus grande intimité, elle m’a suppliée de lui dire la vérité. Ce sont ses mots… « Maman, je t’en supplie. Il faut que je sache la vérité. La vraie vérité. Est-ce que le père Noël existe? » Le temps était venu.

Dans mon cœur, je n’étais pas prête. Tellement pas prête. Mais ses grands yeux mouillés et sa sincérité m’ont bien forcée à lui révéler la vérité. Je lui ai dit qu’en fait, il n’existait pas qu’un seul père Noël. Je lui ai expliqué que nous étions tous le père Noël de quelqu’un. Et je savais que mes mots seraient les bons à ce moment-là : « On est tous le père Noël de quelqu’un. C’est vrai qu’il n’existe pas un vieil homme habillé en rouge qui apporte des cadeaux aux enfants. Mais c’est aussi vrai que tous les parents, le soir le Noël, offrent quelque chose à leurs enfants pour les rendre heureux. Parce qu’on est tous le père Noël de quelqu’un. Papa et moi, on offre des cadeaux à tes sœurs et toi, mais on vous offre aussi de la magie et du bonheur. Papi et Mamie aussi vous offrent quelque chose dans le seul but de vous rendre heureux, chaque année. Et maintenant que tu connais la vérité, c’est ton tour d’être le père Noël de quelqu’un. Tu peux jouer la magie avec tes petites sœurs. Tu peux offrir des cadeaux aux gens autour de toi, juste pour les remercier d’être dans ta vie. C’est ça, être un père Noël. »

Même si je savais que j’agissais bien en lui disant la vérité, mon cœur était serré et mes yeux embrouillés. Elle m’a regardée. Ses larmes coulaient sur ses joues. Elle est venue se blottir contre moi et a chuchoté : « Je pense que je ne voulais pas vraiment savoir la vérité… » Mon cœur s’est serré encore plus. Elle avait de la peine. De la vraie peine. Et moi aussi. Mais il n’y avait plus de retour en arrière. Les mots étaient prononcés. Nous sommes restées dans les bras l’une de l’autre quelques instants. Sa magie venait de s’éteindre pour la première fois. Elle avait un deuil à faire. Et je voyais ma grande fille perdre une petite étincelle de naïveté dans ses yeux. J’avais aussi un deuil à faire.

Nous sommes redescendues pour rejoindre toute la famille près du sapin. Ses petites sœurs se sont élancées vers elle pour lui parler des cadeaux du père Noël. Elle m’a lancé un regard complice et a joué le jeu. Je pense qu’elle a senti le bombardement de bonheur que ça apportait dans la maison. Je pense qu’elle a compris à quel point c’était important pour ses petites sœurs, autant que ça avait pu l’être pour elle. Et quand sa Mamie lui a offert un cadeau venant du père Noël, elle l’a remerciée sincèrement et tout simplement. Elle n’a rien dit de plus. Elle a encore joué le jeu. Je pense qu’elle a aussi compris à quel point les adultes aiment faire vivre cette magie aux enfants.

Ma grande fille a huit ans. Elle sait maintenant que Le père Noël n’existe pas. L’an prochain, elle pourra m’aider à créer de la magie pour ses petites sœurs, ses cousins et ses cousines.

Si je peux me permettre de vous donner un conseil, faites durer la magie. Le plus longtemps possible. Car quand ce jour viendra où il faudra dire la vérité, sachez que le deuil n’est pas facile à faire… même pour les parents. Sur ce, la fée des dents a une job à aller faire…

Joanie Fournier