Archives décembre 2016

Alakazoo ou Quand la nostalgie s’empare de moi

Il a suffi que j'ajoute de la luzerne

Il a suffi que j’ajoute de la luzerne à mon sandwich au thon pour que s’éveillent en moi tous les personnages de mon enfance…

Les fameux sandwichs au gazon du célèbre zèbre! Avouez qu’il avait quelque chose d’attendrissant? Et les p’tits biscuits en forme de triangles? J’en voulais tellement!

Qui, parmi vous, croyait que Passe-Montagne et ses amis habitaient réellement cet étrange appartement aux murs tout blancs?

Que Fardoche était vraiment fâché que Passe-Carreau ait fait tomber l’enclume sur le beau coffre de Tancrède?

Que Passe-Partout avait de la peine pour vrai qu’on lui ait pris sa bicyclette?

Que Perlin avait perdu son emploi? J’avais tellement de peine pour Cannelle et Pruneau…

Qui s’est senti vraiment mal quand Cannelle a renversé du jus de raisin sur sa jolie robe à fleurs?

Qui trouvait que Rigodon, il avait l’air plutôt sympathique? Et que Grand-papa Bi voyait réellement à travers les murs? Personnellement, j’ai toujours pensé que sa petite barbiche allait tomber

Parmi vous, chers lecteurs, il y en a assurément qui, comme moi, étaient mortifiés pendant la chanson “La nuit est mon amie”? Ouf!

Je n’étais certainement pas la seule à crier les réponses pendant le jeu “Trouvera, trouvera pas…”

Que de souvenirs, précis, presque palpables. Les créateurs de Passe-Partout ont su toucher l’âme de tant d’enfants et à travers quelques générations. C’est tout un exploit!

À ce jour, je ne vois pas quelle série touchera autant nos enfants. Est-ce parce que je vieillis? Je ne crois pas.

On fredonne encore les comptines de ce chef-d’oeuvre de mon enfance dans les garderies. J’y vois un signe qu’elles continueront de traverser le temps…

Parlez-moi d’un souvenir, de VOTRE souvenir de Passe-Partout!

Devenir parents : apprendre à gérer les commentaires

Quand on devient parent, nos choix deviennent publics et discutables

Quand on devient parent, nos choix deviennent publics et discutables. En fait, dès la grossesse, les gens se permettent de dire tout ce qui leur passe par la tête. Bien que la majorité soit bien intentionnée, ça peut donner de drôles de résultats.

Déjà entendu : « Iiiiih! T’es ben grosse! T’es certaine que ton bébé est correct? »

Ouf! Une chance que j’ai une bonne confiance en moi et un super médecin qui me disait justement la veille que j’avais une grossesse comme dans les livres, que je ne prenais pas trop de poids et bébé juste assez… mais, surtout, une chance que mon bébé était top shape, je me serais probablement écroulée devant un si grand manque de délicatesse… ou mon professionnalisme aurait pris le bord et je l’aurais remise à sa place assez brusquement, merci!

Comme l’opinion des étrangers et des connaissances me passent très haut par-dessus la tête depuis un certain temps déjà et que je choisis mes combats, je n’ai pas relevé cette phrase pleine de douceur et de subtilité de cette collègue maladroite. Par contre, je suis tellement expressive et transparente qu’elle a malgré tout pu voir dans mes yeux que c’était très ordinaire.

Les étrangers c’est une chose, les proches c’en est une autre…

Un commentaire sur le ménage passé par la visite quand bébé a à peine quelques semaines peut être blessant ou très drôle et déculpabilisant selon le ton employé.

Mais au-delà du ton, je constate de plus en plus que la perception que les gens ont de nous nous appartient seulement en partie, car elle est teintée de leur propre parcours. Selon ce qui est important pour eux, ce qui les réjouit ou les effraie, les moments avec leurs enfants qu’ils ont préférés, les étapes qu’ils ont trouvées difficiles, s’ils sont très affectueux, s’ils sont plus ou moins stricts… Tout ça vient affecter l’impression qu’ils ont de notre réalité. Ce qu’on leur dit tout comme ce que l’on tait aussi joue un rôle important.

Je l’ai compris récemment et ça m’a fait le plus grand bien.

Nous avons un bébé très colleux. Il aime être près de nous, flatter et se faire flatter, donner des becs bien baveux et des câlins à profusion. Malgré cela, il joue seul et aime explorer. De temps en temps, il vient chercher un peu d’amour et il retourne découvrir les merveilles de la maison. Il est très sociable, même charmeur. Il veut faire sourire et réagir. Il tend les bras spontanément, même au monsieur dans la salle d’attente de la clinique de vaccination (désolée Monsieur, mais c’est non. On va se garder une petite gêne quand même!)

Bref, alors qu’on m’avait dit quelques jours plus tôt que mon bébé était autonome pour un enfant encore unique de son âge, une amie m’a dit que mon bébé avait un très grand besoin de sa maman et moi de lui.  Je l’ai perçu comme si nous étions dépendants l’un de l’autre. Sur le coup, je me suis sentie jugée. Ça m’a blessée parce que ce n’est tellement pas la vision que j’ai et que j’espère réussir à être proche de mes enfants tout en leur permettant de développer leur confiance en eux et leur autonomie. Ce sentiment n’a duré que quelques secondes, car je me suis rapidement rappelée que cette amie nous aime sincèrement ma famille et moi, qu’elle me le manifeste souvent et qu’elle ne me juge jamais. En fait, ça m’a surtout fait réfléchir. Même si je vois les choses différemment, ça ne m’enlève rien qu’elle ait un point de vue différent qui vient de ce qu’elle a observé de notre dynamique familiale, de ce que je lui raconte et lui confie, mais aussi de sa vision et de son expérience de la famille.

Cet événement somme toute banal me permet de réfléchir et de relativiser. Je crois que quand ça vient de quelqu’un qui nous aime et qui le dit sans mauvaise intention, ça vaut beaucoup. Que je sois d’accord ou non, qu’est-ce que ça change? Même si ça vient de personnes proches de moi ou de ma famille que j’aime beaucoup, est-ce vraiment grave qu’ils ne voient pas les choses comme moi? Les autres peuvent bien penser que je suis fusionnelle ou complètement froide avec mon fils, qu’il mange seulement végé ou juste des pogos, qu’il écoute toujours ou jamais la télé, ça ne change rien aux faits et à la réelle relation que son papa et moi développons avec lui.

On doit parler, Beauté

On doit parler, Beauté. Tu sais, avant ta venue, je me sentais fort

On doit parler, Beauté. Tu sais, avant ta venue, je me sentais forte, indépendante et au-dessus de tout. Je croyais que la femme de nos jours était considérée et respectée. J’étais obnubilée par cette fausse publicité. Ne voyant pas le mal d’une camisole où le nombril se dorait au soleil. Aimant les mini jupes et les décolletés plongeants. J’aimais être belle, sexy et je regardais les autres femmes, les trouvant belles et cherchant à l’être aussi.

Puis, tu es née.

Cette autre vie où je ne voyais pas le risque à trop montrer, à être cette femme que j’étais, me revient en tête en te voyant grandir. En remarquant les regards qui glissent sur toi. Oui, déjà.

Ma fille, je ne te le dirai pas mais, j’ai terriblement peur.

Lorsque je vois passer aux nouvelles ou dans certaines émissions les tourments de nos jeunes femmes en devenir… j’ai peur. J’espère te donner cette éducation qui te protégera, mais je ne suis pas autruche. Peu importe mes enseignements, tu feras ta route, aura tes propres embûches.

Ma fille je te regarde grandir depuis ta naissance. Tu es belle ma fille. Tu es magnifique avec tes éclats de caractères, tes mimiques. J’ai confiance en toi ma puce.   Quand tu as élu domicile en moi, j’avais si hâte de te voir, te toucher autrement qu’au travers de ma peau. Nos cœur battaient à l’unisson, je te parlais jour et nuit de cette vie qui t’attendait.

Maintenant, cette vie, elle m’effraie.

Tes yeux turquoise si innocents sont effrayants. Ta timidité charmante peut être si attirante. J’aurais envie de te garder dans cette bulle, près de moi et de te protéger. Mais tu étoufferais, c’est assuré. Tant de dangers en ce monde. Je sais bien, ma beauté, je deviens quelque peu paranoïaque, mais je voudrais te protéger de toutes ces arnaques!

Sois forte, indépendante et au-dessus de tout. Apprends à te respecter et tu le seras. Lorsqu’arriveront certains personnages voulant briser ton équilibre, bats-toi! Je voudrais me battre à tes côtés, mais je ne pourrai pas toujours y rester. Alors saches que le monde n’est pas un conte de fée. Malgré ses nombreuses beautés, ses innombrables et grandioses bonnes choses, la vie peut être dure aussi.

Je voudrais te léguer ma force et mon savoir. Mais tu devras pour certaines choses faire ton propre parcours, que je te souhaite pas trop lourd. Ma fille, ce soir je te regarde dormir et j’ai peur. La poitrine me sert, les larmes visitent mes paupières et j’espère.

J’ai à te dire, Beauté. À te dire que tu es ma fille, que tu es toi-même, que tu seras une femme superbe en tous points. Peu importent tes imperfections, tu seras toujours parfaitement imparfaite. Mais fonce! Ne laisse pas cette peur que je porte te freiner, sois téméraire! Comme je l’étais hier. Saches que peu importe ton parcours, tes choix, tes amours et tes combats. Je serai là si tu le désires. Vis intensément, mais promets à ta maman de le faire quand même un peu prudemment.

La maladie du panier à linge

Ce fameux panier à linge, qui ne semb

Ce fameux panier à linge, qui ne semble jamais se vider. Dans chaque foyer, c’est la même chose, c’est l’enfer… On n’en finit jamais ! On essaie toutes sortes de trucs; on le place sur le sofa, sur la table de cuisine, directement sur la sécheuse ou, bien souvent, comme la plupart des gens, on le renverse sur le lit.

Bien entendu on se dit : “Je serai bien obligé de le plier avant de me coucher ! ” Mais non.

On remet toutes les brassées dans le panier, on place le panier au pied du lit puisqu’il est vraiment tard et qu’on est crevé.  Le lendemain, faisant face au panier, on se pose l’unique question sans réponse “où vais-je trouver du temps pour plier tout ce linge aujourd’hui ?”

Et ça recommence ! Ahhhh!

Alors là, il est grand temps qu’on se parle !

Nous remettons toujours ce problème sur le “manque de TEMPS! ” Mais est-ce la vraie raison?

Partons du début. Allons faire un tour dans notre penderie, le garde-robe, les tiroirs. On a trop de linge… Alors on se demande: “pourquoi avons-nous tant besoin de tous ces morçeaux de tissus?

Parce que nous espérons trouver le moyen d’en avoir assez pour ne pas faire des brassées de lavage continuellement…. Ok, mais là, on finit par les faire de toute façon et on accumule le tout dans un coin… c’est pas génial.

Y’a tellement de choses à nettoyer, sécher, plier, repasser, placer et replacer… On en finit plus.

Bien sûr, je ne vous critique pas du tout. Moi aussi à chaque semaine c’était une montagne! J’essayais tout le temps d’améliorer mon score jusqu’au jour où j’ai fini par comprendre.

Qu’on se le dise: Y’a toujours une solution! Mais des fois, il faut regarder le problème d’une autre façon que celui de le voir comme une montagne (parce que ça a vraiment l’air de ça sur le lit, non? )

Il ne faut jamais désespérer. Le but est de trouver la meilleure des solutions.

Et là, c’est le moment d’ expérimenter les idées cutes et simples:

  • Avec les enfants, on leur apprends à rouler leurs vêtements (c’est plus facile pour eux) et à les serrer dans leurs tiroirs. Il faut, bien sûr, prendre le temps de leur montrer, mais ça peut rapporter gros en économie de temps plus tard.
  • Le conjoint aime le hockey. Hey bien entre les périodes, on plie le linge et on marque des points avec chaque pile de dix morceaux….à la fin, y’a un gagnant ; Bien sur, on travaille intensément à trouver la récompense idéale pour la victoire de son conjoint! 😬
  • On est seule pour tout faire? Alors on se donne le défi de plier le linge dès la sortie de la sécheuse ou bien l’entrée de la cordée  (pourquoi remettre à plus tard ce qu’on peut faire à l’instant, me disait ma mère). On se décore un petit coin avec de belles couleurs et une tablette assez grande pour y acceuillir une seule brassée à la fois et on plie, sur le champ. C’est une habitude que l’on peut prendre, une petite dicipline qu’ il faut commencer.

 

Bref, s’il faut plier le linge alors vaut mieux trouver une belle facon de le faire! Et quand tout l’monde en profite, cette dicipline devient alors un jeu, un moment plus cool.

Et surtout, n’oublions pas que la vie doit être simple. On complique toujours tout. On s’organise toujours du mieux qu’on peut .

L’ important, ce sont les bons moments en famille. Croyez-moi, le linge peut attendre… Du moment que tout le monde est heureux dans chacun de nos foyers, il y aura toujours une brassėe sur le pied du lit et c’est correct comme ca !

 

Parce qu’il y a les papas, aussi!

Plusieurs auteurs soulignent le passage des femmes vers le rôle de

Plusieurs auteurs soulignent le passage des femmes vers le rôle de mère, exprimant le bonheur immense qui leur est offert, mais surtout la détresse qui les afflige, souvent.

Une détresse causée en grande partie par la pression énorme que la société d’aujourd’hui met sur les épaules des femmes. Il faut performer, faire du portage, allaiter, cuisiner, poursuivre une carrière, maintenir la forme et conserver la maison en ordre.

Bref, beaucoup ont déjà écrit sur ces femmes qui finissent par hausser le ton, échapper des gros mots, flancher quoi! Comme si des paniers de vêtements non rangés ou un parquet poussiéreux devenaient un symbole d’échec.

Et les papas, eux? On en parle si peu et pourtant, ils subissent une pression, eux aussi. Celle de résoudre les mille et un problèmes qui peuvent survenir dans une maison.

Je lève mon chapeau aux femmes qui passent la tondeuse et ma tuque, à celles qui passent la souffleuse!

Sérieusement, mon homme, il trouve toujours une solution lorsqu’un de ces deux objets indispensables fait des siennes.

Mon homme, il nous a organisé un hâvre de paix, un terrain qui fait l’envie de plusieurs (pendant que je pliais du linge en criant après les filles, mais ça, c’est une autre histoire)

Mon homme, il a retiré lui-même tous les arbres dangereux.

C’est aussi lui qui corde une grande partie du bois qui nous tient au chaud, l’hiver.

Mon homme, c’est lui qui enseigne à mes filles de multiples tâches de “papa”: racler, pelleter, prendre soin de la piscine.

L’hiver, ça prend un papa pour construire un fort immense! Une glissade interminable!

Changer les lumières, je l’avoue, je laisse ça à mon chum😁.

Installer les bancs d’autos, monter la tente, partir le feu; il fait tout ça.

Réparer un cadre de porte, changer la céramique, transporter des objets trop lourds, prendre les rendez-vous au garage… Mon chum, yé bon là-dedans!

Et au-delà de toutes ces tâches qui leur reviennent, ils doivent trouver un moment pour nous consoler quand la pression devient trop forte pour nous. Ils doivent nous raisonner.

À tous les papas, je vous dis merci de subvenir à tous nos petits besoins, de répondre à nos (nombreuses) demandes.

Vous êtes HOT!

J’ai trente ans, au secours !

C’est bien beau le terrible two, le fucking four

C’est bien beau le terrible two, le fucking four… mais la crise de la trentaine ELLE ?

Qu’on se le dise, il n’y a pas juste les enfants qui nous en font vivre de toutes les couleurs. J’embarque à deux pieds joints dans la trentaine et je m’aperçois que plusieurs changements opèrent dans mon corps, mais surtout dans ma tête! Je réfléchis beaucoup plus qu’à l’habitude et mes pensées vont beaucoup trop loin. C’est fou comme un simple changement de chiffre peut venir nous chambouler. On entend plus souvent parler de la crise de la quarantaine chez les hommes, mais la crise de la trentaine chez les femmes, c’est plutôt tabou. Pourquoi ? Parce que c’est nous qui portons nos enfants et que ce n’est pas politically correct de vivre une certaine rébellion ?

Je suis concrètement dans une période de ma vie que je ne pensais jamais vivre. J’ai trente ans, trois beaux garçons, un conjoint, une maison. J’ai pas mal tout ce que peut espérer une femme dans sa vie. J’ai eu mon premier enfant à vingt-et-un ans. J’étais heureuse, j’avais, selon moi, assez profité des dernières années pour être prête à m’engager dans cette nouvelle vie. Lorsque je regarde mon entourage, je vois que nous ne sommes pas tous au même point dans nos vies et je suis contente de ce que nous avons accompli. On a trimé dur mais on y est arrivé.

Puis là je m’auto-flagelle parce que dans ma tête, tout se bouscule. Je suis en constante remise en question quant à ce que j’ai accompli de bien depuis les dix dernières années. Je m’attarde à tout ce que j’aurais pu faire différemment. Mes études, mes choix de carrière, tout y passe. Est-ce que je retourne sur les bancs d’école à trente ans, entourée de jeunes de dix-huit ans qui sortent faire la fête toutes les fins de semaine ? Est-ce que mon travail me satisfait pleinement pour avoir envie de me lever tous les matins pendant trente ans encore ? Pourtant mes amies ont fait leurs études avant leurs enfants et elles semblent heureuses. Il faut croire qu’à vingt ans, moi, je ne voyais pas ça du même œil.

J’ai l’impression d’être un enfant de quatre ans qui ne sait pas ce qu’elle veut et qui est prête à faire le bacon à la moindre contrariété. L’affaire c’est que quand on est adulte, c’est un peu plus weird de faire le bacon. Il faut s’assumer en tant qu’adulte, parce que oui, à trente ans, on est vraiment des adultes. On n’est plus dans l’ère de la vingtaine où c’est permis d’être plus vulnérable. Je regarde autour de moi, des couples, des femmes ou des hommes célibataires, avec ou sans enfants, puis j’ai la mauvaise manie de me comparer. Pourquoi eux ont la maison à 700 000$ avec deux boulots similaires aux nôtres, de belles autos et ils arrivent même à voyager. Est-ce que j’ai fait quelque chose de pas correct ? Est-ce que je dépense tant que ça dans des trucs plus ou moins nécessaires.?Pourtant ma maison n’est pas si mal, elle nous convient bien et est suffisamment grande. Mais j’envie ce qui se passe ailleurs. Je n’ai jamais été comme ça et je n’aime pas ça. Tout ça c’est dans ma tête et je me dis que je ne dois pas être la seule à vivre ces remises en question. Pourquoi on en parle pas ? Je ne crois pas être une mauvaise fille, mère ou épouse pour autant. Mon cerveau m’envoie juste des petits messages plus étranges qu’à l’habitude.

Puis mon corps lui, celui où mes trois enfants ont habité pendant neuf mois, il n’est pas parfait. Mais ça, ça me dérange moins. J’aimerais par contre avoir la force, la volonté de m’entrainer comme ces mamans qui y arrivent plusieurs jours par semaines. Juste pour me sentir bien. Mon muffin top pourrait certainement être travaillé mais je ne me sens pas moins femme pour autant. À trente ans on est entre deux lignes directrices. Même pour l’habillement. Il ne faut pas s’habiller d’une certaine manière pour ne pas avoir l’aire trop jeune, mais il ne faut pas non plus s’habiller trop en madame parce qu’on a juste trente ans. Helllooo on peux-tu juste être nous-même ?

Malgré le fait que j’ai l’impression de vouloir vivre une seconde jeunesse, j’essaie de me raisonner. Je regarde ma sœur, trente-quatre ans, belle, célibataire, sans enfant. Certains soirs je l’envie pour sa liberté, sa tranquillité d’esprit, ses horaires non-surchargés. Puis, je pose la tête sur mon oreiller et je souris. J’aime mon chaos, pourquoi je voudrais changer ce dont j’ai toujours rêvé ?

Finalement, en ce début de trentaine, je suis probablement là où je devais être.

5 avantages d’être loin des siens à Noël

Dans quelques semaines, nous allons passer notre neuvième Noël loi

Dans quelques semaines, nous allons passer notre neuvième Noël loin de la famille. En effet, ils vivent tous en France et nous sommes débarqués au Québec en 2008.

 

Notre premier Noël seuls fut éprouvant, surtout pour nos trois enfants… Au fil des années, nous trouvons des avantages à vivre un temps des fêtes pas comme les autres…

 


Voici donc 5 avantages d’être loin des siens à Noël


1. Pas de chicane!

– Vous venez passer les Fêtes à la maison cette année?
– Euh, on avait prévu de venir le 26 car le 25 on est avec papa…
– Non, le 26 c’est impossible, on reçoit déjà…
– Le 27 alors?
– Le 27, ce n’est pas Noël!
– Le 24, c’est correct?
– Hum, le 24 on est invité chez ta grand-mère, as-tu oublié?
Pas de “guéguerre” de famille à savoir qui va où, on est juste : pas là! Problème réglé!

 

2. On ne se ruine pas en cadeaux

Les cadeaux… Ça coûte cher… Je ne sais jamais quoi acheter pour ma grande tante ni pour mon cousin. Des idées? Vite! Il faut trouver des idées, courir les magasins pendant des heures, se casser la tête et dévaliser notre compte en banque pour des cadeaux qui, finalement, ne font pas réellement plaisir!  Nous, on s’en fiche! On est… pas là!

 

3. Pas besoin de cuisiner ni de recevoir!

Penser au menu, faire des invitations, cuisiner en tenant compte des allergies de mon neveu, du végétalisme de ma cousine, des goûts de beau-papa et du vin préféré de maman… S’épuiser pendant des jours en préparatifs et réaliser que la journée de Noël est passée trop vite et que, finalement, je n’ai profité de personne… S’écrouler dans le canapé en regardant le champs de bataille laissé par tout le monde…  Ahah! Non! Je sirote tranquillement mon vin blanc liquoreux agrémenté de foie gras devant un bon vieux film de Noël!

 

4. On ne fait RIEN
Le temps des Fêtes, pour les enfants et nous, c’est : ne rien faire! Juste rien! Les activités éducatives et sportives sont en pause, les devoirs sont en trêve : on relaxe!
Pendant que tout le monde parcourt le pays en voiture à la rencontre de ses proches, nous autres, on végète en pyjamas! Nous prenons enfin le temps de jouer dans la neige, de fabriquer un immense fort, d’aller patiner puis de se coller sous une grosse couverture devant des heures de séries télé.  On se repose! À la fin du congé des Fêtes on est en pleine forme! (Et vous?)

 

5. On garde la ligne!

On ne mange pas trop, on ne boit pas trop et on a le temps de faire des sports d’hiver! Pas de dîner de famille chaque jour aux quatre coins du pays, pas de surconsommation de dinde, de vin, de chocolats… Notre système digestif se porte à merveille, même si notre cœur est parfois un peu triste de ne pas être avec notre famille.

 

Bref,  on profite de cette période d’amour et de partage, pour nous centrer sur notre petit noyau familial, et on prend le temps de se retrouver… juste nous…. ensemble.

Parfois je me surprends à rêver des grandes tablées de mon enfance, entourée de tous les miens… J’entends le gros rire de mon oncle, les blagues de mon père, la musique de ma cousine… Je vois le sourire serein de ma mère, le tas de cadeaux immense sous le sapin, les larmes de joie de mon grand-père… Et je me colle un peu plus contre mes enfants…

Groupes d’entraide sur le web : Quand les amitiés virtuelles deviennent réelles

Seriez-vous prête à donner votre lait maternel au bébé d’une v

Seriez-vous prête à donner votre lait maternel au bébé d’une voisine qui en a besoin? Accueilleriez-vous dans votre maison une personne que vous n’avez jamais vue? Oseriez-vous réserver une cabane à sucre pour quinze mamans et autant d’enfants atteints de terrible-two aigu?

Dans les dix dernières années, j’ai rencontré des humains magnifiques en dedans comme en dehors (le cliché n’est même pas subtil, mais c’est quand même ça) sur les pages virtuelles de forums de soutien. Pendant les années afghanes, je m’étais inscrite à un forum de discussions regroupant des conjointes de militaire. Il y a six ans, j’avais commencé à discuter avec un groupe de mamans qui allaient accoucher en janvier 2011 et qui échangeaient sur le site de Canal Vie. Ces groupes ont fermé. Les relations ont duré.

Nous sommes encore une vingtaine de femmes, conjointes de militaire, ex-conjointes de militaire ou conjointes d’ex-militaire, à rester en contact. Nous nous sommes rencontrées à l’occasion, nous avons approfondi notre relation avec certaines. Il nous est arrivé, lors d’un déploiement ou d’une mutation hors province, de développer des amitiés plus solides et un soutien concret.

Garder un bébé pendant que la maman visite des maisons dans une nouvelle ville. Apporter un sac rempli de bons petits plats pour la famille grippée. Donner une référence pour une compagnie de ménage ou pour l’homme à tout faire le plus fiable du coin. Accourir dès que le téléphone sonne : « Je ne sens plus mon bébé bouger et mon mari n’est pas là » ou « ça ne feel vraiment pas ce soir, j’ai les blues ». Clavarder sur Facebook jusqu’aux petites heures du matin parce qu’on sait qu’on est comprise sans jugement. Des femmes en or, chacune avec sa personnalité et son histoire. On ne s’entend pas bien égal avec tout le monde, bien sûr. Mais c’est une grande famille avec des liens tissés avec du barbelé.

Certaines ont perdu leur mari à cause d’un divorce, d’une mine antipersonnel ou des cauchemars provoqués par le syndrome de stress post-traumatique. Certaines se sont mariées et ont invité des amies du forum. Plusieurs nous ont annoncé en primeur qu’elles étaient enceintes, en attendant de pouvoir partager la nouvelle avec leur amoureux par Skype quand il reviendrait à la base principale. Nous avons tout vécu ensemble, mais à distance. Nous comprenons nos hauts, nos bas, nos délires d’humour et nos histoires d’amour.

Aux alentours de janvier 2011, le forum des mamans de janvier a explosé d’histoires d’accouchements, toutes uniques et touchantes. Les conseils, les questionnements et les photos se faisaient aller sur les écrans d’ordinateur! Pendant qu’une allaitait son bébé pour la vingtième fois de la nuit, le regard perdu et le sommeil oublié, une autre lui rappelait que c’était un pic de croissance et que ça passerait. Deux mamans se donnaient rendez-vous pour aller user les pneus de leur poussette plutôt que de s’isoler chacune de son côté. Un petit groupe préparait une fête au resto ou au parc, histoire de parler autrement qu’en bébé.

J’habitais en Alberta à ce moment, mais l’énergie des mamans se rendait jusqu’aux Rocheuses. Le forum, c’était comme un service d’appel vingt-quatre sur vingt-quatre. Avec en prime, des rires, des émotions (mettez cinquante mamans post-accouchement ensemble… ça se remplit d’hormones assez vite!), des idées, de l’entraide.

Nos bébés de janvier 2011 viennent d’entrer à la maternelle. Le défunt forum a laissé place à une page Facebook et à des rencontres en personne. On partage les photos de nos cocos, on constate jusqu’à quel point ils ont grandi, on annonce la première dent perdue ou le premier petit chum. C’est léger et profond à la fois.

Il y a quelques semaines, un des bébés de janvier 2011 a eu en cadeau une petite sœur, belle comme une pivoine et pétante de santé. Mais voilà, la petite sœur a été hospitalisée d’urgence il y a quelque temps. Diagnostic : malformation cardiaque. À quelques reprises, elle a failli quitter sa famille en emportant avec elle tout l’avenir qu’elle représentait. Panique. Incompréhension. Épuisement. La petite ne pouvait plus téter, la maman n’avait pas de réserve de lait, le stress diminuait sa production…


Dites-moi…

 

Ça vous étonne qu’une des mamans de janvier 2011 qui venait aussi d’accoucher ait offert de donner son lait à la petite cocotte, le temps que la maman se remette de ses émotions ?

Et que les amies virtuelles se soient cotisées pour faire livrer des repas chez les parents éprouvés ?

 

Le lien peut bien être virtuel, mais l’amitié, elle, est bien réelle.

 L’entraide va bien au-delà d’un « www. Les forumeuses. Je vous amitié! »

Ses hommes, ses héros!

C'est en avril 2007 que tu t'es pointé le nez, petit homme détermi

C’est en avril 2007 que tu t’es pointé le nez, petit homme déterminé avec beaucoup de caractère. À ta naissance, ton premier héro était déjà au ciel. Un grand homme d’une force incroyable qui a traversé des épreuves surhumaines ; deux cœurs mécaniques. C’est suite à une greffe de cœur que ton grand-papa nous a quitté. Il a milité pour le don d’organe et s’est battu comme un guerrier pendant deux ans. Aujourd’hui, tu me dis souvent que tu aimerais beaucoup avoir quelques minutes avec ton grand-papa pour voir ce qu’il était. Il serait bien fier du petit homme que tu deviens!

Ce fut ensuite au tour de ton papa. Un autre héros qui a aussi subi des épreuves surhumaines. Deux opérations à cœur ouvert, un déblocage de la veine cave supérieure, deux pacemakers avec deux infections, un cœur artificiel pendant 17 jours. Lui aussi t’a quitté en grand homme. On en parle à tous les jours à la maison. Malgré qu’il t’ait quitté à un très jeune âge, tu gardes quand même enfouis dans ton cœur, de merveilleux souvenirs. Il te manque, certes, mais tu sais que lui aussi serait très fier du petit homme que tu deviens.

Il te restait donc un papy que tu aimes plus que tout. Un homme travaillant, intègre qui est devenu pour toi ton repère patriarcal. Comme la vie n’est pas un conte de fée, voilà que ton papy aussi livre une grande bataille aujourd’hui. Fibrose pulmonaire. Sous oxygène, il est mène lui aussi tout un combat. Vous en êtes à forger des souvenirs tous les deux, une  partie de toc à chaque visite. Vous avez beaucoup de plaisir ensemble et ça me rassure. Ça me rassure car ton dernier héros ne pourra gagner sa bataille. Malgré tes neuf ans, tu comprends que tu n’auras plus de figure paternelle et ça ta fais beaucoup de peine. Bien sûr, il te restera tes deux merveilleux oncles qui essaient de te donner toute l’attention masculine dont tu as besoin. Il y a aussi les amis de maman qui sont là pour toi. Et moi, en tant que maman, je sais plus que tout que mon petit homme, dans son grand malheur a eu comme modèle des hommes exceptionnels, des modèles comme aucun autre petit garçon n’en aura jamais et ça fera de toi un battant, un homme de tête qui ne baissera pas les bras au premier combat!

Nos enfants sont le reflet de nos émotions

Un matin, j’en ai eu assez. Assez de toujours me « battre » av

Un matin, j’en ai eu assez. Assez de toujours me « battre » avec elle pour devoir la coiffer.

Ma fille de cinq ans est hypersensible. En gros, elle ressent plus fort certaines choses, comme les bruits, les textures et les bobos par exemple. Ou les nœuds dans ses jolis cheveux que je dois démêler. Elle n’est pas capricieuse, elle est hypersensible. Mais il y a des matins, vous savez, ces matins… Où la patience de chacun coopère moins, où il faut aller vite, où fiston boude dès son réveil, où bébé renverse tout; où c’est le chaos. Et souvent, ces matins-là, il y a ma grande qui hurle quand je passe la brosse dans ses cheveux, malgré ma bonne volonté, malgré mes années d’expérience de coiffeuse, malgré les malgré; elle hurle. Comme si je lui arrachais les cheveux un à un. Et pour en rajouter, ces matins-là, moi je finis par surchauffer et je crie.

Il y a eu ce matin où j’en ai eu assez. Assez de tout ça. Parfois, j’ai besoin de me parler un peu et de me rappeler que je suis une bonne maman. Ce fameux matin, je me suis shakée un brin et je me suis rappelée tous mes bons coups accomplis dans le but d’aider ma petite/grande anxieuse et tous ceux qui apportent de la magie dans la vie de mes minis. Je ne veux pas que mes enfants se souviennent de la maman qui crie, mais de celle qui a des idées quelquefois bizarres, mais souvent chouettes. En essayant de trouver un moyen de rendre le moment de la coiffure positif, je me suis souvenue d’une vidéo que j’avais vue circuler sur les zinternets. Celle d’un papa qui faisait réciter un mantra à sa toute mini puce, pendant qu’elle se regardait dans le miroir.

Ça y est! J’avais eu une idée de génie! Le lendemain, je lui ai dit qu’on la coifferait dans sa chambre, devant son miroir. Elle trouvait ça curieux, mais elle a accepté. J’ai commencé à brosser et je lui ai demandé de répéter après moi :

« Je suis belle. Je suis forte. Je suis gentille. Je suis intelligente. Je vais toujours travailler fort, même quand ce sera difficile. »

Wow! Elle répétait tout, avec le sourire et ne bronchait presque pas quand ça tirait. Alors j’ai continué :

« Je suis respectueuse. Je ne suis PAS meilleure que personne. PERSONNE n’est meilleur que moi. J’ai confiance en moi…»

OOPS. Du haut de ses cinq ans, elle n’a pas voulu répéter la dernière phrase. Mission accomplie, j’avais terminé sa jolie coiffure (plus élaborée qu’une couette en plus!)! Elle n’a pas voulu répéter ces mots : J’AI CONFIANCE EN MOI. OUTCH! Je lui ai fait remarquer et elle n’a pas voulu. En insistant gentiment et avec le sourire, j’ai réussi à lui faire dire, mais très mollement. Ce matin-là, mon cœur a eu mal. Ma fille de cinq ans reconnaissait déjà qu’elle n’avait pas confiance en elle. Ce matin-là, j’étais contente d’avoir trouvé un beau moyen pour qu’on ne se chicane plus pendant que je lui démêle les cheveux et que je la coiffe. Mais surtout, j’étais contente d’avoir trouvé un moyen pour essayer de construire l’estime et la confiance d’une belle petite fille qui deviendra grande. Je me suis promis de recommencer, mais je ne voulais pas que cela devienne un fardeau ou quelque chose de banal.

Le lendemain, tel le jour de la marmotte, est arrivé le moment où l’on doit attacher les cheveux avant de partir pour l’école. Elle m’a dit elle-même  « Viens maman, on va le faire devant mon miroir et je vais répéter tes mots. » Comme j’étais fière! Elle en avait ressenti du bien-être? Hallelujah! Mais encore une fois, arrivée à la même foutue phrase, elle n’a pas voulu la répéter. Niet. Pantoute. Elle m’a dit : « Pourquoi tu dis toujours ces mots-là? Ceux-là, je n’ai pas envie de les dire. » Double OUTCH. Et là, j’ai réalisé qu’à trente et un ans et trente-deux ans, son père et moi, bien que nous soyons des personnes épanouies, heureuses, gentilles, respectueuses, travaillantes…Pour lui et moi, ce sont aussi des mots que nous avons encore de la difficulté à répéter. Alors le plus de matins possible, depuis ce jour, je répète ces mots avec ma fille. Je les répète en ME regardant dans le miroir, pas en la regardant. Je les dis à la petite fille de cinq ans qui m’habite, celle qui excellait dans presque tout, mais qui n’arrivait pas à lever la main à l’école pour poser une question, par peur de se tromper. À celle qui ne disait rien pour ne pas contredire, pour ne pas déplaire. À celle pour qui prendre des risques a pris trente ans. (Faites le calcul, j’en ai 31!)

Avoir des enfants est le plus beau cadeau et le plus beau, grand et difficile défi qui soit. Parfois, grâce à des matins chaotiques et banals, on peut arriver à faire de bien grandes choses. Pour nos enfants et aussi, pour nous. On continuera à répéter ces mots, elle, ses frères et moi, et à travailler fort jour après jour. Pour que jamais ils n’oublient qu’ils sont beaux, gentils, forts, respectueux et intelligents. C’est le travail d’une vie, je le sais… Pour que si un jour, où ils arrivent fièrement dire « J’ai confiance en moi », ils n’oublient jamais aussi qu’ils ne sont pas meilleurs que personne. Mais… que personne n’est meilleur qu’eux! Et disons le, ça ne fait pas de tord à la mère de se le dire! Je vous mets au défi de prendre le temps d’essayer, vous verrez! … Tout ça pour arriver à faire une couette sans entendre crier… pas pire hein! 🙂