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Chronique de nos douleurs – Texte : Nathalie Courcy

Tu te réveilles le matin, tu as mal. Tu travailles, tu as mal. Tu joues avec tes enfants, tu

Tu te réveilles le matin, tu as mal.

Tu travailles, tu as mal.

Tu joues avec tes enfants, tu as mal.

Tu prends un verre entre amis, tu as mal.

Tu relaxes sur le divan, tu as mal.

Tu joues au touriste dans un pays chaud, tu as mal.

Tu fais du ménage, tu as mal.

Tu fais l’amour, tu as mal.

Tu essaies de t’endormir, tu as mal.

Tu fais tout, tu ne fais rien, tu as mal.

Comme 1 Canadien sur 5.

C’est fou, hein ? 20 % de la population de notre pays qui souffre de douleurs chroniques.

 

Qu’est-ce que la douleur chronique ?

Ceux qui savent, savent. Pour ceux qui n’en ont jamais souffert (je suis sincèrement heureuse pour vous !), c’est difficile, voire impossible, de comprendre à quel point c’est omniprésent, sournois et malheureusement invisible. À quel point c’est handicapant. À quel point ça gruge notre énergie, notre bonne humeur, notre libido, notre joie de vivre, notre temps, notre corps, aussi. Parce que même si on sait que le mouvement est notre meilleur ami, c’est presque surhumain de se lever, de bouger, de pratiquer une activité physique, quand on a tout le temps mal.

L’Organisation mondiale de la santé reconnaît la douleur chronique comme une maladie (et non seulement comme le symptôme d’une maladie ou d’une blessure). La douleur chronique est une douleur qui dure depuis plus de trois mois. Une douleur qui s’incruste dans un muscle, dans une partie de notre corps ou qui se diffuse dans tout notre corps. Et qui ne part pas. La douleur chronique n’est pas regardante, elle touche les femmes, les hommes, les enfants aussi, les aînés.

La moitié de ces personnes souffrant de douleurs chroniques en souffrent chaque jour et chaque nuit depuis plus de 10 ans. Et c’est pour ça que la Semaine nationale de sensibilisation à la douleur chronique (qui se termine aujourd’hui) existe. Pour aider les non-douloureux à comprendre ceux qui souffrent. Pour aider ceux qui souffrent à se sentir plus outillés, plus informés et moins seuls. À garder le sujet dans l’œil du public et des gouvernements pour que la recherche continue et aboutisse, un jour, à des solutions concrètes.

La douleur corporelle est une messagère de mauvaise nouvelle. Une messagère qu’il faut absolument écouter. Elle nous avertit que quelque chose cloche quelque part. Mais my god que c’est difficile de découvrir ce que sont le quelque chose et le quelque part ! D’abord, chacun perçoit la douleur d’une façon unique à cause de son anatomie, sa façon de penser et de ressentir les émotions, sa culture, son vécu. Ensuite, parce que la douleur est invisible et parfois inexplicable. La cause existe sûrement dans une blessure physique ou psychologique, dans une autre maladie ou dans un gène, mais elle se cache souvent des yeux du patient et des spécialistes. Même quand on finit par trouver ces spécialistes qui pourraient nous aider dans la gestion de la douleur chronique.

La douleur, on la ressent avec une intensité variable. Plusieurs personnes qui se font attaquer constamment par ces douleurs ne sont plus fonctionnelles. Essaie, toi, de travailler à temps plein ou même à temps partiel, de t’occuper de tes enfants, de socialiser avec les amis et de t’investir dans un loisir ou des rénovations quand tu as mal, tout le temps, que tu dors mal, que tu manques d’énergie.

Même pour ceux dont la douleur est plus modérée ou mieux contrôlée, le défi demeure. Comment prévoir à quelle heure la souffrance frappera ? Comment savoir à quel moment de la journée notre énergie chutera sous zéro, grugée à force d’être concentrée sur la gestion de la douleur ? On a beau promettre qu’on sera au souper de parenté ou qu’on organisera la fête du petit dernier, ça se peut que rendu là, on soit effondré par terre, incapable de bouger ou de se motiver.

Et puis vient l’isolement… ça fait mal, l’isolement ! Et plus on est seul, moins on bouge. Et moins on bouge, plus la maladie s’incruste…

Les changements d’humeur… ça fait mal, ça aussi ! Nos muscles du sourire finissent par s’atrophier.

La conscience qu’on ne peut pas contribuer au monde comme on le souhaiterait, comme parent, comme ami, comme travailleur, comme passionné de quelque chose. Ouch !

La responsabilité, aussi, de s’auto-gérer. Parce que malgré une médication et un suivi (si on a réussi à les obtenir), la meilleure personne pour nous aider, c’est nous. Et on n’en a pas toujours la force.

L’évidence que les traitements ont un effet limité et que la médication devra probablement faire partie de notre régime quotidien jusqu’à la fin.

Aujourd’hui, la Semaine de la douleur chronique se termine. Mais la douleur chronique, elle, ne finit jamais.

Je fais partie de ces douloureux chroniques qui ont mal, chaque jour et chaque nuit, depuis 10 ans. En ce moment, pendant que j’écris, ça va quand même bien. Mon corps vit une période plus douce. Je sens les tensions, mais la douleur est peut-être à un 2 sur 10. C’est très rare, mais quand ça passe, j’en profite pour faire des choses que j’aime et je remercie mon corps. Parce que même s’il fait mal, je l’aime.

Nathalie Courcy

Rapport du groupe de travail canadien sur la douleur (2020)

Information sur la douleur chronique fournie par le Gouvernement du Canada

Association québécoise de la douleur chronique

Dance it out! Texte : Marilou Savard

Pour tous les fans de Grey’s Anatomy, vous savez de quoi

Pour tous les fans de Grey’s Anatomy, vous savez de quoi je parle quand je vous suggère de : Dance it out!

Il est évident qu’en période de pandémie, de confinement, c’est encore plus essentiel de danser, mais je vous garantis que dans la vie de tous les jours, c’est tout aussi bénéfique, important et amusant.

La danse apporte beaucoup de bienfaits physiques et psychologiques.

Selon les sites Psychology Today et Passeport Santé, en voici quelques-uns :

Danser pendant de longues périodes amène le cerveau à libérer de la sérotonine et de la norépinéphrine (ou noradrénaline), des neurotransmetteurs qui produisent la bonne humeur.

Cette activité physique libère également des endorphines, des substances chimiques du cerveau qui favorisent la satisfaction, l’euphorie et une grande tolérance à la douleur.

Avec ses rythmes entraînants, ses pas cadencés et ses mouvements répétitifs, la danse est un sport complet qui tonifie et muscle le corps, améliore la coordination motrice et stimule la circulation sanguine.

La danse aide aussi à lutter contre le surpoids, bien évidemment quand elle est associée à une alimentation équilibrée. À titre informatif, danser 30 minutes permet de perdre 200 calories en se faisant plaisir.

Ensuite, dans une étude récente, les patients en réadaptation cardiaque qui se sont inscrits à des cours de valse se sont non seulement retrouvés avec des artères plus élastiques, mais étaient aussi plus heureux que les participants qui ont suivi un entraînement sur vélo et sur tapis roulant.

Danser répare les cœurs.

Dans une autre étude de l’Université de Londres, des chercheurs ont demandé à des patients souffrant de troubles anxieux de passer du temps dans l’un des quatre contextes thérapeutiques : un cours de danse moderne, un cours d’exercices, un cours de musique ou un cours de mathématiques. Seul le cours de danse réduisait significativement l’anxiété. Un bon 30 à 45 minutes sans arrêt est suggéré.

En terminant, j’aimerais porter quelque chose à votre attention. Quand on y pense, ce qui fait tenir la Terre, c’est la gravité et pour cela, la Terre doit tourner.

La gravité ne fonctionne pas sans rotation.

Alors ce qui pourrait peut-être aider à garder ton monde ensemble, ce serait de tourner ?

Deviens chaotique avec ton corps.

Let’s dance it out!

Marilou Savard

Je ne vais pas bien, mais je ne te demande pas de solutions

« Oh. »

C’est la répon

« Oh. »

C’est la réponse que j’ai eue d’une amie que j’aime d’amour lorsque je lui ai répondu honnêtement à sa question.

Elle : Salut ma poule, tu ne posts plus sur Insta et je ne te vois pas souvent non plus en ligne nulle part. Ça va ?

Moi : Non, ça ne va pas bien. Pas du tout. Mon monde a éclaté et je crois que je suis en train d’abandonner.

Elle : Oh.

Voilà comment le malaise d’une réponse franche peut se traduire. Oh. Deux lettres toutes simples. Mais ohhhh combien lourdes de sens. Son malaise de se sentir obligée (ou pas) de demander le pourquoi de mon mal‑être. De ne pas avoir de réponse. De ne pas avoir non plus de solutions. C’est quand même lourd, quelqu’un qui ne va pas super bien. Ça teinte ton indice de bonheur personnel puisque ça ajoute un point d’alarme inattendu dans ta journée. Personne ne veut ça. Personne ne veut le bagage de l’autre. Amie ou non, c’est toujours un peu étrange d’avoir à absorber la peine de l’autre et la lui redonner en amour. Ça prend beaucoup de bienveillance envers soi ET l’autre.

Personne ne veut voir une face avec les yeux bouffis à force de pleurer tout un après-midi.

Je sais qu’elle le fait avec plein d’amour. Qu’elle veut bien, au final, savoir que je ne vais pas super bien. Mais mon cœur a fendu en voyant la peine dans ses yeux sur un Facetime trop court.

Parce que je dois recommencer dans une des sphères de ma vie qui a toujours été amazing. Parce qu’un processus judiciaire pour agression, c’est lourd et stressant. Parce que voir son réseau d’amies s’effondrer, c’est douloureux. Parce que le chômage refuse des demandes et qu’on ne peut rien y faire, malade ou non. Parce que, parce que, parce que.

Fait que je me suis obligée à sortir au Starbucks. Je pense devenir Barista à nouveau tellement ici, c’est mon safe place.

Ici, c’est doux. Je peux me permettre de ne pas aller, d’écrire que ma vie est lourde mais que j’essaie.

T’as un safe place toi ? Où c’pas grave si tu pleures devant un faux feu de foyer avec un Venti thé vert glacé secoué à la pêche et limonade trop cher ?

Recovery is hard, hey ?

Kim Boisvert

La ligne ou l’humeur ?

Il y a des choses pires dans la vie qu’un bourrelet mal placé. Entre une

Il y a des choses pires dans la vie qu’un bourrelet mal placé. Entre une santé mentale défaillante et un IMC trop élevé, le choix peut sembler évident. Mais non.

Imaginez : vous souffrez d’anxiété généralisée. Ou de dépression. Ou d’un trouble mental qui nécessite la prise d’un médicament sur une base régulière, en plus d’un suivi thérapeutique. Votre moral est à plat. Vous dépensez beaucoup (trop) d’énergie à essayer de vous lever le matin, ou de continuer votre journée, ou de dormir la nuit. Suivre les recommandations pour atteindre l’équilibre et le bonheur (bien manger sans vous empiffrer, boire assez d’eau et pas trop d’alcool, bouger tous les jours et pas seulement pour vous rendre au frigo, avoir une vie sociale satisfaisante [vous essaierez ça en temps de pandémie !], vous coucher tôt et dormir paisiblement, sourire, respirer par le nez et expirer par la bouche…) vous apparaît aussi possible que d’escalader l’Everest en gougounes en vous tenant sur la tête et en traînant un camion de douze tonnes derrière vous. Ça semble exagéré, mais pas tant. Vous en parlerez à ceux qui sont passés par les bas‑fonds de la déprime.

Donc, imaginez que vous êtes cette personne au bout du rouleau de la santé mentale.

Et là, vous lisez dans la notice remise par le pharmacien en même temps que votre nouvelle prescription qu’un effet secondaire possible est qu’il stimule l’appétit et prédispose à la prise de poids. Non, mais, ça donne le goût de le prendre, hein ?!

Vous vous raisonnez en vous disant que les effets secondaires, ça n’arrive pas à tout le monde. Que ces effets sont souvent temporaires. Que les avantages de prendre le médicament surpasseront grandement les effets poches… quand le médicament fonctionnera comme du monde (lire ici : quand la bonne molécule sera trouvée pour votre cas, que vous aurez augmenté le nombre de milligrammes jusqu’au bon dosage, lorsque ça fera plusieurs semaines que votre cerveau recevra l’agent stabilisateur). Mais ça doit vraiment passer par un risque de prendre de la bedaine ?

L’effet contraire est aussi possible. Par exemple, plusieurs médicaments qui contrecarrent les effets du TDAH diminuent l’appétit, entraînant parfois des pertes de poids importantes. Quand ma fille a commencé son traitement, elle se situait sous le 5e rang par centile sur la courbe de poids des enfants de son âge. Vous comprendrez qu’elle n’avait pas intérêt à perdre de poids. Le médecin a failli ne pas la médicamenter pour cette raison. Toutefois, les effets positifs du médicament s’annonçaient majeurs et on avait essayé plusieurs stratégies auparavant, toutes plus infructueuses les unes que les autres. Médicament il y a eu, avec surveillance médicale de très près. On a ajouté des protéines au menu, des collations, un gros déjeuner avant que le médicament ait le temps de faire croire à son système qu’elle n’avait pas faim. La méthode a fonctionné et l’appétit s’est finalement stabilisé. La concentration aussi.

De la même façon, les bonnes habitudes de vie peuvent permettre de ne pas (trop) prendre de poids même si un médicament risque de stimuler l’appétit. Ça, c’est si on a réglé l’habitude habituelle de compenser avec de la nourriture du chocolat et des chips. Si le défi de santé (mentale ou physique) pour lequel on est traité rend plus difficile le maintien de l’équilibre, un coaching familial ou spécialisé peut faire une grande différence. L’équation est acceptable si les quelques kilos équivalent à une humeur plus stable ou à une vision du monde plus harmonieuse, ou encore si les phobies et l’envie de mourir disparaissent. L’équation devrait être revue avec le médecin si le médicament (et le soutien psychologique) ne nous aident pas à remonter la pente après quelques semaines ou si les kilos s’emmagasinent jusqu’à l’obésité. Un cœur embourbé dans le gras, ce n’est pas mieux qu’un cœur embourbé dans les émotions négatives. On ne veut pas créer un problème en essayant d’en régler un autre…

Même chose si les livres s’accumulent (ou disparaissent) au point où notre estime personnelle tombe dans le troisième sous-sol et nous empêche de faire du sport ou de voir des amis. Si c’est le cas, direction pharmacie et clinique médicale pour demander conseil. Surtout, n’arrêtez pas un traitement sans être accompagné par une personne compétente (non, votre voisine-qui-a-une-opinion-sur-tout-et-dont-le-petit-cousin-de-la-fesse-gauche-a-déjà-pris-un-antidépresseur-en-1982 n’est pas une personne compétente dans cette situation). Ces médicaments jouent dans les neurones, et les arrêter brusquement risque de vous jouer de mauvais tours.

Donc à la question « La ligne ou l’humeur? », je répondrais, comme souvent quand on parle de santé mentale : c’est du cas par cas et tout est dans l’équilibre. Chose certaine, ne restez pas seul avec ça. Et ne laissez pas les dictats de la mode ou du bien-paraître vous convaincre que votre bonheur ne passe pas en premier.

Nathalie Courcy

Montagnes russes matinales

Je sais, je suis au courant, avoir un toit sur la tête et des paren

Je sais, je suis au courant, avoir un toit sur la tête et des parents aimants, c’est la base pour les enfants. C’est leur sécurité, leur petit monde. C’est rassurant et ils peuvent être eux-mêmes en tout temps. Énergiques, anxieux, tristes et en colère. Drôles, turbulents, colleux ou distants. Oui, je sais tout ça.

Mais à un certain âge, c’est comme si le cerveau de nos ados pouvait changer d’émotion en quelques minutes. Je vous le jure que c’est possible. Au début, ça m’a prise par surprise! Une blague, une niaiserie ou un délire qui était super drôle la veille était devenu TELLEMENT niaiseux le lendemain… Pouvez-vous m’expliquer ce qui s’est passé entre hier et aujourd’hui? Mes niaiseries ont perdu de la valeur en une nuit?

Alors ce matin, l’impolitesse et l’air bête de ma grande étaient au rendez-vous. Habituée à ces montagnes russes matinales, je gardais mon calme et je gérais la routine du matin comme une Ninja, en esquivant les yeux dans les airs, les soupirs, les remarques plates et le chialage entre sœurs à grands coups de grandes respirations.

Nous voilà dans la voiture, en route pour l’école, et j’ai joué le tout pour le tout. J’ai essayé de lui parler, de lui expliquer ou plutôt, de lui faire prendre conscience de son air matinal vraiment pas agréable.

« J’espère que tu n’auras pas cet air‑là avec tes amies! Pauvres eux! »

« Ben là, franchement, j’ai pas cet air‑là avec mes amies… »

C’est à ce moment que j’ai compris que j’étais la chanceuse, la privilégiée, qui avait droit à son air bête de temps en temps. Et c’est aussi ce matin‑là que j’ai réalisé que nos enfants se donnent le droit de vivre leurs émotions à la maison avec ceux en qui ils ont confiance.

Nos enfants se sentent en sécurité et ils savent qu’ils peuvent être de mauvaise humeur de temps en temps sans se faire rejeter. Bon, c’est certain qu’une petite discussion occasionnelle sur le fait que je suis quand même sa mère et qu’un sourire, ça fait du bien, va s’imposer. Mais au moins, je sais maintenant que mes enfants sont à l’aise d’avoir l’air bête.

Valérie Grenier

 

Comment vas-tu?

« Comment vas-tu ? » Elle répond tout sourire qu’elle va bi

« Comment vas-tu ? » Elle répond tout sourire qu’elle va bien et la conversation se poursuit normalement. Elle sourit, elle est attentive et empathique aux propos de son interlocuteur qui ne lui adresse la parole que pour se plaindre de problèmes et lui demande de trouver des solutions. En dedans d’elle, par contre, c’est le chaos. Mais ça, elle ne le laisse pas paraître.

Plus simple de répondre « ça va » en souriant que de dire que ça fait deux jours qu’elle ne dort pas parce que ses enfants font des terreurs nocturnes et qu’elle doit les consoler au détriment de son propre sommeil. Elle ne dort pas non plus parce qu’il y a des petits rhumes à la maison et que ça se réveille en pleurs à cause d’un mal de gorge ou d’un nez bloqué. À quoi bon aller se recoucher ? Dès que la tête sera sur l’oreiller et que les yeux se fermeront, un « mamaaaaaaan » se fera de nouveau entendre et la tirera du sommeil.

Entre les appels des enfants, elle calcule son budget, trop serré à son goût. Elle est monoparentale et essaie tant bien que mal de joindre les deux bouts en travaillant à temps plein. Elle ne peut pas toujours payer des sorties ou des activités à ses enfants la fin de semaine par manque de budget. Du coup, pour les enfants, leur papa est tellement un meilleur parent qui leur offre mille et une sorties lorsqu’il est avec eux.

Elle calcule aussi le budget pour la nourriture, pour s’assurer que les enfants ne manquent de rien, quitte à se priver elle-même. Elle perd du poids parce qu’elle ne mange qu’un repas par jour, mais personne ne le remarque. Elle est malade, elle est affaiblie, elle est inquiète, mais elle sourit et répond que ça va. Son cerveau roule à cent milles à l’heure et va dans toutes les directions.

Elle console ses amies qui viennent lui raconter leurs gros chagrins d’amour pour des amourettes qui ne durent que depuis quelques semaines. De son côté, son amoureux à elle se bat quotidiennement pour sa vie, mais ça, elle le passe sous silence. La médecine ne peut plus rien pour lui, il attend la fin. Elle essaie de trouver ce qui pourrait renverser ce verdict qu’elle n’accepte pas. Elle espère un miracle qui, elle le sait, ne viendra pas.

Elle écoute les autres parents se plaindre de leurs weekends surchargés alors qu’ils jouent au taxi pour les mille et une activités de leurs enfants et se plaignent de ne pas joindre les deux bouts. Ça coûte cher les activités des enfants, mais ils vont tout de même dans le Sud deux ou trois fois par année. Elle, elle n’a pas pris de vraies vacances depuis des années. Elle les écoute et elle sourit, et compatit avec leur « malheur ».

Elle ne se confie pas et garde tout pour elle. Ses yeux n’ont plus de vie. Elle est cernée, elle est épuisée. Elle calcule sans cesse et essaie de tout régler seule puisque l’aide ne vient pas. Lorsqu’elle pile sur son orgueil et admet qu’elle en a trop sur les bras, son interlocuteur s’empresse de lui dire qu’il changerait bien de vie avec elle question de relaxer parce que sa vie à lui est beaucoup plus chargée. Eux ont raison d’être essoufflés, pas elle. À quoi bon gaspiller de la salive ? Elle n’a pas le luxe de gaspiller quoi que ce soit.

Nous avons tous une personne comme elle dans notre entourage, mais nous ne la voyons pas. Nous la voyons avec des yeux occupés. Des yeux qui ne prêtent pas attention aux gens qui les entourent. Des yeux et des cerveaux trop pressés de retourner consulter le cellulaire parce qu’un texto vient d’entrer ou pour naviguer sur les réseaux sociaux. Si elle ne « poste » pas sa peine sur Facebook, Twitter ou YouTube, personne ne l’entendra. Et même si elle le faisait, est‑ce que quelqu’un y prêterait vraiment attention ?

Pour 2019, je souhaite que nous ouvrions collectivement les yeux. Que nous redevenions humains avec toute l’empathie que ça implique. Que nous prenions le temps de réellement écouter la réponse de notre interlocuteur quand nous lui demandons « comment ça va ? », et que nous décelions si ça ne va pas. Je nous souhaite de nous intéresser aux autres, réellement. De faire en sorte que ces personnes ne soient plus isolées. De faire en sorte que d’autres vies humaines ne seront pas perdues parce que la seule solution perçue est de s’enlever la vie pour que celle‑ci arrête de faire mal.

Eva Staire ….. mais elle ne fermera pas les yeux.

Le moral en berne

L’automne, les journées qui raccourcissent, le changement d’heu

L’automne, les journées qui raccourcissent, le changement d’heure. Comment le vivez-vous? Toi, le papa ou la maman qui a dû gérer les fatigues et les sautes d’humeur de ton enfant, te relèves-tu aussi? La grisaille, la pluie, le froid qui s’installent et l’odeur de la poussière chauffée par les calorifères que l’on allume après quelques mois d’inutilisation : est-ce que ça joue sur ton humeur comme sur la mienne?

Je déteste le froid, surtout l’humidité froide. C’est à se demander comment la vie a pu me faire naître dans un pays où l’hiver est si froid! Quelle idée! Oui, certes, la première neige est aussi jolie que décourageante pour moi : je ne suis JAMAIS prête à la première neige! J’admets volontiers que le paysage revêt un certain aspect féerique. C’est toujours beau, une forêt enneigée, un conifère dont les branches sont alourdies par le poids de la neige blanche. Oui, c’est esthétiquement superbe, je l’avoue!

Mais le FROID, aïe aïe aïe! Je ne le supporte pas, comme d’autres ne supportent pas la chaleur. **Rêve** de chaleur… où est passé mon été? En coup de vent, une bourrasque rapide emportée par cette froideur à nos portes. Ma chaleur fondue comme une crème glacée oubliée au soleil.

L’an dernier, à la même époque, je me préparais à déménager suite à ma séparation. Je n’ai pas vu passer plus qu’il le faut l’arrivée du froid, tant j’étais préoccupée par les préparatifs de mon nouveau foyer pour mes enfants et moi. J’y ai aussi vécu un retour au travail, après être restée à la maison durant dix années avec mes enfants.

Ces changements, même si je les ai choisis, désirés et que j’en ai été l’instigatrice, m’ont quand même beaucoup demandé. Imaginez : j’ai déménagé le 23 décembre en pleine tempête de grosse neige et de bourrasques intenses! Que ne ferions-nous pas pour nous rebâtir!

Cette année, je vis la transition différemment. Nous sommes installés et la première couche de neige est tombée la semaine dernière. Je vous écris ce matin, assise dans cette chaleur artificielle, à l’abri du vent tout en regardant quelques flocons ici et là descendre du ciel, et je frissonne. J’ai de la difficulté, cette année, avec le changement d’heure que nous avons effectué il y a quelques jours. Pas vous?

J’ai l’impression que la vie s’alourdit, s’endort. Qu’elle entre dans cette latence froide et quelque peu lugubre. Cette transition entre mon excitation de l’Halloween et cette saison de froideur qui s’installe m’est pénible. (Si vous avez lu mon texte sur la fête des Morts, vous allez comprendre mon enthousiasme du jour à ce moment.)

Bref, hier, nous célébrions les cent ans de l’armistice. Jour du Souvenir de nos vaillants combattants. Nos drapeaux abaissés en respect des deuils de la Grande Guerre. Aujourd’hui, forte de ma fatigue émotionnelle et devant la froideur du ciel… c’est mon moral qui est en berne.

Simplement, Ghislaine

 

 

Qu’est-ce que ça va être quand elle sera ado?!

Si j’avais dû manger toutes les crises de bacon que notre fille a

Si j’avais dû manger toutes les crises de bacon que notre fille aînée a faites jusqu’à ses treize ans, je serais morte depuis longtemps d’une attaque de cholestérol grimpant. Quand ton enfant te répond bête à dix-huit mois, qu’il lance son matelas queen au bout de ses bras à trois ans, qu’il détruit l’intérieur de ta minivan à sept ans… tu te dis que ça ne sera pas jojo à l’adolescence, une fois que les hormones règneront en reines.

Combien de fois ai-je croisé des regards découragés ou horrifiés (dont le mien dans le miroir!), des têtes qui se dévissaient en faisant des « non » incrédules ou qui s’efforçaient de s’invisibiliser pour ne pas devoir intervenir? Combien de fois ai-je entendu des parents, des proches et des éloignés, des pertinents et des étrangers, qui donnaient leur opinion sur la situation : « Qu’est-ce que ça va être quand elle sera ado?! » Parce qu’évidemment, un enfant agressif, violent même, ne peut qu’empirer. Il ne peut que poursuivre sa dégringolade sur la route du pas-de-classe et de la délinquance…

Bien sûr, mon mari et moi aussi, nous nous inquiétions. Nous espérions franchement que les choses se replaceraient avant que les conséquences s’aggravent. Mais juste avec de l’espoir, on ne va pas loin, alors on a travaillé fort ensemble, avec notre fille et avec plein d’intervenants. Et avec le temps, qui fait parfois de la magie.

Notre grande Peanut a eu treize ans il y a quelques semaines. Le fameux chiffre 13. La malchance, le malheur, les règles, les hormones full pin, les faces de baboune qui ne veulent plus rien faire avec leurs parents, les mâchoires qui s’ouvrent à peine et juste pour dire « m’hein? », les bras qui traînent à terre tellement ils ont poussé sans prévenir. Intense comme l’est notre fille, on s’attendrait à ce que ce soit l’enfer en la demeure! Qu’on essuie dix crises par demi-heure…

Mais non! (Et c’est ici que les parents désespérés verront poindre la lumière au bout du tunnel.) Notre grande Peanut est devenue… heureuse! Elle est toujours aussi intense et émotive et drama queen, mais de façon positive. La plupart du temps (sinon, la barre serait trop haute pour les trois autres qui frapperont éventuellement le mur de l’adolescence). Elle se sait différente, et elle en est fière. Tellement qu’elle se sent plus solide face aux élèves qui la niaisent et essaient de la faire sortir de ses gonds. « Maman, ils doivent être mal dans leur peau pour essayer autant de me prendre en défaut. J’ai décidé que c’était leur problème, pas le mien. »

Elle qui lisait des tonnes de livres (elle est en train de se faire toute une paire de quadriceps à force de monter les six étages de l’école jusqu’à la bibliothèque!), elle les écrit maintenant, les publie sur WattPad, me les fait réviser (alors que la moindre remarque auparavant la faisait entrer dans une de ces rages!). Elle qui n’a jamais voulu suivre des cours d’arts parce qu’elle ne tolérait pas de se faire dire quoi faire, elle est maintenant dans un programme d’arts et multimédias et tripe à fond, persévère et travaille avec acharnement pour s’améliorer. Elle qui éclatait sous la pression de ses émotions fortes, elle exprime maintenant ses sensations et toute la subtilité de ses sentiments avec des mots et des nuances, avec confiance.

Elle qui voulait mourir, elle est maintenant addict à la vie, et à toute une vie! Une vie pleine, belle, remplie d’espoir et tournée à la fois vers le moment présent et vers un avenir rayonnant. Elle sait, et nous savons, qu’il y aura parfois des périodes creuses, mais nous profitons de l’ici-maintenant et de cette magnifique percée de soleil pour continuer de construire sur le positif. Et surtout pour y croire, intensément.

Belle ado, belle jeune femme en devenir, je t’aime et je t’ai toujours aimée!

Parents, grands-parents qui êtes découragés devant votre enfant qui s’adolescentise… gardez espoir. Et ne cessez jamais d’accompagner votre jeune. Un jour, ce sera son tour de vous tendre la main pour tenir la vôtre.

Nathalie Courcy

Déficit d’attention, sautes d’humeur, obésité…et si votre enfant manquait de sommeil?

Les enfants qui ne dorment pas suffisamment sont plus à risques de souffrir de problèmes de mémoi

Les enfants qui ne dorment pas suffisamment sont plus à risques de souffrir de problèmes de mémoire et d’attention, d’obésité et même de dépression.

C’est ce que conclut une recherche publiée, à la mi-juin, par l’American Academy of Sleep Medicine (AASM). Une équipe de 13 médecins spécialistes du sommeil a analysé 864 articles scientifiques établissant un lien entre le nombre d’heures de sommeil et la santé chez les enfants. Pour la première fois de son histoire, la prestigieuse AASM y va de recommandations quant à la quantité de sommeil dont les enfants et adolescents ont besoin pour demeurer en santé.

Selon cette méta-analyse, voici donc le nombre d’heures de sommeil recommandé par tranche d’âge :

  • 4 à 12 mois : de 12 à 16 heures
  • 1 à 2 ans : de 11 à 14 heures
  • 3 à 5 ans : 10 à 13 heures
  • 6 à 12 ans : 9 à 12 heures
  • 13 à 18 ans : 8 à 10 heures

Sur le plan de la santé mentale, les enfants qui respectent ces recommandations auraient une meilleure mémoire, moins de problèmes de comportement, de régulation de leurs émotions et de difficultés d’apprentissage. Ils auraient aussi moins de risques de souffrir de dépression. Les adolescents qui dorment de huit à dix heures par jour auraient aussi moins tendance à s’automutiler ou à avoir des pensées suicidaires.

Les enfants et adolescents qui ne dorment pas assez risquent aussi d’être en moins bonne santé physique. Ils se blesseraient davantage et souffriraient en plus grand nombre d’obésité, de diabète et d’hypertension.

Ce qui ne veut pas dire qu’il faut laisser votre ado dormir jusqu’au milieu de l’après-midi sous prétexte que c’est bon pour lui. Les chercheurs en arrivent à la conclusion que dormir au-delà des recommandations est aussi néfaste pour la santé.

Afin d’arriver à instaurer une bonne hygiène de sommeil chez votre enfant, les médecins recommandent aux parents :

  • D’instaurer une routine avant l’heure du coucher;
  • De bannir les téléphones cellulaires, ordinateurs et consoles de jeux de la chambre à coucher;
  • D’empêcher l’exposition aux écrans des téléphones cellulaires, tablettes et autres gadgets électroniques avant le coucher. Ces appareils produisent une lumière bleue qui nuit à la sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil.

Besoin d’un coup de pouce… Cliquer sur le lien pour obtenir la liste de nos suggestions de lecture pour que vos enfants, petits et grands, fassent leur nuit.

Bon sommeil à tous!