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J’ai envie de te dire…

Au lendemain de ce premier couvre-feu historique, j’ai envie de te

Au lendemain de ce premier couvre-feu historique, j’ai envie de te dire plein de choses…

Bien humblement, je l’avoue, j’ai triché.

J’ai flanché pour mes filles, le cœur brisé de les voir tristes, privées de leurs amies.

J’ai flanché pour moi, égoïstement, en recevant quelques amis, le temps d’une soirée un brin festive. La plupart du temps dehors, mais trois ou quatre fois à l’intérieur…

Je l’ai fait. Comme beaucoup d’autres.

Je me suis privée de mon père et de ma sœur puisque trois heures de route nous séparent et surtout, pour protéger mon père. Ma sœur infirmière s’est isolée au maximum, étant infirmière aux urgences.

Jusqu’à hier soir, je n’avais pas mesuré l’ampleur de ce qui nous guette. Le fils d’un ami s’est blessé sérieusement en glissant. Mon ami se pointe à l’urgence de l’hôpital le plus près. Surprise : on a fermé cette urgence. Le personnel a été rapatrié dans d’autres hôpitaux…

Boum. Ça m’est rentré dedans. Et si c’était moi ? Mes filles, mon chum ? C’était incroyable quand ça se passait en Italie, tellement loin, tellement irréel… Aujourd’hui, je te parle d’une urgence de Québec…

Toi qui penses que tout ceci n’est qu’un grand complot, que TOI, tu n’as pas envie de te plier aux demandes du gouvernement, que TOI, « t’as le doua », je te souhaite de ne pas avoir besoin de soins dans un avenir rapproché, parce qu’il se pourrait qu’on ne puisse pas te les offrir.

On est rendus là.

Hier, j’étais au Village des sports. J’ai suivi les consignes. J’ai gardé mon masque pendant TOUTE MA VISITE. On me l’a demandé, je l’ai fait. J’ai respecté le deux mètres dans les aires d’attentes.

J’ai vu bien des gens faire la même chose que moi, heureusement.

Par contre, toi, qui crois que ces règles ne s’appliquent pas à ta petite personne, j’aimerais te dire que j’en ai ras le pompon.

Demain, je retourne en classe. Les mesures seront plus strictes encore. Je n’en peux plus d’enseigner avec des lunettes et un masque. Mes élèves devront garder le leur toute la journée… C’est long, une journée.

Je dois désinfecter mon local tous les trois jours. De précieuses minutes que je ne peux pas utiliser à des fins pédagogiques.

J’ai des élèves qui devront probablement s’absenter encore. Des classes vont peut-être fermer de nouveau, peut-être la mienne, épargnée jusqu’à maintenant.

J’ai envie de te dire de penser à tout ça la prochaine fois que tu riras au visage d’un employé qui te demandera de porter ton masque.

Non, tu n’es pas un mouton. En faisant cela, tu participes à quelque chose de grand. Tu contribues à aider l’humanité à retrouver un brin de normalité.

J’ai envie de te dire de penser à tout ça, simplement.

Karine Lamarche

Nos souhaits du Nouvel An pour le personnel de la santé

À vous tous, membres du personnel de la santé.

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À vous tous, membres du personnel de la santé.

Nous unissons nos voix pour vous souhaiter un passage vers le Nouvel An rempli de douceur. Rempli de Paix, mais surtout du repos hautement mérité. Que vous puissiez fermer les yeux en toute quiétude sur cette année qui s’est écoulée rapidement. Une fois de plus, vous avez fait honneur à votre profession sous nos yeux contemplatifs.

2020 aura été une année remplie de trop de défis pour tous. Vous êtes devenus, en très peu de temps, nos héros de la situation. Nous avons déposé sur vos épaules le titre louable d’anges gardiens en vous affublant d’ailes pour vous permettre d’avoir un peu de légèreté dans cette épreuve. Des épaules déjà bien lasses d’avoir porté durant d’innombrables années des contraintes et des coupures. Une fois de plus, vous nous avez démontré la nécessité de vos titres, de votre profession, de votre vocation.

2020 fut une année que certains voudront oublier tandis que pour d’autres, elle aura donné un nouveau sens, un nouvel écho. Le système de la santé y aura pleinement goûté. Revendiquer, depuis des lustres, à cause de lacunes vécues et, au final, devoir composer dans un élan de lutte contre un ennemi invisible. Les employés ont su se tenir debout. Une fois de plus. Une fois de trop. Votre fatigue est palpable. Votre dévouement toujours présent. Vous avez la compassion au coin des yeux.

On vous souhaite que les choses changent. Enfin. Une fois pour toutes. Vous offrir des conditions équivalentes à la valeur des ailes que l’on vous force à porter. Vous glorifier pour ensuite vous faire basculer dans l’oubli ? Non. Pas cette fois.

Pour quelques-uns, la tempête les aura fait quitter le navire. Les aura déplumés pour ainsi les empêcher de voler. Se faire couper les ailes. Pour d’autres, le goût amer du système continuera de devenir plus prononcé. Tenez bon. On vous entend. Et d’autres persistent à garder le cap. Restent au front.

2020 nous aura appris que l’on va beaucoup plus vite et plus loin en travaillant en équipe. Toujours dans la même direction. À maintenir la passion. À continuellement veiller sur nous.

2020 fut, somme toute, une année où l’on a atteint de nouveaux sommets. Juste un peu de valeur qu’il faille une situation d’urgence pour se rendre compte de la nécessité de vos rôles. Toutes professions confondues. Passant de l’entretien, de la sécurité, du laboratoire, des agentes administratives, à l’alimentation, aux infirmières, aux préposés, médecins et spécialistes. La direction des établissements et du réseau. L’un ne va pas sans l’autre. L’un ira toujours avec l’autre. Se réinventer, s’ajuster, s’accommoder. Vous connaissez la chanson depuis belle lurette.

Pour 2021, je vous souhaite du doux. Du bon. D’avoir la capacité de replonger en vous pour revivre la fébrilité des tous débuts pour, ainsi, poursuivre jusqu’à la dernière étape de la lutte à cette pandémie.

Nous sommes là, derrière vous, pour ramasser vos plumes perdues au travail, au combat. Nous serons là pour vous soutenir et vous aider à les repositionner sur vos ailes une fois la lutte terminée. Moi j’y serai. Plusieurs y seront.

Merci pour tout. Joyeux temps des fêtes. Différent, mais présent.

Mylène Groleau

Lettre à toi, mon amie infirmière

En ces temps particuliers, plusieurs personnes se sentent déboussol

En ces temps particuliers, plusieurs personnes se sentent déboussolées par les mesures actuelles. Toi ? Un peu moins. Un peu moins, parce que tu t’y attendais depuis des mois. Un peu moins, parce que tu faisais déjà attention. Un peu moins, parce que ce ne sera pas ton premier Noël loin des tiens.

On a entendu plusieurs mots d’encouragements pour le personnel de la santé au cours des derniers mois : « Vous êtes nos anges gardiens », « Vous êtes dévoués », « Vous êtes forts », etc. Oui, on a entendu tout ça. On a aussi entendu des reproches, plusieurs reproches : « Être infirmière, c’est une vocation, alors il faut être consciente des sacrifices qui vont avec », « Vous n’aviez qu’à pratiquer un autre métier », et autres jugements tout à fait gratuits. Comme si œuvrer dans le milieu de la santé devait obligatoirement venir avec de mauvaises conditions de travail et qu’il fallait tout accepter sous prétexte que c’était un choix.

Mon amie infirmière, tu es HUMAINE. Tu es généreuse, dévouée, aimante et empathique. Tu es tout ça et tellement plus. Tu passes tes journées au CLSC, en résidence pour personnes âgées ou à l’hôpital. Tu travailles sans relâche et, malgré tout, tu arrives à trouver quelques minutes chaque jour pour prendre des nouvelles de tes amis et de ta famille. Mon amie infirmière, tu es formidable.

Tu es formidable, mais tu ne possèdes pas de superpouvoirs. Tu as le droit d’être fatiguée, découragée et en colère. Oui aux compliments et aux remerciements, non à la pression. Tu ne devrais pas ressentir tout ce poids sur tes épaules.

Mon amie infirmière, j’espère que l’année 2021 sera plus douce pour toi. Que tu auras enfin un peu de répit. J’espère que tu arriveras à décrocher, ne serait‑ce qu’un peu. Que tu pourras bientôt profiter de ta famille et de tes amis, parce que tu mérites tout ce qu’il y a de plus beau.

Ce soir, je bois à ta santé, mon amie infirmière.

Jacinthe Crête

Le jour où le monde a changé

C’était un après-midi du mois de mars. Je l’avais senti. Dans

C’était un après-midi du mois de mars. Je l’avais senti. Dans ma classe, je remplissais des bacs de livres, de matériel pédagogique, d’albums jeunesse… Ça flottait dans l’air ; les écoles allaient fermer.

Et c’est ce qu’on a annoncé.

Et tout a basculé, petit à petit.

Je me souviens d’avoir trouvé ça intense, m’être demandé si tout cela était réellement justifié. En quelques jours, j’ai compris. J’ai vu des frontières se fermer. J’ai craint pour des amis coincés à l’étranger. J’ai eu peur pour ma sœur, infirmière aux urgences.

Je me souviens d’avoir hésité avant d’acheter mon premier masque, avant de le porter, surtout. J’aurais souhaité porter une étiquette sur laquelle j’aurais inscrit : « Je ne suis pas hypocondriaque, je le fais pour toi qui as peut-être une santé fragile. » J’étais gênée !

Petit à petit, les mesures se sont resserrées. On a fait la file. On a appris à se distancer.

Je me souviens d’avoir compris que le masque n’était désormais plus une option.

Et il y a eu ce confinement. On a redécouvert les jeux de société. On a nettoyé la maison. On s’est collés.

Le printemps est finalement arrivé.

Puis, il y a eu le retour en classe. J’ai eu peur, j’ai eu hâte, j’ai dû redoubler de créativité pour rendre ce retour doux et agréable. J’ai dû rassurer des parents anxieux, sans avoir de « bonne réponse » à leur offrir. Garder son enfant ou le retourner en classe ?

On s’y est fait. On a apprécié les petits groupes. On a vu rayonner des enfants qui sont habituellement dans l’ombre.🌟 C’est ce que j’ai vu de plus beau !

Il y a eu l’été. J’ai espéré très fort des vacances normales… Elles ne sont jamais arrivées. Il y a toujours un symbole, un distributeur de Purell, un masque pour nous rappeler que la pandémie bat son plein.

Et il y a eu tous ces décès. Trop. Toutes ces familles qui ont perdu un être aimé.

J’ai une pensée pour toutes ces familles. J’espère sincèrement que toi qui voyages en ce moment, toi qui n’as pas su patienter quelques mois encore… J’espère que tu auras la décence de respecter la quarantaine qui te sera imposée, et ce, pour toutes les personnes suivantes…

Les gens de la santé

Les concierges

Les gens du milieu de l’éducation

Les restaurateurs

Les employés de l’hôtellerie

Les petits commerçants

Les endeuillés qui n’ont pas pu vivre une cérémonie à laquelle ils auraient eu droit, privés d’accolades réconfortantes

Les grands-parents

Les petits-enfants privés de leurs grands-parents et de leurs cousins/cousines

Les étudiants

De grâce, respecte cette quarantaine. J’ai tellement hâte de repartir, moi aussi. J’en rêve tous les jours !

Toi qui as plié bagage pour refaire le plein, j’essaie très fort de ne pas te juger, je t’assure. Tu as tes raisons, j’en suis convaincue.

Maintenant que tu auras pensé beaucoup à TOI, je t’en implore, pense aussi à NOUS…

💝

Karine Lamarche

À toi, petit bébé de la pandémie

Tu en es à tes premiers jours ou tes premiers mois de vie, peut-êt

Tu en es à tes premiers jours ou tes premiers mois de vie, peut-être même es-tu encore bien au chaud dans le ventre qui te porte. Toi, tu as tout ce qu’il te faut : du lait, des jouets, un million de pyjamas offerts par tous ceux qui aimeraient donc te serrer fort dans leurs bras et surtout, des parents aimants avec qui tu passes tout ton temps. Tu vas bien, mais peut-être sens‑tu une tension dans l’air, une angoisse planante, une tristesse lourde en fond de trame. Vois-tu, être parent, c’est extraordinaire, c’est doux et c’est puissant, mais c’est aussi un grand défi. Un parcours en montagnes russes qui fait vivre à tes parents les plus beaux et les pires moments de leur vie, tout ça parfois à quelques secondes d’intervalle. Un moment qu’on a souvent envie de partager avec nos proches.

En temps normal, c’est déjà difficile de composer avec toute cette nouvelle réalité ; en temps de pandémie, ce l’est encore plus.

Tu vois, toi tu es un expert du moment présent : j’ai faim, je veux manger, tu joues avec moi, je trouve ça drôle. Sans te questionner sur l’avenir ou encore sans t’empêtrer dans le passé, tu es tout simplement dans le moment présent. Tu profites au maximum de ce que tu as sans te douter de tous les rêves que tes parents avaient pour vous. Ils s’imaginaient peut-être déjà te présenter à la famille à Noël, attendre la visite de tes grands-parents à l’hôpital ou même, pourquoi pas, partir quelques mois en voyage avec toi et profiter de ce congé parental que la vie leur offrait pour découvrir le monde à tes côtés.

Tu vois, tout ça n’est pas possible. Tes grands-parents qui t’attendaient impatiemment avec amour ne te prennent pas dans leurs bras aussi souvent qu’ils le voudraient. Tes parents ont peur, car tu n’as pas beaucoup de contacts avec d’autres enfants et les gens que tu vois sont soit masqués soit très loin de toi. Tes parents qui t’aiment plus que tout, c’est vrai, ne peuvent pas bénéficier du filet social normalement là pour les aider. Pas de petite gardienne le temps d’aller souper en amoureux ; pas de souper d’amis pour se changer les idées et se rappeler qu’au fond, tout ce qu’on veut, c’est d’être à la maison ; pas de belle-sœur qui vient faire une brassée de lavage.

Déchirés entre l’importance de te protéger et l’envie folle de ne pas écouter les consignes sanitaires. J’espère qu’ils vont bien tes parents à travers cette crise, mais je me doute bien qu’ils vivent des défis particuliers et encore plus d’adaptation qu’à l’habitude. J’espère qu’ils reçoivent des plats cuisinés à leur porte, des ballades en poussettes avec leurs amis et qu’ils prennent soin d’eux à travers ce chaos. Je vous envoie tout mon amour et ma compassion, parce que quand un petit bébé et sa famille ne vont pas bien, c’est toute notre collectivité qui en est affectée.

En cette période des fêtes, Bébé, je pense à l’histoire de Noël qu’on me racontait quand j’étais jeune. Si on laisse la religion humaine de côté et qu’on regarde juste la symbolique de tout ça, je dois te dire que je pense que chaque nouveau bébé devrait être accueilli de la sorte. Comme un miracle, un espoir pour l’humanité, un cadeau précieux à découvrir avec amour. Et peu importe le contexte de ta naissance et l’histoire de ta conception, je souhaite à ta famille autant de solidarité et de bienveillance que Marie et Joseph. Parce que je te le redis, quand vous n’allez pas bien toi et ta famille, c’est nous tous qui souffrons. Vous êtes la priorité de notre collectivité, parce que sans vous, il n’y a plus de relève, plus d’espoir. Tu es précieux et tu mérites le meilleur.

Bon, revenons à l’essentiel. Tout ça, Bébé, ce n’est pas de ta faute. Toi, continue de rester dans le moment présent, à rire et à grandir. Tu nous ramènes à l’importance de la famille, des amis et de la collectivité. Patience, tout cela reviendra et même si les moments volés ne reviendront pas, tu restes le plus beau cadeau de ta famille cette année. Joyeuses fêtes, Bébé !

Roxane Larocque

La magie de Noël

Je ne sais pas exactement quand je me suis mise à détester Noël.

Je ne sais pas exactement quand je me suis mise à détester Noël. Mais je me souviens que lorsque j’étais petite, c’était ma fête préférée. Petit à petit, je me suis mise à ne plus l’aimer, au point de la détester.

Est-ce le fait que je suis devenue adulte et que soudainement, cette période n’est remplie que d’obligations et que je n’ai plus vraiment de plaisir ? Je ne saurais le dire. Pour être franche, j’étais rendue au point où il me fallait du punch bien alcoolisé (que ma mère a affectueusement appelé mon « Joyeux ») afin d’arriver à avoir un peu de fun lors des fêtes de fin d’année. Je m’étais littéralement transformée en Grincheux.

Une chose est certaine, ce Noël 2020 m’aura servi une bonne leçon. Le fait de ne pas pouvoir voir ma famille, ma belle-famille et mes amis, ça fait mal, ça crée un vide et ça change la perception que j’avais depuis quelques années de cette période.

Quand j’étais petite, ce qui rendait Noël magique, c’était de voir ma famille élargie, ouvrir les cadeaux, m’amuser, danser et manger des choses tellement bonnes qu’on mange uniquement dans le temps des fêtes. Pouvoir se coucher tard, se lever tard le lendemain, manger des restes et jouer avec nos cadeaux, tout cela avait quelque chose de spécial et d’excitant.

Le fait d’être privée de ces festivités de groupe cette année me fait réaliser à quel point j’avais tord et qu’au fond, j’aime Noël. J’aurais bien envie de faire un gros party avec tout mon monde, mais je devrai attendre à l’an prochain.

Malgré toutes les restrictions que nous avons, je me considère chanceuse de pouvoir dire : « on va se reprendre l’an prochain ». Beaucoup de familles ne peuvent pas en dire autant, parce que cette foutue pandémie leur a enlevé quelqu’un d’important. Ces familles ne savaient pas qu’elles vivaient un dernier Noël ensemble en 2019. Probablement qu’elles auraient fêté différemment si elles avaient su.

Alors, si vous avez cette chance de dire « l’an prochain », profitez de cette période pour remettre un peu de magie dans votre vie. Parlez aux gens qui vous sont chers, faites des appels vidéo, allez leur porter une petite gâterie faite maison. Amusez-vous, mettez de la musique et dansez. Oubliez quelques instants le négatif et laissez place à votre cœur d’enfant.

L’année 2020 nous aura enseigné l’importance de savourer chaque moment de bonheur avec ceux que l’on aime.

Joyeux Noël !

Annick Gosselin

Réinventer 180 jours

Depuis plusieurs semaines maintenant, j’ai une invitée qui veut e

Depuis plusieurs semaines maintenant, j’ai une invitée qui veut entrer dans ma classe. Je fais tout pour qu’elle ne vienne pas, qu’elle ne s’insère pas entre nos murs, mais elle est là, telle une menace au-dessus de nos têtes. Et j’avoue, j’ai peur.

Dans ma classe, je suis responsable de 22 petits êtres humains. Les parents me les confient pour 180 jours. Ce n’est pas rien. J’ai la mission d’instruire, de socialiser et de qualifier. Mais cette année, j’ai plusieurs mandats supplémentaires. Comme pour plusieurs métiers, l’arrivée de Mme Covid a alourdi ma tâche. J’ai maintenant le devoir de protéger, de rassurer, d’éduquer, mais aussi de nettoyer. Et, je dois le dire, j’ai peur.

L’organisation est un défi colossal. Faire circuler 300 élèves (parfois plus) du primaire, sans qu’ils ne s’approchent à moins de 2 mètres, c’est une vraie folie. On dirait une chorégraphie, un ballet savamment réfléchi par l’équipe-école. Il n’y a plus de place pour l’improvisation. Le tic tac de l’horloge est devenu notre chef d’orchestre. Tic, on va aux toilettes en sortant à droite. Tac, on va à la récré, n’oublie pas tes mitaines. Tu devras laisser passer tous les élèves de l’école pour retourner à ta case sans croiser personne. Mais si ça arrivait… j’ai peur.

À travers les nombreux lavages de mains, de bureaux et de high touch (anglicisme désignant les surfaces fréquemment touchées), je dois enseigner. J’ai l’espoir de reprendre le temps manqué lors de la fin de l’année dernière. Certains diront : « Tu ne sauves pas des vies ! » C’est vrai, mais j’enseigne aux adultes de demain. Ce sont eux qui prendront des décisions dans quelques années. Ils nous soigneront, géreront notre pays, défendront nos droits ou enseigneront à leur tour à nos petits-enfants. J’aimerais bien qu’ils soient heureux et qu’ils ne ressentent pas trop toute l’anxiété du moment. J’ai peur qu’ils n’apprennent pas.

En moins d’un an, j’ai appris à enseigner à distance. La techno est maintenant essentielle pour garder un lien avec mes élèves qui doivent rester à la maison. J’enseigne en même temps à ceux à la maison qu’à ceux qui sont à l’école. Même que parfois, maman assiste à mes leçons, ou même grand-maman, comme si elles assistaient à un spectacle. Il y a des semaines où j’enseigne de chez moi, de ma cuisine. Qui aurait pensé que c’était possible l’année dernière ? Je ne ferai pas de miracle. Mais je fais de mon mieux pour que mes élèves apprennent. J’ai peur de ne pas y arriver.

J’essaie de garder ma folie, ma légèreté, mais souvent, la peur m’envahit. J’ai peur que mes élèves se partagent le virus, qu’ils le rapportent chez eux et le donnent à leur famille. J’ai peur pour moi aussi. J’ai peur de rendre ma famille malade. Et si mes parents ou mes beaux-parents l’attrapaient à cause de moi, je m’en voudrais. Comment garder le cap avec cette épée de Damoclès qui menace de s’abattre sur nous tous ?

La peur m’épuise. J’essaie de la contrôler, mais mon énergie baisse. Mon cerveau est débordé. Cette année en est une de défis, d’organisation et de lâcher-prise. Je la terminerai probablement la langue à terre, mais j’y arriverai, je porterai mes élèves à bon port.

Pour finir, j’ai une demande à vous faire : soyez bienveillants avec les enseignants qui accompagnent vos enfants en cette année folle. Ils ont besoin de travailler en équipe avec vous, de vos bons mots et de votre compréhension. Chaque jour, des profs dévoués essaient tant bien que mal de faire oublier la visite possible de Mme Covid afin que vos enfants progressent et soient heureux. Soyons solidaires.

Nancy Pedneault

Un Noël différent

Je n’apprends rien à personne si je vous dis que Noël cette ann

Je n’apprends rien à personne si je vous dis que Noël cette année sera différent. Cependant, différent n’est pas synonyme de plate. Il faut essayer de voir le positif de tout ça, car peu importe à quel point on critique les circonstances, ça ne changera en rien la situation. Je sais que c’est difficile et qu’on avait besoin de se voir, mais on n’y peut rien. Autant essayer d’en tirer du bon. Voici quelques avantages que j’ai pu trouver.

Commencer de nouvelles traditions

Pour la majorité des gens, ce sera une première de passer en famille réduite. Profitez-en pour créer de nouvelles traditions. Écouter un film en pyjama, concocter un souper spécial ou encore faire une chasse au trésor. Organisez-vous un Noël des campeurs cet été. Demandez aux enfants ce qu’ils aimeraient faire, vous avez le temps, cette année, de prendre le temps.

Économiser

Avoir moins de personnes au réveillon veut aussi dire moins de nourriture à acheter, moins de cadeaux à donner et pas de cadeau d’hôtesse à fournir. Vous pouvez aussi vous interroger sur la surconsommation du temps des fêtes. Et cette année, pourquoi ne pas en profiter pour fabriquer vos cadeaux ?

Renforcer les liens avec la famille immédiate

Comme nous risquons d’être en groupe très restreint, prenez le temps de vous mettre à jour sur la vie de vos proches. À la place d’avoir un bon nombre de conversations superficielles avec plein de gens, assoyez-vous et prenez le temps d’approfondir vos conversations. Faites un tournoi de jeux de société, une pige de cadeaux… En gros, créez des souvenirs significatifs.

Prendre ça plus relax

Un des gros points positifs est aussi d’avoir moins de ménage à faire et il y aura moins de gaspillage. On peut se permettre de prendre ça plus relax. Pas besoin de courir pour habiller les enfants, pas le stress d’arriver en retard ou d’avoir oublié un cadeau. Pas besoin de s’arranger pendant une heure avant de sortir. Un bon vieux pyjama et une toque vont faire amplement l’affaire.

Ne pas avoir à gérer les personnes malades

Cette année, pas besoin de surveiller les gens qui viennent malgré le fait qu’ils sont malades. Pas besoin de passer la soirée à dire à ta tante enrhumée de ne pas prendre ton bébé. Pas besoin de gérer le fait que la famille va avoir attrapé je ne sais quel virus qui se promenait parmi les invités.

Je sais que c’est bien peu comparé au plaisir de se réunir. L’année a été difficile pour plusieurs d’entre nous, mais on n’a pas le choix. C’est un autre gros coup à donner et c’est en se serrant les coudes et en faisant des compromis que nous allons pouvoir fêter Noël 2021 ensemble. J’espère que mes quelques idées vous feront voir la chose de façon un peu moins déprimante.

Anouk Carmel-Pelosse

J’y prends goût…

Au printemps dernier, je ne vous cacherai pas que j’ai trouvé dif

Au printemps dernier, je ne vous cacherai pas que j’ai trouvé difficiles l’isolement et le stress généré par la pandémie. L’inconnu, la « nouveauté », l’anticipation ont brusquement assombri cette belle saison.

Puis nous avons eu droit à une accalmie des restrictions, à un été un peu plus permissif et libertin. Nous avons pu en profiter, faire des activités, visiter nos proches.

Vint la deuxième vague que plusieurs avaient prévue. Comme la plupart d’entre vous, je me situe en zone rouge depuis plusieurs semaines. Si au début j’anticipais cette possibilité, graduellement, ce n’est plus un poids ni une source de stress. Je me surprends même à y prendre goût. Je m’explique…

Avec l’isolement occasionné par la zone rouge, fini les soupers le vendredi, samedi et dimanche. Fini le rush du grand ménage à l’annonce d’une visite potentielle. Fini la course aux différents commerces pour aller chercher les trucs à emporter au souper d’amis. Fini les préparatifs interminables !

J’ai davantage de temps pour moi à la maison les week-ends, j’apprécie le temps que je peux accorder au cocooning, en mode slow. Je lis des romans comme jamais, je m’entraîne à la maison, je me repose et je réalise que de ne pas avoir d’engagements à l’horaire me procure un bien inattendu. Je me sens le cœur plus léger au quotidien. Je ressens moins l’obligation de faire plaisir aux autres en premier.

Je me suis surprise cette semaine à me dire que finalement, pour moi, être en zone rouge ne s’avère pas aussi triste que je l’anticipais. Je parle ici du côté social seulement. J’ai toujours été du genre à me tenir loin des foules, des regroupements de gens, etc. Peut-être que ça m’aide à m’acclimater ?

Après discussion avec des gens de mon entourage, j’ai compris que je ne suis pas nécessairement la seule à apprécier ce ralentissement !

J’ai envie d’apprécier le positif que cette pandémie apporte, comme quoi tout n’est pas que négatif ! Tout (ou presque) est une question de perception.

Et vous ? Arrivez-vous à en tirer un peu de positif ?

Note : Je suis consciente que l’enjeu financier et professionnel est problématique pour plusieurs et loin de moi l’intention de minimiser les impacts à ce niveau.

Marie-Claude Larivière

Quand le confinement sera terminé, je…

Une fois le choc du premier confinement passé, on s’est rapidemen

Une fois le choc du premier confinement passé, on s’est rapidement mis à rêver de l’après-COVID. Pour se rendre compte rapido presto que la COVID ne s’essoufflerait pas de sitôt. Alors on s’est mis à rêver de l’après-confinement. On se doutait que l’été éloignerait la bibitte et apporterait un relâchement des mesures sanitaires. On espérait la réouverture des endroits publics, des parcs, des entreprises.

On en a profité ! Oh que oui ! Mes enfants et moi étions les premiers en ligne devant la porte de la bibliothèque (je sais, je sais, on est wild sans bon sens). On s’est garochés dans les parcs. On a repris nos habitudes au musée, au resto… tout en respectant les règles. Deux mètres, masque, nettoyage fréquent des mains, garder les symptômes à la maison bien isolés du reste de la société.

On attendait avec impatience le moment où le gouvernement donnerait la permission de se regrouper à l’extérieur et de sortir des limites des régionales. J’avais déjà rempli le réservoir d’essence de ma voiture, les bagages étaient prêts… Dès l’annonce, on a embarqué dans la voiture, direction : maison de grand-maman pour un pique-nique sur le balcon. On ne s’était pas vues depuis les fêtes… c’est long en titi, ça !

On a profité de l’été, on a continué à travailler sur notre système immunitaire et sur notre dose de petits bonheurs. On a vu quelques amis, toujours en respectant les règles. Toujours en sachant que c’était un privilège temporaire dont il fallait profiter. Comme la vie, hein !

Puis, septembre est arrivé. Les zones ont commencé à changer de couleur au même rythme que les feuilles des arbres : vert, orange, rouge. STOP ! On arrête tout. Ou presque. Cette fois-ci, au moins, on peut aller se faire couper les cheveux, on peut aller faire l’épicerie en couple, les parcs sont accessibles et les enfants peuvent aller à l’école, même si c’est un jour sur deux. Le choc est moins grand qu’au premier confinement.

Mais quand même, on s’ennuie de Mamie ! On s’ennuie des amis ! Comme tout le monde, on veut notre vie ! La vie d’avant, oui, même si on aime bien le cocon familial très douillet formé par la pandémie.

Quand j’ai demandé à mes enfants ce qu’ils avaient le plus hâte de faire quand le confinement serait terminé, je m’attendais à ce qu’ils nomment plein d’activités, des sports, des sorties, des personnes qu’on n’a pas vues depuis trop longtemps. Bien sûr, ils ont hâte d’inviter des amis à la maison et d’aller dormir chez eux.

Mais leurs premières réponses ont été :

  • Sourire aux gens sans masque et voir leur sourire
  • Donner des câlins aux personnes qu’on aime.

Je trouve ces réponses de toute beauté et si vraies.

Demandez à vos enfants de compléter la phrase « Quand le confinement sera terminé, je… », juste pour voir. Ça apporte parfois des surprises et de belles discussions ! Et pourquoi ne pas faire le même exercice avec votre conjoint, vos parents ou vos amis ? Je suis curieuse de connaître les réponses.

Nathalie Courcy

Mon Halloween contre Mme C-19

Cette année, comme plusieurs Québécois, nous avions décidé de f

Cette année, comme plusieurs Québécois, nous avions décidé de fêter l’Halloween différemment… Nous avions fait le choix de ne pas offrir de bonbons, de ne pas passer de maison en maison et de faire une journée spéciale à la maison avec nos enfants. Raclette, films d’horreur, jujubes et chips.

Mon Halloween à moi, pendant cette pandémie, ce ne fut pas seulement de passer du temps avec mes enfants. Non, ce fut aussi de prendre part à une importante surveillance de milieux avec des cas confirmés ou suspectés de COVID-19. Un enchaînement d’interventions à distance afin de limiter la propagation de ce virus et de limiter les éclosions par des recommandations exemplaires en prévention et contrôle des infections.

Depuis le début de cette pandémie, le système de santé redouble d’efforts à tous les niveaux. Malheureusement, ce virus à des particularités qui font de lui un ennemi des plus importants. Il a cette caractéristique particulière de s’attaquer à plusieurs groupes d’âge et d’entraîner des symptômes des plus inusités. Il faut se le dire, elle ne manque pas d’originalité, cette COVID-19 ! Elle peut passer d’un extrême à l’autre en s’attaquant au système nerveux central en passant par les nerfs olfactifs, les papilles gustatives, les poumons, le cœur et j’en passe. Et le plus extraordinaire, c’est qu’elle peut passer comme un simple fantôme en ne laissant aucune trace de son passage ! Tout de même rusée, cette Mme C-19…

Ce qui est particulier dans cette histoire de pandémie, c’est qu’il y a encore du monde qui croit à la théorie du complot. Un faux virus, un contrôle du gouvernement, une façon d’appauvrir l’humanité. Ces gens, je les implore de passer ce ne serait-ce qu’une journée avec moi afin de constater l’ampleur des dégâts de Mme C-19. Des milieux déstabilisés, des gens impuissants, des usagers malades et confinés dans leur chambre, des professionnels et des responsables de milieux épuisés… Ce ne sont que quelques exemples de tous les impacts négatifs de ce virus dans le système de santé. Évidemment, il y a tous les dommages collatéraux dans la population en général : augmentation des troubles liés à l’utilisation de l’alcool, des drogues, d’Internet… Sans oublier les problèmes de santé mentale : la dépression, les idées suicidaires, le suicide…

Ceci étant dit, je constate actuellement un état de fatigue et une fragilité émotionnelle importante autour de moi. Des gens impatients, aigris, déprimés et nostalgiques de l’avant COVID. À ces gens, je dis que nous sommes tous dans le même bateau, mais que nous nous devons de garder la tête hors de l’eau pour passer au travers de cette époque qui marquera l’histoire à tout jamais. Une époque où nous aurons été en mesure de démontrer notre résilience et notre grande capacité d’adaptation.

Ce soir, je termine ma fin de semaine de garde en me disant que depuis le début de cette pandémie, j’aurai peut-être aidé à limiter les dommages de la COVID-19 en contribuant au meilleur de mes connaissances. Des connaissances que je n’avais même pas avant l’arrivée de Mme C-19…

Sérieusement, il faut continuer nos efforts collectifs afin de limiter la propagation de ce virus. Ce que nous faisons actuellement n’est pas en vain même si cela demande beaucoup de sagesse. Il ne faut donc pas hésiter à demeurer chez soi au moindre symptôme d’apparence COVID, continuer à maintenir le 2 m entre les personnes qui ne se retrouvent pas dans notre bulle familiale et porter le masque dans les lieux publics et au travail. Ceci fera en sorte de diminuer les éclosions et donc de diminuer les heures supplémentaires de plusieurs personnes du réseau de la santé. Dont moi !

Amélie Roy