Tag manger

Maman, je veux des frites et des croquettes du Mc Donald

Quand tu t’es levé ce matin, il était 7 h et tu m’as demandé : « Maman, le coronavirus est‑il terminé ? » 

Je t’ai demandé pourquoi. Tu m’as répondu : « Parce que j’ai hâte de manger des bonnes frites de chez Mc Donald et des croquettes. Ça fait tellement longtemps et ça me manque. »

– C’est quoi que tu aimes tant chez Mc Donald, Samuel ?

– Les frites, elles ont un goût particulier que j’aime tellement.

Oui, oui tu as dit le mot particulier.

Moi qui me disais, intérieurement : nous ne sommes pas allés au Mc Donald durant plusieurs années, seulement à tes 5 ans que tu as connu ces fameuses frites.

Que mettent‑ils dans leur nourriture, au Mc Donald, pour que depuis cette première fois, tu en redemandes ?

Ta naissance nous a fait prendre conscience de beaucoup de choses. Tu sais que je suis intense et nous faisons de notre mieux. Pour nous, le Mc Donald, ce n’était pas un rituel à intégrer, surtout que nous ne sommes pas du type à aller au restaurant. De plus, ton papa cuisine super bien (on est bien choyés) et moi, tu sais que j’aime aussi cuisiner (bon, surtout les salades, mais c’est un autre sujet, car les légumes et toi, vous n’êtes pas les meilleurs amis). On est plus du genre à économiser et vivre les plaisirs de voyager et découvrir le monde. Bref, chacun son plaisir.

Revenons à ton amour pour le Mc Donald.

Cet amour a commencé le 25 mars 2018 quand ta sœur, Catherine, t’a amenée faire une activité et ensuite t’a amenée dîner à ce fameux restaurant pour la première fois de ta vie. Il est clair qu’il doit y avoir une signification émotionnelle pour te ramener ce matin à vouloir y retourner. Hi, hi! Ce ne sont pas seulement les frites et les croquettes.

Je crois que c’est le souvenir du moment vécu avec ta sœur, puisque maintenant, chaque fois que tu sors avec ta sœur et que c’est durant l’heure du dîner, vous arrêtez au Mc Donald. Ce matin, c’était non seulement le goût du Mc Donald, mais aussi le fait de sortir et de découvrir des nouveautés avec tes sœurs qui te manque énormément durant ce confinement.

Je reste convaincue que chaque expérience, peu importe l’émotion vécue du moment, refait surface quand on en a besoin pour grandir, et cela dans un sens comme dans l’autre.

La morale de cette histoire est que mon garçon m’a montré à être plus flexible et que même si le chemin n’est pas parfait comme on l’imagine, il est magnifique.

Il est clair que même si nous avons retardé l’apparition du Mc Donald dans notre vie, dorénavant, tu nous le demandes pour des moments particuliers, sans en abuser.

Vous, qu’est-ce que votre enfant adore et que vous aimeriez qu’il aime moins ou qui n’est pas dans votre philosophie, mais que vous acceptez malgré tout de temps en temps ?


Eugénie Miron

Ce poids sur mon cœur

Ceux et celles qui sont fiers de leur poids, levez la main! Non? Personne? Ah oui, je vois quelqu’un, là-bas, qui ose. Bravo!

Comme plusieurs, je traînais le poids des années et du manque de temps sur mes épaules. Ou plutôt sur mon abdomen, mes cuisses, mes bras, dans mes joues qui cachaient mes yeux tellement elles étaient enflées…

J’ai toujours eu un super méga métabolisme, qui m’a rendu de loyaux services jusqu’à la trentaine. Merci, génétique! Mais ça m’a empêchée d’apprendre à connaître mon corps et ses vrais besoins. J’ai toujours trop mangé, toujours trop sucré. Le réconfort par la bouffe. C’est tout moi, ça! Bon, ok, pas tout moi. Et de moins en moins.

J’ai toujours été dans mon poids santé. Enceinte, je prenais entre 40 et 60 livres, que je reperdais sans trop d’efforts par la suite. Puis, je me suis installée dans ma vie. Je suis devenue fonctionnaire. La position assise, les collations, le stress constant, l’équation malsaine calories ingérées > calories dépensées. Et toujours, cette propension à rechercher le sucre quand 1 — j’étais dans ma semaine. 2— j’étais triste ou fâchée. 3— j’étais heureuse et fière. 4— je m’emmerdais ou j’étais fatiguée. C’était devenu une récompense et une compensation.

À la longue, c’est devenu une punition. Manger du sucre = me sentir coupable. Équation encore plus malsaine que la précédente. Mais ce n’est pas parce que ça nous fait du mal qu’on est capable de casser l’habitude, hein! Au contraire! Notre cerveau et notre corps sont comme des enfants : ils adoptent les mauvaises habitudes beaucoup plus rapidement que les bonnes. Et pour perdre les mauvaises habitudes, ça prend une motivation qu’on perd au fur et à mesure qu’on s’appesantit.

Par chance, je continuais de bien manger, en dehors de mes rages de sucre. Ça m’a tenue en vie. Mais en santé? J’aurais pu faire mieux.

Au printemps dernier, mon cœur pompait juste à monter trois marches d’escalier. Mes jambes ne suivaient plus, mes muscles n’existaient plus. Je n’ai jamais été hyper sportive, mais là, je compétitionnais avec le paresseux sur sa branche en train de mastiquer son bambou. Jouer avec mes enfants était devenu si pénible physiquement que j’évitais ces moments. Pas fort, mon affaire.

Pas fort, mais je comprends comment tout ça s’est installé : vie sédentaire, insatisfactions amoureuses, manque de sommeil, besoin de crinquer mes hormones de bonheur, manque de temps à moi (et disparition de ma motivation à prendre soin de moi), stress dans le piton, sentiment d’impuissance par rapport aux dérapages de mes enfants, besoin de me récompenser pour me convaincre que je valais quelque chose malgré tout, douleurs et essoufflement au moindre effort, vie encore plus sédentaire… Le cycle. Non. La spirale. Descendante.

Et un jour, je me suis botté les fesses (dans mon imagination, parce que rendue là, je n’avais plus du tout la souplesse pour que mes talons se rendent à mon postérieur). J’ai consulté mon médecin, ma nutritionniste, et aussi une perle qui a replacé mes énergies dans le sens du monde. J’ai coupé le gluten qui m’engluait le cerveau et fragilisait mes intestins. Je me suis mis des défis : monter dix marches d’un coup. Puis monter quinze marches, sans me sentir essoufflée. Maintenant, je monte plusieurs étages sans traîner de la patte. J’ai acheté une montre d’entraînement. Mon premier objectif : 1 000 pas par jour. Que je n’atteignais pas six jours sur sept. Puis, l’été passé, j’ai marché 30 000 pas par jour en voyage. J’ai retrouvé ce qui ressemblait à des mollets!

Je suis maintenant capable de résister à l’appel du chocolat. La plupart du temps. Si je me laisse interpeler, je suis capable de contenir ma gourmandise. Et de manger sans me morfondre de culpabilité, parce que je sais que j’ai la motivation pour garder l’équation des calories ingérées/dépensées dans le bon sens. Six jours sur sept.

J’ai recommencé à entrer dans mes vêtements. À pouvoir boutonner mes pantalons. À me sentir à mon avantage dans une robe. Toute nue, ça c’est une autre histoire, mais ça viendra. Un jour. Ou une nuit! J’ai recommencé à sourire le matin quand venait le temps de m’habiller, au lieu de me sentir confrontée par un corps qui ne me va plus. J’ai même cru détecter dans le miroir quelque chose qui ressemble à des abdos. Je pensais qu’ils étaient partis avec le placenta de ma première.

Je me permets encore des soirées écrapoue sur le divan avec du popcorn. J’ai encore plus de plaisir qu’avant à partager un verre et un bon repas trop gras avec des amis. Mon corps ne crie plus FAMINE même quand il déborde de calories et de lipides. Mon cerveau essaie moins de déjouer ma vigilance en me faisant croire que j’ai ABSOLUMENT besoin d’un (de dix) autre biscuit. Je me connais mieux et j’ai plus de vrai plaisir.

Mais le plus beau dans tout ça, c’est que mon niveau d’énergie remonte. Je réapprends à jouer. À ne rien faire, à l’occasion. À manger et à boire (de l’eau, du thé!). À m’aimer. Et je ne sens plus tout ce poids malsain sur mon cœur.

Nathalie Courcy

Le bonheur ne fait pas le poids

Depuis toujours, je me bats pour essayer d’aimer mon corps.

Je n’ai jamais été plus size, mais juste sur la limite… La damnée limite qui te fait regretter le muffin du commerce que tu viens d’avaler à toute vitesse car tu dois aller mener ta fille à la garderie. Tu vois le genre !

Est-ce que c’est un manque de respect envers moi-même ? Est-ce que je ne m’apprécie pas assez pour faire les efforts nécessaires pour enfin m’aimer ? Est-ce la peur de réussir qui m’effraie autant ? Toutes ces réponses ? Bravo, un morceau de robot !

Dès que je vis un stress, je mange (et quand je dis stress, c’est pas obligé d’être une catastrophe ! Perdre un ongle est une bonne raison pour moi de manger… Tu saisis le sarcasme hein ?) Et lorsque j’ai de la peine… parlons-en même pas ! Tu ne verras plus la nourriture sous le même angle et je t’aime trop pour te faire ça.

Le véritable problème, ce sont les raisons qui me font manger autant.

J’ai comme un vide et je le remplis à coups de crème glacée et de bacon (bon, pas ensemble, voyons donc… quoique…) Puis lorsque je dérape solide, je culpabilise vraiment ! Je peux être des jours à me demander ce qui a bien pu me prendre de me faire ça. Et plus je mange, plus je me dis : « Ce n’est pas une croustille de plus qui fera la différence donc tant qu’à ça, pourquoi ne pas avaler le sac ».

Il y a quatre ans, ma fille est née. Comme elle était malade, elle ne buvait presque pas et ne mangeait pas beaucoup. Un enfer, je vous dis pas. Un jour, un médecin me demande « Madame, arrêtez de me parler des problèmes alimentaires de votre fille. Quelle est VOTRE relation avec la nourriture ? » À ce moment précis, un dix roues m’a passé sur le corps. Pourquoi un parfait étranger voulait-il connaître ma relation avec la nourriture ?

L’urgentologue m’a gentiment fait comprendre que je ne pouvais donner le goût à mon enfant de manger si ma relation avec la nourriture était remplie de stress et de confusion. Je devais retrouver le plaisir de me nourrir. C’était bien logique. Mais comment ? Je devais absolument trouver pour aider ma fille !

J’ai finalement décidé de rencontrer une thérapeute.

Je savais que le problème venait de loin. Mais je n’arrivais pas à le nommer. Durant la première séance, après avoir pleuré toutes les larmes de mon corps (ne t’inquiète pas pour moi, je suis émotive, il me reste encore en masse de larmes), le mot « hyperphagie » est venu résonner dans mes oreilles. Hyperphaquoi ?

Quand je me suis mise à lire sur ce sujet, c’était exactement moi. Ça décrivait tellement ma souffrance. L’hyperphagie est un trouble alimentaire qui se retrouve entre la boulimie et l’anorexie. Ça explique mes rages et ensuite mes régimes secs. La roue pourrait enfin arrêter de tourner. J’allais pouvoir m’en sortir.

Aujourd’hui, je suis encore ronde. Mais combien plus heureuse. Maintenant, je mange sans me priver, mais de façon raisonnable. Je ne peux pas dire que j’ai gagné. Mais je peux tout de même dire que je suis fière de qui je suis. Je suis enfin bien avec moi. Le poids ne fait pas le bonheur.

Alexandra Loiselle

Le jour où j’ai arrêté de manger

J’avais quinze ans. Dans le miroir, je ne voyais que du gras, du gros… Je haïssais cette enveloppe dans laquelle je devais avancer chaque jour. Je détestais chaque partie de ce corps en perpétuel élargissement changement. Alors, je suis partie en guerre, avec mes armes, jusqu’à la mort.

Ça a commencé par une petite réflexion « anodine » concernant la taille de mes fesses. Tu sais, le mot de trop… Celui qui anéantit le peu de confiance que je m’acharnais à bâtir. Je me suis mise à passer des heures et des heures devant le miroir. J’ai débuté un régime… Insidieusement, la maladie s’est installée… Je contrôlais tout : ce que je mangeais (en infime quantité), les kilomètres que je parcourais dans l’eau de la piscine, les heures de sport et d’entraînement que j’infligeais à mes muscles pour dépenser le peu de calories que je m’octroyais, mes notes brillantes à l’école, mes relations si parfaites avec les autres et pourtant si conflictuelles avec des miens… Je croyais que je contrôlais tout…

Quelle illusion que cette maladie! La surpuissance du corps, la force du mental… Je croyais que j’allais être bien. Mais mon esprit était prisonnier… Je me pesais plus de cent fois par jour. C’était un véritable rituel d’embarquer sur cet instrument de torture. Je mettais un pied, je me tenais sur le mur, un autre pied, puis je lâchais doucement le mur regardant l’aiguille monter, monter avec mon angoisse, avec mon désespoir… Chaque jour, je pesais un peu moins lourd, chaque jour je mangeais moins et courais plus, afin de maigrir encore et encore…

Je me suis retrouvée dans un cercle infernal. Je mentais et je manipulais mes proches pour arriver à mes fins : me détruire. J’étais en guerre contre ce corps si horrible, si laid, si gros. Rien ne pouvait m’arrêter.

Et, un jour, j’ai arrêté de manger. Je buvais une quantité d’eau terrifiante afin de fausser la pesée chez le médecin. J’ai commencé à avoir des pertes de conscience. Je n’avais plus mes règles depuis des mois et sous ma peau, mes os étaient saillants… Je me vidais par en dedans. Mon âme a commencé à s’éteindre. Tout est devenu si noir…

Devant le miroir, je me trouvais énorme. Rien ne comptait plus que ce fichu miroir et cette maudite balance… Je passais mes journées, à bout de force, à regarder mon corps dépérir. Jusqu’à ce que plus rien ne rentre. Jusqu’à ce que je ne sente ni la douleur, ni la faim, ni l’amour, ni la haine, ni la peur… et que je flotte…

Le jour où j’ai arrêté de manger et que j’ai bien failli gagner cette guerre contre mon moi. Jusqu’à la mort… Je me souviens… l’ambulance, les bruits, le choc, les cris, la douleur…

Je ne sais pas où je suis allée puiser la force de redonner vie à ce corps qui a subi des mois de souffrances et de privation, la force de faire entrer un rayon de soleil dans mon esprit et de m’y accrocher… J’ai infligé le pire à mon être et ça a été un long chemin que de me relever… Et comme l’alcoolique qui ne peut plus boire une seule goutte, je ne pourrai jamais monter à nouveau sur un pèse-personne…

L’anorexie mentale est une maladie mortelle. Je ne sais par quel miracle j’ai survécu. Il faut connaître la noirceur pour savourer la lumière…

 

Gwendoline Duchaine

 

Les nouvelles alternatives pour mieux manger

Comme plusieurs d’entre nous, presque tous les vendredis, je commande du take out pour souper. Après une semaine à courir, j’apprécie cette petite pause de vaisselle et de cuisinage. Il y a quelques semaines, la fin de l’année fiscale est arrivée et je savais que mon temps (et ma tête) allait en prendre une claque. J’ai donc décidé de faire l’essai de plusieurs options qui aident les gens pressés.

Les repas à assembler (partout au Québec)

Si vous ne connaissez pas, ce sont des compagnies où tu commandes via Internet le nombre de plats qui te convient et tu reçois tous les ingrédients par la poste dans une boîte réfrigérée. J’avais mes doutes, mais j’ai vraiment passé une belle semaine à préparer des plats en la moitié du temps. J’ai aussi trouvé que c’était le cadeau parfait pour les ados qui partent de la maison. Même sans expérience, la fabrication du repas est vraiment facile.

Les sacs de fruits et légumes (Montréal)

Chaque semaine, tu reçois un courriel indiquant les fruits, légumes et même le pain que tu peux recevoir. Tu fais ta commande et tu reçois le tout au travail. En plus d’être hyper pratique, tu aides les agriculteurs de ta région. Ce qui est agréable avec ce genre de service, c’est que tu n’as pas d’abonnement obligatoire. Tu commandes quand bon te semble. C’est vraiment un bon moyen pour les gens qui font beaucoup d’heures supplémentaires et n’ont plus l’énergie d’aller faire l’épicerie.

Les paniers bio (partout au Québec)

Les paniers bio sont les plus connus. Ils sont un peu plus dispendieux pour une famille, mais c’est une belle façon d’aider les agriculteurs de ta région et tu peux découvrir une panoplie de fruits et de légumes que tu n’aurais jamais essayés par toi-même. Tout dépendant de la compagnie que tu choisis, tu iras chercher ton panier à un point de chute déterminé ou il sera livré à la maison.

Chaque option est un peu plus dispendieuse qu’aller à l’épicerie, mais si tu veux offrir une semaine de repas à une nouvelle maman ou que tu essaies de manger mieux avec un horaire qui ne se coordonne pas avec les épiceries, c’est plus santé et moins cher que le resto.

Valérie Legault

 

La mode végan

Le mouvement s’est installé progressivement à la maison. En janvier 2016, notre fille de quatorze ans a arrêté de manger de la viande. Quelques mois plus tard, elle a banni le poisson de son alimentation. Et depuis un an, elle s’impose un régime sévère, par conviction : elle ne consomme aucun produit venant des animaux.

Comment en est-elle arrivée là? Pourquoi autant d’adolescents suivent ce mouvement, ce mode vie? Comment c’est d’être végan, au quotidien? Est-ce possible d’avoir une alimentation équilibrée et adaptée aux besoins des ados, sans aucun produit animal?

Tout a commencé avec internet et le visionnement de ces vidéos virales provenant d’associations de protection des animaux. Ces images terrifiantes et cruelles des abattoirs, mises en scènes par des extrémistes amoureux des animaux, ont chamboulé ma fille. Elle pleurait devant tant de cruauté et a commencé à se poser des questions. Elle a décidé de ne plus être à l’origine de ces « meurtres »… et de ne plus consommer de viande!

Nous avons alors commencé à nous inquiéter pour sa santé. Ses besoins en fer et en protéines allaient-ils être comblés? Comme elle mangeait quand même du poisson et des œufs, nous avons décidé de la laisser faire. Et nous nous disions que c’était sans doute une phase, un passage, une rébellion… Après tout, c’est ça aussi l’adolescence : le rejet de la société (qui tue les animaux pour se nourrir).

Quelques semaines plus tard, notre fille nous a annoncé qu’elle s’était « conscientisée sur le poisson ». Elle était très documentée sur le sujet et nous a expliqué toutes les cochonneries qui sont administrées aux poissons d’élevage, et très franchement, j’ai compris sa démarche.

À ce moment-là, c’était clair dans sa tête : elle ne voulait plus consommer de produits animaliers, quels qu’ils soient… sauf qu’elle n’osait pas encore nous en parler. C’est petit à petit que je me suis doutée…

–  Maman, je suis végan.
– Tu es quoi?
– Végétalienne.
– Tu ne manges pas de viande ni de poisson.
– Je ne mange plus de lait, de beurre, de fromage ni tout ce qui vient des animaux.
– Des œufs?
– Non, je ne veux plus en consommer non plus.
– Mais tu vas manger quoi?
– Maman, il y a des milliers de personnes qui sont en santé et ne consomment pas de produits venant des animaux. Je ne veux pas être à l’origine de maltraitances. J’ai vu beaucoup de reportages et je ne souhaite pas être responsable d’autant de souffrance. Il y a de nombreuses alternatives!
– L’homme est omnivore! Il mange de tout et l’a toujours fait!
– Et bien, il serait temps d’évoluer…

Nous avons donc réalisé que les risques pour sa santé étaient réels. Nous nous sommes inquiétés de cette nouvelle manière de vivre très exigeante et contrôlante. L’épicerie est devenue un casse-tête et la convivialité des repas en famille s’est envolée… Même aller au restaurant était trop compliqué : il y a des produits issus des animaux dans tout ce que l’on mange!

La plus grande de mes inquiétudes, c’est ce contrôle alimentaire qu’elle s’imposait. Elle disait se sentir « sale » s’il y avait un peu de beurre dans ses légumes. Cette rigueur extrême me faisait penser à mon anorexie d’adolescente… La surpuissance du corps… Ma fille avait-elle un problème de santé mentale ou simplement de nouvelles convictions?

Nous nous sommes rapidement sentis dépassés et nous avons décidé de nous entourer. Son médecin nous a référés auprès d’une diététicienne qui nous a confirmé que le régime alimentaire de notre fille manquait cruellement de protéines! Depuis, elle est suivie de très près, avec des bilans sanguins réguliers et une alimentation équilibrée qui est très compliquée à mettre en place au quotidien. Nous avons découvert un nombre incroyable d’aliments de remplacement, certains nous plaisent, d’autres sont infectes! On teste, on goûte, on adopte, on découvre! Et finalement, toute la famille se prête au jeu!

Le défi est de faire attention de ne pas consommer plus de deux portions de soja par jour (c’est un perturbateur endocrinien!) et de varier les apports en protéines. Le suivi médical est strict afin qu’il n’y ait pas de carences alimentaires. Être végétalien ne s’improvise pas, c’est compliqué et mon seul conseil est de s’entourer de professionnels de la nutrition!

Elle a accepté toutes nos conditions par conviction. Sa détermination était plus forte que tous nos arguments ou nos mises en garde concernant sa santé.

J’ai regardé ma fille avancer dans ce processus, je l’ai observée expliquer à son entourage le pourquoi de son mode de vie et j’ai réalisé que j’étais fière. Sa manière de rejeter la société et de se conscientiser sur la protection des animaux et de la nature est honorable! Elle pourrait se droguer, faire des bêtises, fumer, boire… Eh bien non! Elle est juste végan! Et ça ne concerne pas seulement son alimentation : elle refuse les hormones, les médicaments, les produits testés sur les animaux et les vêtements en fourrure ou en cuir! Elle nous a ouvert les yeux sur beaucoup de choses!

Je trouve ça fascinant que mon enfant m’éduque et me montre ce qui est bien pour moi et pour l’avenir de la planète. C’est certain que nous ne suivons pas son mouvement un peu trop extrémiste à notre goût, mais nous ne mangeons que rarement de la viande et du poisson, nous consommons beaucoup moins de produits laitiers et d’œufs. Nous nous sentons bien plus en forme et n’avons plus de cholestérol dans nos derniers bilans sanguins. Nous mangeons beaucoup de graines (je sais bien qu’Étienne va rire en lisant cette phrase!) et nous découvrons, grâce à notre diététicienne, plein de nouveaux aliments!

L’avenir nous dira si notre fille poursuit ce chemin très exigeant au quotidien.
Je pense que nous pouvons, en tant que consommateurs, avoir un réel impact sur les conditions de vie des animaux de l’industrie alimentaire. Il suffit de manger différemment, d’acheter local, de fuir les consommations de masse et de privilégier le « bio ».
La route est longue, mais quand je vois la détermination de ma fille et de ces ados végans, j’ai beaucoup d’espoir!

 

Gwendoline Duchaine

Halloween : Drogue sous formes de jujubes

La fête de l’Halloween est un moment attendu pour nos petits monstres. Malheureusement, c’est aussi une fête stressante pour les parents. En plus d’avoir à gérer nos enfants qui marchent littéralement au plafond (Merci surplus de sucre), nous devons aussi gérer le contenu des sacs de friandises. On sait tous à quel point il est important de s’assurer qu’aucun objet coupants, pointu ou dangeureux se retrouve dans les bonbons. Aujourd’hui, une nouvelle source de stress vient s’ajouter aux autres.

En effet, le service de police de Laval met en garde la population puisqu’ils ont découvert de la drogue sous forme de friandises. À première vue, on dirait des oursons en gélatine, de couleur rouge, jaune et vert et à l’odeur fruité. Il faut donc faire attention et bien vérifier (Voir photos plus bas).

jujubes

 

Soyez vigilants et ne prenez pas de chances!

Crédit photo : tvanouvelles.ca