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La fratrie dans tous ses états

Un grand frère, ça dérange, ça veut tout décider, ça se laisse

Un grand frère, ça dérange, ça veut tout décider, ça se laisse traîner.

Une moyenne sœur, ça parle fort, ça veut de l’attention, ça négocie.

Une petite sœur, c’est bébé, ça veut être parfait, ça rapporte.

Mais vos frères et sœurs sont votre plus grande richesse. Ils sont ceux avec qui vous pouvez tout partager. Ils sont votre famille. Le lien qui vous unit est irremplaçable. Depuis que vous êtes petits, je vous répète que votre relation est ce que vous avez de plus précieux. Il faut la chérir et en prendre soin, comme un diamant. Cette relation a une valeur inestimable.

Ensemble, vous avez appris et développé des qualités sociales insoupçonnées. Vous avez appris à prendre votre place et à vous défendre. Vous avez imité des comportements ou décidé de ne pas le faire. Vous avez fait des choix et des concessions, vous avez négocié. Vous avez appris très tôt à partager, tout, même l’attention des parents.

Vous n’avez jamais connu la solitude ni l’ennui. Vous avez toujours eu un ami pour jouer, un public pour rire de vos plaisanteries, des compagnons de voyage. Devenus ados, vous avez partagé ensemble vos doutes, vos difficultés, vos angoisses et vos peines. Pendant les soupers familiaux, vous entendre partager au sujet de vos cours, de vos enseignants et de vos amis est un bonheur.

Vous ne serez pas toujours d’accord. Vous irez dans toutes les directions. Le quotidien de votre vie d’adulte risque de vous séparer. Mais tout ce que vous avez cultivé ensemble depuis votre enfance restera gravé dans vos cœurs. Vous ne serez jamais seuls, même à distance.

On peut donc conclure que :

Un grand frère, ça protège, c’est de bon conseil, ça taquine, ça trace la voie.

Une moyenne sœur, ça rassemble, ça comprend, ça divertit, ça montre le chemin.

Une petite sœur, ça accueille, ça amuse, ça encourage, ça rappelle que tous les sentiers peuvent être empruntés.

Et surtout, une fratrie, ça s’aime.

Nancy Pedneault

Maman, gestionnaire de conflits !

MAMAN ! Ma sœur m’a frôlé le pied sous la table, elle fait ex

MAMAN ! Ma sœur m’a frôlé le pied sous la table, elle fait exprès.

MAMAN ! Mon frère m’a poussée.

MAMAN, mes sœurs font exprès de me gosser.

MAMAN, MAMAN, MAMAN !…….. Hey bien, elle n’est plus là maman okay ! Faites comme si je n’existais pas cinq minutes parce que vos conflits pour des maudites niaiseries, hey bien j’suis pu capable !

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, la majorité du temps, je dois toujours régler de la chicane entre mes enfants ! Ça se chicane pour tout, chaque jour, chaque heure. Probablement aux cinq à dix minutes. Je capote et parfois, je m’arracherais bien toute la crinière que j’ai sur la tête. Une chance, ils sont tous rendus à l’école, ce qui me donne un p’tit break d’arbitrage dans leurs guerres pour des petits riens.

J’aime mes enfants, c’est vrai, je donnerais ma vie pour eux, mais sont dont bien exaspérants par bout ! Entre les crises de préadolescences (ben oui, j’ai fini par me dire que de nos jours, ils ne font pas juste des crises d’ado), la joie des devoirs et le chialage qu’ils se font entre eux… vive le vin. On va dire ça comme ça. Une chance qu’un petit verre de vin rouge apaise un peu notre esprit dans les moments difficiles. (Je tiens ici à préciser que je suis très raisonnable sur l’alcool, ce ne sont pas les paroles d’une alcoolique finie. Juste d’une maman à bout certains jours !)

J’ai essayé de les laisser gérer leurs conflits en essayant de les guider sur la façon de s’y prendre dans des situations conflictuelles. Par contre, ça a bien l’air que ça fonctionne entre amis(es), mais pas entre frères et sœurs. Non, entre frères et sœurs ça dégénère pour obliger les parents à intervenir encore et encore. J’ai essayé aussi plusieurs systèmes de récompenses, j’ai essayé l’encouragement, bref je crois bien que j’ai tout essayé ! Sauf que rien ne fonctionne !

Dit comme ça, ça peut paraître intense, voire déplaisant, mais les fois que ça va bien, sans chicanes, je SAVOURE ! Ça fait tout oublier le reste et dans ces moments‑là, j’ai quasi l’impression d’avoir une famille normale… Ah oui, parce qu’on se demande souvent si c’est comme ça partout. On pense qu’il y a juste nos enfants qui ont l’air de se détester et qui ne sont pas capables de vivre ensemble. Reste que dans le fond, je suis sûre qu’ils s’aiment… ils ne le savent juste pas encore. En vieillissant, ils vont devenir plus matures (j’espère !) et voir qu’une sœur et un frère, c’est important dans une vie.

Je vais donc retourner de ce pas à mon rôle de commando familial et arbitre de chicanes… en gros, à mon rôle de parent.

Mireille Coutu Lessard

 

Un Héros qui sort de l’ordinaire

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Nos super Héros sont uniques pour tous. Veuillez noter que je ne parle pas de ceux au cinéma ou dans les bandes dessinées. Je parle de la personne qui nous impressionne et à qui nous cherchons à plaire pour avoir son approbation. Dans la majorité des cas, ce sera un parent, un prof, un adulte qui vous marquera. Pour ma part, c’est mon frère aîné. Hé oui! Mon frère de trois ans mon aîné.

 

Mon frère a été la figure d’autorité avec moi. Ne criez pas après nos parents sur ce point, cas de séparation, mère qui travaille de soir (l’entente mère-fille était nulle), père en dépression et sur une autre planète. Tommy a été fort et très (le mot est faible) patient avec moi. Quand tout s’est replacé dans notre famille, j’ai commencé sans le vouloir à chercher l’attention et surtout l’approbation de mon frère. Je voulais m’inclure dans les activités avec ses amis. Je dois vous avouer que Yannick, David, Maxime et plusieurs autres de ses amis étaient et sont toujours de beaux hommes. Pour l’adolescente que j’étais, mon frère représentait mon modèle, ma fierté.

 

Dans ma période de crise d’identité qui était de dix-neuf ans à vingt-cinq ans, j’ai pris des décisions douteuses et j’ai demandé plus d’aide à ma famille que la normale. De la jalousie envers lui et des crises contre mes parents se sont manifestées. Lorsque j’ai appris que je portais un enfant, une dégringolade et un affront entre mon Héros/modèle ont eu lieu. Il croyait que je gâcherais ma vie et que je ne m’occuperais pas bien de cet enfant. Je ne le blâme pas pour cela. Je n’avais aucun respect pour les autres et je n’étais aucunement responsable. C’était clair que je ne pouvais pas m’occuper d’un petit être, si je n’étais même pas capable de m’occuper de moi-même. Il m’a écrit un long message, en me disant qu’il était tanné que je joue à la victime et que pour lui, c’était terminé. Qu’à ce moment-là, je ne méritais pas son aide ni celle de notre mère. Mon sentiment de défaite a fait en sorte que je me suis avoué à moi-même que j’étais pitoyable. Je valais mieux que ça. Mon enfant à naître méritait tout sauf moi comme mère. Vous êtes fâchés contre mon frère? Attendez avant de crier au loup.

 

J’ai quitté la maison de ma mère, pour la deuxième fois, avec ma fille âgée de trois mois. Depuis ce temps, je mets beaucoup d’efforts à ce que ma fille ne manque de rien. J’essaie que mon frère redevienne fier de sa petite sœur. Aujourd’hui, à l’aube de mes vingt-neuf ans, mère monoparentale, après un retour aux études soudain, j’ai eu le droit à des félicitations de sa part. Il a même avoué qu’il était surpris de voir que je suis devenue autonome et responsable, dans un si court laps de temps (pas tout à fait deux ans). Mon frère est tout simplement mon Héros, ma fierté. Il est l’oncle, le parrain que tout enfant désire. Il sera, s’il le veut, le meilleur père au monde. Mais avant tout, il est le frère le plus extraordinaire et le plus patient du monde entier. Merci pour tout, Tom; merci d’avoir continué à croire en moi quand moi, je ne croyais même plus en la vie. Je serai toujours reconnaissante de TOUT ce que tu as fait ou dit pour me réveiller. J’espère tout simplement que tu seras fier de moi autant que je suis fière de toi!

  

 

Véronique Ménard-Lauzé

Mon frère

Lui, il me dit mes quatre vérités.

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Lui, il me dit mes quatre vérités.

Lui, c’est mon ami.

Il est mon confident.

Il est mon ancre.

Il est mon frère.

Lui, c’est presque le premier homme de ma vie; il est mon grand frère.

J’ai trente et un ans, lui trente-trois. Pourtant, j’ai encore souvent l’impression que nous en avons  treize et quinze.  Même trois et cinq, quand on dansait et chantait sur « Tourne la page ».

Il est celui qui a toujours pris soin de moi. Celui qui me traînait chez ses amis (parce que c’était aussi les miens, hein!), même si cela ne lui faisait pas toujours plaisir. Celui qui me laissait jouer même pas deux minutes au Nintendo, sachant très bien que Luigi allait mourir bien vite et laisser Mario avancer en paix. Malgré tout, je restais tout le long de la partie à ses côtés. Il était mon partner de bibliothèque. Ouais, on aimait lire, BD ou romans, et on allait dévaliser la biblio ensemble. Grâce à lui, j’ai découvert et je découvre encore des groupes ou des musiciens tellement pas plates. Je lui ai parlé de mes premiers amours, il m’a aussi confié les siens.

Une fois, une seule vraie fois, on s’est chicanés. C’était affreux. On se détestait, mais on s’aimait si fort de cet amour fraternel qu’on ne voulait pas réellement se faire de mal. C’était assurément la dispute la plus ridicule et laide de l’histoire des frères et sœurs. Maintenant, quand je vois mes minis se taper dessus, j’espère de tout mon cœur qu’ils n’auront qu’une seule vraie, ridicule et laide dispute entre eux. Que toujours, ils auront un lien si fort et que jamais ils ne voudront réellement se blesser, blesser le cœur de ces personnes si chères pour eux.

Une fois, j’ai touché le fond. Mon deuxième bébé avait deux mois, ma « grande » avait dix-huit mois. J’avais le syndrome de la superwoman/maman parfaite. Résultat : Je me suis retrouvée à pleurer d’épuisement pendant deux ou trois heures d’affilée dans ma salle de bain. Après avoir repris mes esprits, je lui ai écrit. J’ai écrit à mon frère que je n’allais pas bien, parce que je n’arrivais pas à parler tant je pleurais. Lui, il m’a appelée. Pendant une heure, il m’a parlé, il m’a confrontée à moi-même, il m’a rassurée, il m’a brassée… et moi, pendant une heure, j’ai pleuré. Il n’y avait que lui pour me faire prendre conscience de moi, de mon état et de ce que je m’imposais. Que lui pour trouver les bons mots pour me faire comprendre. Les semaines et les mois suivants, il continuait de s’assurer que sa petite sœur prenait du mieux.

Mon grand frère, c’est aussi celui à qui je peux être des semaines sans parler, mais avec qui je peux spontanément avoir une conversation des plus loufoques qui ne mène nulle part. Il est celui avec qui je peux faire un concours de rots et avoir une conversation des plus réfléchies dans la même soirée. Lui, il me manque parce qu’il habite loin de chez moi depuis quelques années. Mais quand on se voit, c’est simple et c’est mémorable à la fois. Lui, il n’a pas d’enfants, mais il m’enseigne souvent à être une meilleure maman pour les miens. Et de le voir les aimer, les comprendre, les cajoler, les faire rire, les écouter, c’est inestimable.

Je souhaite très fort que mes enfants auront toujours ce lien et cet amour qui les uniront. Qu’ils se taperont sur les nerfs, mais qu’ils seront capables de se le dire et que le reste sera plus fort que tout. Je sais qu’on ne choisit pas sa famille. Mais dans mon cœur de maman, j’espère sincèrement qu’ils choisiront d’être amis.

Lui, c’est mon ami.

Avec lui, je ris, je me confie; avec lui, je suis moi.

Lui, il me connaît parfois mieux que moi-même.

Lui, c’est mon grand frère, même si parfois, il me m’énerve solidement (je sais que je lui fais le même effet!), pour rien au monde je ne l’échangerais. Je m’estime chanceuse d’être la petite sœur d’un homme si merveilleux.

J’t’aime bro!

Caroline Gauthier