Tag routine

Ils nous font vivre les plus belles années de notre vie.

Nous étions des adolescents. Nous voulions plus de pouvoir, plus de responsabilités, plus de liberté. Nous nous sentions comme des lions invincibles pris en cages… Nous avions si hâte d’avoir un réel pouvoir de décision sur nos propres vies, sur l’avenir. Nous sommes tous passés par cette période un peu sombre où notre corps changeait et pendant laquelle on se sentait totalement impuissants.

Puis, jeunes adultes, nous tentions de notre mieux de profiter de cette nouvelle liberté, tout en essayant de nous construire une vie réelle d’adulte. Nous nous sommes heurtés à ces nouvelles responsabilités, si lourdes à porter. Les changements d’emplois, le parcours universitaire, les soucis financiers, etc. On imaginait une grande période digne des années Peace and Love, mais on a vite frappé le mur de la réalité.

Maintenant, adultes assumés, nous sommes comblés par la vie. Nous avons choisi nos carrières. Nous avons appris à nous connaître et par‑dessus tout, à nous respecter nous‑mêmes dans nos choix. Nous avons exilé de nos vies les personnes toxiques pour choisir de rester avec celles qui nous font du bien. Nous avons mis au monde des petits êtres. Puis, nous avons compris. Compris la vie.

Nous regardons ces petits humains, créés avec tant d’amour. Ils grandissent, s’épanouissent et découvrent peu à peu qui ils sont. Nous sommes tous persuadés que nos enfants accompliront de grandes choses. Et pour l’instant, on profite d’eux, de leur présence. Ils nous font vivre les plus belles années de notre vie. Rien de moins.

Quand ils partiront vivre leur vie, nos grandes maisons seront tout à coup plus propres, mais tellement plus vides. Nos portefeuilles seront plus pleins, mais cela nous semblera tellement futile… Le temps aujourd’hui file à une vitesse folle. Quand nous serons vieux, ce même temps passera un grain de sable à la fois et nos longues journées seront bien calmes.

Le meilleur de nos vies, c’est maintenant. Avec nos enfants. Avec ces petits êtres qui n’ont encore aucun souci sur les épaules. Leurs rires, leur amour, leur magie, leur naïveté… C’est tellement ça, la vie. Je pense que l’on a commencé à vivre réellement le jour où on les a mis au monde. On a beau être allés à l’école pendant vingt ans, ce sont ces petits êtres qui nous apprennent ce qu’est la vie, et ce, chaque jour.

Alors nous devrions tenter d’en profiter au maximum. Profiter d’eux. Les dettes vont être encore là dans vingt ans. Le ménage sera encore à faire dans vingt ans. Mais dans vingt ans, nous n’aurons plus la chance de partager nos quotidiens avec eux. C’est notre vie d’adulte que l’on devrait mettre sur pause pour prendre le temps de vivre leur enfance avec eux.

Ils sauront nous réapprendre toutes ces petites choses que l’on a oubliées. Regarder voler un papillon comme si c’était magique. Jouer dans la piscine sans se soucier de la température. Faire des bulles et trouver que c’est la plus belle expérience scientifique au monde. Se balancer au parc comme si c’était possible de s’envoler. Courir au ralenti à la Tag pour donner une chance aux plus petits de nous toucher. Pis être content d’être la Tag… Ne pas vouloir dormir ni aller se laver, parce que ce sont des minutes de moins à jouer…

Il est plus que temps d’arrêter de perdre patience en essayant de les faire entrer dans notre horaire, dans nos vies d’adultes. Il est plus que temps de mettre nos cerveaux sur pause pour vivre la vraie vie avec eux et à travers leurs yeux. Parce que nos enfants nous font vivre les plus belles années de notre vie. Maintenant. Alors, allez en profiter.

Joanie Fournier

 

Le retour de la routine

Le retour à la routine

On le sait tous, le retour à l’école est synonyme du retour à la routine. On le sait aussi : ce n’est pas toujours facile de jongler avec tout ce qui va avec. Personnellement, j’aime être organisée, savoir où je m’en vais et être à temps. Je retourne au travail après un an de congé de maternité et avec un bébé de plus à gérer. Je tiens à ce que ça se passe bien et j’ai donc réfléchi à ce que j’aurais à faire pour que le retour se fasse positivement. Voici un résumé des trucs que j’ai acquis au fil du temps pour faciliter mon quotidien et qui j’espère, me serviront encore cette année.

La gestion du temps le matin

On le sait tous, le temps est parfois notre plus grand ennemi, surtout quand on est pressé. On pense que tout va bien puis pouf, on fait face à un imprévu. Bien qu’il m’arrive encore de me faire avoir, voici ce qui fonctionne généralement pour moi : j’essaie d’estimer le temps nécessaire pour tout faire, puis j’ajoute dix minutes. Pourquoi ajouter dix minutes ? Parce que bien souvent, mon deuxième va faire un dégât ou mon bébé va salir sa couche quelques minutes après que je l’ai changée. On ne peut pas prévoir l’imprévisible, mais on peut quand même essayer d’améliorer notre sort.

Pour gagner du temps, j’essaie aussi de préparer quelques petites choses la veille. Je demande à mes enfants de choisir et de sortir leurs vêtements pour le lendemain. Je prépare les verres de lait et je mets le café dans la cafetière. Ça peut paraître anodin, mais ces petits gestes peuvent parfois faire une différence.

Les lunchs

J’avoue que je déteste faire les lunchs. C’est plate et je dois en faire environ 600 par année. Mon truc pour alléger mes souffrances : je prépare tous les à-côtés le dimanche, et ce, pour la semaine au complet. Je coupe les légumes et les fruits, je mets du yogourt et des craquelins dans des petits plats, je fais cuire des muffins. Je sais qu’on ne peut pas tous faire ça par manque d’espace dans le frigo mais ici, mon frigo du sous-sol sert principalement à ça. Ça me prend une heure ou deux et après, c’est fait.

Un autre truc pour gagner du temps en lien avec les lunchs : je prépare les boîtes à lunch le soir. Il ne me reste plus qu’à mettre un bloc réfrigérant dedans le matin (et à faire chauffer les thermos quand mes cocos mangent des repas chauds). Ici, pour motiver les garçons, j’ai décidé que le premier à avoir complété correctement sa routine peut sortir les boîtes à lunch du frigo. L’art de transformer une tache en privilège !

Les leçons et les devoirs

En tant qu’enseignante, je me permets de vous donner ce conseil : laissez un peu de temps à vos enfants pour décompresser le soir en arrivant, avant de vous attaquer aux devoirs et aux leçons. Si vous le pouvez, prenez aussi ce temps pour relaxer. Nous accumulons tous un petit lot de fatigue et de stress au cours de la journée. Prendre quelques minutes pour respirer ne fait jamais de tort. Ça vous permettra par la suite d’effectuer le travail à faire ensemble, dans une ambiance plus calme et harmonieuse. J’ai pris cette habitude et croyez-moi, c’est beaucoup plus efficace de travailler avec un enfant reposé qu’avec un enfant bousculé et stressé par sa journée.

En soirée

Après le souper, je vous suggère de répartir les tâches avec votre conjoint. Quand tout le monde sait ce qu’il a à faire, c’est plus simple et plus efficace. Mon chum s’occupe de la vaisselle et du nettoyage de la cuisine alors que je gère généralement les bains et les douches des plus petits. Parlant de douches, je ne sais pas si c’est partout comme ça mais ici, c’est comme une guerre. Mes deux plus vieux se chicanent toujours parce qu’ils ne veulent pas aller se laver en premier ou ils essaient de gagner du temps avant d’y aller. Il y a donc maintenant une règle : c’est chacun son tour à être le premier et à 18 h 45, on entre dans la douche à moins d’être victime d’une attaque nucléaire.

Bien entendu, je n’ai pas la science infuse. Ces astuces me conviennent, mais elles ne sont peut-être pas adaptées à votre quotidien. J’ose quand même penser qu’elles sauront vous être utiles. Bonne chance et bonne rentrée !

Caroline Girard

Le retour aux études !

J’en ai souvent lu des histoires de mamans qui effectuent un retour aux études avec de jeunes enfants, qui trouvent la conciliation étude-famille difficile et qui en arrachent pour y arriver. Je me disais que cela ne devait pas être si difficile, avec une bonne organisation. Après tout, moi dans la vie, j’aime ça organiser des choses, faire des listes, des calendriers avec tout plein de couleurs thématiques et mettre des post-it partout… donc je devrais y arriver facilement, non ?

Mais attends… je viens de déménager dans une autre province, sans famille ni amis, avec mon amoureux qui commence un nouveau travail et mes trois filles de 1, 3 et 5 ans… d’autant plus que ça fait 12 ans que je n’ai pas fait d’études… peut-être que ce n’est pas le meilleur timing ? Moment de réflexion intense…

Allez, je m’inscris !

Avec fébrilité, j’organise donc en différents cartables les premiers documents que je reçois par courrier (parce qu’avec de jeunes enfants à la maison, j’opte pour les cours à distance). Je me fais un méga calendrier contenant toutes les dates de remise des travaux et des examens prévus. Je me prévois des horaires d’études. Je déborde de bonne volonté et d’enthousiasme. Je suis prête !

Les cours débutent, et BAM !  

Jamais. Jamais je n’aurais pu imaginer combien la conciliation entre faire des études universitaires et assurer la survie de petits humains en constante quête d’attention pouvait être aussi difficile.

En toute franchise, j’étais bien naïve de croire que j’allais pouvoir travailler efficacement durant la sieste des enfants. Encore plus naïve de croire qu’à la fin de la journée, quand tout le monde serait enfin couché, j’allais encore être motivée et capable de travailler des heures durant….

Pire encore, j’ai découvert à ce moment-là un côté de moi dont j’ignorais encore l’existence : j’ai réalisé que j’étais maître dans l’art de la procrastination, mais que j’étais complètement incapable d’être productive et efficace sous pression… deux aspects assez incompatibles !

J’ai donc voulu abandonner une fois, puis deux, puis trois. Probablement plus, sans vraiment l’avouer. Mon chum m’encourage et me motive ; une chance que je l’ai, lui ! Et vous savez quoi ? Je continue, trois ans plus tard. Mon parcours est plus long que celui de tout le monde, j’accumule les reports de date de fin de cours, mais j’y arrive. J’ai quelques cheveux blancs qui me rappellent que mon parcours n’est pas toujours facile, mais qu’il en vaut la peine !

Alors, à toutes les mamans qui sont dans une situation semblable, vous avez toute mon admiration. Pour celles qui n’osent pas retourner aux études ou qui se questionnent, foncez ! Sachez qu’il n’y a jamais de « bon » ou de « mauvais » moment pour se lancer.

On en sort (presque) indemne ! 😉

Andrée-Anne Courchesne

Construire une solide routine d’école-maison 

Je termine ma cinquième année d’école à la maison. Quand j’ai débuté, mon plus vieux avait sept ans et mon plus jeune en avait quatre. Mon aîné est retourné à l’école en septembre pour y terminer sa sixième année, mais son petit frère fait toujours l’école à la maison. 

 

En 2015, j’étais tombée sur Julie Lapierre, parent-éducateur, en entrevue à l’émission Deux hommes en or. Elle parlait de son expérience d’apprentissages en famille et son témoignage a été une grande source d’inspiration pour la débutante que j’étais. Elle soulignait l’importance du plaisir dans cette aventure. Mais surtout, que l’instruction en famille devait rester agréable pour les enfants ET les parents. 

 

Pour que l’école à la maison reste douce pour moi, l’élément fondamental est de maintenir une certaine routine. Ainsi, mes enfants connaissent mes attentes et ça roule rondement. Je crois que le meilleur indicateur que notre routine leur convient aussi est que le blues du dimanche soir n’existe pas chez nous. Ils entreprennent chaque semaine d’école-maison avec enthousiasme. 

 

Je vais essayer de vous décrire notre horaire. Évidemment, chaque famille est unique et élabore sa propre recette. Loin de moi l’idée de prétendre que mon quotidien peut convenir à tous! Même ma propre situation a évolué avec le temps. J’ai fait l’école-maison à deux, puis à un enfant… J’ai fait l’école-maison au Québec et en Italie… Certains parents-éducateurs haïssent la routine, d’autres ont cinq enfants à la maison, des ados au secondaire, préfèrent la pédagogie par projets… Bref, chacun a sa manière de faire et ses raisons. Je vous partage ici bien humblement notre façon. 

 

Voici comment je découpe une année scolaire, une semaine et une journée type d’école-maison. 

 

Une année scolaire d’école-maison 

 

Est-ce que nous suivons le calendrier scolaire? Oui et non. 

 

Oui, parce que mes enfants ont presque le même nombre de jours d’école que ceux qui fréquentent une école québécoise, soit 5 sessions de 7 semaines d’école. 35 semaines. 175 jours. 

 

Entre chaque session, nous nous réservons une semaine de relâche d’automne, d’hiver et de printemps. Également, trois semaines de vacances à Noël et onze semaines de vacances d’été. La relâche est mon moment préféré pour planifier l’étape qui s’en vient. L’horaire de base est flexible et je n’hésite pas à déclarer vacances pour profiter d’une opportunité intéressante. Par exemple, accompagner papa en Allemagne pour le travail, wow! 

 

Mais comment affirmer que nous suivons réellement un calendrier scolaire quand nos enfants sont constamment en apprentissage? Le temps réservé aux cahiers d’exercices, à l’étude des mots de vocabulaire ou aux tables d’addition n’occupe qu’une petite partie de nos journées et ne représente qu’une infime partie de tout ce que nos enfants peuvent apprendre. Alors non, nous ne suivons pas vraiment de calendrier scolaire. Nos enfants sont en apprentissage à l’année longue. Il ne leur viendrait jamais à l’esprit qu’ils font l’école lorsqu’ils convertissent 20 euros en dollars canadiens… Il s’agit de leur quotidien, pas d’un problème de maths! Et ils ne font que s’amuser lorsqu’ils sortent toiles et pinceaux au retour d’une sortie au musée… Si seulement ils savaient… 

 

Une semaine d’école-maison 

 

Une semaine d’école-maison c’est : beaucoup de jeux et d’apprentissages libres + les avant-midis du lundi au vendredi dédiés aux matières du Programme. Français et maths quatre jours sur cinq. La cinquième journée est dédiée aux autres matières que nous enchaînons en boucle. Ex : science et arts cette semaine, géo-histoire et anglais la semaine suivante, et ainsi de suite… 

 

Dans un monde idéal, nous rejoignons nos amis d’école-maison deux après-midis par semaine pour différentes activités. C’est ce que nous faisions pendant nos deux premières années d’apprentissages en famille en Outaouais. Toutefois, pendant les deux années passées en Italie, nous avons dû regrouper nos activités la même journée pour faciliter la gestion des déplacements. C’était donc une journée complète de semaine que nous passions en rencontres au centre de la famille, en pratiques de soccer, en visites guidées de sites comme Pompéi ou en ateliers de confection artisanale de pâtes, d’huile d’olive et de mozzarella… De retour en Outaouais cette année, nous avons conservé cette habitude de sortir pour une journée complète le mercredi en joignant la COOP d’école-maison d’Aylmer. C’est un contexte idéal pour voir les matières autres que le français et les maths. 

 

Une journée d’école-maison 

 

À quoi ressemble un avant-midi d’étude (français et maths) chez nous? Je vais vous donner l’exemple d’une année où j’avais mes deux enfants à la maison (première et quatrième années). J’aimais beaucoup alterner d’un enfant à l’autre. Cette année, avec seulement mon plus jeune en troisième année, nous suivons le même ordre et je lui offre des récrés entre chaque bloc. 

 

Si vous vous inquiétez du fait que nous travaillons seulement l’avant-midi, n’oubliez pas que l’enseignement est très efficace en un à un et que je n’ai aucune gestion de classe à faire. J’ai amplement le temps de voir toute la matière au programme et même d’enrichir le tout avec des projets spéciaux comme notre magazine collectif d’école-maison. Mon aîné qui est retourné à l’école réussit très bien sa sixième année. Il a même été accepté au programme international pour l’année prochaine. 

 

Voici donc l’organisation d’une journée : 

 

  • Nous écrivons ensemble un petit courriel aux grands-parents, au parrain ou à un ami ;
  • Atelier d’écriture pour tous ; 
  • Mon plus vieux étudie ses verbes et mots de vocabulaire ;
  • Mon plus vieux progresse dans son cahier de français avec mon aide puis prend une pause ;
  • C’est alors au tour de mon plus jeune d’étudier ses mots de vocabulaire et de progresser dans son cahier de français ;
  • Mon plus jeune me lit une histoire sur le divan (le chat vient toujours nous rejoindre!) puis prend une pause ;
  • Mon plus vieux progresse dans son cahier de maths avec mon aide puis on révise ses tables de multiplication avec un jeu ;
  • Mon plus vieux a terminé son école. Mon plus jeune progresse dans son cahier de maths avec mon aide puis c’est fini!

 

Voilà donc concrètement notre quotidien d’enseignement à la maison. J’espère que vous avez apprécié votre petite visite chez nous! Dites-moi ce que vous en pensez 

 

Elizabeth Gobeil Tremblay 

 

Je suis mère… je suis une bonne mère

Le texte qui suit n’est pas écrit dans l’optique d’avoir la recette pour être une mère parfaite. Je n’ai pas la prétention d’être la parfaite mère. En revanche, je le dis, je suis une bonne mère. On dirait que juste cela sonne déjà prétentieux et pourtant, ça ne devrait pas être ça. Nous sommes capables de nous définir sur le plan professionnel, de nous mesurer aux autres, de dire nos forces, mais parfois, dans notre rôle de mère, nous n’avons pas la même aisance.

Dans quelques semaines, ma fille aura neuf ans, cela fera donc neuf ans que je suis mère. Je dirais qu’avec le temps, j’ai développé mes propres approches avec ma fille, tant par rapport à son développement que pour l’aider à prendre confiance en ses moyens afin qu’elle prenne sa place dans la vie. Au fil des événements, j’ai eu à développer des moyens pour me ressourcer.

Une chose qui est difficile dans le quotidien, c’est de s’accorder du temps pour soi. J’ai deux trucs que j’ai mis en place dans ma vie pour m’aider. Je prends le temps avant de sortir du lit le matin pour donner la couleur à ma journée en nommant mes intentions de la journée. Je demande parfois l’énergie pour vivre une journée calme ; parfois, je désire une journée sous le signe de l’efficacité. Bref, je le nomme, les yeux fermés, et je prends le temps de me faire un sourire. Ensuite, je sors du lit.

Autre chose que je fais, c’est le soir. Je ne mets plus mon cellulaire dans ma chambre. Je prends le temps d’écrire dix gratitudes pour ma journée et de lire un peu. Je lis quoi? Pour faire une histoire courte, mensuellement, je m’en vais à la bibliothèque et je consulte la section des nouveautés. Que ce soit des autobiographies québécoises, des livres de croissance personnelle, des romans, c’est dans cette section que je puise la majorité de mes lectures.

Au fil du temps, je me rends compte que ces petits gestes qui me prennent maximum quinze minutes par jour m’aident à rester dans le moment présent. Je vis ainsi la routine chargée du quotidien avec sagesse.

Il y a quelques années, j’ai lu le fameux livre Miracle Morning. J’ai mis en application les principes du livre. Le défi pour moi, c’était l’heure de lever. Ma réalité présentement, c’est que je me lève déjà à 4 h 30 le matin. Donc me lever encore plus tôt afin de m’accorder un temps de lecture, un temps de sport, etc. faisait un peu trop. Finalement, j’ai adapté le principe à ma réalité. Maintenant, tout en me levant encore à 4 h 30, en faisant les lunchs (je suis mentalement incapable de les faire le soir… j’ai souvent essayé), je m’accorde dix à quinze minutes pour faire du sport. Ensuite, c’est la douche avant de lever ma fille.

Finalement, je me suis inspirée du livre et je l’ai adapté à ma vie. C’est là où je veux en venir. Je lis depuis plusieurs années et je me rends compte à quel point mes lectures m’inspirent pour ma vie. Cela me force à me questionner, me repositionner et enrichir ma vie. Si j’écris ce texte, ce n’est pas pour t’imposer ce que je fais pour m’aider à maintenir le cap, mais c’est plutôt pour t’inspirer à vivre ta propre vie de mère.

Aussi, dernier point à mon avis : être mère, c’est comme le bon vin, meilleur en vieillissant. On développe nos aptitudes, on gagne en expérience et on a davantage confiance. Sans oublier que l’on retrouve un meilleur sommeil! Bref, à toi la maman d’une jeune fille, garde confiance, tu verras en laissant le temps au temps, tu grandiras! Xxx

Evelyne Blanchette

J’ai oublié mon enfant dans la voiture

Cette semaine, j’ai vécu une aventure qui s’est avérée être plutôt comique sur le coup, mais qui aurait pu facilement virer en drame familial… Déjà, il faut comprendre le contexte. Je suis l’heureuse maman de trois enfants, et je travaille beaucoup ces temps‑ci. Rien d’extraordinaire et plusieurs se reconnaîtront. D’habitude, c’est mon mari qui fait la tournée le matin pour aller porter tout ce beau monde à l’école et à la garderie. Le soir, je m’occupe du retour à la maison. Ici aussi, plusieurs se reconnaîtront dans cette routine.

Mais ce matin‑là, je commençais plus tard le travail, donc mon mari est allé porter les grandes à l’école et la plus jeune est restée avec moi pour la matinée. Son éducatrice était bien avisée que je viendrais la porter juste avant le dîner. Elle s’amuse bien dans la salle de jeu. Je prépare ma réunion de l’après-midi. L’heure avance, comme toujours beaucoup trop vite. L’heure du départ sonne. Ma fille s’habille seule, pendant que je prépare ma mallette, l’esprit encore absorbé par ma réunion. J’attache ma fille dans la voiture. J’installe ma mallette à côté d’elle, en faisant encore le décompte pour m’assurer de ne rien avoir oublié pour ma réunion. Et je pars.

À peine le trajet commencé, je pense aux tâches que j’ai à faire, au souper à préparer, etc. Ma présentation PowerPoint est‑elle prête ? Est‑ce que j’ai pensé à apporter mon agenda ? Est‑ce que j’ai répondu à tel courriel ce matin ? Est‑ce que j’ai fait tel retour d’appel ? Mon esprit est absorbé… Je réalise que je suis déjà sur l’autoroute. Pas trop de trafic aujourd’hui, c’est super ! Puis, une petite voix me fait sursauter : « Maman ? C’est loin, la garderie aujourd’hui ! ». Je fige. Ma fille est encore assise bien sagement derrière moi. On a passé la sortie de la garderie depuis vingt bonnes minutes. J’ai oublié ma fille. J’ai. Oublié. Ma. Fille. Je n’arrive pas à y croire moi‑même ! Ça fait presque dix ans que je m’occupe de mes enfants. Je n’ai jamais, jamais, jamais oublié l’un de mes enfants !

Évidemment, rien de dramatique n’est arrivé. On a beaucoup ri, ma fille et moi. Elle m’a dit que j’étais vraiment « dans les patates » ce matin ! J’ai fait demi‑tour vers la garderie. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de penser au drame que ça aurait pu être… Et si ma fille avait été un poupon qui ne parle pas ? Et si elle s’était endormie ? Et si j’avais posé ma mallette en avant ce matin‑là ? Et si j’étais allée travailler en l’oubliant là ? Et si c’était pendant une canicule ? Un oubli. Un simple oubli.

Ma grande fille de trois ans a ri, cette fois où j’ai été dans la lune, au beau milieu de l’hiver. Mais je comprends tout à coup comment peut se sentir le parent qui a oublié son bébé, en pleine canicule, celui qui ne s’est jamais réveillé… Mon cœur sursaute encore. Dans cette vie effrénée, il nous arrive tous d’oublier notre cerveau à la maison. Mais aucun parent sur cette Terre ne se pardonnera d’avoir oublié son enfant dans la voiture.

Je vous raconte cette petite aventure, parce que je sais que plusieurs parents se reconnaîtront ici. Je me dis que l’été prochain, quand les médias partageront le prochain drame familial, peut-être que les réactions vont changer. Peut-être qu’au lieu de pointer du doigt, de lancer votre incompréhension à travers des messages haineux et de tomber dans des clichés de stéréotypes, peut-être que plusieurs d’entre vous seront alors, tout comme moi, remplis d’une grande vague d’empathie et d’amour. Parce qu’un oubli, ça peut arriver à tout le monde.

Joanie Fournier

 

La première fois que je t’ai abandonnée

Je t’amène aujourd’hui à reculons à la première journée où je t’abandonne. Ta première journée à la garderie. J’entends déjà mes amies-mamans et vous, lecteurs, soupirer, en pensant que j’exagère. Mais c’est comme ça que je me sens ce matin. Comme si je faisais quelque chose de mal.

Je roule avec la maudite neige qui finit plus de tomber en me disant que je devrais plutôt retourner chez moi. Je m’invente des excuses et des raisons de « température pas belle » pour rebrousser chemin. Je m’écoute penser et on dirait mon père… toujours prêt à nous garder avec lui quand on vient faire un petit tour chez lui. « Prends pas le volant, reste à la maison, c’est plus prudent », dit-il après un demi-centimètre de neige. C’est sa façon de nous dire qu’il nous aime. Sa façon de nous avoir près de lui.

Retournons à ma tempête.

Ma fille, Tu auras un an cet été, donc tu n’as pas encore d’âge officiel. T’es mon bébé de 8 mois. Des fois 7 et demi, des fois 7 et 20 jours (dans ma tête), bref, disons 8 ! C’est presque le même temps pendant lequel je t’ai portée dans mon ventre.

Tu ne marches pas, tu commences à ramper, tu jases de plus en plus. Tu es à l’apogée de pas mal tous tes premiers moments et moi, je m’en vais confier tout ça à quelqu’un que je connais à peine.

Bien sûr, je t’ai préparée, je t’ai expliqué avec des mots que tu ne comprends pas encore. On a joué avec ta routine et nous avons chamboulé tes horaires. Voilà pourquoi je rushais donc à te faire faire ta sieste à 9 h pile. Pour te préparer…
J’aimerais que tout cela soit différent. Que l’on n’ait pas à se détacher. Du moins pas tout de suite.

J’aimerais qu’on puisse jongler avec nos journées à notre rythme, au tien… mais maman doit travailler. Et toi, il paraît que tu dois apprendre à vivre sans moi, à faire confiance aux autres, à rencontrer de nouveaux amis qui, évidemment, te refileront la gastro-grippe-toux-nez-pipi-caca.

Je t’aime. Je n’ai rien d’autre à dire et il n’y a rien que je puisse faire. On ne passera pas notre vie entière ensemble 24 heures sur 24. C’est le maudit côté poche quand tu décides de mettre une poulette au monde. Nous ne pouvons pas couver éternellement.

Nous voilà devant la garderie, il neige un peu moins… mais j’ai des flocons dans les yeux. Je te regarde dans le rétroviseur, tu souris. « Ça va aller, maman. »

 

Top 10 pour un temps des fêtes sans culpabilité

Je ne sais pas pour vous, mais pour ma part, à chaque temps des fêtes, j’ai la tête ben pleine de projets pour remplir nos journées off… tellement de projets qu’on a finalement du mal à prendre le temps comme il vient… ne rien faire.

Voici mon top 10 des choses à faire sans culpabilité pendant les congés des fêtes :

1 – Écouter Ciné‑Cadeau pendant toute une journée en mangeant des restants de dinde en famille sous une grosse couette; être ensemble et ne rien faire.

2 – Mettre un petit remontant dans nos cafés même si on est juste lundi… On le mérite. Penser à soiiiii! Manger ses toasts au beurre de pin avec un bon gros mimosa!

3 – FAIRE DES SIESTES. Décrocher le téléphone, fermer les yeux sur le bordel, procrastiner en pensant au lavage. Tout peut attendre sauf ce temps ensemble qui file déjà.

4- Improviser une journée « neige » : faire un fort, glisser, patiner avec les copains!

Improviser la journée parfaite qui ne coûte rien et qui laisse un souvenir dans chaque cœur. Souvenirs d’hiver, enfants et amis : plaisirs garantis.

5 – Découcher! Aller souper chez les amis ou la famille et rester pour la nuit en famille… Enfants heureux au matin juste par cette petite folie inhabituelle… Se réveiller avec l’odeur du café à ma tante Denise, ça n’a pas de prix comme souvenir!

6 – Recevoir les gens qu’on aime.

Ne pas se planifier 10 000 soupers pour s’en tenir à l’essentiel : les gens qui comptent.

7 – Refuser les invitations.

Se permettre de refuser les invitations même si rien n’est au menu… Avoir le droit de vouloir rester à la maison en famille et de relaxer. On a le droit de dire non sans se justifier!

8 – Faire plaisir aux petits, les laisser choisir ce qu’on mange… Prendre le temps de cuisiner les repas avec eux… Prendre le temps de recevoir un de leurs amis à coucher… faire des choses pour EUX.

Monopoly d’après-midi et soirée Scrabble.

9 – Sortir de la routine.

Elle nous accapare tellement tout le reste de l’année… tassons‑la pendant les congés!

On saute un soir de bain et tout le monde est fou! Nous, dans nos «  classiques », on aime bien arrêter manger des hotdogs en pleine nuit en revenant du Noël familial… Réveiller les enfants pour aller manger des hotdogs en ville… le bonheur!

10 – Cliché, mais tellement essentiel :

SE DIRE QU’ON S’AIME.

S’AIMER.

Réaliser la chance qu’on a de détenir l’essentiel.

Apprécier et reconnaître.

Joyeux Noël 🎄

Lisa-Marie Saint-Pierre

Guide de survie du temps des fêtes

Juste à penser à ce qui vient à la fin décembre, vous avez automatiquement en tête la chanson « Noël, j’ai mal au cœur » de RBO? Pour vous, les partys de Noël riment avec Tylenol? Le ragoût de pattes de cochon de tante Rita et les couronnes de crevettes de tante Pierrette sont un cauchemar pour vous? Ne vous en faites pas, vous n’êtes pas seuls dans votre navire! J’ai donc élaboré avec les années un petit guide pour passer de manière quasi intacte à travers les deux semaines intensives que représente le temps des fêtes!

Les cadeaux

1-      Je ne vous apprendrai pas que Noël arrive le 25 décembre chaque année, donc n’attendez pas au 1er décembre pour vous lancer dans les centres d’achats.

2-      Privilégiez le magasinage en ligne, ça vous permet de ne pas avoir à mettre le nez dans les Toys’R’us et le tout peut se faire en pyjama, à la maison, à l’insu des petits curieux pendant qu’ils dorment.

3-      N’hésitez pas à faire des suggestions aux proches et à leur demander de s’en tenir à la liste.

4-      On s’emballe facilement quand il est question de cadeaux, surtout quand on prend de l’avance pour les achats et qu’on oublie ce que l’on avait acheté précédemment… N’oubliez donc pas vos cachettes afin d’éviter le surplus!

5-      Ne vous froissez pas si, au final, les enfants jouent plus avec les boîtes et les emballages qu’avec les cadeaux à proprement parler!

Les partys

1-      Ne vous sentez pas obligé de voir toute la parenté en deux semaines. Il ne se passe jamais rien (ou presque) en janvier; organisez-vous des soupers ou des après-midi avec de la famille durant ce mois qu’on trouve parfois long et pénible!

2-      Qui dit réunions en famille ou entre amis dit bruit. N’hésitez pas à apporter les coquilles coupe-son de votre enfant. Si vous n’en avez pas, c’est le moment idéal de vous en procurer… idée cadeau! 😉

3-      Si vous passez la soirée hors de la maison et que votre enfant doit éventuellement se coucher ailleurs que dans son lit, faites-lui visiter, si possible à l’avance, l’endroit où il dormira.

4-      Essayez, dans la mesure du possible, d’arriver dans les premiers à la réception. Plus facile pour des enfants de gérer plusieurs personnes s’ils les voient arriver au fur et à mesure que d’arriver une fois que tout le monde est sur place.

La nourriture

1-      Si vous avez la possibilité et la place pour recevoir chez vous, faites-le! Faites un pot luck où chacun apporte une partie du repas; vous vous assurez ainsi que les marmots qui ont des rigidités alimentaires auront certains mets adaptés, qu’ils aiment, faits par leurs parents!

2-      N’hésitez pas à suggérer de faire une « table des enfants ». Les enfants sont ainsi un peu à l’écart, mais jamais bien loin de l’œil des parents et ne sont pas parmi une foule d’adultes qui parlent et rient fort à table durant le souper.

3-      Les enfants n’ont pas hyper faim, c’est normal, c’est l’énervement du temps des fêtes. Ne forcez donc pas la note si jamais le repas entre moins bien qu’à l’habitude.

4-      Vérifiez la quantité de sucre ingérée par les enfants. Les plats de bonbons sont omniprésents dans le temps des fêtes. Les indigestions sont vite arrivées et gâchent les partys!

La routine (si vous avez des enfants à besoins particuliers)

1-      Je reviens avec un conseil donné précédemment : si vous avez la possibilité et la place pour recevoir, allez‑y. Vos enfants seront dans leur univers, auront leurs repères et pourront aller en retrait dans leur endroit de prédilection si jamais le bruit, le nombre de personnes ou les odeurs deviennent trop intenses.

2-      Utilisez des pictogrammes pour bien préparer vos enfants aux changements de routine. Si vos enfants sont de nature « techno », l’application Niki Agenda pour les tablettes est vraiment géniale en ce sens et reprend les images de la série Les Pictogrammes, déjà connues par les enfants.

3-      Prévoyez avec la famille et les amis un endroit où les enfants pourront aller se reposer ou être à l’écart si jamais le besoin se fait sentir. Faites visiter cet endroit à votre enfant une fois arrivés sur place.

Je vous souhaite un bon temps des fêtes, pas trop de stress, et gardez-vous un petit verre de vin à portée de main, vous le méritez amplement!

Annie St-Onge

 

Quand les enfants grandissent, on se découvre, mon homme

Je me répète, mais bon. J’ai rencontré mon homme lorsqu’il avait une blondinette de deux ans. Neuf mois plus tard, nous étions quatre. Trois ans plus tard, nous étions cinq. Une famille complète qui baignait dans la routine dès ses débuts.

Dix‑huit ans se sont écoulés. Notre couple vient d’atteindre sa majorité. Nous pouvons désormais lever notre verre à nos réussites. Mais d’abord et avant tout, à nous deux, mon amour.

Débuter une relation sur une routine minutieusement calculée sur des boires, des changements de couches, des allées et venues au service de garde et des échanges de ta grande avec sa maman. Non, on ne se l’est pas donnée facile.

On s’est découvert sous nos moins beaux soleils. Sous nos nuits écourtées. Mes SPM méconnus autant par moi que par toi (car, OUI, les hormones de femme enceinte, ça te change une femme!), nos activités individuelles et tout ce qu’une vie de famille comporte.

Nous sommes devenus rapidement deux complices d’un quotidien familial. On vivait dans le moment présent. Difficilement de vivre dans le futur, car nos enfants nous ramenaient souvent au présent par leurs continuelles demandes immédiates. 

Puis, un jour, chacun de son côté, on s’est questionné. On a pris le temps de scruter notre futur personnel. On s’est permis de changer, sans demander l’opinion à l’autre. Les changements entrepris ont grafigné un peu notre couple. Pas trop, mais juste assez pour que l’on prenne le temps de se dire que ça nous dérangeait. Pour que nous prenions le temps de dire à l’autre que, outre la famille que nous avions, outre le couple que nous étions, l’être que nous étions avait besoin de se redonner de la valeur. De se considérer, de s’affranchir.

Nous avons discuté comme jamais auparavant. J’ai discuté du MOI. Moi, Mylène. Tu as discuté du TOI. Toi, mon homme. Je t’ai écouté comme tu m’as écoutée. Attentivement, puis passionnément. Te découvrir et me laisser découvrir est encore aujourd’hui enivrant. Nos discussions se sont échelonnées sur des mois durant.

Avec les années, nous n’avions pas tant changé, mais nous n’avions pas laissé entrevoir à l’autre celui et celle que nous étions avant le début. Avant le début de notre nouveau monde. Nous avons laissé la routine tout cacher. Laissé la routine prendre le dessus sur tout. Enfouir l’être pour ne devenir que le couple, que la famille. Ensemble, nous avons creusé, déterré et laissé fleurir à nouveau le MOI et le TOI au sein de notre couple.

À force de discussions, nous avons découvert des intérêts communs. Tu te définis autrement que par ce que je croyais que tu étais. Outre le football, le volleyball, ta profession et ta famille, il y avait plus et cela me rejoint. À force de discussions, je t’aime davantage pour ce que tu es que pour ce que je croyais que tu étais. Nous nous sommes finalement trouvés.

Maintenant, nos filles quittent tour à tour la maison. Tour à tour, elles vont faire germer leur MOI vers de beaux ailleurs. Nous laissant plus de liberté à nous deux. Plus de moments libres pour apprendre à vivre à deux. Plus de moments libres, aussi, pour apprendre à laisser vivre l’autre. Le laisser paraître et apparaître. C’est aussi ça la vie à deux. Permettre à l’autre d’être!

Chéri, il est bon de te découvrir. Santé mon amour!

 

 Mylène Groleau

La chassoparentalité

Depuis maintenant cinq jours, j’essaie tant bien que mal de garder le fort à la maison. La période de la chasse est ouverte et plusieurs comme moi sont en mode chassoparentale.

Je me sens comme une poule à qui on vient tout juste de couper la tête. Je cours d’un bord et de l’autre, sans trop être efficace et surtout pour rien. Car à la fin de la semaine, je finirai à plat ventre sur le plancher ou roulée en boule sous ma table, en espérant que mes filles n’arrivent pas à me trouver.

Je me suis transformée à la vitesse de l’éclair en une compagnie de taxi. Il y a les pratiques de foot du plus vieux presque tous les soirs de la semaine. Sinon, ben il travaille et n’a pas de permis de conduire, alors devinez qui doit le reconduire?

Les filles font de la gymnastique, évidemment toutes des soirs différents et qui rentrent en conflit avec les pratiques de foot et la job de l’ado.

Je me tape les devoirs et leçons de mes deux plus grandes (alléluia! La plus jeune est à la maternelle). Faire les devoirs avec une TDAH/TOP, c’est d’une facilité déconcertante… je me bats chaque soir. Une lutte sans merci entre elle et moi. Bien sûr, elle a un exposé à faire cette semaine‑là.

Je ne sais pas qui veut tester les capacités parentales des femmes chassoparentales, mais je soupçonne vraiment que c’est celui qui a inventé les périodes de chasse.

Pendant ce temps, le chasseur se la coule douce avec de grosses décisions à prendre. Je dors ou pas cet après-midi? Quel call j’utilise, le buck, la femelle? De lourdes décisions qui pourraient changer le sens de rotation de la Terre.

Tout ce travail pour peut-être rapporter un orignal mort à la maison. L’orgueil gonflé à bloc. Moi homme, moi rapporter viande à la maison.

Je n’ai pourtant aucune envie de répondre en me promenant gaiement dans les champs avec mon petit panier et en ramassant des petits fruits.

Non, je suis plutôt cette poule guillotinée, qui court pour répondre aux besoins de chacun de ses poussins en s’assurant que tout le monde mange, soit propre et que tous arrivent à temps (ok, peut-être un peu en retard) à chacune de leurs activités.

Je lève mon chapeau bien haut à toutes les mères monoparentales qui vivent chacune des semaines de l’année à dealer avec la routine familiale seule.

Moi, je ne sais même pas si je terminerai cette semaine vivante…

Mélanie Paradis