Tag pardon

Ce que je dirais à l’adolescente que j’étais – Texte : Audrey Boissonneault

<img class="alignnone size-medium wp-image-20000" src="https://maikadesnoyers.com/wp-content/uploads

J’me suis souvent demandé ce que je dirais à la jeune adolescente qui était à ma place, il y a quelques années.

J’ai trop souvent essayé de prendre exemple sur certaines personnes n’ayant pas la même façon de penser que celle que je suis aujourd’hui.

Alors, si je pouvais retourner en arrière, je me donnerais corps et âme pour que tu puisses lire la lettre qui suit.

 

Ma belle adolescente,

Comment vas-tu ? Et s’il te plaît, ne me réponds pas comme ta génération, avec un p’tit air blasé. Je le sais que tu essaies de prouver à tous que t’es correcte pis que t’es sortie sans aide de ta dépression. Tu le sais que t’as le droit d’avoir mal ? Tu le sais que t’as le droit de vivre ces émotions-là et que tu ne dois rien à personne ? Fille, il y a une seule certitude que tu peux avoir et c’est que la seule personne qui sera présente jusqu’à la fin, c’est toi. Seulement toi. Si t’es même pas capable de te rendre heureuse et sereine, qui va le faire ?

Parce qu’au fond, ta seule et authentique meilleure amie, c’est toi. Tu as des personnes exceptionnelles à tes côtés, sincèrement, mais n’oublie pas celle que tu es pour leur plaire. Tout comme les humains qui t’entourent, t’as eu tes bas et tes hauts. Trop souvent, tu continues à t’entêter à courir après plusieurs, alors qu’ils ne méritent même pas un coup d’œil.

De nos jours, tout ce qu’on fait c’est d’attendre : on attend de finir nos années au primaire pis ensuite on rêve à notre bal de finissante et à notre diplôme. On attend de tomber en amour pis d’être entourée par des amis incroyables. On attend de commencer le cégep, on attend à la dernière minute pour étudier pour nos examens. On attend après chaque événement. La première chose à laquelle on pense le matin est l’envie de se recoucher le soir même. On attend au lieu de profiter et de vivre. On attend que nos amitiés toxiques prennent un autre sens au lieu de les éliminer directement.

Nous avons si peur de décevoir les gens qui nous entourent, qu’on dit oui, toujours et sans arrêt. On s’en rend malade. On est méchant dans nos paroles, on arrête d’essayer de comprendre, on fait juste entendre ce qu’on veut. C’est plus facile de mettre la totalité des remords sur l’autre que d’assumer les siens. Alors, avant de passer à autre chose, je vais accepter mes erreurs.

L’adolescente d’hier n’est certainement plus la même que demain. Je n’ai jamais sous-entendu que j’étais la perfection incarnée ni que ma communication était impeccable. Je n’ai pas toujours su trouver les mots justes, j’ai été injuste, oui. En tant que jeune adulte qui se cherchait énormément, ça équivaut à être prise dans un trou noir, ne rien voir, mais absolument vouloir sortir. Donc tu essaies de prendre un chemin sans savoir si c’est le bon. Rien ne justifie mes erreurs, mais je ne suis pas seule. Plus maintenant, je me suis longtemps remémoré tes mots crus. Ils m’ont laissé un goût amer si longtemps. J’me suis tant posé de questions dans les derniers mois ! Des thérapeutes j’en ai vu aussi. Je me suis attaqué le cœur en relisant chacune de tes phrases. Tu sais, je pense qu’il serait temps que tu te regardes aussi dans le miroir, parce que plus jamais je ne m’excuserais pour ce que tu as voulu entendre. Je me pardonne et je crois qu’il serait temps que tu le fasses aussi, parce que désormais, c’est derrière moi.

Ma jeune adulte, j’peux te promettre que tu vas te trouver, malgré chaque chemin sombre. Tu vas tellement grandir au travers de ça, tu vas apprendre à ne plus aller vers ce genre de personnes, car vous êtes toxiques l’une pour l’autre. Alors, pardonne-toi ma belle, prends une grande respiration et ferme le livre. C’est le temps d’en ouvrir un autre.

Un pas et une erreur à la fois, tu vas te trouver. J’te le promets et je suis fière de la personne que tu deviens.

Audrey Boissonneault

 

Mon corps d’enfant – Texte : Marina Desrosiers

Je n’ai pas réussi à te faire bander. Tu me l’as reproché. Tu m’as boudée parce que je

Je n’ai pas réussi à te faire bander. Tu me l’as reproché.

Tu m’as boudée parce que je n’étais pas assez excitante.

Pourtant, j’ai essayé! Je voyais le cadeau que tu m’avais promis me glisser entre les doigts, alors que toi, tu voulais que ce soit ton pénis qui y glisse. J’ai pleuré. Pas de honte, pas de rage. De déception. J’étais déçue de moi, de mon échec. J’étais déçue de toi, de ta trahison. Tu m’avais promis que si je me mettais toute nue, que je te laissais me pénétrer, tu me donnerais ton plus gros toutou. Le jaune, presque aussi grand que moi.

J’ai couru à l’étage. Maman, maman, mon frère ne veut pas me donner son toutou, il m’avait dit qu’il me le donnerait!

J’ai dû révéler la condition. Tu voulais éjaculer. Et ça n’a pas fonctionné.

Un corps d’enfant de huit ans ne t’avait pas excité. Peut-être aussi que la peur de te faire pogner les culottes baissées avait refroidi tes ardeurs.

Tu t’es fait prendre quand même, parce que j’ai crié à l’injustice. Pas celle de l’abus, mais celle de la promesse non tenue. Tu as dû t’excuser, notre autre frère aussi. Parce que tu n’étais pas seul, on exigeait de moi des deux côtés. J’étais la petite sœur de service.

Vous avez demandé pardon, merci, bonsoir. Fin de l’histoire.

Jusqu’à ce que mon adolescence se réveille et que mes cellules se souviennent.

J’avais été touchée illégalement, sans mon consentement (on ne peut pas dire oui au sexe à cet âge et encore pendant de nombreuses années). Le pardon avait été demandé à la va-vite, comme le sexe que vous aviez essayé d’avoir à quelques reprises.

Plus tard, quand j’ai révélé ces abus, mon malaise, mon mal-être, on m’a accueillie à bras ouverts ou à cœur fermé, selon la confidente. On m’a comprise et écoutée. On m’a aussi jugée. « Arrête d’en faire tout un plat, ils étaient jeunes et remplis d’hormones, ils avaient besoin d’expérimenter. Tu étais là, c’est tout. »

Je cite ici une enseignante de formation personnelle et sociale qui enseignait la sexualité dans une école de filles. C’est bien ce qu’elle m’avait répondu.

En gros, farme ta gueule.

J’avais été choquée, blessée, mais je ne l’avais pas crue. Moi, je savais qu’ils m’avaient salie avec leurs hormones dans le tapis. Sperme ou pas, c’était dégueulasse. Point.

Dans le temps, on ne dénonçait ni les abuseurs ni ceux qui camouflaient. On endurait. Peu ont su la vérité, mais j’ai bien dû la révéler à des hommes qui me trouvaient crispée.

J’aurais aimé que le pardon soit suivi d’une réelle réparation. Sous quelle forme, je ne sais pas. Je portais encore des robes roses à dentelle, c’est jeune pour prendre une si grande décision. Mais j’aurais voulu ne pas devoir me battre à l’âge adulte pour que les abuseurs admettent leurs gestes à la femme que j’étais devenue.

« T’es folle, t’inventes des histoires, t’es juste bonne pour l’asile! »

C’est ce qu’un des coupables m’avait répondu. Plus d’une fois. L’autre s’était excusé, sincèrement. Mais de grâce, qu’on enterre ce sujet pour de bon, qu’on l’incinère, qu’on le jette aux oubliettes! La force du tabou, même quand on ose dire.

J’ai fini par recevoir une demande de pardon, maladroite, insuffisante, mais quand même mieux que rien. Une excuse pour le geste, pas pour les séquelles, qu’il ne connaît pas, puisqu’il ne m’a pas écoutée. On n’écoute pas les folles, après tout.

En passant, au cas où l’étymologie vous intéresse, le mot « inceste » vient du latin et signifiait « sacrilège », profanation du sacré.

Le corps d’un enfant, fille ou garçon, est sacré. Sacrez-lui la paix. Respectez-le.

Marina Desrosiers

Je ne t’en veux pas

Ce jour‑là, tout a basculé. Notre fille venait de s’endormir pour to

Ce jour‑là, tout a basculé. Notre fille venait de s’endormir pour toujours, tout doucement dans nos bras. Elle a quitté le monde terrestre pour rejoindre ce que l’on appelle le monde des anges. À ce qui paraît, tout est beau et doux là‑haut. Donc ça me rassure en tant que maman de savoir qu’elle est bien et en paix. 


Je veux juste que tu saches que je ne t’en veux pas. 


J’ai fini par accepter avec le temps qu’elle a eu un court chemin à faire auprès de nous, et que sa vie devait s’arrêter là. J’ai aussi compris, dès l’instant où l’événement a eu lieu, que c’était un accident. Ni toi, ni moi, ni papa n’aurions pu y changer quelque chose. Sa vie devait s’arrêter là. Il est évident que sur le coup, on se demande POURQUOI. Pourquoi est‑ce arrivé ? Pourquoi est‑ce que ça nous arrive ? Qu’est-ce qu’on a bien pu faire à la vie pour mériter ça ? Ce n’est pas une question de mérite, mais une question de temps dans une vie.


Je veux que tu saches que je ne t’en veux pas.


Parce que nous n’aurions pas pu changer sa destinée. Un accident, c’est imprévisible et ça ne s’explique tout simplement pas. Il y a des personnes aux vocabulaires dérogés qui ont sans doute atteint un sentiment déjà habité par la peine et l’incompréhension. Mais sache une chose : cela ne m’a jamais passé par l’esprit d’être en colère contre toi ou même d’avoir une certaine rancune. 


Je veux que tu saches que je ne t’en veux pas.


Je me souviens de ce jour où mon amoureux entre deux états d’âme voulait aller te serrer dans ses bras. À l’instant même, il avait oublié le sentiment qui l’habitait pour se préoccuper du tien, et le sentiment de pardon était déjà accompli. Il a su te dire qu’il ne t’en voulait pas une seule seconde, car c’était un accident. Il voulait que tu saches d’abord et avant tout que tu étais tout pardonné et que la rancune n’avait pas lieu d’être. 


Je veux que tu saches que je ne t’en veux pas.


Il y a de ses jours où je pense à toi et je me demande : comment tu vas ? Comment est‑ce que ça va dans ton cœur à toi ?


Je veux que tu saches que mon cœur de maman ne t’en veut pas. Ce jour‑là, personne ne s’y attendait, personne n’aurait voulu que cela se passe, mais c’est arrivé. Eh bien, personne ne peut changer le cours de l’histoire. J’espère pour toi que tu as le cœur plus léger aujourd’hui. 

J’espère que tu tomberas sur ces mots remplis d’amour et de douceur qui te sont dédiés. 

Tu seras toujours le bienvenu chez nous. 

Tu auras toujours une place bien spéciale et unique dans notre vie. 

Cette histoire nous aura unis et nous aura fait grandir.


Je veux juste que tu saches que je ne t’en veux pas

Avec tout mon amour,

Eva Staire

À notre fille Livia…

C’est vr

C’est vrai, je ne m’y connais pas tant dans la vie dans l’au-delà. Mais une chose est certaine : ta vie ici, sur Terre, fut trop courte. Un certain 12 octobre, ta douce vie a été emportée dans un accident tragique.

 

Le regard de papa terrifié et espérant tant que je pourrais l’aider à te ramener à la vie. La souffrance se lisait sur son visage. Les cris stridents ont résonné en moi. C’est un son que je n’oublierai jamais.

 

Ton corps complètement inerte dans les bras de papa… J’essayais d’appeler les secours, mais mes doigts ne suivaient pas le clavier du téléphone. Je criais tout en essayant de composer le numéro, je faisais les cent pas en espérant que tu te réveilles. Mais nous savions tous les deux que tu avais poussé ton dernier soupir. Ton âme quittait gentiment ton corps, te laissant sans souffrance et aussi paisible que lorsque tu t’endormais paisiblement dans nos bras pour une longue nuit et de doux rêves.

 

Nous pensions que le temps était interminable, mais tout cela s’est passé en quelques minutes. J’arrivais à entendre le son des sirènes de très loin. Mon cœur de maman a flippé. Comment? Pourquoi? Qu’est‑ce qui s’était passé? Mais pourquoi nous? Pourquoi toi?

 

Papa a déposé sa main sur ton cœur, il battait encore mais lentement, ce qui nous a donné une légère poussée d’espoir. Il criait ton nom, il espérait tant que tu cries toi aussi, que tu te réveilles, mais toi, ton petit être de lumière était déjà dans l’au-delà. J’ai déposé ma main et j’ai attendu que ton cœur cesse de battre. Nous avions tout tenté. Mais rien, plus un son, plus d’images. Seulement la voix de ton papa qui t’appelait et te suppliait de revenir auprès de nous.

 

Le temps s’est arrêté. Ton cœur a cessé de battre. Tu t’es assoupie, tu t’es endormie pour le reste de ta vie. Parce que oui, je crois que tu touches à l’infini. Je crois que pour toi, ce n’est qu’une pureté de voir cette beauté du ciel.

 

Il y a tant de « si » et de pourquoi. Mais tu sais quoi, ma fille? Nous n’en voulons à personne. C’est un accident. Un accident qui t’a coûté la vie, certes. Mais, en te donnant la vie, nous t’avons promis l’amour inconditionnel. Nous t’avons promis d’être là, peu importe ce que la vie allait nous réserver. Et c’est ce que nous avons fait. Nous avons été là pour toi jusqu’à la toute fin.

 

Tu m’as fait grandir, ma fille. J’ai appris le pardon, j’ai appris que la rancune n’est que mauvaise et que la vie est trop courte pour en vouloir à des gens qui, eux aussi, ont des souffrances invisibles. Tu nous as appris à ralentir notre rythme de vie, à profiter davantage de tous les petits moments. Qu’ils soient joyeux ou pas, ce sont des étapes de la vie auxquelles nous devrons faire face et que nous devons traverser…

 

Nous nous levons le matin, te voyant danser sous la musique qui appelle le soleil. Ton sourire est contagieux et ton énergie est débordante. C’est ce que j’aime imaginer lorsque j’ouvre les yeux. Ton cœur a cessé de battre dans nos bras. Ton cœur s’est éteint, mais il continue de déborder d’amour et de courage pour nous tous. Les souvenirs de ton sourire nous gardent les pieds sur terre. Nous te remercions de ton court passage sur Terre mais, qui sera éternelle dans notre cœur.

 

« Notre petit étoile Livia, tu es arrivée dans notre vie et nous t’avons promis l’amour. Tu seras à jamais notre petit ange d’amour qui nous gardera toujours unis. Aujourd’hui, nous devons vivre sans cette petite voix qui nous appelait maman et papa. Chaque pas que nous ferons, tu seras à nos côtés. Tu nous tiendras la main comme tu l’as toujours fait, et tu seras notre guide pour le restant de notre vie. L’amour de papa et maman sera toujours inconditionnel pour notre petite étoile. Continue de briller de là-haut. Ce sera ta manière de nous dire : « Papa, maman, je suis là! ».

 

Jessyca Brindle

 

 

 

Livia Bélisle

 

Décédée accidentellement le 12 octobre 2019 à l’âge de 20 mois

 

Pardonne-moi, mon enfant…

Pardonne-moi d’avoir fait le

Pardonne-moi d’avoir fait le choix de te mentir.

Pardonne-moi d’avoir trahi ta confiance en moi.

Pardonne-moi de te faire vivre aujourd’hui cette trahison qui te brise le cœur.

Tu l’as découvert, aujourd’hui…

Ton père et moi, on est la fée des dents.

On a fait le choix de te faire croire à un monde merveilleux et fantastique.

On a fait ce choix pour plusieurs raisons :

La première étant qu’on ne voulait pas que tu te sentes différente des autres.

On ne voulait pas que tu ne ressentes pas que tu fais partie d’une communauté qui vit et croit en plus grand et fantastique.

On ne voulait pas que tu ressentes l’exclusion, cette douleur qui te prend quand tu prends conscience que tu ne vis pas les mêmes choses que les autres.

Le sentiment d’appartenance, c’est important pour nous que tu le ressentes.

Deuxièmement, on a fait ce choix car on ne voulait pas que dès tes premiers moments en société, tu ne vives que du gris et de la tristesse.

Que tu sois témoin si tôt de la souffrance et du terne que l’on peut vivre dans ce monde.

On ne voulait pas que tu sois désabusée de la vie.

On voulait que tu croies que la vie, c’est plus magique, plus beau et plus puissant que la réalité peut paraître.

Troisièmement, ton père et moi, on se faisait un plaisir de récolter tes dents et de les chérir.

Voir son enfant grandir, pour nous les parents, c’est un immense privilège.

Prendre un moment pour voir toute l’évolution que tu fais et la fierté que l’on ressent à chaque dent est grandiose!

Quatrièmement, on se faisait une joie de collecter tes beaux dessins, tes mots doux, tes rituels qui entouraient l’arrivée de cette fée si généreuse.

On ressentait l’amour que tu mettais dans tes communications. On ressentait ta fébrilité au moment de te coucher et de glisser sous ton oreiller ta dent.

Te voir si belle et excitée de voir le petit matin, c’était un beau cadeau pour nous.

Cinquièmement, je voulais voir ton père prendre tant à cœur son rituel pour prendre ta dent, l’amour qu’il met à répondre à ton rituel, voir la fierté qu’il ressent à incarner ce rôle.

Voir à quel point c’est un moment important pour lui, pour moi ta mère, c’est chaque fois un moment magistral.

Car si moi, je t’ai portée dans mon ventre et si je t’ai donné la vie, ton père t’a offert la foi.

J’ai déjà lu cette phrase quelque part et elle illustre tellement bien ce que je veux te dire :

« Si tu as pu croire en la fée des dents pendant des années, tu peux bien croire en toi pour le reste de ta vie. »

Ton père t’a offert la capacité de croire en plus grand que toi.

Croire que dans la vie, les choses peuvent être magiques. Croire que quand on désire devenir quelque chose, on le peut : il a quand même été une fée pendant toutes ces années!

Il a démontré hors de tout doute que dans ton esprit, si tu décides de croire en une image positive et extraordinaire, tu as la capacité de la vivre et de la rendre réalité.

Il a démontré hors de tout doute qu’en toi, il y a de la magie.

Qu’en toi, tout est possible …

C’est ça la vie, mon ange : si tu te laisses voir ce que la réalité de la vie semble être pour toi, tu ne verras que du gris et du désappointement.

Mais si tu plonges en toi pour faire de ta magie une réalité, il n’y aura jamais une limite, un défi que tu ne sauras dépasser.

Tu as maintenant la preuve de toute la magie et de tout le potentiel que tu as en toi.

Tu as la capacité de faire de la vie ordinaire, TA VIE extraordinaire!

On t’aime de tout notre cœur!

Pardonne nous…

Viens me retrouver dans mon monde lumineux dans lequel je t’offre trois livres numériques gratuits!
http://www.martinewilky.ca/

Martine Wilky


Martine Wilky
Auteure, Coach et Conférencière
martinewilky@gmail.com
www.martinewilky.com
514.258.3606

La claque

C’est parti tout seul. Ma main a claqué sur ta joue dans un élan

C’est parti tout seul. Ma main a claqué sur ta joue dans un élan de frustration. Maintenant, nous pleurons tous les deux. Toi, parce que tu as mal à ton visage et à ton âme. Moi, parce que je me sens la plus nulle des mères de ce monde.

Je voudrais tellement remonter le temps. Je me sens désespérée et désolée. Je n’oublierai jamais ton regard : un mélange de surprise et de terreur… Je me souviendrai toute ma vie de ton cri et de ta détresse. Une claque, ça ne sert à rien d’autre que de détruire ce lien trop fragile entre toi et moi.

Je m’excuse… de toute mon âme… de tout mon être. Tu ne méritais pas ça. Personne ne mérite ça. Je suis juste… humaine. J’étais dans une impasse. Je ne trouvais pas de solution ni d’issue face à ton insolence. Je ne savais plus quoi faire. Et BANG. Elle a volé…

Elle nous a figé tous les deux dans un espace-temps en suspens… le point de non‑retour… quand tu es allé trop loin mais que… tu ne peux plus revenir en arrière.

Je me sens si nulle. J’imagine ce que tu peux ressentir, car moi aussi, j’en ai reçu des claques : c’est humiliant, insultant et douloureux. La joue chauffe longtemps, trop longtemps… puis la tristesse laisse place à la colère et un petit bout de cÅ“ur est arraché pour toujours…

Je t’aime mon enfant, ne doute jamais de ça. Pardonne-moi quand tu en auras la force. Je suis là, tout près… et je pleure avec toi.

Un enfant, une personne que tu aimes, un être humain, ne mérite jamais de se faire frapper. Quelle qu’en soit la raison, la violence n’est JAMAIS une solution.

Gwendoline Duchaine

 

Touche pas à mes enfants!

Parlons d’inceste. Parlons dâ

Parlons d’inceste. Parlons d’abus. Parlons de la peur que ça nous injecte dans le cœur.

J’étais petite. J’étais la plus jeune de la famille. J’étais une fille. J’avais deux frères débordant d’hormones adolescentes et de désirs exploratoires. Ils ont abusé à répétition de mon petit corps innocent, avec ma permission qu’ils avaient manipulée : « Je vais te donner mon toutou si tu me fais bander »… « Si tu le dis à m’man, tu vas le regretter. Elle ne te croira jamais de toute façon. »

Mais elle m’a crue. Elle a exigé qu’ils arrêtent leurs petits « jeux » immédiatement. Ils ont obéi.

Fin de l’histoire.

Euh… Non!

Dans le temps, on ne parlait pas de « ces affaires-là » (lire : tout ce qui dérange la bonne conscience collective, ce qui est sale et « pas beau », ce qui est fait dans les souterrains des familles et des sous-sols d’église, mais qui ne doit jamais remonter à la surface). J’ai eu la chance d’être écoutée et crue, d’être défendue. Mais avec du recul, j’aurais aimé que ça aille plus loin. Qu’il y ait une réelle intervention, une aide psychologique pour moi et pour eux. Une (ré)conciliation familiale. Mais dans ce temps-là… dans un petit village où tout se sait… on enterrait les faits, on taisait les émotions, on lavait les draps à l’eau de Javel et on retournait au quotidien neutre et sans histoires.

Qu’est-ce que j’en ai gardé?

Un malaise par rapport à ma propre sexualité. Je n’avais pas réussi à faire bander mes frères pourtant si excités. Je n’avais pas réussi à leur faire de pipe comme il se doit. Par contre, j’étais fière en titi d’avoir dénoncé. Je n’ai pas eu le toutou promis, mais j’ai gardé ma virginité et mon pouvoir de dire « NON. »

Au secondaire, j’ai consulté. Par moi-même. « Bonjour madame la psychologue, j’aurais besoin d’aide. J’ai été abusée pis ça marche pas dans ma tête. » J’ai parlé à des enseignants en qui j’avais confiance. Certains m’ont écoutée et prise dans leurs bras. D’autres m’ont répondu : « Ben voyons, l’inceste, c’est pas vraiment un abus sexuel! Tes frères, c’étaient des adolescents, ils voulaient juste essayer des affaires. » Ou encore : « Il n’y a pas eu pénétration, faque c’est pas si pire que ça. Arrête de dramatiser pis reviens-en! »

Au cégep, j’ai fait une démarche de réconciliation. Je voulais comprendre ce qui leur était passé par la tête et par les couilles. Je voulais surtout les entendre demander pardon. Un l’a fait, de façon sincère. Ça lui étranglait la conscience depuis tellement d’années, et il n’osait même pas imaginer ce que c’était pour moi. L’autre? Il m’a répondu que j’étais une cr*** de folle, une menteuse chronique, que je devrais être enfermée à l’asile. J’en ai parlé à notre mère. Je ne sais pas s’ils en ont discuté (le silence… le maudit silence…), mais ça a pris des années avant qu’il y ait une suite à l’histoire. Un soir, un courriel :

« Ce que j’ai fait était pas correct. Je te demande pardon. »

Et moi, l’épaisse (oui, oui, je m’autoflagelle), j’ai donné mon pardon sur un plateau doré. J’étais tellement soulagée qu’il admette enfin ses gestes! Comme si j’avais besoin de ça pour me confirmer que j’étais saine d’esprit, que je n’avais pas tout inventé. Pourtant, bien que les souvenirs soient flous, ils sont bien ancrés dans la réalité.

Quand j’ai rencontré celui qui deviendrait le père de mes enfants. Il y a eu des froids à défaire, une confiance à gagner. Il a su écouter, respecter. J’ai eu terriblement peur d’accoucher de garçons en premier, peur que l’histoire se répète. Encore aujourd’hui, je porte les séquelles de cette plongée trop précoce et trop forcée dans la sexualité. Mon corps porte des souffrances crues qui émergent à l’occasion sous forme de crampes, de blessures, de tensions.

Je veux mes enfants libres, je les veux confiants, mais il m’arrive de craindre ce qui pourrait leur arriver. Malgré le pardon, devant mes frères, je garderai toujours un réflexe interne de lionne : « Touche pas à mes enfants ». Je fais confiance aux gens qui nous entourent, comme ma mère et moi faisions confiance à mes frères. On ne peut pas se mettre à douter de tout le monde et imaginer des scénarios d’horreur dès que nos enfants ne sont pas à portée de regard!

Mais il m’arrive d’avoir peur. Il m’arrive de me poser des questions sur les intentions des gens. Une montée d’hormones est si vite arrivée! Une pulsion incontrôlable, quelques onces d’alcool, un coin sombre, on ne sait jamais.

Mes enfants ne connaissent pas cette portion de ma vie. Mais ils possèdent l’information qui pourrait leur éviter de se retrouver dans une situation d’abus. Ils savent qu’en tout temps, ils peuvent me parler et ils seront écoutés et soutenus. Et ils savent que les câlins et les bisous, ça ne s’arrache pas.

Statistiques concernant les agressions sexuelles : http://www.statcan.gc.ca/pub/85-224-x/2010000/part-partie2-fra.htm

Agressions sexuelle Montréal : http://agressionsexuellemontreal.ca/violences-sexuelles/inceste-et-abus-sexuel

Guide d’information à l’intention des victimes d’agression sexuelle : http://www.scf.gouv.qc.ca/fileadmin/publications/Violence/guide-agressions-sexuelles2008-fr.pdf