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Quand les travailleurs essentiels se rencontrent- Texte : Karine Lamarche

Se sentir privilégiée. De faire partie des travailleurs jugés ess

Se sentir privilégiée. De faire partie des travailleurs jugés essentiels, d’habiter un pays fortuné où la lutte à la pandémie est devenue une priorité.

Franchir les portes d’un centre de vaccination le cœur rempli d’espoir et de gratitude.

S’entretenir avec des dizaines de travailleurs de la santé. Savoir que depuis des mois, ils sont à bout de souffle.

Ressentir une joie immense en m’assoyant près de l’infirmière. Échanger un regard brillant, entendre toute sa reconnaissance envers les gens du milieu scolaire. 💕 Oublier la piqûre. 😉

Quitter le centre le cœur léger.

Espérer que rapidement, tous puissent traverser les mêmes étapes que moi et qu’enfin, la vie puisse reprendre son cours. 🙏

Karine Lamarche
Enseignante

Le billet du mercredi – Texte : Karine Lamarche

Si vous êtes un parent, votre enfant vous a-t-il déjà parlé du b

Si vous êtes un parent, votre enfant vous a-t-il déjà parlé du billet du mercredi ? Dans quelques écoles du Québec, cette pratique fut mise en place afin de contrer l’intimidation. Ma collègue et moi l’avons adoptée depuis quelques années avec nos élèves et on ne s’en passerait plus !

Tous les mercredis, un bout de papier est remis à chacun des élèves. Chaque enfant doit obligatoirement y inscrire quelque chose et déposer le billet dans une boîte prévue à cet effet.

Chacun est libre de signer ou non le billet, ce qui permet à quelqu’un de dénoncer une situation sans craindre d’être identifié.

Si l’élève n’a rien à dénoncer, il est libre d’inscrire ce qu’il veut : un dessin, une blague, une devinette…

Vous savez quoi ? Rarement ce billet nous a menés à une situation d’intimidation. Cependant, je ne compte plus les fois où ce simple bout de papier m’a rapprochée de mes élèves. ❤️

Le billet du mercredi, c’est souvent une confidence : le deuil d’un animal, la maladie d’un grand-parent, une séparation, une compétition sportive…

C’est parfois une recette qui me fait découvrir les goûts d’un enfant et que je prends plaisir à essayer chez moi.

Le billet du mercredi, c’est parfois un moment très attendu pour me partager des états d’âme. C’est une chance ultime d’avoir du temps de qualité pour discuter avec un élève, de mieux le comprendre et de pouvoir intervenir adéquatement auprès de lui. C’est un rendez-vous que j’aurais probablement manqué.

Le billet du mercredi, c’est un échange précieux entre deux humains. C’est le moment où les cœurs s’ouvrent, c’est là où le temps s’arrête.

Aujourd’hui, c’était mercredi. Des mots griffonnés sur un simple bout de papier m’ont permis d’être au rendez-vous à un moment où ça comptait pour vrai. 🌟

Amis enseignants, je vous encourage à instaurer cette belle routine !

Amis parents, passez le mot aux profs de votre entourage… 💝

Le billet du mercredi, c’est magique. 🌟

Karine Lamarche

Réinventer 180 jours

Depuis plusieurs semaines maintenant, j’ai une invitée qui veut e

Depuis plusieurs semaines maintenant, j’ai une invitée qui veut entrer dans ma classe. Je fais tout pour qu’elle ne vienne pas, qu’elle ne s’insère pas entre nos murs, mais elle est là, telle une menace au-dessus de nos têtes. Et j’avoue, j’ai peur.

Dans ma classe, je suis responsable de 22 petits êtres humains. Les parents me les confient pour 180 jours. Ce n’est pas rien. J’ai la mission d’instruire, de socialiser et de qualifier. Mais cette année, j’ai plusieurs mandats supplémentaires. Comme pour plusieurs métiers, l’arrivée de Mme Covid a alourdi ma tâche. J’ai maintenant le devoir de protéger, de rassurer, d’éduquer, mais aussi de nettoyer. Et, je dois le dire, j’ai peur.

L’organisation est un défi colossal. Faire circuler 300 élèves (parfois plus) du primaire, sans qu’ils ne s’approchent à moins de 2 mètres, c’est une vraie folie. On dirait une chorégraphie, un ballet savamment réfléchi par l’équipe-école. Il n’y a plus de place pour l’improvisation. Le tic tac de l’horloge est devenu notre chef d’orchestre. Tic, on va aux toilettes en sortant à droite. Tac, on va à la récré, n’oublie pas tes mitaines. Tu devras laisser passer tous les élèves de l’école pour retourner à ta case sans croiser personne. Mais si ça arrivait… j’ai peur.

À travers les nombreux lavages de mains, de bureaux et de high touch (anglicisme désignant les surfaces fréquemment touchées), je dois enseigner. J’ai l’espoir de reprendre le temps manqué lors de la fin de l’année dernière. Certains diront : « Tu ne sauves pas des vies ! » C’est vrai, mais j’enseigne aux adultes de demain. Ce sont eux qui prendront des décisions dans quelques années. Ils nous soigneront, géreront notre pays, défendront nos droits ou enseigneront à leur tour à nos petits-enfants. J’aimerais bien qu’ils soient heureux et qu’ils ne ressentent pas trop toute l’anxiété du moment. J’ai peur qu’ils n’apprennent pas.

En moins d’un an, j’ai appris à enseigner à distance. La techno est maintenant essentielle pour garder un lien avec mes élèves qui doivent rester à la maison. J’enseigne en même temps à ceux à la maison qu’à ceux qui sont à l’école. Même que parfois, maman assiste à mes leçons, ou même grand-maman, comme si elles assistaient à un spectacle. Il y a des semaines où j’enseigne de chez moi, de ma cuisine. Qui aurait pensé que c’était possible l’année dernière ? Je ne ferai pas de miracle. Mais je fais de mon mieux pour que mes élèves apprennent. J’ai peur de ne pas y arriver.

J’essaie de garder ma folie, ma légèreté, mais souvent, la peur m’envahit. J’ai peur que mes élèves se partagent le virus, qu’ils le rapportent chez eux et le donnent à leur famille. J’ai peur pour moi aussi. J’ai peur de rendre ma famille malade. Et si mes parents ou mes beaux-parents l’attrapaient à cause de moi, je m’en voudrais. Comment garder le cap avec cette épée de Damoclès qui menace de s’abattre sur nous tous ?

La peur m’épuise. J’essaie de la contrôler, mais mon énergie baisse. Mon cerveau est débordé. Cette année en est une de défis, d’organisation et de lâcher-prise. Je la terminerai probablement la langue à terre, mais j’y arriverai, je porterai mes élèves à bon port.

Pour finir, j’ai une demande à vous faire : soyez bienveillants avec les enseignants qui accompagnent vos enfants en cette année folle. Ils ont besoin de travailler en équipe avec vous, de vos bons mots et de votre compréhension. Chaque jour, des profs dévoués essaient tant bien que mal de faire oublier la visite possible de Mme Covid afin que vos enfants progressent et soient heureux. Soyons solidaires.

Nancy Pedneault

J’ai un cœur, tu sais…

Quand tu soupires, quand tu es rude envers moi, quand tu lèves les

Quand tu soupires, quand tu es rude envers moi, quand tu lèves les yeux au ciel, quand tu m’insultes, j’aimerais te dire ceci…

Toi, mon élève, tu me blesses. Tu me fais douter, sans cesse. Tu me chamboules, tu me brasses.

Tu l’ignores peut-être, mais moi, ton enseignante, j’ai un cœur. Mon cœur, il est grand comme la Terre, prêt à accueillir tes confidences, ton trop-plein.

Et si, au lieu de m’envoyer promener, tu me parlais ? Et si on jasait ?

Plutôt que d’opter pour les mots durs, les mots qui blessent, pourquoi ne pas me choisir pour complice et croire que peut-être, je pourrais t’écouter et surtout, t’aider ?

Quand tu sens que la colère monte, que tes mots dépasseront ta pensée, rappelle-toi que je suis sensible, comme toi. Rappelle-toi que tout ce que je souhaite, c’est ta réussite et ton bonheur.

Rappelle-toi surtout que j’ai un cœur et que, bien qu’il soit grand comme la Terre, il n’y a aucun espace pour y accueillir les mots et les gestes qui blessent…

Peu importe ce que tu vis ou ce que tu ressens, rappelle-toi que je suis là pour TOI.🌷

En finissant, je veux aussi te dire que lorsque tu m’écris de doux messages, ils me vont droit au cœur ! Je conserve ces précieux écrits dans mon tiroir du haut et quand j’ai le cœur gros, je les relis…

Ton enseignante/Ton éducatrice🌷

Chère madame Catherine

Quand je suis tombée enceinte de ma fille, j’

Quand je suis tombée enceinte de ma fille, j’étais tellement excitée à l’idée de mettre au monde un petit humain. Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours rêvé d’être une maman. La grossesse s’est déroulée normalement et facilement. Un peu de nausées au premier trimestre et le reste était parfait. Oui j’étais stressée, j’avais fait une fausse couche affreuse avant ma grossesse, mais j’avais espoir que ce petit trésor s’accrocherait.

L’accouchement ne s’est pas déroulé exactement comme je l’avais espérée, j’ai dû subir une césarienne d’urgence et j’ai été endormie. Donc les 24 premières heures de vie de ma fille sont très floues dans ma mémoire. J’ai vécu un deuil de ne pas avoir été capable d’accoucher naturellement. En plus d’avoir été endormie, mon conjoint et moi avons manqué le premier pleure de notre fille. Ce fut traumatisant pour nous. Lorsqu’elle est revenue dans notre chambre après 24 heures à la pouponnière, j’ai réalisé que j’étais incapable de dormir sans qu’elle soit sur moi ou si mon conjoint n’était pas réveillé pour la surveiller. J’ai longtemps eu de la difficulté à dormir lorsqu’elle était bébé. Au moindre bruit, je me réveillais et vérifiais si elle respirait.

Je ne sais pas si c’est relié à l’accouchement où nos vies ont failli être chamboulées à jamais, car ma vie et celle de ma fille étaient en danger, mais je suis devenue hyper angoissée. Dès qu’elle était malade, et même encore aujourd’hui six ans et demi plus tard, je stresse à mort. Si quelque chose me semblait anormal, je m’inquiétais vraiment beaucoup. C’était malsain.

Quand elle a eu un mois et demi, nous avons trouvé une garderie formidable, mais nous devions payer pour sa place à partir de septembre à ses six mois. Nous avons conclu qu’elle débuterait à temps partiel, deux ou trois avant-midis par semaine et qu’on augmenterait graduellement. Heureusement que nous avons fait ça, parce que deux mois avant septembre, je faisais des crises de panique. À mon retour au travail un an plus tard, je pleurais tous les matins. La veille de mon retour, j’ai pleuré pendant des heures.

À chaque étape importante de sa vie, ma grossesse avec son frère lorsqu’elle avait 13 mois, à mon accouchement quand elle avait 21 mois, quand elle a commencé à se traîner, à marcher, j’imaginais toujours les pires scénarios. Évidemment, la rentrée scolaire de la maternelle en 2019 était pour moi une étape méga angoissante, mais j’ai réussi à le cacher à ma fille, car elle était la petite fille la plus heureuse et fière de la Terre. Elle parlait de l’école depuis qu’elle avait trois ans.

À la rencontre de sa professeure, j’étais stressée au max. J’avais l’impression que j’allais éclater en larmes à tout moment. Mon conjoint et moi étions en file pour entrer dans sa classe, j’avais si hâte de rencontrer son enseignante. Quand j’ai entendu la petite voix douce et calme de madame Catherine, ça m’a un peu rassurée. Puis, j’ai vu cette jeune femme remplie de joie, débordante d’énergie, stressée, mais heureuse. Quand je lui ai serré la main, une petite voix m’a dit : « Ça va bien aller avec elle ». Puis, je me suis assise au bureau de ma fille, j’ai commencé à éplucher les feuilles devant moi. J’ai lu une petite lettre de la professeure à ma fille ; tous les élèves avaient la même lettre. Nous devions la lui lire la veille de sa rentrée. Dans la lettre, on pouvait lire comment son enseignante avait préparé la classe et combien elle avait hâte de les rencontrer. Les larmes ont envahi mes yeux, mais j’ai réussi à les contenir. La rencontre n’avait même pas commencé encore et j’étais déjà prête à pleurer.

Madame Catherine s’est présentée et ce fut le coup de foudre. Plus la rencontre avançait, plus je me sentais rassurée et confiante. Ma petite fille serait bien encadrée par cette jeune enseignante passionnée. Elle nous a invités à venir passer des avant-midis avec elle et ses renards dans sa classe. Nous, les parents, mais aussi les grands-parents, marraine et parrain étions les bienvenues en tout temps à venir partager leur quotidien. Pas besoin de dire que j’y suis allée quelques fois. À chacune de mes visites, j’étais impressionnée de voir l’évolution des autres élèves, mais surtout de voir l’amour qui régnait entre les élèves et madame Catherine. Spontanément, un élève se levait et allait la serrer dans ses bras et lui dire un gros « Je t’aime ».

Ma fille nous parlait tout le temps de son enseignante et nous disait combien elle était gentille et qu’elle l’aimait beaucoup. Elle voulait et veut toujours être une « professeure comme madame Catherine ». Nous avions beaucoup de communication avec elle ; elle était très facile à rejoindre et toujours prête pour une nouvelle idée.

Quand la COVID-19 est arrivée, l’enseignante a envoyé un message à ses élèves pour expliquer la situation et qu’elle était très triste de ne plus les voir. Elle a rapidement commencé à faire des appels vidéos. Ma fille n’a jamais manqué un appel. Même chez le dentiste, elle tenait à y assister. Puis, les appels éducatifs sont arrivés. Elle était si heureuse de parler toutes les semaines avec sa madame Catherine. Durant la quarantaine, notre fille a recommencé à faire des crises de colère. Nous lui avons demandé ce qui pourrait l’aider à mieux gérer ses crises. Elle nous a parlé d’un personnage de l’école qui explique les émotions. J’ai contacté son enseignante ; elle nous a envoyé un fichier et elle a proposé de parler en privé avec notre fille pour mieux lui expliquer. Ça a beaucoup aidé notre princesse. Ses colères ont diminué énormément. Encore une fois, madame Catherine m’impressionnait avec sa disponibilité et son aide. Elle allait plus loin que son rôle d’enseignante. Puis, à la fin de l’année scolaire, elle est venue porter un cadeau et passer du temps avec chacun de ses élèves. Elle est restée environ deux heures à parler avec ma fille et mon fils.

Tout l’été, dès que ma fille réussissait quelque chose, elle disait : « Madame Catherine serait contente, tu peux lui écrire pour lui dire ? ». Nous avons communiqué avec elle durant l’été et chaque fois que je lisais la réponse de madame Catherine à ma fille, un sourire immense illuminait son visage. Cette jeune enseignante a réussi à se graver une place spéciale dans le cœur de ma fille. Grâce à elle, elle a encore plus confiance en elle. Elle a appris à être plus indépendante et à mieux gérer ses émotions.

En tant que maman, je n’aurais pas pu souhaiter une meilleure enseignante pour ma fille. Je suis extrêmement déçue qu’elle ne puisse pas enseigner à mon fils, car elle a eu sa permanence dans une autre école. Je suis heureuse pour elle, car je sais comment cela peut être difficile d’avoir une permanence en milieu scolaire. Mais la maman en moi se dit qu’elle aurait sûrement eu un impact aussi grand dans la vie de mon fils. Elle aura peut-être un impact sur sa vie, mais différemment. Je me réjouis de la connaître, d’encore lui parler et qu’elle fasse encore partie de nos vies même si une autre année scolaire a débuté. Elle est toujours présente pour ma fille et je suis si heureuse.

Merci madame Catherine de m’avoir appris à faire confiance à la vie et aux gens. Merci d’avoir calmé mes peurs et mes craintes. Vous avez un cœur immense rempli d’amour et de générosité. Chaque élève à qui vous allez enseigner sera un enfant privilégié. Merci d’être toujours là pour mon Éloïse. Merci d’être son modèle, son idole.

Je crois que j’aime madame Catherine autant que ma fille !

Bonne année scolaire aux nouveaux petits renards de madame Catherine de l’école Emmanuel-Chénard à Deux-Montagnes.

Cindy LB

Le premier matin…

Chaque année, en ce premier jour de vacances, je me sens submergée par un

Chaque année, en ce premier jour de vacances, je me sens submergée par une foule d’émotions. 

Ce grand vide après avoir côtoyé mes petits humains pendant près de dix mois.

Ce sentiment du devoir accompli, d’avoir conduit mes grands aux portes du secondaire.🤗 Cette année, je dois admettre que j’ai l’impression de ne pas avoir pu le faire entièrement pour certains. Les conditions ont rendu cette tâche plutôt difficile. 

Je me sens fébrile! Lire, me lever sans réveil, cuisiner au gré de mes envies, de celles de mes filles, jardiner, pique-niquer… Tous ces bonheurs tant attendus.🌸

En ce premier matin, je suis toujours remplie de gratitude d’avoir un métier me permettant de profiter pleinement de l’été. J’en ai de la chance! 💚

En ce premier matin, je regarde tous les bacs que j’ai apportés, débordant de matériel pédagogique… Je me sens prête à me reposer, mais j’ai déjà hâte de préparer de nouvelles activités! 

À vous mes amis enseignants, je vous souhaite des vacances ressourçantes et mémorables! Puissent les plans prévus pour la rentrée s’assouplir un peu et rendre nos écoles plus normales.🙏

Karine Lamarche

xxx

Parce que je ne t’oublie pas…

Quelques jours ont passé depuis cette annonce inattendue. J’ai eu

Quelques jours ont passé depuis cette annonce inattendue. J’ai eu du temps pour penser, du temps pour établir un plan avec mes filles et aussi, du temps pour m’ennuyer de toi, mon élève.

J’ai suivi mon instinct et je t’ai écrit. Cela m’a fait du bien, tu n’as pas idée! Prendre un petit moment pour penser à chacun de vous…

Puis, j’ai espéré que tes parents voient le message que je t’avais adressé et surtout, que tu me répondes!

Sache que toi qui as pris le temps de me répondre, tu as mis du soleil dans ma journée et tu as touché mon cœur. ❤️

Tu as partagé ton quotidien, tu m’as fait des confidences, tu m’as fait rire, tu m’as donné des idées, tu as partagé des recettes…

Bref, tu m’as fait réaliser que le lien affectif qui nous unit est plus fort que tout et va au-delà des apprentissages ; il est essentiel.

À toi, l’enseignant qui hésite ou qui cherche comment aider ton élève, je t’encourage à lui écrire. Tu réaliseras que son petit cœur d’enfant a besoin de savoir qu’on s’ennuie de lui comme lui s’ennuie de nous. Simplement.

Puisse cette crise faire ressortir ce qu’il y a de plus beau dans l’humanité.

Karine Lamarche

 

Et si on pensait aux enfants ?

Ma profession est malade. En cette semaine des enseignants, la pénu

Ma profession est malade. En cette semaine des enseignants, la pénurie n’a jamais été si intense. On se retrousse les manches, on se remplace entre nous, mais voilà, ça ne suffit plus…

Des collègues d’éducation physique se retrouvent titulaires de classe, des éducateurs enseignent l’anglais ; le manque de suppléants est criant. Je ne dénigre en rien mes collègues. J’ignore comment j’enseignerais les techniques de basket ou les stratégies de volleyball ! 😉 Je prendrais encore moins la place des éducateurs qui, chaque jour, prennent le relai et déploient des efforts inimaginables pour réaliser de grandes activités avec peu de moyens. Seulement, ces gens n’ont pas reçu la formation nécessaire pour assurer le suivi des enfants dans une classe. Ils font ce qu’ils peuvent et surtout, soyez assurés qu’ils font de leur mieux. Vraiment.

Sincèrement, jamais je n’aurais cru me sentir à ce point embarrassée d’être malade. Culpabiliser avec la gastro ou l’influenza, c’est assez plate merci. Ressentir un profond malaise lorsque notre enfant est malade, c’est désormais coutume. On passe notre journée à se confondre en excuses auprès de nos collègues qui nous ont gentiment dépannée.

Nous sommes face à un mur.

De béton.

Armé.

On fait quoi ? On continue de pleurer sur notre sort ? Serait‑ce bien utile ? Des solutions, il y en a très peu, mis à part s’entraider et se soutenir.

Pensons aux enfants. Ce sont eux les victimes de cette instabilité. La plupart des élèves traverseront cette tempête aisément. D’autres devront ramer un peu plus fort, perdant quelques plumes au passage. Certains, malheureusement, seront plus échaudés, n’ayant plus leur repère, leur point d’ancrage.

Pensons à ces enfants la prochaine fois que nous devrons prêter main-forte à un collègue. Unissons-nous en nous rappelant que notre correction peut bien nous attendre un peu et surtout, qu’on apprécierait que quelqu’un fasse de même pour nous.

Pensons à ces enfants qui n’ont pas demandé à être victimes de cette pénurie. Rendons le moment passé auprès d’eux constructif et agréable.❤️

Je crois encore un peu au père Noël et je suis convaincue que Mary Poppins existe quelque part… Si quelqu’un veut proposer une solution miracle, je vous écoute.😉

Eva Staire

Le marathon des rencontres de profs

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Vous connaissez le meilleur moyen de perdre 20 livres (à part la gastro… ouach!)? Se taper le marathon des rencontres de profs post-premier bulletin quand on a plusieurs enfants dans plusieurs écoles. Divorcée, quatre enfants dont deux au secondaire, trois écoles dans trois coins différents de la ville. Go les jambes!

Vous imaginez le portrait, n’est-ce pas? Retour du boulot à 17 h 12, départ de la maison à 17 h 14. De grâce, apportez une bouteille d’eau et une collation, sinon, vous allez rencontrer les ambulanciers au lieu de voir les profs. Évidemment, tout bon parent qui se respecte aura imprimé le bulletin de chacun de ses poussins. On peut même apporter une photo de notre ado (sur 2500 élèves, ça se peut que le nôtre soit moins mémorable, ce qui est peut-être une bonne chose!).

La freak en moi annote les bulletins avec des questions ou des commentaires, surligne le nom des enseignants, prévoit l’ordre dans lequel les rencontrer :

  1. Titulaire : Il passe souvent plus de temps avec notre enfant, le connaît mieux, et peut faire le pont entre la direction ou les autres profs et nous.
  2. Les enseignants des matières plus problématiques : Par problématique, j’entends les échecs, les résultats en chute libre, les commentaires négatifs sur l’attitude de l’enfant. On les rencontre pour comprendre ce qui se passe et pour savoir comment aider.
  3. Les enseignants des matières préférées de notre enfant : C’est bon pour le moral d’un parent d’entendre quelqu’un encenser son enfant, dire qu’il est passionné, intéressé, qu’il travaille bien ou qu’il aide ses collègues de classe. Quand je discute des rencontres de profs avec mes cocos, je peux ajouter du positif, parler de ce qui les motive et les encourager à utiliser leurs stratégies positives dans les matières qui leur posent plus de défis.
  4. Les enseignants des matières principales (français, maths, sciences, anglais) s’ils ne font pas partie des trois premières catégories.
  5. Les spécialistes (éducateurs spécialisés, travailleurs sociaux, directeurs pédagogiques, orthopédagogues et autres aidants professionnels) : S’il y a un plan d’intervention, il y a déjà eu ou il y aura une rencontre plus poussée, mais un petit « check » peut être bienvenu. Ça permet aussi de remercier ces personnes et de leur assurer notre collaboration.

Évidemment, pour mes enfants qui sont au primaire, le nombre d’enseignants est réduit, je m’en tiens souvent au titulaire (et au stagiaire, qui a souvent des informations très intéressantes à partager puisqu’il fait des activités spéciales ou des projets de recherche dans le cadre de ses études). Pas que je n’accorde pas d’importance aux profs de musique et d’éducation physique, mais avec le tic-tac de la soirée qui se fait entendre, je dois faire des choix. Si vraiment il y a un problème dans ces matières, je peux toujours communiquer avec l’enseignant avant ou après les rencontres de bulletins.

Je pars aux rencontres de profs avec l’intention consciente d’écouter le point de vue des enseignants. Ce n’est pas l’endroit pour engueuler les profs (ce n’est jamais l’endroit ni le temps pour faire ça anyway). On peut être en désaccord avec la méthode pédagogique, on peut être conscient que le courant ne passe pas entre le prof et notre jeune (ou entre le prof et nous!), mais ce n’est pas dans les cinq minutes accordées par discussion qu’on aura le temps de régler la situation. Les profs sont habituellement ouverts à nous rencontrer à nouveau s’ils sentent du respect de notre part.

Je peux aussi partager mon point de vue de parent. Même s’ils veulent personnaliser leur enseignement, les profs ne peuvent pas connaître chaque enfant par cœur. Il y a peut-être une situation familiale ou un trait de caractère de notre enfant qui rend les choses plus complexes. Le prof sera content d’apprendre que derrière les mauvaises notes de notre jeune, il y a une amélioration de 20 % depuis l’année précédente…

Je demande systématiquement ce que mon enfant peut faire pour s’améliorer ou pour continuer à bien travailler, et aussi ce que moi, comme parent, je peux faire pour aider le personnel de l’école à aider mon enfant. L’éducation, c’est un travail d’équipe! Je considère que l’école est un milieu de vie, pas seulement un milieu d’enseignement et de performance. Je pose donc des questions sur la façon dont mon enfant fonctionne en classe, s’il a des amis, s’il est poli, s’il participe aux activités, s’il a l’air heureux d’apprendre, s’il s’endort ou s’il énerve les autres…

Je m’assure de prendre des notes qui aideront ma mémoire d’huître alzheimer. Je transmettrai les informations obtenues au papa et, à un moment approprié, je m’assoirai avec chacun de mes enfants pour discuter de ces rencontres. On fera un plan de match pour corriger ce qui ne va pas et on se félicitera pour nos bons coups.

Les notes sur le bulletin, c’est bien beau, mais ça ne veut pas tout dire, donc les rencontres de profs sont nécessaires pour tracer un portrait plus complet de notre enfant comme élève. Un résultat de 70 % pour un enfant dyslexique ou qui a manqué deux semaines de cours parce qu’il était malade, ça peut être extraordinaire, alors que pour son voisin de pupitre, le 70 % vient peut-être d’un manque d’étude ou d’un refus d’écouter en classe. La discussion et les stratégies aidantes ne seront pas les mêmes.

À l’approche des rencontres de profs, quelles sont vos stratégies pour survivre au marathon et en tirer le meilleur?

P.S. Si vous angoissez à l’idée de vous taper le marathon des rencontres de profs, ayez une pensée pour les profs qui, eux aussi, perdront 20 livres à se taper une ou deux journées de rencontres de parents tout de suite après s’être tapé la correction des évaluations et la rédaction des bulletins. Soyez gentils et reconnaissants envers eux, soyez ouverts à leurs recommandations tout en étant un bon ambassadeur de votre enfant. Et une fois à la maison, offrez-vous un massage de pieds ou un bon chocolat chaud-Bayley’s!

Nathalie Courcy

Ces mots…

Chers parents, il n’existe pas de plus grande reconnaissance pour

Chers parents, il n’existe pas de plus grande reconnaissance pour un enseignant que vos mots.

Ces mots qui expriment votre gratitude.

Ces mots si doux qui nous rappellent que nos efforts auprès de votre trésor n’ont pas été vains.

Ces mots qui nous confirment que nous sommes là où nous devons être.

Ces mots qui parfois, nous révèlent des choses qu’on ignorait, qui nous apprennent que sans le savoir, on a pu faire la différence pour votre enfant, le temps d’une année scolaire.

Ces mots, nous les conservons précieusement ; les miens sont cachés au fond d’un tiroir. Il m’arrive de les relire quand j’ai le cœur gros, quand je doute… C’est mon coffre aux trésors.

Chers parents, merci pour ces mots qui témoignent de votre reconnaissance. Merci d’être nos complices au quotidien et de faire cheminer, avec nous, votre plus grande fierté.

Bonnes vacances! ☀️

Karine Lamarche

 

Ce moment…

On frappe à la porte de ma classe. Je croise les yeux inquiets de l

On frappe à la porte de ma classe. Je croise les yeux inquiets de la secrétaire et de ma collègue. Ce sera elle qui prendra le relais, le temps que je sorte et que la secrétaire me fasse cette annonce, celle du décès du papa d’un de nos élèves.

Une banalité. La mort s’est invitée sans s’annoncer.

Du coup, je me rappelle ce moment, les yeux de l’infirmière qui m’avait annoncé sans parler le décès de ma mère, il y a déjà quatorze ans.

Ce moment, tu ne l’oublies jamais.

Ce matin, je suis retournée en classe chamboulée, habitée par un chagrin sans fin, sachant toutes les douloureuses étapes qui attendent ce petit humain, son jeune frère et surtout, leur maman.

Désorganisée, j’ai tenté de mon mieux de rester sereine. Il nous fallait attendre le plan de match.

Comment annoncer à des enfants de douze ans que leur ami aura grandement besoin d’écoute et de soutien pour les prochaines semaines? Comment leur expliquer ce drame tout en les rassurant, en leur rappelant qu’une histoire comme celle-là, c’est rare? Si c’est rare, pourquoi lui? Pourquoi cet élève?

Pour plusieurs de ces enfants, ce sera un premier contact avec la mort, le moment où on commence à prendre conscience que nous ne sommes pas éternels.

C’est en après-midi et après avoir pris une grande respiration que j’ai expliqué ce grand malheur aux petits humains devant moi.

L’onde de choc s’est fait sentir. Certains connaissaient ce papa. Pour d’autres, cette situation leur remémore le départ d’un grand-parent, d’un animal, la maladie d’un proche. Chacun a reçu cette nouvelle à sa façon, avec son petit bagage de douze ans de vie.

Nous avons eu besoin de sortir au grand air. Les accolades et les bons mots étaient au rendez-vous.

Aujourd’hui, je me suis souvenue à quel point la vie est fragile.

Mon grand, toi qui contamines ceux qui t’entourent par ton bonheur facile, je souhaite de tout mon cœur que cette douleur si vive s’apaise rapidement, que la flamme qui t’habite jamais ne s’éteigne.

Je pense à toi et sache que je te comprends.

Karine Lamarche