La claque

C’est parti tout seul. Ma main a claqué sur ta joue dans un élan de frustration. Maintenant, nous pleurons tous les deux. Toi, parce que tu as mal à ton visage et à ton âme. Moi, parce que je me sens la plus nulle des mères de ce monde.

Je voudrais tellement remonter le temps. Je me sens désespérée et désolée. Je n’oublierai jamais ton regard : un mélange de surprise et de terreur… Je me souviendrai toute ma vie de ton cri et de ta détresse. Une claque, ça ne sert à rien d’autre que de détruire ce lien trop fragile entre toi et moi.

Je m’excuse… de toute mon âme… de tout mon être. Tu ne méritais pas ça. Personne ne mérite ça. Je suis juste… humaine. J’étais dans une impasse. Je ne trouvais pas de solution ni d’issue face à ton insolence. Je ne savais plus quoi faire. Et BANG. Elle a volé…

Elle nous a figé tous les deux dans un espace-temps en suspens… le point de non‑retour… quand tu es allé trop loin mais que… tu ne peux plus revenir en arrière.

Je me sens si nulle. J’imagine ce que tu peux ressentir, car moi aussi, j’en ai reçu des claques : c’est humiliant, insultant et douloureux. La joue chauffe longtemps, trop longtemps… puis la tristesse laisse place à la colère et un petit bout de cœur est arraché pour toujours…

Je t’aime mon enfant, ne doute jamais de ça. Pardonne-moi quand tu en auras la force. Je suis là, tout près… et je pleure avec toi.

Un enfant, une personne que tu aimes, un être humain, ne mérite jamais de se faire frapper. Quelle qu’en soit la raison, la violence n’est JAMAIS une solution.

Gwendoline Duchaine

 



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