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Encore un point de vue sur la dernière année… Texte: Joanie Fournier

Avec la pandémie actuelle, le monde s’est

Avec la pandémie actuelle, le monde s’est divisé en deux. D’un côté, on place ensemble tous les gens qui croient au virus, qui respectent les consignes sanitaires, qui se font appeler des moutons par l’autre clan. Et face à eux se regroupent les Covidiots, ceux qui croient au complot des gouvernements, au contrôle absolu des droits fondamentaux de l’homme et qui continuent leurs vies « comme avant ». J’espère que vous saurez lire l’ironie dans ce que je viens d’écrire. Parce que c’est totalement faux. Il n’existe aucun clan. Personne ne penche du côté du bien ou du mal, personne n’a raison ni tort totalement. Tout le monde fait de son mieux en ce moment, essayant de jongler entre ses propres principes et les fameuses consignes sanitaires.

Personnellement, ma petite bulle familiale et moi avons choisi de respecter les consignes sanitaires et les décrets gouvernementaux de notre mieux. On a appris à mieux se laver les mains, à porter adéquatement un masque et sommes restés enfermés chez nous depuis presque un an. On a pris ce chemin pour protéger les plus vulnérables et par conscience collective. On a tout fait ça consciemment et par choix, donc vous n’êtes pas invités à débattre sur notre choix de respecter tout ça. Merci.

Dans les premiers mois de la pandémie, nous vivions dans le bonheur d’être ensemble. Si vous êtes un extrémiste qui pensait qu’on vivait dans la peur, je suis bien désolée de vous décevoir. Nous n’avons jamais eu peur du virus. Nous voyions le premier confinement comme une occasion de nous retrouver, de nous rapprocher, de nous ressouder. Une occasion donnée par la vie qui nous permettait enfin d’arrêter le temps pour profiter de nos enfants. On avait si souvent prié pour pouvoir arrêter le temps… C’était aussi une occasion de rendre grâce à la vie, de réaliser toute la richesse de ce qu’on possède. Une maison avec de l’espace, chacun avec sa chambre, une cour extérieure pour pouvoir bouger, une grande famille pour se distraire… On le sait qu’on a beaucoup de chance.

Puis, l’été est arrivé et on a eu un semblant de break… Tout en gardant nos distances et en restant dehors, on a pu voir nos familles, nos amis, un peu à la fois. Et vous savez quoi ? Ça a été le plus dur pour nous. Pas de les voir… de rester à distance. À chacune des rencontres avec des amis, des marches avec nos parents, des glissades avec les cousines, chaque fois, le même blues après la rencontre… Cette impression de ne pas avoir pu réellement profiter d’eux. Ce sentiment de s’ennuyer encore plus qu’avant de les voir. Cette rancœur de ne pas avoir pu les prendre dans nos bras. L’après-rencontre fait mal. Tellement mal. C’est comme si on arrivait à les oublier en restant chez nous. Mais les voir en vrai, loin de nous, ça nous chavire chaque fois. C’est comme si le cœur lui, se souvenait.

Ensuite, le deuxième confinement est arrivé en même temps que l’automne. Et après la joie du début et la tristesse de l’été, on est tombés dans la colère. Oui, la colère. La colère contre tous ceux qui ne respectent pas les consignes. La colère contre le système qui aurait dû prendre des mesures plus draconiennes dès le départ, la colère contre le virus, la colère contre la vie. On a ressenti même de la colère contre des gens qu’on aime. Parce qu’ils se mettaient à risque, parce qu’ils trichaient, parce qu’ils ne pensaient pas comme nous. Et là, LÀ, on a dit « STOP ». C’est pas vrai qu’on va commencer à haïr ceux qu’on aime en plus !

C’est à ce moment-là que j’ai choisi de ne plus regarder l’actualité de mes réseaux sociaux. Je dépose des nouvelles de mes enfants pour ceux qui en veulent, pour les mamies qui ne les ont pas vus depuis un an. Puis, je ferme l’écran. Parce que je ne veux pas savoir. Tu veux aller voir ta mère pour Noël ? Tu veux aller magasiner avec ta sœur ? Tu veux aller prendre un verre chez ton père ? Tu veux voir tes amis ? Fine. C’est ta vie. Non je ne suis pas d’accord, mais je n’ai pas envie de t’en vouloir pour ça. Et je ne te juge pas d’avoir flanché, je le sais que c’est dur. C’est crissement dur. Moi aussi, j’ai les genoux mous ces temps-ci pis j’aurais le goût de flancher souvent… Et de savoir que toi tu flanches, ça rend tout ça encore plus dur pour moi. Alors je ne veux pas le voir. Je ne veux pas le savoir.

Je choisis de t’aimer, comme avant. Je choisis d’attendre la fin de cette crise mondiale pour te serrer dans mes bras. Mais attache ta tuque… Parce que QUAND on aura le droit… enfin le droit… Je vais me coller en cuillère avec toi, pendant une heure s’il le faut, juste pour refaire le plein. Refaire le plein de toi. Mon ami, ma cousine, mon frère, mon neveu, ma mère, ma sœur de cœur… Te voir sourire à l’écran, c’est pas pareil.

QUAND on aura le droit, je vais refaire le plein de toi. Ton odeur me manque, ton énergie me manque. J’ai si hâte de profiter de ton rire franc et de tes yeux complices autour d’une bonne sangria… Moi qui suis toujours la plus sauvage de la gang, j’ai si hâte de te prendre dans mes bras. Pis t’sais les deux petits becs secs sur les joues en rentrant, ceux qu’on faisait juste par habitude et tradition ? Pu jamais. PU JAMAIS ! Parce que quand on va pouvoir, ça va être un gros câlin senti dès la première seconde. Pis il va durer longtemps. Ça risque d’être malaisant, mais j’m’en fous. Tiens-toi-le pour dit.

Joanie Fournier

 

J’ai envie de te dire…

Au lendemain de ce premier couvre-feu historique, j’ai envie de te

Au lendemain de ce premier couvre-feu historique, j’ai envie de te dire plein de choses…

Bien humblement, je l’avoue, j’ai triché.

J’ai flanché pour mes filles, le cœur brisé de les voir tristes, privées de leurs amies.

J’ai flanché pour moi, égoïstement, en recevant quelques amis, le temps d’une soirée un brin festive. La plupart du temps dehors, mais trois ou quatre fois à l’intérieur…

Je l’ai fait. Comme beaucoup d’autres.

Je me suis privée de mon père et de ma sœur puisque trois heures de route nous séparent et surtout, pour protéger mon père. Ma sœur infirmière s’est isolée au maximum, étant infirmière aux urgences.

Jusqu’à hier soir, je n’avais pas mesuré l’ampleur de ce qui nous guette. Le fils d’un ami s’est blessé sérieusement en glissant. Mon ami se pointe à l’urgence de l’hôpital le plus près. Surprise : on a fermé cette urgence. Le personnel a été rapatrié dans d’autres hôpitaux…

Boum. Ça m’est rentré dedans. Et si c’était moi ? Mes filles, mon chum ? C’était incroyable quand ça se passait en Italie, tellement loin, tellement irréel… Aujourd’hui, je te parle d’une urgence de Québec…

Toi qui penses que tout ceci n’est qu’un grand complot, que TOI, tu n’as pas envie de te plier aux demandes du gouvernement, que TOI, « t’as le doua », je te souhaite de ne pas avoir besoin de soins dans un avenir rapproché, parce qu’il se pourrait qu’on ne puisse pas te les offrir.

On est rendus là.

Hier, j’étais au Village des sports. J’ai suivi les consignes. J’ai gardé mon masque pendant TOUTE MA VISITE. On me l’a demandé, je l’ai fait. J’ai respecté le deux mètres dans les aires d’attentes.

J’ai vu bien des gens faire la même chose que moi, heureusement.

Par contre, toi, qui crois que ces règles ne s’appliquent pas à ta petite personne, j’aimerais te dire que j’en ai ras le pompon.

Demain, je retourne en classe. Les mesures seront plus strictes encore. Je n’en peux plus d’enseigner avec des lunettes et un masque. Mes élèves devront garder le leur toute la journée… C’est long, une journée.

Je dois désinfecter mon local tous les trois jours. De précieuses minutes que je ne peux pas utiliser à des fins pédagogiques.

J’ai des élèves qui devront probablement s’absenter encore. Des classes vont peut-être fermer de nouveau, peut-être la mienne, épargnée jusqu’à maintenant.

J’ai envie de te dire de penser à tout ça la prochaine fois que tu riras au visage d’un employé qui te demandera de porter ton masque.

Non, tu n’es pas un mouton. En faisant cela, tu participes à quelque chose de grand. Tu contribues à aider l’humanité à retrouver un brin de normalité.

J’ai envie de te dire de penser à tout ça, simplement.

Karine Lamarche

Nos souhaits du Nouvel An pour le personnel de la santé

À vous tous, membres du personnel de la santé.

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À vous tous, membres du personnel de la santé.

Nous unissons nos voix pour vous souhaiter un passage vers le Nouvel An rempli de douceur. Rempli de Paix, mais surtout du repos hautement mérité. Que vous puissiez fermer les yeux en toute quiétude sur cette année qui s’est écoulée rapidement. Une fois de plus, vous avez fait honneur à votre profession sous nos yeux contemplatifs.

2020 aura été une année remplie de trop de défis pour tous. Vous êtes devenus, en très peu de temps, nos héros de la situation. Nous avons déposé sur vos épaules le titre louable d’anges gardiens en vous affublant d’ailes pour vous permettre d’avoir un peu de légèreté dans cette épreuve. Des épaules déjà bien lasses d’avoir porté durant d’innombrables années des contraintes et des coupures. Une fois de plus, vous nous avez démontré la nécessité de vos titres, de votre profession, de votre vocation.

2020 fut une année que certains voudront oublier tandis que pour d’autres, elle aura donné un nouveau sens, un nouvel écho. Le système de la santé y aura pleinement goûté. Revendiquer, depuis des lustres, à cause de lacunes vécues et, au final, devoir composer dans un élan de lutte contre un ennemi invisible. Les employés ont su se tenir debout. Une fois de plus. Une fois de trop. Votre fatigue est palpable. Votre dévouement toujours présent. Vous avez la compassion au coin des yeux.

On vous souhaite que les choses changent. Enfin. Une fois pour toutes. Vous offrir des conditions équivalentes à la valeur des ailes que l’on vous force à porter. Vous glorifier pour ensuite vous faire basculer dans l’oubli ? Non. Pas cette fois.

Pour quelques-uns, la tempête les aura fait quitter le navire. Les aura déplumés pour ainsi les empêcher de voler. Se faire couper les ailes. Pour d’autres, le goût amer du système continuera de devenir plus prononcé. Tenez bon. On vous entend. Et d’autres persistent à garder le cap. Restent au front.

2020 nous aura appris que l’on va beaucoup plus vite et plus loin en travaillant en équipe. Toujours dans la même direction. À maintenir la passion. À continuellement veiller sur nous.

2020 fut, somme toute, une année où l’on a atteint de nouveaux sommets. Juste un peu de valeur qu’il faille une situation d’urgence pour se rendre compte de la nécessité de vos rôles. Toutes professions confondues. Passant de l’entretien, de la sécurité, du laboratoire, des agentes administratives, à l’alimentation, aux infirmières, aux préposés, médecins et spécialistes. La direction des établissements et du réseau. L’un ne va pas sans l’autre. L’un ira toujours avec l’autre. Se réinventer, s’ajuster, s’accommoder. Vous connaissez la chanson depuis belle lurette.

Pour 2021, je vous souhaite du doux. Du bon. D’avoir la capacité de replonger en vous pour revivre la fébrilité des tous débuts pour, ainsi, poursuivre jusqu’à la dernière étape de la lutte à cette pandémie.

Nous sommes là, derrière vous, pour ramasser vos plumes perdues au travail, au combat. Nous serons là pour vous soutenir et vous aider à les repositionner sur vos ailes une fois la lutte terminée. Moi j’y serai. Plusieurs y seront.

Merci pour tout. Joyeux temps des fêtes. Différent, mais présent.

Mylène Groleau

Lettre à toi, mon amie infirmière

En ces temps particuliers, plusieurs personnes se sentent déboussol

En ces temps particuliers, plusieurs personnes se sentent déboussolées par les mesures actuelles. Toi ? Un peu moins. Un peu moins, parce que tu t’y attendais depuis des mois. Un peu moins, parce que tu faisais déjà attention. Un peu moins, parce que ce ne sera pas ton premier Noël loin des tiens.

On a entendu plusieurs mots d’encouragements pour le personnel de la santé au cours des derniers mois : « Vous êtes nos anges gardiens », « Vous êtes dévoués », « Vous êtes forts », etc. Oui, on a entendu tout ça. On a aussi entendu des reproches, plusieurs reproches : « Être infirmière, c’est une vocation, alors il faut être consciente des sacrifices qui vont avec », « Vous n’aviez qu’à pratiquer un autre métier », et autres jugements tout à fait gratuits. Comme si œuvrer dans le milieu de la santé devait obligatoirement venir avec de mauvaises conditions de travail et qu’il fallait tout accepter sous prétexte que c’était un choix.

Mon amie infirmière, tu es HUMAINE. Tu es généreuse, dévouée, aimante et empathique. Tu es tout ça et tellement plus. Tu passes tes journées au CLSC, en résidence pour personnes âgées ou à l’hôpital. Tu travailles sans relâche et, malgré tout, tu arrives à trouver quelques minutes chaque jour pour prendre des nouvelles de tes amis et de ta famille. Mon amie infirmière, tu es formidable.

Tu es formidable, mais tu ne possèdes pas de superpouvoirs. Tu as le droit d’être fatiguée, découragée et en colère. Oui aux compliments et aux remerciements, non à la pression. Tu ne devrais pas ressentir tout ce poids sur tes épaules.

Mon amie infirmière, j’espère que l’année 2021 sera plus douce pour toi. Que tu auras enfin un peu de répit. J’espère que tu arriveras à décrocher, ne serait‑ce qu’un peu. Que tu pourras bientôt profiter de ta famille et de tes amis, parce que tu mérites tout ce qu’il y a de plus beau.

Ce soir, je bois à ta santé, mon amie infirmière.

Jacinthe Crête

Le jour où le monde a changé

C’était un après-midi du mois de mars. Je l’avais senti. Dans

C’était un après-midi du mois de mars. Je l’avais senti. Dans ma classe, je remplissais des bacs de livres, de matériel pédagogique, d’albums jeunesse… Ça flottait dans l’air ; les écoles allaient fermer.

Et c’est ce qu’on a annoncé.

Et tout a basculé, petit à petit.

Je me souviens d’avoir trouvé ça intense, m’être demandé si tout cela était réellement justifié. En quelques jours, j’ai compris. J’ai vu des frontières se fermer. J’ai craint pour des amis coincés à l’étranger. J’ai eu peur pour ma sœur, infirmière aux urgences.

Je me souviens d’avoir hésité avant d’acheter mon premier masque, avant de le porter, surtout. J’aurais souhaité porter une étiquette sur laquelle j’aurais inscrit : « Je ne suis pas hypocondriaque, je le fais pour toi qui as peut-être une santé fragile. » J’étais gênée !

Petit à petit, les mesures se sont resserrées. On a fait la file. On a appris à se distancer.

Je me souviens d’avoir compris que le masque n’était désormais plus une option.

Et il y a eu ce confinement. On a redécouvert les jeux de société. On a nettoyé la maison. On s’est collés.

Le printemps est finalement arrivé.

Puis, il y a eu le retour en classe. J’ai eu peur, j’ai eu hâte, j’ai dû redoubler de créativité pour rendre ce retour doux et agréable. J’ai dû rassurer des parents anxieux, sans avoir de « bonne réponse » à leur offrir. Garder son enfant ou le retourner en classe ?

On s’y est fait. On a apprécié les petits groupes. On a vu rayonner des enfants qui sont habituellement dans l’ombre.🌟 C’est ce que j’ai vu de plus beau !

Il y a eu l’été. J’ai espéré très fort des vacances normales… Elles ne sont jamais arrivées. Il y a toujours un symbole, un distributeur de Purell, un masque pour nous rappeler que la pandémie bat son plein.

Et il y a eu tous ces décès. Trop. Toutes ces familles qui ont perdu un être aimé.

J’ai une pensée pour toutes ces familles. J’espère sincèrement que toi qui voyages en ce moment, toi qui n’as pas su patienter quelques mois encore… J’espère que tu auras la décence de respecter la quarantaine qui te sera imposée, et ce, pour toutes les personnes suivantes…

Les gens de la santé

Les concierges

Les gens du milieu de l’éducation

Les restaurateurs

Les employés de l’hôtellerie

Les petits commerçants

Les endeuillés qui n’ont pas pu vivre une cérémonie à laquelle ils auraient eu droit, privés d’accolades réconfortantes

Les grands-parents

Les petits-enfants privés de leurs grands-parents et de leurs cousins/cousines

Les étudiants

De grâce, respecte cette quarantaine. J’ai tellement hâte de repartir, moi aussi. J’en rêve tous les jours !

Toi qui as plié bagage pour refaire le plein, j’essaie très fort de ne pas te juger, je t’assure. Tu as tes raisons, j’en suis convaincue.

Maintenant que tu auras pensé beaucoup à TOI, je t’en implore, pense aussi à NOUS…

💝

Karine Lamarche

À toi qui as testé positif à la COVID juste avant Noël

À toi qui as testé positif à la COVID juste avant Noël,

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À toi qui as testé positif à la COVID juste avant Noël,

Tu vas passer Noël avec la ou les personnes de « ta bulle » en confinement, ou seul à la maison, ou à l’hôpital à te remettre tranquillement ou à te battre pour ta vie contre ce virus. Peu importe ta situation, sache qu’il y a de nombreuses personnes qui pensent à toi et à ta famille. Que tu les connaisses ou pas. Nous, collaborateurs du site Maïka, tu ne nous connais pas, mais nous pensons à toi, à ta solitude, à ton sentiment de honte ou de culpabilité, à ta douleur, à ta souffrance ou à ton soulagement de réussir à passer au travers.

Peut-être que certains d’entre vous ressentent de la culpabilité. Où est-ce que j’ai attrapé ce virus ? À qui je l’ai donné ? Si tu sais que tu as tout fait pour éviter de l’avoir, mais que tu l’as contracté malgré tout, tu n’as rien à te reprocher. Si tu sais que tu n’as pas été totalement safe, bien dis-toi qu’il y a une leçon à en tirer. Tu n’es pas pour autant une mauvaise personne, tu es juste une personne qui a pris une mauvaise décision. Tous autant que vous êtes, je vous souhaite un rétablissement complet.

Toi, sur ton lit d’hôpital qui te bats pour ta vie. Je ne suis pas croyante, mais je prie tous les dieux de toutes les religions, tous les anges du monde pour qu’ils t’aident à passer au travers. Je sais que tu ne liras pas ce message, mais sache que je pense à toi et à ta famille.

Si tu es à l’hôpital et que tu te rétablis lentement, je pense à toi. Je sais que c’est difficile d’être seul, isolé du reste du monde. Dis-toi que tu as un courage et une force incroyables en toi. Tu peux y arriver. Noël sera difficile, mais l’an prochain, il sera merveilleux.

Cette année, la pandémie nous rappelle les vraies valeurs de Noël. Ce n’est pas les cadeaux sous le sapin. Noël représente l’amour, l’entraide, la compassion, le pardon, le partage (sauf le virus). Nous sommes dans une période difficile, des gens sont seuls chaque année, mais cette année, c’est pire. Si vous êtes seul à Noël, sachez que vous ne l’êtes pas réellement. Des personnes pensent à vous, vous souhaitent du bonheur, de l’amour et un rétablissement.

Si vous connaissez des gens atteints de la COVID, appelez-les, prenez de leurs nouvelles. Faites-leur savoir que vous pensez à eux, que vous les aimez. Offrez d’aller faire les courses pour eux, posez un geste d’amour et de compassion. Nous en avons tous besoin, surtout eux.

Si vous connaissez quelqu’un qui se bat pour sa vie contre ce virus, les collaborateurs et moi, nous vous serrons dans nos bras. Nous vous envoyons de l’amour et pensons très fort à tous ceux qui se battent pour leur vie. Nous souhaitons que l’état de santé de chaque personne s’améliore.

Noël 2021, souhaitons-le, sera grandiose. Nous souhaitons pouvoir serrer dans nos bras notre famille et nos amis. Pour l’instant, Noël 2020 sera dur, mais nous en ressortirons plus fort.

Joyeux Noël à tous. Prenez soin de vous et de votre famille.

Cindy LB, les collaborateurs & Maïka

À toi, petit bébé de la pandémie

Tu en es à tes premiers jours ou tes premiers mois de vie, peut-êt

Tu en es à tes premiers jours ou tes premiers mois de vie, peut-être même es-tu encore bien au chaud dans le ventre qui te porte. Toi, tu as tout ce qu’il te faut : du lait, des jouets, un million de pyjamas offerts par tous ceux qui aimeraient donc te serrer fort dans leurs bras et surtout, des parents aimants avec qui tu passes tout ton temps. Tu vas bien, mais peut-être sens‑tu une tension dans l’air, une angoisse planante, une tristesse lourde en fond de trame. Vois-tu, être parent, c’est extraordinaire, c’est doux et c’est puissant, mais c’est aussi un grand défi. Un parcours en montagnes russes qui fait vivre à tes parents les plus beaux et les pires moments de leur vie, tout ça parfois à quelques secondes d’intervalle. Un moment qu’on a souvent envie de partager avec nos proches.

En temps normal, c’est déjà difficile de composer avec toute cette nouvelle réalité ; en temps de pandémie, ce l’est encore plus.

Tu vois, toi tu es un expert du moment présent : j’ai faim, je veux manger, tu joues avec moi, je trouve ça drôle. Sans te questionner sur l’avenir ou encore sans t’empêtrer dans le passé, tu es tout simplement dans le moment présent. Tu profites au maximum de ce que tu as sans te douter de tous les rêves que tes parents avaient pour vous. Ils s’imaginaient peut-être déjà te présenter à la famille à Noël, attendre la visite de tes grands-parents à l’hôpital ou même, pourquoi pas, partir quelques mois en voyage avec toi et profiter de ce congé parental que la vie leur offrait pour découvrir le monde à tes côtés.

Tu vois, tout ça n’est pas possible. Tes grands-parents qui t’attendaient impatiemment avec amour ne te prennent pas dans leurs bras aussi souvent qu’ils le voudraient. Tes parents ont peur, car tu n’as pas beaucoup de contacts avec d’autres enfants et les gens que tu vois sont soit masqués soit très loin de toi. Tes parents qui t’aiment plus que tout, c’est vrai, ne peuvent pas bénéficier du filet social normalement là pour les aider. Pas de petite gardienne le temps d’aller souper en amoureux ; pas de souper d’amis pour se changer les idées et se rappeler qu’au fond, tout ce qu’on veut, c’est d’être à la maison ; pas de belle-sœur qui vient faire une brassée de lavage.

Déchirés entre l’importance de te protéger et l’envie folle de ne pas écouter les consignes sanitaires. J’espère qu’ils vont bien tes parents à travers cette crise, mais je me doute bien qu’ils vivent des défis particuliers et encore plus d’adaptation qu’à l’habitude. J’espère qu’ils reçoivent des plats cuisinés à leur porte, des ballades en poussettes avec leurs amis et qu’ils prennent soin d’eux à travers ce chaos. Je vous envoie tout mon amour et ma compassion, parce que quand un petit bébé et sa famille ne vont pas bien, c’est toute notre collectivité qui en est affectée.

En cette période des fêtes, Bébé, je pense à l’histoire de Noël qu’on me racontait quand j’étais jeune. Si on laisse la religion humaine de côté et qu’on regarde juste la symbolique de tout ça, je dois te dire que je pense que chaque nouveau bébé devrait être accueilli de la sorte. Comme un miracle, un espoir pour l’humanité, un cadeau précieux à découvrir avec amour. Et peu importe le contexte de ta naissance et l’histoire de ta conception, je souhaite à ta famille autant de solidarité et de bienveillance que Marie et Joseph. Parce que je te le redis, quand vous n’allez pas bien toi et ta famille, c’est nous tous qui souffrons. Vous êtes la priorité de notre collectivité, parce que sans vous, il n’y a plus de relève, plus d’espoir. Tu es précieux et tu mérites le meilleur.

Bon, revenons à l’essentiel. Tout ça, Bébé, ce n’est pas de ta faute. Toi, continue de rester dans le moment présent, à rire et à grandir. Tu nous ramènes à l’importance de la famille, des amis et de la collectivité. Patience, tout cela reviendra et même si les moments volés ne reviendront pas, tu restes le plus beau cadeau de ta famille cette année. Joyeuses fêtes, Bébé !

Roxane Larocque

La magie de Noël

Je ne sais pas exactement quand je me suis mise à détester Noël.

Je ne sais pas exactement quand je me suis mise à détester Noël. Mais je me souviens que lorsque j’étais petite, c’était ma fête préférée. Petit à petit, je me suis mise à ne plus l’aimer, au point de la détester.

Est-ce le fait que je suis devenue adulte et que soudainement, cette période n’est remplie que d’obligations et que je n’ai plus vraiment de plaisir ? Je ne saurais le dire. Pour être franche, j’étais rendue au point où il me fallait du punch bien alcoolisé (que ma mère a affectueusement appelé mon « Joyeux ») afin d’arriver à avoir un peu de fun lors des fêtes de fin d’année. Je m’étais littéralement transformée en Grincheux.

Une chose est certaine, ce Noël 2020 m’aura servi une bonne leçon. Le fait de ne pas pouvoir voir ma famille, ma belle-famille et mes amis, ça fait mal, ça crée un vide et ça change la perception que j’avais depuis quelques années de cette période.

Quand j’étais petite, ce qui rendait Noël magique, c’était de voir ma famille élargie, ouvrir les cadeaux, m’amuser, danser et manger des choses tellement bonnes qu’on mange uniquement dans le temps des fêtes. Pouvoir se coucher tard, se lever tard le lendemain, manger des restes et jouer avec nos cadeaux, tout cela avait quelque chose de spécial et d’excitant.

Le fait d’être privée de ces festivités de groupe cette année me fait réaliser à quel point j’avais tord et qu’au fond, j’aime Noël. J’aurais bien envie de faire un gros party avec tout mon monde, mais je devrai attendre à l’an prochain.

Malgré toutes les restrictions que nous avons, je me considère chanceuse de pouvoir dire : « on va se reprendre l’an prochain ». Beaucoup de familles ne peuvent pas en dire autant, parce que cette foutue pandémie leur a enlevé quelqu’un d’important. Ces familles ne savaient pas qu’elles vivaient un dernier Noël ensemble en 2019. Probablement qu’elles auraient fêté différemment si elles avaient su.

Alors, si vous avez cette chance de dire « l’an prochain », profitez de cette période pour remettre un peu de magie dans votre vie. Parlez aux gens qui vous sont chers, faites des appels vidéo, allez leur porter une petite gâterie faite maison. Amusez-vous, mettez de la musique et dansez. Oubliez quelques instants le négatif et laissez place à votre cœur d’enfant.

L’année 2020 nous aura enseigné l’importance de savourer chaque moment de bonheur avec ceux que l’on aime.

Joyeux Noël !

Annick Gosselin

Réinventer 180 jours

Depuis plusieurs semaines maintenant, j’ai une invitée qui veut e

Depuis plusieurs semaines maintenant, j’ai une invitée qui veut entrer dans ma classe. Je fais tout pour qu’elle ne vienne pas, qu’elle ne s’insère pas entre nos murs, mais elle est là, telle une menace au-dessus de nos têtes. Et j’avoue, j’ai peur.

Dans ma classe, je suis responsable de 22 petits êtres humains. Les parents me les confient pour 180 jours. Ce n’est pas rien. J’ai la mission d’instruire, de socialiser et de qualifier. Mais cette année, j’ai plusieurs mandats supplémentaires. Comme pour plusieurs métiers, l’arrivée de Mme Covid a alourdi ma tâche. J’ai maintenant le devoir de protéger, de rassurer, d’éduquer, mais aussi de nettoyer. Et, je dois le dire, j’ai peur.

L’organisation est un défi colossal. Faire circuler 300 élèves (parfois plus) du primaire, sans qu’ils ne s’approchent à moins de 2 mètres, c’est une vraie folie. On dirait une chorégraphie, un ballet savamment réfléchi par l’équipe-école. Il n’y a plus de place pour l’improvisation. Le tic tac de l’horloge est devenu notre chef d’orchestre. Tic, on va aux toilettes en sortant à droite. Tac, on va à la récré, n’oublie pas tes mitaines. Tu devras laisser passer tous les élèves de l’école pour retourner à ta case sans croiser personne. Mais si ça arrivait… j’ai peur.

À travers les nombreux lavages de mains, de bureaux et de high touch (anglicisme désignant les surfaces fréquemment touchées), je dois enseigner. J’ai l’espoir de reprendre le temps manqué lors de la fin de l’année dernière. Certains diront : « Tu ne sauves pas des vies ! » C’est vrai, mais j’enseigne aux adultes de demain. Ce sont eux qui prendront des décisions dans quelques années. Ils nous soigneront, géreront notre pays, défendront nos droits ou enseigneront à leur tour à nos petits-enfants. J’aimerais bien qu’ils soient heureux et qu’ils ne ressentent pas trop toute l’anxiété du moment. J’ai peur qu’ils n’apprennent pas.

En moins d’un an, j’ai appris à enseigner à distance. La techno est maintenant essentielle pour garder un lien avec mes élèves qui doivent rester à la maison. J’enseigne en même temps à ceux à la maison qu’à ceux qui sont à l’école. Même que parfois, maman assiste à mes leçons, ou même grand-maman, comme si elles assistaient à un spectacle. Il y a des semaines où j’enseigne de chez moi, de ma cuisine. Qui aurait pensé que c’était possible l’année dernière ? Je ne ferai pas de miracle. Mais je fais de mon mieux pour que mes élèves apprennent. J’ai peur de ne pas y arriver.

J’essaie de garder ma folie, ma légèreté, mais souvent, la peur m’envahit. J’ai peur que mes élèves se partagent le virus, qu’ils le rapportent chez eux et le donnent à leur famille. J’ai peur pour moi aussi. J’ai peur de rendre ma famille malade. Et si mes parents ou mes beaux-parents l’attrapaient à cause de moi, je m’en voudrais. Comment garder le cap avec cette épée de Damoclès qui menace de s’abattre sur nous tous ?

La peur m’épuise. J’essaie de la contrôler, mais mon énergie baisse. Mon cerveau est débordé. Cette année en est une de défis, d’organisation et de lâcher-prise. Je la terminerai probablement la langue à terre, mais j’y arriverai, je porterai mes élèves à bon port.

Pour finir, j’ai une demande à vous faire : soyez bienveillants avec les enseignants qui accompagnent vos enfants en cette année folle. Ils ont besoin de travailler en équipe avec vous, de vos bons mots et de votre compréhension. Chaque jour, des profs dévoués essaient tant bien que mal de faire oublier la visite possible de Mme Covid afin que vos enfants progressent et soient heureux. Soyons solidaires.

Nancy Pedneault

J’y prends goût…

Au printemps dernier, je ne vous cacherai pas que j’ai trouvé dif

Au printemps dernier, je ne vous cacherai pas que j’ai trouvé difficiles l’isolement et le stress généré par la pandémie. L’inconnu, la « nouveauté », l’anticipation ont brusquement assombri cette belle saison.

Puis nous avons eu droit à une accalmie des restrictions, à un été un peu plus permissif et libertin. Nous avons pu en profiter, faire des activités, visiter nos proches.

Vint la deuxième vague que plusieurs avaient prévue. Comme la plupart d’entre vous, je me situe en zone rouge depuis plusieurs semaines. Si au début j’anticipais cette possibilité, graduellement, ce n’est plus un poids ni une source de stress. Je me surprends même à y prendre goût. Je m’explique…

Avec l’isolement occasionné par la zone rouge, fini les soupers le vendredi, samedi et dimanche. Fini le rush du grand ménage à l’annonce d’une visite potentielle. Fini la course aux différents commerces pour aller chercher les trucs à emporter au souper d’amis. Fini les préparatifs interminables !

J’ai davantage de temps pour moi à la maison les week-ends, j’apprécie le temps que je peux accorder au cocooning, en mode slow. Je lis des romans comme jamais, je m’entraîne à la maison, je me repose et je réalise que de ne pas avoir d’engagements à l’horaire me procure un bien inattendu. Je me sens le cœur plus léger au quotidien. Je ressens moins l’obligation de faire plaisir aux autres en premier.

Je me suis surprise cette semaine à me dire que finalement, pour moi, être en zone rouge ne s’avère pas aussi triste que je l’anticipais. Je parle ici du côté social seulement. J’ai toujours été du genre à me tenir loin des foules, des regroupements de gens, etc. Peut-être que ça m’aide à m’acclimater ?

Après discussion avec des gens de mon entourage, j’ai compris que je ne suis pas nécessairement la seule à apprécier ce ralentissement !

J’ai envie d’apprécier le positif que cette pandémie apporte, comme quoi tout n’est pas que négatif ! Tout (ou presque) est une question de perception.

Et vous ? Arrivez-vous à en tirer un peu de positif ?

Note : Je suis consciente que l’enjeu financier et professionnel est problématique pour plusieurs et loin de moi l’intention de minimiser les impacts à ce niveau.

Marie-Claude Larivière

Quand le confinement sera terminé, je…

Une fois le choc du premier confinement passé, on s’est rapidemen

Une fois le choc du premier confinement passé, on s’est rapidement mis à rêver de l’après-COVID. Pour se rendre compte rapido presto que la COVID ne s’essoufflerait pas de sitôt. Alors on s’est mis à rêver de l’après-confinement. On se doutait que l’été éloignerait la bibitte et apporterait un relâchement des mesures sanitaires. On espérait la réouverture des endroits publics, des parcs, des entreprises.

On en a profité ! Oh que oui ! Mes enfants et moi étions les premiers en ligne devant la porte de la bibliothèque (je sais, je sais, on est wild sans bon sens). On s’est garochés dans les parcs. On a repris nos habitudes au musée, au resto… tout en respectant les règles. Deux mètres, masque, nettoyage fréquent des mains, garder les symptômes à la maison bien isolés du reste de la société.

On attendait avec impatience le moment où le gouvernement donnerait la permission de se regrouper à l’extérieur et de sortir des limites des régionales. J’avais déjà rempli le réservoir d’essence de ma voiture, les bagages étaient prêts… Dès l’annonce, on a embarqué dans la voiture, direction : maison de grand-maman pour un pique-nique sur le balcon. On ne s’était pas vues depuis les fêtes… c’est long en titi, ça !

On a profité de l’été, on a continué à travailler sur notre système immunitaire et sur notre dose de petits bonheurs. On a vu quelques amis, toujours en respectant les règles. Toujours en sachant que c’était un privilège temporaire dont il fallait profiter. Comme la vie, hein !

Puis, septembre est arrivé. Les zones ont commencé à changer de couleur au même rythme que les feuilles des arbres : vert, orange, rouge. STOP ! On arrête tout. Ou presque. Cette fois-ci, au moins, on peut aller se faire couper les cheveux, on peut aller faire l’épicerie en couple, les parcs sont accessibles et les enfants peuvent aller à l’école, même si c’est un jour sur deux. Le choc est moins grand qu’au premier confinement.

Mais quand même, on s’ennuie de Mamie ! On s’ennuie des amis ! Comme tout le monde, on veut notre vie ! La vie d’avant, oui, même si on aime bien le cocon familial très douillet formé par la pandémie.

Quand j’ai demandé à mes enfants ce qu’ils avaient le plus hâte de faire quand le confinement serait terminé, je m’attendais à ce qu’ils nomment plein d’activités, des sports, des sorties, des personnes qu’on n’a pas vues depuis trop longtemps. Bien sûr, ils ont hâte d’inviter des amis à la maison et d’aller dormir chez eux.

Mais leurs premières réponses ont été :

  • Sourire aux gens sans masque et voir leur sourire
  • Donner des câlins aux personnes qu’on aime.

Je trouve ces réponses de toute beauté et si vraies.

Demandez à vos enfants de compléter la phrase « Quand le confinement sera terminé, je… », juste pour voir. Ça apporte parfois des surprises et de belles discussions ! Et pourquoi ne pas faire le même exercice avec votre conjoint, vos parents ou vos amis ? Je suis curieuse de connaître les réponses.

Nathalie Courcy