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Mon festival

J’atte

J’attendais cette soirée avec impatience, genre…

Une soirée mère-fille au Festival d’été. Pour l’appâter, j’avais mis toutes les chances de mon côté. Un accès VIP, avec table, repas raffiné… et alcool à volonté. Genre.

Le lien avec notre fille, des fois, il suit la vague. Vaguement utile actuellement. Pour emprunter des produits de beauté ou, même, pour porter mon linge sans me le demander. Au fait, je cherche encore ma belle blouse blanche…

Ça m’a bien fait rire, quand j’ai constaté que presque toutes mes amies rendaient disponible leur laissez-passer sur Facebook. Du Rap, à décibels assourdissants, pas trop notre tasse de thé. Genre.

Ma fille voulait tout particulièrement voir la performance de Future. Elle se moque de moi, car je parle du groupe. Il est seul, Future. Elle n’a jamais imaginé que le futur, il serait si près, si loin.

Elle est prête à l’heure. Un exploit digne de mention Nous sommes chanceuses, un stationnement trouvé à moins de dix minutes à pied du site. Je me dis que les fans, du genre, la majorité n’est peut-être même pas encore réveillée… Genre.

Pour l’accès, vite fait. Ma fille avait juste oublié la fouille. Trop de trucs gênants dans son sac-sacoche-bandoulière. Notre table est très bien située. J’ouvre avec un verre de rosé. Elle boit de l’eau. Elle se partira plus tard avec le rouge. Quelle assurance, pour indiquer à la serveuse qu’elle a dix‑neuf ans. Je reste sa complice silencieuse. Il ne lui manque que deux mois pour avoir la majorité. Elle mange une portion qui me rassure. Elle aura au moins son « fond ».

Le temps d’un selfie ensemble, un souvenir forcé par maman. Genre.

Puis, après le dessert, ça dégénère. Elle me sert (et se sert) quelques verres en rafale. Elle doit aller aux toilettes. Au retour, je devrais alors normalement la perdre pour le reste de la soirée. Elle veut aller dans la foule, pour en profiter davantage. Elle a déjà sûrement quelques rendez‑vous précis avec ses ami(e)s. Genre.

On vient me chercher !

« Votre fille est malade ! » Quand j’arrive, elle est déjà prise en charge par la sécurité. C’est pas chic chic. Ses si beaux cheveux longs imbibés rouge vin. Ça sera un voyage forcé en skate géant. Type civière. Pas trop discret, comme moyen de transport. Les jours suivants, c’est une de ses plus grandes craintes : tous ceux qui la connaissent et que nous avons croisés. La honte. Genre.

La tente médicale. Tout un choc. Une vingtaine de lits, tous occupés. Des blessures de chute, coupures et intoxication en tout genre. Genre. Même une personne en crise dans une section isolée. Son délire ressemble à du Rap, on ne comprend rien des paroles.

Soluté branché. Ma fille a de la difficulté à garder le bras tendu. Ça ne coule pas. Il faudra même lui réinstaller l’aiguille. Le lendemain, sa première question : « C’est quoi, ça ? »… en me montrant les trois endroits des piqures.

Je suis extrêmement reconnaissante au personnel dévoué et attentionné. La sécurité. L’infirmière et le médecin. On m’a dit que les gens de la tente médicale sont tous bénévoles. Wow !

Je souhaitais passer une soirée privilégiée avec ma fille. C’est totalement réussi ! La réconforter et la calmer. Pendant plusieurs heures. Jouer mon rôle de maman, avec amour et tendresse.

Au souper, j’étais dos au spectacle. En fait, je n’ai pas vu grand-chose de toute la soirée. La tente médicale était également très proche de la scène. Les décibels, je les ai bien absorbés. Moi.

Je vous fais une confidence… Ce n’est pas si pire que ça, le Rap. Genre.

Eva Staire

 

 

La DPJ, mais pour qui?

Je suis bouleversée par les confidences d’une amie…

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Je suis bouleversée par les confidences d’une amie…

Toutes ces heures passées à la réconforter. Elle était démolie. Son adolescent de seize ans et demi venait de faire un signalement à la DPJ. Elle l’aurait un peu « bardassé » (il dit qu’elle l’a aussi giflé), alors qu’il s’était finalement pointé, vers 22 h. Un soir de semaine.

Après avoir promis, une énième fois, d’être à la maison pour le souper. Après l’avoir laissée morte d’inquiétude, sans nouvelles depuis plusieurs heures. Après l’avoir encore narguée.

Son fils est en état de dépression, traité aux antidépresseurs. Mais il continue de faire le party. De boire à s’en saouler solide. Elle croit qu’il prend de la drogue. Elle sait qu’il a de mauvaises fréquentations.

Je comprends ce qu’elle vit. Ce que nous vivons toutes, avec des adolescent(e)s. Les demi-vérités. Les trucs qui disparaissent de la maison. L’alcool qui est parfois dilué, pour garder les niveaux raisonnables à l’œil. La confrontation. Le manque de respect. Le chantage. Les menaces de fugue. Les répliques incisives : « J’ai seize ans, je fais ce que je veux ! » Que, poussé à bout, personne n’est à l’abri d’une perte de contrôle.

Son fils, il est en échec scolaire total. Avec un suivi de son comportement. Je l’entends encore me raconter sa rencontre avec le directeur adjoint et les intervenants. Dépassés, eux aussi. Faut dire que le secondaire et lui, ça n’a pas cliqué depuis le début. Que les manquements à ses « engagements » sont presque aussi fréquents que son rejet de toute autorité à la maison. Que de mentir aux enseignants, c’est son quotidien.

Nous sommes mal faits, les parents. Nous nous inquiétons pour nos enfants. Pour leur santé. Peu importe ce qu’ils nous font vivre. À ne pas en dormir. Morts d’inquiétude.

Depuis le signalement, son fils est placé chez les grands-parents. Je les connais aussi. Les pauvres, ils devront vivre avec lui. Qui se dévoilera tranquillement dans tous ses aspects sombres. Au fur et à mesure qu’il voudra prendre le contrôle.

Je l’écoute me dire qu’elle est tombée — en préparant le linge que la DPJ a demandé de lui apporter — sur une cachette d’alcool. Sous le lit. Pire, sur quelques notes personnelles. Où son fils écrit que ça va mal depuis plus d’un an. Qu’il frappe mur après mur. Qu’il ment à tous les adultes (médecins et psychologues inclus). Elle me fait lire l’extrait, qu’elle a photographié avec son cellulaire. J’ai froid dans le dos. Surtout quand elle me dit que la DPJ préfère toujours, malgré ça, retenir la version de son fils.

Je ne l’excuse pas, mais je la comprends.

Je sais que les ressources sont limitées. Que les intervenants de la DPJ font de leur mieux, au cas par cas. Mais, comme société, devrions-nous réviser les cadres ? Les priorités ? Entre un ado presque adulte, qui cherche et trouve la confrontation, et les enfants en bas âge ; mon choix serait clair.

Qu’elle soit mon amie ou non…

Eva Staire

Les ados et Internet

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«Moi, dans mon temps»… Je ne pensais jamais dire ça une fois dans ma vie. Du haut de mes trente-trois ans, je viens d’avoir une belle claque au visage.

Moi, dans mon temps, Internet à treize ans n’existait pas. On vivait nos expériences, une étape à la fois et surtout, dans l’intimité. Maintenant, à treize ans, les ados ont leur cellulaire. On leur en fournit un en promettant qu’une fois par mois, on va fouiller dedans pour question de sécurité… ce qu’on laisse tomber bien assez vite parce que nos enfants, on leur fait confiance.

Le cellulaire fait partie intégrante de leur vie, il est «scotché» à leur main et c’est la catastrophe si on les sépare.

Moi à treize ans, je voyais mes amies, on dansait, on chantait et on riait. On avait nos petits chums et on jasait dans le sous‑sol, collées sur eux. Sans plus.

Aujourd’hui, à treize ans, elles s’abonnent à des sites de rencontres pour adultes en mettant une fausse date de naissance. Elles voient des profils de garçons qui mentent sur leur âge et surtout, elles voient des vidéos qu’elles ne devraient pas voir, à treize ans…

Moi à treize ans, j’avais un appareil photo, on se prenait en photo lors de nos partys de sous‑sol, on s’arrangeait pour qu’elles soient belles parce qu’on devait attendre quelques jours avant de les voir. Pas question d’avoir des photos ratées ou encore des photos gênantes parce qu’un inconnu s’occupait de les faire développer! On ne voulait pas avoir honte en allant les chercher!

Aujourd’hui, à treize ans, elles font des selfies et des «shooting photos» avec le ventre à l’air à moins trente, dehors. Au début, on pense que c’est inoffensif même si ça nous rend inconfortables par en dedans, mais on les laisse faire, parce qu’on leur fait confiance.

Moi dans mon temps, j’en ai bu de l’alcool, pour essayer. Oui, même à m’en rendre malade, parce qu’à treize ans, on ne sait pas boire! Parce qu’à treize ans, on commence à faire nos expériences. On expérimente, le mot le dit, c’est normal.

Aujourd’hui, à treize ans, il faut boire de l’alcool, sinon on est out

Moi, dans mon temps, on jouait à la bouteille. Ben oui, on l’a tous fait. On embrassait notre voisin de droite pis on trouvait ça drôle. Mais c’était dans l’intimité, entre amis.

Aujourd’hui, les ados se dévoilent sur Internet, à la vue de tout le monde. «Oui, mais on s’en fout, ils ne voient pas notre visage».

Et là, notre monde s’écroule. On réalise que les ados d’aujourd’hui sont loin de ce qu’on était «dans notre temps». Oui, la vie change, elle évolue, parfois beaucoup plus rapidement qu’on le souhaiterait, mais ce n’est pas une raison pour accepter n’importe quoi. On passe pour des méchants ou des vieux dépassés qui ne comprennent rien. Mais mon cœur de maman n’arrive pas à comprendre la naïveté des ados.

On a beau leur donner une confiance aveugle, je réalise qu’il faut quand même faire la police du cellulaire de temps en temps. Juste pour les protéger, avant que ça aille trop loin. Même si nos ados trouvent qu’on exagère, même si nos ados nous disent «c’pas grave m’man», on se doit, en tant que parent, de faire notre boulot, que ça plaise à nos ados ou non.

Faites‑le, même si vous pensez que vos ados n’ont rien à se reprocher : jetez un œil à leur contenu de cellulaire… ça pourrait peut-être sauver bien des catastrophes.

Tania Di Sei

 

 

Party et ébriété riment avec nausée!

Je reçois un message texte, il est 23 h 43…

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Je reçois un message texte, il est 23 h 43…

C’est l’amie avec laquelle ma fille est allée à un party. Le lift de retour était pourtant convenu vers minuit et quart. « Je pense qu’il serait temps que vous veniez la chercher! » Avec quelques détails, qui donnent tout leur sens au mot « relâche ». Heureusement, c’est à moins de dix minutes de la maison.

Papiers essuie-tout, grand bol en inox. Je pars…

Je stationne devant l’entrée. Une maison de banlieue des plus anodines. Il y a quelques jeunes qui sont sortis prendre l’air. Un party d’adolescents, comme bien d’autres. Ma fille me dira que la grande sœur, adulte, était responsable. Mais qu’elle a plutôt décidé de faire la fête avec eux. Je texte l’amie, en lui demandant si elle veut également un lift. « Merci! Je dois aussi prendre soin d’un autre ami. »

Au bout d’un certain temps, trois filles arrivent. La mienne, bien encadrée de deux béquilles. Ma fille est comme un pantin euphorique. La bouche molle et le langage vague. L’œil qui vacille. Elle doit se croire sur le pont d’un navire, en pleine tempête. Je leur souris.

Ses amies ont dû me trouver pas mal cool.

On la glisse sur le siège arrière, côté passager. Elle serait à ma portée, s’il le faut. Surtout pas comme passager à l’avant. Malgré l’heure tardive, je ne suis pas complètement imbécile. Elle est incapable de boucler sa ceinture. Ça empeste l’alcool. J’ai entrouvert les fenêtres. Je roule quelques secondes. Sa tête, sans retenue, tombe dans le bol en inox. Premier tournant, la marée de son corps inerte suit lentement le mouvement. Je souris.

Nous arrivons à la maison. Je dois la réveiller et l’aider à sortir. À marcher. Elle tente d’enlever ses espadrilles seule. Impossible. Elle n’a pas de bas, son pied adhère. Il faut tirer fort. Je laisse son bras, pour ôter le deuxième soulier. À deux mains. Elle tombe, au ralenti. Je l’aide à monter à l’étage. Bang, la brique dans son lit! J’imagine déjà sa gueule de bois. Je souris.

Tout ce temps, je repense à mon adolescence. Quand, comme elle, j’avais seize ans et demi. Je revois toutes mes entrées titubantes à la maison. Il me fallait tenir les murs, de chaque côté du corridor, pour me rendre à ma chambre. Vous savez bien, ce navire en pleine mer… Et ma mère qui me demandait, avec le sourire dans la voix, si j’étais OK. Ma réponse, la bouche molle et le langage vague.

Elle va aux toilettes vers 3 h 30. Évidemment, avec toute la subtilité d’un éléphant. Je tends l’oreille, au cas où. Tout est OK, la brique retourne à l’horizontale par elle-même. Je souris.

Le lendemain, j’apprends quelques éléments de sa soirée. Du moins de ce dont elle se souvient. C’était de la vodka, agrémentée aux agrumes. L’alcool, c’est un des pères qui l’a acheté. Son ivresse, c’est qu’elles sont arrivées trop tard et qu’il ne restait plus rien à grignoter en même temps. J’entends l’armée défiler dans sa tête. Elle en paye le prix fort. Je tente de garder mon sérieux.

Plus tard, dans la journée, ça sera l’occasion des messages. Que certains garçons n’attendent que cet état. Pour en profiter. Et tout le reste du discours parental. Mais dans sa version légère. J’ai peine à m’empêcher de sourire. Surtout quand, là, depuis et fréquemment, je lui souligne son état.

En détails…

michel

Lettre à mon papa

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Bonjour. Je me présente : je suis un garçon et je m’appellerai Laurent. En attendant de naître, je sommeille paresseusement dans le ventre de ma petite maman. Elle a hâte que j’arrive, car j’envahis son corps de plus en plus, mais moi je ne suis pas pressé. Il y a aussi ma grande sœur Charlotte et mon père qui m’attendent avec impatience. Je le sais, car ils me parlent chaque soir à travers le bedon de maman. Charlotte me fait des coucous et papa, avec sa voix grave, aime me raconter combien le bonheur le submerge lorsqu’il regarde maman et Charlotte jouer ensemble. Il est très fier de ma grande sœur qui court partout et qui parle autant qu’une pie, mais il est heureux que la vie lui offre un garçon. Il se sentira moins seul de mâle, me dit-il en riant.

Mes parents débutent dans cette grande aventure qu’est la famille. Ils sont souvent fatigués, car ce n’est pas facile tous les jours. Parfois, ils aimeraient récupérer un petit bout de leur vie de jeunesse, surtout papa. Mais je sais qu’il m’aime déjà. Il me le répète souvent. J’ai hâte de le connaître.

***

Ce soir, papa s’en va à une fête pour se détendre et prendre du bon temps avant mon arrivée. Maman n’y va pas. Elle est trop fatiguée et elle préfère se reposer avant mon arrivée.

***

Maman pleure ce matin. Depuis quelques heures, je ressens ses nombreux sanglots. Je rebondis chaque fois. Charlotte se colle souvent sur son bedon. Elle doit sentir qu’il se passe quelque chose, car je ne l’entends plus rire. Je n’entends pas la voix grave et chaleureuse de mon papa non plus. Il y a aussi plusieurs autres voix, dont celle de grand-maman et de grand-papa. Je ne sais pas ce qui se passe. Je m’inquiète, mais je vais continuer à profiter de mon nid douillet.

***

Je suis finalement arrivé. Je n’avais plus le choix. Le ventre de maman était devenu trop petit. Je suis heureux de rencontrer ma famille. Maman sourit enfin et Charlotte adore me bercer. Sans compter grand-maman et grand-papa qui me couvrent de baisers. Tout le monde est là… ou presque! En fait, papa n’est pas au rendez-vous. Je n’aurai pas la chance de le connaître, de réentendre sa voix, de sentir sa barbe piquante sur mes joues et la chaleur de ses bras.

Après la fête où papa est allé s’amuser, il a pris la route même si tout le monde lui disait de ne pas conduire. Il avait bu un truc qui s’appelle « alcool ». Comme il avait trop hâte de nous retrouver, il n’a pas écouté ceux qui lui conseillaient de ne pas prendre le volant. Je ne comprends pas trop, mais cela lui a fait faire un grave accident.

Dorénavant, je devrai me contenter de photos et des souvenirs que maman et mes grands-parents me raconteront. Papa ne pourra jamais me bercer et me voir grandir. Même si je suis encore tout petit, il y a déjà un grand vide dans mon cœur.

Je t’aimerai quand même papa…

Laurent

***

 

Cette lettre est inspirée d’une histoire vraie, malheureusement. Une jeune femme que j’ai côtoyée dans le passé, une petite maman toute neuve comme je me plais à le dire, a dû faire face à ce drame terrible. J’espère qu’elle pourra vous toucher et vous inciter à être prudents.

 

Isabelle Lord

 

Aveux d’un alcoolique — Je suis allergique à la boisson!

Dès mon jeune

Dès mon jeune âge, la boisson était présente dans ma vie. Quand mes parents festoyaient, je me cachais pour boire la broue des bières vides que mes parents avaient bues. Au secondaire, les partys étant plus fréquents, je me suis mis à consommer drogue et alcool. Malheureusement, ces mauvaises habitudes m’ont suivi tout le long de mon adolescence. C’était un cercle vicieux, car je n’y voyais aucun inconvénient ou problème de dépendance dû au fait que mon entourage consommait tout autant.

La conscience!

En vieillissant, ma consommation en est venue à nuire à mes relations amicales, amoureuses ainsi qu’à mes projets et à ma lucidité. Je n’étais plus moi, j’avais perdu le contrôle! Je ne me rendais pas compte de tout l’impact que cela pouvait engager autour de moi ni de la peine que je pouvais causer aux gens que j’aime. Cela m’a pris de nombreuses années avant de comprendre, de réaliser et d’accepter que l’alcool était ma pire ennemie! Il m’a fallu perdre beaucoup d’amis, de blondes et d’argent avant de frapper le mur. Même encore là plusieurs années se sont écoulées jusqu’à ce que j’aie mon fils. C’était définitif : j’étais allergique à la boisson!

Combien de personnes ai-je pu blesser autour de moi? Il n’était pas question que mon fils le soit à son tour. Je devais changer pour le mieux, pour mon bien à moi et celui de mon fils. Je devais briser cette routine qui durait depuis trop longtemps, depuis mon grand-père, mon père et moi-même qui étions alcooliques.

Aujourd’hui et maintenant, j’ai le contrôle de ma vie!

Maintenant, je peux vous dire que je suis fier, mais que la bataille n’est pas encore gagnée puisque ce sera un éternel combat. Mais je peux vous dire une chose : je suis fier de moi! Je suis fier puisque cela fait six mois que je ne consomme plus une goutte d’alcool. Je continue à croire que consommer nous fait sombrer dans le négatif et nous rend tous malheureux. Avec plus de recul aujourd’hui, je peux vous dire que la boisson, cette allergie incontrôlable où tu ne sais t’arrêter, m’a causé plus de mal que de bien. N’hésitez pas à demander de l’aide et n’ayez pas honte! C’est en parlant que les gens s’ouvrent sur leurs problèmes.

SIGNÉ : d’un père fier d’être sobre!

Voici des ressources d’aide pour dépendants à l’alcool, aux drogues ou aux jeux :

– Centre de réadaptation en dépendance pour obtenir des thérapies : https://www.ciusss-centresudmtl.gouv.qc.ca/nos-installations/centre-de-readaptation-en-dependance/

– Pour les proches, amis, familles de dépendants; Al-Anon ou simplement pour parler à quelqu’un : http://al-anon-montreal.org/

– Alcooliques anonymes : http://aa-quebec.org/AA_Quebec/Templates/

– Maison Jean-Lapointe : http://www.maisonjeanlapointe.org/

Iglou iglou, mais pas chez nous

Du monde saoul, j’en ai vu dans mon enfance! La matante pu capable

Du monde saoul, j’en ai vu dans mon enfance! La matante pu capable de nourrir son enfant dans un party de parenté tellement elle a frenché le goulot… Le mononcle qui cale sa caisse de six pendant un trajet de quarante-cinq minutes, qui arrête trois fois en chemin pour se vider la vessie sur le bord de la 55. Heureusement, son épouse compréhensive avait depuis longtemps pris le relai derrière le volant. Et ce même mononcle de cinquante ans en train de vomir sa vie à odeur de Labatt 50… à peine une heure après le début du réveillon des Fêtes… bel exemple pour la jeunesse. Des cousins ruinés à cause des dettes d’alcool et de drogues, qui ne voient tellement plus clair qu’ils ne voient plus d’espoir, sauf au bout d’une corde… Sans compter ceux qui ont perdu leur emploi et leur famille à cause de la divine bouteille!

Et le grand frère alcoolo avant même de finir son secondaire… jusqu’au jour où le téléphone sonne à huit heures du matin : « Euh… je suis à l’hôpital… Je comprends pas trop ce que je fais ici… le doc m’a dit que j’ai passé la nuit en camisole de force… Il paraît que j’ai calé un 40 onces en trois heures… Je me suis pété la gueule en tombant… Je suis devenu violent… Perdu la carte… Faudrait que m’man vienne me chercher… » Ç’a été la fin de l’abus d’alcool pour lui.

Mais pour d’autres, la dépendance à l’alcool est encore et toujours omniprésente. T’sais, quand en quatre décennies, tu as vu une personne une seule fois à jeun… ça donne une idée qu’elle n’a pas passé beaucoup de journées lucide. Ça donne une idée du nombre de « premières fois » de ses enfants dont elle ne se souvient pas parce que les vapeurs d’alcool étaient trop épaisses. Ça explique aussi pourquoi j’ai longtemps eu peur des effets de l’alcool dans ma vie.

Adolescente, à l’époque des premières rencontres avec la bouteille, mon œsophage se fermait automatiquement après une bière. Comme si j’avais un détecteur de surplus d’alcool intégré. Alors, au lieu de caller l’orignal comme plusieurs expérimentateurs, je flattais le dos de ceux qui se vidaient l’estomac dans le bol de toilette (ou ailleurs). Je téléphonais aux parents des jeunes qui avaient dépassé les bornes, et je lavais les cheveux gluants des filles avant que leurs parents arrivent. Et je ramassais les corps morts et les botchs de cigarettes au petit matin.

Adulte, j’ai eu quelques excès. Une bouteille de Caribou un soir de Carnaval… un enterrement de vie de fille sur la Grande-Allée… mais tout ça de façon plutôt contrôlée. Quand j’ai rencontré mon futur époux, notre première soirée s’est déroulée autour d’un (deux-trois) pichets. Mais rapidement, on a compris qu’on n’était pas dans la gang des alcoolos. On aimait prendre un petit verre en soupant, lui aimait goûter des bières et collectionner les verres qui vont avec, c’est à peu près ça.

Mais ça m’inquiétait tout de même. Chaque verre rempli, chaque verre vidé sonnait une alarme en moi. « Fais attention : alcoolique potentiel! » J’en avais tellement vu… J’en avais trop vu. Quand j’en parlais, ça créait quelques frictions. Il avait l’impression que j’exagérais, que je voyais des bibittes partout. « Voyons donc, je suis loin d’être alcoolo, relaxe un peu! » Mais l’alarme sonnait encore la fois d’après.

À force de vivre ensemble, de discuter, d’analyser ma peur et mon passé, on a compris. J’avais toutes les raisons du monde de craindre l’alcoolisme, mais j’étais tombée sur un gars qui n’avait pas ce problème. Il aimait le goût de l’alcool, il aimait prendre un verre entre amis ou en amoureux, mais pas à n’importe quelle heure, pas dans n’importe quelle occasion, pas au point d’être tout le temps guerlot. Il était bien ancré dans la réalité. Bien loin d’une dépendance.

Il a respecté ma limite, ma crainte. Il m’a écoutée. Il m’a expliqué. Avec douceur. J’ai pris le temps d’observer. D’analyser notre réalité sous l’angle du présent et non du passé. Et j’ai compris que l’alcool pouvait être synonyme de plaisir partagé, de plaisir momentané, de plaisir contrôlé. Je ne regrette pas d’avoir exprimé mes craintes, ça m’a permis de les soigner.

Ce que nos enfants voient, c’est notre relation saine à l’alcool. Ils savent que ça existe, ils savent que ça peut être bon et agréable, ils savent aussi (parce qu’on leur en a parlé) que ça peut faire déraper quelqu’un pendant une soirée ou une vie. Et à mon plus grand bonheur, ils trouvent que ça a l’air dégueulasse!

Faites le test! Mesurez votre niveau de dépendance

http://aa-quebec.org/AA_Quebec/Templates/index.htm

Alcooliques Anonymes Québec

http://aa-quebec.org/AA_Quebec/Templates/index.htm

Dépendances: alcool, drogues, jeu (Portail Santé Mieux-Être du gouvernement du Québec)

http://www.sante.gouv.qc.ca/problemes-de-sante/dependances/

 

Jeunesse J’écoute: Alcool et drogues

http://aa-quebec.org/AA_Quebec/Templates/index.htm

Nathalie Courcy