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Vivre sans regrets – Texte : Stéphanie Dumas

Devenu adulte, on prend parfois le temps de penser à la vie que nous avons menée jusqu'à présent

Devenu adulte, on prend parfois le temps de penser à la vie que nous avons menée jusqu’à présent. On ressasse les événements marquants qui ont parsemé notre vie et qui nous ont parfois transformé afin de faire de nous la personne que nous sommes aujourd’hui.

Personnellement, j’aime aussi me dire que je ne dois pas avoir de regrets face à ce que j’ai fait ou pas. J’ai fait des choix, comme nous en faisons tous, mais j’ai vécu. Plus jeune, il m’est arrivé de rentrer au petit matin. Mon cadran sonnait alors déjà pour m’annoncer le début de la nouvelle journée. Même si j’étais fatiguée à ce moment-là, je ne regrette pas d’avoir vécu ces instants ni les folies que j’ai pu faire dans ma jeunesse.

Maintenant que je suis une adulte, je repense à tous ces petits ou grands événements et cela me fait sourire. Il y en a d’autres qui me mettent les larmes aux yeux évidemment. Néanmoins, je vis ma vie en étant heureuse des années qui sont passées, et ce, même si je me dis souvent qu’elles sont passées trop rapidement. C’est comme si le temps défilait de plus en plus rapidement depuis quelques années. La trentaine est arrivée et depuis, les journées passent en une fraction de seconde.

Le travail occupe le plus grand nombre d’heures dans une journée pour la majorité d’entre nous et la vie de famille occupe le temps restant ou presque. Nous devons chercher pour trouver des moments pour nous retrouver en tant que personne. C’est parfois tout un défi.

Malgré tout, il faut être heureux de la vie menée jusqu’à maintenant, des choix et des décisions prises qui font maintenant de nous qui nous sommes et de ce que nous avons réalisé. Il ne reste qu’à continuer d’avancer pas à pas sans regarder derrière…

Stéphanie Dumas

Et si on faisait une trêve mon enfant, mon adulte en devenir…

Tout ce que je voudrais te dire, ce n’est pas ce que je sais car j

Tout ce que je voudrais te dire, ce n’est pas ce que je sais car je suis passée par là. Non, ce n’est pas ce que je souhaite te dire. Je sais que tu n’as pas envie de t’associer à moi. Tu n’as pas envie de penser que l’on se ressemble. Que tes expériences, ton vécu à toi est mille fois plus intense que par où je suis passée au même âge que toi. Que tu es plus hot, à ton âge à toi que moi au mien. Je sais tout ça. Et tu as raison. Et c’est pour cela que je t’invite à poursuivre cette lecture. Il n’y aura pas de remontrances. Il n’y aura pas de comparaisons. Je te le promets. Je te le jure. Je veux juste de la paix entre nous deux. Que nous nous apprivoisions pour pouvoir continuer d’être ensemble et non l’un contre l’autre.

C’est vrai qu’en dedans de moi, je crois tout savoir de toi. J’ai parfois (beaucoup) tendance à m’imaginer que mon vécu me donne le droit de décider à ta place. De supposer ce qui est bon pour toi. Mais t’imaginer avoir mal ou te faire du mal me brise le cœur. Ce que tu crois être un contrôle sur toi, sur ta vie, n’est en fait qu’un soutien de ma part.

Mon travail de parent, je l’ai fait lorsque tu étais enfant. Maintenant que tu entres dans ta vie d’adulte, j’aimerais juste t’y accompagner. Te soutenir dans tes étapes. C’est ma façon à moi de sentir que tu me considères encore. Que ma job n’est pas finie. Tu sais, être parent, c’est aussi accepter que ce l’on a de plus précieux au monde puisse nous échapper des mains. Glisser, se fracasser. Mais être parent c’est aussi être là pour rafistoler, remettre en état. Être présent. Être juste là quand ça ira mal.

Tes premières fois… ce ne sont pas juste celles de ta petite enfance que j’ai observées. Tes premiers pas, tes premiers petits (ben oui!) pipis et ouin, tu comprends ce que je veux dire! Il y a eu aussi celles de la cour d’école. Tes premières chicanes avec tes amis. Mon Dieu que j’avais le cœur en miettes pour toi. Si j’avais pu aller dans cette satanée cour d’école et sermonner tous les enfants présents, j’y serais allée. Mais je devais te faire confiance. Te regarder à distance, t’accompagner avec mon cœur. Cet accompagnement nous servirait à tous les deux pour plus tard. Moi pour me détacher et toi pour progresser dans ta vie. Je le savais, toi non… mais tu as appris de cette expérience. Appris à savoir juger les situations. Appris à appréhender, à discerner le bon et le mauvais. Appris à te faire confiance.

Tes premiers échecs amoureux… ça m’a déchiré le cœur de te voir aussi anéanti. Je le savais que ça finirait par passer, mais ce n’était pas ce que tu voulais entendre. C’était l’amour de ta vie. Que tu ne pouvais plus rien sans cet amour. Je le savais qu’il y aurait un autre amour à ta portée. Mais bon. Je me suis faite discrète. J’ai retenu ma respiration à maintes reprises pour te permettre à toi de souffler. Ton attitude d’amour meurtri n’était pas toujours facile à vivre ou supporter. Mais c’était ma façon à moi de te montrer ma compassion. Vivre ta peine intensément pour te permettre de passer au travers des autres que la vie mettrait sur ta route.

Maintenant, tu entames tes derniers pas avant de sauter à pieds joints dans le monde adulte. Tu es constamment dans le moment présent. Tu oublies parfois qu’il y a un « après ». Qu’il y a des conséquences. Je ne suis pas là pour te dire quoi faire. Juste te rappeler de prendre en considération que le « après » peut parfois faire mal. Qu’il importe de vivre intensément le moment présent, mais que ton futur deviendra à son tour ton présent, et que si tu prends parfois la peine t’y projeter, tu l’allègeras, tu le vivras avec moins de conséquences. Je serai là, comme toujours.

Mais dis‑moi pourquoi, lorsque tu te retrouves littéralement dans la merde par‑dessus la tête, mes conseils sont réconfortants, rassurants et dignes des meilleurs à vie. Pourtant, lorsque je tente de t’en glisser un mot avant que tu te retrouves enseveli, tout ce que je dis, c’est de la foutaise? Pourquoi mon jugement est considéré pour te sortir de la merdouille et non pour te guider avant d’y tomber? Au lieu de ne voir que du contrôle dans mes mots, vois aussi ma main tendue.

Je sais qu’un jour, nous nous rejoindrons dans nos pensées. En attendant, je reste là à te regarder prendre de l’expérience. Tes expériences. Je vais continuer à te tendre la main. Je ne serai jamais bien loin.

Je t’ai élevé, mon enfant, en croyant que ce que je faisais pour toi te permettrait encore et toujours de devenir meilleur dans les étapes de ta vie. Même lorsque tu croyais être seul, j’y étais. Je gardais en moi l’unique objectif qu’un jour, tu aurais tous les apprentissages en bagages pour les surmonter seul. Je t’ai tenu la main pour gravir les marches des apprentissages. J’ai marché à tes côtés, jour et nuit. J’ai pleuré en silence pour toi, pour moi, pour nous deux. Tu es une extension de moi.

Lorsque tu me cries de te « sacrer patience », sache que ma tête comprend, mais que mon cœur est sourd à ces mots. Et si, dans le respect, nous nous trouvions un code de « limite »? Tu sais, un code qui te ferait sentir respecté dans ta vie et moi, respectée dans mon accompagnement et pour la personne que je suis.

Je sais qu’au‑delà de ce que tu me laisses entrevoir, tu apprécies tout de même que je sois là et que je t’aime. Car oui, de l’amour, il y en a et il y en aura toujours.

Mylène Groleau

Quand nous serons grands

Que rêviez-vous d’être lorsque vous étiez petits et que l’on

Que rêviez-vous d’être lorsque vous étiez petits et que l’on vous posait la question?

Êtes-vous passé par les classiques?

Vétérinaire, pompier, enseignant, policier?

Aviez-vous plusieurs aspirations qui ont changé au fil des années? Ou avez-vous réalisé le rêve de la première, ou presque première, idée?

Si vous avez réalisé vos aspirations, quelles étaient-elles?

Pour ma part, je me rappelle. Un jour à la maternelle, je me souviens d’un livre d’histoire que mon enseignante Catherine nous avait lu. J’ai le souvenir bien clair que dans cette histoire, une dame avait les cheveux bruns et les teignait en noir. C’est le seul détail dont je me souvienne. Pourquoi? Je ne saurais dire, peut-être parce que ma maman avait les cheveux d’un noir de jais naturellement. Moi‑même étant châtaine et parce que nous aimons à cet âge ressembler à notre mère, peut-être ai‑je voulu être « comme maman ». Mais depuis, j’ai toujours gardé ce souvenir bien présent dans ma mémoire.

Ce jour-là, je me rappelle avoir dit haut et fort à ma mère au retour à la maison :

« Maman, quand je vais être grande, je vais me peinturer les cheveux en noir, avoir trois bébés, vivre à la campagne et écrire des livres! »

Mon constat du jour : même si je suis rousse maintenant, oui, j’ai bel et bien teint mes cheveux en noir!

J’ai effectivement trois enfants, je vis dans une petite ville de campagne et j’ai édité mon premier livre en juin dernier!

Par contre, au fil des ans, j’ai eu d’autres aspirations, de photographe à éleveuse de chevaux.

D’enseignante à entraîneuse sportive. De designer d’intérieur à psychologue. Ce ne sont pas les idées qui m’ont manqué!

Vous? Vos enfants, eux?

Mon aîné ne veut rien de moins qu’être le Da Vinci des temps modernes (très modestement! Haha!)

Ma fille balance entre devenir artiste ou écrivaine et faire des courses équestres.

Mon petit dernier, quant à lui, a émis plusieurs idées, de policier à moto ou pompier volontaire à pilote de course automobile. La dernière idée est très ancrée en lui, au point où il regarde déjà du haut de ses six ans quelles voitures il pilotera plus tard.

Dites‑moi : de votre côté, quels sont les rêves réalisés? Quels sont ceux de votre progéniture?

Simplement Ghislaine

 

Ma fille devient une femme, que je le veuille ou non

- Mom, qu’est-ce que ça te fait de me voir vieillir ?

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– Mom, qu’est-ce que ça te fait de me voir vieillir ?

Voilà une question que ma fille m’a posée cette semaine. Ouch, le cœur de mère vient de prendre une débarque ! Ma mini a un chum. Un vrai. Elle m’a même annoncé que pour la première fois de sa vie, elle était à l’aise et elle l’a embrassé. Re-ouch, mon cœur veut pleurer !

Qu’est-ce que ça me fait de la voir grandir ? J’ai une immense fierté de la voir aller, mais j’ai aussi l’impression de la perdre. Je perds mon bébé un peu plus chaque jour. On m’avait dit que ça passerait vite, mais je n’avais jamais réalisé que ce serait si vite. Ça me fait réaliser qu’un jour, elle n’aura plus besoin de moi. Un jour, je serai « seulement » sa mère. Un jour, elle me trouvera dépassée, comme les autres. Un jour, elle me trouvera « trop vieille pour comprendre ». Et ça, ça me fait peur…

Ma petite fille devient une femme, que je le veuille ou non.

Je veux que tu saches, ma fille, que maintenant, tu es autonome. Tu prends tes décisions, tu les assumes et tu m’en parles quand ça te fait du bien. Sache que ma porte sera toujours ouverte, si tu as besoin de conseils ou simplement si tu as besoin de te confier. En attendant, je te laisse voler, voler de tes propres ailes, mais n’oublie jamais ceci :

  • Ne laisse jamais personne t’obliger à faire des choses que tu n’as pas envie.
  • Ne laisse personne décider à ta place.
  • Respecte-TOI en premier, écoute ton cœur et suis ton instinct ; c’est fort l’instinct !
  • Fais-TOI confiance en premier lieu.
  • La vie est magnifique : aime, savoure, amuse-toi.
  • RIS. Ris aux éclats, le plus souvent possible.
  • Poursuis tes rêves, n’abandonne pas et ne laisse personne te décourager.

La vie d’ado n’est peut-être pas facile tous les jours, mais en passant au travers, tu deviendras celle dont tu as toujours rêvé ! Aie confiance en toi autant que moi, j’ai confiance en toi et tu défonceras toutes les barrières avec ton caractère !

Un caractère d’ado n’est pas facile à gérer, mais utilise-le en positif ! Sois têtue envers tes convictions, tiens-les, ne les abandonne pas sous l’influence des autres ! Fonce, ose, rêve.

Il n’y a que toi pour décider du genre de femme que tu veux devenir. Prends soin de toi. Aime-toi et ne t’abandonne surtout pas. Sois forte et reste forte pour toi.

Tu feras ton chemin, tu créeras ton bonheur et tu seras fière de toi, et ça, c’est ce qu’il y a de plus important !

Tania Di Sei

Que le temps passe vite…

Je ne m’habitue pas… Les rentrées scolaires de ma fille et les

Je ne m’habitue pas… Les rentrées scolaires de ma fille et les différentes étapes qu’elles impliquent me bouleversent tout autant que son entrée à la maternelle.

Pour sa toute première journée dans cette grande école du village où nous habitions, ma grande fille était accompagnée. Ensuite, elle devait marcher tout au plus dix minutes pour se rendre à l’école. Pour moi, un p’tit bout chou de cinq ans seul sur le trottoir, ça a toujours été un non-sens, même si nous étions à quelques pas de l’école. J’avais beaucoup de difficulté à accepter cette situation. D’autant plus qu’elle était timide et qu’elle manquait de confiance en elle. Je la regardais s’éloigner jusqu’à ce que je ne la voie plus. Pour ajouter à mon angoisse, Maude avait mal au ventre chaque matin. Ce petit manège a duré jusqu’en décembre. À l’époque, je ne voyais que la fillette timide avec une faible confiance en elle, mais aujourd’hui, je sais que j’ai ma part de responsabilité dans ce comportement.

J’ai appris, il y a quelques années, que notre attitude non verbale (posture, ton de la voix, expression du visage et des yeux, etc.) est ce qui se dégage de nous et ce qui est perçu par les gens bien avant notre langage verbal. À ce moment, j’ai compris que c’est moi qui lui avais transmis mon inquiétude et mon angoisse. Ses maux de ventre étaient la cause de mon attitude. Ma responsabilité était d’avoir une attitude confiante et rassurante. Je n’ai pas donné le meilleur exemple, mais il n’y a pas de parent parfait. 😉

À son entrée au secondaire, un déménagement de ville impliquant un changement d’école et d’amies a ajouté un stress. Le même scénario s’est répété : les maux de ventre, l’angoisse de ne connaître personne, la peur de se tromper de classe… Mais cette fois, elle a affronté sa première journée avec brio. Nous étions deux à être fières et mon cœur de mère a été soulagé.

Après le secondaire, ma grande fille était impatiente d’entrer dans le monde collégial. Le stress habituel s’exprimant par le mal de ventre s’est bien sûr manifesté. Cependant, après quelques jours, tout s’est effacé pour laisser place à la confiance, l’indépendance et l’autonomie. Vive la vie collégiale!

Le 2 septembre dernier, elle partait pour l’Université de Trois-Rivières. Cette rentrée dans ce nouveau monde scolaire a demandé de la préparation. Depuis quelques semaines déjà, elle planifiait ce déménagement. Je suis allée avec elle pour faire un peu de ménage dans sa résidence, apporter des bagages, l’aider à se trouver un emploi, faire prendre sa photo pour sa carte étudiante et payer la vignette pour le stationnement.

Je vis chaque changement avec des émotions mélangées. Heureuse et excité de la voir épanouie dans son cheminement et fière de la voir constater qu’elle grandit de façon responsable. De l’autre côté, il y a la tristesse de devoir me détacher et m’éloigner. Un pas de plus vers son autonomie et son indépendance. Bien sûr, c’est dans de tels moments que l’on fait la réflexion suivante : « … que le temps passe vite! »

C’est accompagnée d’un gros câlin et d’un « je t’aime » que je l’ai laissé partir vers sa nouvelle vie.

Je suis tellement fière de ma grande fille! Enfin, tu as atteint ton objectif. Tu as travaillé très fort. Il te reste seulement trois ans pour réaliser ton rêve de devenir kinésiologue. Bon succès ma grande!

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J’aimerais tellement être une adulte

Vous, chers adultes qui travaillez et vivez dans VOTRE logement et q

Vous, chers adultes qui travaillez et vivez dans VOTRE logement et qui avez peut-être une famille, qu’est-ce que ça fait d’être un adulte? De décider des repas, de travailler, de faire le taxi et bien sûr, de faire le ménage? Beaucoup de gens nous disent de profiter de notre jeunesse, car ça passe vite. D’autres disent même s’ennuyer de leurs folies d’adolescents. Pourtant, je sais que je ne suis pas la seule « ado » à avoir hâte d’être une adulte. Il y a tant d’avantages à être une grande personne, mais vous ne le voyez pas.

Premièrement, vous pouvez conduire. Vous avez peut-être même votre propre voiture. Repensez aux années où vous ne pouviez vous déplacer qu’à vélo ou en transport en commun. Ce n’était pas pratique, hein? Bien sûr, vous devez payer l’essence et les réparations de la voiture, je le sais bien.

Deuxièmement, vous avez maintenant votre propre logement ou votre maison ainsi que vos propres « électros ». Que demander de mieux? Oui, je sais, vous devez les nettoyer ce logement et ces électroménagers, mais dites-vous qu’en les nettoyant, ça vous fait bouger. Donc, pas besoin d’aller au gym!

Ensuite, vous choisissez vous-mêmes ce que vous mettez dans votre panier d’épicerie. Vous pouvez y mettre ce que vous voulez! Des croustilles, des bonbons, de la pizza, etc. Mais attention, c’est vous qui allez payer ces gâteries. Et soyez raisonnables : faire le ménage, ça brûle des calories, mais manger des croustilles, pas vraiment!

Finalement, vous n’avez plus l’obligation d’aller à l’école. Si on oublie le fait que j’adore l’école, les cours d’histoire commencent à m’ennuyer. Les adultes, eux, peuvent choisir un travail qu’ils aiment!

Bon, je sais qu’être un adulte, ça coûte cher, mais j’ai hâte de faire partie de ces grandes personnes. Pour l’instant, je profite du moment présent, car je sais qu’on ne peut pas refaire le passé. Mais s’il y a une chose que je sais, c’est que le temps passe vite et bientôt, je serai déjà une adulte. Alors, j’écoute les grandes personnes et je profite de ma jeunesse (et des croustilles gratuites) pendant qu’il est encore temps ;o)

Juliette Roy

Vivre avec un jeune adulte de 19 ans

Vivre avec un jeune adulte de 19 ans, ça m’épuise ! On dirait

Vivre avec un jeune adulte de 19 ans, ça m’épuise ! On dirait que toutes les valeurs qu’on a transmises à notre fils de dix-neuf ans se cachent très loin au fond de lui. On dirait qu’il n’y a que lui qui sait tout, qui connaît tout. Il rouspète à chacune des règles de la maison. Plus rien ne lui convient. Ce qu’il a toujours respecté a pris le bord ! Je suis gossante, fatigante…

Je ne comprends rien ! Selon ses dires, je n’ai jamais eu son âge, je n’ai jamais rien fait, je n’ai jamais eu de vie…

Il n’appelle plus pour nous dire qu’il ne viendra pas souper ou coucher. Si j’ose lui demander où il s’en va? Avec qui ? S’il pense venir coucher ? Si ça va bien ? S’il est en forme ? Je le gosse !

Sa chambre n’a jamais été aussi bordélique et il s’en fout. Moi pas ! Il me demande parfois d’aller l’aider à trouver un vêtement, qu’il a bien sûr cherché, mais sans résultats. Quand j’arrive, je le trouve tout de suite ! Bizarre ! Quand ses vêtements sont dans les tiroirs, il ne semble pas les retrouver. S’il ne les voit pas, c’est sûrement moi qui ne me suis pas mêlée de mes affaires.

Il pense que les tasses de café et les assiettes vont se rendre toutes seules sur le comptoir de la cuisine.

S’il prend quelque chose dans les armoires de cuisine, les portes restent ouvertes et les contenants restent sur le comptoir ou sur la table.

J’ai fait l’achat de cintres pour qu’il puisse suspendre ses vêtements. J’ai installé un rangement pour ses tonnes de souliers, même un vestiaire pour le rangement de tout son kit de soldat.

Ses vêtements traînent quand même sur les chaises de cuisine ou sur la table. Je retrouve parfois des bas dans le salon, devant la porte de la salle de lavage ou cachés derrière la porte de la salle de bain.

Il a toujours faim. Mais il n’est que très rarement présent lors des repas. Soit il dort soit il est parti avec ses chums. Mais lorsqu’il revient à quatre heures du matin, grrrrr ! Il mange les restants du souper ou le lunch que sa sœur s’est préparé pour son dîner du lendemain. Ou il se fait du macaroni au fromage. Je le sais, car lorsque je me lève, je peux savoir tout ce qu’il a fait ! Car tout est en bordel dans la cuisine.

Et il répète toujours qu’il n’y a rien à manger dans la maison.

Lorsqu’il prend sa douche, il laisse sa bouteille de shampoing dans le fond du bain, sa serviette dans le lavabo et ses bobettes par terre dans la salle de bain.

J’ai beau répéter, lui demander de se ramasser, de remettre les choses à leur place, de penser qu’il n’est pas tout seul, que nous sommes cinq en tout à vivre sous le même toit. J’aimerais tellement qu’il le fasse de lui-même. Ça viendra sûrement un jour !

Je dois lui rappeler que je ne suis pas la bonne de la maison. Au bout de quelques répètes, il va le faire en me disant que je capote pour rien. Pis que je tripe pas mal trop sur le ménage.

Parfois, je fais du chantage ! Ramasse-toi si tu veux conduire mon auto ! Ça fonctionne bien !

Il est beaucoup trop occupé à jouer au deck-hockey, à jouer au hockey sur glace, à s’entraîner, à sortir avec ses chums, à jouer au basket, à faire son jogging, à dormir pis à travailler. Ce n’est pas facile, la vie d’un jeune adulte.

Pis j’en ai deux autres de dix-sept ans qui le suivent de près. Ma fille est très autonome et responsable pour son âge, tandis que mon autre fils ressemble énormément au plus vieux. En réalité, je réalise à l’instant que les hommes de la maison sont pareils.

Et tant qu’à réfléchir, en écrivant ces mots pour me défouler un peu, je me suis rendu compte que moi aussi, je trouvais que ma mère était fatigante à cet âge-là. Je la trouvais gossante, moi aussi.

Je voulais être libre, autonome, je voulais prendre des décisions par moi-même, je voulais être indépendante et vivre ma vie comme je le souhaitais. Je voulais devenir une adulte. Je ne voulais plus être obligée de suivre les règles de mes parents.

C’est de cette façon que j’ai appris ! En m’objectant aux règles, en critiquant, en me faisant ma propre idée, en m’éloignant de mes parents, en voulant essayer de façon autonome à faire les choses. Je ne voulais plus qu’on me dise : tu dois faire ceci ou tu dois faire cela. Fais ceci, fais cela ! Apitchoum !

En fait, mon fils est têtu, comme sa mère dirait son père ! Il veut essayer par lui-même, il veut être libre, autonome et ne plus être sous les jupes de sa mère. Il doit se distancier de ses parents pour trouver sa propre identité. Pour devenir adulte, il doit passer par le rejet de l’autorité de ses parents. C’est comme ça que ça marche ! Françoise Dolto l’a dit !

Aujourd’hui, il me dit : « Je ne te parle plus, car tout ce que tu as à me dire, c’est de me ramasser. Tu ne me dis rien d’autre que ça ! »

Sur le coup, j’ai voulu à mon tour rouspéter, mais je me suis éloignée. Il n’avait pas tort !

Je dois arrêter de toujours lui dire de se ramasser. De faire attention lorsqu’il sort dans les bars, de mettre de la crème solaire lorsqu’il va en bateau. D’être prudent lorsqu’il part avec des amis en voiture, de ne pas boire trop de bières, de… C’est l’inquiétude qui me fait réagir ! Pourtant, je sais que c’est désagréable, je suis passée par là, moi aussi.

Nous devons trouver une nouvelle façon de cohabiter. Je dois surtout arrêter de trop le materner. Je veux trop ! Je n’ai pas le mode d’emploi pour mon adulte en devenir et ça me fait peur ! Peur de briser notre relation.

Mais il doit faire ses propres expériences, ses propres choix. Même si cela m’inquiète et me fait peur. Je ne peux rien y faire ! Nous lui avons transmis de belles valeurs, nous lui avons donné une bonne éducation.

Je crois qu’il a tout ce qu’il faut pour devenir un ADULTE. Faut juste que j’accepte qu’il a grandi, vieilli et que malgré tout, il sera toujours mon fils, mon bébé, ma p’tite face de pouet.

Si tu as la chance de lire ce texte, sache que je t’aime beaucoup et que je suis fière de toi !

Line Ferraro

La fin du secondaire

Hier soir, mon fils célébrait la presque fin de son secondaire. Mo

Hier soir, mon fils célébrait la presque fin de son secondaire. Moment émouvant que de les voir tous vêtus d’une toge et d’un mortier (oui, oui, le petit chapeau noir sur la tête comme dans les films), fiers, souriants et applaudis dès leur entrée dans l’église. On leur remettait alors leur attestation de présence scolaire.

Je les trouvais beaux. Pas que de belles jeunes femmes et de beaux jeunes hommes en devenir. Je les trouvais inspirants. Je voyais en eux notre futur. Je les aurais toutes et tous pris dans mes bras afin de leur souhaiter le meilleur. Leur dire que malgré leurs doutes, malgré les tempêtes et les soleils, malgré que ce soit parfois trop rapide pour décider ce que l’on veut devenir dans la vie à dix-sept ans, malgré qu’on ne sache pas toujours dans quoi on souhaite s’accomplir pour le restant de sa vie, malgré tout ça, il n’y a pas d’urgence.

Vous avez l’instant d’aujourd’hui et la vie de demain. Vous avez la vie que vous choisirez au rythme des jours, au rythme de votre humeur et de vos choix. Vous écouter et vous respecter devra devenir votre leitmotiv malgré les bons conseils et les attentes de papa et maman. Vous vous choisirez d’abord et avant tout, qu’importe ce que les gens en disent. Qu’importe qu’ils soient en accord ou non. Vous ne vivrez pas la vie de vos parents. Vous ne vivrez pas la vie de vos amis. Vous vivrez la vôtre et vous devrez assumer ce qui vous a emmenés dans cette vie, c’est-à-dire vous.

Vous échouerez et vous vous relèverez. Vous réussirez et vous perdrez l’instant d’après. Vous serez aimés puis rejetés. Vous recommencerez les mêmes erreurs et apprendrez. La vie n’a rien d’un long fleuve tranquille. On peut croire à cette illusion en étant un inconscient bienheureux, mais pas en ayant les yeux ouverts et le cœur prêt à vivre.

Que votre vie vous ressemble. Que vos rêves ne demeurent pas des rêves. Que vos actions soient la continuité de ce que vous dites. Le monde vous appartient. À chacune et chacun d’entre vous : être heureux et accompli demande des efforts, de l’intégrité et de la persévérance. Cette petite voix qui vous parle, qui chuchote en dedans de vous, écoutez-là. Le cœur ne ment jamais.

Et au final, qu’importe ce que j’en pense, rien n’est encore une fois important. Prenez ce qui a du sens pour vous. Gardez les valeurs familiales qui vous sont chères, faites le ménage dans ce qui ne vous ressemble pas. Devenir adulte est une succession de deuils et de naissances. Rien ne sera facile. Faites-vous confiance, tout simplement. L’objectif n’est pas toujours ce qui est le plus important. C’est plutôt la route qui y mène et qui fera de vous ce que vous souhaitez devenir.

Et après tout ça, j’ai serré très fort mon fils contre moi.

Isabelle Bessette