Résultats de recherche pour vidéo

Tu ne seras jamais papa – Texte: Kim Boisvert

Ça fait étrange à écrire, parce que depuis que je te connais, j’ai toujours cru que tu serais

Ça fait étrange à écrire, parce que depuis que je te connais, j’ai toujours cru que tu serais un papa exemplaire. Le genre de papa qui joue par terre avec son fils ou qui écoute les vidéos sur YouTube pour savoir comment faire une couette à sa fille. Tu sais, le genre de papa qui prendrait le temps de tout lâcher juste pour essayer de deviner ce qui est dessiné sur le bout de napperon du resto. Le genre de papa qui montrerait à son fils comment conserver sa gang de chums tout en honorant sa femme, et qui enseignerait à sa fille à ne jamais se laisser traiter comme si elle n’était pas au moins égale à ses confrères à l’atout externe. Le genre de papa qui aimerait prendre des selfies d’été dans le monde avec sa petite famille, sa femme à ses côtés, tenant un enfant sur une hanche et tenant l’autre sur ses épaules. Tu ferais probablement des crêpes en forme de dinosaure pendant que ta femme dormirait le samedi matin parce que t’sais, toi, te lever pour voir leur bouille, ça ne te ferait pas un pli. Et ça te rendrait heureux que ta douce dorme un peu. T’sais, un papa cool, honnête et présent.

Tu ne seras jamais papa, pas parce que ton corps ne le permet pas, c’est ta douce moitié qui a dit non. Et comme elle était là avant, et bien tu te dis que ce serait bête de balancer ces dizaines d’années de vie commune d’amour pour des petits êtres qui ne sont pas encore là et qui n’arriveront peut-être jamais. Parce que tu sais bien que c’est un non final, tu dois donc t’y faire. C’est ton deuil, votre choix. Un peu plus le sien quand même, mais un choix que t’as accepté, de travers un peu.

On en a souvent parlé, ou du moins on a effleuré le sujet. C’est tellement sensible que je le vois bien dans tes beaux yeux de mâle viril que ce sujet-là te fend l’âme. T’en parles pas souvent, mais le peu de fois où tu le fais, on entend les mots résonner sur une porte qui ne s’ouvrira jamais. C’est moins douloureux d’éviter le sujet et de continuer de jaser de cinéma ou de musique.

Ça me fend le cœur, probablement parce qu’à la base, j’ai toujours dit que j’étais pas prête à avoir des enfants. Et quand le moment est finalement arrivé, la vie m’en a donné trois d’un coup. Qui rira bien, rira le dernier, t’sais. Bien que seulement deux soient restées dans mes entrailles, si ça fonctionnait comme ça, je pense que je t’en offrirais une, de mes poulettes. Quand je t’ai annoncé ma grossesse, j’t’ai vu te décontenancer devant moi et me souhaiter Félicitations avec le plus d’amour dont tu étais capable, le plus de courage et quand même un peu d’envie.

Tu ne serais jamais papa. Et ça me rend tellement triste, parce que dans le monde, des papas comme toi, y’en manque à plein.

 

Kim Boisvert

 

 

Les ados… plein l’dos, je disais… Texte : Ghislaine Bernard

Il y a un peu plus de trois ans, j’ai écrit un texte « <a href="https://maikadesnoyers.com/on-

Il y a un peu plus de trois ans, j’ai écrit un texte « Parents d’ados… plein l’dos ! » alors que je n’y étais pas encore… ou du moins pas aussi… pleinement ! Eh bien, forte des encouragements que vous m’aviez prodigués, chers lecteurs et chères lectrices, j’étais prête ! je me « croyais » prête !

Ha-ha-ha (entendre ici un rire jaune moutarde !)

On a beau se croire outillé, préparé et confiant : RIEN. Rien ne rend plus justice à cette réalité que de le vivre réellement ! Bien entendu, nos têtes blondes ont toujours des moments, aussi minimes soient-ils, où nous les reconnaissons. De brefs instants où on est fiers de nous, les parents, de les avoir si bien élevés. Mais, oui mais, il y a de ces moments où… **inscrire ici votre patois le plus virulent** nous les mettrions dans une boîte bien « scotchée » avec « GO FROM NOWHERE » en grosses lettres majuscules et rouges inscrites sur la boîte !

Bon, d’accord, j’exagère un brin… juste, un brin.

Avec l’adolescence arrivent de nouveaux traits de personnalité :

La victimisation : « Tout est de ma faute ! » « Tu comprends rien ! »

La colère : Regards noirs, lèvres serrées, poings fermés, yeux plissés.

La révolte : « C’est pas juste ! » « Je veux pas ! » « Non ! »

Les émotions en dents de scie : je pleure, je ris, je crie, je me tais.

Les mutismes lorsque nous voulons ouvrir la discussion…

Les paroles que l’on ne voudrait pas entendre.

Celles qu’on fait répéter, pas parce qu’on n’a pas compris, non, juste pour se rassurer qu’il/elle n’a PAS dit ce qu’on a entendu en sachant très bien qu’effectivement, il/elle l’a bel et bien dit !

1… 2… 3… Respire… 4… 5… 6… Expire… 7… Ah et puis merde : l’envie de dire d’une voix forte et bien tenante : « OK LA FERME ! »

Ces moments où toutes nos belles résolutions de parler calmement, d’être compréhensif, doux, aimant, patient **toux** prennent la poudre d’escampette !

Pour ma part, j’ai trouvé une piste de solution : l’alcool ! Non, je rigole ! Sérieusement, je n’ai pas de solution miracle. Tout ce que je sais, c’est que je m’efforce justement de rester ouverte, calme et compréhensive. J’ai été adolescente moi aussi… (Seigneur, je suis dé-so-lée, chers parents !) J’essaie de me rappeler mes émotions, mes éclats. De me souvenir de ces fois où je savais que ce que je disais ou ce que je faisais était inadéquat au moment même où j’étais en action, mais que je le disais ou faisais quand même, comme si une force qui ne m’appartenant pas agissait pour moi ! Je savais que j’allais faire réagir et pas positivement, mais comme si je ne m’appartenais plus, je fonçais, tête baissée, comme un jeune taureau à la charge d’un ennemi qui n’existait pas. Le drapeau rouge que je voyais devant mes yeux n’avait pas la signification d’attaquer, mais bien cette lueur de prévention que je m’engageais en zone dangereuse pour ma liberté si fortement demandée.

La liberté. Un autre sujet préconisé par nos adolescents. Acceptons que peu importe toutes les libertés que nous allons leur laisser, ils en redemanderont toujours ! Plus de temps de sorties, de jeux vidéo, de conversations téléphoniques en monosyllabes, d’heure de coucher, etc., etc., etc.

De tout temps, les parents ne comprennent jamais rien et les ados sont d’éternels insatisfaits. Ç’a toujours été ainsi depuis des générations et des générations et ça le restera pour bien d’autres encore !

Armons-nous de sollicitude, restons fidèles aux principes que nous voulions leur inculquer, drapons-nous de tout cet amour inconditionnel et filial que nous éprouvons pour eux depuis leur naissance et patientons.

Je répète comme une litanie à mes adolescents : ta liberté finit là où celle des autres commence… et en silence dans ma tête, je m’encourage en pensant à chaque moment difficile : un jour, ce sera ton tour, mon enfant, d’être le parent, et alors tu sauras.

Petite vengeance en devenir ? Au final, je ne crois pas, mais j’aime bien le penser lorsque la soupape menace de sauter.

Comment vivez-vous l’adolescence de vos enfants en 2021 ?

Croyez-vous qu’il y a autant de différences dans les émotions et actions que dans « notre temps » ?

Simplement Ghislaine

 

Ma mère m’aimait – Texte : Ghislaine Bernard

Cet été je suis à l’arrêt (encore). Oui, j’ai fait une rechute de ma dépression. Le décès

Cet été je suis à l’arrêt (encore). Oui, j’ai fait une rechute de ma dépression. Le décès de ma mère m’est rentré dans le corps comme un poignard à double tranchant. Mon deuil est dur à faire, car malgré qu’elle est mieux partie vu sa qualité de vie des dernières années, malgré qu’elle était fatiguée et souhaitait partir en paix… c’était ma mère.

J’ai eu la chance de la voir avant son grand départ, mais depuis, ces images me hantent : elle était quasi méconnaissable. J’ai vu dans ses yeux, ses yeux qui ont été les premiers à fixer les miens du haut de mes 9 livres 4 onces et mes 19 pouces. J’y ai vu la tendresse qu’elle n’a pas toujours su démontrer, cet amour que je n’ai pas perçu autant que l’enfant en moi l’aurait souhaité.

Ma mère m’aimait.

À sa façon, avec le meilleur d’elle-même. Avec ses manquements, ses douleurs et ses incapacités. Elle m’a appris beaucoup malgré tout. Je revois ses moments de folies : ses déguisements à la « Ti-Beu » alors qu’elle enlevait son dentier, portait écharpe et casquette et se promenait avec sa batte de balle molle dans chaque pièce de la maison avec une voix enjouée qui se voulait menaçante tout en s’étouffant de rire devant nos propres éclats.

Je me souviens de cette vidéo sur le lit de mon frère, où avec ses deux lulus, entourée de peluches, elle s’était filmée pour souhaiter un bon départ en maternité à une collègue de travail. Puis, encore ses nombreux essais pour capturer nos réactions face à des situations loufoques pour espérer envoyer ne serait-ce qu’une seule vidéo cocasse à la populaire émission Drôle de vidéo devant laquelle nous avons passé des heures à rire de bon cœur. Nous étions habitués à ses blagues, nous réagissions comme si tous ses essais étaient la normalité. Elle n’a jamais réussi sa vidéo !

Elle m’a appris à rester droite. À ravaler. Ça a du bon, malgré que parfois ça m’a nui. J’ai appris à me battre, à persévérer, à être forte. Mais j’ai oublié que je pouvais m’arrêter et souffler. Ma mère n’arrêtait jamais. Elle relevait les manches, serrait la mâchoire et continuait le combat. Elle s’est essoufflée plus d’une fois. J’ai été à ses côtés, la réconfortant plus d’une fois. Cela m’a parfois laissé un goût amer : elle ne savait pas réconforter à son tour.

Ma mère m’aimait.

Avec mes qualités, mes défauts. Elle ne me jugeait pas même lorsqu’elle ne comprenait pas mes actions ou mes choix. Mais elle était fière. Oui, ma mère était fière de moi. Plus que je ne l’ai jamais su. Elle avait cette habitude de me raconter ses histoires et ses combats. Je pensais alors qu’elle n’écoutait pas les miens, qu’ils ne l’intéressaient pas. Mais j’avais tout faux : se raconter de la sorte était sa façon bien à elle de compatir, de me démontrer bien maladroitement qu’elle comprenait et de ne pas me décourager. Si seulement j’avais compris !

Ma mère m’aimait sans condition, sans fla-fla, dans mes hauts et dans mes bas. J’aurais voulu comprendre plus rapidement, j’aurais voulu être plus présente pour elle ces dernières années. Mais je n’ai pas pu, avec mes propres difficultés émotionnelles, j’en ai été incapable.

Aujourd’hui, je souffre de son absence, mais je sais que la peine s’atténuera. Je sais que le deuil passera. Mais aujourd’hui, j’ai mal. Si mal. Pardonne-moi maman. Même si je sais que tu ne m’en as jamais voulu… c’est moi qui m’en veux.

Maman, tu m’aimais. J’ai de mon côté cette douloureuse impression de t’avoir mal aimée.

 

Simplement Ghislaine

Moniteur de camp de jour… tout un job ! Texte : Annie Corriveau

La période estivale est une période de casse-tête pour tous les parents. Quoi faire avec nos enfa

La période estivale est une période de casse-tête pour tous les parents. Quoi faire avec nos enfants pour ne pas qu’ils passent leurs journées écrasés à regarder la télé ou à jouer à des jeux vidéo ?

 

Étant solo, j’ai vécu ce casse-tête pendant plusieurs années. Ma porte de sortie, le camp de jour de notre ville. Mes enfants y ont passé leurs étés, ont vécu des moments inoubliables, tout ça grâce à des ados qui travaillent très fort pendant huit semaines à jouer les G.O. pour les jeunes de 5 à 12 ans.

 

Depuis l’été passé, ma grande n’est plus une jeune du camp de jour mais une monitrice. Elle a tellement aimé son expérience comme jeune qu’elle a décidé de consacrer son été à divertir elle aussi les jeunes. Un travail à temps plein qui est très exigeant, mais très valorisant pour elle. Elle passe énormément de temps à préparer des activités, des défis, des jeux pour divertir son groupe et s’assurer que tout le monde passe du bon temps. Lire ici que le temps qu’elle passe à tout préparer, elle n’est pas payée ! Même que des fois, elle débourse elle-même quelques dollars pour des activités ou des petits cadeaux pour son groupe.

 

Je ne vous le cacherai pas, j’ai beaucoup d’admiration pour le travail qu’elle accomplit. D’autant plus que dans notre magnifique ville, nous n’avons pas de piscine municipale. Ici, que quelques parcs avec des jeux d’eau. Mais tout le site ne peut y aller en même temps… À ne pas oublier non plus, nous sommes en temps de pandémie ! Avec une année scolaire hors du commun qui a laissé tout le monde épuisé, ces jeunes doivent planifier leurs activités et tenir compte des mesures sanitaires. Ils travaillent avec des masques, ne peuvent mélanger les groupes entre eux. Doivent respecter la distanciation.

 

Maintenant, j’en appelle au gros bon sens des parents envers ces jeunes. Première question : feriez-vous ce travail, vous ? Deuxième question : est-ce que toutes les activités que vous demandez aux moniteurs de camps de jour de faire avec vos enfants, vous les faites, vous, à la maison ? Troisième question : est-ce que vous croyez toutes les histoires de vos enfants ? Est-ce que votre enfant a la vérité absolue sans vérification ?

 

Je m’explique… Depuis la semaine dernière, une maman se plaint que les enfants ne vont pas jouer assez avec l’eau. Est-ce que cette maman-là est certaine que son enfant aime vraiment jouer avec l’eau ? La maman se plaint, mais l’enfant ne veut pas car il n’aime pas ça être mouillé… Une maman se plaint que son enfant ne boit pas d’eau… Est-ce que cette maman envoie une gourde à son enfant ? Ben non ! Une maman se plaint que les enfants passent trop de temps au soleil. Est-ce que vous croyez que les moniteurs eux-mêmes resteraient des heures au soleil ? Ils mettent tout en œuvre pour protéger les jeunes de leur groupe, car ils passent tellement de temps ensemble, aussi bien que ça en soit du bon. Une maman se plaint que son enfant a un coup de soleil… L’enfant n’a pas de crème solaire dans son sac. Ce ne sont que quelques exemples d’histoires dont ma fille et ses amis discutent ensemble.

 

Ces moniteurs sont responsables oui, mais encore faut-il que le parent fasse aussi sa part de travail de parent. On ne peut pas demander l’impossible à quelqu’un si on ne peut le réaliser soi-même. Toutes ces histoires m’ont empêchée de dormir une nuit complète. J’ai écrit ce texte pendant une course de 5 km tellement ça m’occupait l’esprit.

 

Pourquoi ? Parce que ces jeunes s’investissent corps et âmes pour divertir des enfants de parents qui ne font que critiquer, que se plaindre. Les moniteurs font leur possible. Ils essaient de faire passer un été inoubliable à ces jeunes. Pourquoi ne pas les remercier à la place ? Pourquoi ne pas leur dire MERCI ? Alors je le fais ici et si vous connaissez un ado qui consacre son été à s’occuper des plus jeunes, faites comme moi et dites-lui MERCI ! Identifiez-le ou identifiez-la ici pour qu’on puisse nous aussi lui dire MERCI !

 

Annie Corriveau

 

Le temps qui rend tout croche en dedans- Texte : Sophie Barnabé

Depuis la dernière année, je les ai vus mes jeunes, perdre trop so

Depuis la dernière année, je les ai vus mes jeunes, perdre trop souvent leur sourire. S’isoler en attendant que le temps revienne comme avant. Je les ai encouragés tant bien que mal, je leur ai fait leur déjeuner préféré, je leur ai flatté les cheveux en regardant la télé, je leur ai ouvert mes bras pour qu’ils viennent y pleurer tout bas. Bien sûr, on a eu de bons fous rires, tout n’est pas noir, mais l’étincelle dans leurs yeux a parfois du mal à m’éblouir.

Après une année éprouvante sur tous les plans, je côtoie trop de jeunes qui sont à boutte ! Trois fois plus de jeunes du secondaire disent que leur santé mentale s’est grandement détériorée depuis un an. La détresse fait mal. Très mal. Au Québec, dans les dernières années, le taux de suicide a doublé chez les jeunes de 15 à 19 ans. Doublé ! La détresse fait peur.

 

Toi et moi, on l’sait bien que les mauvaises passes, ça finit toujours par finir. Que tout reviendra comme avant dans quelque temps… Quelque temps… Ce soir, bien calée sous mes couvertures, j’essaie de comprendre. Quand nos jeunes ont le moral dans les talons, qu’ils vivent des défis ou des épisodes de dépression, on leur dit que les choses vont finir par s’arranger, qu’il faut laisser le temps au temps… Et si c’était ça, le temps qui les rendait tout croches en dedans ?

Penses-y un instant… pas longtemps…

Qu’y avait-il de différent quand j’étais jeune ? Internet… Facile de mettre le blâme sur la technologie. Elle a le dos large, la pauvre. Le petit sablier qui marque le temps sur l’écran n’est pas si anodin qu’il en a l’air… Et si la technologie avait donné une nouvelle dimension au temps ? Cette ressource précieuse qui laisse retomber la poussière et qui guérit les blessures. Ce temps qu’on voudrait parfois arrêter pour savourer le moment…

Je ne sais pas si c’était comme ça pour toi, mais au secondaire, je passais des heures à la bibliothèque à chercher l’information, à photocopier, à séparer le mauvais du bon, à surligner. C’était long ! Baptême que c’était long ! Depuis qu’ils sont tout petits, mes jeunes tapent un mot-clé sur Google pour recevoir, en quelques secondes, une tonne d’informations déjà prémâchées. Ils font l’effort de chercher avec les outils à leur disposition. J’aurais fait pareil si j’avais pu. Faire une recherche en quelques minutes plutôt qu’en trois jours… Je ne peux leur en vouloir de s’impatienter quand le petit sablier sur l’écran tourne un peu trop carré.

Quand je voulais parler à mes amis, c’était parfois long. Je savais ce qu’était l’ennui. Ce feeling qui crée l’urgence en dedans quand t’as besoin d’un câlin qui arrête le temps. Mes ados communiquent par vidéo à la minute où ils en ont envie. Pourquoi attendre quand on peut le faire tout de suite ? À l’époque, suivre une série demandait une saison, une vraie… Aujourd’hui, une saison peut se résumer en une nuit. Pourquoi attendre quand ça peut se faire si vite ?

Nos jeunes sont nés à l’ère de l’efficacité, de la rapidité, des résultats immédiats… Habitués de comparer le temps au sablier qui tourne sur l’écran, nos jeunes sont probablement dépassés quand on leur dit que ça prendra six mois, une année ou cinq ans pour guérir un mal à l’âme, pour obtenir un diplôme ou avant de revoir grand-papa. Pour eux, c’est une éternité ! À leur place, je serais découragée. Bien trop long pour persévérer. Une montagne qui leur semble impossible à gravir. Ce doit être pour ça que certains pensent même à en finir.

Quand le mal-être fait trop de dommages, quand laisser le temps au temps demande trop de courage, certains jeunes lancent un ultime crime du cœur. Celui qui me fait si peur. Le suicide, c’est la mort qu’on a décidé de précipiter sans avoir donné le temps à la vie de nous prouver que ça vaut la peine de s’accrocher. Parce que toutes les émotions sont temporaires, parce que les nuages finissent toujours par passer. Parce qu’il n’y a jamais personne qui a dit que la vie était facile, mais il y a toujours un p’tit quelque chose qui fait qu’elle est belle.

Si tu connais quelqu’un qui t’inquiète, rends-lui visite. Impossible ? Prends le temps de lui téléphoner parce que les choses anodines entrent par texto. Quand on téléphone, c’est pour jaser de ce que les pouces ne peuvent communiquer. Ose en parler, ne passe pas par quatre chemins. Demande-lui : « Comment vas-tu ? Vraiment ? ». En cas de doute, prends une grande respiration et lance-lui : « As-tu des idées noires ? » BAM ! Direct de même ! Et si tu as besoin d’aide, compose le 1-866-appelle.

Sophie Barnabé

Cette photos jamais prise – Texte : Nathalie Courcy

Si des vidéos existent de mon enfance, elles ne se sont pas rendues jusqu’à moi. Je n’ai pas d

Si des vidéos existent de mon enfance, elles ne se sont pas rendues jusqu’à moi. Je n’ai pas d’enregistrement de la voix de mes grands-parents ou de mon père. J’ai quelques photos, heureusement, puisque mon père aimait bien photographier notre quotidien quand il revenait de sa nuit de patrouille. Mais lui était derrière l’appareil, pas devant.

J’ai des tonnes de photos de mes enfants. Tous les anniversaires, toutes les premières fois, les sourires « pas de dents », la rentrée scolaire, la visite chez le dentiste. Comme si je m’étais vengée en documentant à outrance leur enfance.

Mais plus le temps passe et plus je me rends compte que je suis rarement sur les photos. Bien sûr, puisque je suis derrière l’objectif. Je me disais qu’eux grandissaient, contrairement à moi qui restais la même (vraiment ?). Un beau bébé joufflu cache si bien une maman un peu bedonnante et honteuse ! J’apprends tranquillement à me laisser photographier, à être le centre de l’attention d’une lentille.

Quand je suis montée sur la scène de l’auditorium de l’Université Laval pour recevoir mon doctorat en littérature, je me sentais fière, nerveuse (ne pas trébucher, ne pas faire de sourire niaiseux, ne pas dire d’imbécilités au recteur…), accomplie. Réussir des études doctorales prend des années, mais recevoir le diplôme ne prend qu’un instant. « Nathalie Courcy », le nom est nommé, félicitations, poignée de mains, merci. That’s it, on passe à un autre appel.

Les lumières devant la scène m’aveuglaient, le reste de la salle était plongé dans la noirceur, il y avait des centaines de personnes, placées en ordre alphabétique. Un vrai troupeau. Mais dans le troupeau, il y avait ma toge, mon diplôme et moi. Et mon bébé de quelques semaines que j’ai allaitée à 42 degrés Celsius sous ma toge (doctorat ou pas, bébé avait faim !).

J’aurais aimé qu’on immortalise ces moments. Je crois vaguement qu’une ou deux photos ont été prises, de piètre qualité. Floues, sombres, prises à la va-vite. Disons que ça ramène les deux pieds sur terre quand tu as l’impression que ce moment grandiose pour toi ne l’est pas pour les autres. À bas tout snobisme potentiel.

J’aurais aimé offrir mon plus beau sourire de femme qui a vaincu l’Everest des études et de l’infertilité. J’aurais aimé que cette photo témoigne de la force de la persévérance et du travail. J’aurais aimé qu’il reste une image de mon bébé dans sa plus jolie robe et de moi dans ma plus jolie toge.

J’ai un vague souvenir, aussi, d’une fête organisée à la maison après la cérémonie de remise des grades. Je ne me souviens pas trop si c’était en mon honneur ou en l’honneur de ma fille. Quelques amis y étaient, ma mère, mon mari, mes enfants, ma belle-famille. J’hallucine peut-être, mais je ne crois pas que des photos aient été prises. J’utilise volontairement le mode passif parce que je ne pouvais pas prendre ces photos. Entre un allaitement et un remerciement, j’étais probablement trop occupée, et la mode des égoportraits n’était pas encore lancée.

J’aurais aimé conserver des photos de toutes les personnes présentes. J’aurais aimé avoir une preuve concrète que j’étais aimée et entourée. J’aurais aimé ne pas devoir me demander si j’avais rêvé ou si c’était vraiment arrivé.

J’ai compris une année plus tard qu’au moment de recevoir mon doctorat, j’étais déjà en dépression. Je ne le savais pas, personne ne s’en doutait. Je ne sais pas si cet état aurait été visible sur la photo ou si ma fierté du jour aurait tamisé la noirceur qui me grugeait. Je sais par contre que ma perception du monde commençait déjà à être altérée et que des pans de ma mémoire ont été affectés. Je sais aussi que mon sentiment de ne pas être assez importante pour mériter une photo a joué un rôle dans la chute de mon estime personnelle. Tout ça pour une photo jamais prise.

 

Nathalie Courcy

http://nathaliecourcy.ca

Change ton NON en OUI – Texte : Joanie Therrien

Depuis plusieurs mois, les livres, les podcast et les vidéos de dé

Depuis plusieurs mois, les livres, les podcast et les vidéos de développement personnel font partie intégrante de ma vie.

Je suis passionnée par l’humain et par tout ce qui l’entoure.

Je m’intéresse à ce qu’il est, mais SURTOUT, à ce qu’il peut potentiellement devenir.

Je tente de cheminer du mieux que je peux au travers de tout ça, en apprenant à me connaître davantage.

J’ai fait quelques pas de recul.

J’essaie de définir mes limites.

Je réalise avec le temps que personne ne prendra soin de moi à ma place.

Puis je suis là, cachée derrière mes barricades, protégée du reste du monde, la peur au ventre de devoir être confrontée aux autres et de voir tout ce que j’ai forgé se démolir d’un coup.

Je me questionne : à quoi ça me sert tout ça?

Bien que je veuille protéger mon cœur et ma tête, j’ai envie de VIVRE et de m’ÉPANOUIR.

Si pour le faire, je devais arrêter d’apprendre à dire non aux autres et apprendre plutôt à me dire oui à moi ?

Oui à ce que je suis,

Oui à ce que j’aime,

Oui à ce qui me rend fière,

Oui à tout ce qui s’offre à moi et qui me fait vibrer,

Oui à sortir de ma zone de confort,

Oui aux échecs,

Oui au processus, quel qu’il soit.

Parce qu’au-delà des risques de dire oui et de se tromper, il y a les regrets de ne pas avoir essayé.

Il y a les opportunités auxquelles je me suis fermée par crainte d’échouer.

Il y a un monde de possibilités qui s’ouvre à chaque pas que je fais.

Parce qu’au-delà du risque de s’étourdir à trop dire oui, il y a les risques de s’éteindre à force de ne rien faire.

Alors moi, je choisis de dire OUI à la vie et à ce qu’elle a de plus beau et de plus vrai à offrir. Je choisis de vivre chaque instant, pas comme s’il était le dernier, mais comme s’il était là, pour m’amener plus loin.

Et toi, qu’est-ce que tu choisis ?

Joanie Therrien

J’veux pas être normale – Texte : Kim Boisvert

Je ne veux pas m’éteindre. Je ne veux pas, je refuse de perdre mo

Je ne veux pas m’éteindre. Je ne veux pas, je refuse de perdre mon cœur d’enfant ou de jeune adolescente. Je refuse de perdre ma joie de vivre. C’est probablement mon ferme refus qui fait en sorte que j’ai toujours ce petit bout qui semble manquer à trop de gens.

Je suis naïve.

J’ai longtemps pensé que j’étais nunuche ou tarte. Parce que quand tu te rends compte que les gens te trouvent attachante mais ne croient pas que tu es aussi intelligente, ça peut égrainer une estime fragile. Je comprends maintenant que ce n’est qu’un trop plein d’amour et d’émerveillement. Dans un monde qui demande trop souvent d’être droit et sévère, je suis plutôt freestyle. Je suis un Froot Loop dans un monde de Cheerios.

Souvent on se fait dire « attention à ce que tu dis, à ce que tu fais. Adapte-toi et change pour plaire ». J’ai essayé et ça a été un échec total. Vous avez certainement vu passer sur Facebook la citation : « J’ai essayé d’être normal une fois dans ma vie. Ça a été les 5 pires minutes de ma vie ». Bah, c’est comme ça pour moi. Mes parents m’appelaient leur « perruche ». J’étais colorée et je jacassais. Encore maintenant, je suis colorée et la vie m’émeut et me touche énormément. Je suis une grande émotive. Une prompte. Une directe. Mes bourdes, je les fais à fond sans broncher et je les raconte aux gens pour qu’ils puissent en rire.

Je veux continuer de danser avec mon verre dans les mains, comme je le faisais quand j’étais ado. Je veux continuer de chanter dans mon auto parce que DAMN, « Honey, I’m good », chanté ben ben fort dans une journée ensoleillée, ça me rend heureuse. Je veux continuer d’aimer sortir mes mains de l’auto pour les faire glisser dans le vent parce que ça me donne l’impression de voler, d’être libre. Je veux continuer de mettre mes pieds sur le tableau de bord quand on fait de la route même si mon Homme me dit que c’est dangereux pis que je pourrais être quadriplégique. Pour moi, c’est comme si j’étais en vacances.

Je ne veux pas cesser de pleurer. Je refuse de devenir muette face aux beautés de la vie. Ça ne me dérange pas de pleurer en regardant une vidéo de chat trop mimi ou en voyant un bébé se faire allaiter. Un couple âgé qui se tient encore la main ? Larmes de bonheur. Un vrai « bravo » bien senti de la part d’un des patrons ? Larmes. Je suis comme ça. Je refuse de changer. Pour moi, c’est un peu ça, le bonheur !

Oh, aussi, à part pleurer, je ris. Mais je ris fort. Avec cœur. Je me tape même sur la cuisse parfois. D’autres fois, j’arrive même plus à respirer. Et encore d’autres fois, je viens tellement rouge (merci à mon teint de rousse) qu’on dirait que je vais exploser. Ça, ça a souvent le mérite de faire rire les gens. Parce que quand tu ris aussi fort et que t’es rouge comme une tomate, ça fait rire, ç’a l’air ! Ma grand-mère disait « si tu vaux pas une risée, tu vaux pas une claque ».

Je ne veux pas m’éteindre. Je veux continuer de faire rire les gens et de les toucher. Je ne veux pas être « normale », parce qu’être normale voudrait dire que je perdrais la presque totalité de ma personnalité et ça, ce serait loin d’être TOP !

Je ne veux pas m’empêcher de regarder les gens dans les yeux quand je leur parle, quand je les écoute. Parce que j’ai besoin de VRAIMENT voir les gens. Pas seulement les regarder, mais vraiment les voir, eux et leur passé, leur présent et leur futur.

Ne me cherchez pas dans le côté normal des gens. Je n’y serai pas.

Kim Boisvert

Hygiène féminine zéro déchet, c’est oui! Texte : Kim Boisvert

Bon, ça fait des années que j’en parle, que j’y pense et que je finis toujours par dire : Gna

Bon, ça fait des années que j’en parle, que j’y pense et que je finis toujours par dire : Gna, un autre mois.

J’ai enfin fait le saut vers l’utilisation de produits d’hygiène féminine zéro déchet et sincèrement, je me dis que j’aurais dû faire ce changement-là il y a bien longtemps. J’ai fait l’achat de la Diva Cup et de serviettes hygiéniques lavables et j’ai ENFIN dit adieu aux mêmes produits, dans leur version jetable. Dans le but de tendre de plus en plus vers un mode de vie minimaliste, zéro déchet et naturel, je ne pouvais pas passer par-dessus cette pratique mensuelle. Parce qu’on se le dise, à moins d’avoir eu une hystérectomie, d’avoir un stérilet avec des hormones ou d’être ménopausée, les filles, on s’en sauve pas vraiment.

Quel bonheur ! J’avais hyper peur parce que plein de mes copines m’avaient parlé de leur expérience avec leur coupe et je craignais que mon chum soit lui aussi obligé d’aller me l’enlever avec des pinces long nose dans la douche. Well. #truestory

N’ayez pas peur, je suis tombée en amour dès la première utilisation.

C’est pratique, on a l’impression de ne rien porter du tout et t’as pas besoin d’aller te changer toutes les heures. Petit ou gros flux menstruel, don’t care, ça fait l’affaire ! Pour l’insérer, mon truc, c’est vraiment de faire comme si tu voulais passer de ton vagin à ton rectum. Je ne sais pas si je suis claire, mais c’est vraiment le meilleur moyen pour visualiser comment insérer la coupe. Tu la plies en deux, tu l’insères dans ton vagin et tu la pousses vers ton rectum. Weird comme image, mais oh combien fonctionnelle ! Haha. Si t’es plus visuelle, va directement sur YouTube et regarde le magnifique vidéo explicatif !

Tu peux la garder jusqu’à douze heures sans problème donc pas besoin de la retirer au bureau, t’sais. Si t’as à la vider, pas de panique, tu la vides dans la toilette, la replies et la réinsères. Ni vu ni connu. Je te suggère fortement le savon qui va avec, mais tu peux simplement la laver avec un savon doux sans parfum. À la fin de ton cycle, tu la fais bouillir un peu et la ranges. La voilà stérilisée ! Simple hein ? N’oublie pas de prendre celle qui te convient le mieux. Par exemple, la Diva Cup se fait en tailles 1 ou 2. Si t’as pas eu d’enfant OU que t’as en bas de 30 ans, va avec la no 1. Si t’as en haut de 30 ans OU que t’as eu des enfants par voie vaginale ou par césarienne, va avec la no 2. Pas besoin de prendre de notes, regarde sur l’emballage avant de l’acheter afin de faire le meilleur choix pour toi, tout est inscrit. Et si la Diva Cup ne te va pas du tout, je t’invite à faire des recherches sur Internet puisque plusieurs autres marques existent.

Pour les serviettes hygiéniques lavables, j’étais moins game on dirait. J’ai tout de même laissé mon esprit ouvert et j’ai essayé différentes compagnies et au final, mes deux coups de cœur sont celles de Marie Fil et de Omaïki. Sincèrement, la gamme Lotus de Omaïki est juste complètement folle. Les serviettes tiennent bien en place, se lavent hyper bien, sont faites localement et le tissu est magnifique. J’ai un faible pour les pivoines ! J’ai super hâte de voir les prochains imprimés.

L’entretien est hyper simple. Tu rinces, tu laves avec un savon doux et tu garroches direct dans la laveuse. Ce que j’ai toutefois trouvé moins pratique, c’est de devoir traîner une pochette imperméable quand je suis en déplacement. Je ne le sentais pas trop, je doutais de l’efficacité, alors j’ai abandonné le projet pour quand je sors et je suis revenue à ma coupe menstruelle ! Mais sinon, pour vrai, en début ou fin de cycle, les serviettes hygiéniques lavables sont parfaites aussi !

Pour terminer, voici mes points importants pour te convaincre de faire le saut vers les produits féminins réutilisables :

  • Tu vas économiser des sous ! Hey, ça fait plus de Starbucks ou de souliers pour toi ça !
  • Tu vas avoir une meilleure santé vaginale. Parce que c’est sans produits chimiques et que ça ne va pas absorber ta lubrification naturelle. (On est rendues proches, je me permets de te parler de ta lubrification de zwiz.)
  • C’est ben plus pratique que de devoir se changer de tampons ou de serviettes toutes les demi-heures. En plus, tu ne la sentiras pas du tout. Tu peux porter la coupe ou la serviette lavable toute la nuit !
  • Ça ne fait pas de déchets dans nos océans ! AMEN. Qui veut nager aux Îles-de-la-Madeleine au travers des restants de tampons anyway ?

Si tu as des questions, n’hésite pas à m’écrire ! Mais sincèrement, vas-y, lance-toi. Fais‑le pour toi et pour la planète !

 

Pour découvrir les produits de Marie Fil, c’est ici.

Pour découvrir les produits de Omaïki, c’est  !

 

Kim Boisvert

 

De la relâche au chantier – Texte : Nancy Pedneault

Je pense qu’il faut qu’on se parle. J’ai lu tes commentaires s

Je pense qu’il faut qu’on se parle. J’ai lu tes commentaires sur les médias sociaux. J’avoue, je suis blessée. Depuis vingt ans déjà, je prends soin des enfants, je leur enseigne. Chaque jour, je fais de mon mieux pour qu’ils apprennent, qu’ils développent leur estime et leur autonomie et surtout, qu’ils soient heureux. Mais quand je lis le mépris et la hargne, mon moral en prend pour son rhume.

Alors là, je pense qu’on ne se comprend pas. Je vais te faire une petite analogie.

Parlons construction.

Imaginons que tu as un contrat de rénovation. C’est une maison récente mais bâtie toute croche. Les fondations sont fissurées et le chantier a été laissé en plan pendant plusieurs mois. C’est vraiment une grosse job. Tu te dis qu’avec ton équipe, vous allez y arriver. Alors tu planifies, tu achètes les matériaux et tu décolles le projet, plein d’espoir.

Cependant, il y a une pandémie mondiale (ben oui, c’est pour tout le monde cette patente‑là !). Ton chantier doit fermer. Quand tes gars sont à la maison, tu leur donnes des petites jobs, mais ce n’est pas vraiment efficace. Tu leur envoies des vidéos en espérant qu’ils apprennent de nouvelles techniques mais leur motivation est au plus bas. Enfin, ton chantier ouvre. Tes gars travaillent d’arrache-pied pour reprendre le temps perdu, puis toi, tu ne comptes plus tes heures depuis longtemps.

Et comble de malheur, ton chantier ferme encore. Tes clients mettent de la pression, veulent que la maison soit prête à la date prévue. Tu n’as aucun contrôle sur la situation.

Ton chantier ouvre enfin. C’est maintenant complètement fou. Tu motives tes gars comme tu peux. Tu vois qu’ils travaillent vraiment fort. Il faut remettre ça en ordre ce chantier‑là ! Tes gars travaillent en double mais le client ne le voit pas. Tu es brûlé, les gars aussi. Heureusement, les semaines de la construction s’en viennent. Ça va vous faire du bien, car depuis que le chantier est rouvert, tu travailles sans compter. Cependant, ton client n’est pas content. Il veut que le chantier avance pendant les vacances. Toi, tu le sais que tes gars n’ont plus de jus, que c’est même dangereux pour les blessures. Finalement, les clients comprennent et les semaines de repos si attendues seront là, comme d’habitude.

Un soir, alors que tu relaxes enfin à la maison, tu regardes les médias sociaux. Tu lis plein de commentaires à propos de ton métier. Et ce n’est vraiment pas réjouissant. Les gens vous traitent de lâches, de paresseux, de chialeux. Ils disent que vous vous plaignez le ventre plein car vous avez de bons salaires et que vous êtes en chômage une partie de l’hiver (en passant, ce n’est pas ce que je pense, c’est un parallèle avec ma job). Ta famille voit les cernes à tes yeux, l’énergie qui baisse, le moral qui vacille. Mais les gens sur les médias sociaux ne voient pas le chantier de l’intérieur. Les gens qui commentent n’ont jamais vraiment fait ta job, mais puisqu’ils ont déjà construit un patio, ils pensent tout savoir.

Maintenant, change les mots de mon histoire :

Chantier = classe

Gars = enfants (entre 5 et 16 ans)

Clients = gouvernement, parents, contribuables, monsieur-madame tout le monde

Je ne me plains pas, j’adore mon métier. C’est juste que des fois, j’aurais le goût de t’inviter dans ma classe et de te laisser seul avec mes élèves avec l’objectif de leur enseigner quelque chose (d’ailleurs, on cherche des profs, si ça te tente).

Nous sommes des professionnels de l’éducation. Si on dit que nos élèves ont besoin de repos, ce n’est pas pour nos vacances. On travaille avec des petits êtres humains, on les connaît mieux que quiconque. Alors, appuie-nous ou du moins, fais-nous confiance. Ce sera beaucoup mieux pour tout le monde.

Nancy Pedneault

La magie de Noël

Je ne sais pas exactement quand je me suis mise à détester Noël.

Je ne sais pas exactement quand je me suis mise à détester Noël. Mais je me souviens que lorsque j’étais petite, c’était ma fête préférée. Petit à petit, je me suis mise à ne plus l’aimer, au point de la détester.

Est-ce le fait que je suis devenue adulte et que soudainement, cette période n’est remplie que d’obligations et que je n’ai plus vraiment de plaisir ? Je ne saurais le dire. Pour être franche, j’étais rendue au point où il me fallait du punch bien alcoolisé (que ma mère a affectueusement appelé mon « Joyeux ») afin d’arriver à avoir un peu de fun lors des fêtes de fin d’année. Je m’étais littéralement transformée en Grincheux.

Une chose est certaine, ce Noël 2020 m’aura servi une bonne leçon. Le fait de ne pas pouvoir voir ma famille, ma belle-famille et mes amis, ça fait mal, ça crée un vide et ça change la perception que j’avais depuis quelques années de cette période.

Quand j’étais petite, ce qui rendait Noël magique, c’était de voir ma famille élargie, ouvrir les cadeaux, m’amuser, danser et manger des choses tellement bonnes qu’on mange uniquement dans le temps des fêtes. Pouvoir se coucher tard, se lever tard le lendemain, manger des restes et jouer avec nos cadeaux, tout cela avait quelque chose de spécial et d’excitant.

Le fait d’être privée de ces festivités de groupe cette année me fait réaliser à quel point j’avais tord et qu’au fond, j’aime Noël. J’aurais bien envie de faire un gros party avec tout mon monde, mais je devrai attendre à l’an prochain.

Malgré toutes les restrictions que nous avons, je me considère chanceuse de pouvoir dire : « on va se reprendre l’an prochain ». Beaucoup de familles ne peuvent pas en dire autant, parce que cette foutue pandémie leur a enlevé quelqu’un d’important. Ces familles ne savaient pas qu’elles vivaient un dernier Noël ensemble en 2019. Probablement qu’elles auraient fêté différemment si elles avaient su.

Alors, si vous avez cette chance de dire « l’an prochain », profitez de cette période pour remettre un peu de magie dans votre vie. Parlez aux gens qui vous sont chers, faites des appels vidéo, allez leur porter une petite gâterie faite maison. Amusez-vous, mettez de la musique et dansez. Oubliez quelques instants le négatif et laissez place à votre cœur d’enfant.

L’année 2020 nous aura enseigné l’importance de savourer chaque moment de bonheur avec ceux que l’on aime.

Joyeux Noël !

Annick Gosselin