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À toi, l’enfant-roi

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 À toi qui insultes tes parents, toi qui cries et cours partout, qui prends les jouets sans demander la permission, qui se sers seul dans le frigo ou qui exiges un bonbon à tout bout de champ… À toi qui refuses de t’habiller, qui se jettes par terre dans les magasins, qui hurles sans raison ou qui arraches des mains un objet convoité… tu as (très) confiance en toi, et je trouve cela admirable… mais…

En chemin, tu as perdu la notion de respect de l’autre. Tu souhaites satisfaire tes besoins… tel un petit roi… tu ordonnes et tu imposes… tu fais TA loi…

Chaque jour dans mon travail, je vois des parents complètement dépassés (et démunis). C’est toi qui mènes la danse, du haut de ton si jeune âge…

Mais que s’est-il passé pour que nos enfants prennent le contrôle à ce point?

J’ai grandi dans un autre pays, et j’ai donné une éducation différente à mes enfants. Des règles strictes, un cadre, des punitions et rarement même, une fessée (que j’ai toujours considérée comme un terrible échec, entraînant un sentiment dévastateur de l’estime de soi, pour le parent et pour l’enfant).

J’ai eu trois enfants en moins de quatre ans, alors je leur ai demandé beaucoup, je le sais. Même si je ne les ai jamais forcés à embrasser un adulte ou un ami, ils ont toujours appris à se présenter et à saluer les gens. La politesse, le respect de l’autre (qu’il soit petit ou grand, vieux ou jeune, blanc ou noir, etc.) sont des valeurs fondamentales pour moi.

J’ai voulu que mes enfants soient capables de fonctionner dans la société, qui elle aussi, est régie par des lois.

L’avantage d’avoir accès à deux cultures, c’est de tirer le meilleur des différentes approches.

Je leur ai montré l’estime de soi (quelle merveilleuse notion!), j’ai utilisé la valorisation positive, mais aussi le NON, la frustration, le respect des règles et les conséquences d’un comportement inadéquat. Mes enfants savent qu’ils ont droit à l’erreur et qu’ils peuvent toujours faire des actions réparatrices. Ils sont en apprentissage! Et cet apprentissage nous demande, en tant que parent, un effort de chaque instant. Je vous assure que si vous dites NON à votre enfant, il ne vous aimera pas moins, au contraire : il a besoin de l’entendre, ce mot.

Je te regarde aller, toi, l’enfant-roi, et je suis persuadée que tu es perdu et inquiet. Tu as besoin d’un cadre autant que tu as besoin d’oxygène et d’amour. Tu pars dans tous les sens, épuisant tes parents et tous ceux qui croisent ton chemin.

Notre rôle de parents n’est-il pas de faire en sorte que nos enfants soient heureux? Pour être heureux, il faut s’aimer et être capable de fonctionner avec les autres. Que vont devenir nos petits rois dans la société de demain?

À toi, l’enfant-roi, je te souhaite de trouver un cadre, des règles, du respect et beaucoup d’amour pour les autres. Tu verras comme la vie sera plus sereine.

 

Gwendoline Duchaine

 

Ding! Dong! C’est le voisin!

Le printemps cogne à notre porte. Et avec lui, tous les voisins du

Le printemps cogne à notre porte. Et avec lui, tous les voisins du quartier!

Avec mes filles heureuses d’être contentes avec elles-mêmes, j’ai peu connu les joies des amis de quartier. À l’occasion, un coup de téléphone : « Maman, Ariane demande si je peux aller dormir chez elle… Pleaaaaaaaaaaaase! » Même encouragées par des parents bienveillants (et qui auraient aimé que les jouets restent rangés plus que deux minutes et quart), nos filles résistaient à l’appel de la petite voisine à vélo qui cherche une copine. « Maman, je suis trop gênée » ou encore « C’est même pas mon amie! » Mais rarement un toc-toc-toc imprévu.

Avec mes gars, c’est une tout autre histoire. Ils sont populaires. Ils sont des leaders. Même parmi les plus grands, ils se taillent une place : « Salut tout le monde! Je m’en viens jouer avec vous autres! Est-ce que je peux être le gardien de but? Mon petit frère va faire du vélo proche de nous, ok? »

Alors quand le beau temps se pointe le bout du gazon, on plonge dans un tout nouvel univers.

Jeudi matin, 6 h 47. Je me lève. D’habitude, à cette heure, j’ai déjà reçu une quinzaine de câlins de petits bonhommes heureux. Mais là, je les cherche. Pas de bottes dans l’entrée. Pas de manteau sur le crochet. Un pantalon de pyjama laissé à l’abandon. Du deuxième étage, je ne les vois nulle part. Je m’habille en quatrième vitesse, direction : la cour des voisins. Ah! Ben! Des vélos que je connais… et des petits gars que je connais… J’ai eu le goût de les ramener à la maison par le fond de culotte. J’ai plutôt opté pour un rappel à l’ordre ferme (« Awèye à’ maison! » et une explication brève et convaincante sur l’importance de m’avertir avant de quitter notre terrain. Je n’avais jamais eu besoin de formuler cette règle avec les filles, donc pour mes gars, cette règle n’allait pas de soi.

Vendredi soir, 18 h 45. J’ai reporté ma séance de yoga à ce soir. Me voilà en position chien tête en bas, fesses dans les airs, au milieu du salon. Et qui arrive face à face avec mon popotin? Les petits voisins! Je jure que la seconde avant, toute la marmaille du quartier s’amusait dehors. Pas dans ma maison! « Qu’est-ce qu’elle fait, ta mère? » « Ah, son yoga… » (bruit de criquet embarrassé…)

Vendredi soir, 19 h 37. Je prépare le bain. Je m’apprête à me mettre en pyjama. J’ai eu une seconde de lucidité au moment où j’ai touché la poignée de ma porte de chambre. Une intuition qui me disait de passer ma robe de chambre avant de passer dans le corridor. Ouf! Parce qu’un des petits voisins passait justement par là. « S’cuse, la chambre des parents est hors zone pour vous. Et là, c’est le temps de retourner chez vous, d’accord? »

Samedi matin, 7 h 52. Je suis en pleine séance de ménage. Mais ledit ménage est loin d’être complété (il est quand même juste 7 h 52!). Tas de poussière au milieu du corridor en attente du porte-poussière. Couette parapluie sur le top de la tête. Tuyau de balayeuse qui serpente d’une pièce à l’autre. Ça ne sonne pas, ces petites bébittes-là! Non! Ça fait le code du système d’alarme! Et ça entre! Comme dans un moulin! Ok, là, on va mettre une chose au clair, parce que clairement, mes enfants ont oublié de vous passer le message (trop occupés qu’ils étaient à partager le code secret) : ça va me faire plaisir de vous accueillir chez moi si, et seulement si, vous sonnez et que je vous dis d’entrer. Vous êtes chanceux parce que je suis matinale, mais attendez-vous à ce que ça change quand l’homme de la maison sera de retour. Parce que lui, il y tient, à ses heures de sommeil!

« Désolés… On ne recommencera pas ». Bon. Une chose de réglée. Jusqu’à ce même samedi, 13 h 10. J’avais amené ma gang se bourrer dans le popcorn au cinéma [ben oui, je suis indigne de même!], alors les petits voisins, ils étaient en sevrage avancé. Deux longues heures sans leurs nouveaux meilleurs amis fusionnels (et j’ai nommé mes fils)…

Ding! Dong! « Allo! On vient jouer chez vous! »

Pendant une seconde, j’ai été fière d’eux. Ils avaient respecté notre entente.

« Attendez donc un ti-peu, vous deux! C’est parce que mes garçons sont en train de jouer dehors… et vous, vous pensez que vous allez venir jouer dans notre maison pendant ce temps‑là? » C’est bon, à l’occasion, de leur mettre leurs contradictions en pleine face.

Ils sont repartis. Et ils sont revenus. Et repartis, et revenus, et ressortis. Parfois avec une barquette de fruits de plus dans l’estomac, parfois en transportant la moitié des jouets de leur maison sur notre terrain. Mais toujours en faisant tellement plaisir à mes deux garçons. Et à moi par le fait même! Quand mes gars sont avec eux, j’ai le temps d’écrire! Et de finir de passer la balayeuse…

Nathalie Courcy

Chaque mois, tu voudrais être un gars

Chaque mois depuis que tu as douze ans, c’est la même rengaine. Tu

Chaque mois depuis que tu as douze ans, c’est la même rengaine. Tu commences par être fatiguée, mais vraiment ÉPUISÉE. Puis tout t’énerve! TOUT et tout le monde te tapent sur le système. Ceux qui vivent avec toi savent… Le fichu SPM est de retour…

Ton chéri et tes enfants ne stressent pas quand tu te mets à pleurer pour un oui pour un non. Tu es si émotive! Ils comprennent… Ils parlent doucement et essaient d’être gentils et ça t’énerve encore plus! Tu ne m’endures plus toi-même. Tu as envie de frapper le cave d’en avant qui ne roule pas assez vite, d’insulter l’enfant qui crie si fort dans les rayons de l’épicerie ou de chialer après l’animateur radio qui n’est pas capable de parler sans bafouiller!

Une asthénie envahit ton corps, tu travailles sans concentration et tu es épuisée juste à te tenir debout. Tu as envie de pleurer parce que tu aimes ton chéri, parce que tes enfants grandissent si vite, parce que tes parents te manquent, parce que tes amis sont merveilleux, parce qu’il fait beau, parce que la lune est belle, parce que le chien est mignon quand il dort et que le patient de Grey’s Anatomy était trop attachant…

Puis. Tranquillement mais sûrement… la douleur s’installe…

Chaque mois, la même douleur… Elle commence sur les côtés en bas du ventre, lancinante… Tes ovaires se tordent et brûlent tes entrailles. Cette douleur sourde qui se propage jusque dans tes cuisses, dans tes jambes… Ton utérus se contracte et ton souffle se coupe…

Chaque mois, tu subis cette douleur pendant deux jours.

Et tu commences à te vider. Ton corps rejette le petit nid qui aurait pu accueillir un bébé. Sauf que ça n’a rien de cute. Ça pue, c’est moche et ça fait mal. Pendant une journée, tu saignes tant que ton visage se décolore, les caillots font souffrir ton col et ton ventre n’est qu’un gouffre de souffrance. Tu es étourdie. Tu es vidée.

Tu n’as plus d’émotions, tu n’as plus de colère, tu es seulement vide. Les flots volent ton énergie…

Tu te sens grosse et laide. Tu te trouves poilue, trop vieille. Tu mets du linge mou et tu manges des chips.

Chaque mois, la même rengaine. Douze fois par année… et tu seras prise avec ça jusqu’à ta ménopause, que tu n’as pas hâte de voir arriver tellement ça a l’air d’être l’enfer.

Chaque mois, c’est plate être une femme. On doit souffrir toute notre vie pour avoir l’honneur et le privilège de donner la vie. Ça reste une belle compensation! Mais chaque mois, tu voudrais quand même être un gars! Juste une fois par mois.

Au secours ! “Miss bougonne” a ses règles !

Vivre avec une préado n’est pas de tout repos, surtout quand elle

Vivre avec une préado n’est pas de tout repos, surtout quand elle est nouvellement une tornade riche en émotions. Elle sourit; elle crie, elle rit; elle pleure.  Elle veut quelque chose et la seconde suivante, elle ne la veut plus…  Oui, vous avez bien compris, Miss a maintenant ses règles!

À 11 ans, elle devient un petit bout de femme, et ce, même si elle ne sait pas encore comment s’autogérer.  Des fois, mon avis compte plus que tout au monde et d’autres fois, tout ce que je dis est faux. Il ne faut pas chercher à comprendre, c’est une préado qui est toujours en pleine crise existentielle!

Il y a des moments qui sont pires que d’autres. Quand aller faire l’épicerie devient pire qu’aller au parc d’attractions. Quand les étourdissements et les vertiges sont présents parce que Miss ne sait plus ce qu’elle veut : Houston, on a un problème!  

– Qu’est-ce que tu veux manger pour souper?

– Ahhh, j’sais pas. E-rien.

Au bout du compte, peu importe  ce que tu choisis, ça ne fait pas son affaire : Houston, sors-moi de là!

Quand Miss bougonne déjà avant même d’avoir eu la réponse à sa question. Quand elle me dit qu’elle sait que je vais répondre “non” à sa question, donc qu’elle se fâche avant même d’avoir essayé : on se calme les hormones, s’il-vous plaît!

Quand elle hurle, claque les portes, se fâche après elle-même et pire, quand elle se fâche après le chien qui ne fait que respirer : Houston, sors-moi de là TOUT DE SUITE!

Quand les jours paraissent interminables, mais que plus la semaine avance, plus la tornade s’estompe: ouf, on recommence à respirer!

– Qu’est-ce que tu veux manger pour souper?

– N’importe quoi. Ça ne me dérange pas.

C’est ainsi que la tempête se résorbe tranquillement et que la préado se remet lentement à sourire et à chanter…  Jusqu’au mois suivant où la tornade frappe de nouveau…

– Qu’est-ce que tu veux manger pour souper?

– E-rien. Laisse-moi tranquille!

– Bin c’est ça, mange E-rien!

Comment fait-on pour éviter de se faire emporter par la même tornade que nos filles?  Je suis un peu tanné d’entendre : « laisse le temps aller, ça va se replacer ». Dans le fond, on n’a pas d’autres choix; on doit les laisser vivre leurs émotions, on doit les laisser les découvrir et surtout, les laisser les apprivoiser, à leur temps à elles.

Ce n’est pas facile pour ces petites filles-là d’apprendre à vivre avec une réalité d’adultes. C’est encore moins facile quand on leur demande de se gérer.  Entre les jeux, les hormones et les garçons cool du village, il y a aussi les peurs, les responsabilités et la vie d’adolescente qui se prépare. C’est tellement trop en si peu de temps! Alors, c’est à nous les parents de montrer à nos filles comment se préparer face aux changements. Mais, on s’entend que ce n’est pas plus facile pour nous que pour elles… Surtout, quand leur mère a un caractère tout aussi explosif!

Malgré tout, je ne vivrais jamais sans ma petite tornade!