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Cette nuit-là

D’aussi loin que je me rappelle, le mois d’octobre n’a jamais

D’aussi loin que je me rappelle, le mois d’octobre n’a jamais été pour moi un mois plaisant. L’Halloween, la température plus froide et la noirceur rimaient souvent avec ma petite déprime passagère. Quelques jours de grisaille dans mon cœur qui finissaient toujours par passer, parce que je savais comment les surmonter. Cependant, depuis cette nuit-là, ma vie fut bouleversée.

Je me souviens de t’avoir pris dans mes bras. Tu étais si petit et si beau. Devenir ta maman dans ce mois de déprime me faisait voir la vie autrement. Savoir que le mot octobre allait rimer avec un nouveau bonheur me donnait espoir de jours meilleurs. Mon garçon, tu étais parfait. De la pointe de tes orteils à ton visage angélique, je suis tombée amoureuse de toi. Je sentais ton cœur battre contre le mien et ta respiration au creux de mes mains, je réalisais à quel point la vie venait de m’offrir l’un des plus beaux cadeaux. Cette nuit‑là, j’ai compris que plus rien ne serait comme avant. Cette nuit‑là, j’ai réalisé que ma vie prenait un nouveau tournant.

Les jours ont passé et la petite routine familiale s’est installée. Papa était merveilleux et présent. Les membres de nos familles venaient nous visiter et tous étaient ravis d’enfin pouvoir te rencontrer. Sur mon visage, nous pouvions lire la fierté d’être ta maman, mais dans mes yeux et mon cœur, la peur de ne jamais être à la hauteur grandissait sans perdre de temps. La maternité est une merveilleuse aventure, elle nous permet de comprendre que la vie est belle et que l’humain est stupéfiant. Mon fils, j’aurais voulu être la meilleure et la plus forte, mais la vie en avait décidé autrement. Savoir que tu dépendais de moi, que ma vie était maintenant en symbiose avec la tienne et que je devais te protéger de tout, maman n’a pas su.

Mon fils, maman a tout essayé. J’ai repoussé ces émotions qui m’envahissaient jour et nuit, j’ai respiré à grandes bouffées d’air pour balayer ces pensées qui me hantaient quand tu dormais près de moi. J’ai continué, j’ai tout tenté, mais cette nuit-là j’ai dû abandonner.

Dans cette froideur de novembre, après quelques journées plus mouvementées, j’ai décidé que j’en avais assez. Assez d’avoir peur de mourir et de te laisser, assez de te surprotéger à m’en étouffer, mais surtout assez de ne pas me sentir à la hauteur de t’aimer.

Aujourd’hui avec du recul, je peux affirmer que tu peux être fière de ta maman. Celle qui t’aime autant et qui te protège encore comme avant, et ce, même si tu es plus grand. Aujourd’hui, maman peut enfin te parler de cette peur qui ne l’a jamais quittée. Je peux maintenant te dire que tu as une maman incroyable qui, chaque jour, doit se remémorer qu’être une mère anxieuse généralisée n’est pas la fin du monde. Parce que mon monde est et sera toujours toi à mes côtés.

Véronique Daigle

L’allaitement : date d’expiration?

J’ai allaité mes trois filles jusqu’à ce que je n’aie plus a

J’ai allaité mes trois filles jusqu’à ce que je n’aie plus assez de lait. Les deux premières pendant 2 mois et la troisième, jusqu’à 4 ½ mois. Pour le petit dernier, je m’étais dit que j’allaiterais jusqu’à ce qu’il ait 9 mois, si tout allait bien.

J’ai été chanceuse, l’allaitement était facile. Neuf mois après la naissance, je produisais encore beaucoup de lait, mon bébé prenait bien le sein, cela semblait lui apporter du réconfort et je chérissais ces moments précieux pendant lesquels j’étais collée à mon petit homme.

Pour une fois, ce n’est pas mon corps qui arrêterait l’allaitement. J’étais donc confrontée à une nouvelle situation : j’arrête à quel moment?

J’ai longuement réfléchi à la question et je me suis demandé s’il devait vraiment y avoir une date d’expiration.

La recherche nous enseigne que l’allaitement est fortement recommandé jusqu’à l’âge de 2 ans. Au début, je me disais que c’était beaucoup, que ça ferait un peu étrange d’allaiter un bébé si longtemps. En fait, j’avais peur du jugement des autres. Que vont penser les gens s’ils me voient allaiter mon enfant qui a plus d’un an? Moi-même, je n’étais pas particulièrement à l’aise d’allaiter très longtemps, mais j’ai poursuivi sans trop y penser.

Par la suite, je me suis dit que le bébé allait bien finir par ne plus vouloir prendre le sein, mais ça ne semble pas être parti pour cela. Il a maintenant 19 mois et je l’allaite toujours. Quand vais-je arrêter d’allaiter? Je ne le sais pas encore.

Mais une chose est certaine : je n’arrêterai pas parce que j’ai peur de ce que les gens vont penser. L’allaitement est la chose la plus belle et la plus naturelle qui soit. Ce sont les adultes qui voient quelque chose de mal dans le fait de poursuivre l’allaitement au-delà de la première année. Pour l’enfant, c’est ce qu’il connaît depuis qu’il est né, en plus d’être une superbe source de réconfort. Alors si la mère est à l’aise et qu’elle aime allaiter, qu’y a-t-il de mal à poursuivre l’allaitement? À mon avis, absolument rien.

Pour ma part, mon quatrième aura contribué à faire tomber mes préjugés sur l’allaitement. J’assume pleinement le fait qu’il a 1 ½ an et que je l’allaite encore, peu importe où je suis.

L’allaitement est une chose très personnelle. Ça regarde la mère et son bébé. Personne ne devrait juger une mère qui cesse d’allaiter rapidement ou encore qui allaite longtemps. Écoutez votre cœur, votre corps et votre bébé. Si les trois sont en accord pour poursuivre un allaitement longtemps, faites-le! Ne soyez surtout pas mal à l’aise en public. Il est plus que temps de briser les tabous sur le fait qu’on ne devrait pas allaiter un bébé au-delà de sa première année.

Annick Gosselin

1 maman, 3 accouchements !

Lorsqu’on apprend que l’on deviendra parents, nous avons tous un

Lorsqu’on apprend que l’on deviendra parents, nous avons tous un certain nombre d’idées préconçues quant à la parentalité. Comment nous allons traverser les différentes étapes de la grossesse, quel genre de parents nous serons, comment nous allons gérer notre nouvelle vie de famille, comment nous allons éduquer nos enfants… et pour les mamans plus précisément, comment vont se dérouler nos accouchements.

Pour ma part, je ne m’étais pas réellement attardée à me faire des scénarios précis, mais j’imaginais tout de même que ça allait ressembler aux classiques que l’on peut voir au cinéma : perdre les eaux au centre d’achat, arriver à l’hôpital, avoir son beau bébé tout rose qui a déjà l’air d’avoir trois semaines, partir à la maison en chantant parce que tout a trop bien été… Vous le voyez, le cliché ? Mais non, ce n’est pas ça. De surcroît, ce n’est trois fois pas ça. Je vous partage donc mes expériences…

Notre première fille est née de façon naturelle, à 40 semaines et 2 jours. J’ai rompu mes eaux à la maison et mon travail s’est étendu tout au long de la journée. J’ai poussé durant environ 1 h 30, ce qui est assez normal pour un premier bébé. Par contre, lors de sa sortie (ou plutôt de son entrée) vers le monde extérieur, elle a malencontreusement pris une grande gorgée de liquide amniotique qui lui, avait cru bon de s’infecter durant les heures précédentes.

On a donc eu droit à trente secondes d’eye contact avec elle avant qu’une troupe d’infirmières ne l’emmènent dans une autre pièce en l’intubant. J’avoue que là, c’était assez déstabilisant comme tournure d’événement. En fin de compte, nous avons pu la voir quatre heures plus tard à travers son incubateur, puis nous sommes rentrés à la maison 8 jours plus tard puisqu’elle avait des antibiotiques intraveineux.

Notre deuxième fille, quant à elle, a décidé de nous jouer un petit tour et de ne pas se retourner la tête en bas. J’ai tenté une version à 37 semaines, mais en vain. D’ailleurs, c’est probablement l’un des pires moments que j’ai vécus, lorsque j’y repense. Enfin bref, la version n’avait pas fonctionné et je n’étais pas tout à fait game de tenter d’accoucher un siège, j’ai alors choisi la césarienne. La naissance de ma fille était donc planifiée à 39 semaines et 4 jours, un beau mercredi matin.

Entrer dans la salle d’opération toute blanche et stérile, avec de grosses lumières qui permettent presque de voir à travers ta peau, c’était un peu bizarre et angoissant. Se faire faire une rachi-anesthésie (contrairement à la péridurale, l’anesthésiant est injecté directement dans l’enveloppe du système nerveux central) et instantanément, ne plus sentir son corps ou du moins, tout ce qui se situe sous la poitrine, c’était déstabilisant pas à peu près ! Néanmoins, la naissance s’est super bien déroulée. J’ai pu avoir mon bébé sur moi pendant quelques minutes avant qu’elle ne monte à l’étage, bien au chaud dans les bras de papa, pendant que moi, j’allais « dégeler » pendant deux heures dans la salle de réveil…

Enfin, notre troisième fille a pour sa part fait la grève de fin de grossesse, car j’ai dû me faire provoquer à 41 semaines et 2 jours… après trois strippings infructueux. Clairement, elle n’était pas pressée de sortir de là et n’avait pas compris que son bail était expiré. En passant, pour celles qui ne le savent pas, cet accouchement s’appelle un AVAC, diminutif d’Accouchement Vaginal Après Césarienne. Pas très émoustillant comme titre, je l’avoue. Mais sachez que c’est tout à fait possible d’avoir un accouchement naturel après une césarienne.

Cette fois-ci, tout s’est déroulé hyper rapidement, tellement que mon chum est passé près de rater la naissance en partant 5 minutes chercher un café ! Notre fille est sortie après deux poussées et avec l’aide du médecin, je l’ai moi-même mise sur moi. Elle, j’ai pu la garder, plus que quelques secondes ou minutes. C’est comme si, pour boucler la boucle, la vie m’offrait cette petite douceur, ce moment qui avait été un peu précipité pour la naissance de mes deux autres filles.

Cette rétrospective de mes expériences d’accouchement démontre assez bien, je crois, que peu importe quels sont nos attentes, nos souhaits ou nos appréhensions en matière d’accouchement, on n’a pas vraiment de contrôle sur ce qui se passera réellement, le jour venu. La vie est bien faite et je me dis que rien n’arrive pour rien.

Pour ma part, même si on me donnait une baguette magique, je ne changerais pour rien au monde ces trois expériences merveilleuses et uniques. Mon long séjour à l’hôpital pour ma première fille m’a permis de m’adapter tout en douceur à mon nouveau rôle de maman, ce qui me sécurisait puisque je savais que si des inquiétudes ou des interrogations (qui sont fréquentes avec un premier enfant !) survenaient, j’avais un soutien immédiat. Ma césarienne a permis à papa de faire du peau à peau avec notre deuxième fille durant des heures, moment qui fut magique pour les deux. Et ma grossesse in-ter -mi-nable m’a réellement permis de vivre cette dernière expérience à fond et de clore ce chapitre de ma vie comme il se doit !

Et vous, quelles sont vos expériences uniques ?

Andrée-Anne Courchesne

À toi qui accueilleras ton premier trésor sous peu…

Ma belle amie, je perçois la fébrilité qui t’anime. Je peux ressentir

Ma belle amie, je perçois la fébrilité qui t’anime. Je peux ressentir ce mélange d’angoisse et de bonheur intense imminent simplement à te regarder…

Je veux te dire tant de choses ! Je t’en ai dit, déjà, et tu en as entendu assurément plus que nécessaire 😉, mais j’ai peur que tu oublies… Alors, je m’autorise ce billet, ce soir, pour jeter sur papier ces humbles conseils. Je souhaite qu’ils t’aident à traverser ce moment unique et tant attendu.

D’abord, dis‑toi que ces heures que tu t’apprêtes à vivre seront celles que tu prendras plaisir à raconter mille et une fois à toutes les femmes que tu côtoieras. Ces heures marqueront à jamais ton cœur de femme devenue, en une fraction de seconde, « maman ». 🌷

Savoure chaque instant, profite de chaque seconde. Ces moments sont riches, même s’ils s’accompagnent de douleur. On m’a déjà dit que les douleurs associées à un accouchement ont un sens contrairement à celles occasionnées par une blessure ; elles t’aident à mettre au monde ton enfant ! Et ensuite, elles disparaissent ! On en saisit la portée à chaque contraction… ❤️

Aussi, dis‑toi que tu aideras ton fils à naître, car pour lui, c’est une grande aventure ! Vous ferez un travail d’équipe.

Visualise tous les moments que tu rêves de partager avec lui. Imagine‑le chez toi, chez tes amis, dans ta famille, au parc, sur son mur d’escalade… Tu verras, le temps passera à une vitesse folle !

Surtout, souviens‑toi du privilège immense que tu as : porter un enfant et l’accompagner pour la vie. Ça, c’est toute une chance, mais en t’écrivant ces lignes, je sais à quel point ton cœur est rempli de gratitude. 🌸 

Bref, j’ai entendu beaucoup de récits d’accouchements, mais j’ai si hâte d’entendre le tien. 🌷

Je te souhaite une rencontre marquante et remplie d’amour ! 

Je t’aime mon amie xxx

Karine Lamarche

Enseignante

À toi mon Bébé-Covid

Mon bébé, tu as choisi une drôle de date pour venir au monde… En ce ve

Mon bébé, tu as choisi une drôle de date pour venir au monde… En ce vendredi 13 de l’année 2020, où on nous annonçait la fermeture de toutes les écoles du Québec, moi, j’entrais à l’hôpital pour te mettre au monde. En ressortant de l’hôpital, après cette épreuve de courage, de force, d’endurance et d’amour, le Québec avait changé.

Au début du confinement, je voyais tellement de positif à tout cela. Je me disais que j’avais de la chance de pouvoir t’accueillir dans notre famille, entouré de tes frères et sœurs 24 h/24. Je me disais que nous avions de la chance de pouvoir vivre toutes tes premières fois tous ensemble. Pas d’école pour les grands, pas de garderie pour les petits.

Bien sûr, je savais que ce serait très demandant pour moi. Bien sûr, j’étais aussi inquiète que tu attrapes ce vilain virus. Tu me semblais si fragile. Mais somme toute, je me trouvais chanceuse de vivre ce confinement avec tous mes enfants. En plus, mon congé de maternité m’apportait une sécurité financière que bien des familles n’ont pas eu la chance d’avoir pendant cette période‑là…

Puis, les mois ont passé. Tu as déjà 4 mois, mon Bébé-Covid. Et je comprends aujourd’hui que cette période historique dans laquelle tu es née a déjà une influence sur le bébé que tu deviens.

Avant, tous les bébés adoraient leur siège d’auto. Cette coquille dans laquelle tous les bébés faisaient des allers-retours matins et soirs pour aller à l’épicerie, pour aller chercher les grands à l’école ou pour aller au centre d’amusement. Cette coquille qui pour tous les autres bébés semblait rassurante, tellement ils étaient habitués de s’y endormir. Toi, mon Bébé-Covid, tu as horreur de ton siège d’auto. Les seules fois où tu l’as utilisé, c’était pour des rendez-vous médicaux et ça se compte encore sur les doigts d’une main. Chaque fois qu’on t’y installe, tu hurles jusqu’à ce que l’on t’en sorte. Et ta coquille a fini par prendre la poussière…

Avant, tous les bébés avaient des photos de leurs premiers jours à l’hôpital dans les bras de leurs grands-parents. Toi, mon Bébé-Covid, tu n’auras jamais eu cette chance. Parce que toutes les visites étaient interdites à l’hôpital. Et une fois rendus à la maison, les visites étaient tout aussi interdites… alors tu n’as pas encore connu les bras d’amour de tes grands-parents.

Pour tous mes autres bébés, j’ai pu avoir un semblant de vie sociale. Un cours de cardiopoussette, un cours de piscine pour maman et bébé, des sorties entre mamans, des amies qui viennent prendre un café à la maison… Mais pour toi, mon Bébé-Covid, tout cet univers n’existe pas. Tu n’as pas connu les discussions entre mamans qui ne finissent plus. Tu n’as pas croisé d’autres bébés. Nous ne sommes pas sortis du tout. Et une chance que tu avais des frères et sœurs, parce que je n’ose pas imaginer la solitude si tu avais été un premier bébé…

J’ai une compassion immense pour les mamans qui ont eu un Bébé-Covid comme premier bébé… Elles ont dû tellement se sentir seules… Elles n’ont jamais pu avoir de mamie pour les aider avec le ménage. Elles n’ont eu que des appels téléphoniques pour des conseils d’allaitement ou pour répondre à leurs questions. Elles ont tellement dû se sentir seules avec toutes leurs inquiétudes de premier bébé… Et si vous êtes l’une de ces mamans, sachez que vous êtes courageuse et extrêmement forte.

Et toi, mon Bébé-Covid, tu seras le premier d’une nouvelle génération. Cette génération qui n’aura connu que sa maison. Qui n’aura entendu que les voix de son papa et de sa maman. Qui n’aura senti que l’odeur de son petit environnement. Qui n’aura pas connu d’autres visages encore… Et qui bientôt, on l’espère, connaîtra toutes les petites joies de l’extérieur. Mais sache, mon Bébé-Covid, que tu as le droit d’aimer être chez toi aussi. C’est normal que tu sois plus anxieux quand tu rencontres de nouvelles personnes, de nouvelles odeurs, de nouvelles voix… C’est normal d’être curieux et d’avoir peur de toute cette nouveauté à la fois. Je suis certaine que ta génération sera unique en son genre.

Et vous ? Avez-vous remarqué que vos Bébé-Covid étaient différents ?

Joanie Fournier



Digne de toi…

Rose, ma perle, ma princesse,

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Rose, ma perle, ma princesse,

Je t’écris aujourd’hui avec le cœur rempli d’amour et à la fois de doutes… Le temps a tellement passé vite. Si seulement tu savais tout l’amour inconditionnel que je ressens déjà pour toi, ma toute petite fille.

Malgré tout, mon cœur se serre un peu parce que je suis terrorisée : j’ai si peur de ne pas être digne de toi, de ne pas être à la hauteur, de ne pas être aussi douce et patiente que je le souhaiterais. J’ai peur que tu finisses par m’en vouloir puisque ton « papa » a décidé de nous abandonner. Je redoute déjà le moment où tu te questionneras à savoir ce que tu as bien pu faire pour que ton « papa » nous quitte. Ma princesse, sache que tu n’as absolument rien fait, je ne veux jamais que tu en doutes. Ton « papa » a décidé qu’il n’était finalement pas prêt pour cette grande aventure. Mais moi, ta maman, je t’aimais beaucoup trop déjà pour penser pouvoir t’abandonner, alors j’ai décidé de te garder même si nous n’aurions pas la petite famille parfaite.

Tu es devenue tellement rapidement la prunelle de mes yeux, ma raison de vivre, ma toute petite fille qui grandit au creux de moi. Ma toute belle, à mesure que tu grandiras, tu apprendras que la vie, ce n’est pas toujours rose. Parfois, on fait des erreurs, on blesse des gens. J’espère que tu seras en mesure de pardonner mes erreurs parce que malgré tout, l’amour que je te porte et malgré le fait que je ferai toujours de mon mieux pour être à la hauteur, il se peut que malgré moi, je fasse des erreurs.

Tu sais, j’apprends en même temps que toi, mon trésor. Il n’existe ni formule magique ni mode d’emploi pour élever un mini humain   toi. Je me fie à mon instinct. Je songe à ce qui est le mieux pour toi. Même si, à un certain âge, tu vas peut-être rendu croire que la planète au grand complet est contre toi, sache que c’est faux. Moi, je penserai toujours en fonction de ton bien, même si sur le moment, tu ne t’en rendras pas compte.

Tu es mon premier bébé, peut-être mon seul puisque nous ne savons pas de quoi demain sera fait. Je te promets de tout donner pour ton bien-être, d’être là quand tu auras besoin de moi, d’une oreille pour t’écouter ou d’une épaule pour pleurer. Je serai là lors de ton premier souffle, tes premiers pleurs, tes premiers pas, ton premier dodo à la maison, tes premiers sourires… À chaque étape importante de ta vie, tu pourras compter sur moi ma toute petite Rose.

Je t’aimerai toujours d’un amour infini.

Ta maman imparfaite xxx

Maude Pilon-Gauthier

Moi, je l’aime ta fraise

Moi, je l’aime ta fraise 🍓

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Moi, je l’aime ta fraise 🍓

Avant d’avoir un bébé, on nous avertit de la majorité des problèmes de santé qu’il pourrait avoir :

Les fesses rouges, la fièvre, les coliques, les otites, etc.

Cependant, il y a quelque chose dont on ne parle que très rarement, mais qui est fréquent : l’hémangiome infantile.

Selon le site de Merck, on décrit l’hémangiome comme ceci :

Les hémangiomes infantiles sont des lésions vasculaires relevées, rouges ou violacées, hyperplasiques qui apparaissent au cours de la première année de vie. Ils régressent le plus souvent spontanément ; dans certaines localisations, durant leur phase de croissance, ils peuvent affecter la vision, les voies respiratoires. Le traitement idéal varie en fonction de nombreux facteurs spécifiques du patient.

À un mois de vie, j’amène ma petite fille à la clinique pour une autre raison et je demande par la même occasion au médecin ce qu’est cette tache rouge sur le nez de ma fille. Il me répond seulement : « Ça va partir tout seul ».

Aucun autre détail.

La rougeur continuant d’augmenter, je vais voir mon médecin de famille et elle me dit que c’est un hémangiome, mais ne me donne pas plus d’informations excepté le fait que ça va partir d’ici deux à cinq ans et que ça va continuer de grandir dans la prochaine année. Je repars attristée parce que j’ai déjà entendu régulièrement les phrases :

« Tu t’es grafignée ma belle, il faut te couper les ongles! »

« C’est quoi ça sur son nez? »

« Est‑ce qu’elle va avoir ça dans la face pour toujours? »

Je sais que depuis la création de l’être humain, on veut tout savoir et comprendre.

La plupart du temps avec de bonnes intentions. Toutefois, à la longue, ça devient blessant. Ne pas pouvoir sortir dans de nouveaux endroits sans se faire poser de questions. Pour moi, que l’enfant comprenne ou non, ce n’est pas une raison pour émettre un commentaire négatif sur sa personne.

Pour en revenir au deuxième rendez-vous, j’avais le goût de m’effondrer. Dans mon cœur, ma chérie était parfaite avec sa jolie fraise au nez, ça faisait son charme, comme disait ma cousine Marianne. Par contre, je me suis mise à avoir peur que les autres enfants rient d’elle et qu’elle comprenne un jour en vieillissant. Je me suis dit que si moi, ça me déchirait le cœur, je n’osais pas m’imaginer à sa place.

Fin décembre, une amie me dit que sa plus vieille avait aussi un hémangiome et qu’il existe des traitements. Je décide donc de demander une référence pour une consultation, mais entre temps, nous sommes allées au CHEO (Children’s Hospital of Eastern Ontario), car notre fille faisait une bronchiolite.

Les spécialistes constatent également sa belle particularité et nous offrent un suivi. Ils nous disent qu’ils pourraient la traiter si on le désirait.

Moins d’un an plus tard, son hémangiome est presque complètement disparu.

J’avoue qu’il me manque. Ça faisait sa différence, mais pour nous, c’était la meilleure solution pour son avenir.

Pour ceux qui préfèrent que la vie suive son cours et qui croient que cette particularité est merveilleuse parce qu’elle rend leur enfant unique, je suis tout à fait d’accord avec vous également.

La meilleure chose pour nos enfants, c’est de faire ce que nous en tant que parents, considérons comme la meilleure chose.

Je termine ce texte en souhaitant que la société soit plus informée et que les hémangiomes deviennent une belle normalité.

C’est beau, des fraises! 🍓🍓🍓

Marilou Savard

Lettre pour Nell

Salut ma peanut,

Deux ans. Deux

Salut ma peanut,

Deux ans. Deux ans déjà que papa et moi, nous t’attendions. Nous étions tellement contents quand tu es arrivée ! Malheureusement, ou heureusement, tu es arrivée en grand. À quatre semaines, j’avais déjà des symptômes. On ne pouvait pas s’imaginer que la joie indescriptible de voir enfin deux lignes bleues apparaître dans nos vies allait se transformer en notre première vraie peine d’amour. Maman est allée consulter, car malgré ta présence, elle n’avait toujours pas cessé de saigner. C’est à ce moment‑là que le docteur nous a expliqué trois possibilités :

  1. Tu ne grandissais pas à la même vitesse que les autres.
  2. Tu t’étais fait un petit œuf, mais tu ne t’y étais pas installée.
  3. Tu n’avais pas fini ta course et tu t’étais installée dans la trompe de maman.

C’est cette journée‑là que le plus long mois de notre vie a commencé. Prise de sang aux deux jours, douleur, excitation, doute, peur.

Lorsque tu as été assez grosse pour être vue à l’échographie, nous avons pu constater que malheureusement, tu t’étais fait un nid à la mauvaise place.

Le docteur nous annonce que nous allions devoir te sortir de là, car si tu grossissais trop, ta maison ne pourrait pas s’étirer comme tu voudrais et maman ne pourrait pas survivre. Il a donc fallu que maman reçoive une injection en espérant que tu t’endormes, que tu disparaisses. C’est la piqure qui m’a fait le plus mal de toute ma vie. L’aiguille était sur la hanche, mais c’est dans mon cœur que je l’ai sentie me piquer et je la sens encore de temps en temps.

Tu t’es battue, maman l’a senti. Tu t’es décollée de ton nid pour voler jusqu’à mon cœur et t’y faire une place pour toujours. Douleur extrême, autant physique que psychologique et émotionnelle. Je me suis sentie horrible de te faire ça quand toi, tu voulais simplement rejoindre nos vies. Je m’excuse tellement. Si tu savais comment j’ai trouvé ça dur de te dire au revoir avant même d’avoir pu te dire bonjour. Comment j’ai trouvé difficile d’annoncer à tes grands-parents qu’ils ne te connaîtraient jamais.

Pour papa et moi, tu resteras toujours notre premier bébé, notre premier espoir d’une vie de famille. Tu as été deux mois dans nos vies, mais tu resteras toujours dans nos cœurs et nos esprits. J’espère que tu comprends que je t’aime et que je t’aimerai toujours. Et que je m’en veux encore même si je n’ai pas eu le choix. Je sais que tu es là et que tu veilles sur ta sœur. Merci d’avoir fait le chemin pour elle et de l’avoir guidée dans nos bras.

Jamais je ne t’oublierai. Sache que pour moi, mars 2019 restera toujours le mois où tu ne viendras pas au monde.

Ta maman pour toujours

Anouk Carmel-Pelosse

Stationnements réservés

Avant même de tomber enceinte, je voyais les espaces de stationneme

Avant même de tomber enceinte, je voyais les espaces de stationnement réservés pour les femmes enceintes et jeunes familles, et je me questionnais quant à leur utilité. Je me disais qu’être enceinte n’était pas une maladie et ne justifiait donc pas un espace réservé près des portes d’entrée.

Pourtant, mon avis a vite changé quand je suis tombée enceinte moi‑même. Maintenant, je trouve qu’ils ont leur place et leur importance. C’est pour ça que j’ai décidé d’en faire un article afin de peut‑être changer la façon de voir la chose.

Non, être enceinte n’est pas une maladie. Cependant, la grossesse vient avec son lot de désagréments. Tout d’abord, le fait d’avoir un être humain dans le ventre met notre vessie sous pression. Si avoir une place proche d’une porte peut en empêcher quelques‑unes de faire pipi dans le stationnement, pourquoi pas !

Et ce n’est pas seulement la vessie qui est sous pression, mais tous les nerfs et muscles du bas‑ventre et de l’entrejambe. Dans le troisième trimestre surtout, je souffrais seulement à me tenir debout. Je croyais que mon bassin allait se casser sous le poids de mon ventre. Ces espaces réservés m’ont sauvée plus d’une fois et m’ont permis de marcher le moins possible avec mes sacs d’épicerie.

En parlant de gros ventre, essayez de vous lever avec un ventre immense devant vous. Imaginez maintenant vous lever avec ce gros ventre mais en sortant d’une auto. Ça prend de la place. Comme ces espaces ont des lignes et des limites plus larges, nous pouvons donc sortir sans avoir peur de faire une bosse sur la portière de l’auto d’à côté.

Et lorsque bébé arrive, ces espaces deviennent encore plus utiles.

Traîner une coquille peut être extrêmement demandant surtout avec un bébé de 15 ou 20 livres à l’intérieur. Cette fameuse coquille nécessite d’avoir assez d’espace pour la rentrer dans l’auto. Je ne compte pas les fois où j’ai dû passer la coquille par la valise ou par la portière opposée de la voiture parce que les gens se stationnaient trop proche et ne me permettaient pas d’ouvrir la portière pour y entrer ma coquille. Bonjour les maux de dos !

Ce sont seulement quelques désagréments que j’ai eu à vivre, mais il y a plein d’autres maux que vivent les femmes enceintes ou qui viennent de donner naissance, et qui justifient amplement ces espaces réservés.

Alors pour toutes les personnes, surtout les hommes seuls, que je vois se stationner dans ces espaces réservés, pensez-y comme il faut avant de vous dépêcher de prendre cette place. J’espère que ce texte vous a fait voir les choses autrement. Ces espaces ne sont pas un caprice et devraient être pris au sérieux, tout comme le sont les espaces réservés aux personnes handicapées.

Anouk Carmel-Pelosse

 

Ma première sortie plus que ratée avec bébé!

Ça y est! C’était la journée où j’avais décidé de sortir p

Ça y est! C’était la journée où j’avais décidé de sortir pour la première fois avec bébé. Ce matin‑là, entre deux trois larmes et un éclat de rire parce que je me trouvais ridicule (merci les hormones!), j’avais dit à mon chum que j’étais écœurée d’hiberner à la maison. J’avais une envie brûlante de retrouver un peu ma vie entre les boires aux deux heures, les changements de couches, le chien turbulent parce que ça fait trop longtemps qu’on n’est pas sortis, sans oublier la pile de lavage haute comme l’Everest qui s’accumule dans le coin du corridor. Tu as pris une grande respiration en lisant ma dernière phrase? Ben c’est exactement comment je me sentais à ce moment : DONNEZ-MOI DE L’AIR FRAIS!

Mon chum accepte et me propose qu’on aille prendre une marche pour profiter du soleil et dégourdir les pattes de notre chien qui se transforme tranquillement en démon. L’hiver frappe à notre porte, on s’habille chaudement pour ne pas retourner à la maison dans les cinq prochaines minutes, parce que j’ai besoin de plus que cinq minutes pour retrouver mes esprits. On enfile tuque, foulard, mitaines, bottes. Normalement, on serait prêts à partir, mais quand on est devenus parents, on a vite compris que partir en deux temps trois mouvements n’était plus une option réaliste. On sort la poussette, on habille bébé chaudement, on le rechange parce qu’il a eu le temps de faire caca entre temps, on attache le chien et on est enfin prêts à partir (trente minutes plus tard… fait chaud avec le manteau sur le dos!).

Le bout du nez à peine sorti dehors, mon chum me dit : « Ouf! Il fait pas chaud ». On se regarde et on est à deux doigts d’abandonner l’idée, mais bon, c’est pas vrai qu’on va choker à notre première sortie en famille. Mon chum rentre pour se chercher une tuque. Je suis là, dans l’entrée du stationnement avec la poussette dans une main et la laisse du chien qui tire avec la force d’un chien de traîneau dans l’autre. Je me tourne de bord une fraction de seconde pour vérifier si mon chum s’en vient et là, ma vie et le temps s’arrêtent.

Je vous avertis, la suite de l’histoire n’est pas drôle à première vue. Par contre, quand j’y pense maintenant, je trouve ça hilarant tellement cette histoire est invraisemblable. Pourtant, ça nous est bel et bien arrivé!

Alors voici la suite. Pendant les deux secondes que je me suis retournée, la poussette a eu le temps de partir vers la rue. Y’a de la glace à la grandeur du parking parce que la copropriété du condo où on habite refuse de payer pour du sel (je ne partirai pas sur ce sujet‑là parce qu’on pourrait en faire un autre article! Mais on va se le dire pareil, les économies de bout de chandelle, c’est de la m****!).

La poussette roule à vitesse grand V vers la rue et je vois un camion qui s’en vient au loin. Tel un guépard, je bondis vers la poussette pour la rattraper. Je pense que je n’ai jamais couru aussi vite de toute ma vie. Dans mon élan de terreur, j’ai aussi oublié que le parking est glacé et qu’il m’aurait fallu enfiler mes patins au lieu de mes bottes avant de sortir. Comble du malheur, je tombe face première sur l’asphalte. La seule bonne nouvelle, c’est que j’ai réussi à rattraper la poussette dans ma chute. J’ai sûrement crié fort parce que mon chum est sorti de la maison en courant. Je suis étendue de tout mon long par terre, le souffle court, le nez et les mains en sang.

On pense que l’histoire se termine là, mais non… si vous avez suivi l’histoire, vous vous souvenez que je tenais mon chien avec l’autre main. Dans ma chute, j’ai aussi lâché la laisse de Luna. Elle doit chanter « libérée, délivrée » dans sa tête, parce qu’elle part à courir comme s’il n’y avait pas de lendemain. Mon chum me demande si je suis correcte et part à courir pour rattraper la fugueuse. Il réussit à la rejoindre et met le pied sur sa laisse pour l’arrêter. Bang! La laisse brise… (je vous jure que c’est vrai!). Luna est en liberté et oh non, pas question pour elle de rentrer tout de suite. Je n’aurais pas voulu être dans les souliers de mon chum à ce moment‑là : le chien qui court d’un bord pis de l’autre de la rue, sa blonde qui braille à terre et le bébé qui s’époumone dans la poussette… Je pense que si on avait été filmés, on serait des vedettes de YouTube et de l’émission Rire et délire tellement la situation était ridicule!

Je peux vous dire que cette journée‑là, la marche s’est arrêtée au stationnement, qu’on a été frustrés toute la journée pis qu’on n’est pas ressortis le lendemain!

Je suis le genre de fille qui essaie de voir le bon côté des choses dans tous les événements poches de la vie, alors je me dis que cette histoire m’aura permis de vous faire sourire aujourd’hui. Je me dis qu’au final, il n’est rien arrivé de grave et que ça fait une bonne anecdote à raconter. Alors si toi aussi, ta première sortie avec bébé a tourné au vinaigre, remets tes bottes et retournes-y, ça peut pas être pire!

De mon côté, la seule chose que je regrette, c’est de ne pas être allée m’acheter un 6/49 cette journée‑là parce qu’aujourd’hui, je serais probablement riche et je pourrais payer du sel à tous les condos de la rue!

Catherine Desgroseillers

 

Plus d’amour

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Mon amour,

Je me souviendrai toujours du petit moment de panique qui m’a envahie quand j’ai appris qu’une petite fleur poussait au creux de mon ventre. On le voulait, on en avait parlé et combien de fois on s’était imaginé notre vie avec notre petite marmaille. Mais là, en voyant la deuxième barre apparaître tranquillement sur le test de grossesse, ça m’a frappée en plein visage. J’ai réalisé que c’était bien réel : nous allions être trois. À travers ces quelques minutes d’attente, j’étais devenue maman.

Dans les dernières années, nous nous étions construit notre petit nid d’amour, notre havre de paix. Je savais que dans les journées grises, j’avais toujours notre chez‑nous, un fleuve tranquille où me réfugier. 

Nous le savions, ce petit plus sur ce test de grossesse était sur le point de changer notre vie. Notre petite vie tranquille ne serait peut-être plus si tranquille dans les années à venir. Je me souviens m’être dit que je ne voulais pas perdre ce que nous avions bâti ensemble, comme tant de couples qui se sont égarés à travers les trop grandes responsabilités. Les mots que tu as prononcés à ce moment raisonnent encore dans ma tête : « Ce sera seulement plus d’amour ». Ah que tu as visé juste !

Depuis l’arrivée de notre bébé, on solidifie notre nid d’amour. On s’adapte, on fait des compromis parce que dieu sait que tout n’est pas toujours rose. Oui, il y a plus de moments de doute, de frustration et de découragement qu’il y en avait auparavant. Mais malgré tout, ce sont ces moments qui nous apprennent à communiquer différemment, à nous écouter, à nous comprendre. Depuis, il n’y a pas une journée où je t’ai tenu pour acquis. Il n’y a pas une journée où je ne sens pas mon cœur se gonfler d’amour en te regardant dorloter notre bébé tout neuf. Notre amour n’a pas changé, il s’est transformé. On s’aime comme individus, mais on s’admire maintenant comme parents, on se découvre autrement.

Merci à toi de faire en sorte de conserver nos petites traditions d’avant. Merci à toi de me dire que je suis la plus belle, même quand moi je me regarde dans le miroir et que je vois juste une fille cernée avec les cheveux en bataille. Merci à toi de monter la musique et de me faire danser autour de l’îlot de cuisine, ça me permet de lâcher mon fou. Merci à toi de m’obliger à sortir et à faire garder le petit pour avoir un peu de répit. Merci de me faire comprendre que je n’ai pas à me sentir coupable de prendre du temps pour moi, que je serai simplement plus disponible pour lui après. Merci à toi de me permettre de terminer mes projets et de m’encourager même si j’ai la broue dans le toupet et la tête un peu éparpillée. Merci à toi de me rappeler dans les moments de doute que je suis la meilleure maman pour notre enfant et que je fais plus que de mon mieux. Tout ça me permet de ne pas juste me sentir comme une maman, mais comme une femme, ta femme. 

Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai remercié la vie de t’avoir mis sur ma route, un vendredi gris et pluvieux. Grâce à elle, ce soir, je peux caresser du bout des doigts ce qui a de plus précieux au monde : notre petit trésor et toi. C’est juste plus d’amour comme tu le disais, tu avais tout compris.

Catherine Desgroseilliers