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Merci à nos pharmaciens! Texte: Nancy Pedneault

Depuis le début de la pandémie, ils sont là. Ils nous accompagnent, s’adaptant aux mesures, inn

Depuis le début de la pandémie, ils sont là. Ils nous accompagnent, s’adaptant aux mesures, innovant pour s’assurer que tous leurs clients soient en santé et le mieux soignés possible. Je parle ici de nos pharmaciens.

Dès le premier confinement, ils ont usé d’imagination pour permettre la livraison des médicaments et autres produits essentiels. Ils se sont assurés que chacun ait accès à la pharmacie de façon sécuritaire.

L’arrivée des tests rapides est devenue un véritable casse-tête pour eux. Jonglant avec les consignes sanitaires, les clients impatients et la volonté de permettre au plus grand nombre de gens possible d’y avoir accès, ils continuent de servir leurs clients avec professionnalisme.

En ces temps de festivités, prenons le temps de remercier chaleureusement nos pharmaciens de famille pour leur travail plus qu’essentiel.

Nancy Pedneault

Délestage Covid : la chasse aux sorcières ? Texte : Liza Harkiolakis

J’ai souvent eu envie d’écrire sur la pandémie. Je ne l’ai jamais fait<span data-ccp-charsty

J’ai souvent eu envie d’écrire sur la pandémie. Je ne l’ai jamais fait, car je n’avais pas envie de débattre sans fin et de me faire rabrouer pour les opinions que j’ai sur le sujet. Je trouvais aussi qu’il y a suffisamment de tensions en ce moment, alors je trouvais inutile d’en ajouter. Aujourd’hui, c’est différent. Pour la énième fois en deux semaines, je viens d’entendre quelqu’un dire que « les gens qui refusent d’être vaccinés ne devraient pas avoir accès au système de santé, car ils doivent assumer leur choix ». Ici, on ne parle pas de risque de contamination possible, mais bien « d’assumer un choix ». Je me questionne. 

 Je comprends les enjeux du système de santé, les urgences qui débordent, le personnel soignant épuisé, l’obligation du délestage et les conséquences tragiques tout comme la souffrance et l’anxiété que ça peut engendrer. Cependant, je me demande en quoi choisir ou non d’être vacciné empêcherait une personne d’être soignée? Qui sommes-nous pour faire ce choix ? Sur quoi nous basons-nous pour avoir cette opinion ? Quel est notre raisonnement et quels sont nos véritables motifs ou critères de sélection ? 

 C’est un profond désir d’équité ou un besoin de justice sociale qui nous pousse à vouloir que les autres assument « leur choix » ? Si c’était le cas et que nous décidions d’en faire une nouvelle règle de société, il nous faudrait exiger de tous qu’ils « assument leurs choix ». Conséquemment, il faudrait refuser l’accès au système à tous les gens qui ont des problèmes cardiaques ou de diabète causé par une alimentation inadéquate ou une mauvaise hygiène de vie. Il nous faudrait priver de soins tous ceux et celles qui pratiquent de façon non sécuritaire tout sport risqué et activité dangereuse ou controversée. Si on tient à cette règle « d’assumer nos choix », il nous faudrait refuser de soigner tous les accidentés de la route qui par excès de vitesse, facultés affaiblies ou autres se retrouvent dans le système de santé. À cette liste de gens qui doivent « assumer leurs choix », ajoutons les personnes qui ont subi un accident de travail à cause de leur négligence, les hospitalisations causées par la consommation excessive de drogues et d’alcool. La liste de ceux qui doivent « assumer leur choix » pourrait sans doute s’allonger encore beaucoup… 

 Est-on retournés au Moyen Âge, à l’époque où les gens qui avaient des opinions différentes étaient envoyés au bûcher ? Se cherche-t-on encore des sorcières à brûler ? Est‑ce notre désir de voir les autres se responsabiliser ou assumer leurs choix qui nous pousse à dire qu’ils ne méritent pas d’être soignés ou alors est‑ce une façon de prendre position sur ce qui nous semble moral ou non ? Ce sont là deux intentions bien différentes. 

 Les conséquences du délestage dans le système de la santé sont tragiques et personne ne devrait en souffrir. Malheureusement, c’est le cas et ça n’ira sans doute pas en s’améliorant pour le moment. Je comprends la peur, la colère et l’incompréhension face à certaines décisions, mais je crois qu’il faut être prudents et faire preuve d’introspection quand on s’exprime sur le sujet ou lorsqu’on prend position d’une telle façon. 

 Nous sommes tous à cran. Nos amitiés les plus sincères ont été bousculées, notre anxiété a décuplé, notre société est fragilisée. Si nous n’avons plus personnellement ou collectivement le désir ou la capacité d’être empathiques les uns envers les autres, nous avons encore le choix de faire preuve d’intégrité, d’honnêteté et de bienveillance. Ce sera, selon moi, le seul moyen de sortir de cette pandémie sans en être trop écorchés comme ami, comme conjoint, comme frère, comme sœur, comme parent, comme société. 

Liza Harkiolakis

Frapper le mur — Texte : Gwendoline Duchaine

Je me souviens précisément de cet instant. Seule dans une petite chambre du sud de la France, m

Je me souviens précisément de cet instant.

Seule dans une petite chambre du sud de la France, mon esprit a bloqué là. J’ai frappé le mur. J’ai crié en silence « PLUS CAPABLE ». « Je ne suis plus capable, je n’en peux plus ».

Le virus de la Covid-19 avait déjà commencé à m’épuiser mentalement depuis plusieurs mois, et j’avais vraiment besoin d’un break pandémique pendant mes vacances. Sauf qu’arrivée dans mon pays natal, tous mes proches ont testé positif au variant Delta. Le virus a volé les retrouvailles que l’on attendait depuis deux ans.

Alors que j’étais si seule dans cette petite chambre, j’ai reçu un courriel du travail. La goutte d’eau qui a fait déborder mon âme…

C’est à cet instant que j’ai frappé le mur. Je l’ai frappé tellement violemment qu’il m’a garrochée à terre.

À cet instant précis, l’espoir s’est éteint dans mon ciel : « Tout ne fait qu’empirer, je n’en peux plus, je n’ai plus envie »… Je ne verse aucune larme. Je suis juste en état de choc, je me sens prise au piège par cette pandémie. Je n’y arrive plus.

Par miracle, je n’ai pas contracté la Covid-19. Mais elle m’a frappée d’une manière…

De retour chez moi, chaque jour je pleure, mais je pense que c’est normal et que ça va passer.

Mais ça ne passe pas. Et mon ciel s’assombrit un peu plus chaque journée qui me rapproche de mon retour au travail.

Je suis infirmière. Ma job, c’est de composer chaque seconde avec la pandémie. Mais je n’ai plus cette force. Je pleure presque tout le temps.

Poussée par deux humains qui me connaissent bien, je contacte mon médecin. « Aide-moi, je ne suis plus capable, je n’en peux plus ». Au pied du mur, j’ai appelé au secours. Incapable de continuer à avancer. Clouée au sol.

J’ai eu l’immense chance d’être prise en charge très rapidement. Et d’être très entourée.

Depuis, j’essaie chaque jour de remettre du bleu dans mon ciel. Il y a des hauts et des bas. Il y a beaucoup de moments sombres. Il y a aussi des rires et du bonheur. Je me sens comme dans un océan en pleine tempête. Mon humeur ressemble aux vagues. Des fois, ça va pis, des fois ça va pas. Je suis ballotée dans cette eau tumultueuse. Je ne sais pas où je vais. Je ne sais pas comment je vais.

Je crois que j’ai retrouvé un peu d’espoir parce que, poussée par mes proches, j’ai recommencé à vivre, à sortir. Je ne veux plus jamais perdre cette liberté. Je ne veux plus jamais qu’on m’interdise de prendre des humains dans mes bras… L’être si social que je suis reprend vie doucement. Je marche dans la nature, je cours, j’essaie fort…

Pourtant l’étincelle en moi est fragile. Pourtant l’envie, « la drive » que j’ai toujours eue, n’est pas revenue.

Je me sens perdue dans l’océan.

Je me sens éteinte.

Et je ne sais pas comment rallumer la lumière.

 

Gwendoline Duchaine

 

Apprivoiser mon côté sauvage, cette douce anxiété sociale — Texte : Geneviève Dutrisac

Regarder l’horizon et me perdre dans mes pensées. Me ressourcer en regardant cette simple ligne q

Regarder l’horizon et me perdre dans mes pensées. Me ressourcer en regardant cette simple ligne qui se dessine au loin, me demandant ce qu’il y a exactement là où je regarde. Ces moments de solitude où je me sens si bien, si calme. Les années passent et je me rends compte à quel point ma solitude est un besoin viscéral.

Depuis le début de la pandémie, j’ai développé une belle anxiété sociale. Un doux côté sauvage qui sommeillait en moi est sorti de sa tanière afin d’éloigner tout prédateur se voulant trop amical avec moi. Je n’ai plus l’énergie d’aller à la rencontre d’inconnus, je n’ai plus l’énergie d’être déçue par un autre être humain. Je ne veux plus. Je ne peux plus. Un réflexe de protection ? Peut-être…

Lorsqu’il y a foule, je veux disparaître. J’ai toujours l’impression de ne pas être à ma place, de déranger ou même d’être ennuyante. Je préférerais avoir la cape magique d’Harry Potter afin d’être invisible et de pouvoir écouter les autres sans nécessairement avoir à participer aux conversations. Je me sentirais bien à simplement observer, écouter.

Quoi qu’il en soit, je dois apprendre à dompter cette bête sauvage que j’ai créée. Je dois réapprendre à vivre en société, dans un monde qui socialement ne me rejoint plus. Je veux fuir cette chaleur humaine qui me laisse maintenant de glace.

Le plus ironique dans tout ça est que je dois montrer à mes enfants comment vivre en société quand moi-même, je ne sais plus comment m’y prendre. Imaginez les enfants qui ont le sentiment de perdre tous leurs repères, d’avoir le syndrome de l’imposteur, peu importe l’endroit où ils vont. Du haut de mes 35 ans, j’ai la chance d’être bien outillée et d’avoir une belle maturité afin de vivre ces nouvelles émotions, mais j’ai énormément d’empathie envers les jeunes qui souffrent en silence.

Je ne suis ni hautaine ni étrange, j’ai simplement besoin de vous côtoyer à petite dose. Je vous aime, mais doucement. Sans accolades ni baisers sur la joue, mais dans le plus grand des respects mutuels.

Geneviève Dutrisac

 

Ressortir ? Texte – Nathalie Courcy

La pandémie est finie, youppi ! Ben non, pas encore ! Mais quand même, la province passe en

La pandémie est finie, youppi !

Ben non, pas encore ! Mais quand même, la province passe en zone verte ce lundi.

Ce n’est pas tout gagné, les variants se terrent tout près, tous prêts.

La tombée des masques comporte des risques. Les push-push de désinfectant feront encore partie de notre vie longtemps (ben hâte de voir l’impact sur le système immunitaire à long terme, mais on s’entend que c’était nécessaire !).

Mais, on peut sortir ! On peut voir du monde ! On peut exister presque normalement !

On l’a attendu longtemps, cet assouplissement des mesures !

Moi qui habite à cinq minutes de la frontière interprovinciale, je peux maintenant traverser le pont sans risquer de me faire arrêter. On a pu visiter ma maman qui n’avait pas vu ses petits-enfants depuis la rentrée scolaire. On a pu recevoir une autre famille pour souper. Juste entendre le rire des enfants qui jouaient tous ensemble, c’était mon salaire pour avoir été si patiente et obéissante depuis mars 2020.

On dirait que tout est moins compliqué : pas besoin de faire la file dehors pour aller poster une lettre, pas besoin de réserver les livres en ligne avant de passer les chercher à la bibliothèque, pas l’impression d’avoir la peste quand on marche en famille de six… On est à un pas du paradis !

Bon, j’exagère, on fait encore très attention, on a de la sympathie pour tous ceux qui ont attrapé le sapristi de virus, qui en ont encore des séquelles ou qui en sont décédés. On a de la peine pour tous nos aînés qui ont été encore plus isolés que d’habitude et qui ont vu leur étage de résidence être décimé. On est soulagés pour les profs qui, on l’espère, n’auront plus à enseigner avec visière et en virtuel.

Mais pour ma part, je me sens soulagée d’un certain poids. Mes amis m’ont manqué et j’ai juste hâte de les retrouver ailleurs qu’à travers un écran. Les musées, les restos, les sorties improvisées m’ont manqué. Je passais une partie de mon année en avion, même ça, ça m’a manqué ! Qu’advienne le jour de la nouvelle normalité !

Et vous, de quoi aura l’air votre nouvelle normalité estivale ?

Maintenant qu’on a le droit de ressortir, quelles activités planifiez-vous dans les prochaines semaines ?

Et comment voulez-vous célébrer le fait qu’on est en train de s’en sortir ?

PARTY! (en respectant les consignes, là!)

Nathalie Courcy

https://nathaliecourcy.ca

 

Le temps qui rend tout croche en dedans- Texte : Sophie Barnabé

Depuis la dernière année, je les ai vus mes jeunes, perdre trop so

Depuis la dernière année, je les ai vus mes jeunes, perdre trop souvent leur sourire. S’isoler en attendant que le temps revienne comme avant. Je les ai encouragés tant bien que mal, je leur ai fait leur déjeuner préféré, je leur ai flatté les cheveux en regardant la télé, je leur ai ouvert mes bras pour qu’ils viennent y pleurer tout bas. Bien sûr, on a eu de bons fous rires, tout n’est pas noir, mais l’étincelle dans leurs yeux a parfois du mal à m’éblouir.

Après une année éprouvante sur tous les plans, je côtoie trop de jeunes qui sont à boutte ! Trois fois plus de jeunes du secondaire disent que leur santé mentale s’est grandement détériorée depuis un an. La détresse fait mal. Très mal. Au Québec, dans les dernières années, le taux de suicide a doublé chez les jeunes de 15 à 19 ans. Doublé ! La détresse fait peur.

 

Toi et moi, on l’sait bien que les mauvaises passes, ça finit toujours par finir. Que tout reviendra comme avant dans quelque temps… Quelque temps… Ce soir, bien calée sous mes couvertures, j’essaie de comprendre. Quand nos jeunes ont le moral dans les talons, qu’ils vivent des défis ou des épisodes de dépression, on leur dit que les choses vont finir par s’arranger, qu’il faut laisser le temps au temps… Et si c’était ça, le temps qui les rendait tout croches en dedans ?

Penses-y un instant… pas longtemps…

Qu’y avait-il de différent quand j’étais jeune ? Internet… Facile de mettre le blâme sur la technologie. Elle a le dos large, la pauvre. Le petit sablier qui marque le temps sur l’écran n’est pas si anodin qu’il en a l’air… Et si la technologie avait donné une nouvelle dimension au temps ? Cette ressource précieuse qui laisse retomber la poussière et qui guérit les blessures. Ce temps qu’on voudrait parfois arrêter pour savourer le moment…

Je ne sais pas si c’était comme ça pour toi, mais au secondaire, je passais des heures à la bibliothèque à chercher l’information, à photocopier, à séparer le mauvais du bon, à surligner. C’était long ! Baptême que c’était long ! Depuis qu’ils sont tout petits, mes jeunes tapent un mot-clé sur Google pour recevoir, en quelques secondes, une tonne d’informations déjà prémâchées. Ils font l’effort de chercher avec les outils à leur disposition. J’aurais fait pareil si j’avais pu. Faire une recherche en quelques minutes plutôt qu’en trois jours… Je ne peux leur en vouloir de s’impatienter quand le petit sablier sur l’écran tourne un peu trop carré.

Quand je voulais parler à mes amis, c’était parfois long. Je savais ce qu’était l’ennui. Ce feeling qui crée l’urgence en dedans quand t’as besoin d’un câlin qui arrête le temps. Mes ados communiquent par vidéo à la minute où ils en ont envie. Pourquoi attendre quand on peut le faire tout de suite ? À l’époque, suivre une série demandait une saison, une vraie… Aujourd’hui, une saison peut se résumer en une nuit. Pourquoi attendre quand ça peut se faire si vite ?

Nos jeunes sont nés à l’ère de l’efficacité, de la rapidité, des résultats immédiats… Habitués de comparer le temps au sablier qui tourne sur l’écran, nos jeunes sont probablement dépassés quand on leur dit que ça prendra six mois, une année ou cinq ans pour guérir un mal à l’âme, pour obtenir un diplôme ou avant de revoir grand-papa. Pour eux, c’est une éternité ! À leur place, je serais découragée. Bien trop long pour persévérer. Une montagne qui leur semble impossible à gravir. Ce doit être pour ça que certains pensent même à en finir.

Quand le mal-être fait trop de dommages, quand laisser le temps au temps demande trop de courage, certains jeunes lancent un ultime crime du cœur. Celui qui me fait si peur. Le suicide, c’est la mort qu’on a décidé de précipiter sans avoir donné le temps à la vie de nous prouver que ça vaut la peine de s’accrocher. Parce que toutes les émotions sont temporaires, parce que les nuages finissent toujours par passer. Parce qu’il n’y a jamais personne qui a dit que la vie était facile, mais il y a toujours un p’tit quelque chose qui fait qu’elle est belle.

Si tu connais quelqu’un qui t’inquiète, rends-lui visite. Impossible ? Prends le temps de lui téléphoner parce que les choses anodines entrent par texto. Quand on téléphone, c’est pour jaser de ce que les pouces ne peuvent communiquer. Ose en parler, ne passe pas par quatre chemins. Demande-lui : « Comment vas-tu ? Vraiment ? ». En cas de doute, prends une grande respiration et lance-lui : « As-tu des idées noires ? » BAM ! Direct de même ! Et si tu as besoin d’aide, compose le 1-866-appelle.

Sophie Barnabé

Pas de bal, pas de trouble ! Texte: Nathalie Courcy

Maintenant que juin est là, on commence à avoir une meilleure idée de ce que nos jeunes vivront c

Maintenant que juin est là, on commence à avoir une meilleure idée de ce que nos jeunes vivront comme fin d’année scolaire. Après quinze mois de yoyo entre l’enseignement virtuel et les cours en classe, personne ne se plaindra d’entendre la dernière cloche de l’année sonner. Vive les vacances !

Comme l’an dernier, nos finissants paient cher le prix de la pandémie. Un peu comme si toutes leurs années d’efforts, d’apprentissages, d’évaluations, d’échecs et de réussites, d’amitiés, de matières plates et de cours trippants, s’apprêtaient à faire un gros flat dans une piscine. Ça fesse, mais on s’en remet.

Quels sont les plans dans l’école de vos enfants du primaire et du secondaire ?

Quelles sont vos idées originales pour célébrer ce passage à la prochaine étape ?

Une parade des finissants sur la rue principale avec concert de klaxons et feux d’artifice ?

L’affichage des photos des finissants sur les pancartes illuminées au centre-ville ?

La livraison d’un déjeuner spécial pour remplacer le souper gastronomique habituellement associé au bal ?

Comment se déroulera la remise des diplômes pour vos grands de 6e année ou pour vos très grands de 5e secondaire ? La tenue chic est-elle de mise pour la dernière journée d’école ? Ou si les jeunes quitteront la salle de leur dernier examen dans le silence et la platitude les plus complets ?

Connaissez-vous des enseignants, des directeurs d’école ou des comités qui ont mis les bouchées doubles pour organiser un semblant de fête extraordinaire malgré toutes les règles changeantes des derniers temps ? On veut en entendre parler !

Des collaboratrices de Maïka m’ont parlé de célébrations à l’auto (un genre de drive-through comme au Parc Omega, sauf qu’à la place d’aller voir les ours, les amis et la parenté circulent devant la maison ou l’école pour admirer les finissants). Si on est crinqués le moindrement, on peut décorer le terrain et les voitures !

On peut aussi offrir à nos jeunes une séance photo, peut-être même avec leurs amis (2 mètres de distance et à l’extérieur, bien entendu) ou en famille, pour immortaliser la fin de ce cycle d’études. Et pour rentabiliser la robe ou l’habit de finissant ! Go les confettis et les bombes de lumières ! Il faut que ça sente la magie !

Ça va de soi, les soupers au resto ou la commande du repas préféré sont au menu. Pourquoi pas une fin de semaine à l’hôtel ou une soirée au spa ? Et ceux qui sont en zone plus jaune que rouge, profitez-en pour regrouper quelques amis. Une boule disco, ça s’installe dans un arbre, t’sais !

Et bien sûr, on n’est pas tous obligés d’être hyperactifs et de se prendre pour des G.O. On peut y aller plus simplement et que ce soit tout aussi touchant. Une boîte remplie de lettres et de cartes des personnes qui ont accompagné notre jeune, une présentation des meilleures photos depuis l’enfance (allez-y, c’est le temps de ressortir des boules à mites toutes les photos compromettantes prises en disant « OMG! Je vais tellement te faire honte avec ça quand tu vas être plus vieux ! »), un discours listant toutes vos raisons d’être fiers de votre protégé(e)… Les possibilités sont infinies, tout comme votre amour pour elle ou pour lui !

À tous les finissants, quel que soit votre parcours jusqu’à présent, on est très, très fiers de vous et on vous salue.

Nathalie Courcy

12 avantages de l’école virtuelle selon mes enfants – Texte : Nathalie Courcy

Ok, ok, on est tous tannés des changements de mesures sanitaires, d

Ok, ok, on est tous tannés des changements de mesures sanitaires, du couvre-feu et de la distance imposée avec ceux qu’on aime. Mais avouez qu’il y a quand même certains avantages à cette période inhabituelle !

Si j’en crois mes enfants et mes ados, voici les points positifs de l’école virtuelle (avec mes propres remarques de maman qui télétravaille) :

1- On peut se lever plus tard (les parents aussi ! Pas de lunchs à préparer, pas de « dépêche-toi, tu vas être en retard », pas de cahiers oubliés ni de manteau perdu.)

2- Pas d’autobus ni de service de garde : après l’école, on est déjà prêts à jouer ! (Pas de message de dernière minute pour annoncer que l’autobus est annulé, pas de stress pour arriver à l’heure au service de garde, pas d’appels de l’école pour nous dire que notre enfant dérange !)

3- Pas de bouffe de thermos et on peut quand même manger des sandwichs. (Pas de thermos à laver, pas de plats oubliés dans le fond du pupitre, et en plus, on peut manger en famille !)

4- Il y a beaucoup moins de bruits, ça fait moins mal aux oreilles et à la tête. (Même si on est six à la maison, ça ne bat pas le nombre de décibels d’une classe ou d’un autobus.)

5- Pas besoin de porter de masque ! (Ça, j’avoue, je les comprends tout à fait !)

6- Presque jamais de devoirs le soir et la fin de semaine si on a bien travaillé pendant nos périodes autonomes. (Yes! Plus de temps en famille et en plein air, sans avoir à s’obstiner sur le bien-fondé des leçons…)

7- Pas besoin d’attendre à 16 h pour avoir des colleux de maman ! (Maman fait dire qu’elle aussi, elle aime ça, des colleux à n’importe quelle heure ! Même parfois en plein milieu d’une réunion sur Teams !)

8- On peut assister à notre cours dehors s’il fait beau. (Merci, mois d’avril ! Tu es magnifique dans notre coin de la province !)

9- On peut faire ce qu’on veut dans nos récréations. On peut faire du vélo, de la planche à roulettes, du dessin, on peut même faire une sieste. (Bon, les parents, eux, n’ont pas full de récréations entre deux séances de soutien technique à la marmaille, mais on atteint plus facilement notre compte de 10 000 pas à force de courir d’un ordinateur à l’autre.)

10- On voit nos frères et sœurs plus longtemps, on s’ennuie moins d’eux. (C’est là que je suis contente en titi d’avoir des enfants qui s’entendent bien, parce que je me doute que cet « avantage » n’en est pas un dans plusieurs foyers !)

11- C’est moins anxiogène parce qu’on a un meilleur équilibre entre les moments seuls, les moments en groupe (quand il y a l’alternance entre les deux), les moments en famille, et les différentes activités. (Moins d’anxiété du côté parental aussi, croyez-moi! Au moins une fois qu’on a trouvé le moyen d’installer tout le monde convenablement pour leurs cours virtuels.)

12- Quand on a compris la matière, on peut écouter d’une oreille et faire quelque chose qu’on aime en même temps comme dessiner ou s’entraîner. (Le rêve!)

De mon côté, le plus grand avantage que je vois, c’est que j’ai plus de temps avec mes amours. Plus de temps pour les voir grandir et apprendre. Ça me permet d’être un tout petit peu dans leur bulle-classe, de voir le style d’enseignement de la prof, d’entendre la voix ou de lire les commentaires (pas toujours pertinents ; o)) des amis de leur classe.

On dit souvent que les enfants grandissent trop vite. Il n’y a rien de drôle dans cette pandémie, mais il faut avouer qu’on a (pour certains, pas pour ceux qui travaillent deux fois plus à cause de la Covid) une pause pour regarder nos enfants grandir et pour ÊTRE avec eux plus souvent et plus longtemps que d’habitude. J’espère que nous retournerons bientôt à un quotidien à peu près normal, mais aussi que nous garderons certains des avantages de cette pause.

Nathalie Courcy

13 mars 2020 – Texte : Marie-Josée Gauthier

J’ai besoin de dire que je vais bien depuis cette date. J’ai bes

J’ai besoin de dire que je vais bien depuis cette date. J’ai besoin, car depuis ce moment, être positif, aller bien, c’est devenu tabou. Attention ! Je ne vis pas sur un long fleuve tranquille du pays des licornes. Non ! J’ai mes Everest à moi. Je suis triste de me rendre compte que je ne peux pas en parler. Même pendant que je vous ouvre mon cœur, j’ai un malaise.

Attention, je suis très empathique et aidante avec mon entourage, avec ceux qui vont moins bien, voire pas bien du tout. Je soutiens moralement et par tous les moyens qui me sont possibles tout ce qui touche la santé mentale. Les derniers mois n’ont pas été de tout repos pour moi non plus : la santé de mon père en a pris un coup et je l’ai beaucoup accompagné. Je continuerai de le faire comme il l’a fait tant de fois pour moi quand j’étais enfant. Son humour dans la maladie me donne le sourire. Mon amie d’enfance a été emportée subitement à 48 ans et j’aime encore croire qu’elle cognera bientôt à ma porte et que l’on rira de sa bonne blague. Mais non, ça n’arrivera pas. La lumière si vivante dans les yeux de ma fille ado qui s’est affaiblie, je n’ai pas vu ma sœur depuis septembre dernier. Je suis triste, fatiguée et touchée par tout, mais je vais bien. Je ne devrais pas être gênée.

Je ne sais plus comment être bien accueillie avec mon positivisme. Je ne sais plus comment ne pas être gênée de m’émerveiller chaque jour du ruisseau près de chez moi, de l’amour inconditionnel de mon chien, de la persévérance de mes enfants. Je suis pleine de gratitude et d’amour pour une série de personnes qui me tiennent à cœur : mon amour toujours présent qui me fait le déjeuner en semaine même s’il est pressé, ma sœur qui me souhaite bonne journée tous les jours sans exception même à 800 km de distance, mon amie d’amour qui mène un combat épique contre la violence conjugale et pour la liberté de toutes les victimes, la petite fleur mauve qui pointe dans la neige dans les derniers jours. Je suis reconnaissante de devenir une fière mamie en juillet qui vient, d’avoir un toit sur la tête, de manger chaque jour. Un grand mélange de tout bien coloré.

Pour moi, on a le devoir de gratitude d’être en santé, d’avoir le privilège d’ouvrir les yeux tous les matins. Avoir une famille merveilleuse… si vous saviez comment je vous aime tous. S’amuser, exploiter nos talents, rendre hommage à tout ce qui nous entoure, incluant nous-mêmes. Prendre soin, tout simplement. Rien n’est permanent autant dans l’ombre que dans la lumière. Gardez espoir.

Ne vous méprenez pas. À travers mon emploi, j’entends tous les jours le découragement et l’agressivité, et il m’arrive à moi aussi de baisser les bras quelques instants. Je crois en fait que capituler quelques instants est tout à fait sain et que l’on peut reprendre son souffle et mieux rebondir. Alors si pour vous, la lumière s’est éteinte ou n’est plus qu’une lueur depuis le début de la pandémie, je vais vous écouter, vous soutenir avec tout le respect que vous méritez. Et ensuite, laissez-moi exploser d’amour et de joie, je vais vous en entourer. De toute façon, tout le monde y gagne.

Marie-Josée Gauthier

Je te promets – Texte : Karine Lamarche

Mon élève, en ces temps incertains qui n’en finissent plus de s

Mon élève, en ces temps incertains qui n’en finissent plus de s’allonger, je te promets d’être là.

Je t’ai confié qu’étrangement, malgré la distance, je me sentais plus près de toi. Je me sens plus compétente, plus en mesure de t’aider. Ce ne sont pas toutes les conditions gagnantes qui sont réunies, mais pourtant, je sens que j’ai le vent des voiles pour t’enseigner.

Si tu es au rendez-vous, si tu t’investis, si tu sautes à pieds joints dans ce que j’ai à t’offrir, je te promets que tu ne seras pas déçu. Tu fermeras ton écran avec le sentiment d’en connaître un peu plus qu’avant et surtout, tu seras fier de toi.

Ces derniers jours nous ont déjà rapprochés. Je t’ai vu dans ton univers. J’ai rencontré ton lapin, ton chat, ton chien… J’ai vu ta chambre. J’ai eu de la compassion pour tes parents que j’ai vus derrière toi ou que j’ai entendus.💕

Je t’ai vu faire quelques prouesses sur ton trampoline pendant la période de travail autonome puis revenir, énergisé, prêt à te remettre à la tâche.

Je te promets de redoubler d’audace et d’ingéniosité pour te préparer une semaine captivante. Je veux que lorsqu’on se quitte, tu te dises: « Hein, déjà? »

Mon élève, tu mérites que je te donne le meilleur de moi-même. Profite de mes moments de disponibilité pour en savoir plus, pour combler les réponses à tes questions qui traînent peut-être depuis longtemps. Propose-moi tes idées!

C’est un temps précieux dont je ne dispose pas au quotidien. 🌟 L’école à la maison a cela de beau; elle nous rapproche et te permet d’aller plus loin…

Si tu acceptes de me suivre, je serai là pour toi, je te le promets.💝

Ton enseignante

Génération Z, sauras-tu me pardonner ? Texte : Martine Wilky

Aujourd’hui, je regarde une photo de ma plus jeune qui fait son sp

Aujourd’hui, je regarde une photo de ma plus jeune qui fait son sport et je me demande si nos jeunes vont réussir à nous pardonner.

Je ne remets pas en question les règles sanitaires et tout… Je ne crie pas au loup, je me questionne.

Je suis sensible à ce que nos jeunes vivent, car on leur a tout enlevé.

À une période où ils créent leur ESSENCE à eux en tant qu’individus.

Privés du contact avec les autres.

Privés de leur sport.

Privés de leur liberté si vitale à leur âge.

Tout est question de perception dans la vie.

Certains ne voient que les jeunes qui ne respectent pas les règles.

Mes enfants et moi, on voit autre chose :

  • Des groupes de personnes âgées qui se regroupent dans le stationnement du McDo sans respecter la distanciation sociale.
  • Des adultes qui « engueulent » des travailleurs dits « essentiels » à l’épicerie ou au resto du coin AKA job d’étudiant parce que les travailleurs doivent faire respecter les mesures d’hygiène.
  • Les ligues nationales qui peuvent fonctionner alors que les jeunes ne peuvent jouer et sont peut-être en train de dire au revoir à leur rêve sportif.
  • Des aînés qui font la morale aux jeunes sur les mesures sanitaires. ILS LES CONNAISSENT ET SE LES FONT RAPPELER TOUS LES JOURS À L’ÉCOLE.
  • Les magasins ouvrent à des endroits où des centaines de gens différents chaque jour peuvent magasiner, mais les jeunes, eux, ne peuvent pratiquer leurs activités parascolaires.
  • Des profs stressés qui sont impatients car ils sont constamment forcés d’appliquer différentes nouvelles mesures. Les profs sont des saints… qui ont une limite eux aussi. Comme nos jeunes, ce ne sont pas des machines.

Bref, je ne referai pas le monde, mais il est temps qu’on lève la voix pour nos ados.

Je trouve qu’ils ont été plus que « fins », plus que tolérants et RÉSILIENTS.

Ce sont nos laissés pour compte depuis un an.

Trop vieux pour être cute et faire pitié pour la société, et trop jeunes pour avoir une voix et faire entendre leurs besoins.

Je veux vous dire que si tu es privé de voix depuis un an, je m’excuse.

J’espère qu’un jour, tu vas nous pardonner de t’avoir oublié pendant cette pandémie.

Je veux te dire que c’est correct si tu es fâché contre la vie et la société ; ce que tu ressens est valide.

Tu as plus que mon admiration et mon respect.

Tu es un(e) humain(e) extraordinaire.

Martine Wilky