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Je ne t’en veux pas

Ce jour‑là, tout a basculé. Notre fille venait de s’endormir pour to

Ce jour‑là, tout a basculé. Notre fille venait de s’endormir pour toujours, tout doucement dans nos bras. Elle a quitté le monde terrestre pour rejoindre ce que l’on appelle le monde des anges. À ce qui paraît, tout est beau et doux là‑haut. Donc ça me rassure en tant que maman de savoir qu’elle est bien et en paix. 


Je veux juste que tu saches que je ne t’en veux pas. 


J’ai fini par accepter avec le temps qu’elle a eu un court chemin à faire auprès de nous, et que sa vie devait s’arrêter là. J’ai aussi compris, dès l’instant où l’événement a eu lieu, que c’était un accident. Ni toi, ni moi, ni papa n’aurions pu y changer quelque chose. Sa vie devait s’arrêter là. Il est évident que sur le coup, on se demande POURQUOI. Pourquoi est‑ce arrivé ? Pourquoi est‑ce que ça nous arrive ? Qu’est-ce qu’on a bien pu faire à la vie pour mériter ça ? Ce n’est pas une question de mérite, mais une question de temps dans une vie.


Je veux que tu saches que je ne t’en veux pas.


Parce que nous n’aurions pas pu changer sa destinée. Un accident, c’est imprévisible et ça ne s’explique tout simplement pas. Il y a des personnes aux vocabulaires dérogés qui ont sans doute atteint un sentiment déjà habité par la peine et l’incompréhension. Mais sache une chose : cela ne m’a jamais passé par l’esprit d’être en colère contre toi ou même d’avoir une certaine rancune. 


Je veux que tu saches que je ne t’en veux pas.


Je me souviens de ce jour où mon amoureux entre deux états d’âme voulait aller te serrer dans ses bras. À l’instant même, il avait oublié le sentiment qui l’habitait pour se préoccuper du tien, et le sentiment de pardon était déjà accompli. Il a su te dire qu’il ne t’en voulait pas une seule seconde, car c’était un accident. Il voulait que tu saches d’abord et avant tout que tu étais tout pardonné et que la rancune n’avait pas lieu d’être. 


Je veux que tu saches que je ne t’en veux pas.


Il y a de ses jours où je pense à toi et je me demande : comment tu vas ? Comment est‑ce que ça va dans ton cœur à toi ?


Je veux que tu saches que mon cœur de maman ne t’en veut pas. Ce jour‑là, personne ne s’y attendait, personne n’aurait voulu que cela se passe, mais c’est arrivé. Eh bien, personne ne peut changer le cours de l’histoire. J’espère pour toi que tu as le cœur plus léger aujourd’hui. 

J’espère que tu tomberas sur ces mots remplis d’amour et de douceur qui te sont dédiés. 

Tu seras toujours le bienvenu chez nous. 

Tu auras toujours une place bien spéciale et unique dans notre vie. 

Cette histoire nous aura unis et nous aura fait grandir.


Je veux juste que tu saches que je ne t’en veux pas

Avec tout mon amour,

Eva Staire

Souvent, nous pardonner

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Chez nous, avec trois ados, il y a souvent des chicanes. Et souvent, on s’en prend plein la poire comme parents! Ils sont ingrats ces enfants‑là, ils ne sont jamais satisfaits et pour eux, nous sommes les pires parents du monde!

Lors d’une grosse chicane avec mes enfants, je me suis fait reprocher beaucoup de choses sur leur enfance (t’sais, ils savent frapper là où ça fait mal…) Ils m’ont dit que j’étais comme un tyran! Trop sévère…

Imaginer que mes « bébés » pensent ça de moi a littéralement déchiré mon cœur de maman et j’ai quitté la conversation avec les yeux pleins de larmes…

Suis-je si pire que ça? Ai‑je terrorisé mes enfants? Suis‑je une bonne maman? Comment j’aurais dû faire? Mes petits ont‑ils vraiment grandi dans la peur?

Je me suis effondrée, roulée en petite boule dans un coin et j’ai pleuré (parce que oui! Des fois, une maman, ça pleure!)

Puis la journée a continué, car comme chaque fois, la routine reprend le dessus. Vivre avec des ados, ce n’est pas toujours reposant!

Le soir, en rentrant d’un trajet « maman taxi », j’ai trouvé un mot sur mon oreiller…

« Nous attendre à la sortie de l’école avec une baguette de la boulangerie.
Faire nos gâteaux de fête.
Lire nos histoires.
Nous faire jouer et faire des activités.
Nous faire des albums photo pour des souvenirs.
Nous filmer pour la même raison.
Nous mixer nos fruits et légumes.
Nous avoir fait passer avant ton travail.
Nous avoir soignés.
Nous avoir réconfortés.
Nous avoir éduqués.
Avoir pris soin de nous.
Nous encourager.
Te forcer à faire tout propre et comme il faut.
Répondre à nos besoins.
Nous mettre au monde.
Nous loger.
Nous nourrir.
Nous donner de l’amour.
T’excuser après chaque chicane.
Souvent, nous pardonner.
Nous donner une autre chance.
Nous laisser contourner certaines règles. »

J’ai serré ce petit papier très fort sur mon cœur, et j’ai décidé que oui, je suis une bonne maman.

Nos ados sont tannants, souvent ingrats et pleins de reproches… et nous faisons de notre mieux…
Mais, chers parents, ne doutez jamais de l’amour ni de la reconnaissance que vos enfants ont pour vous, parfois bien cachés, au fond de leur cœur.

Gwendoline Duchaine

 

L’herbe du voisin n’est pas plus verte

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Les enfants sont de petits êtres égocentriques et ingrats… Ils sont les champions du monde pour lancer des remarques qui font mal.

– J’aimerais que tu ne sois pas ma maman.
– Tu es trop sévère, je préfère aller jouer chez mes amis.
– Mon ami, il a tout ce qu’il veut.
– Pourquoi tu as arrêté de travailler si longtemps!? On aurait plus d’argent si tu avais eu une job quand on était petits.
– Je te déteste.
– Tu m’énerves, tu ne comprends rien.
– Tais-toi, maman.

Dans ma tête, je me dis que mon enfant voit à court terme et n’a pas le recul nécessaire pour comprendre. Mon cœur de mère saigne à chacun de ces mots…

Tu sais, mon gars, l’herbe du voisin n’est pas plus verte. Oh que non! Tu ne sais pas ce qu’il se passe dans les foyers une fois la porte fermée le soir. Tu ne sais pas les colères du père sous l’emprise de l’alcool. Tu ne sais pas les pleurs de la mère sous les coups de son conjoint. Tu ne sais pas que les enfants montent le son des jeux vidéo pour ne pas entendre crier leurs parents. Tu ne sais pas la solitude de ces ados qui attendent leur maman qui travaille tard le soir. Tu ne sais pas la maladie qui frappe sans prévenir et qui anéantit l’équilibre familial.

Tu ne sais pas que j’ai perdu mes diplômes pour t’élever. Tu ne sais pas que nous nous sommes serré la ceinture si fort pour te construire un avenir que tu ne regardes même pas. Tu ne sais pas les heures que je passe à ton service : tes voyagements, ta bouffe, ton linge…

Un jour, tu sauras. Un jour, tu comprendras. Sans doute que tu regretteras un peu ces mots douloureux lancés naïvement. Pardonne-toi, mon enfant. Parce que ta maman t’a déjà pardonné. C’est comme ça, une mère. Ça encaisse, ça pleure, puis ça rouvre son cœur.

Gwendoline Duchaine

 

Mon tigre

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Il se déchaîne sans prévenir, sort d’un coup, sans aucun contrôle, et saccage tout. Il prend les rênes, utilise mon corps, ma voix, mes gestes… de façon si violente. Il attend sagement sans bruit et sans prévenir : il explose. Il fait du mal à ceux que j’aime, il est destructeur. Il fait partie de moi. Il est en moi. Il est moi.

J’essaie de le dompter, vainement. J’essaie de l’épuiser, vainement. Il est tellement en colère. Incontrôlable.

Et d’une certaine façon, il est aussi mon moteur, mon énergie, ma passion, celui qui m’aide à me surpasser, à atteindre des sommets, à faire des exploits que je ne me soupçonnais pas être capable de faire.

Je l’appelle mon tigre. J’en ai besoin, mais il me déchire. Il a toujours été là. Aussi loin que je me souvienne, il était là. Il surgissait comme ça, sautait au visage des autres, les agressait, m’enlevant le peu d’estime de moi que je m’efforçais d’avoir.
J’ai même essayé de le détruire, de me détruire… mais il est trop puissant et il ne m’a pas laissée faire. Il a une rage de vie incroyable, bien plus forte que les maux que je lui infligeais.

Quand la vie a poussé en moi, il s’est un peu tassé, mais il était toujours là, aux aguets, prêt à surgir n’importe quand.

Il n’a pas de pitié : il détruit. J’essaie de le calmer, de l’amadouer, de le fatiguer, mais il reste tellement sauvage !

J’ai même essayé de l’accepter, de le regarder en face, de le remercier. Mais il est traître et n’a aucune reconnaissance.

Il fait peur. Jusqu’où est-il capable d’aller? Qu’est-il capable de faire? Dois-je avoir recours à la médecine pour l’endormir pour toujours, au risque de perdre une partie de moi? Avant que les dégâts soient irréparables… L’amour et le pardon sont-ils plus forts que lui? Avons-nous tous une bête féroce en nous qui nous surprend? Est-ce cela qui fait de nous des meurtriers, des agresseurs, des violeurs? Est-ce dans la nature humaine d’avoir du fauve en soi?

Mon tigre est bien là, j’ai beau essayer de l’oublier, il refait surface et ravage tout sur son passage. Je me montre calme et forte, mais en dedans, c’est tumultueux.

Est-ce pour cela que l’humain tombe dans la drogue ou l’alcool? Pour essayer de geler son tigre? Quelles sont mes options pour le contrôler, l’utiliser sans le laisser déborder ni prendre le contrôle? La sagesse de l’âge finira-t-elle par m’apporter ces réponses?

Chaque jour, il sommeille en moi… Il me fait terriblement peur, mais je ne peux m’empêcher de l’aimer. Chaque jour, je le défoule ; il en a besoin, sinon il surgit. Chaque jour, il me donne l’énergie de me surpasser. Je réalise que de plus en plus souvent, je suis capable de le laisser sortir quand je le décide, et sûrement qu’à ce moment-là, les gens autour pensent que je suis folle. Nous le sommes tous, non? Je lui donne un peu de liberté, et je le renferme en moi. Chaque soir, je le remercie de ne pas être sorti sans mon accord. Il sommeille… Il est mon essence et ma flamme. Je l’attise en essayant qu’il ne brûle pas. Chaque soir, je prie pour qu’il ne s’enflamme pas…

Si vous regardez mes yeux, de tout près, regardez bien… Vous verrez cette lumière intense qui s’embrase en moi. Il est là, puissant, fort et fier.