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Sauf votre respect

Je circule normalement, j’approche d’une intersection...

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Je circule normalement, j’approche d’une intersection…

Je roule quelques kilomètres au-dessus de la limite, je vois ce VUS noir luisant qui approche d’un arrêt. Il veut tourner à gauche. Le conducteur me regarde, ralentit et… fonce! Je dois faire une manœuvre pour éviter de l’emboutir. Son beau véhicule hors de prix – du moins, il le serait, si les taux à la location n’étaient pas si bas.

Pas de rage au volant, je n’ai même pas klaxonné. J’avais prévu ce geste irréfléchi. Cette personne n’a fait qu’une démonstration. Bien plus évidente que de sa seule incapacité à suivre le Code de la route. Le respect, c’est une denrée rare. De plus en plus. Un moi, aussi important, doit toujours s’exprimer librement. Au détriment des autres humains. Encore plus dans un tel véhicule de luxe.

J’espère simplement qu’il se reconnaîtra ici. Comme bien d’autres…

Je l’imagine dans toute sa complexité. Un être malheureux. Comblé de biens inutiles. Il veut la reconnaissance de la société, pour son succès. Mais sans offrir en retour un élément essentiel de la vie en collectivité. Le respect.

Cette personne pourra facilement se justifier. Après tout, les réseaux sociaux valorisent les gestes égoïstes. Je suis, donc je m’exprime! Rarement je vais me soucier des autres. Je me sais meilleur qu’eux, après tout.

Ce n’est qu’une anecdote. Vous avez sans doute mille exemples, au quotidien, de tels gestes égoïstes. Parfois subtils.

J’ouvre la porte de la voiture à mon amoureuse. Ce n’est pas de la simple galanterie d’une autre époque. C’est pour dire publiquement : je te respecte, mon amour. Tu es importante dans ma vie. Mes bottines doivent suivre mes babines. Comme je vais y aller aux inconnus d’un sincère « Bonjour, comment allez-vous? » avant même d’exprimer ce que je veux. Le respect, c’est un des rares trucs qu’on doit donner, si on veut en recevoir.

Mettez-vous donc de côté. Le plus souvent possible. Donnez à l’autre toute la place que vous souhaitez, pour vous-même. C’est le principe même du respect.

Vous verrez, on se sent mieux et bien plus heureux…

michel

 

Déménagement: un peu de savoir-vivre s’impose!

Quand tu vends ta maison ou ton condo ou que tu quittes ton appartem

Quand tu vends ta maison ou ton condo ou que tu quittes ton appartement, pleaaaase! Démontre un peu de savoir-vivre. Ça ne t’enlèvera rien, et ça donnera beaucoup à la personne qui occupera l’espace.

Un B.A. BA simple :

–          La journée où tu dois remettre les clés de la propriété, go! La maison n’est plus à toi, lève les feutres. Tu. N’as. Plus. Le. Droit. D’y. Revenir. Point. Et de grâce, pars avec tes vidanges.

Ça peut sembler aller de soi, mais apparemment, pas pour tout le monde. J’ai déjà vu l’ancien propriétaire squatter mon coin de terrain toute une journée, assis sur ses derniers bagages en attendant que quelqu’un passe le chercher. Et j’ai vu ce même propriétaire entrer dans MA maison pour ME questionner sur le fait que j’arrachais allègrement le tapis puant qu’il avait laissé.

J’ai aussi failli perdre connaissance quand l’ancienne propriétaire m’a annoncé qu’elle gardait les clés et tous les accès à MA maison au moment même de signer la prise de possession. Euh… c’est parce que j’ai des déménageurs qui attendent devant MA porte! Notons que cette même vendeuse sans scrupules avait laissé assez de vidanges pour remplir un camion…

–          Quand tu sors tes électroménagers de leur trou, garde-toi un balai, une guenille et du nettoyant. Rien de mieux qu’un dessous de four pour accumuler les miettes et les bubus.

–          Les fonds de tiroirs et d’armoires aussi attirent les miettes et les restants d’un peu n’importe quoi. La bonne nouvelle, c’est que ça se lave! Ben oui! Et là, je ne te parle même pas des toilettes, du bain et de la douche, parce que je sais que tu sais que ça ne se fait pas, laisser sa m… pour que les autres la nettoient. Et pourtant! Fait vécu à l’appui, je sais que ça arrive!

–          La pile de la télécommande de la porte de garage et les ampoules de la salle de bain viennent avec la maison. Laisse‑les là. Si tu en as besoin dans ta nouvelle demeure, lève tes fesses et va t’en acheter des nouvelles au dépanneur. Déménager dans une maison où aucune lumière n’allume, c’est franchement plate.

–          Si le nouveau locataire ou le nouveau propriétaire reçoit du courrier avant ton départ, come on. Ça ne t’appartient pas. Tu n’as rien à gagner en gardant ses lettres et ça pourrait avoir des conséquences pour la personne à qui il manquera des comptes. Laisse‑les sur le comptoir. Et tant qu’à bien faire les choses, laisse-lui aussi la clé du courrier. Il pourra toujours faire changer la serrure de la boîte postale quand il le souhaitera.

–          Si tu es frustré parce que tu considères le prix reçu pour ta maison trop bas, fais-toi à l’idée. Tu pouvais refuser de la vendre à ce prix-là ou l’entretenir pour qu’elle vaille plus cher. Une fois que l’offre d’achat est acceptée, merci bonsoir. Va passer ta frustration ailleurs que sur le nouveau propriétaire. Il n’a pas besoin de subir ton stress en plus de désinfecter tes toilettes.

–          Ce qui est cloué ou vissé dans la structure, ça appartient à la structure. Ça inclut les 2 х 4 qui encadrent le jardin et les fils du câble. Ben oui, ça aussi, ce n’est pas tout le monde qui comprend ça.

Heureusement, après une dizaine de déménagements, je peux dire que les horreurs sont rares. Par contre, je peux aussi dire que quand elles arrivent, elles viennent en gang. Le défi, c’est de se sentir chez soi et de construire son bonheur en oubliant le stress et la surdose de nettoyage (merci, laines d’acier et eau de javel!) Petit à petit, l’oiseau fait son nid…

Nathalie Courcy

Pis ? Es-tu enceinte?

D’emblée, je vous dirais que cette question ne se pose pas. Je ne

D’emblée, je vous dirais que cette question ne se pose pas. Je ne parle pas d’une personne proche de vous qui se confie et avec qui vous êtes très à l’aise. Je vous parle de toutes ces autres femmes que vous connaissez plus ou moins.

Devenir enceinte… Il ne faut surtout pas que ça arrive pendant une plus ou moins longue partie de notre vie et, tout d’un coup, il faut que ça arrive tout de suite! C’est un processus tellement complexe et tellement intime. Certains (oui au masculin, j’inclus les papas dans le processus!) vivent très bien avec tout ça et sont très zen. D’autres vivent stress et angoisse à différents niveaux parce qu’ils sont suivis en fertilité, parce qu’ils ont vécu des fausses couches ou simplement parce qu’ils sont de nature plus anxieuse.

En plus de ne pas savoir comment ces couples vivent tout ça, il y a le fameux stade des douze semaines que chacun vit différemment. Poser la question à une femme qui n’a rien annoncé, c’est lui demander de vous mentir ou lui imposer de vous en parler alors qu’elle n’est peut-être pas prête.

J’ai fait deux fausses couches. J’ai abordé la question dans un précédent texte. Je trouve très indélicat de me faire demander : « Pis? Es-tu enceinte? » par des personnes de qui je ne suis pas si proche, mais qui sont tout de même au courant de la situation. Pour que je parle d’une grossesse, je dois être enceinte ET prête à en parler! C’est certain que c’est une bonne nouvelle que je vais toujours partager rapidement avec mes proches, peu importent les circonstances. Les collègues et autres personnes que j’apprécie, mais qui ne font pas partie de mon cercle proche… au risque de sembler de mauvaise foi, je ne leur dois rien. Je devrais avoir le droit d’annoncer les événements que je vis à qui je veux, quand je veux. Eh oui, après deux fausses couches, bien que rationnellement, je sache que je suis une simple statistique triste, que je ne suis pas plus à risque qu’une autre d’en vivre une troisième, je suis malgré tout pas mal plus stressée qu’à ma première grossesse. Eh oui, j’attendrai mon échographie de douze semaines avant de faire une annonce officielle. Si je me fais poser (encore!) cette question avant, je serai seulement très inconfortable de vous faire comprendre le plus délicatement possible que vous êtes indiscrets, que je sois enceinte ou non. Ça me rend très inconfortable comme situation et j’ai beaucoup de difficulté à comprendre que ces personnes ne soient pas conscientes de me brusquer.

Ah! Et demander à une collègue bien fort qui n’est même pas votre amie Facebook dans un cadre de porte d’un endroit rempli de gens : « Aye! T’attendais pas un bébé, toi? », ça aussi, c’est non. Utilise ton fin sens de la déduction; si tu me savais enceinte il y a environ cinq mois et que je n’ai pas de bedaine… comment je te dirais ben ça pour ne pas créer de malaise? « Oui, mais plus maintenant et je n’ai pas du tout envie d’en discuter avec toi. » J’aurais aimé penser à cette réponse plus tôt, mais j’ai été grandement prise au dépourvu…

Simplement, soyez délicat. Après tout, une femme enceinte déborde d’émotions, paraît-il!

Jessica Archambault

 

Les Gens

C’est le retour des vacances. Avec les enfants, nous sommes allés

C’est le retour des vacances. Avec les enfants, nous sommes allés visiter les endroits les plus branchés. C’tait ben le fun. Mais dans ces endroits publics, nous avons croisé toutes sortes d’humains, venant d’un peu partout avec leurs bagages éducationnels et culturels.

Pis là, j’ai réalisé quelque chose de vraiment frappant : je les ai jugés. Moi qui prône l’ouverture et le respect, moi qui défends les droits de tous, moi qui prétends accepter la différence, j’ai jugé. J’ai jugé des Québécois pure laine que j’appellerai ici les gens. Alors juste pour être certaine que notre société part sur une petite base de civisme, voici dix règles de vie en société que j’aurais aimé leur rappeler…

1— La madame aux glissades d’eau qui n’a pas pris la peine d’attacher le haut de son maillot de bain dans son dos. S’il est trop petit, tu en achètes un autre à ta taille. S’il te fait, veux-tu ben l’attacher dans ton dos au lieu de laisser flotter le tissu devant ta poitrine?

2— La maman aux manèges de la Ronde, celle que j’ai entendu dire à sa fille de deux ans : « Ouin, ben le Advil marche pas. Tu fais encore de la fièvre. » Ta fille a le visage recouvert de boutons et est brûlante de fièvre… Peux-tu m’expliquer s’il te plait c’était quoi l’idée de la faire monter dans le manège à côté de ma fille? Parce que ton virus, là… t’étais pas obligée de le partager, t’sais!

3— Le père qui a laissé son enfant de trois ans aller faire la file « tu-seul-comme-un-grand » dans la foule bondée de monde… Au lieu d’avoir les yeux rivés sur ton écran de cellulaire, tu aurais dû surveiller ton petit bonhomme et tenir sa petite main dans la tienne.

4— Aux parents de l’enfant dans la file d’attente des billets… Quand TON fils me frappe une fesse une fois, ok, c’est peut-être un accident. À la troisième claque sur la fesse de la madame que tu connais pas devant toi, c’est-tu possible d’intervenir s’il te plait?

5— Y’a des écriteaux partout dans les aires de circulation pour rappeler aux gens de mettre leurs vêtements et de ne pas se promener partout en maillot de bain en dehors des aires de piscine… Premièrement, c’est juste logique, pas besoin de pancartes pour le dire. Oups, oublie mon dernier point… parce que MÊME avec des pancartes, y’a encore des gens en maillot de bain, ventre à l’air, qui s’en vont regarder les lions au zoo…

6— La grand-maman qui décide de faire faire son premier manège au bébé. Ça te semblait peut-être une bonne idée au départ, mais si le bébé en question a deux mois et qu’il ne se tient même pas encore assis tout seul, il aura pas de plaisir! Faque il va crier tout le long, pis toi, tu vas continuer d’essayer de le distraire pour prendre une photo… Fais donc comme les autres et attends qu’il soit assez vieux pour avoir envie d’y aller.

7— Dans la piscine à vagues, pourquoi j’ai l’impression que la majorité des enfants n’ont pas appris à ralentir en courant à côté de quelqu’un? C’est beau un enfant qui s’amuse dans l’eau, mais quand je suis debout, du haut de mes 5 pieds 6 pouces et que ça fait trois fois qu’il m’asperge jusqu’au visage, c’est pas normal. Que je voéye un de mes enfants arroser un inconnu pour voir!

8— On est tous là pour avoir du plaisir. On a tous payé le même prix. On veut tous la voir, la belle girafe. ARRÊTE DE ME POUSSER!

9— Quand tu accroches un enfant, que tu marches sur son pied, que tu fais tomber son breuvage sur le sol, que tu fais tomber son sac ou que tu le fais trébucher… peux-tu S’IL TE PLAIT prendre une seconde pour t’excuser?

10— Quand les gens attendent les uns devant les autres, on appelle ça une file d’attente. C’est facile à reconnaître, y’en a souvent une devant les guichets pour payer, pour commander ou pour jouer. Le principe, c’est que tu dois te placer DERRIÈRE la file et ATTENDRE TON TOUR. En plus, t’es supposé enseigner ce principe-là à tes enfants… pas les faire passer devant tout le monde en les poussant! Ben oui, tout le monde t’a vu.

Je suis consciente que ce texte est une grosse montée de lait bien personnelle. Oh! Que ça fait du bien! Et toi, qu’as-tu vu qui n’avait pas de bon sens dans tes vacances? Qu’aimerais-tu rappeler aux gens?

 

Joanie Fournier

À vous, parents de sportifs

Sixième partie de hockey en deux jours. À force de courir à gauch

Sixième partie de hockey en deux jours. À force de courir à gauche et à droite, mon conjoint et moi sommes plus épuisés que nos petits sportifs eux-mêmes. En arrivant à l’aréna, nous remarquons une voiture de police stationnée devant l’entrée. Une scène quasi normale ou devrais-je dire, trop commune dans le monde du sport amateur.

Apparemment, un enfant dans l’estrade avait un sifflet, ce qui a causé des faux arrêts de jeu sur la glace puisque les joueurs croyaient que c’était l’arbitre qui sifflait. Les parents dans les estrades ne savaient pas qui était le responsable des sifflements, ce qui a fait boule de neige, les uns accusant les autres. Bref, il a fallu l’intervention de la police pour calmer les gens.

Le coach me dit : « C’est triste, je n’avais même plus la concentration des joueurs. Ils regardaient tous leurs parents se chicaner dans les estrades. »

Pouvons-nous peser sur « Pause » un instant? Est-ce vraiment là l’image que l’on veut montrer à nos jeunes? Je comprends le fait d’être passionné, intense ou même épuisé, je suis la première à crier comme une folle dans le feu de l’action, mais est-ce possible de rester civilisé?

Ne m’écrivez pas pour me raconter votre version des faits, là n’est pas la question. Moi, je vous parle de respect. D’avoir un esprit sportif tout en restant respectueux.

Même chose lorsque j’entends des parents rabaisser des joueurs. « En tout cas, si c’était mon enfant, il ne jouerait plus au hockey! » « Franchement, s’il ne veut pas jouer, qu’il reste chez lui. » « Comment ça, il est dans le A lui, c’est clairement un B! »

HEY! Ça suffit! Si moi, je vous entends, eh! bien, tout le monde vous entend, y compris votre enfant, y compris le joueur qui a mal joué. Si vous n’êtes pas d’accord, discutez-en en privé avec le coach ou bien comme on dit, lavez votre linge sale en privé à la maison!

Est-ce que je suis la partisane parfaite? Non. Je me laisse souvent emporter par l’émotion et je deviens alors frustrée ou déçue. Une fois, j’ai même vraiment détesté le coach de mon fils. Est-ce que mon fils l’a su? Non. Je n’avais aucune raison de lui mettre des pensées négatives en tête.

Nous voulons tous que nos enfants excellent et nous souhaitons tous que nos enfants remportent la victoire. Mais est-ce possible de créer un environnement sportif positif? Si l’équipe de mon fils perd, je ne veux pas qu’il s’en prenne au joueur fautif. Je veux qu’il trouve ce qu’il peut faire pour que l’équipe entière s’améliore, non pas qu’il pointe du doigt le plus faible. Voilà selon moi, la différence entre celui qui AGIT en champion et celui qui PENSE comme un champion. Celui qui agit en champion deviendra les gros bras sans cervelle; celui qui pense en champion deviendra un leader. Voyez-vous la nuance?

Un autre point : huer les enfants de l’équipe adverse lorsqu’ils vont récupérer leurs médailles, est-ce vraiment la bonne manière de faire preuve d’esprit sportif? Non, vraiment pas! Ces enfants ont aussi bien joué que le vôtre et le fait de rabaisser les autres ne fera pas de votre enfant un meilleur athlète. Il ne fera qu’imiter votre attitude négative.

Je n’écris pas ce texte dans le but de lancer un débat, mais dans le but de vous faire réfléchir à votre attitude dans les gradins. Réfléchissez à l’image que vous envoyez à vos enfants, parce qu’ils sont toujours là à vous épier.

Alors pensez-y, votre enfant se donnera-t-il des airs de champion ou agira-t-il en réel champion? Et vous, aurez-vous réellement un bon esprit sportif ou vous donnerez-vous simplement des airs?

Geneviève Dutrisac

 

Ding! Dong! C’est le voisin!

Le printemps cogne à notre porte. Et avec lui, tous les voisins du

Le printemps cogne à notre porte. Et avec lui, tous les voisins du quartier!

Avec mes filles heureuses d’être contentes avec elles-mêmes, j’ai peu connu les joies des amis de quartier. À l’occasion, un coup de téléphone : « Maman, Ariane demande si je peux aller dormir chez elle… Pleaaaaaaaaaaaase! » Même encouragées par des parents bienveillants (et qui auraient aimé que les jouets restent rangés plus que deux minutes et quart), nos filles résistaient à l’appel de la petite voisine à vélo qui cherche une copine. « Maman, je suis trop gênée » ou encore « C’est même pas mon amie! » Mais rarement un toc-toc-toc imprévu.

Avec mes gars, c’est une tout autre histoire. Ils sont populaires. Ils sont des leaders. Même parmi les plus grands, ils se taillent une place : « Salut tout le monde! Je m’en viens jouer avec vous autres! Est-ce que je peux être le gardien de but? Mon petit frère va faire du vélo proche de nous, ok? »

Alors quand le beau temps se pointe le bout du gazon, on plonge dans un tout nouvel univers.

Jeudi matin, 6 h 47. Je me lève. D’habitude, à cette heure, j’ai déjà reçu une quinzaine de câlins de petits bonhommes heureux. Mais là, je les cherche. Pas de bottes dans l’entrée. Pas de manteau sur le crochet. Un pantalon de pyjama laissé à l’abandon. Du deuxième étage, je ne les vois nulle part. Je m’habille en quatrième vitesse, direction : la cour des voisins. Ah! Ben! Des vélos que je connais… et des petits gars que je connais… J’ai eu le goût de les ramener à la maison par le fond de culotte. J’ai plutôt opté pour un rappel à l’ordre ferme (« Awèye à’ maison! » et une explication brève et convaincante sur l’importance de m’avertir avant de quitter notre terrain. Je n’avais jamais eu besoin de formuler cette règle avec les filles, donc pour mes gars, cette règle n’allait pas de soi.

Vendredi soir, 18 h 45. J’ai reporté ma séance de yoga à ce soir. Me voilà en position chien tête en bas, fesses dans les airs, au milieu du salon. Et qui arrive face à face avec mon popotin? Les petits voisins! Je jure que la seconde avant, toute la marmaille du quartier s’amusait dehors. Pas dans ma maison! « Qu’est-ce qu’elle fait, ta mère? » « Ah, son yoga… » (bruit de criquet embarrassé…)

Vendredi soir, 19 h 37. Je prépare le bain. Je m’apprête à me mettre en pyjama. J’ai eu une seconde de lucidité au moment où j’ai touché la poignée de ma porte de chambre. Une intuition qui me disait de passer ma robe de chambre avant de passer dans le corridor. Ouf! Parce qu’un des petits voisins passait justement par là. « S’cuse, la chambre des parents est hors zone pour vous. Et là, c’est le temps de retourner chez vous, d’accord? »

Samedi matin, 7 h 52. Je suis en pleine séance de ménage. Mais ledit ménage est loin d’être complété (il est quand même juste 7 h 52!). Tas de poussière au milieu du corridor en attente du porte-poussière. Couette parapluie sur le top de la tête. Tuyau de balayeuse qui serpente d’une pièce à l’autre. Ça ne sonne pas, ces petites bébittes-là! Non! Ça fait le code du système d’alarme! Et ça entre! Comme dans un moulin! Ok, là, on va mettre une chose au clair, parce que clairement, mes enfants ont oublié de vous passer le message (trop occupés qu’ils étaient à partager le code secret) : ça va me faire plaisir de vous accueillir chez moi si, et seulement si, vous sonnez et que je vous dis d’entrer. Vous êtes chanceux parce que je suis matinale, mais attendez-vous à ce que ça change quand l’homme de la maison sera de retour. Parce que lui, il y tient, à ses heures de sommeil!

« Désolés… On ne recommencera pas ». Bon. Une chose de réglée. Jusqu’à ce même samedi, 13 h 10. J’avais amené ma gang se bourrer dans le popcorn au cinéma [ben oui, je suis indigne de même!], alors les petits voisins, ils étaient en sevrage avancé. Deux longues heures sans leurs nouveaux meilleurs amis fusionnels (et j’ai nommé mes fils)…

Ding! Dong! « Allo! On vient jouer chez vous! »

Pendant une seconde, j’ai été fière d’eux. Ils avaient respecté notre entente.

« Attendez donc un ti-peu, vous deux! C’est parce que mes garçons sont en train de jouer dehors… et vous, vous pensez que vous allez venir jouer dans notre maison pendant ce temps‑là? » C’est bon, à l’occasion, de leur mettre leurs contradictions en pleine face.

Ils sont repartis. Et ils sont revenus. Et repartis, et revenus, et ressortis. Parfois avec une barquette de fruits de plus dans l’estomac, parfois en transportant la moitié des jouets de leur maison sur notre terrain. Mais toujours en faisant tellement plaisir à mes deux garçons. Et à moi par le fait même! Quand mes gars sont avec eux, j’ai le temps d’écrire! Et de finir de passer la balayeuse…

Nathalie Courcy

Mes enfants trop-bien-élevés

Mise en garde : Ceci est un texte d’opinion.

Mise en garde : Ceci est un texte d’opinion. Il ne constitue en aucun cas le jugement des autres, mais simplement une constatation personnelle.

On les aime nos enfants. On leur fait vivre plusieurs expériences, essayer de nouvelles choses, visiter toutes sortes de lieux, etc. Je me dis qu’ils doivent savoir se comporter dans toutes les situations, et que pour l’apprendre, ils doivent côtoyer plusieurs milieux. Ça me semblait logique… jusqu’à ce que je réalise qu’on nous regarde comme des extra-terrestres!

Chaque fois qu’on sort au restaurant, et croyez-moi, je boycotte souvent la vaisselle, les commentaires des gens sont im-man-qua-bles! « Mais comment vous faites!? Ils restent assis comme ça, toujours tranquilles? »… Je.vous.le.jure. Chaque fois, chaque, chaque, chaque fois qu’on mange dans un restaurant, quelqu’un vient nous exprimer leur satisfaction face à la bonne conduite à table de nos enfants. On a croisé des p’tites-madames-qui-ne-se-mêlent-pas-de-leurs-affaires, en allant à l’homme-d’affaire-qui-n’avait-pas-le-goût-de-souper-à-côté-d’une-famille et sans oublier la maman-complètement-dépassée… À chaque sortie, quelqu’un vient nous féliciter… Et moi, je ne trouve pas ça normal. C’est flatteur, c’est vrai, mais ce n’est pas normal qu’on ait à applaudir des enfants qui restent assis à leur place pendant un repas.

Même dans les magasins, on nous arrête… « Hoooo, ils sont tous à vous!? C’est beau à voir, des enfants bien élevés! » Ben voyons? Comment ça se fait que mes enfants passent toujours pour des extra-terrestres? Rassurez-moi quelqu’un, et dites-moi que je ne suis pas la seule mère à élever ses enfants en 2017? Ben non, ils n’ont pas le droit de courir partout comme des perdus, de jouer à la cachette entre chaque rangée ou de crier comme des fous dans les endroits publics. Le savoir-vivre minimum en société…

Attention! Un enfant reste un enfant. Une petite boule d’énergie, parfois imprévisible, capable de faire une crise de bacon sans crier gare parce que la couleur du chandail de la madame d’en avant est pas beau # faitvécu #pasrapport. Malgré ça, je me dis que c’est mon rôle de parent de les élever. De leur apprendre à gérer leurs mille émotions. De leur enseigner des stratégies de gestion de conflit. De leur inculquer le savoir-vivre. Ils seront les adultes de demain, faque ça serait le fun d’avoir envie de les côtoyer…

Comme je le disais plus haut, j’essaie de montrer aux enfants comment bien se comporter dans toutes les situations. Alors on leur fait vivre toutes sortes de situations… Parce qu’on s’entend que dans un musée, ça aurait l’air bizarre de voir quelqu’un crier, le poing en l’air et le visage peinturé. On réserve ce comportement-là à l’aréna, pendant une bonne game de hockey. On ne verrait pas non plus quelqu’un en maillot de bain à la bibliothèque… Vous avez compris l’idée. Chaque endroit a ses règles, ses façons de se comporter. À l’aréna, tu peux crier. À la bibliothèque, tu dois chuchoter. Au gymnase, tu peux courir. Au musée, tu dois marcher. À la maison, tu peux jouer à la cachette. Au magasin, tu dois rester près de maman. Pour un pique-nique au parc, tu peux te lever pendant le repas et aller jouer. Dans un restaurant, tu dois rester assis pendant le repas.

Pour moi, ça avait tellement l’air logique tout ça… Mais en entendant les commentaires des gens, en entendant les félicitations des personnes âgées et les regards perdus d’autres parents, j’en viens à me demander si je suis normale… Elle en est où, notre société? Les enfants ont le droit de faire tout et n’importe quoi sous prétexte que ce sont des enfants? Rassurez-moi, et dites-moi que je ne suis pas seule!

P.S. Je vais probablement me faire lancer des roches pour une opinion aussi tranchée, mais j’assume. Si vous avez une opinion contraire, j’adore les débats! J’ai hâte d’entendre vos arguments, dans le respect s’il vous plaît. 😉