Archives mai 2017

Nous élevons nos enfants pour les autres.

Un ami

Un ami à moi m’a sorti cette phrase-là il y a quelques jours :

« Nous élevons nos enfants pour les autres. »

Il m’a texté ça parce que la fin de semaine dernière, j’ai eu un gros breakdown émotionnel de parent complètement à boutte, comme on dit. T’sais, le genre de haine envers son enfant qui fait en sorte qu’on voudrait juste lui mettre une muselière dans une chambre insonorisée loin, loin de nous.

Le déclencheur principal de ma crise de bacon d’adulte (on a le droit nous aussi), c’est probablement lorsque certaines personnes proches de mon entourage, très proches même, ont verbalement énoncé ce que je considère être l’une des pires phrases à dire à un parent d’un enfant de trois ans :

« Ouiiiin, va falloir briser son caractère à ta fille… »

Ouch. Une claque dans face. Un poignard dans le cœur. Un tsunami de frustrations prêt à monter. MAIS NON! J’ai ravalé le vomi d’émotions et défendu ma fille en mettant la faute de son irritabilité et de son insolence sur sa fatigue. Elle était due pour sa sieste, que j’ai menti.

Mais moi là, ses cris et ses pleurs, je suis capable de les tolérer. Je suis patiente et je la connais un peu beaucoup. Je sais que c’est une passe. Je sais aussi que je dois continuer à sortir en société pour être en mesure de lui montrer comment se comporter convenablement en public. Faque quand quelqu’un soupire en la regardant pleurer, roule les yeux, ça me rajoute juste une honte dont je n’ai pas besoin. Parce que ce n’est pas la première crise qu’elle me fait aujourd’hui. Parce que ce n’est pas la dernière qu’elle me fera non plus. Parce que je suis épuisée et que je préférerais cent fois plus être en train de l’entendre rire ou me faire des bruits de pets avec sa bouche que de vivre ce moment.

« Nous élevons nos enfants pour les autres. »

J’ai compris. Ces petits mots-là m’ont permis de relativiser l’énergie que je mets sur ma fille. Je me suis rappelé pourquoi, des fois, je faisais semblant de me fâcher contre elle quand elle fait un mauvais coup que je trouve drôle dans le fond (comme mettre du Windex sur les chaises, les murs et les portes sans essuyer). Pourquoi je ne l’amène plus au cinéma voir un film d’animation (courir après elle à travers les bancs, c’est lourd). Pourquoi elle a encore sa suce à presque trois ans (elle a brisé la sienne hier, mon chum est sorti en racheter au Jean Coutu dix minutes avant que ça ferme).

Je le fais pour ne pas déranger les autres. Je le fais parce que moi aussi, je soupire et je roule les yeux face aux autres enfants-bacon autour de moi. Je le fais parce que comme tout le monde, je suis fatiguée de mes journées et que je veux la sainte paix quand je sors prendre un café.

Depuis que ma fille est née, je dis qu’il faut un village pour élever un enfant. Je réalise seulement à travers l’épopée de la parentalité que le village est juste plus gros que je pensais. Alors si on met tous un peu d’eau dans son vin, qu’on se respecte et qu’on fait preuve d’empathie quand on voit un autre parent avoir honte devant son enfant en crise, il y aura moins d’adultes-bacon dans ce monde.

Là, je vais essayer d’aller à l’épicerie avec la p’tite. Mais je vous avertis, ça se peut que vous voyiez ma puce courir dans les allées et une couple de cannes de soupe revoler. C’est normal, ça va passer.

 

 

Kathleen Allard

La cigarette, tabou des tabous.

Dans la famille

Dans la famille de mon enfance, il y a peu de tabous. On peut parler de sexe, de religion, d’argent. Mais le tabac et la fumée de cigarette, ayayaye. Si tu veux en parler ou même juste prononcer le mot « cigarette », attache ta tuque avec de la broche d’acier et arme-toi d’un bouclier blindé. Ça va barder.

Je suis pour la liberté. Tu veux fumer? Tu es un adulte informé? Fume. Tu connais les conséquences possibles. Tu es conscient que fumer peut avoir un impact sur ta santé (les campagnes publicitaires, dont certaines très… comment dire… graphiques! ne laissent personne indifférent). Sur tes proches (ça se peut, oui, qu’ils aient moins le goût de te coller, et peut-être que ça fait ton affaire après tout!). Sur ton travail (quarante heures par semaine, quand tu soustrais toutes les pauses-fumée, ça laisse moins de temps pour être efficace). Et évidemment sur ton portefeuille. À moins d’avoir un champ de tabac à même ta cour et de rouler tes propres clopes, fumer, ça coûte cher en ta. Et tu sais aussi que si tu choisis d’arrêter, des ressources existent et sont accessibles facilement.

Je suis aussi pour la liberté d’expression. Je ne te harcèlerai pas pour que tu arrêtes de fumer. C’est une décision qui doit venir de soi, si elle vient un jour. Si j’avais une baguette magique, c’est assez clair que je ferais disparaître cette dépendance. Mais je n’en ai pas. Tout ce que je peux faire, c’est te dire, une fois dans ma vie, jusqu’à quel point j’ai peur. Oui. J’ai peur.

J’ai peur parce que je te vois mourir à petit feu, au même rythme que ta cigarette raccourcit et que ton paquet se vide. Tu me répondras que de toute façon, on va tous mourir. En effet. Par définition, l’humain est un être mortel. Mais es-tu obligé d’accélérer ta mort? Es-tu obligé de te dépêcher de traverser le fil d’arrivée, et de le passer dans la souffrance d’un cancer des poumons ou de la gorge? Je t’entends tousser sans bon sens. Je te vois chercher ton air. Tu me dis que cette année, la grippe a été dure. L’année passée aussi, et l’autre d’avant tout autant. J’ai peur de te voir te battre avec les infirmières pour pouvoir fumer ta cigarette malgré la machine à oxygène qui te sert de meilleur ami. J’ai peur que par orgueil, tu refuses de consulter à temps et que tu nous caches la vérité : la cigarette a eu raison de toi. Elle, elle finira dans un cendrier et sera remplacée par une autre qui lui ressemblera et qui t’apportera autant de plaisir. Toi, tu finiras dans un lit d’hôpital, puis dans un cercueil, et personne ne pourra te remplacer.

J’ai peur parce que je te vois t’éloigner de moi, de nous. Quand j’ai osé mentionner que mon chum asthmatique était en train d’étouffer et devait sortir sur le balcon à -30 pour pouvoir respirer, on s’est moqué de moi, de lui. « Ben voyons donc, tite nature! » Quand j’ai osé imposer ma limite, dire que dans ma maison, il n’y a pas de cigarettes qui s’allument, tu m’as reniée. Des mois sans me parler, parce que j’avais osé parler.

J’ai peur parce que mes enfants commencent à rouspéter quand c’est le temps de te visiter. Ils t’adorent, mais ils ne comprennent pas cette habitude. Ils n’aiment pas cette odeur qu’on conserve des heures après notre départ. Quand ils me demandent pourquoi tu fumes, je leur dis que c’est un choix que tu fais, que c’est très difficile d’arrêter, que tu dois avoir tes raisons. Je sais qu’ils te retourneront la question, que ça créera un malaise parce que la cigarette, c’est tabou. C’est le « sujet-dont-il-ne-faut-pas-oser-parler ». Mais je ne leur dirai jamais qu’ils n’ont pas le droit d’en parler. Quand ils te disent : « Pourquoi tu fumes? » et que tu leur réponds « C’est mon seul défaut, celui-là, je le garde. », tu passes à côté d’un mot d’amour. Dans le fond, quand on ose affronter le tabou, ce qu’on te dit, c’est « je t’aime ».

 

Journée mondiale sans tabac 2017: http://www.who.int/campaigns/no-tobacco-day/2017/event/fr/

Québec sans tabac: https://quebecsanstabac.ca/

Santé Canada: http://hc-sc.gc.ca/hc-ps/tobac-tabac/quit-cesser/index-fra.php

Eva Staire

 

Ces petits gestes tout doux

Chaque jour, je reçois des tonnes de câlins de la part de mes enfa

Chaque jour, je reçois des tonnes de câlins de la part de mes enfants. Des câlins coupe-en-deux tellement ils sont forts. Des câlins chatouilles. Des câlins effleurés à l’heure du départ pour le travail. Des câlins ressourçants, qui font monter mon niveau d’énergie en flèche. Des câlins désespérés, qui cherchent à réparer une grosse peine ou à calmer une peur incontrôlable. Même chose pour les bisous. Soufflés, papillon, beaux-rêves, sur-une-joue-et-sur-l’autre-pour-pas-que-l’autre-joue-soit-jalouse. De l’affection à la pelle mécanique, autant de la part de mes plus jeunes encore à moitié dans mes jupes que de la part de mes grandes qui ont un pied et quart dans l’adolescence.

Et bien sûr, l’affection est à double sens : j’en donne tout autant que j’en reçois! Ils ont appris ces gestes quelque part, n’est-ce pas?

Quand je vois mes enfants se donner mutuellement de l’affection, se dire des mots d’amour, se voler un câlin au passage, je trouve ça magnifique. Lumineux. C’est comme mon diplôme de bon parent, parce que c’est ce que je voulais qui arrive. Quand j’imaginais ma famille avant de lui donner naissance, je visualisais un groupe d’êtres humains uniques, différents, mais qui partageaient souvent des petits gestes tout doux et des paroles d’amour.

Et là, c’est le moment où l’affection se répand en dehors de notre cocon. Je ne parle pas de mon coco de maternelle qui saute dans les bras de ses amis dès qu’il les voit le matin. Je ne parle pas de ma grande peanut qui appuie sa tête sur l’épaule de sa grand-maman pour lui dire qu’elle est bien près d’elle. Ni de mon mini qui donne tellement de colleux à la seconde qu’il comblerait les besoins d’affection de n’importe qui pour les douze prochaines années.

Non. Je parle plutôt de cette petite main que j’ai surprise dans la main d’un « ami » promu au rang d’amoureux. Des doigts de ma fille de onze ans qui s’entrelaçaient avec ceux de son amoureux. Je parle de la caresse dans le dos que j’ai cru voir au moment des au revoir. Je parle de la petite tête blondinette qui a trouvé son nid dans le creux de cou de ce jeune garçon si gentil et si doux.

Depuis le début de l’année scolaire, ma cocotte multipliait les noms d’amoureux, jusqu’à en avoir cinq en même temps. C’était plutôt innocent, c’étaient plutôt des amis. Mais elle me disait ressentir les premiers papillons. Elle ramenait à la maison ses yeux remplis d’étincelles et son manque de courage de donner son numéro de téléphone à un de ses chevaliers. Elle rapportait beaucoup d’hésitation accompagnée d’un désir exprimé de vivre l’amour.

Et c’est arrivé. La demande. Veux-tu être mon amoureuse? Oui, bien sûr!

Ils s’entendent bien. Ils jouent beaucoup. Ils rient beaucoup. Ils étudient parfois ensemble. Ils passent plusieurs heures par jour ensemble, parfois seuls, souvent avec d’autres amis. Ou avec mes garçons comme chaperons. Ils font tous partie de la même « gang » malgré la différence d’âge. Déjà un bon signe que c’est un petit gars respectueux! En plus, quand ils finissent de jouer, c’est lui qui rappelle à ma fille qu’il faut ranger. Quel gendre!

Calmons-nous la belle-mèrite… Je vois bien que pour ma fille, c’est une relation importante. Est-ce que ça continuera jusqu’à la fin de l’année scolaire, jusqu’à la fin des vacances? Peut-être, probablement. Il y aura certainement un premier baiser, s’il n’est pas déjà arrivé. Mon œil de maman les trouve mignons dans leur bulle de tendresse. Mon œil de mère veille tout de même. Entre la caresse tendre dans le dos et la main qui descend sur les fesses, il n’y a que quelques centimètres…

Je suis rassurée par le fait que ma fille me dit la vérité ouvertement, sans que j’aie besoin d’enquêter. Je vois bien le papa qui s’inquiète un peu plus, et je crois que c’est bien normal. Notre cocotte est passée de petite fille à jeune ado amoureuse en quelques semaines. Ayant perdu mon papa quand j’étais petite, je n’ai comme référence adulte de ma propre adolescence que le regard de ma mère. Alors j’apprends au même moment mon propre rôle de mère devant la mutation des petits gestes tout doux et mon rôle de partenaire d’un papa qui vit les choses différemment de moi.

Et dans tout ça, je veux surtout laisser à ma fille un espace sain (et tout de même surveillé!) pour vivre ces petits gestes tout doux. En espérant que la tendresse ne cède pas le pas trop rapidement à ce qui suivra. Inévitablement.

Nathalie Courcy

La fille, le char, pis le vendeur de char

J’ai eu mon permis de conduire à trente-sept ans et, jusqu’à c

J’ai eu mon permis de conduire à trente-sept ans et, jusqu’à ce que je sois mère, je n’ai jamais vu l’utilité de posséder une voiture. 1— Ça pollue. 2— Ça coûte cher. 3— Faut toujours que tu la nettoies. En 2015, obligée par de nouvelles fonctions professionnelles, j’ai dû me résigner et m’acheter une auto. Du moment où j’ai vu l’auto jusqu’à la signature du prêt, il a dû s’écouler vingt-trois minutes. Trente, max. Manque de jugement et de vision de ma part, j’ai acheté trop vite une auto qui, deux ans plus tard, ne me convient plus. Comme j’essaie d’éviter de faire deux fois les mêmes erreurs (sauf en amour où là, j’ai une mauvaise moyenne au bâton), je me suis dit que cette fois-ci, j’allais faire les choses correctement. Et, par correctement, je veux dire que je ne choisirai pas ma voiture en me basant uniquement sur sa couleur. T’sais.

Avant de me « taper » tous les concessionnaires de la région, j’ai googlé. J’ai lu. J’ai comparé. J’ai regardé des photos et des vidéos. J’ai fait des calculs, des comparaisons. J’ai demandé des soumissions d’assurances, j’ai établi un budget, j’ai rédigé ma liste de souhaits. Eurk. No walk in the park (sauf si ce parc est infesté de zombies ou de gens porteurs de la peste bubonique).

Je peux affirmer, sans exagérer, que magasiner un char est dans mon top cinq des choses que je déteste le plus faire au monde – pas mal exæquo avec déchirer au troisième degré et avaler (par erreur) la morve de mon bébé. En fait, ce n’est pas tant le magasinage qui me rebute que les irritants qui viennent avec. Je vais ratisser plus étroit et limiter ces irritants à deux choses : les négociations de prix et le mauvais vendeur de char.

Pourquoi aucun vendeur ne nous fait son meilleur prix sur-le-champ? Pourquoi est-ce au moment de partir qu’il nous dit : « Quel prix tu aimerais avoir pour qu’on fasse une vente aujourd’hui? » Pourquoi doit-on avoir l’air indifférente, voire bête, pour payer le juste prix pour une voiture? Pourquoi plus on magasine, plus les prix baissent? Et surtout, pourquoi, à peine une heure après qu’on est sortie de son bureau, le vendeur nous rappelle, trop heureux, en nous disant que son directeur des ventes nous a trouvé un SUUUPER deal? On jase, là, l’grand, mais il était où ce super deal quand mes fesses étaient assises dans ton bureau? Amis concessionnaires, pourquoi vous vous inspirez pas du concept de L’Aubainerie ou des épiceries : ÉCRIVEZ LES PRIX SUR VOS OSTIS DE CHARS, SIVOUPLAIT!!! C’faciiile, pis ça nous rendrait tellement plus heureux!!

Deuxième irritant, le vendeur de char. Pas le gentil qui t’accompagne dans ton magasinage, qui te donne l’heure juste sur le véhicule que tu veux acheter, qui répond clairement à tes questions, là. Non, pas lui. L’autre. Celui qui te voit arriver avec tes seins pis ton portefeuille, pis qui se met à te parler lentement pour que tu comprennes bien CE-QU’IL-T’EX-PLI-QUE. Celui qui te coupe la parole à tout moment et qui t’écoute pas quand tu parles. Celui qui veut toujours te faire essayer le modèle juste-un-peu-au-dessus-de-ce-que-tu-cherches pour pas grand-chose de plus par mois. Celui qui se plante, Alpha-Style, devant un char de 35 000 $ pis qui te lance, confiant en ses capacités de vendeur, la longue liste de caractéristiques dudit char :

1-      Le coffre loge beaucoup. Pratique pour les gros après-midis de magasinage de la madame, hein?!

2-      Y a des p’tits miroirs avec une p’tite lumière, pour les retouches de maquillage, dans les deux pare-soleils.

3-      Le bouchon du gaz se dévisse facilement.

4-      Le bluetooth se contrôle à partir du volant.

5-      La voiture est sécuritaire. T’sais, la vie de nos enfants n’a pas de prix.

6-      Ah, pis ça vient en plein de couleurs.

Si je voulais acheter la berline-décapotable de Barbie-fonde-une-famille, je serais au Toysrus avec un budget de soixante-quinze piasses; pas chez vous à suer ma vie au grand soleil dans un champ de chars neufs parkés su’l’asphalte! Je trouve ça vraiment cool d’avoir un bouchon de gaz facile à enlever, mais je trouverais ça encore plus cool d’avoir une consommation d’essence sous les deux-milles dollars par année et d’être capable de freiner quand j’arrive à un stop. Mais ça, c’est moi. J’ai toujours vu trop grand.

La fin du mois avance et j’ai toujours une voiture à acheter. J’hésite encore sur le modèle, le fabricant et, plus le temps avance, moins je prends plaisir à magasiner. Dans les deux dernières semaines, j’ai visité huit concessionnaires et essayé six voitures. À l’exception de l’essai routier d’un VUS (dont je tairai le nom), je n’ai apprécié aucune de ces minutes. Magasiner un char, surtout quand on est une femme, c’est comme se faire épiler la moustache passé quarante ans : un mal nécessaire et un moment désagréable. Souffrant. Vous avez des coups de cœur, des voitures parfaites à suggérer? Vous êtes magasineurs/neuses de voitures bénévole et vous êtes à la recherche de votre prochaine B.A. ou vous avez des amis vendeurs de voitures qui ont l’aura de Gandhi? S’il vous plaît, inscrivez votre/leur nom ici, moi j’abdique pis d’ici à ce que je trouve, je r’sors mon bicik!

Liza Harkiolakis

Ta fausse couche est pire que la mienne…

Ah! C’est un concours? Eh ben… je n’avais pas reçu le mémo!

Ah! C’est un concours? Eh ben… je n’avais pas reçu le mémo! Par contre, bien honnêtement, ça ne m’intéresse pas du tout d’y participer.

Le parcours vers la parentalité est si différent d’une famille à une autre… Certains ont de la facilité à procréer alors que d’autres auront un cheminement laborieux et interminable en fertilité. Certaines feront des fausses couches à répétitions, d’autres aucune. Certaines vivront bien la perte d’un bébé et ce sera un drame immense pour d’autres, certaines vivront une grosse dépression post-partum, d’autres seront sur un nuage sans jamais en descendre. Je pourrais continuer longtemps comme ça tellement les situations sont différentes et nombreuses.

Plusieurs facteurs influencent ces réactions et ces perceptions, sans oublier que des émotions, ce n’est pas rationnel! Pouvons-nous réellement comparer ces événements et les hiérarchiser? Pour plusieurs, il semblerait que la réponse soit oui et ça me laisse sans voix.

Nous avons l’immense chance que ça fonctionne rapidement pour nous. Chéri me regarde et un petit bébé grandit dans mon ventre. Je suis tombée enceinte au deuxième cycle d’essais pour notre fils et du premier coup pour les deux grossesses qui ont suivi.

Après la première fausse couche, les commentaires étaient gentils, mais balayaient toute légitimité de tristesse.

« Vous en avez déjà un en santé, alors vous savez que vous êtes compatibles. »

« De toute façon, tu tombes enceinte vite, non? »

Sur le coup, ces commentaires ne m’ont pas fait réagir. Après tout, c’était vrai. Aussi, nous étions très rationnels et nous nous appuyions sur les statistiques. Entre 20 et 25 % des grossesses se terminent en fausse couche : c’est énorme, mais ce n’est pas grave. Nous voulons quatre enfants, c’était donc à peu près certain qu’on vivrait ça une fois.

C’est quand je suis retombée enceinte, dès le cycle suivant, que les commentaires ont commencé à me faire sourciller.

« Déjà!? Dis-le pas trop fort, c’est gênant! » Hein? Je dois être gênée de tomber enceinte facilement? Et c’est moins une bonne nouvelle parce qu’on n’a pas attendu plusieurs mois?

« Si tu fais une autre fausse couche, ce ne sera pas trop dur à prendre vu que tu sais que tu tombes enceinte facilement. » HEIN? Ce serait censé être moins triste? Pourtant, « les statistiques » ne nous seraient plus favorables. On tomberait à une grossesse heureuse sur trois. Et le stress de la grossesse suivante, il n’a pas lieu d’être?

Cette grossesse s’est aussi malheureusement interrompue beaucoup trop tôt. Mais là, c’était triste, là on faisait pitié…

Vous remarquerez que je n’aborde pas tellement nos émotions et réactions à ces diverses étapes. Simplement parce que ce n’est pas le point. En fait, ce qui me laisse perplexe, ce sont les gens qui se permettent de déterminer à notre place si nous devons être tristes ou stressés, à quel point, à quel moment et, surtout, qui se permettent de juger de la légitimité de nos émotions.

Ces constatations s’ajoutent à celles vécues et entendues par d’autres femmes et couples. Les fausses couches ne sont pas les seules visées. Juger à quel moment une femme peut angoisser à l’idée de ne pas être encore enceinte : après combien de temps est-ce acceptable? Six mois? Deux ans? Être déçue d’accoucher par césarienne alors que maman et bébé sont en santé : légitime ou non?

Il me semble pourtant que toutes les émotions sont légitimes et que je ne peux pas juger une réalité qui n’est pas la mienne… Mais peut-être suis-je trop sensible…

Jessica Archambault

Quand papa n’est plus là…

Difficile pour u

Difficile pour une maman de voir ses enfants grandir sans être accompagnés du père…. Vivre toutes les étapes de la vie de ses enfants et se demander ce que papa dirait ou ce que papa en penserait. Cette année chez nous, il y a beaucoup d’étapes que je devrai franchir en me posant ces questions. Les années passent, les enfants grandissent et pourtant, je ne m’habitue pas. C’est toujours aussi difficile que la première fois où j’ai vu ma grande faire son numéro de claquette sur scène; c’était le rêve de son père.

 

Ce soir, c’est mon grand qui m’a fait vibrer d’émotions. Mon beau garçon qui me demandait depuis quelques années déjà de jouer au soccer. Étant seule et travaillant selon un horaire rotatif et atypique, j’avais toujours refusé. Il a fallu que je me rende à l’évidence que le soccer, il avait ça dans la peau. Le sport, il a ça dans le sang. Il adore bouger et il en a besoin. Quand je lui ai annoncé que cette année était la bonne, il jubilait.

 

Après deux mois d’attente, c’est ce soir qu’il a joué son premier match. Sous la pluie battante et le vent. Mais rien ne les arrête à dix ans. Il a débuté le match comme gardien de but. Il a bien fait; même s’il s’est fait compter le premier but, il ne s’est pas découragé. Pendant la deuxième demie, il a joué à l’avant. Encore là, il a bien fait avec un but. Sur le chemin du retour, comme chaque parent, on a discuté du match et je lui ai dit à quel point j’étais fière de lui.

 

Au retour à la maison, le téléphone a sonné. C’était notre voisin, le papa d’un de ses coéquipiers et son ami avec qui il joue tous les jours au soccer au retour de l’école. Notre voisin qui était très proche du père de mes enfants. Un grand complice, une personne au grand cœur qui a toujours été là pour nous aider. Il appelait mon fils pour lui dire qu’il avait joué un très bon match. Mon voisin ne se doutait pas à quel point son geste allait me toucher, moi. C’est à ce moment que j’ai réalisé à quel point le papa de mon garçon serait fier de lui, fier du jeune garçon épanoui qu’il devient…

 

Des moments d’émotions comme celui-là, je vais en avoir quelques-uns encore dans les mois à venir puisque ma grande termine le primaire dans quelques semaines et en septembre, ce sera l’entrée au secondaire… Ouf! Je n’ai pas fini de pleurer…

 

Annie Corriveau

 

Jamais assez

Ce soir, je craque. J’en ai marre de courir tout le temps et d’a

Ce soir, je craque. J’en ai marre de courir tout le temps et d’avoir encore l’impression de n’en faire jamais assez. J’en ai marre de faire mon possible et d’avoir encore l’impression de ne jamais être à la hauteur, moi-même. Je suis fatiguée de voir la déception dans les yeux de ceux que j’aime et d’avoir la peur au ventre de ne jamais y arriver…

Dans les yeux de mon père, je ne suis pas assez aventureuse, fougueuse, voyageuse. Je reste encabanée dans ma petite vie et ma petite routine. Les enfants, le métro-boulot-dodo, les horaires de fous, c’est pourtant ça, mon quotidien… Mais ce n’est jamais assez.

Dans les yeux de ma mère, je ne prends pas assez soin de mon corps. Il faudrait que je m’entraîne, que je perde du poids, que je me coiffe et me maquille tous les jours. Alors que moi, je préfère arborer le jean un peu trop grand, le t-shirt confo et la toque-su’a-tête. Je ne serai jamais « assez ».

Mon frère aurait tout donné pour avoir une sœur plus jetset. Une fille branchée, à la mode, qui prend son petit mojito dans les 5 à 7. Avec trois enfants, mes 5 à 7 sont plus une course dans laquelle je veux arrêter le temps pour les bercer, sentir l’odeur de leurs cheveux et leurs petites mains dans la mienne…

Au travail, les piles de documents sont rendues tellement hautes que je me demande si elles ont une date d’expiration… Ça peut-tu sentir le moisi, du papier, à la longue? Moi qui prends toujours les plus gros dossiers, ceux dont personne ne veut. Moi qui ne dis jamais non. Moi qui travaille toujours en double, pas de pause, et deux fois plus vite que prévu. Pourquoi j’ai encore l’impression, à la fin de ma journée, que ce n’est pas encore « assez ».

Je finis ma journée. Cours chercher les enfants. Cuisine le souper. Ramasse. Donne les bains. Ramasse. Lis l’histoire (brosse les dents si j’y pense). Ramasse. Je n’arrête pas une seconde dans ce shift-là non plus… Pourtant, j’ai encore l’impression de ne pas être « assez » là avec eux aussi… Pas assez présente, pas assez patiente, pas assez à l’écoute… Jamais assez.

Et j’aimerais parler de ma vie sociale, mais la vérité, c’est que je n’en ai plus. Alors, je ne dois pas être « assez » dans cette sphère‑là aussi…

Ho! Et si je me fie à l’état actuel de ma maison, en passant par la quantité de poils de chien sur le plancher, jusqu’à la montagne de vaisselle sur le comptoir… J’ai encore l’impression de ne pas y arriver. Ma belle-mère voudrait que je sois la femme de maison parfaite, avec un plancher immaculé, des chaudrons propres et des plats de plastique bien rangés. Mais pour elle non plus, je ne serai jamais assez…

Au fond, peut-être que mes parents sont fiers de moi. Peut-être que mon frère envie ma p’tite vie de famille bien rangée. Peut-être que mes collègues de bureau se demandent comment j’en fais autant. Peut-être que ma belle-mère… Non, exagère pas, quand même!

Peut-être que c’est moi qui ne me trouve pas « assez ». Je voudrais tout faire, en même temps. Je voudrais être partout et tout vivre en même temps. Je voudrais accélérer le temps au boulot, et faire pause quand mes enfants se fondent dans mes bras. Mais la vérité, c’est que c’est impossible. Je ne peux pas en faire plus. Et je ne peux pas arrêter le temps. Et ce soir, je viens de m’en rendre compte. Et ce soir, je craque.

Quand les mères vont-elles enfin se sentir « assez »? Assez belles, assez aimantes, assez patientes, assez travaillantes, assez intelligentes, assez fortes… Juste « assez ». J’ai envie de créer le club des mamans juste « assez », vous en dites quoi?

Ce soir, j’envoie un gros câlin virtuel à toutes les mamans qui en ont besoin. C’est gratuit. Juste assez gratuit.

Joanie Fournier

Réflexion de maman un dimanche matin

J’ai trois enfants. Une fée de huit ans, une artiste de presque q

J’ai trois enfants. Une fée de huit ans, une artiste de presque quinze et un futur policier de dix-huit. Ces trois enfants qui sont les miens sont les amours de ma vie. C’est cliché mais c’est comme ça.

J’aime les voir grandir. J’aime participer à la construction de leurs rêves et à ce qu’ils deviennent. J’ai l’intime sentiment que je leur ai donné le meilleur de moi-même. Pas toujours mais souvent. Pour ce qui leur aura manqué, ils peuvent toujours être sauvés par la thérapie ou par une rencontre avec quelqu’un qui saura être significatif. Ce bout-là me console. Je sais fort bien que même si j’ai donné le meilleur de moi-même, il y aura toujours des manques, des failles. Je ne peux pas répondre à tous leurs besoins sur-le-champ. D’autant plus qu’ils sont trois. Trois enfants que j’aime, mais trois enfants fort différents avec des besoins et des attentes différentes. Non pas que je ne veux pas, mais des fois je passe à côté, je ne décèle pas tout ce dont ils ont besoin. Et hop! Une thérapie de plus.

Je ne suis pas une maman parfaite. Loin de là. Je n’ai d’ailleurs aucune idée de ce à quoi ça ressemble. Celle qui fait les lunchs, qui assiste à tous les tournois de hockey, qui est toujours bien mise, qui ne crie jamais après ses enfants? Ça m’importe peu. Je suis toutefois une maman qui ressemble à la femme que je suis. What you see is what you get, qu’on dit. Je ne peux pas être plus transparente que je ne le suis.

Mes enfants grandissent donc à une vitesse folle. Parfois, j’en perds le nord. Fréquemment, lorsque je les aime au travers de mon regard, de par mes gestes, dans ces paroles que je peux leur dire, je me rappelle les paroles de Khalil Gibran : « Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même, ils viennent à travers vous mais non de vous. Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas. » J’ai mis des enfants au monde pour qu’ils puissent parcourir le leur. À leur façon et non pas à la mienne. Et ça des fois, ça me fait peur. Et ça des fois, ça me fait pleurer.

J’aime ce qu’ils sont. Ce qu’ils deviennent. Mais non, je ne suis pas toujours en accord avec leurs choix. Je ne suis pas toujours d’accord avec la route à prendre. Je les vois parfois s’engager sur des chemins difficiles, sinueux et qui amèneront inévitablement souffrances et déceptions. Je voudrais les prévenir, leur crier : ne va pas là! Tu vas tant te blesser! Et parfois je le leur dis. Et parfois non. Parce qu’à la toute fin, c’est eux qui décideront. Qui emprunteront le chemin qui leur semble juste, porteurs d’espoirs et de désirs, qu’importe ce que j’en dis. Des Christophe Colomb à la conquête de l’Amérique. De la leur.

Le mieux que je peux faire est de les accompagner. S’ils en ont envie. Au-delà de mes peurs et de mes incohérences. Les laisser s’envoler du nid et parcourir des montagnes jonchées de chemins tranquilles et d’une beauté à couper le souffle. Emprunter les chemins les plus obscurs et terrifiants. Respirer un grand coup. Rester disponible pour qu’ils me racontent leurs voyages. Et continuer de leur faire confiance, me rappeler le bagage qu’ils portent en eux-mêmes, le legs que leur père, de leur entourage et de moi‑même leur avons laissé. Et le plus important : les aimer fort et le leur dire. Et leur envoyer des baisers même si c’est de bien loin.

Isabelle Bessette

 

Ton gazon

Chaque printemps, c’est la même rengaine. Tu déc

Chaque printemps, c’est la même rengaine. Tu déclares la guerre. Tu pars au combat, armé d’outils, de produits (parfois toxiques!) et de semences. Tu carbures à l’huile de coude. Tu arraches, tu traques, tu plantes, tu aères et tu passes des heures à quatre pattes dans ton jardin.

Je te regarde aller chaque année et j’essaie fort de comprendre. Pourquoi le gazon doit-il être vert et parfait? C’est quoi l’idée de passer des heures à lutter contre la biodiversité que nous offre dame nature?

Quand je suis arrivée au Québec, j’ai fait deux constats : les gens sont stressés des dents (elles doivent être parfaitement blanches et alignées) et du gazon!
J’ai grandi en campagne et je n’avais jamais vu ce comportement avant. On dirait que je ne m’y habitue pas. J’aime mon gazon multiculturel! Il est touffu, varié et coloré! J’adore les pissenlits! Du jaune dans ce vert après des mois de blanc! Wow! Pourquoi les éradiquer? Ce sont les premières fleurs que les enfants offrent à leur maman! On ne peut pas ne pas les aimer!

Je me dis que si tu es heureux de passer des heures dehors avec les mains dans la terre, c’est correct aussi. C’est apaisant de jardiner. Et tu prends soin de ton petit lopin de terre, ton morceau de planète à toi.

Le plus drôle, c’est que lorsque tu coupes ton gazon, ça prend à peu près sept minutes et douze secondes et ton voisin sort aussi sa tondeuse! Parce que… t’sais. Faut que ton gazon soit le plus beau de la rue. La guerre des gazons!

Là où ça me tape le système et que le sang bouillonne dans mes veines, c’est quand je te vois… arroser ton herbe! HEY! La pluie sert à ça! Je ne peux pas croire que notre Terre se réchauffe, que la moitié de la planète crève de soif, pis toi, tu arroses! Je ne comprends pas! Je vois même des voisins arroser leur asphalte! Leur asphalte! Il va pousser plus vite, tu penses?!
En Europe, on paye l’eau que l’on utilise. Ici, on gaspille.

Quelle image donnons-nous à nos enfants en leur montrant que le gazon autour de la maison est épuré et fragile, car il est si souvent attaqué par les vers? Alors, on le traite et on le nourrit de plein de produits chimiques. Une banlieue aseptisée si agréable à regarder, mais si loin des vraies choses, des valeurs de mon enfance, de la protection de notre environnement…

Je m’excuse si le vent t’apporte quelques grains de pollen rebelles des fleurs qui poussent librement dans mon jardin. Je veux que mes enfants puissent souffler sur la fleur de pissenlit, fermer les yeux et faire un vœu… Je ne leur volerai pas ça pour une herbe trop… parfaite. Car nous sommes imparfaits.

 

Gwendoline Duchaine

 

Voyage solo en avion avec des enfants

À toi, la maman (ou le papa) qui prévoit voyager avec tes enfants.

À toi, la maman (ou le papa) qui prévoit voyager avec tes enfants. Prendre l’avion pour un voyage de cinq ou six heures ou même plus est déjà une épreuve en soi : être confinée dans un espace restreint et mal assise, avec en plus la promiscuité, l’altitude, l’attente, les jambes lourdes, le mal d’oreille… Alors imaginez voyager avec des enfants en bas âge et seule en plus! Il faut être très bien préparée pour que votre voyage ne se transforme pas en cauchemar. Voici une check-list pour éviter les turbulences et mauvaises surprises en vol!

La première chose à faire avant de partir en solo est d’avoir en sa possession une lettre du parent absent vous autorisant à sortir et entrer vos enfants du territoire. Que vous soyez toujours ou non en couple, le parent qui ne voyage pas doit donner son autorisation signée en stipulant dans la lettre vos dates de départ et ses coordonnées. Il est aussi conseillé d’avoir une copie de la preuve d’identité du parent en question. Pour les familles divorcées, assurez-vous aussi d’avoir l’ordonnance de la cour concernant la garde des enfants, ainsi que la lettre d’autorisation. Pour les familles, qui malheureusement, ont perdu un parent, il est recommandé de voyager avec l’avis de décès.

Une fois ces papiers administratifs en main, voici quelques trucs et astuces pour préparer votre valise et la meilleure attitude à adopter une fois dans l’avion.

Voyagez léger et pratique, un seul sac si possible, à l’intérieur ranger ensuite vos choses dans des pochettes thématiques (rechanges, vêtements, nourriture, personnelle) pour tout trouver rapidement. Pensez à avoir les mains libres le plus souvent possible. Privilégiez, si l’âge de vos enfants le permet, un porte-bébé ou une écharpe de portage. Vous pourrez avoir une poussette jusqu’à la porte d’embarquement; prenez un modèle compact que vous pourrez facilement manipuler (vous serez responsable de la plier et de la ranger). Pour votre sac, le sac à dos est très utile et facile à transporter. Si vos enfants sont assez grands, ils peuvent aussi en avoir un. Mettez-y leurs crayons de couleur, tablettes, jeux, toutous, petite couverture…

Quoi mettre dans votre sac : couches et lingettes, mouchoirs, prévoyez des vêtements de rechange pour tous les membres de la famille, pour vous-même également. On n’est jamais à l’abri d’un accident… Vous ne voudriez pas voyager pendant cinq heures en sentant le vomi, car vous avez une belle auréole sur l’épaule!?

Prévoyez des grignotines : noix, barres fruitées, compote, biscuits… Si un repas est fourni durant le vol, il vous faudra faire patienter vos enfants et ce n’est pas garanti qu’ils aimeront le choix offert. Pour les boissons, vous pourrez demander aux agents de bord, ils peuvent même vous laisser une bouteille. Si vous avez un bébé, pensez au biberon pour l’eau puisque l’altitude et l’air sec à l’intérieur des avions déshydrate énormément.

Pour occuper vos enfants, apportez-leur des cahiers de dessins, des cartes de jeux, des autocollants, des livres… Personnellement, j’ai pris l’habitude de leur offrir un magazine en librairie quand nous attendons l’embarquement. Souvent, ils ont une jolie surprise à l’intérieur!

Soyez zen, vos enfants ne sont pas plus turbulents que les autres. Ils bougent, c’est normal. Faites des allers-retours pour vous dégourdir, allez gentiment visiter les agents de bord et n’hésitez pas à leur demander de l’aide. Pour ceux qui ne supportent pas les voyages, il existe des granules homéopathiques et des produits naturels pour l’anxiété, le mal des transports, etc. Parlez-en à votre pharmacien.

Lors du décollage et de l’atterrissage, faites boire vos enfants ou mâcher de la gomme. S’ils ont vraiment mal aux oreilles, vous pouvez demander deux verres en styromousse avec un coton imbibé d’eau chaude. Vous les collez sur les oreilles de votre enfant. La vapeur aide à dilater les tympans, nous appelons ça « les oreilles de Mickey! »

Une fois arrivée, il faut encore gérer les douanes, les valises… Encore une fois, respirez un bon coup, relaxez, vous y êtes presque! Pour récupérer vos valises en gardant un œil sur vos marmots, demandez à un gentil monsieur de vous aider. Il récupéra sans problèmes vos valises sur le tapis roulant, ça vous évitera de tenir d’une main votre plus grand, de vous pencher et t’attraper les sacs avec votre plus petit dans le porte-bébé.

Anticipez au maximum, voilà le secret, et surtout, profitez bien de vos vacances!

Cordialement,

Gabie Demers-Morand

L’attente, ou quand bébé se fait attendre

Je vivais dans un monde de licornes et de fées quand je pensais qu’il suffisait de glisser sur un

Je vivais dans un monde de licornes et de fées quand je pensais qu’il suffisait de glisser sur une peau de banane afin de tomber enceinte. Dans ma tête, quelques galipettes avec monsieur auraient suffi à implanter une petite crevette dans mon ventre.

Le premier mois où cela n’a pas fonctionné, je n’étais pas surprise. C’était la shot d’essai après tout. Le deuxième mois d’échec, j’ai été déçue mais sans plus. Puis, chaque mois supplémentaire où je voyais mes règles arriver a été de plus en plus difficile. Bien sûr, il y a eu quelques retards, mais la maudite ligne solitaire sur le bâton de test me disait « Sorry fille, ce mois-ci, tu participeras au profit de Tampax. »

On espère tellement un bébé, qu’on devient submergé par cette pensée. On est tellement à l’écoute de notre corps qu’on s’invente des symptômes de femme enceinte. Cela fait un an que j’ai mal au cœur et que j’ai les seins tendus. On devient vite accro aux forums de discussions. On tape sur Google « test de grossesse négatif, mais règles quand même, est‑ce possible d’être enceinte? » T’sais, les sites où on mentionne un mal de tête et que nous apprenons que nous avons le cancer des cheveux….

Puis un jour, la réalité nous rattrape. Assis dans le bureau d’un médecin, on apprend que nous aurons de la difficulté à concevoir de façon naturelle. Y’aura pas de bing bang pouf dans la pantoufle. Il y aura des médicaments, des échographies, des injections et plusieurs prises de rendez-vous. Mais surtout, un sentiment de culpabilité de la part du partenaire pour qui c’est plus difficile de concevoir.

Puisque l’infertilité est un sujet encore tabou, on ne s’empresse pas de le crier sur les toits. On ne se tag pas sur Facebook à la clinique de fertilité comme à un concert ou au dernier restaurant en vogue. Et puisque les gens ne savent pas ce que ton conjoint et toi vivez, il y aura bien sûr les remarques telles que « Arrête d’y penser et ça viendra naturellement. » Je le sais, ça fait mal à entendre. Ça fait mal, aussi, quand tes amies t’annoncent leur grossesse, surtout si elle est imprévue. Tu dis à ta face d’être contente, mais en dedans de toi, il y a une pointe de jalousie.

Heureusement, il y a l’entourage. Des personnes qui ne peuvent comprendre exactement par quoi tu passes, mais qui savent écouter et trouver à leur façon des mots pour te réconforter et t’encourager à continuer dans la mesure du possible. Il y a aussi le soutien des conjoints l’un envers l’autre. Et tu te dis que ton bébé, tu ne l’auras pas fabriqué sous la couette, mais bien en passant à travers toute une épreuve avec ton chéri. Et pour moi, c’est une chouette façon de faire un bébé : rester debout ensemble malgré les obstacles de la vie!

Aryane Gauthier